Wen est une série de bande dessinée composée de deux albums.
Album n°1 : 88 pages. Album n°2 : 80 pages.
Chaque album est composé de 9 histoires courtes et complètes traitant un thème communément qualifié de surnaturel. Le temps d'une aventure, Wen quitte le monde visible des vivants pour rejoindre le monde invisible d'une autre dimension. Il explore ainsi ce qui fait nos peurs, nos superstitions, nos croyances. Le duo Éric et Jacques Stoquart fonctionne bien pour éclairer l'irrationalité si présente dans notre quotidien. L'imaginaire, le paranormal et le fantastique se mêlent et se complètent au cœur de chaque histoire. Cette BD méconnue, de même que l'autre œuvre de Eric, Tetfol l'enfant-loup, méritent amplement d'être découvertes ou redécouvertes par les lecteurs
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Wen tome 1
L'oasis - Le bal - La ziggourat - Le pique-nique - Le guet - La dame de marbre - Venenos - Espérances - Dernières volontés
Le Fils du loup (1981) Le guerrier qui cherchait la verveine
Voici le message principal qui se dégage de chaque histoire de cet album :
Une société qui rejette les individus, les transforme en victime ou en monstre.
Un esprit belliqueux n'accède jamais à la paix.
Tetfol est une série de bande dessinée composée de sept albums.
Abandonné à la naissance, Tetfol est un jeune garçon élevé par des loups, puis éduqué par un ermite. Au cours de ses aventures, il découvre que, ce que l'on nomme la ''Civilisation'', est un creuset pour la peur, l'ignorance et l'incompréhension, lesquelles engendrent trop souvent la haine et la violence. Dans sa quête d'harmonie de l'homme avec la nature, Tetfol comprend qu'une partie de l'humanité s’épanouit dans un rapport de domination et de destruction au détriment du son bien-être. L'homme veut maîtriser le monde alors qu'il est incapable se maîtriser lui-même. Ainsi, l'absence de sagesse de certains êtres humains les empêche de distinguer la frontière fragile entre le bien et le mal. Les aventures de Tetfol sont des histoires simples et agréables à lire. Ils s'en dégage un message de sagesse, non moralisant. C'est une invitation à découvrir les éléments constitutifs de notre bien-être au regard du mal-être général de l'humanité.
J’ai connu – et immédiatement apprécié – l’œuvre de Bourdieu au début des années 1990, et « La misère du monde », ouvrage qu’il a coordonné, est l’un de ceux dont la lecture m’a le plus bouleversé. Mais je ne connaissais pas trop les détails de la genèse de la vie et de l’œuvre de cet immense sociologue, sans doute le dernier grand intellectuel français (au sens non galvaudé !).
Eh bien je dois dire que cet ouvrage comble non seulement ce « manque », mais comble aussi le lecteur que je suis. J’ai vraiment tout aimé dans cet ouvrage, le fond et la forme (j’étais déjà conquis par le sujet !).
Autant le dire tout de suite, l’album est exigeant, très dense, ça n’est pas une « biographie » légère. Mais les amateurs de Bourdieu y retrouveront le sérieux, la construction méthodique et étayée du savoir qui innervent toute son œuvre.
Les auteurs ont mené – en plusieurs étapes, et avec les difficultés inhérentes à la circulation en Algérie – une enquête à la fois historique, biographique et sociologique, pour comprendre le jeune Bourdieu, pour éclairer ce qui a pu aiguiller sa trajectoire intellectuelle et professionnelle – voire passionnelle en Algérie, à partir du moment où il découvre ce pays lors de son service militaire au milieu des années 1950.
L’enquête permet ainsi de mieux saisir les « débuts » de Bourdieu. Mais aussi, en parallèle, éclaire énormément l’histoire de l’Algérie (surtout durant la guerre d’Algérie, et dans l’immédiat après indépendance), les débats politiques et intellectuels de l’époque.
Les auteurs font aussi de longs – et très instructifs – rappels théoriques, ce qui permet de mieux comprendre le développement de la sociologie comme science – et l’apport de Bourdieu dans ce champ intellectuel.
Un album très riche donc, mais jamais obscur ou rébarbatif. Et le dessin de Thomas, classique et réaliste, est très fluide et agréable.
Une lecture exigeante, mais instructive et plaisante. Que demander de plus ?
J'ai découvert Boulet par ses recueils de Notes. Je ne connaissais pas son blog avant d'avoir entre mes mains mon premier tome.
Je suis instantanément tombé sous le charme du garçon et de l'artiste. C'est depuis devenu l'une de mes séries préférées, même si chacun des tomes est indépendant et peut se lire et se relire à tout moment (bien que pour bien saisir le bonhomme, lire dans l'ordre chronologique peut être intéressant).
L’œuvre de Boulet, en tout cas celle qui transpire de ses Notes, est fantastique. Parfois touchante, parfois hilarante, très souvent absurde, toujours juste. Ce qui est remarquable, c'est l'homogénéité du tout. Si, bien évidemment, tout n'est pas du même acabit, il faut avouer qu'aucun des tomes n'est en dessous des autres. Il n'y a pas d’essoufflement, tout est bien fait. C'est logique, les Notes proviennent d'un blog, lieu de haute liberté. La publication en format papier venant après, je suppose que Boulet n'a subi, directement ou indirectement, aucune pression éditoriale. Il nous livre des tranches de vie, des humeurs, des délires, des réflexions à chaque fois que cela lui passe par la tête. Rien ne semble forcé (et si c'est le cas, bah c'est franchement bien masqué !).
Le dessin est d'une maîtrise rare. Les compositions sont tour à tour superbes ou réduites au plus simple lorsque cela est nécessaire.
Si tous les tomes sont remarquables, je conseille particulièrement le tome 8 sur les 24 heures de la bd, dans lequel, en plus d'affirmer une fois de plus son indéniable talent, Boulet nous plonge dans l'envers du décor de la création artistique. Absolument génial !
L'un des posteurs, ayant avisé avant moi, décrit ces Notes comme étant l'un de ses petits bonbons. Cette réflexion est on ne peut plus juste. C'est exactement cela. Il m'arrive parfois, quand je suis dans ma bibliothèque, de reprendre un tome au hasard, de le lire encore et de trouver, à chaque fois, le même plaisir que lorsque je l'ai lu la première fois. C'est rare.
Je suis étonné de n'être que le deuxième à poster un avis sur cet album, ils sont où les fans de Sandman ?
Un comics que je veux lire depuis quelques années, mais pour cela je voulais avant tout me familiariser avec l'univers de Sandman, c'est chose faite récemment, puisque lecture en cours de ces sept monstrueux pavés.
Mon impatience aura été plus forte que ma raison, l'impatience de découvrir l'époustouflante création graphique de J.H. Williams III, surtout depuis que j'ai dévoré son Echolands où il utilise les mêmes codes narratifs, le talent à l'état pur.
J.H. Williams III propose des styles graphiques différents suivant les mondes visités, à l'incroyable diversité. Le rendu est phénoménal et j'en ai pris plein les mirettes, mais c'est surtout la mise en page immersive qui est fascinante, elle casse les normes dans un tourbillon d'innovations sans jamais perdre le lecteur.
Le plaisir visuel doit aussi beaucoup aux magnifiques couleurs de Dave Stewart, elles évoluent aussi suivant les mondes visités.
Du grand art !
Quant à l'histoire, elle se situe juste avant la série Sandman, elle permet de comprendre pourquoi le maître des rêves s'y est fait capturer.
J'ai retrouvé l'univers de la série mère, un univers toujours aussi noir, complexe et onirique. Neil Gaiman nous propose une épopée fantasmagorique et poétique, où le chat est le symbole de la protection, où l'espoir à sa place, où l'on y découvrira les parents du maître des rêves et où l'on retrouvera de nombreux personnages de la série principale.
La narration de Gaiman est certes verbeuse, voire un peu pompeuse, mais c'est elle qui donne ce ton si singulier qui emporte le lecteur dans cet ailleurs que l'on recherche tous. Un ailleurs parfois cruel, mais un ailleurs d'une beauté à couper le souffle.
Il me serait impossible de mettre culte à une série ou à un album avec un merveilleux scénario et au dessin quelconque et inversement, mais lorsque le scénario me fascine et que le dessin m'éblouit, la note maximale est une évidence.
Coup de cœur.
Un album que je relirai, c'est certain.
Je lie totalement l'avis suivant à celui que j'ai publié pour la série "mère", 20th Century Boys.
Ces deux tomes marquent la conclusion de la série et forment un ensemble. Comme je l'ai écrit dans l'autre avis, la fin de la série est un peu moins rythmée et cela se sent dans ces deux tomes, puisqu'ils en sont la fin.
Malgré tout, il est impossible à mes yeux de noter différemment ces deux tomes que les 22 de 20th Century Boys. Sur BDtheque, on ne note pas des albums, on note des séries et cela me va très bien ainsi (c'est ce que je recherche). Noter ces deux albums différemment me semble alors incohérent. Si ces deux-là sont moins bons que le début de la série (je le considère aussi), c'est la note d'ensemble de la série qu'il faut baisser.
Je ne m'y résous pas.
20th Century Boys est un monument du 9ème Art. C'est incontestable. Naoki Urasawa est un maître ès suspense et le polar qu'il nous livre ici ne déroge pas à la règle. Tout au long des 22 tomes de la série (et des deux de la série conclusive 21st Century Boys), l'auteur nous balade entre différentes époques à travers le regard de ces gamins, devenus adultes, qui essaient tant bien que mal de sauver le monde.
Si tout n'est pas d'une cohérence absolue et si certains codes du manga sont encore une fois agaçants à mes yeux (je l'écris à chaque fois, ça m'avait clairement gâché la lecture d'Akira par exemple), il faut, en toute honnêteté intellectuelle, bien avouer que ce thriller est foutrement bien foutu.
A partir d'un jeu d'enfants et de petites méchancetés innocentes, Naoki Urasawa prend la décision de nous dévoiler ce qu'il peut se passer dans la tête d'enfants, isolés, humiliés ou tout simplement différents.
C'est en tout cas la lecture que je fais de cette œuvre.
Vous vous souvenez quand un camarade vous faisait du mal à l'école, physiquement mais surtout psychologiquement ? On avait envie de tout casser et notre cerveau se mettait à rêver de vengeances, toutes plus cruelles les unes que les autres. La plupart d'entre nous ne passait heureusement jamais à l'acte. Ici, dans ce manga, c'est l'inverse. Et nous voilà partis dans une enquête qui s'étale sur une longue période et où, évidemment, les actes passés ont une conséquence inimaginable dans le présent.
C'est bien réalisé. Ami, l'antagoniste, reste mystérieux tout au long de l’œuvre et nous cherchons à comprendre pourquoi il agit ainsi et comment il souhaite que tout cela finisse. L'aveuglement des masses est crédible, notre passé, notre présent aussi, nous le prouve aisément.
Le héros, Kenji, est attachant, même si finalement c'est bien Kanna la véritable héroïne. Je n'en dis pas plus, cela gâcherait la lecture de ceux qui n'ont pas encore posé leurs yeux sur ce manga.
Néanmoins, et je le disais plus avant, certaines incohérences m'ont tout de même un peu turlupiné et j'avoue avoir perdu un peu d'intérêt vers la fin. C'est moins rythmé, Kenji devient quelque peu caricatural, tout comme Kanna d'ailleurs, et les personnages que j'appréciais le plus disparaissent petit à petit (Yoshitsune ?).
Ces réserves ne me font en tout cas pas changé la note et le ressenti général que j'ai pu avoir pour ce monument. Il faut le lire je pense, quand on se réclame amateurs de ce canal bien singulier qu'est la bande dessinée.
Énorme surprise , j’ai pris ce livre un peu par hasard à la bibli dans les nouveautés.
On suit un homme qui travaille pour aider des personnages âgées dans une résidence.
Le dessin est dans un style caricatural et on suit ce personnage très humain et touchant dans lequel je me reconnais totalement. Il sait que pour les humains ce qui compte ce n’est pas d’être en vie mais de vivre (il refuse des règles qu’il trouve idiotes pour passer plus de temps à parler aux gens, enlève son masque, tutoie, bref il est humain).
C’est forcément triste car on parle de gens seuls, malades, solitaires forcés, mais c’est aussi touchant et on voit que c’est fait avec bienveillance et amour.
On s’attache aussi au narrateur qui fait un boulot extrêmement fatiguant.
Le seul « problème » de cette bd et que vu le sujet ce n’est pas évident de la prêter pour la faire découvrir car j’aurais peur de faire de la peine et certaines personnes qui penseraient à la fin de fin de vie de leur famille ou à leur fin de vie et que ça pourrait déprimer.
Mais je me raccroche à ce personnage courageux et gentil et je vous en recommande la lecture.
Et voilà, j’ai craqué. Vu le prix, ce n’est pas raisonnable mais je ne pouvais pas laisser passer ça.
Que pourrais-je ajouter à l'avis précédent ? C’est magnifique.
Édition récente mais bd de 1950, qui plus est scénario tiré d’un roman d’Eugène Sue.
Je reconnais qu’on peut ne pas apprécier mais moi j’aime bien ces romans feuilletons du xixe (de Sue, je n’avais lu que le Juif Errant), à lire bien entendu en connaissance de cause, témoignages souvent d’un état d’esprit de l’époque.
Aventure pur jus, action historique et exotique.
Le texte est sous les cases illustratives de l’action. Un choix judicieux pour avoir l’impression de « lire un roman » surtout que Beuville semble avoir su tirer la moelle de l’intrigue.
Mais c’est aussi et surtout au dessin que Beuville donne toute sa mesure.
Étonnant ce dessin pour l’époque, contemporain de la ligne claire d’Hergé – d’ailleurs il s’agit d’une commande d’Hergé à Beuville – mais qui en prend le contrepied, fort agréablement (et pourtant , j’aime infiniment la ligne claire).
Comme le dit Grogro, un dessin moderne (on est en 1950 !), tout en nuances mais parfaitement lisible. C’est vrai qu’il paraît hésitant, mais on le sent parfaitement maîtrisé. Et quand on pense que les dessins ont été réalisés à l’échelle de la publication, c’est du grand art. Ce n’est pas pour rien que Beuville a tant d’admirateurs dans le monde de la bd.
Beau travail éditorial que d’avoir restitué cette œuvre, à partir d’originaux quand c’était possible ou de récupération de planches publiées. En revanche, j’aurais apprécié également que le texte soit dans une couleur un peu plus lisible et surtout pour le prix, effectivement, une belle reliure cartonnée aurait été bienvenue.
Et je vais suivre avec joie la note culte de Grogro, en espérant aussi inciter les éditeurs à retrouver des pépites oubliées.
En ce début d’année, après quelques très très bonnes lectures dont celles partagées sur ce site (Le Fauve de Corleone, À mourir entre les bras de ma nourrice), je m’extasie enfin devant la première pépite de 2024.
Pas réellement une découverte puisqu’elle provient de deux auteurs chevronnés à la bibliographie passé déjà remarquable.
Je ne connais pas le bouquin original de Simenon dont est issue cette oeuvre, Mais à la lecture, je n’ai à aucun moment pensé que cette BD ne se suffisait pas à elle-même. Sentiment que l’on peut ressentir quand on a l’impression que le parti pris de l’adaptation a laissé sur le trottoir une partie du texte.
Cette BD est donc un petit bijou, ou le moindre détail du trio texte/dialogue/dessin est finement ciselé.
Tout comme dans Contrition (une des perles de l’année dernière), cette histoire sonde les tréfonds de l’âme humaine, ici à travers le destin de Frank.
Jeune Adulte d’une rare noirceur, privé de sentiment, celui-ci va se complaire à se détruire pour enfin atteindre une forme de rédemption et d’épanouissement.
Malgré la froideur du personnage et la répulsion attendue générée par un personnage aussi détestable dans ses pensées et ses actes, une attirance malsaine est à l’œuvre tant nous sommes fasciné par ce démon au visage d’ange.
Le dessin d’Yslaire est juste magique. A l’image de notre héros (avant de se faire salement amocher), chaque planche se révèle d’une beauté gracieuse, mais là ou on ne ressent que froideur en lui, le dessin réhaussé par un choix de couleurs subtils et délicats dégage à l’opposé une chaleur soyeuse et ce malgré un temps hivernal et une neige omniprésente qui sert de fil rouge à l'intrigue jusqu'à se retrouver dans le titre.
Sublime.
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Wen
Wen est une série de bande dessinée composée de deux albums. Album n°1 : 88 pages. Album n°2 : 80 pages. Chaque album est composé de 9 histoires courtes et complètes traitant un thème communément qualifié de surnaturel. Le temps d'une aventure, Wen quitte le monde visible des vivants pour rejoindre le monde invisible d'une autre dimension. Il explore ainsi ce qui fait nos peurs, nos superstitions, nos croyances. Le duo Éric et Jacques Stoquart fonctionne bien pour éclairer l'irrationalité si présente dans notre quotidien. L'imaginaire, le paranormal et le fantastique se mêlent et se complètent au cœur de chaque histoire. Cette BD méconnue, de même que l'autre œuvre de Eric, Tetfol l'enfant-loup, méritent amplement d'être découvertes ou redécouvertes par les lecteurs . Wen tome 1 L'oasis - Le bal - La ziggourat - Le pique-nique - Le guet - La dame de marbre - Venenos - Espérances - Dernières volontés
Tetfol
Le Fils du loup (1981) Le guerrier qui cherchait la verveine Voici le message principal qui se dégage de chaque histoire de cet album : Une société qui rejette les individus, les transforme en victime ou en monstre. Un esprit belliqueux n'accède jamais à la paix. Tetfol est une série de bande dessinée composée de sept albums. Abandonné à la naissance, Tetfol est un jeune garçon élevé par des loups, puis éduqué par un ermite. Au cours de ses aventures, il découvre que, ce que l'on nomme la ''Civilisation'', est un creuset pour la peur, l'ignorance et l'incompréhension, lesquelles engendrent trop souvent la haine et la violence. Dans sa quête d'harmonie de l'homme avec la nature, Tetfol comprend qu'une partie de l'humanité s’épanouit dans un rapport de domination et de destruction au détriment du son bien-être. L'homme veut maîtriser le monde alors qu'il est incapable se maîtriser lui-même. Ainsi, l'absence de sagesse de certains êtres humains les empêche de distinguer la frontière fragile entre le bien et le mal. Les aventures de Tetfol sont des histoires simples et agréables à lire. Ils s'en dégage un message de sagesse, non moralisant. C'est une invitation à découvrir les éléments constitutifs de notre bien-être au regard du mal-être général de l'humanité.
Bourdieu - Une enquête algérienne
J’ai connu – et immédiatement apprécié – l’œuvre de Bourdieu au début des années 1990, et « La misère du monde », ouvrage qu’il a coordonné, est l’un de ceux dont la lecture m’a le plus bouleversé. Mais je ne connaissais pas trop les détails de la genèse de la vie et de l’œuvre de cet immense sociologue, sans doute le dernier grand intellectuel français (au sens non galvaudé !). Eh bien je dois dire que cet ouvrage comble non seulement ce « manque », mais comble aussi le lecteur que je suis. J’ai vraiment tout aimé dans cet ouvrage, le fond et la forme (j’étais déjà conquis par le sujet !). Autant le dire tout de suite, l’album est exigeant, très dense, ça n’est pas une « biographie » légère. Mais les amateurs de Bourdieu y retrouveront le sérieux, la construction méthodique et étayée du savoir qui innervent toute son œuvre. Les auteurs ont mené – en plusieurs étapes, et avec les difficultés inhérentes à la circulation en Algérie – une enquête à la fois historique, biographique et sociologique, pour comprendre le jeune Bourdieu, pour éclairer ce qui a pu aiguiller sa trajectoire intellectuelle et professionnelle – voire passionnelle en Algérie, à partir du moment où il découvre ce pays lors de son service militaire au milieu des années 1950. L’enquête permet ainsi de mieux saisir les « débuts » de Bourdieu. Mais aussi, en parallèle, éclaire énormément l’histoire de l’Algérie (surtout durant la guerre d’Algérie, et dans l’immédiat après indépendance), les débats politiques et intellectuels de l’époque. Les auteurs font aussi de longs – et très instructifs – rappels théoriques, ce qui permet de mieux comprendre le développement de la sociologie comme science – et l’apport de Bourdieu dans ce champ intellectuel. Un album très riche donc, mais jamais obscur ou rébarbatif. Et le dessin de Thomas, classique et réaliste, est très fluide et agréable. Une lecture exigeante, mais instructive et plaisante. Que demander de plus ?
Notes
J'ai découvert Boulet par ses recueils de Notes. Je ne connaissais pas son blog avant d'avoir entre mes mains mon premier tome. Je suis instantanément tombé sous le charme du garçon et de l'artiste. C'est depuis devenu l'une de mes séries préférées, même si chacun des tomes est indépendant et peut se lire et se relire à tout moment (bien que pour bien saisir le bonhomme, lire dans l'ordre chronologique peut être intéressant). L’œuvre de Boulet, en tout cas celle qui transpire de ses Notes, est fantastique. Parfois touchante, parfois hilarante, très souvent absurde, toujours juste. Ce qui est remarquable, c'est l'homogénéité du tout. Si, bien évidemment, tout n'est pas du même acabit, il faut avouer qu'aucun des tomes n'est en dessous des autres. Il n'y a pas d’essoufflement, tout est bien fait. C'est logique, les Notes proviennent d'un blog, lieu de haute liberté. La publication en format papier venant après, je suppose que Boulet n'a subi, directement ou indirectement, aucune pression éditoriale. Il nous livre des tranches de vie, des humeurs, des délires, des réflexions à chaque fois que cela lui passe par la tête. Rien ne semble forcé (et si c'est le cas, bah c'est franchement bien masqué !). Le dessin est d'une maîtrise rare. Les compositions sont tour à tour superbes ou réduites au plus simple lorsque cela est nécessaire. Si tous les tomes sont remarquables, je conseille particulièrement le tome 8 sur les 24 heures de la bd, dans lequel, en plus d'affirmer une fois de plus son indéniable talent, Boulet nous plonge dans l'envers du décor de la création artistique. Absolument génial ! L'un des posteurs, ayant avisé avant moi, décrit ces Notes comme étant l'un de ses petits bonbons. Cette réflexion est on ne peut plus juste. C'est exactement cela. Il m'arrive parfois, quand je suis dans ma bibliothèque, de reprendre un tome au hasard, de le lire encore et de trouver, à chaque fois, le même plaisir que lorsque je l'ai lu la première fois. C'est rare.
Sandman - Ouverture
Je suis étonné de n'être que le deuxième à poster un avis sur cet album, ils sont où les fans de Sandman ? Un comics que je veux lire depuis quelques années, mais pour cela je voulais avant tout me familiariser avec l'univers de Sandman, c'est chose faite récemment, puisque lecture en cours de ces sept monstrueux pavés. Mon impatience aura été plus forte que ma raison, l'impatience de découvrir l'époustouflante création graphique de J.H. Williams III, surtout depuis que j'ai dévoré son Echolands où il utilise les mêmes codes narratifs, le talent à l'état pur. J.H. Williams III propose des styles graphiques différents suivant les mondes visités, à l'incroyable diversité. Le rendu est phénoménal et j'en ai pris plein les mirettes, mais c'est surtout la mise en page immersive qui est fascinante, elle casse les normes dans un tourbillon d'innovations sans jamais perdre le lecteur. Le plaisir visuel doit aussi beaucoup aux magnifiques couleurs de Dave Stewart, elles évoluent aussi suivant les mondes visités. Du grand art ! Quant à l'histoire, elle se situe juste avant la série Sandman, elle permet de comprendre pourquoi le maître des rêves s'y est fait capturer. J'ai retrouvé l'univers de la série mère, un univers toujours aussi noir, complexe et onirique. Neil Gaiman nous propose une épopée fantasmagorique et poétique, où le chat est le symbole de la protection, où l'espoir à sa place, où l'on y découvrira les parents du maître des rêves et où l'on retrouvera de nombreux personnages de la série principale. La narration de Gaiman est certes verbeuse, voire un peu pompeuse, mais c'est elle qui donne ce ton si singulier qui emporte le lecteur dans cet ailleurs que l'on recherche tous. Un ailleurs parfois cruel, mais un ailleurs d'une beauté à couper le souffle. Il me serait impossible de mettre culte à une série ou à un album avec un merveilleux scénario et au dessin quelconque et inversement, mais lorsque le scénario me fascine et que le dessin m'éblouit, la note maximale est une évidence. Coup de cœur. Un album que je relirai, c'est certain.
21st Century Boys
Je lie totalement l'avis suivant à celui que j'ai publié pour la série "mère", 20th Century Boys. Ces deux tomes marquent la conclusion de la série et forment un ensemble. Comme je l'ai écrit dans l'autre avis, la fin de la série est un peu moins rythmée et cela se sent dans ces deux tomes, puisqu'ils en sont la fin. Malgré tout, il est impossible à mes yeux de noter différemment ces deux tomes que les 22 de 20th Century Boys. Sur BDtheque, on ne note pas des albums, on note des séries et cela me va très bien ainsi (c'est ce que je recherche). Noter ces deux albums différemment me semble alors incohérent. Si ces deux-là sont moins bons que le début de la série (je le considère aussi), c'est la note d'ensemble de la série qu'il faut baisser. Je ne m'y résous pas.
20th Century Boys
20th Century Boys est un monument du 9ème Art. C'est incontestable. Naoki Urasawa est un maître ès suspense et le polar qu'il nous livre ici ne déroge pas à la règle. Tout au long des 22 tomes de la série (et des deux de la série conclusive 21st Century Boys), l'auteur nous balade entre différentes époques à travers le regard de ces gamins, devenus adultes, qui essaient tant bien que mal de sauver le monde. Si tout n'est pas d'une cohérence absolue et si certains codes du manga sont encore une fois agaçants à mes yeux (je l'écris à chaque fois, ça m'avait clairement gâché la lecture d'Akira par exemple), il faut, en toute honnêteté intellectuelle, bien avouer que ce thriller est foutrement bien foutu. A partir d'un jeu d'enfants et de petites méchancetés innocentes, Naoki Urasawa prend la décision de nous dévoiler ce qu'il peut se passer dans la tête d'enfants, isolés, humiliés ou tout simplement différents. C'est en tout cas la lecture que je fais de cette œuvre. Vous vous souvenez quand un camarade vous faisait du mal à l'école, physiquement mais surtout psychologiquement ? On avait envie de tout casser et notre cerveau se mettait à rêver de vengeances, toutes plus cruelles les unes que les autres. La plupart d'entre nous ne passait heureusement jamais à l'acte. Ici, dans ce manga, c'est l'inverse. Et nous voilà partis dans une enquête qui s'étale sur une longue période et où, évidemment, les actes passés ont une conséquence inimaginable dans le présent. C'est bien réalisé. Ami, l'antagoniste, reste mystérieux tout au long de l’œuvre et nous cherchons à comprendre pourquoi il agit ainsi et comment il souhaite que tout cela finisse. L'aveuglement des masses est crédible, notre passé, notre présent aussi, nous le prouve aisément. Le héros, Kenji, est attachant, même si finalement c'est bien Kanna la véritable héroïne. Je n'en dis pas plus, cela gâcherait la lecture de ceux qui n'ont pas encore posé leurs yeux sur ce manga. Néanmoins, et je le disais plus avant, certaines incohérences m'ont tout de même un peu turlupiné et j'avoue avoir perdu un peu d'intérêt vers la fin. C'est moins rythmé, Kenji devient quelque peu caricatural, tout comme Kanna d'ailleurs, et les personnages que j'appréciais le plus disparaissent petit à petit (Yoshitsune ?). Ces réserves ne me font en tout cas pas changé la note et le ressenti général que j'ai pu avoir pour ce monument. Il faut le lire je pense, quand on se réclame amateurs de ce canal bien singulier qu'est la bande dessinée.
Résidence Autonomie
Énorme surprise , j’ai pris ce livre un peu par hasard à la bibli dans les nouveautés. On suit un homme qui travaille pour aider des personnages âgées dans une résidence. Le dessin est dans un style caricatural et on suit ce personnage très humain et touchant dans lequel je me reconnais totalement. Il sait que pour les humains ce qui compte ce n’est pas d’être en vie mais de vivre (il refuse des règles qu’il trouve idiotes pour passer plus de temps à parler aux gens, enlève son masque, tutoie, bref il est humain). C’est forcément triste car on parle de gens seuls, malades, solitaires forcés, mais c’est aussi touchant et on voit que c’est fait avec bienveillance et amour. On s’attache aussi au narrateur qui fait un boulot extrêmement fatiguant. Le seul « problème » de cette bd et que vu le sujet ce n’est pas évident de la prêter pour la faire découvrir car j’aurais peur de faire de la peine et certaines personnes qui penseraient à la fin de fin de vie de leur famille ou à leur fin de vie et que ça pourrait déprimer. Mais je me raccroche à ce personnage courageux et gentil et je vous en recommande la lecture.
Le Morne au diable
Et voilà, j’ai craqué. Vu le prix, ce n’est pas raisonnable mais je ne pouvais pas laisser passer ça. Que pourrais-je ajouter à l'avis précédent ? C’est magnifique. Édition récente mais bd de 1950, qui plus est scénario tiré d’un roman d’Eugène Sue. Je reconnais qu’on peut ne pas apprécier mais moi j’aime bien ces romans feuilletons du xixe (de Sue, je n’avais lu que le Juif Errant), à lire bien entendu en connaissance de cause, témoignages souvent d’un état d’esprit de l’époque. Aventure pur jus, action historique et exotique. Le texte est sous les cases illustratives de l’action. Un choix judicieux pour avoir l’impression de « lire un roman » surtout que Beuville semble avoir su tirer la moelle de l’intrigue. Mais c’est aussi et surtout au dessin que Beuville donne toute sa mesure. Étonnant ce dessin pour l’époque, contemporain de la ligne claire d’Hergé – d’ailleurs il s’agit d’une commande d’Hergé à Beuville – mais qui en prend le contrepied, fort agréablement (et pourtant , j’aime infiniment la ligne claire). Comme le dit Grogro, un dessin moderne (on est en 1950 !), tout en nuances mais parfaitement lisible. C’est vrai qu’il paraît hésitant, mais on le sent parfaitement maîtrisé. Et quand on pense que les dessins ont été réalisés à l’échelle de la publication, c’est du grand art. Ce n’est pas pour rien que Beuville a tant d’admirateurs dans le monde de la bd. Beau travail éditorial que d’avoir restitué cette œuvre, à partir d’originaux quand c’était possible ou de récupération de planches publiées. En revanche, j’aurais apprécié également que le texte soit dans une couleur un peu plus lisible et surtout pour le prix, effectivement, une belle reliure cartonnée aurait été bienvenue. Et je vais suivre avec joie la note culte de Grogro, en espérant aussi inciter les éditeurs à retrouver des pépites oubliées.
La Neige était sale
En ce début d’année, après quelques très très bonnes lectures dont celles partagées sur ce site (Le Fauve de Corleone, À mourir entre les bras de ma nourrice), je m’extasie enfin devant la première pépite de 2024. Pas réellement une découverte puisqu’elle provient de deux auteurs chevronnés à la bibliographie passé déjà remarquable. Je ne connais pas le bouquin original de Simenon dont est issue cette oeuvre, Mais à la lecture, je n’ai à aucun moment pensé que cette BD ne se suffisait pas à elle-même. Sentiment que l’on peut ressentir quand on a l’impression que le parti pris de l’adaptation a laissé sur le trottoir une partie du texte. Cette BD est donc un petit bijou, ou le moindre détail du trio texte/dialogue/dessin est finement ciselé. Tout comme dans Contrition (une des perles de l’année dernière), cette histoire sonde les tréfonds de l’âme humaine, ici à travers le destin de Frank. Jeune Adulte d’une rare noirceur, privé de sentiment, celui-ci va se complaire à se détruire pour enfin atteindre une forme de rédemption et d’épanouissement. Malgré la froideur du personnage et la répulsion attendue générée par un personnage aussi détestable dans ses pensées et ses actes, une attirance malsaine est à l’œuvre tant nous sommes fasciné par ce démon au visage d’ange. Le dessin d’Yslaire est juste magique. A l’image de notre héros (avant de se faire salement amocher), chaque planche se révèle d’une beauté gracieuse, mais là ou on ne ressent que froideur en lui, le dessin réhaussé par un choix de couleurs subtils et délicats dégage à l’opposé une chaleur soyeuse et ce malgré un temps hivernal et une neige omniprésente qui sert de fil rouge à l'intrigue jusqu'à se retrouver dans le titre. Sublime.