Les derniers avis (7515 avis)

Par sarah
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dans les yeux de Lya
Dans les yeux de Lya

C'est une super BD, on a envie de savoir la suite, l'histoire est cohérente et n'est pas totalement délirante. Bref, c'est tout ce que je demande pour apprécier une BD, et quand j'aime une BD je ne peux pas m'arrêter avant d'avoir fini. C'est donc une très bonne BD à mes yeux. L'histoire est à la portée d'un large public et la vie de Lya est assez exceptionnelle. C'est une super BD !! Désolé si j'ai fait des fautes.

26/03/2024 (modifier)
Couverture de la série La Vie secrète des arbres
La Vie secrète des arbres

C'est un livre merveilleux, passionnant et même drôle. J'y ai appris beaucoup et découvert un tas de choses extraordinaires et étonnantes. Une véritable promenade de santé. On prend vraiment conscience de l'importance de protéger la nature et les arbres, en particulier. Cette BD devrait être une lecture obligatoire dans chaque école pour faire comprendre, de manière ludique et captivante, l'enjeu crucial de prendre soin de nos forêts.?

25/03/2024 (modifier)
Par karibou79
Note: 5/5
Couverture de la série Le Grand Pouvoir du Chninkel
Le Grand Pouvoir du Chninkel

Il y a bien longtemps que je ne l'ai pas relu, j'hésite entre 4 et 5. Mais je mettrai 5 car c'est l'une des BD qui m'a fait découvrir que le monde du 9ème art ne s'arrêtait pas aux séries traditionnelles comme Astérix ou les Marvel des années 80. Une sacrée claque qui m'a ensuite incité à lire Bilal, Tardi... c'était l'illumination, j'étais devenu BD-woke. Une couverture m'évoquant 2001 de Kubrick et une marionette Dark Crystal, c'est intriguant. Avec la scène d'ouverture de bataille, j'entrevoyais les séries B italiennes de dark fantasy. En feuilletant et me spoliant bêtement la fin, j'ai un flash biblique. Wow, soit ça va envoyer du lourd soit ça part dans les mains de quelqu'un d'autre. Eh bien ce magnifique album est resté dans les miennes et trône maintenant au milieu de ma bilbiothèque dans une pochette plastique, l'unique livre que je conserve ainsi. Je ne pense pas que ce livre soit à glorifier à ce point mais il a été un marqueur dans ma vie de lecteur. Le dessin, que dire d'autre que c'est du Rosinski à son meilleur, aucune case n'est bâclée au détriment d'une autre. Le scénario de son compère n'est pas en reste, foisonnant d'idées recoupant des thèmes pourtant déjà vus mais dont le mélange est détonnant: de l'action, de la philosophie, de l'humour, de l'aventure, du romantisme... c'est envoutant et addictif. Notre (anti-)héros est magnifique de justesse, pris dans la tourmente d'une quête sui semble le dépasser et que, comme son homologue Frodon, il saura prendre à bras le corps. Merci messieurs, c'est avec de telles oeuvres que vous avez contribué à faire rentrer des bandes dessinées de qualité sur les étagères de nos librairies.

22/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Bergères Guerrières
Bergères Guerrières

Ça fait des semaines que je dois aviser cette série, je vais suivre de façon bien fainéante le bel entrain de Gruizzli et plussoyer mes prédécesseurs. C’est vachement, vachement, vachement bien, je me suis régalé comme pas permis. Amélie Fléchais m’avait déjà agréablement surpris avec L'Homme Montagne. Elle adopte cette fois un nouveau style, qui s’avère toujours aussi frais et charmeur. Ses personnages et bestiaires sont adorables. L’histoire et l’univers ne sont pas en reste, tout est bien amené. Ça s’adresse à tout le monde, c’est intelligent, bien construit … bref c’est merveilleux et ça donne du peps. Une lecture magique qui ne démérite pas son statut, franchement excellent. Je recommande à tous les petits en dessous de 2 mètres 20.

19/03/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bergères Guerrières
Bergères Guerrières

Mais ouah, c'est fou comme série ça ! Sérieusement, je suis choqué après lecture, choqué et ravi d'avoir acheté les quatre tomes les yeux fermés pour voir ce qu'il en retournait de cette série si bien notée sur le site. Et oui, je confirme, c'est dingue ! Déjà, j'aimerai savoir ce qu'a pris le scénariste. Parce que je ne sais pas ce que c'est, mais j'en veux ! Une BD comme ça, c'est excellent pour le moral, pour les neurones et pour les enfants. Honnêtement, ça fait longtemps que je n'avais pas fini une BD jeunesse avec un tel sentiment de plaisir. Et quelle belle série ! Le genre qu'on prend plaisir à lire en tant qu'adulte, parce qu'on voit le travail accompli, mais qui a l'un des plus beaux messages à adresser à la jeunesse. Et je suis conquis par la pertinence de celui-ci. Le premier tome me laissait présager une direction sympathique et bien menée, mais pour laquelle j'attendais un développement classique. Et pourtant, chaque tome suivant m'a emmené plus loin que je n'aurais cru, et surtout dans un ton qui va aller du sérieux mais léger au ton grave et sérieux. Je ne pensais pas que les auteurs oseraient ça, mais le ton des derniers tomes est clairement grave, du genre qui fait comprendre le poids d'un monde et l'importance de ce qui est accompli. Ce ton qui permet aussi de rendre les victoires d'autant plus claires et éclatantes qu'elles nous soulagent de ce poids. En plus de ce ton, donc, les auteurs ont décidé de ne pas prendre les enfants pour des imbéciles, et je les en remercie. Les thèmes abordés dans cette série sont légions, chacun d'eux méritant les éloges dans son traitement : aucun n'est brutalement asséné, aucun n'est didactique, aucun n'est rébarbatif. Sans que l'on s'en rende compte, le récit arrive à faire ce choix que j'estime crucial dans une BD pour enfants, de ne pas faire dans le militantisme ("Tel truc est bien", "tel truc est mal"). C'est d'autant plus important pour des personnes ayant moins vécu et ayant accumulé d'expérience que de ne pas assener une vérité qu'ils doivent considérer comme absolue. Au contraire, et "Bergères Guerrières" le fait parfaitement bien, il faut montrer ce que l'on veut transmettre. Tu veux montrer que les femmes valent les hommes ? Me le dis pas, montre tout au long de la BD que la question du genre n'a pas à se poser. Tu veux me parler d'écologie ? Montre-moi l'impact de l'humain sur la nature et les conséquences sur sa propre vie. Etc, etc... Bref, j'adore l'idée que la série développe des thématiques clairement et résolument adultes, mais dans une histoire pour enfants. Le traitement est remarquable, comme dit : c'est sérieux dès le début, mais enfantin, léger. Et progressivement le ton devient grave, le sérieux se fait sentir alors que le monde de l'enfance s'éloigne. Et la BD ne verse jamais dans la glorification du monde de l'enfance, ni dans la critique du monde des adultes. Au contraire, elle montre que tout devient plus complexe et flou : qui blâmer, qui acclamer ? Je ne parlerais pas des personnages, que j'ai adorés, ou des révélations progressives qui nous épaississent le monde sans que l'on ne subisse le poids du lore. Mais si je dois ajouter quelque chose, je dirais que le dessin arrive à mener ce scénario de manière parfaite. Le récit coloré et aux personnages enfantins arrive à nous proposer un bestiaire étrange, clairement inspiré de gravures nordiques. Les moutons, le loup, les oiseaux, tout cela participe à nous faire un imaginaire plus nordique, moitié-écossais moitié pays-scandinave, bercé de ces paysages. On sent que la dessinatrice s'est fait plaisir et j'adore le rendu. J'avais déjà apprécié son travail au préalable et je la note clairement comme une personnalité à suivre ! J'ai beaucoup déblatéré, comme à chaque fois que j'aime et que je m'emporte, mais que c'est bon. Le genre de série jeunesse comme j'aime, parce qu'elle fait les choses bien, intelligemment et avec un sens du sérieux qui est parfaitement adapté. L'ensemble se tient jusqu'à une fin qui évite l’écueil de la fin heureuse, mais se finit avec un sentiment de progression incroyable. La série m'a redonné un coup de fouet après un coup de mou et je ne peux qu'être comblé. A acheter aux plus jeunes, à dévorer même si on est plus vieux !

19/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Combat d'Henry Fleming
Le Combat d'Henry Fleming

A la suite du bel avis, adls, de Ro et sur le nom de Steve Cuzor qui m'avait épaté avec son Cinq branches de coton noir je n'ai pas hésité à m'offrir le très bel album que propose Air Libre. Je ne regrette ni sa lecture ni sa possession. Je ne connais pas le roman de Stephen Crane et je pense que cela n'a pas beaucoup d'importance. En effet, à moins d'être un spécialiste de littérature américaine en v.o difficile de dire pourquoi ce roman a fait date. Toutefois l'adaptation de Steve Cuzor se suffit à elle-même tant elle est de qualité dans ses choix de mise en scène, de découpages, de textes et d'images. Cuzor réussit l'équilibre parfait entre une introspection psychologique complexe et une explosion d'actions dont on comprend mal l'intérêt stratégique. En effet Cuzor place le lecteur au niveau de compréhension et dans le champ visuel du simple fantassin. Tout est impersonnel et indéfini : des sous-bois, une rivière, une butte avec une barricade tout est noyé dans une fumée qui rend l'orientation impossible. Les uniformes deviennent identiques ainsi que la folie meurtrière qui saisit chacun au moment de l'assaut. Pourquoi faire ? se demande l'homme Fleming dans ses moments de lucidité. Lucidité ou lâcheté ? Folie ou héroïsme c'est toute la complexité de l'intériorité du soldat/homme Fleming. Ces sentiments contradictoires qu'expose très bien l'auteur montre toute la complexité de l'œuvre de Crane. Une lecture moderne comme la mienne, souligne l'absurdité des ordres, des assauts meurtriers ou des avancées vaines. C'est une compréhension pacifiste issue de plus d'un siècle de massacres inutiles. Est-ce la vision de l'œuvre originale ? Je n'en suis pas sûr car le soldat Fleming surmonte ses peurs initiales pour aller au plus fort du danger en entrainant ses camarades vers la mort (ou la gloire dérisoire). Cuzor travaille très bien sur cette ambiguïté fondamentale du comportement de Fleming dans sa bataille. Le graphisme est à la hauteur de la mise en scène. L'auteur nous propose de l'excellence dans son style réaliste. Tous les visages sont finement travaillés dans l'étendue des expressions que peut produire le cerveau de l'homme. Aucun homme n'est négligé par l'auteur, même si il se trouve en arrière-plan la richesse de son apparence renvoie à celle de son irréductible humanité. En nous proposant une scène qui rappelle fortement "Le dormeur du val" (p68) Cuzor appuie tristement sur l'universalité du mal. Avec des uniformes différents, les scènes décrites pourraient avoir lieu encore aujourd'hui. Une très belle lecture où le fond et la forme sont d'une rare qualité. Je n'ai aucun souci pour ma notation.

17/03/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Indociles
Les Indociles

Je crois qu'il n'y a pas de meilleure manière de commencer cette critique que par un énorme Merci à Grogro, dont les discussions dans la voiture à Angoulême m'ont convaincu d'acheter cette BD dès que je suis rentré. Et je ne redirais jamais à quel point ce genre de conseils peut-être précieux dans les lectures, parce qu'une pépite de ce genre ça vaut son prix. Le pavé est peu engageant de prime abord : 50 € pour un pavé si lourd et dense, empli de textes et de petites cases, annonçant une longue et fastidieuse lecture, qui en voudrait ? Et pourtant, merci grogro, on peut se laisser à l'acheter, le feuilleter, commencer à la lire. Et dans mon cas, le poser (après avoir du difficilement l'abandonner deux fois pour des raisons futiles, comme le travail) près d'une journée et demi après, pour rester habité par ce que je venais de lire. Quelle force ! Je dois le souligner directement, tant c'est ce qui m'a le plus surpris, mais cette BD est d'une force incroyable : elle happe et entraine, alors que l'histoire racontée n'est ni follement originale ni incroyable, aux rebondissements et retournements incessants. C'est proprement stupéfiant à quel point le récit m'a pris dans son intrigue en quelques pages, en quelques moments. Très vite Lulu, Jo et Chiara sont introduits, globalement cernés et leur monde peut se déployer. Le monde des années 60, dans toute leur horreur (dirait Gébé). Un monde de pensionnat catholique, de patriarcat décomplexé, de puritanisme moral et bien sur, de contre-culture émergente. Une contre-culture hippie, communiste, libertaire qui se dessine progressivement dans le Jura Suisse. La BD va balayer des dizaines d'années pour déboucher dans les nôtres, balayant les espoirs et les rêves, rappelant la dure et lourde réalité qui s'est abattue sur le mouvement de contestation des années 60. La BD semble dire que ce ne fut pas que la faute du vilain système contre les gentils contestataires, qui restent aussi des humains dans toutes leurs contradictions. Parfois cons, parfois touchants, souvent naïf et amusants, les trois protagonistes sont terriblement humains. Leur histoire sonne juste, les dialogues sonnent juste, tout fait vrai. C'est le genre de BD qui laisse songeur pendant longtemps après sa lecture par ce qu'elle raconte. C'est Les Vieux Fourneaux version Suisse, en somme. Ces vieux qui ont lutés, y ont crus, ont échoués. Leur combat d'hier sont contre un monde qui n'existe plus aujourd'hui mais semble vouloir revenir sans cesse. Christophe Blocher ou Trump, Marine LePen ou Giorgia Meloni, cet ancien monde que l'on espérait ne plus jamais revoir semble revenir d'entre les morts. Et "Les Indociles", c'est le manifeste de ceux qui étaient déjà là contre eux avant. Plutôt qu'un parcours à suivre, leur vie sonne comme un rappel de ce qui a été fait. On peut l'avoir oublié, on peut se dire que c'était mal fait et ridicule, voir contre-productif. Mais peut-être que ce genre de BD nous permets de redonner espoir quand on se demande pourquoi lutter. Et pour la jeune génération, c'est important de retrouver non pas des modèles mais des inspirations. Finalement, cette BD nous parle de la lutte collective comme émancipation, d'amour comme échappatoire au poids de la vie, à l'obstination parfois bête comme mode de vie. C'est pas une glorification, mais une histoire émouvante. Et je ne peux qu'avoir une immense sympathie pour ces gens qui restent bien loin d'un idéal que j'aurais envie d’imiter, mais je suis aussi impressionné par ce qu'ils ont fait là où ils étaient. Voir le monde des années 60 de leur point de vue fait prendre conscience qu'il nous est facile de les critiquer. Mais on parle d'un monde sans radio libre, aux informations plus lacunaires, aux discours catho sur les ondes et dans l'école. Tout refuser en bloc n'était sans doute pas la solution, mais il fallait essayer pour le savoir. J'ai adoré ma lecture -merci grogro- et je n'ai qu'une envie : la recommander à tout le monde. C'est un morceau d'histoire, une Histoire sans grand personnage ni grands moments, juste des vies quotidiennes qui se nouent ensemble. On parle d'homosexualité, de politique, de parentalité, de transformation du monde, d'émancipation des femmes, de machos et de beaufs, de drogue et de musique. Les auteurs montrent le passage de flambeau d'une génération à une autre ... Et putain, ça fait du bien au moral, quoi ! Ça requinque, ça donne envie de s'y mettre ! Franchement, le reste on s'en fout : le dessin, la pagination, les couleurs, tout ça, c'est super. Je vous l'ai dit, c'est super lisible ! Alors j'arrête de déblatérer, si je vous ai pas convaincu, je pourrais pas le faire et je sais pas ce qu'il vous faut. Ouais, c'est le genre de BD qui donne envie d'en parler pendant deux heures avant de se dire "Non, mais en fait on s'en fout : lis-la". Le conseil est passé, à bon entendeur, salut ! Et merci grogro du conseil.

12/03/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Ogres-Dieux
Les Ogres-Dieux

Etrange série -hélas abandonnée- que voila. Hubert semble avoir atteint ici une sorte de quintessence de son œuvre, un pinacle de ce qu'il aimait et faisait déjà en bande-dessinée. Ce qui laisse prédominer la sensation de regret au sortir du quatrième tome, le gout d'inachevé restant tenace face à ce qui s'apparentait à une minutieuse construction narrative. Un chef-d'oeuvre inachevé ... Si je suis dithyrambique, c'est parce que je sens, à travers les différents volumes, l'importance que Hubert à accordé à la narration d'un univers de toutes les manières possibles pour en faire jaillir les messages. C'est le genre de série qu'il faut prendre le temps d'apprécier, de savourer même, en lisant minutieusement ces albums qui ont été édités comme une chronique d'un temps ancien. Commençons déjà par cela : l'édition de qualité, aux couvertures épaisses et dorées, aux pleines pages de grande taille pour aller dans le thème, aux enluminures qui la parsèment et aux nombreuses pages entièrement rédigées, jouant sur la chronique dans le récit. Une édition prestigieuse et à la hauteur de l'intérieur, que j'ai la chance d'avoir dans son superbe coffret qui rehausse encore plus l'ensemble. Une qualité visuelle qui rajoute déjà à l'ensemble. Le dessin est un élément fort du récit. Cet encrage noir, ce sens du dessin grandiose, étalé sur des pleines planches et jouant sur les gros plans des personnages gigantesques, le contraste d'échelle, les jeux sur les nombreux plans, tout est fait pour jouer sur le ressenti du gigantisme de cette dynastie. Il faut noter aussi le plaisir visuel des architectures, qui rendent visuellement parfaitement l'ambiance. C'est une recherche esthétique permanente, qui envoie du lourd dans nos mirettes ! Mais c'est le scénario qui tient en haleine pendant les quatre tomes. Sur départ qui semble classique, sur une famille royale de géants qui dévorent des humains, Hubert développe une histoire qui lorgne vers la création d'univers. Hubert se veut démiurge et tisse les liens de ce qui peut s'apparenter à l'Histoire de son monde. Narrée successivement par différents personnages afin de croiser les regards comme un historien croiserait les sources, présentant successivement les points de vue opposés pour en tirer la contradiction de toute vie, Hubert cherche une histoire qui ne rejoint jamais le manichéisme. Il montre que tout peut s'opposer dans une société, que lutter contre l'oppression ne fait pas de nous des gentils, que de bons sentiments peuvent se révéler tout aussi mauvais pour les autres. De façon assez claire, sous les thèmes chers au scénariste, il y a un sous-texte de la complexité d'un monde. Croire que tout est facile et sera vite résolu est un doux mensonge que la violence de la BD met bien vite à mal. J'ai aimé cette lecture, prenante comme un bon livre d'Histoire qui tente (vainement) de montrer une situation donnée à l'aulne de chacun de ses protagonistes. Qui aimer, qui détester, qui rejeter, qui soutenir ? Hubert n'aime pas les évidences et nous le fait bien sentir. Que penser de cette femme, dans le volume 4, enfermée, retirée du monde, le comprenant à travers les livres et se rendant compte que la lecture ne suffit pas à le comprendre ? Qu'il faut le vivre ! Moi qui aime tant lire, je ne peux qu'apprécier ce message. C'est une lecture éprouvante, donc, une lecture riche et dense, dont on ne sort pas facilement. Une lecture frustrante par cette absence de fin, clairement la série est incomplète et se dirigeait vers quelque chose de plus riche encore. C'est tout un monde, tout un univers qui se déploie devant nous et nous invite à s'y plonger. Hubert et Gatignol se sont accordés merveilleusement bien pour nous proposer cette pépite littéraire que je découvre cette année. Une réussite totale, à mes yeux. Me croiriez-vous si je vous disais que j'ai aimé ?

11/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Afrikakorps
Afrikakorps

Je trouve la BD très réaliste. On a l'impression de vivre cette guerre. Les dessins sont magnifiques, ils sont compréhensibles et bien colorés, on sent que l'auteur est un passionné.

10/03/2024 (modifier)
Par Martial
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Clarke et Kubrick
Clarke et Kubrick

Clarke et Kubrick, un univers génial : Le dessin de l'école Espagnole est non seulement percutant, mais aussi empreint d'une grande contemplation des formes technologiques et architecturales. Image d'un pays résolument moderne dans ses réalisations contemporaines décomplexées. Un pur chef d’œuvre qui renvoie souvent à l'esprit des vacances où tout devient possible alors, avec quelques plages de sable fin, des ports anachroniques en apparence, et des soirées dans l'ombre des remblas, où se trament des aventures joyeusement inquiétantes. Des péripéties absolues, dans lesquelles nos héros se sortent par des triomphes à la Pyrus. Cet aspect peu orthodoxe de leurs tribulations, apporte une grande fraicheur dans cette vision d'aventures où tout reste possible. Scénario plus fouillé que ce qu'on peut en penser de prime abord, si on se contente juste de se poser sur le déroulé simple des aventures. Car derrière cette apparente simplicité, se dévoile pour celui qui y entre totalement, un esprit d'ouverture sur un futur tel qu'on pouvait le penser. Un futur positif et aventurier dans le sens des grands espaces, avec une technologie décrite, facilitatrice des choses et plutôt fun, à contrario de cette technologie de contrôle qui se répand aujourd'hui dans le réel. Une vision d'un univers moderne et libérateur, dans lequel nos héros sont confrontés à d'autres pensées, d'autres projets de vies des personnages bizarres, tant physiques que psychiques, qu'ils croisent.... Parfois retords, ou totalement déjantés, ou bien calculateurs et cyniques, ou encore sans moralité, sauf celle de leur intérêts. Sans parler des jeux atypiques relationnels de nos deux acteurs, croqués par Alfonso Font. Dont l'un passe son temps les bras au ciel à dénoncer avec une conception ravageuse, les malheurs hallucinants qui leur arrivent. Et dont l'autre en assure une reformulation rationnelle douteuse... Trois albums à ma connaissance, à se procurer illico, pour se projeter dans des aventures positivement jouissives.

08/03/2024 (MAJ le 08/03/2024) (modifier)