BD en noir et blanc réalisé par Jiro Taniguchi que j’ai découvert grâce à ma lecture de Quartier lointain. Quelle ne fut pas ma stupéfaction devant la découverte de ce second chef d’œuvre !
Yoichi Yamashit travaille à Tokyo. Apprenant la mort de son père, il revient après une très longue absence à Tottori, la ville qui l'a vu grandir. Au cours d'une veillée funèbre, le passé des années 50 et 60 resurgit : l'incendie qui a ravagé la ville et la maison familiale, le dur labeur pour la reconstruction, le divorce de ses parents, ses souffrances d'enfant...
Lors de cette veillée, chaque membre de la famille apporte un éclairage nouveau sur la personnalité de ce père que Yoichi tenait jusque-là pour responsable du désastre familial. Le fils réalise finalement, mais trop tard, qu'il a sans doute été le seul responsable de leur douloureuse incompréhension.
J’aime le style de l’auteur, la profondeur de ses personnages sensibles et touchant. On vit intensément dans la peau du personnage central tout en découvrant les traditions japonaises. C’est du grand art ! Sublime dans tous les sens du terme ! Même le trait du dessin permet de décalquer les émotions ressenties par les personnages.
Jamais encore une BD ne m’avait laissé échapper quelques larmes.:((Cela renvoi incontestablement à des moments de vie que nous pourrions personnellement vivre.
Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 5/5 – Note Globale : 4.75/5
Vraiment bien comme série, c'est pour moi ma meilleure découverte de l'année ! Le scénario est vraiment original, mêlant un part historique et mythologique avec de la science-fiction, le tout bien imaginé et cohérent. Les héros sont très vite attachants, qu'ils soient côté "clair" ou côté "obscur" et leurs personnalités évoluent et sont bien développées.
J'ai dévoré cette série tant on a envie de connaitre la suite, et ma première réaction lorsque j'ai eu fini, c'est de trouver d'autres œuvres de Mangin... Sur les 6 volumes, on ne se lasse pas en avançant et à chaque fois on apprend et comprend mieux le monde décrit.
Les dessins sont superbes, j'aime bien le découpage des cases et l'utilisation des couleurs. Je conseille donc l'achat, c'est un tout qui en fait une série culte.
Au départ, adapter une histoire aussi connue que celle de Peter Pan peut sembler un pari risqué. Loisel a parfaitement réussi cet exercice, il s’est appuyé sur la trame de l’histoire, il s’est remarquablement approprié les personnages et il les fait évoluer à sa façon pour nous livrer un petit bijou.
Cette histoire m’a particulièrement touché. Parce que j’ai lu une superbe histoire d’aventure, une histoire qui a fait rêver le grand enfant que je suis. Un peu comme Peter qui refuse de grandir, j’ai moi aussi voyagé dans le monde imaginaire, j’ai combattu les pirates et le Capitaine Crochet, j’ai rigolé dans les bons moments, et j’ai été ému quand il se passe des évènements tragiques.
Parce que tout n’est pas rose bonbon. Si cette histoire a pu me transporter tel un gamin à qui on lirait le conte, cette histoire a également un côté bien plus adulte, très noir. Elle est parfois cruelle, très cruelle même.
Une superbe série que j’avais déjà lue par le passé et que je n’avais pourtant pas autant aimée. On dira que cette seconde lecture m’a permis d’apprécier ce chef d’œuvre à sa juste valeur !
Pour être franc, les "derniers" Adachi en date m'avaient peu convaincu. Hanté par le souvenir des différents mais superbes Touch et Short Program, j'avais été par exemple peu satisfait de Katsu, qui reste au fond une oeuvre (pour l'auteur) assez plate et sans grande envergure, ou audace.
Où était donc passée toute la finesse et la subtilité d'Adachi ? Dans Cross Game.
Je m'attarderai surtout sur le premier tome, n'ayant malheureusement pu lire que le début du second.
Cette oeuvre renoue tout de suite avec l’excellence Adachienne, avec de surcroît quelque chose en plus, qui la démarque indubitablement: Non content de retrouver la narration adroite et fine du maître (peut être plus que d’habitude d’ailleurs), l'histoire offre une situation initiale originale et d’une richesse hallucinante, qui laisse d'entrée le lecteur rêveur pour la suite: Dès les premières pages, on ressent un grand potentiel sur plusieurs personnages, pas forcément les plus mis en avant, et l'on sent comme un malaise dans la relation principale, que quelque chose "doit" se passer. Le lecteur s'imagine sans en prendre conscience énormément de scénarios entre nos très jeunes héros, se doutant bien qu’une ellipse devrait passer par là pour rendre l’ensemble plus mature (?), et paf, l’auteur nous prend à revers et nous crève le coeur. Enorme.
La suite est comme souvent dans ce genre de situation traité avec beaucoup de pudeur, et montre qu’Adachi, si l’on avait finit par l’oublier, n’est pas invariablement synonyme de légèreté, comme il l’avait déjà montré par le passé. Cross Game, sans renier aucunement le style de son auteur, reste une des séries les plus "dures" qu'il ait faites, et l'une des plus prometteuses.
Qu'est ce que j'ai pu avoir peur d'entreprendre la lecture d'un tel pavé de 600 pages et de surcroît en noir et blanc ! Quelques avis me faisaient frémir d'avance car je suis un lecteur très attaché aux qualités esthétiques d'une oeuvre et plutôt grand public. Oui, cette bd avait alors tous les inconvénients pour me déplaire. Je sais qu'on ne doit pas juger une oeuvre avant de l'avoir lu.
Une vieille connaissance, grand amateur de bd, qui m'avait jadis initié à des lectures plus adultes que les Tintin et autres Astérix, m'avait lancé une espèce de défi: "tu ne seras jamais un véritable collectionneur de bd si tu ne possèdes pas From Hell !" Bigre ! Qu'avait 'elle de spéciale pour susciter une telle admiration ? Je n'en suis pourtant pas à mes premières lectures ! Voilà que je me précipite pour l'acheter dès le lendemain puis je l'a fais trôner dans ma nouvelle bibliothèque flambante neuve (ou dois-je dire son extension). Les mois passent... Je délivre près de 200 avis sur ce site. Tout est bon pour lire autre chose. Mais je suis blasé par toutes ces lectures qui ne m'apportent que rarement des satisfactions. Les avis négatifs se multiplient à une vitesse grand V.
Un beau jour, car ma bibliothèque d'entreprise étant indisponible pour cause de rénovation, je me lance enfin dans l'aventure Greetings from Hellville. Je commence cette lecture tant redoutée et repoussée... Mais, c'est le coup de foudre immédiat malgré une première partie très difficile dans son approche. Je ressens véritablement la quintessence de ce que la bd peut offrir de meilleur. C'est à la fois sublime et intelligent ! Il faut dire que je désespérais de retrouver une oeuvre culte. Alan Moore devient pour moi l'un de mes meilleurs scénaristes ayant déjà noté Le Culte des Ténèbres son oeuvre Watchmen.
L'histoire est non seulement très originale mais elle est illustrée par un style graphique très intéressant. Je me suis mis à aimer ce dessin car il nous permet de faire preuve d'imagination pour relier toutes les scènes entre elles. Je ne pensais pas que je pouvais atteindre ce stade un jour. J'ai ressenti une véritable fascination visuelle par ce trait d'une extrême délicatesse qui parvient à restituer la beauté ou la laideur naturelle du vivant. Il faut simplement en retirer la substantielle dimension. Ce n'est pas à la portée de tout le monde.
Greetings from Hellville est le passage obligé pour tout lecteur qui aime passionnément un tant soi peu la bande dessinée. Pour moi et c'est purement subjectif (quoique !), il y a eu un avant et il y aura un après Greetings from Hellville. C'est un véritable rite d'initiation pour un lecteur. J'espère pouvoir me relever car une telle qualité scénaristique ne se rencontre pratiquement jamais. C'est un véritable chef d'oeuvre qui m'a transporté dans un univers au-delà des limites. C'est terriblement jubilatoire ! ::
La trame imaginée par l'auteur est réellement captivante. Les décors sont habilement suggérés par des variations d'ambiance. Ce récit regorge de trouvailles intelligentes.
Greetings from Hellville apporte une nouvelle résonance aux règles de base qui bâtit les fondements mêmes du genre policier. Etant titulaire entre autre d'un DEA de sciences criminelles, j'ai pu grandement apprécier cette enquête difficile, les fausses pistes qui se sont multipliées, l'autopsie de la vie de ce tueur intemporel.
Un seul mot réussit finalement à bien résumer mon état d'esprit à la fermeture de cet album : culte ! :)
Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 5/5 - Note Globale: 4.5/5
Une histoire passionnante! Jugez-en vous même: au printemps 1900, le peintre Tristan Paulin souffre d'une malformation qui l'oblige à dissimuler le bas de son visage et le prive de l'usage de la parole. En butte au mépris des autres, perturbés par des origines familiales qu'il devine douloureuse, il apaise ses tourments quand il rencontre Mathilde, une jeune galeriste qui se refuse à lui mais qui s'éprend de son travail. Au-delà de leur passion pour la peinture, le destin de ces deux personnages ont toujours été étroitement mêlé.
Le dessinateur Ruben Pellejero au sommet de son art joue avec talent d'une riche palette de couleurs pour traduire la variété des situations vécues par son personnage principal : un sombre artiste-peintre infirme et muet. Ces couleurs dans le Paris des années impressionnistes donnent toute sa puissance d'évocation à cette histoire de secret familial fascinante. Le trait est flamboyant pour le grand plaisir de nos yeux.
Je suis un lecteur non seulement ravi par un dessin quasi-sensuel et la violence des couleurs mais également sous le charme d'un scénario traité avec intelligence. L'un des meilleurs Giroud assurément! L'intrigue est si subtile qu'elle entraîne le lecteur de surprise en rebondissement. Les ramifications de ce secret familiales sont véritablement insoupçonnées. Une histoire envoutante qui mêle avec brio révolution picturale et drame familial!
Par ailleurs et pour ne rien gâcher, nous avons là l'alliance parfaite entre la beauté du trait et la rigueur de la narration! A posséder absolument! :)
Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
Entre réel et irréel, enrobé dans les brumes mystérieuses, ce zoo nous émerveille littéralement. On a l'impression d'être dans un véritable havre de paix sinon au paradis alors que dehors la première guerre mondiale fait rage. Cette horrible guerre qui va rattraper petit à petit les protagonistes de cette histoire.
C'est une lecture en plongée pleine de sérénité et de poésie où beauté et violence se juxtapose pour un sublime conte parfumé d'exotisme et d'humanisme. Je crois que ce qui m'a véritablement séduit, c'est d'abord l'ambiance dégagée dans cette ménagerie après une scène d'introduction sous titrée en russe un peu laborieuse. La sympathie des quatre personnages principaux y a également contribué.
C’est une de ces séries où il faut incontestablement être sensible alors que le fond se présente d’une manière assez simpliste. Les valeurs véhiculées sont appréciables : le respect des animaux et des autres de manière générale.
Graphiquement, c’est très beau avec de belles couleurs chatoyantes et une délicatesse du trait remarquable. Le dessin joue pleinement son rôle de transmetteur des émotions et des sentiments.
Nous aurons droit à un final réellement à la hauteur de nos espérances! C’est incontestablement une bd à émotion forte ! Une trilogie que tout collectionneur se doit de posséder !
Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
Base aérienne de Pavlos, automne 1916. Quatre protagonistes appartenant à un même orchestre: Dora, Alban, Elias et Nafsika. S'ils se croisent souvent, aucun d'entre eux n'a la même vision des évènements. Ils vont vivre quatre drames sans liens apparents. Des années plus tard, la machination va être enfin dévoilée.
Cette révélation au tome 5 va être d'une mécanique diabolique! Il révèlera dans un coup de théâtre imprévisible le plus étonnant de cette histoire: dans le Paris des années folles finissantes, Dora, Alban, Elias et Nafsika réaliseront en effet qu'aucun d'eux n'avait rien compris. Rien compris à la personnalité du cinquième musicien. On va ainsi comprendre ce qui est arrivé en cet automne 1916 dans ce village perdu des Balkans...
Du grand art scénaristique car ses histoires de destin individuel abordés sous différents angles apportent une nouvelle dimension. En effet, c'est un exercice difficile que de raconter une même histoire à partir de plusieurs points de vue différents. Les quatre premiers albums peuvent ainsi être lus indépendamment l'un de l'autre. Ils retracent à la fois la trajectoire d'un membre du quintett et l'aventure collective dont ce personnage est ,malgré lui, l'un des acteurs.
Nous ne connaissons pas l’identité du 5ème personnage ce qui ménage un suspens réel pour la fin de cette intrigue. En effet, le lecteur devra regrouper tous les éléments nécessaires afin d’élucider le secret qui lie ces cinq destins. Un thriller passionnant à découvrir et à posséder! Incontournable! :)
Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.5/5
Cette BD est une merveille des sens par son dessin qui tient du prodige ! C'est un rayon de soleil bouleversant par sa justesse et sa pudeur dans le scénario. Pour sauver son grand-père mourant, Benjamin doit ramener le Mangecoeur, un papillon funeste, avant l'aube. Il sera alors propulsé dans une fête foraine poursuivis par des clowns cruels.
Bourrés d'audaces dans sa narration et d'une grande richesse thématique qui exhale une ambiance d'étrangeté et de folie. Cette effervescence esthétique baroque est à la fois envoûtante et fascinante! Instantanément culte et pour longtemps! Le rêve et la magie règnent en maîtres dans ce conte merveilleux.
Par ailleurs, le trait de Jean-Baptiste Andréa est brillant. On en redemande! Cette série fut d'ailleurs très appréciée au moment de sa sortie et fut primée dans de nombreux festivals comme Angoulême.
J'ai d'ailleurs acquis l'intégrale de cette oeuvre. Au bout du chemin: de la poésie à l'état pur et beaucoup de bonheur ! :)
Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
C’est un western fantastique mais totalement différent des productions qui pourraient s'en rapprocher comme W.E.S.T ou Hauteville House. Cette originalité du genre m’a beaucoup séduit. La part du fantastique est bien dosée. C'est comme si je découvrais un nouveau genre marquant un nouveau style. On n'est pas loin de la bd d'anticipation!
La lecture a été très agréable d’autant que l’album n’est pas court. Tout est absolument réuni pour une BD d’exception (des couleurs extraordinaires, un dessin précis, un scénario fluide, des personnages intéressants, pas de niaiserie inutile et des dialogues savoureux...). J'aperçois encore cette couleur un peu rouillâtre qui laisse éclater le vert dans un paysage de printemps baigné par la lumière après la pluie. On pourrait presque humer la feuille morte légèrement humide. Que du bonheur pour les yeux! :) Les dernières pages laissent planer un frisson d'horreur en faisant atteindre à l'intrigue un haut niveau d'angoisse.
Juste un tout petit bémol : introduire l’ordre des Templiers dans cet univers alors que celui-ci a déjà été largement exploité par ailleurs. Pour ne rien gâcher, l'album est vendu avec en bonus 6 pages de making of à la fin.
Le second tome nous entraîne sur deux pistes parallèles entre une chasse à l'indien et la recherche d'un livre mystérieux qui vont se rejoindre pour un dénouement un peu apocalyptique... Il est vrai que la magie, le mystère et l'angoisse du premier tome ne sont plus vraiment présents car l'effet de surprise est passé. Nous avons même droit à une dernière pirouette scénaristique peu avenante mais qui trouve son explication. Par ailleurs, la conclusion ne laisserait aucun doute sur le fait qu'on retrouvera nos deux héros pour de nouvelles aventures.
Au final, on retiendra que cette bd est nettement au-dessus du lot et s'approche ainsi de la perfection. Une vraie baffe visuelle! Une oeuvre exceptionnelle à lire absolument! :)
Note Dessin : 5/5 – Note Scénario : 4/5 – Note Globale : 4.5/5
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Le Journal de mon père
BD en noir et blanc réalisé par Jiro Taniguchi que j’ai découvert grâce à ma lecture de Quartier lointain. Quelle ne fut pas ma stupéfaction devant la découverte de ce second chef d’œuvre ! Yoichi Yamashit travaille à Tokyo. Apprenant la mort de son père, il revient après une très longue absence à Tottori, la ville qui l'a vu grandir. Au cours d'une veillée funèbre, le passé des années 50 et 60 resurgit : l'incendie qui a ravagé la ville et la maison familiale, le dur labeur pour la reconstruction, le divorce de ses parents, ses souffrances d'enfant... Lors de cette veillée, chaque membre de la famille apporte un éclairage nouveau sur la personnalité de ce père que Yoichi tenait jusque-là pour responsable du désastre familial. Le fils réalise finalement, mais trop tard, qu'il a sans doute été le seul responsable de leur douloureuse incompréhension. J’aime le style de l’auteur, la profondeur de ses personnages sensibles et touchant. On vit intensément dans la peau du personnage central tout en découvrant les traditions japonaises. C’est du grand art ! Sublime dans tous les sens du terme ! Même le trait du dessin permet de décalquer les émotions ressenties par les personnages. Jamais encore une BD ne m’avait laissé échapper quelques larmes.:((Cela renvoi incontestablement à des moments de vie que nous pourrions personnellement vivre. Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 5/5 – Note Globale : 4.75/5
Le Fléau des Dieux
Vraiment bien comme série, c'est pour moi ma meilleure découverte de l'année ! Le scénario est vraiment original, mêlant un part historique et mythologique avec de la science-fiction, le tout bien imaginé et cohérent. Les héros sont très vite attachants, qu'ils soient côté "clair" ou côté "obscur" et leurs personnalités évoluent et sont bien développées. J'ai dévoré cette série tant on a envie de connaitre la suite, et ma première réaction lorsque j'ai eu fini, c'est de trouver d'autres œuvres de Mangin... Sur les 6 volumes, on ne se lasse pas en avançant et à chaque fois on apprend et comprend mieux le monde décrit. Les dessins sont superbes, j'aime bien le découpage des cases et l'utilisation des couleurs. Je conseille donc l'achat, c'est un tout qui en fait une série culte.
Peter Pan
Au départ, adapter une histoire aussi connue que celle de Peter Pan peut sembler un pari risqué. Loisel a parfaitement réussi cet exercice, il s’est appuyé sur la trame de l’histoire, il s’est remarquablement approprié les personnages et il les fait évoluer à sa façon pour nous livrer un petit bijou. Cette histoire m’a particulièrement touché. Parce que j’ai lu une superbe histoire d’aventure, une histoire qui a fait rêver le grand enfant que je suis. Un peu comme Peter qui refuse de grandir, j’ai moi aussi voyagé dans le monde imaginaire, j’ai combattu les pirates et le Capitaine Crochet, j’ai rigolé dans les bons moments, et j’ai été ému quand il se passe des évènements tragiques. Parce que tout n’est pas rose bonbon. Si cette histoire a pu me transporter tel un gamin à qui on lirait le conte, cette histoire a également un côté bien plus adulte, très noir. Elle est parfois cruelle, très cruelle même. Une superbe série que j’avais déjà lue par le passé et que je n’avais pourtant pas autant aimée. On dira que cette seconde lecture m’a permis d’apprécier ce chef d’œuvre à sa juste valeur !
Cross Game
Pour être franc, les "derniers" Adachi en date m'avaient peu convaincu. Hanté par le souvenir des différents mais superbes Touch et Short Program, j'avais été par exemple peu satisfait de Katsu, qui reste au fond une oeuvre (pour l'auteur) assez plate et sans grande envergure, ou audace. Où était donc passée toute la finesse et la subtilité d'Adachi ? Dans Cross Game. Je m'attarderai surtout sur le premier tome, n'ayant malheureusement pu lire que le début du second. Cette oeuvre renoue tout de suite avec l’excellence Adachienne, avec de surcroît quelque chose en plus, qui la démarque indubitablement: Non content de retrouver la narration adroite et fine du maître (peut être plus que d’habitude d’ailleurs), l'histoire offre une situation initiale originale et d’une richesse hallucinante, qui laisse d'entrée le lecteur rêveur pour la suite: Dès les premières pages, on ressent un grand potentiel sur plusieurs personnages, pas forcément les plus mis en avant, et l'on sent comme un malaise dans la relation principale, que quelque chose "doit" se passer. Le lecteur s'imagine sans en prendre conscience énormément de scénarios entre nos très jeunes héros, se doutant bien qu’une ellipse devrait passer par là pour rendre l’ensemble plus mature (?), et paf, l’auteur nous prend à revers et nous crève le coeur. Enorme. La suite est comme souvent dans ce genre de situation traité avec beaucoup de pudeur, et montre qu’Adachi, si l’on avait finit par l’oublier, n’est pas invariablement synonyme de légèreté, comme il l’avait déjà montré par le passé. Cross Game, sans renier aucunement le style de son auteur, reste une des séries les plus "dures" qu'il ait faites, et l'une des plus prometteuses.
From Hell
Qu'est ce que j'ai pu avoir peur d'entreprendre la lecture d'un tel pavé de 600 pages et de surcroît en noir et blanc ! Quelques avis me faisaient frémir d'avance car je suis un lecteur très attaché aux qualités esthétiques d'une oeuvre et plutôt grand public. Oui, cette bd avait alors tous les inconvénients pour me déplaire. Je sais qu'on ne doit pas juger une oeuvre avant de l'avoir lu. Une vieille connaissance, grand amateur de bd, qui m'avait jadis initié à des lectures plus adultes que les Tintin et autres Astérix, m'avait lancé une espèce de défi: "tu ne seras jamais un véritable collectionneur de bd si tu ne possèdes pas From Hell !" Bigre ! Qu'avait 'elle de spéciale pour susciter une telle admiration ? Je n'en suis pourtant pas à mes premières lectures ! Voilà que je me précipite pour l'acheter dès le lendemain puis je l'a fais trôner dans ma nouvelle bibliothèque flambante neuve (ou dois-je dire son extension). Les mois passent... Je délivre près de 200 avis sur ce site. Tout est bon pour lire autre chose. Mais je suis blasé par toutes ces lectures qui ne m'apportent que rarement des satisfactions. Les avis négatifs se multiplient à une vitesse grand V. Un beau jour, car ma bibliothèque d'entreprise étant indisponible pour cause de rénovation, je me lance enfin dans l'aventure Greetings from Hellville. Je commence cette lecture tant redoutée et repoussée... Mais, c'est le coup de foudre immédiat malgré une première partie très difficile dans son approche. Je ressens véritablement la quintessence de ce que la bd peut offrir de meilleur. C'est à la fois sublime et intelligent ! Il faut dire que je désespérais de retrouver une oeuvre culte. Alan Moore devient pour moi l'un de mes meilleurs scénaristes ayant déjà noté Le Culte des Ténèbres son oeuvre Watchmen. L'histoire est non seulement très originale mais elle est illustrée par un style graphique très intéressant. Je me suis mis à aimer ce dessin car il nous permet de faire preuve d'imagination pour relier toutes les scènes entre elles. Je ne pensais pas que je pouvais atteindre ce stade un jour. J'ai ressenti une véritable fascination visuelle par ce trait d'une extrême délicatesse qui parvient à restituer la beauté ou la laideur naturelle du vivant. Il faut simplement en retirer la substantielle dimension. Ce n'est pas à la portée de tout le monde. Greetings from Hellville est le passage obligé pour tout lecteur qui aime passionnément un tant soi peu la bande dessinée. Pour moi et c'est purement subjectif (quoique !), il y a eu un avant et il y aura un après Greetings from Hellville. C'est un véritable rite d'initiation pour un lecteur. J'espère pouvoir me relever car une telle qualité scénaristique ne se rencontre pratiquement jamais. C'est un véritable chef d'oeuvre qui m'a transporté dans un univers au-delà des limites. C'est terriblement jubilatoire ! :: La trame imaginée par l'auteur est réellement captivante. Les décors sont habilement suggérés par des variations d'ambiance. Ce récit regorge de trouvailles intelligentes. Greetings from Hellville apporte une nouvelle résonance aux règles de base qui bâtit les fondements mêmes du genre policier. Etant titulaire entre autre d'un DEA de sciences criminelles, j'ai pu grandement apprécier cette enquête difficile, les fausses pistes qui se sont multipliées, l'autopsie de la vie de ce tueur intemporel. Un seul mot réussit finalement à bien résumer mon état d'esprit à la fermeture de cet album : culte ! :) Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 5/5 - Note Globale: 4.5/5
Secrets - L'écorché
Une histoire passionnante! Jugez-en vous même: au printemps 1900, le peintre Tristan Paulin souffre d'une malformation qui l'oblige à dissimuler le bas de son visage et le prive de l'usage de la parole. En butte au mépris des autres, perturbés par des origines familiales qu'il devine douloureuse, il apaise ses tourments quand il rencontre Mathilde, une jeune galeriste qui se refuse à lui mais qui s'éprend de son travail. Au-delà de leur passion pour la peinture, le destin de ces deux personnages ont toujours été étroitement mêlé. Le dessinateur Ruben Pellejero au sommet de son art joue avec talent d'une riche palette de couleurs pour traduire la variété des situations vécues par son personnage principal : un sombre artiste-peintre infirme et muet. Ces couleurs dans le Paris des années impressionnistes donnent toute sa puissance d'évocation à cette histoire de secret familial fascinante. Le trait est flamboyant pour le grand plaisir de nos yeux. Je suis un lecteur non seulement ravi par un dessin quasi-sensuel et la violence des couleurs mais également sous le charme d'un scénario traité avec intelligence. L'un des meilleurs Giroud assurément! L'intrigue est si subtile qu'elle entraîne le lecteur de surprise en rebondissement. Les ramifications de ce secret familiales sont véritablement insoupçonnées. Une histoire envoutante qui mêle avec brio révolution picturale et drame familial! Par ailleurs et pour ne rien gâcher, nous avons là l'alliance parfaite entre la beauté du trait et la rigueur de la narration! A posséder absolument! :) Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
Zoo
Entre réel et irréel, enrobé dans les brumes mystérieuses, ce zoo nous émerveille littéralement. On a l'impression d'être dans un véritable havre de paix sinon au paradis alors que dehors la première guerre mondiale fait rage. Cette horrible guerre qui va rattraper petit à petit les protagonistes de cette histoire. C'est une lecture en plongée pleine de sérénité et de poésie où beauté et violence se juxtapose pour un sublime conte parfumé d'exotisme et d'humanisme. Je crois que ce qui m'a véritablement séduit, c'est d'abord l'ambiance dégagée dans cette ménagerie après une scène d'introduction sous titrée en russe un peu laborieuse. La sympathie des quatre personnages principaux y a également contribué. C’est une de ces séries où il faut incontestablement être sensible alors que le fond se présente d’une manière assez simpliste. Les valeurs véhiculées sont appréciables : le respect des animaux et des autres de manière générale. Graphiquement, c’est très beau avec de belles couleurs chatoyantes et une délicatesse du trait remarquable. Le dessin joue pleinement son rôle de transmetteur des émotions et des sentiments. Nous aurons droit à un final réellement à la hauteur de nos espérances! C’est incontestablement une bd à émotion forte ! Une trilogie que tout collectionneur se doit de posséder ! Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
Quintett
Base aérienne de Pavlos, automne 1916. Quatre protagonistes appartenant à un même orchestre: Dora, Alban, Elias et Nafsika. S'ils se croisent souvent, aucun d'entre eux n'a la même vision des évènements. Ils vont vivre quatre drames sans liens apparents. Des années plus tard, la machination va être enfin dévoilée. Cette révélation au tome 5 va être d'une mécanique diabolique! Il révèlera dans un coup de théâtre imprévisible le plus étonnant de cette histoire: dans le Paris des années folles finissantes, Dora, Alban, Elias et Nafsika réaliseront en effet qu'aucun d'eux n'avait rien compris. Rien compris à la personnalité du cinquième musicien. On va ainsi comprendre ce qui est arrivé en cet automne 1916 dans ce village perdu des Balkans... Du grand art scénaristique car ses histoires de destin individuel abordés sous différents angles apportent une nouvelle dimension. En effet, c'est un exercice difficile que de raconter une même histoire à partir de plusieurs points de vue différents. Les quatre premiers albums peuvent ainsi être lus indépendamment l'un de l'autre. Ils retracent à la fois la trajectoire d'un membre du quintett et l'aventure collective dont ce personnage est ,malgré lui, l'un des acteurs. Nous ne connaissons pas l’identité du 5ème personnage ce qui ménage un suspens réel pour la fin de cette intrigue. En effet, le lecteur devra regrouper tous les éléments nécessaires afin d’élucider le secret qui lie ces cinq destins. Un thriller passionnant à découvrir et à posséder! Incontournable! :) Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.5/5
MangeCoeur
Cette BD est une merveille des sens par son dessin qui tient du prodige ! C'est un rayon de soleil bouleversant par sa justesse et sa pudeur dans le scénario. Pour sauver son grand-père mourant, Benjamin doit ramener le Mangecoeur, un papillon funeste, avant l'aube. Il sera alors propulsé dans une fête foraine poursuivis par des clowns cruels. Bourrés d'audaces dans sa narration et d'une grande richesse thématique qui exhale une ambiance d'étrangeté et de folie. Cette effervescence esthétique baroque est à la fois envoûtante et fascinante! Instantanément culte et pour longtemps! Le rêve et la magie règnent en maîtres dans ce conte merveilleux. Par ailleurs, le trait de Jean-Baptiste Andréa est brillant. On en redemande! Cette série fut d'ailleurs très appréciée au moment de sa sortie et fut primée dans de nombreux festivals comme Angoulême. J'ai d'ailleurs acquis l'intégrale de cette oeuvre. Au bout du chemin: de la poésie à l'état pur et beaucoup de bonheur ! :) Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
Lune d'argent sur Providence
C’est un western fantastique mais totalement différent des productions qui pourraient s'en rapprocher comme W.E.S.T ou Hauteville House. Cette originalité du genre m’a beaucoup séduit. La part du fantastique est bien dosée. C'est comme si je découvrais un nouveau genre marquant un nouveau style. On n'est pas loin de la bd d'anticipation! La lecture a été très agréable d’autant que l’album n’est pas court. Tout est absolument réuni pour une BD d’exception (des couleurs extraordinaires, un dessin précis, un scénario fluide, des personnages intéressants, pas de niaiserie inutile et des dialogues savoureux...). J'aperçois encore cette couleur un peu rouillâtre qui laisse éclater le vert dans un paysage de printemps baigné par la lumière après la pluie. On pourrait presque humer la feuille morte légèrement humide. Que du bonheur pour les yeux! :) Les dernières pages laissent planer un frisson d'horreur en faisant atteindre à l'intrigue un haut niveau d'angoisse. Juste un tout petit bémol : introduire l’ordre des Templiers dans cet univers alors que celui-ci a déjà été largement exploité par ailleurs. Pour ne rien gâcher, l'album est vendu avec en bonus 6 pages de making of à la fin. Le second tome nous entraîne sur deux pistes parallèles entre une chasse à l'indien et la recherche d'un livre mystérieux qui vont se rejoindre pour un dénouement un peu apocalyptique... Il est vrai que la magie, le mystère et l'angoisse du premier tome ne sont plus vraiment présents car l'effet de surprise est passé. Nous avons même droit à une dernière pirouette scénaristique peu avenante mais qui trouve son explication. Par ailleurs, la conclusion ne laisserait aucun doute sur le fait qu'on retrouvera nos deux héros pour de nouvelles aventures. Au final, on retiendra que cette bd est nettement au-dessus du lot et s'approche ainsi de la perfection. Une vraie baffe visuelle! Une oeuvre exceptionnelle à lire absolument! :) Note Dessin : 5/5 – Note Scénario : 4/5 – Note Globale : 4.5/5