Voilà le type d'ouvrage sur lequel je ne me serai même pas arrêté sans le coup de projecteur du festival d'Angoulême 2009. En effet, depuis quelques années, j'ai délaissé, par lassitude et souvent par déception, les bandes dessinées dites indépendantes, au profit des mainstreams.
Pourtant, ce livre est en tout point remarquable : une couverture soignée, à la Chris Ware (d'ailleurs c'est ce même festival d'Angoulême qui m'a révélé Jimmy Corrigan), un papier de grande qualité et une pagination importante, 200 pages que j'ai lues d'une traite tant Winshluss a adapté d'une façon intelligente le roman de Carlo Collodi.
Enfin, lu c'est vite dit car cette bande dessinée est quasi-muette, seules les pages consacrées à Jiminy le cafard (qui remplace le célèbre criquet) sont pourvues de dialogues. A la lecture, je ne me suis guère ennuyé, au contraire. C'est irrévérencieux (Ah ! Blanche Neige croquée par Winshluss vaut le détour !), parfois trash, quelquefois drôle mais surtout bien construit. Un scénario qui ne laisse aucune place à l'improvisation.
Winshluss a bâti une mécanique parfaitement huilée qui, jusqu'à la dernière page, nous surprend et nous enchante.
Mais plus que l'adaptation du roman éponyme de Callodi, c'est sans nul doute à celle de Walt Disney que Winshluss a songé lorsqu'il a écrit ce livre.
Il s'agit, je pense, d'un ouvrage qui plaira à tout amateur de bd, tant le récit est fort et extrêmement bien pensé.
Pour ceux qui étaient, comme moi, passés à côté de la première édition (d'ailleurs vite épuisée), profitez du nouveau tirage que les Requins Marteaux viennent de faire paraître.
Un livre incontournable qui mérite d'être lu et surtout relu.
Tout simplement excellent !
Alain Ayroles, dont on connaît les talents de dialoguistes et de concepteurs de scènes hilarantes, prouve une fois de plus son talent hors normes.
En effet il nous propose un récit bien dans le cadre imposé de la collection "7", mais en le détournant à sa façon. Ici les sept personnages choisis sont les pires missionnaires qui puissent exister, véritables incarnations vivantes des sept péchés capitaux. Faire de moines les incarnations de ces péchés, voilà déjà la première idée de génie. La seconde idée est de prendre une direction résolument festive, enfin disons humoristique au récit, et en particulier dans les moments où les "qualités" des sept missionnaires s'expriment. Et elles s'expriment à bon escient, forcément. C'est là où le côté diabolique (je l'ai dit, je l'ai dit !) d'Alain Ayroles se dévoile : cet homme est capable d'écrire des récits au millimètre, rien n'est laissé au hasard. La dernière planche est d'ailleurs énorme.
Je ne sais pas si le choix de Luigi Critone est du fait d'Ayroles ou de David Chauvel, l'initiateur de cette collection, mais c'est là encore un choix de toute première force. Je ne connaissais pas son travail, mais je suis totalement bluffé. Dès les premières pages j'ai été happé par son dessin sans défaut, idéalement mis en valeur par les couleurs de Lorenzo Pieri. Son style est très réaliste, et il arrive aussi, quand le scénario le commande, à glisser des mimiques irrésistibles sur le visage de ses personnages. Du grand art !
Machiavélique Ayroles, tu nous as fait passer le pacte avec le Malin avec ce one shot !
A l'origine, Frank Giroud, le plus talentueux et le plus prolifique scénariste actuel, a écrit ce récit pour Michel Faure, grand passionné d'aventure. En effet, ce récit est une véritable chasse au trésor dans une jungle luxuriante au pays des Maharajas.
Ceci est le quatrième volet de la série "Secrets". L'héroïne Elisabeth va connaître une étrange loi du silence dans sa famille autour d'un sujet tabou : l'Inde. Cela aura pour conséquence de lui motiver une soif d'aventure afin de connaître la vérité sur le passé de sa famille et notamment les circonstances exactes de la mort tragique de sa mère.
Giroud nous plonge dans une atmosphère de chaleur moite et pesante où les personnages vont véritablement évoluer aux confins de la folie pour les esprits les plus sains. On sent l'empreinte de mystère et de secrets inavoués, marque de fabrique de la série.
L'auteur prend également du temps pour mettre en place une histoire palpitante en soignant la psychologie de ses personnages. Ainsi, on arrive à mieux cerner les motivations des actes des uns et des autres.
Graphiquement, c'est tout bonnement magnifique aussi bien dans les décors que dans les traits des différents personnages. C'est un dessin d'une beauté saisissante qui exalte le romantisme de ce récit palpitant ! Cela fait penser à ces tableaux impressionnistes de Monet qu'on passe des heures à contempler.
Egalement appréciable : la collection "Secrets" n'hésite pas à augmenter ses paginations pour ne pas imposer aux lecteurs le couperet un peu artificiel de la page 46. Vous aurez droit à 80 pages par volume pour visiter l'Inde.
Le second tome est réellement à la hauteur des espérances laissées par le premier. On découvre ce que veut dire le Samsara. Plus encore: les révélations finales seront de taille! Tout s'imbrique logiquement ce qui est la marque d'un scénario fort réussi. Magnifique et brillant à la fois!
Pour les amateurs de série d'aventures exotiques et de fresque romanesque! Vous ne serez pas déçu de ce voyage ! C'est assurément le meilleur de la déjà excellente collection "Secrets" :)
Note Dessin: 4.25/5 - Note Scénario: 4.25/5 - Note Globale: 4.25/5
Pièce maîtresse de l’œuvre de Gibrat, le sursis séduit à plus d’un point.
D’abord, un dessin réaliste, doux, chaleureux, aux couleurs envoutantes.
Ensuite, un personnage féminin empli de charme. Une des plus belles héroïnes de la bd de ces 20 dernières années, qui figure parmi mon top 5 personnel.
De plus, un scénario riche à la structure intéressante et au sujet original.
Enfin, la fin (et je n’en dirai pas plus pour ceux qui n’auraient pas encore lu ce petit bijou).
On peut reprocher à Gibrat de dessiner toujours les même femmes, mais, à l’époque, cet auteur était encore peu connu, et par conséquent ses tics également. Je me vois dès lors mal reprocher à Gibrat le fait que son héroïne ressemble comme deux gouttes d’eau à celle du vol du corbeau ou, de façon plus éloignée, à la sirène ou à la Mort de « Marée Basse ».
Ce diptyque fut un choc et une révélation à l’époque, et demeure encore à ce jour une perle à lire et à relire.
Plus que bien. Marquant.
17 ans durant, la nef des fous nous aura surpris, amusés, fait rêver.
Une histoire étrange, loufoque, peuplée de personnages improbables nous a été contée par un artiste inspiré et créatif. Un dessin clair, rond, aux couleurs chaleureuses, offrant la part belle aux détails et, de plus, capable de se renouveler pour illustrer les rêves du petit roi, le monde extérieur à la nef ou d’autres choses encore. Des personnages attachants issus du casting classique d’un conte de fées traditionnel : le bon roi, la vilaine reine, la pure princesse, le gentil fou, le méchant conseiller du roi. Des personnages étonnants sortis d’on ne sait où : les robots, le prince putatif, le sergent et son adjoint, le chien du roi, les schloumpfs (enfin ! Ceux-là, on sait d’où ils viennent). Quelle richesse !
Certes, les tomes 5 et 6 sont un peu moins prenants mais, pour le reste, il n’y a rien à jeter. Et si la conclusion est conventionnelle, elle cadre cependant pleinement avec l’état d’esprit de la série. La nef des fous est cohérente ! Et ce n’est pas la moindre de ses qualités.
Que dire de plus ? Si vous hésitez car l’œuvre vous paraît trop farfelue, je ne peux que vous inciter à essayer quand même car vous ne pourrez qu’être envoutés par cette histoire d’une grande richesse, par ces personnages si attachants et drôles, par ces trouvailles délirantes, tant graphiques que scénaristiques, par ces décors de conte de fée.
J’aime (au cas où vous n’auriez pas compris).
MangeCoeur est le plus beau conte pour ados et adultes qu’il m’ait été donné de découvrir. Et je parle bien de conte et non d’une parodie ou d’un hommage comme peuvent l’être Garulfo ou Les trois cheveux blancs.
En partant d’un vieux joueur de marionnettes, de son petit-fils et de sa marionnette fétiche, Gallié parvient à créer une histoire merveilleuse, par moment terrifiante, par moment symbolique, parfois d’une grande tristesse, parfois légère. Et le dessin d’Andreae est tout simplement parfait pour illustrer ce type d’histoire. Riche et clair, sombre et … lumineux, il magnifie ce récit.
Cerise sur le gâteau, le scénario offre une histoire parallèle au graphisme différent qui recèle des clés pour la compréhension de l’ensemble. Et ce qui peut se révéler anachronique au début prend alors un tout autre éclairage à la fin.
Une œuvre audacieuse, inventive, touchante au dessin envoutant, aux couleurs chatoyantes. Pour rêver, tout simplement.
Je ne suis pas d’accord tu tout avec les autre commentaires. Ce manga est génial, c'est le seul des trois (épisode g /next dimension/lost canvas) à nous expliquer les débuts de nos héros préférés, et l'histoire est géniale. Je suis heureux de connaitre les débuts des chevaliers d'or, qui étaient les personnages les plus intéressants de la série originale, et les dessins sont super modernes et bien dessinés.
Je le conseille à tous les grands fans de Saint Seiya et tous ceux qui adoraient les chevaliers d'or.
Une histoire passionnante qui se lit très bien. Karim Friha a réussi de mélanger et d'entremêler les histoires des personnages avec sensibilité et justesse. Ses planches savoureuses sont touchantes et très drôles par endroits, par exemple quand Sylvan attend son amoureuse en terrasse d'un café ou quand la femme, guérie de sa malvoyance, s'enfuit en voyant son mari :), et très cruelles à d'autres moments.
J'ai beaucoup aimé l'univers de la BD, l'idée que les enfants maltraités développent des pouvoirs pour se protéger, l'idée que leur corps réagit à des émotions et des sentiments d'une façon si explicite.
Seule déception, j’ai eu à la fin du tome un sentiment amer de devoir attendre le tome deux pour connaitre la suite… comme après un filme qu’on a adoré de A à Z, sauf le petit mot "à suivre" à la fin. L'auteur en a laissé des énigmes à résoudre. Trop envie de savoir ce que va devenir l'histoire d'amour de Sylvan ! :)
En tout cas, encore une fois, moi j’ai trouvée cette BD géniale ! Une histoire passionnante, de l’action, de l'histoire, les personnages attachants et trop mignons (je pense aux enfants, ils sont juste trop craquants! à quand les figurines des petits ? :). Et aussi des belles couleurs, par moment peut-être un peu sombres par contre…
Paoli Cossi, jeune auteur italien, signe une oeuvre poignante sur le génocide arménien qui a couté la vie à plus d'un million de personnes en 1915-1916. Medz Yeghern (en français "le grand mal") est le terme utilisé par les Arméniens pour désigner ce massacre perpétré par l'Empire Ottoman lors de la Première Guerre Mondiale.
De nombreux pays ont encore une attitude négationniste face à ce drame. C'est guère mentionné dans les livres d'Histoire. En 1915, l'Europe était en guerre et avait d'autres préoccupations par rapport à ce qui se passait dans un pays aussi éloigné. Or, en ces temps où le négationnisme fait de remarquables avancées (même parmi les évêques), il est temps de s'intéresser à cette partie de l'Histoire.
Il est vrai que l'Allemagne avait présenté ses excuses à la communauté juive par rapport à l'Holocauste. Il n'en va pas de même pour le génocide arménien. Le fait de l'évoquer provoque tout de suite la colère de la Turquie.
C'est vrai qu'il est difficile de montrer l'horreur même en bande dessinée. Cette oeuvre nous conte les destins de différentes personnes qui vont être confrontés à ce drame. Ainsi ce jeune soldat arménien qui échappe miraculeusement à la mort et qui est aidé par un maraîcher turc. Vous l'aurez compris, il n'y a point de manichéisme stigmatisant un peuple contre l'autre. Là, il s'agit d'une boucherie humaine sans pareille et des individus qui s'y opposent au nom d'une certaine humanité.
Le message de l'auteur se base sur la non-violence et le pacifisme. J'ai rarement lu une oeuvre aussi poignante qui est d'ailleurs basée sur de réels documents d'archive. Je vous la conseille juste pour vous rappeler qu'on n'est jamais à l'abri d'une telle barbarie. C'est dur et bouleversant. L'extrême violence de certaines scènes interdit l'accès du volume aux jeunes lecteurs. Le récit met en scène différents sentiments humains, tels que l'amitié et la haine, ainsi que certains comportements, tels le courage et la lâcheté. D'autres personnages vont aider le lecteur à comprendre les étapes qui ont mené à la solution finale planifiée par le gouvernement turc de l'époque.
C'est salutaire quand quelquefois la bande dessinée se penche sur des sujets délicats qui ont valeur de témoignage mêlant intime avec l'Histoire.
Note Dessin : 4.25/5 – Note Scénario : 4.75/5 – Note Globale : 4.5/5
Pour ma 500ème chronique de ce site de bédéphiles tarés, je fais un grand (et long) hommage à « Tintin » (comme par hasard, cette bd vient de fêter ses 80 ans !). Ça peut paraître inutile car plus d’une centaine d'avis ont déjà été postés sur cette série mais voilà, « Tintin » est la première bd que j’ai lue (je devais avoir sept ans), surtout c’est celle qui m’a fait aimer la bande dessinée. Encore de nos jours, je la relis encore et encore avec le même plaisir que quand j’étais gosse !
Qui est Tintin et quels sont les faits marquants de la série ?
« Tintin », c’était tout d’abord un reporter toujours accompagné par Milou, son fidèle fox-terrier, qui avait pour mission de voyager à travers de nombreux pays pour mener des enquêtes à l’image de son périple au pays des Soviets.
C’est à partir du troisième tome « Tintin en Amérique » que notre jeune homme va commencer à lutter contre des bandits et le trafic de drogue.
Mais le premier gros tournant de la série viendra du « Crabe aux pinces d’or » où Tintin fera la connaissance du Capitaine Haddock qui l’accompagnera ensuite dans toutes ses aventures. Puis, à partir de « L’étoile mystérieuse », Hergé (de son vrai nom : Georges Rémi) va incorporer dans ses récits une part d’espionnage et de science-fiction qui atteindra son apothéose dans « On a marché sur la lune ».
L’autre gros tournant de la série apparaîtra au 19ème tome « Coke en stock » où notre reporter va se montrer très attaché à la cause humaine. C’est aussi à partir de cet album que se trouvent –à mon avis- les meilleures histoires de Tintin. En effet, j’ai particulièrement adoré « Tintin au Tibet », « Les Bijoux de la Castafiore » et « Tintin et les Picaros ».
« Tintin » : témoin de l’évolution de la société au XXème siècle
En-dehors de la diversité des aventures de Tintin, c’est un pan de l’histoire du XXème siècle (de 1930 à 1976) que les lecteurs découvriront au fil des tomes. Ainsi, en-dehors de la deuxième guerre mondiale, le bédéphile notera l’évolution de la technologie (moyens de communication, transports, etc.) et des mentalités aussi bien politiques (colonialisme des premiers tomes, parfum de guerre froide dans « L’affaire tournesol », contrôle des régions productrices du pétrole dans « L’or noir », les renversements de pouvoir en Amérique du Sud, etc.) mais aussi humaines (par exemple : la question de l’abolition de l’esclavage dans « Coke en stock »)...
Ce qui est intéressant à travers cette série, c’est que Tintin va énormément évoluer au fil des tomes. Ainsi, d’un personnage prétentieux et arrogant, Hergé va le rendre de plus en plus « humain » allant jusqu’à ce que Tintin risque sa vie pour sauver Tchang au nom de l’amitié dans « Tintin au Tibet » et jusqu’à mener sa propre enquête pour désinculper les gens du voyage dans « Les Bijoux de la Castafiore ».
Des personnages par centaines jouant un rôle essentiel dans la série
Ce qui est captivant aussi à travers cette série, c’est la prolifération de personnages secondaires très importants : ceux qui prendront une place de plus en plus importante au fil des tomes et ceux qui joueront un rôle primordial dans au moins un album complet : Les Dupondt, le professeur Tournesol, le général Alcazar, Abdallah, Rastapopoulos, Tchang, les frères Loiseau, Allan, Bianca Castafiore, Séraphin Lampion, Nestor, Irma, Laszlo Carreidas, Szut, le général Tapioca et j’en passe !
Et le Capitaine Haddock ? Peut-on le considérer comme un personnage secondaire ? Je ne pense pas ! Dès son apparition dans « Le crabe aux pinces d’or », ce « vieux loup de mer », comme il se désigne lui-même, accompagnera toujours Tintin dans ses aventures sauf peut-être dans « L’or noir » où Hergé avait interrompu sa réalisation avant la deuxième guerre mondiale soit bien avant « Le crabe aux pinces d’or » !
C’est la venue du Capitaine Haddock qui apportera beaucoup d’humour à la série à travers ses situations surréalistes et ses commentaires lorsqu’il se met en colère. Ainsi, le lecteur se souviendra à jamais de ses fameux « Mille millions de mille sabords ! », « Tonnerre de Brest ! » et son irrésistible « Espèce de zouave ! » adressé au professeur Tournesol. Le bédéphile se souviendra aussi de sa chasse aux moustiques sur le lac Léman dans « L’affaire Tournesol » et ses malheurs dans « Les Bijoux de la Castafiore »...
Personnellement, j’aime énormément cet humour qui ne tombe jamais dans la vulgarité et qui reste toujours bon enfant.
« Tintin » : L’aventure avec un grand « A »
Tout au long de la série, Tintin voyagera sans cesse aux quatre coins de la planète et même plus puisqu’il ira sur la Lune ! Sauf dans « Les Bijoux de la Castafiore » dont l’histoire se déroule en huis-clos.
Ainsi, à mon avis, on doit certainement à Hergé une des plus belles aventures spatiales de la bd avec « Objectif Lune » et « On a marché sur la Lune ». Ces albums ont été réalisés quinze ans avant la mission Appolo, Hergé avait réuni le maximum d’informations sur la fusée V2 et sur le centre de séparation de l'uranium d'Oak Ridges (Etats-Unis) qui a servi de décor à l’usine où Tintin se rendra dans « Objectif Lune ».
On doit aussi à Hergé un des sous-marins les plus « attirants » de la bd, c’est un appareil que l’on retrouve dans « Le Trésor de Rackham le rouge » et qui ressemble à un requin.
Cet esprit d’aventure sera parfois complété par la science-fiction comme dans les albums « L’île mystérieuse », « Vol 714 pour Sydney », et parfois par de l’ésotérisme comme le tome « Les Sept boules de cristal ». Mais, incontestablement, Hergé donnera les lettres de noblesse à l’aventure en réalisant cette série !
Un style graphique qui marquera son époque et surtout, un excellent don de narrateur !
Un « coup de crayon » très agréable à contempler, une absence de détails inutiles, un dessin très lisible, une mise en couleurs simple et efficace : voilà ce que je retiens du graphisme d’Hergé !
Cependant, je lui dédie une mention spéciale pour « Tintin au Tibet » car l’auteur a réussi à rendre vivant son récit malgré la situation de cette histoire dans de la neige !
Pour « L’affaire Tournesol », Hergé est allé lui-même en Suisse afin de réaliser des repérages sur une route menant à Nyon qu’emprunteront Tintin et le capitaine Haddock !
Pareil pour « Coke en stock » où l’auteur et son associé Bob De Moor ont voyagé sur un cargo en mer du Nord pour y effectuer des croquis préparatoires.
D’un style de dessin dit « Ligne claire », les derniers tomes de Tintin présenteront un « coup de patte » plus « fouillé ».
Je ne souviens pas d’avoir eu des difficultés pour lire les « Tintin », tous les tomes de cette série me sont apparus très faciles et très agréables à feuilleter. A mon avis, ceci est dû au fait que l’auteur a eu la bonne idée de ne jamais « lâcher » le personnage principal. Ainsi, le lecteur aura toujours l’impression d’accompagner réellement Tintin dans ses aventures. Il faut dire aussi que le format de 62 pages a permis à l’auteur de développer et de faire « respirer » ses récits même si Hergé a sacrifié quelques planches dans certains albums comme dans « Tintin et les Picaros ».
A propos des critiques négatives sur « Tintin »…
Je ne peux m’empêcher de répondre aux détracteurs de « Tintin », leurs principaux reproches sont les suivants :
1 - le racisme et l’arrogance du héros dans les premiers albums de la série,
2 - l’absence de personnages féminins importants (en-dehors de la Castafiore) et l’indifférence de Tintin à l'égard des femmes,
3 - l’obstination de la société « Moulinsart SA » qui gère les droits d’Hergé à ne pas publier un « Tintin » réalisé par d’autre(s) auteur(s) et à imposer des conditions de vente trop draconiennes aux commerçants.
Sur le premier point, à propos des premiers albums de « Tintin », je pense que le lecteur devra se mettre à place d’Hergé. Lorsque l’auteur écrit les première et deuxième aventures de Tintin, nous sommes en pleine période de colonialisme et de l’apparition du communisme. Comme la plupart de ses compatriotes, Hergé sera influencé par la propagande de l’époque (Le Congo était une colonie de la Belgique et la « chasse aux communistes » avait commencé dans certains pays), sa naïveté sera retranscrite sur les premiers albums. Quant au racisme sur les noirs dont Hergé fait étalage dans « Tintin au Congo », je pense que c’était une erreur de sa part et que cela ne doit pas faire l’objet d’un débat car, par la suite, Tintin va se montrer très humain et comptera de nombreux amis à travers le monde (Tchang, Abdallah et j’en passe !). Dans ce cas, on ne pourra pas reprocher à Hergé de ne pas voir évolué dans ses sentiments et dans sa vision du monde ! C’est –à mon avis- tout à son honneur !
Bref, si vous voulez lire « Tintin », je vous conseille de commencer par les excellents cycles « Le trésor de Rackham le rouge » et « On a marché sur Lune », puis de feuilleter bien plus tard « Tintin au pays des soviets », « Tintin au Congo » et « Tintin en Amérique » : vous aurez alors plus de recul pour juger ces tomes !
Sur le second point, à ceux qui montrent du doigt le célibat de Tintin, je leur demande : « Qu’aurait apporté de plus une femme dans une aventure de Tintin ? ». Objectivement, pouvez-vous me citer un tome de cette série où la présence féminine (en-dehors des « Bijoux de la Castafiore ») aurait été indispensable ? Pour ma part, je pense que non.
Hergé n’avait que pour motivation de créer des récits d’aventure, pas des romances !
Après, il faudrait peut-être arrêter les délires sur la prétendue homosexualité de Tintin comme l’a fait très récemment un journaliste anglais ! Il y a d'autres choses plus passionnantes à faire que de lancer un débat sur ça !
Sur le dernier point, je n’ai pas d’opinion particulière sur la société « Moulinsart SA ». Avant sa mort, Hergé a souhaité que son œuvre ne soit reprise par un autre auteur, je pense qu’il faut respecter son choix, point barre...
Mes petits commentaires sur chaque album : « Tintin au pays des soviets »
C’est le dernier album que j’ai lu de « Tintin », c’est un tome intéressant pour la représentation que faisait Hergé sur la Russie à cette époque. Sans plus...
Note : 2/5
”Tintin au Congo”
Je n’ai jamais aimé cet album, Tintin y apparaît arrogant et cette bd est truffée de clichés sur l’Afrique noire. Mais c’est un tome intéressant sur la mentalité de cette époque notamment sur le colonialisme.
Note : 2/5
« Tintin en Amérique »
C’est, à mon avis, un album dispensable qui contient beaucoup de clichés sur l’Amérique à cette époque. Tintin y apparaît également arrogant.
Note : 2/5
« Les cigares du pharaon »
C’est le premier tome de la série qui m’est apparu comme agréable à lire, les péripéties de Tintin pour lutter contre des trafiquants de drogue sont assez divertissantes. Surtout, « Les cigares du pharaon » présente des personnages qui reviendront sur d’autres tomes.
Note : 3/5
« Le lotus bleu »
« Le lotus bleu » est un tome très intéressant car Tintin évolue en Chine alors que ce pays est occupé par le Japon. Outre son intérêt historique, notre héros rencontrera Tchang, un personnage qui a réellement existé et qui est l’ami d’Hergé. C’est, à mon avis, l’album qui a posé les bases de la série : aventure, amitié et humanité.
Note : 4/5
« L’oreille cassée »
Première aventure de Tintin en Amérique du Sud où il évolue au milieu des Jivaros, c’est –à mon avis- un album agréable à lire.
Note : 3/5
« L’ile noire »
Les Dupondt prendront une place importante dans cet album dans le rôle de comiques. « L’ile noire » met en scène les frères Loiseau qui reviendront dans d’autres tomes. J’ai trouvé cette bd très plaisant à lire.
Note : 3,5/5
”Le Sceptre d’Ottokar”
C’est le premier album où Tintin évolue dans un pays imaginaire (même si le lecteur y notera de nombreuses similitudes avec les pays de l’Est). Bd agréable à lire mais sans plus...
Note : 3/5
« Le Crabe aux pinces d’or »
« Le Crabe aux pinces d’or » est un tome important de la série, il marque l’apparition du capitaine Haddock. Ensemble, ils vont lutter contre des trafiquants de drogue (encore !).
Note : 3,5/5
« L’Etoile mystérieuse »
C’est le premier album de la série où la science-fiction fait son apparition, le scénario est original.
Note : 3/5
« Le Secret de la licorne » et « Le Trésor de Rackham le rouge »
Un classique de Tintin, ces deux albums sont très plaisants à feuilleter. Tous les amis de Tintin y sont présents, le professeur Tournesol y fait son apparition et surtout l’humour y est omniprésent grâce aux pitreries du capitaine Haddock et des Dupondt.
Note : 5/5
« Les Sept boules de cristal » et « Le Temple du soleil »
Cette fois-ci, Hergé introduit (un peu) l’ésotérisme dans les aventures de Tintin. Aventures, voyages, retournements de situation inattendus, amitiés, humour... c’est une bd très plaisante à lire... un classique !
Note : 4,5/5
Tintin au pays de l’or noir »
C’est –à mon avis- un des albums les plus humoristiques de Tintin : les personnages secondaires comme les Dupondt, Abdallah, le professeur Tournesol, Séraphin Lampion rivalisent de situations rocambolesques pour notre plus grand plaisir de lecture !
Note : 4/5
« Objectif Lune » et « On a marché sur la Lune »
Faut-il encore parler de ces deux tomes ? La fusée m’a fait rêver pendant des années et continue encore à me faire rêver ! Un grand classique de la bd franco-belge !
Note : 5/5
« L’affaire Tournesol »
C’est –à mon avis- un album remarquable sur la façon dont Hergé a mis en place cette histoire en allant effectuer beaucoup de recherches sur place pour la réaliser. Les suisses auront eu certainement beaucoup de plaisir à reconnaître des lieux. Ce tome est –à mon avis- le récit le plus centré sur l’espionnage de la série. Un vrai régal !
Note : 4,5/5
« Coke en stock »
Un grand plaidoyer contre l’esclavagisme ! Cet album met en scène un fléau qui existait (et qui semble perdurer de nos jours !) au Moyen-Orient à cette époque. C’est un album que j’aime énormément. Comme d'habitude, le Capitaine Haddock en fait des tonnes !
Note : 5/5
« Tintin au Tibet »
L’amitié avec un grand “A” ! C’est mon album préféré de « Tintin », c’est certainement -à mon avis- la bd la plus riche en émotions de la série. Super dessins, humour, aventure... la totale !
Note : 5/5
« Les Bijoux de la Castafiore »
C’est certainement l’album le plus insolite de la série puisque l’histoire est un huis-clos en se passant à Moulinsart. C’est aussi un des albums les plus hilarants de « Tintin ». A noter que cet album réunit énormément de personnages de la série.
Note finale : 5/5
« Vol 714 pour Sydney »
La science-fiction prend une part très importante dans ce tome où le lecteur retrouvera un des plus féroces adversaires de Tintin. Cet album est très riche en retournements de situation et l'humour est omniprésent. Très divertissant !
Note : 4/5
« Tintin et les Picaros »
« Tintin et les Picaros » est le dernier album "complet" de la série et est l’un de mes albums préférés de la série, j’y ai adoré le scénario qui fait preuve d'une logique implacable et le fait qu’Hergé « casse » ses personnages surtout le capitaine Haddock. Dommage qu'Hervé soit mort alors qu'il réalisait "Alph'Art" car j'aurais bien voulu savoir comment il allait faire évoluer ses personnages principaux...
Note : 5/5
"Tintin et le lac aux requins"
Cet album ne fait pas vraiment parti de l'oeuvre d'Hergé, il est en fait tirer d'un dessin animé inédit. Ainsi, le dessin est assez différent de la série : la mise en couleurs utilise des tons pastels tout en dégradés et non plus uniquement en aplats. Quant au scénario, il est plaisant à lire mais sans plus (un peu trop simpliste à mon goût), le découpage est correct surtout quand on sait qu'il provient d'un film d'animation : ce n'était pas gagné d'avance !
Note : 3/5
En conclusion, aux bédéphiles qui n’ont jamais lu cette série (qui ???!!!!), j’espère vous avoir convaincus à la découvrir.
A ceux qui ont détesté « Tintin au pays des soviets », « Tintin au Congo » et « Tintin en Amérique », j’espère vous avoir convaincu de relire les premiers tomes de « Tintin » avec plus de recul et de découvrir les albums postérieurs au « Sceptre d'Ottokar » qui me sont apparus comme les plus intéressants.
A ceux qui ont aimé « Tintin »... Eh bein… rerererelisez cette série !!!!!
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Pinocchio (Winshluss)
Voilà le type d'ouvrage sur lequel je ne me serai même pas arrêté sans le coup de projecteur du festival d'Angoulême 2009. En effet, depuis quelques années, j'ai délaissé, par lassitude et souvent par déception, les bandes dessinées dites indépendantes, au profit des mainstreams. Pourtant, ce livre est en tout point remarquable : une couverture soignée, à la Chris Ware (d'ailleurs c'est ce même festival d'Angoulême qui m'a révélé Jimmy Corrigan), un papier de grande qualité et une pagination importante, 200 pages que j'ai lues d'une traite tant Winshluss a adapté d'une façon intelligente le roman de Carlo Collodi. Enfin, lu c'est vite dit car cette bande dessinée est quasi-muette, seules les pages consacrées à Jiminy le cafard (qui remplace le célèbre criquet) sont pourvues de dialogues. A la lecture, je ne me suis guère ennuyé, au contraire. C'est irrévérencieux (Ah ! Blanche Neige croquée par Winshluss vaut le détour !), parfois trash, quelquefois drôle mais surtout bien construit. Un scénario qui ne laisse aucune place à l'improvisation. Winshluss a bâti une mécanique parfaitement huilée qui, jusqu'à la dernière page, nous surprend et nous enchante. Mais plus que l'adaptation du roman éponyme de Callodi, c'est sans nul doute à celle de Walt Disney que Winshluss a songé lorsqu'il a écrit ce livre. Il s'agit, je pense, d'un ouvrage qui plaira à tout amateur de bd, tant le récit est fort et extrêmement bien pensé. Pour ceux qui étaient, comme moi, passés à côté de la première édition (d'ailleurs vite épuisée), profitez du nouveau tirage que les Requins Marteaux viennent de faire paraître. Un livre incontournable qui mérite d'être lu et surtout relu.
Sept Missionnaires
Tout simplement excellent ! Alain Ayroles, dont on connaît les talents de dialoguistes et de concepteurs de scènes hilarantes, prouve une fois de plus son talent hors normes. En effet il nous propose un récit bien dans le cadre imposé de la collection "7", mais en le détournant à sa façon. Ici les sept personnages choisis sont les pires missionnaires qui puissent exister, véritables incarnations vivantes des sept péchés capitaux. Faire de moines les incarnations de ces péchés, voilà déjà la première idée de génie. La seconde idée est de prendre une direction résolument festive, enfin disons humoristique au récit, et en particulier dans les moments où les "qualités" des sept missionnaires s'expriment. Et elles s'expriment à bon escient, forcément. C'est là où le côté diabolique (je l'ai dit, je l'ai dit !) d'Alain Ayroles se dévoile : cet homme est capable d'écrire des récits au millimètre, rien n'est laissé au hasard. La dernière planche est d'ailleurs énorme. Je ne sais pas si le choix de Luigi Critone est du fait d'Ayroles ou de David Chauvel, l'initiateur de cette collection, mais c'est là encore un choix de toute première force. Je ne connaissais pas son travail, mais je suis totalement bluffé. Dès les premières pages j'ai été happé par son dessin sans défaut, idéalement mis en valeur par les couleurs de Lorenzo Pieri. Son style est très réaliste, et il arrive aussi, quand le scénario le commande, à glisser des mimiques irrésistibles sur le visage de ses personnages. Du grand art ! Machiavélique Ayroles, tu nous as fait passer le pacte avec le Malin avec ce one shot !
Secrets - Samsara
A l'origine, Frank Giroud, le plus talentueux et le plus prolifique scénariste actuel, a écrit ce récit pour Michel Faure, grand passionné d'aventure. En effet, ce récit est une véritable chasse au trésor dans une jungle luxuriante au pays des Maharajas. Ceci est le quatrième volet de la série "Secrets". L'héroïne Elisabeth va connaître une étrange loi du silence dans sa famille autour d'un sujet tabou : l'Inde. Cela aura pour conséquence de lui motiver une soif d'aventure afin de connaître la vérité sur le passé de sa famille et notamment les circonstances exactes de la mort tragique de sa mère. Giroud nous plonge dans une atmosphère de chaleur moite et pesante où les personnages vont véritablement évoluer aux confins de la folie pour les esprits les plus sains. On sent l'empreinte de mystère et de secrets inavoués, marque de fabrique de la série. L'auteur prend également du temps pour mettre en place une histoire palpitante en soignant la psychologie de ses personnages. Ainsi, on arrive à mieux cerner les motivations des actes des uns et des autres. Graphiquement, c'est tout bonnement magnifique aussi bien dans les décors que dans les traits des différents personnages. C'est un dessin d'une beauté saisissante qui exalte le romantisme de ce récit palpitant ! Cela fait penser à ces tableaux impressionnistes de Monet qu'on passe des heures à contempler. Egalement appréciable : la collection "Secrets" n'hésite pas à augmenter ses paginations pour ne pas imposer aux lecteurs le couperet un peu artificiel de la page 46. Vous aurez droit à 80 pages par volume pour visiter l'Inde. Le second tome est réellement à la hauteur des espérances laissées par le premier. On découvre ce que veut dire le Samsara. Plus encore: les révélations finales seront de taille! Tout s'imbrique logiquement ce qui est la marque d'un scénario fort réussi. Magnifique et brillant à la fois! Pour les amateurs de série d'aventures exotiques et de fresque romanesque! Vous ne serez pas déçu de ce voyage ! C'est assurément le meilleur de la déjà excellente collection "Secrets" :) Note Dessin: 4.25/5 - Note Scénario: 4.25/5 - Note Globale: 4.25/5
Le Sursis
Pièce maîtresse de l’œuvre de Gibrat, le sursis séduit à plus d’un point. D’abord, un dessin réaliste, doux, chaleureux, aux couleurs envoutantes. Ensuite, un personnage féminin empli de charme. Une des plus belles héroïnes de la bd de ces 20 dernières années, qui figure parmi mon top 5 personnel. De plus, un scénario riche à la structure intéressante et au sujet original. Enfin, la fin (et je n’en dirai pas plus pour ceux qui n’auraient pas encore lu ce petit bijou). On peut reprocher à Gibrat de dessiner toujours les même femmes, mais, à l’époque, cet auteur était encore peu connu, et par conséquent ses tics également. Je me vois dès lors mal reprocher à Gibrat le fait que son héroïne ressemble comme deux gouttes d’eau à celle du vol du corbeau ou, de façon plus éloignée, à la sirène ou à la Mort de « Marée Basse ». Ce diptyque fut un choc et une révélation à l’époque, et demeure encore à ce jour une perle à lire et à relire. Plus que bien. Marquant.
La Nef des fous
17 ans durant, la nef des fous nous aura surpris, amusés, fait rêver. Une histoire étrange, loufoque, peuplée de personnages improbables nous a été contée par un artiste inspiré et créatif. Un dessin clair, rond, aux couleurs chaleureuses, offrant la part belle aux détails et, de plus, capable de se renouveler pour illustrer les rêves du petit roi, le monde extérieur à la nef ou d’autres choses encore. Des personnages attachants issus du casting classique d’un conte de fées traditionnel : le bon roi, la vilaine reine, la pure princesse, le gentil fou, le méchant conseiller du roi. Des personnages étonnants sortis d’on ne sait où : les robots, le prince putatif, le sergent et son adjoint, le chien du roi, les schloumpfs (enfin ! Ceux-là, on sait d’où ils viennent). Quelle richesse ! Certes, les tomes 5 et 6 sont un peu moins prenants mais, pour le reste, il n’y a rien à jeter. Et si la conclusion est conventionnelle, elle cadre cependant pleinement avec l’état d’esprit de la série. La nef des fous est cohérente ! Et ce n’est pas la moindre de ses qualités. Que dire de plus ? Si vous hésitez car l’œuvre vous paraît trop farfelue, je ne peux que vous inciter à essayer quand même car vous ne pourrez qu’être envoutés par cette histoire d’une grande richesse, par ces personnages si attachants et drôles, par ces trouvailles délirantes, tant graphiques que scénaristiques, par ces décors de conte de fée. J’aime (au cas où vous n’auriez pas compris).
MangeCoeur
MangeCoeur est le plus beau conte pour ados et adultes qu’il m’ait été donné de découvrir. Et je parle bien de conte et non d’une parodie ou d’un hommage comme peuvent l’être Garulfo ou Les trois cheveux blancs. En partant d’un vieux joueur de marionnettes, de son petit-fils et de sa marionnette fétiche, Gallié parvient à créer une histoire merveilleuse, par moment terrifiante, par moment symbolique, parfois d’une grande tristesse, parfois légère. Et le dessin d’Andreae est tout simplement parfait pour illustrer ce type d’histoire. Riche et clair, sombre et … lumineux, il magnifie ce récit. Cerise sur le gâteau, le scénario offre une histoire parallèle au graphisme différent qui recèle des clés pour la compréhension de l’ensemble. Et ce qui peut se révéler anachronique au début prend alors un tout autre éclairage à la fin. Une œuvre audacieuse, inventive, touchante au dessin envoutant, aux couleurs chatoyantes. Pour rêver, tout simplement.
Saint Seiya - Episode G
Je ne suis pas d’accord tu tout avec les autre commentaires. Ce manga est génial, c'est le seul des trois (épisode g /next dimension/lost canvas) à nous expliquer les débuts de nos héros préférés, et l'histoire est géniale. Je suis heureux de connaitre les débuts des chevaliers d'or, qui étaient les personnages les plus intéressants de la série originale, et les dessins sont super modernes et bien dessinés. Je le conseille à tous les grands fans de Saint Seiya et tous ceux qui adoraient les chevaliers d'or.
Le Réveil du Zelphire
Une histoire passionnante qui se lit très bien. Karim Friha a réussi de mélanger et d'entremêler les histoires des personnages avec sensibilité et justesse. Ses planches savoureuses sont touchantes et très drôles par endroits, par exemple quand Sylvan attend son amoureuse en terrasse d'un café ou quand la femme, guérie de sa malvoyance, s'enfuit en voyant son mari :), et très cruelles à d'autres moments. J'ai beaucoup aimé l'univers de la BD, l'idée que les enfants maltraités développent des pouvoirs pour se protéger, l'idée que leur corps réagit à des émotions et des sentiments d'une façon si explicite. Seule déception, j’ai eu à la fin du tome un sentiment amer de devoir attendre le tome deux pour connaitre la suite… comme après un filme qu’on a adoré de A à Z, sauf le petit mot "à suivre" à la fin. L'auteur en a laissé des énigmes à résoudre. Trop envie de savoir ce que va devenir l'histoire d'amour de Sylvan ! :) En tout cas, encore une fois, moi j’ai trouvée cette BD géniale ! Une histoire passionnante, de l’action, de l'histoire, les personnages attachants et trop mignons (je pense aux enfants, ils sont juste trop craquants! à quand les figurines des petits ? :). Et aussi des belles couleurs, par moment peut-être un peu sombres par contre…
Medz Yeghern - Le Grand Mal
Paoli Cossi, jeune auteur italien, signe une oeuvre poignante sur le génocide arménien qui a couté la vie à plus d'un million de personnes en 1915-1916. Medz Yeghern (en français "le grand mal") est le terme utilisé par les Arméniens pour désigner ce massacre perpétré par l'Empire Ottoman lors de la Première Guerre Mondiale. De nombreux pays ont encore une attitude négationniste face à ce drame. C'est guère mentionné dans les livres d'Histoire. En 1915, l'Europe était en guerre et avait d'autres préoccupations par rapport à ce qui se passait dans un pays aussi éloigné. Or, en ces temps où le négationnisme fait de remarquables avancées (même parmi les évêques), il est temps de s'intéresser à cette partie de l'Histoire. Il est vrai que l'Allemagne avait présenté ses excuses à la communauté juive par rapport à l'Holocauste. Il n'en va pas de même pour le génocide arménien. Le fait de l'évoquer provoque tout de suite la colère de la Turquie. C'est vrai qu'il est difficile de montrer l'horreur même en bande dessinée. Cette oeuvre nous conte les destins de différentes personnes qui vont être confrontés à ce drame. Ainsi ce jeune soldat arménien qui échappe miraculeusement à la mort et qui est aidé par un maraîcher turc. Vous l'aurez compris, il n'y a point de manichéisme stigmatisant un peuple contre l'autre. Là, il s'agit d'une boucherie humaine sans pareille et des individus qui s'y opposent au nom d'une certaine humanité. Le message de l'auteur se base sur la non-violence et le pacifisme. J'ai rarement lu une oeuvre aussi poignante qui est d'ailleurs basée sur de réels documents d'archive. Je vous la conseille juste pour vous rappeler qu'on n'est jamais à l'abri d'une telle barbarie. C'est dur et bouleversant. L'extrême violence de certaines scènes interdit l'accès du volume aux jeunes lecteurs. Le récit met en scène différents sentiments humains, tels que l'amitié et la haine, ainsi que certains comportements, tels le courage et la lâcheté. D'autres personnages vont aider le lecteur à comprendre les étapes qui ont mené à la solution finale planifiée par le gouvernement turc de l'époque. C'est salutaire quand quelquefois la bande dessinée se penche sur des sujets délicats qui ont valeur de témoignage mêlant intime avec l'Histoire. Note Dessin : 4.25/5 – Note Scénario : 4.75/5 – Note Globale : 4.5/5
Les Aventures de Tintin
Pour ma 500ème chronique de ce site de bédéphiles tarés, je fais un grand (et long) hommage à « Tintin » (comme par hasard, cette bd vient de fêter ses 80 ans !). Ça peut paraître inutile car plus d’une centaine d'avis ont déjà été postés sur cette série mais voilà, « Tintin » est la première bd que j’ai lue (je devais avoir sept ans), surtout c’est celle qui m’a fait aimer la bande dessinée. Encore de nos jours, je la relis encore et encore avec le même plaisir que quand j’étais gosse ! Qui est Tintin et quels sont les faits marquants de la série ? « Tintin », c’était tout d’abord un reporter toujours accompagné par Milou, son fidèle fox-terrier, qui avait pour mission de voyager à travers de nombreux pays pour mener des enquêtes à l’image de son périple au pays des Soviets. C’est à partir du troisième tome « Tintin en Amérique » que notre jeune homme va commencer à lutter contre des bandits et le trafic de drogue. Mais le premier gros tournant de la série viendra du « Crabe aux pinces d’or » où Tintin fera la connaissance du Capitaine Haddock qui l’accompagnera ensuite dans toutes ses aventures. Puis, à partir de « L’étoile mystérieuse », Hergé (de son vrai nom : Georges Rémi) va incorporer dans ses récits une part d’espionnage et de science-fiction qui atteindra son apothéose dans « On a marché sur la lune ». L’autre gros tournant de la série apparaîtra au 19ème tome « Coke en stock » où notre reporter va se montrer très attaché à la cause humaine. C’est aussi à partir de cet album que se trouvent –à mon avis- les meilleures histoires de Tintin. En effet, j’ai particulièrement adoré « Tintin au Tibet », « Les Bijoux de la Castafiore » et « Tintin et les Picaros ». « Tintin » : témoin de l’évolution de la société au XXème siècle En-dehors de la diversité des aventures de Tintin, c’est un pan de l’histoire du XXème siècle (de 1930 à 1976) que les lecteurs découvriront au fil des tomes. Ainsi, en-dehors de la deuxième guerre mondiale, le bédéphile notera l’évolution de la technologie (moyens de communication, transports, etc.) et des mentalités aussi bien politiques (colonialisme des premiers tomes, parfum de guerre froide dans « L’affaire tournesol », contrôle des régions productrices du pétrole dans « L’or noir », les renversements de pouvoir en Amérique du Sud, etc.) mais aussi humaines (par exemple : la question de l’abolition de l’esclavage dans « Coke en stock »)... Ce qui est intéressant à travers cette série, c’est que Tintin va énormément évoluer au fil des tomes. Ainsi, d’un personnage prétentieux et arrogant, Hergé va le rendre de plus en plus « humain » allant jusqu’à ce que Tintin risque sa vie pour sauver Tchang au nom de l’amitié dans « Tintin au Tibet » et jusqu’à mener sa propre enquête pour désinculper les gens du voyage dans « Les Bijoux de la Castafiore ». Des personnages par centaines jouant un rôle essentiel dans la série Ce qui est captivant aussi à travers cette série, c’est la prolifération de personnages secondaires très importants : ceux qui prendront une place de plus en plus importante au fil des tomes et ceux qui joueront un rôle primordial dans au moins un album complet : Les Dupondt, le professeur Tournesol, le général Alcazar, Abdallah, Rastapopoulos, Tchang, les frères Loiseau, Allan, Bianca Castafiore, Séraphin Lampion, Nestor, Irma, Laszlo Carreidas, Szut, le général Tapioca et j’en passe ! Et le Capitaine Haddock ? Peut-on le considérer comme un personnage secondaire ? Je ne pense pas ! Dès son apparition dans « Le crabe aux pinces d’or », ce « vieux loup de mer », comme il se désigne lui-même, accompagnera toujours Tintin dans ses aventures sauf peut-être dans « L’or noir » où Hergé avait interrompu sa réalisation avant la deuxième guerre mondiale soit bien avant « Le crabe aux pinces d’or » ! C’est la venue du Capitaine Haddock qui apportera beaucoup d’humour à la série à travers ses situations surréalistes et ses commentaires lorsqu’il se met en colère. Ainsi, le lecteur se souviendra à jamais de ses fameux « Mille millions de mille sabords ! », « Tonnerre de Brest ! » et son irrésistible « Espèce de zouave ! » adressé au professeur Tournesol. Le bédéphile se souviendra aussi de sa chasse aux moustiques sur le lac Léman dans « L’affaire Tournesol » et ses malheurs dans « Les Bijoux de la Castafiore »... Personnellement, j’aime énormément cet humour qui ne tombe jamais dans la vulgarité et qui reste toujours bon enfant. « Tintin » : L’aventure avec un grand « A » Tout au long de la série, Tintin voyagera sans cesse aux quatre coins de la planète et même plus puisqu’il ira sur la Lune ! Sauf dans « Les Bijoux de la Castafiore » dont l’histoire se déroule en huis-clos. Ainsi, à mon avis, on doit certainement à Hergé une des plus belles aventures spatiales de la bd avec « Objectif Lune » et « On a marché sur la Lune ». Ces albums ont été réalisés quinze ans avant la mission Appolo, Hergé avait réuni le maximum d’informations sur la fusée V2 et sur le centre de séparation de l'uranium d'Oak Ridges (Etats-Unis) qui a servi de décor à l’usine où Tintin se rendra dans « Objectif Lune ». On doit aussi à Hergé un des sous-marins les plus « attirants » de la bd, c’est un appareil que l’on retrouve dans « Le Trésor de Rackham le rouge » et qui ressemble à un requin. Cet esprit d’aventure sera parfois complété par la science-fiction comme dans les albums « L’île mystérieuse », « Vol 714 pour Sydney », et parfois par de l’ésotérisme comme le tome « Les Sept boules de cristal ». Mais, incontestablement, Hergé donnera les lettres de noblesse à l’aventure en réalisant cette série ! Un style graphique qui marquera son époque et surtout, un excellent don de narrateur ! Un « coup de crayon » très agréable à contempler, une absence de détails inutiles, un dessin très lisible, une mise en couleurs simple et efficace : voilà ce que je retiens du graphisme d’Hergé ! Cependant, je lui dédie une mention spéciale pour « Tintin au Tibet » car l’auteur a réussi à rendre vivant son récit malgré la situation de cette histoire dans de la neige ! Pour « L’affaire Tournesol », Hergé est allé lui-même en Suisse afin de réaliser des repérages sur une route menant à Nyon qu’emprunteront Tintin et le capitaine Haddock ! Pareil pour « Coke en stock » où l’auteur et son associé Bob De Moor ont voyagé sur un cargo en mer du Nord pour y effectuer des croquis préparatoires. D’un style de dessin dit « Ligne claire », les derniers tomes de Tintin présenteront un « coup de patte » plus « fouillé ». Je ne souviens pas d’avoir eu des difficultés pour lire les « Tintin », tous les tomes de cette série me sont apparus très faciles et très agréables à feuilleter. A mon avis, ceci est dû au fait que l’auteur a eu la bonne idée de ne jamais « lâcher » le personnage principal. Ainsi, le lecteur aura toujours l’impression d’accompagner réellement Tintin dans ses aventures. Il faut dire aussi que le format de 62 pages a permis à l’auteur de développer et de faire « respirer » ses récits même si Hergé a sacrifié quelques planches dans certains albums comme dans « Tintin et les Picaros ». A propos des critiques négatives sur « Tintin »… Je ne peux m’empêcher de répondre aux détracteurs de « Tintin », leurs principaux reproches sont les suivants : 1 - le racisme et l’arrogance du héros dans les premiers albums de la série, 2 - l’absence de personnages féminins importants (en-dehors de la Castafiore) et l’indifférence de Tintin à l'égard des femmes, 3 - l’obstination de la société « Moulinsart SA » qui gère les droits d’Hergé à ne pas publier un « Tintin » réalisé par d’autre(s) auteur(s) et à imposer des conditions de vente trop draconiennes aux commerçants. Sur le premier point, à propos des premiers albums de « Tintin », je pense que le lecteur devra se mettre à place d’Hergé. Lorsque l’auteur écrit les première et deuxième aventures de Tintin, nous sommes en pleine période de colonialisme et de l’apparition du communisme. Comme la plupart de ses compatriotes, Hergé sera influencé par la propagande de l’époque (Le Congo était une colonie de la Belgique et la « chasse aux communistes » avait commencé dans certains pays), sa naïveté sera retranscrite sur les premiers albums. Quant au racisme sur les noirs dont Hergé fait étalage dans « Tintin au Congo », je pense que c’était une erreur de sa part et que cela ne doit pas faire l’objet d’un débat car, par la suite, Tintin va se montrer très humain et comptera de nombreux amis à travers le monde (Tchang, Abdallah et j’en passe !). Dans ce cas, on ne pourra pas reprocher à Hergé de ne pas voir évolué dans ses sentiments et dans sa vision du monde ! C’est –à mon avis- tout à son honneur ! Bref, si vous voulez lire « Tintin », je vous conseille de commencer par les excellents cycles « Le trésor de Rackham le rouge » et « On a marché sur Lune », puis de feuilleter bien plus tard « Tintin au pays des soviets », « Tintin au Congo » et « Tintin en Amérique » : vous aurez alors plus de recul pour juger ces tomes ! Sur le second point, à ceux qui montrent du doigt le célibat de Tintin, je leur demande : « Qu’aurait apporté de plus une femme dans une aventure de Tintin ? ». Objectivement, pouvez-vous me citer un tome de cette série où la présence féminine (en-dehors des « Bijoux de la Castafiore ») aurait été indispensable ? Pour ma part, je pense que non. Hergé n’avait que pour motivation de créer des récits d’aventure, pas des romances ! Après, il faudrait peut-être arrêter les délires sur la prétendue homosexualité de Tintin comme l’a fait très récemment un journaliste anglais ! Il y a d'autres choses plus passionnantes à faire que de lancer un débat sur ça ! Sur le dernier point, je n’ai pas d’opinion particulière sur la société « Moulinsart SA ». Avant sa mort, Hergé a souhaité que son œuvre ne soit reprise par un autre auteur, je pense qu’il faut respecter son choix, point barre... Mes petits commentaires sur chaque album : « Tintin au pays des soviets » C’est le dernier album que j’ai lu de « Tintin », c’est un tome intéressant pour la représentation que faisait Hergé sur la Russie à cette époque. Sans plus... Note : 2/5 ”Tintin au Congo” Je n’ai jamais aimé cet album, Tintin y apparaît arrogant et cette bd est truffée de clichés sur l’Afrique noire. Mais c’est un tome intéressant sur la mentalité de cette époque notamment sur le colonialisme. Note : 2/5 « Tintin en Amérique » C’est, à mon avis, un album dispensable qui contient beaucoup de clichés sur l’Amérique à cette époque. Tintin y apparaît également arrogant. Note : 2/5 « Les cigares du pharaon » C’est le premier tome de la série qui m’est apparu comme agréable à lire, les péripéties de Tintin pour lutter contre des trafiquants de drogue sont assez divertissantes. Surtout, « Les cigares du pharaon » présente des personnages qui reviendront sur d’autres tomes. Note : 3/5 « Le lotus bleu » « Le lotus bleu » est un tome très intéressant car Tintin évolue en Chine alors que ce pays est occupé par le Japon. Outre son intérêt historique, notre héros rencontrera Tchang, un personnage qui a réellement existé et qui est l’ami d’Hergé. C’est, à mon avis, l’album qui a posé les bases de la série : aventure, amitié et humanité. Note : 4/5 « L’oreille cassée » Première aventure de Tintin en Amérique du Sud où il évolue au milieu des Jivaros, c’est –à mon avis- un album agréable à lire. Note : 3/5 « L’ile noire » Les Dupondt prendront une place importante dans cet album dans le rôle de comiques. « L’ile noire » met en scène les frères Loiseau qui reviendront dans d’autres tomes. J’ai trouvé cette bd très plaisant à lire. Note : 3,5/5 ”Le Sceptre d’Ottokar” C’est le premier album où Tintin évolue dans un pays imaginaire (même si le lecteur y notera de nombreuses similitudes avec les pays de l’Est). Bd agréable à lire mais sans plus... Note : 3/5 « Le Crabe aux pinces d’or » « Le Crabe aux pinces d’or » est un tome important de la série, il marque l’apparition du capitaine Haddock. Ensemble, ils vont lutter contre des trafiquants de drogue (encore !). Note : 3,5/5 « L’Etoile mystérieuse » C’est le premier album de la série où la science-fiction fait son apparition, le scénario est original. Note : 3/5 « Le Secret de la licorne » et « Le Trésor de Rackham le rouge » Un classique de Tintin, ces deux albums sont très plaisants à feuilleter. Tous les amis de Tintin y sont présents, le professeur Tournesol y fait son apparition et surtout l’humour y est omniprésent grâce aux pitreries du capitaine Haddock et des Dupondt. Note : 5/5 « Les Sept boules de cristal » et « Le Temple du soleil » Cette fois-ci, Hergé introduit (un peu) l’ésotérisme dans les aventures de Tintin. Aventures, voyages, retournements de situation inattendus, amitiés, humour... c’est une bd très plaisante à lire... un classique ! Note : 4,5/5 Tintin au pays de l’or noir » C’est –à mon avis- un des albums les plus humoristiques de Tintin : les personnages secondaires comme les Dupondt, Abdallah, le professeur Tournesol, Séraphin Lampion rivalisent de situations rocambolesques pour notre plus grand plaisir de lecture ! Note : 4/5 « Objectif Lune » et « On a marché sur la Lune » Faut-il encore parler de ces deux tomes ? La fusée m’a fait rêver pendant des années et continue encore à me faire rêver ! Un grand classique de la bd franco-belge ! Note : 5/5 « L’affaire Tournesol » C’est –à mon avis- un album remarquable sur la façon dont Hergé a mis en place cette histoire en allant effectuer beaucoup de recherches sur place pour la réaliser. Les suisses auront eu certainement beaucoup de plaisir à reconnaître des lieux. Ce tome est –à mon avis- le récit le plus centré sur l’espionnage de la série. Un vrai régal ! Note : 4,5/5 « Coke en stock » Un grand plaidoyer contre l’esclavagisme ! Cet album met en scène un fléau qui existait (et qui semble perdurer de nos jours !) au Moyen-Orient à cette époque. C’est un album que j’aime énormément. Comme d'habitude, le Capitaine Haddock en fait des tonnes ! Note : 5/5 « Tintin au Tibet » L’amitié avec un grand “A” ! C’est mon album préféré de « Tintin », c’est certainement -à mon avis- la bd la plus riche en émotions de la série. Super dessins, humour, aventure... la totale ! Note : 5/5 « Les Bijoux de la Castafiore » C’est certainement l’album le plus insolite de la série puisque l’histoire est un huis-clos en se passant à Moulinsart. C’est aussi un des albums les plus hilarants de « Tintin ». A noter que cet album réunit énormément de personnages de la série. Note finale : 5/5 « Vol 714 pour Sydney » La science-fiction prend une part très importante dans ce tome où le lecteur retrouvera un des plus féroces adversaires de Tintin. Cet album est très riche en retournements de situation et l'humour est omniprésent. Très divertissant ! Note : 4/5 « Tintin et les Picaros » « Tintin et les Picaros » est le dernier album "complet" de la série et est l’un de mes albums préférés de la série, j’y ai adoré le scénario qui fait preuve d'une logique implacable et le fait qu’Hergé « casse » ses personnages surtout le capitaine Haddock. Dommage qu'Hervé soit mort alors qu'il réalisait "Alph'Art" car j'aurais bien voulu savoir comment il allait faire évoluer ses personnages principaux... Note : 5/5 "Tintin et le lac aux requins" Cet album ne fait pas vraiment parti de l'oeuvre d'Hergé, il est en fait tirer d'un dessin animé inédit. Ainsi, le dessin est assez différent de la série : la mise en couleurs utilise des tons pastels tout en dégradés et non plus uniquement en aplats. Quant au scénario, il est plaisant à lire mais sans plus (un peu trop simpliste à mon goût), le découpage est correct surtout quand on sait qu'il provient d'un film d'animation : ce n'était pas gagné d'avance ! Note : 3/5 En conclusion, aux bédéphiles qui n’ont jamais lu cette série (qui ???!!!!), j’espère vous avoir convaincus à la découvrir. A ceux qui ont détesté « Tintin au pays des soviets », « Tintin au Congo » et « Tintin en Amérique », j’espère vous avoir convaincu de relire les premiers tomes de « Tintin » avec plus de recul et de découvrir les albums postérieurs au « Sceptre d'Ottokar » qui me sont apparus comme les plus intéressants. A ceux qui ont aimé « Tintin »... Eh bein… rerererelisez cette série !!!!!