Dans un pays inconnu, mais dont on comprend bien vite qu'il s'agit d'un pays d'Amérique du Sud, surgit un jour un personnage dont on ne sait rien, surgi de nulle part, mais qui va peu à peu retrouver son identité. La police parait en revanche savoir beaucoup de choses à son sujet.
Comme l'ont fait Orwell dans "1984" ou Vargas Llosa dans "La Fête au Bouc", Breccia et Sasturain dénoncent les rouages des régimes totalitaires, et notamment ceux d'une Amérique du Sud en proie aux dictatures dans les années soixante-dix. La cible est bien entendu le régime des colonels Argentins dont la principale activité consiste à faire disparaître le moindre de ses opposants.
Dans cette série, directement en prise avec la réalité, apparaissent ainsi tour à tour Borges, Peron, Carlos Gardel et Henri Kissinger le diplomate américain, prix Nobel de la paix, mais également l'incarnation de la duplicité de la politique étrangère américaine.
Le Style de Breccia est ici totalement différent de celui utilisé dans Mort Cinder : le gris apparaît au milieu du noir et blanc, le crayon cède la place aux collages et à la peinture dans des cases qui sont de véritables tableaux.
Breccia démontre ainsi toute la richesse de son style et prouve de nouveau qu'il est un maître de la bande dessinée, malheureusement trop méconnu du grand public.
Une série à conseiller d'urgence pour ceux qui ont aimé Partie de chasse de Bilal, ou le Maus d'Art Spiegelman et qui aiment lorsque l'histoire est abordée avec talent par la bande dessinée.
Que dire !!! L'une des premières BD que j'ai reçue et lue... Toute la collection est en ma possession. Des heures et des heures à lire et relire ce chef d'oeuvre de la BD, une véritable bande dessinée culte intemporelle, par des dessins supers, des personnages extraordinaires et des histoires inoubliables.
Uderzo a voulu continuer seul ce chef d'oeuvre mais hélas les scénarii n'avaient plus la même consistance même si l'esprit était toujours là. Je coirs que le dernier album "Le ciel lui tombe sur la tête" est l'album de trop ou du moins un album qui n'avait pas sa place dans cette fabuleuse collection. Mais je ne juge pas sur un album mais sur l'oeuvre entière est là, je le clame haut et fort : "série culte 5 étoiles"
Série ayant bercé mon enfance et continuant encore à me faire rêver...
Il est vrai qu'elle a évolué avec le temps mais cela est logique.
N’oublions pas que les dessins sont bien réalisés et très colorés, les personnages attachants et le monde où évoluent les histoires sans limites spatio-temporelles !
Quelle gifle j’ai reçue en lisant le dernier tome de cette série qui nous propose en prime 8 planches de plus (54) que les précédents. Certains le trouvent trop bavard mais je ne déteste rien de plus que les auteurs qui laissent le soin aux lecteurs de s’imaginer leur propre fin, ou pire, qui la bâclent comme celle du Complexe du Chimpanzé avec sa théorie à 2 balles !
J’aime par contre qu’on me prenne par la main comme Joël Callède qui prend le temps de bien nous développer son scénario d’une façon si cohérente qu’il en devient crédible malgré l’énormité de la situation ! J’ai également apprécié le parti pris chronologique entrecoupé de flashbacks qui donne du rythme … même s’il faut être concentré comme au bas de la page 32 pour ne pas perdre le fil !
J’aime cette tension qui monte au fur et à mesure que je tourne les pages qui me rapprochent de la fin … surtout quand elle est aussi réussie ! Callède, dont j’appréciais la bibliographie m’a encore scotché avec cette série à l’instar de celles de Luc Brunschwig le maître du genre. Quant à Gaël Séjourné, son style fluide illustre magnifiquement ce thriller dont j’ai admiré particulièrement les pages 16 et 17 sans compter les frissons des 3 dernières !
Merci à eux ainsi qu’au coloriste Jean Verney pour avoir embelli ce bijou !
Imaginez une petite fille morte, son corps d'écolière oublié et gisant au coeur d'une forêt. Imaginez alors que tous les petits personnages qui peuplaient son esprit et son imaginaire s'en échappent, fées, ballerines, poupées et autres princesses. Tout ce petit monde, insouciant et désemparé, va alors tenter de vivre autour, voire à l'intérieur, du cadavre bientôt en décomposition. Un petit peuple de conte de fées côtoyant la mort et la pourriture, voilà qui entame le récit sur une note bien morbide et étonnante.
Mais ce n'est là que le début d'une fable largement plus cruelle.
Sa Majesté des mouches est enfoncé. Jolies ténèbres fait exploser la douceur et l'insouciance des rêves d'enfant, de petites filles, pour afficher la dureté de la réalité et plus encore la cruauté des personnages enfantins.
Car bien rapidement, la vie de cette communauté de petits personnages va se transformer en véritable jeu de massacre. La naïveté va être la première cause des disparitions, dans cet univers naturel où les dangers et les prédateurs rôdent un peu partout. Mais ce seront surtout les comportements de chacun d'entre eux qui vont entrainer les pires atrocités. Egoïsme, inconscience, orgueil, méchanceté, fainéantise, régression, peur, manque d'assurance...
Sous des aspects enfantins, ce récit est incroyablement dur. Les morts sont plus cruelles et horribles les unes que les autres, d'autant plus marquantes qu'elle se masquent sous des allures d'amusement d'enfants, de recherche de nourriture ou de découvertes insouciantes et souriantes de la nature environnante. Certains petits personnages, aux traits de princesses ou de gentils garçons, se révèlent de véritables monstres. C'en est parfois à vous retourner le coeur. Le pire étant l'indifférence souriante de ceux qui voient mourir leurs comparses dans d'atroces situations sans réagir.
Le graphisme joue précisément la carte du contraste entre un style simplifié, assez enfantin, servi par de très jolies couleurs, comparé à l'horreur de ce qu'il raconte. Je regrette cependant le manque de détail du trait des Kerascoët sur la majorité des pages. Seuls les décors et certains animaux sont joliment ouvragés et peints. Les Kerascoët prouvent pourtant dans une double page de cet album qu'ils sont capables d'un style nettement plus soigné et réaliste.
La narration est parfaitement orchestrée. Elle se déroule avec une fausse insouciance enfantine. Le récit est dense et l'album très conséquent. Les auteurs ont su savamment doser la progression dans l'horreur, par touches de plus en plus saisissantes pour les lecteurs. Cela frise l'accumulation sans jamais l'atteindre pour de bon. Et tandis que les émotions se font de plus en plus noires, la fin vient donner le coup de grâce vengeur attendu depuis de nombreuses pages.
Voilà une oeuvre vraiment très forte. Elle est puissante par son contraste entre horreur et imaginaire enfantin. Elle est belle et très dérangeante à la fois. Une lecture marquante, suffisamment saisissante pour pouvoir créer soit un rejet soit un envoûtement total. Un vrai coup au ventre en ce qui me concerne, et un album possiblement culte.
Vive recommandation de ma part mais sachez que vous risquez de ne pas en sortir indemne.
Œuvre mythique d’un auteur inspiré, « A la recherche de Peter Pan » ne peut que séduire les amoureux de roman(ce) d’aventure aux accents contemplatifs.
L’auteur, Cosey, est un spécialiste du faux rythme. Avec lui, la lenteur est de mise, même quand ses personnages s’engagent dans une folle poursuite. Et la façon dont un village perdu dans la montagne et menacé par un glacier se vide de ses occupants est un autre exemple de cette capacité à exprimer la précipitation avec lenteur.
Et j’apprécie grandement ce faux rythme. Le lecteur a le temps de s’immerger dans cette histoire et finit par ne plus en décoller. Oui, pour moi, « A la recherche de Peter Pan », c’est de la super glue !!!
Le scénario est suffisamment riche pour nous tenir en haleine du début à la fin. Les personnages sont charismatiques et le cadre est rendu avec énormément d’authenticité. Seule la dernière page est de trop à mes yeux, mais sans altérer l’ensemble de ma lecture.
Quant au dessin, ben … c’est du Cosey, mais dans un univers qu’il maîtrise à la perfection puisqu’il joue ici à domicile, l’histoire se déroulant dans le Valais suisse. Et comme déjà en temps normal, j’aime son trait, je trouve le tout tout simplement …
Parfait.
Ma BD préférée, tout simplement. Alan Moore est mon idole :) Je viens de relire « Watchmen » à l’occasion de la sortie du film, et j’ai pris encore plus de plaisir que lors de ma 1ere lecture.
J’avais oublié le degré de perfectionnement de la psychologie des personnages, la noirceur du propos, les réflexions poussées sur la nature humaine, sur la guerre (une ambiance de guerre froide règne sur toute la BD, époque de parution oblige). Les passages de la psychanalyse de Rorschach sont parmi les tout meilleurs qu’il m’ait été donné de lire en BD. J’adore aussi les discours un peu métaphysiques du docteur Manhattan débâtant de l’importance même de la vie, de notre survie en tant qu’espèce humaine.
Alors oui, les couleurs ont affreusement vieilli, et une recolorisation (voire même une réédition en noir et blanc) serait appréciable. Mais je trouve qu’il serait dommage de passer à coté de ce chef d’œuvre pour si peu. D’autant plus que derrière ces couleurs se cache un superbe dessin très détaillé, Dave Gibbons a fait du bon boulot.
Je vois aussi que beaucoup de lecteurs trouvent éprouvants les passages où le gamin assis prés du stand de presse lit un comics dont l’histoire et les textes viennent s’entremêler avec la trame principale. Oui, ça rend la lecture un peu fastidieuse, mais cela n’est jamais gratuit, car ces textes font habilement écho aux événements de l’histoire principale.
Bref, moi je suis d’avis que tout amateur de BD se doit d’avoir lu Watchmen, ne serait-ce que pour se faire une opinion sur ce qui est souvent considéré être le meilleur « comics » jamais écrit. Un conseil pour finir : lors de votre 1ere lecture, ne lisez pas les passages textuels présents entre chaque chapitre. Ils sont intéressants, mais cassent carrément le rythme, et peuvent tout à fait être lus « après coup ».
Voila, lisez Watchmen !
Ahhh, Garulfo. Cette géniale petite grenouille pour conte de fée délirant est mon amie des jours tristes. Il me suffit de relire ses histoires pour oublier l’espace d’un instant mon quotidien et ses emm…nuis.
Que dire de cette série qui n’aurait pas été dit ?
Pas grand-chose.
C’est une parodie des contes de fée mais fidèle à l’esprit des contes de fée.
Le scénario est d’une grande qualité et les dialogues sont tout simplement fabuleux.
Le dessin est assez « carré » et il m’a fallu passer outre ce détail pour apprécier l’ensemble. Ce trait a cependant ses qualités, notamment pour les expressions de visages et le rendu dans les scènes dynamiques. Il convient donc finalement très bien pour cette série, mais sans égaler D, pour ceux qui auraient commencé cette dernière sans avoir lu au préalable ce prodigieux « Garulfo ».
Pour les hésitants, un premier cycle de 2 tomes se suffit à lui-même. Vous pouvez donc vous lancer dans la lecture sans crainte d’être embarqués dans une longue galère, et envisager la suite en toute connaissance de cause.
Dans tous les cas, Garulfo est une œuvre à essayer.
Génial, vraiment.
Et oui Watchmen a révolutionné le monde du comics ! Et oui Alan Moore est un génie ! Et oui les super-héros sont enfin abordés comme des êtres humains ! Et oui la bande dessinée peut accoucher d’œuvres majeures ! Et oui j'ai repris deux fois des pâtes hier soir (mince je m'égare là, mais qu'est-ce que j'avais faim !).
J'ai eu une période où je lisais beaucoup de comics de super-héros, et au fil des ans, je trouvais les histoires un peu répétitives, les mêmes schémas mis en place, bref une certaine lassitude. Je suis tombé presque par hasard sur Watchmen, intrigué par la couverture du premier tome avec ce "bon" vieux comédien. Je ne vais pas vous mentir, la première lecture fut laborieuse, je ne comprenais pas tout (j'avais dans les 17 ans). J'abandonne donc au bout du 2e tome. Et puis, quelques années plus tard, je retombe dessus et je ne me souviens même plus de l'histoire, alors je décide de me replonger dedans. Et là le charme opère, allez savoir pourquoi mais je suis totalement pris par l'intrigue au point de relire plusieurs fois de suite les différents tomes. Et surtout de relire cette riche épopée les années suivantes.
Cette série reste hors-norme, intelligente de bout en bout. Je lui mets la note culte pour l'impact qu'elle a eu (et qu'elle possède encore). L'intérêt se base au niveau de l'action... psychologique. Dans cette histoire, pas de bagarres démesurées, pas de pouvoirs destructeurs, pas de méchants déguisés en marsouin-volant,... juste une galerie de super-héros trop humains, trop proches de leurs soucis, de leurs condition d'être humain justement. Le choix des noms des héros pour commencer, Alan Moore réfléchit à tous les aspects de ses personnages. Les noms ont des significations précises avec les actes du héros, parfois cynique, prenant par exemple le personnage du Comédien, ce titre reflète parfaitement son comportement.
Mais plusieurs choses restent quand même pesantes lors de la lecture, et je m'en fais souvent la réflexion lors de mes relectures. Je n'apprécie pas spécialement le Docteur Manhattan, le seul vrai super-héros de l'histoire que je trouve laborieux et très (trop) volubile. Il apporte une certaine distanciation mais parfois un peu trop métaphysique à mon goût. Les couleurs également, maintes fois signalés, sont parfois déplorables... Une certaine incompréhension de certaine réflexion de Moore, je ne saisis pas toujours si ce que je comprends est ce que l'auteur a voulu dire.
Moore et Gibbons ont su donner des lettres de noblesse à un genre mal jugé, vite catalogué comme mettant en scènes des bonhommes en collant... Au travers d'un scénario passionnant, complexe, intéressant, audacieux, brillant,... ils ont permis un élan nouveau dans la construction et la réflexion d'une histoire. Envisager un récit si compliqué semble aujourd'hui commun, peut-être est-ce du en partie à cette bande dessinée.
L'utopie du super-héros...
Chef d’œuvre majeur de la BD. Comme le Canada dry, ce n’est pas tout à fait malgré les apparences une histoire classique de super-héros. C’est bien plus que ça, il s’agit là d’une œuvre littéraire et graphique où les couleurs crues et flashy ne servent qu’à tromper l’ennemi. Une œuvre d’une richesse incroyable, avec un scénario béton et une atmosphère unique, qui se déguste et se relit ad vitam eternam, chaque détail y a son importance, chaque personnage secondaire n’est pas si secondaire que ça, chaque plan ou arrière-plan, chaque détail nous dit quelque chose.
Dans cette histoire, les « super-héros » sont quelque peu sur le retour (oui, ils ont du bide !) et ne sont pas comme on pourrait le croire l’incarnation du bien censé lutter contre le mal, ils ont leurs doutes et leurs faiblesses, et ne sont pas réellement des enfants de chœur. Les frontières entre « bons » et « méchants » sont brouillées, W. Bush en perdrait son parler texan s’il devait s’imposer cette lecture. Oui, il n’est pas si simple de vouloir « sauver le monde » à notre époque (il s’agit bien de notre époque !) tellement cynique et gouvernée par l’instinct de mort. Conçue avant la chute du mur de Berlin, à un moment où l’on parlait encore de guerre froide, « Les Gardiens » ont conservé toute leur actualité, car si l’équilibre de la terreur n’est plus, on se rend compte que notre monde actuel est rempli d’incertitudes, baignant dans un chaos politique, économique et écologique dont nul ne connaît l’issue (ou ne veut la connaître…).
Il faut lire les Watchmen et les hisser très haut dans sa bibliothèque. A une semaine de la sortie du film en salles, je souhaite simplement que le réalisateur Zack Snyder ne trahira pas l’esprit de ce diamant pur.
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Perramus
Dans un pays inconnu, mais dont on comprend bien vite qu'il s'agit d'un pays d'Amérique du Sud, surgit un jour un personnage dont on ne sait rien, surgi de nulle part, mais qui va peu à peu retrouver son identité. La police parait en revanche savoir beaucoup de choses à son sujet. Comme l'ont fait Orwell dans "1984" ou Vargas Llosa dans "La Fête au Bouc", Breccia et Sasturain dénoncent les rouages des régimes totalitaires, et notamment ceux d'une Amérique du Sud en proie aux dictatures dans les années soixante-dix. La cible est bien entendu le régime des colonels Argentins dont la principale activité consiste à faire disparaître le moindre de ses opposants. Dans cette série, directement en prise avec la réalité, apparaissent ainsi tour à tour Borges, Peron, Carlos Gardel et Henri Kissinger le diplomate américain, prix Nobel de la paix, mais également l'incarnation de la duplicité de la politique étrangère américaine. Le Style de Breccia est ici totalement différent de celui utilisé dans Mort Cinder : le gris apparaît au milieu du noir et blanc, le crayon cède la place aux collages et à la peinture dans des cases qui sont de véritables tableaux. Breccia démontre ainsi toute la richesse de son style et prouve de nouveau qu'il est un maître de la bande dessinée, malheureusement trop méconnu du grand public. Une série à conseiller d'urgence pour ceux qui ont aimé Partie de chasse de Bilal, ou le Maus d'Art Spiegelman et qui aiment lorsque l'histoire est abordée avec talent par la bande dessinée.
Astérix
Que dire !!! L'une des premières BD que j'ai reçue et lue... Toute la collection est en ma possession. Des heures et des heures à lire et relire ce chef d'oeuvre de la BD, une véritable bande dessinée culte intemporelle, par des dessins supers, des personnages extraordinaires et des histoires inoubliables. Uderzo a voulu continuer seul ce chef d'oeuvre mais hélas les scénarii n'avaient plus la même consistance même si l'esprit était toujours là. Je coirs que le dernier album "Le ciel lui tombe sur la tête" est l'album de trop ou du moins un album qui n'avait pas sa place dans cette fabuleuse collection. Mais je ne juge pas sur un album mais sur l'oeuvre entière est là, je le clame haut et fort : "série culte 5 étoiles"
Bob et Bobette
Série ayant bercé mon enfance et continuant encore à me faire rêver... Il est vrai qu'elle a évolué avec le temps mais cela est logique. N’oublions pas que les dessins sont bien réalisés et très colorés, les personnages attachants et le monde où évoluent les histoires sans limites spatio-temporelles !
Tatanka
Quelle gifle j’ai reçue en lisant le dernier tome de cette série qui nous propose en prime 8 planches de plus (54) que les précédents. Certains le trouvent trop bavard mais je ne déteste rien de plus que les auteurs qui laissent le soin aux lecteurs de s’imaginer leur propre fin, ou pire, qui la bâclent comme celle du Complexe du Chimpanzé avec sa théorie à 2 balles ! J’aime par contre qu’on me prenne par la main comme Joël Callède qui prend le temps de bien nous développer son scénario d’une façon si cohérente qu’il en devient crédible malgré l’énormité de la situation ! J’ai également apprécié le parti pris chronologique entrecoupé de flashbacks qui donne du rythme … même s’il faut être concentré comme au bas de la page 32 pour ne pas perdre le fil ! J’aime cette tension qui monte au fur et à mesure que je tourne les pages qui me rapprochent de la fin … surtout quand elle est aussi réussie ! Callède, dont j’appréciais la bibliographie m’a encore scotché avec cette série à l’instar de celles de Luc Brunschwig le maître du genre. Quant à Gaël Séjourné, son style fluide illustre magnifiquement ce thriller dont j’ai admiré particulièrement les pages 16 et 17 sans compter les frissons des 3 dernières ! Merci à eux ainsi qu’au coloriste Jean Verney pour avoir embelli ce bijou !
Jolies ténèbres
Imaginez une petite fille morte, son corps d'écolière oublié et gisant au coeur d'une forêt. Imaginez alors que tous les petits personnages qui peuplaient son esprit et son imaginaire s'en échappent, fées, ballerines, poupées et autres princesses. Tout ce petit monde, insouciant et désemparé, va alors tenter de vivre autour, voire à l'intérieur, du cadavre bientôt en décomposition. Un petit peuple de conte de fées côtoyant la mort et la pourriture, voilà qui entame le récit sur une note bien morbide et étonnante. Mais ce n'est là que le début d'une fable largement plus cruelle. Sa Majesté des mouches est enfoncé. Jolies ténèbres fait exploser la douceur et l'insouciance des rêves d'enfant, de petites filles, pour afficher la dureté de la réalité et plus encore la cruauté des personnages enfantins. Car bien rapidement, la vie de cette communauté de petits personnages va se transformer en véritable jeu de massacre. La naïveté va être la première cause des disparitions, dans cet univers naturel où les dangers et les prédateurs rôdent un peu partout. Mais ce seront surtout les comportements de chacun d'entre eux qui vont entrainer les pires atrocités. Egoïsme, inconscience, orgueil, méchanceté, fainéantise, régression, peur, manque d'assurance... Sous des aspects enfantins, ce récit est incroyablement dur. Les morts sont plus cruelles et horribles les unes que les autres, d'autant plus marquantes qu'elle se masquent sous des allures d'amusement d'enfants, de recherche de nourriture ou de découvertes insouciantes et souriantes de la nature environnante. Certains petits personnages, aux traits de princesses ou de gentils garçons, se révèlent de véritables monstres. C'en est parfois à vous retourner le coeur. Le pire étant l'indifférence souriante de ceux qui voient mourir leurs comparses dans d'atroces situations sans réagir. Le graphisme joue précisément la carte du contraste entre un style simplifié, assez enfantin, servi par de très jolies couleurs, comparé à l'horreur de ce qu'il raconte. Je regrette cependant le manque de détail du trait des Kerascoët sur la majorité des pages. Seuls les décors et certains animaux sont joliment ouvragés et peints. Les Kerascoët prouvent pourtant dans une double page de cet album qu'ils sont capables d'un style nettement plus soigné et réaliste. La narration est parfaitement orchestrée. Elle se déroule avec une fausse insouciance enfantine. Le récit est dense et l'album très conséquent. Les auteurs ont su savamment doser la progression dans l'horreur, par touches de plus en plus saisissantes pour les lecteurs. Cela frise l'accumulation sans jamais l'atteindre pour de bon. Et tandis que les émotions se font de plus en plus noires, la fin vient donner le coup de grâce vengeur attendu depuis de nombreuses pages. Voilà une oeuvre vraiment très forte. Elle est puissante par son contraste entre horreur et imaginaire enfantin. Elle est belle et très dérangeante à la fois. Une lecture marquante, suffisamment saisissante pour pouvoir créer soit un rejet soit un envoûtement total. Un vrai coup au ventre en ce qui me concerne, et un album possiblement culte. Vive recommandation de ma part mais sachez que vous risquez de ne pas en sortir indemne.
A la recherche de Peter Pan
Œuvre mythique d’un auteur inspiré, « A la recherche de Peter Pan » ne peut que séduire les amoureux de roman(ce) d’aventure aux accents contemplatifs. L’auteur, Cosey, est un spécialiste du faux rythme. Avec lui, la lenteur est de mise, même quand ses personnages s’engagent dans une folle poursuite. Et la façon dont un village perdu dans la montagne et menacé par un glacier se vide de ses occupants est un autre exemple de cette capacité à exprimer la précipitation avec lenteur. Et j’apprécie grandement ce faux rythme. Le lecteur a le temps de s’immerger dans cette histoire et finit par ne plus en décoller. Oui, pour moi, « A la recherche de Peter Pan », c’est de la super glue !!! Le scénario est suffisamment riche pour nous tenir en haleine du début à la fin. Les personnages sont charismatiques et le cadre est rendu avec énormément d’authenticité. Seule la dernière page est de trop à mes yeux, mais sans altérer l’ensemble de ma lecture. Quant au dessin, ben … c’est du Cosey, mais dans un univers qu’il maîtrise à la perfection puisqu’il joue ici à domicile, l’histoire se déroulant dans le Valais suisse. Et comme déjà en temps normal, j’aime son trait, je trouve le tout tout simplement … Parfait.
Watchmen
Ma BD préférée, tout simplement. Alan Moore est mon idole :) Je viens de relire « Watchmen » à l’occasion de la sortie du film, et j’ai pris encore plus de plaisir que lors de ma 1ere lecture. J’avais oublié le degré de perfectionnement de la psychologie des personnages, la noirceur du propos, les réflexions poussées sur la nature humaine, sur la guerre (une ambiance de guerre froide règne sur toute la BD, époque de parution oblige). Les passages de la psychanalyse de Rorschach sont parmi les tout meilleurs qu’il m’ait été donné de lire en BD. J’adore aussi les discours un peu métaphysiques du docteur Manhattan débâtant de l’importance même de la vie, de notre survie en tant qu’espèce humaine. Alors oui, les couleurs ont affreusement vieilli, et une recolorisation (voire même une réédition en noir et blanc) serait appréciable. Mais je trouve qu’il serait dommage de passer à coté de ce chef d’œuvre pour si peu. D’autant plus que derrière ces couleurs se cache un superbe dessin très détaillé, Dave Gibbons a fait du bon boulot. Je vois aussi que beaucoup de lecteurs trouvent éprouvants les passages où le gamin assis prés du stand de presse lit un comics dont l’histoire et les textes viennent s’entremêler avec la trame principale. Oui, ça rend la lecture un peu fastidieuse, mais cela n’est jamais gratuit, car ces textes font habilement écho aux événements de l’histoire principale. Bref, moi je suis d’avis que tout amateur de BD se doit d’avoir lu Watchmen, ne serait-ce que pour se faire une opinion sur ce qui est souvent considéré être le meilleur « comics » jamais écrit. Un conseil pour finir : lors de votre 1ere lecture, ne lisez pas les passages textuels présents entre chaque chapitre. Ils sont intéressants, mais cassent carrément le rythme, et peuvent tout à fait être lus « après coup ». Voila, lisez Watchmen !
Garulfo
Ahhh, Garulfo. Cette géniale petite grenouille pour conte de fée délirant est mon amie des jours tristes. Il me suffit de relire ses histoires pour oublier l’espace d’un instant mon quotidien et ses emm…nuis. Que dire de cette série qui n’aurait pas été dit ? Pas grand-chose. C’est une parodie des contes de fée mais fidèle à l’esprit des contes de fée. Le scénario est d’une grande qualité et les dialogues sont tout simplement fabuleux. Le dessin est assez « carré » et il m’a fallu passer outre ce détail pour apprécier l’ensemble. Ce trait a cependant ses qualités, notamment pour les expressions de visages et le rendu dans les scènes dynamiques. Il convient donc finalement très bien pour cette série, mais sans égaler D, pour ceux qui auraient commencé cette dernière sans avoir lu au préalable ce prodigieux « Garulfo ». Pour les hésitants, un premier cycle de 2 tomes se suffit à lui-même. Vous pouvez donc vous lancer dans la lecture sans crainte d’être embarqués dans une longue galère, et envisager la suite en toute connaissance de cause. Dans tous les cas, Garulfo est une œuvre à essayer. Génial, vraiment.
Watchmen
Et oui Watchmen a révolutionné le monde du comics ! Et oui Alan Moore est un génie ! Et oui les super-héros sont enfin abordés comme des êtres humains ! Et oui la bande dessinée peut accoucher d’œuvres majeures ! Et oui j'ai repris deux fois des pâtes hier soir (mince je m'égare là, mais qu'est-ce que j'avais faim !). J'ai eu une période où je lisais beaucoup de comics de super-héros, et au fil des ans, je trouvais les histoires un peu répétitives, les mêmes schémas mis en place, bref une certaine lassitude. Je suis tombé presque par hasard sur Watchmen, intrigué par la couverture du premier tome avec ce "bon" vieux comédien. Je ne vais pas vous mentir, la première lecture fut laborieuse, je ne comprenais pas tout (j'avais dans les 17 ans). J'abandonne donc au bout du 2e tome. Et puis, quelques années plus tard, je retombe dessus et je ne me souviens même plus de l'histoire, alors je décide de me replonger dedans. Et là le charme opère, allez savoir pourquoi mais je suis totalement pris par l'intrigue au point de relire plusieurs fois de suite les différents tomes. Et surtout de relire cette riche épopée les années suivantes. Cette série reste hors-norme, intelligente de bout en bout. Je lui mets la note culte pour l'impact qu'elle a eu (et qu'elle possède encore). L'intérêt se base au niveau de l'action... psychologique. Dans cette histoire, pas de bagarres démesurées, pas de pouvoirs destructeurs, pas de méchants déguisés en marsouin-volant,... juste une galerie de super-héros trop humains, trop proches de leurs soucis, de leurs condition d'être humain justement. Le choix des noms des héros pour commencer, Alan Moore réfléchit à tous les aspects de ses personnages. Les noms ont des significations précises avec les actes du héros, parfois cynique, prenant par exemple le personnage du Comédien, ce titre reflète parfaitement son comportement. Mais plusieurs choses restent quand même pesantes lors de la lecture, et je m'en fais souvent la réflexion lors de mes relectures. Je n'apprécie pas spécialement le Docteur Manhattan, le seul vrai super-héros de l'histoire que je trouve laborieux et très (trop) volubile. Il apporte une certaine distanciation mais parfois un peu trop métaphysique à mon goût. Les couleurs également, maintes fois signalés, sont parfois déplorables... Une certaine incompréhension de certaine réflexion de Moore, je ne saisis pas toujours si ce que je comprends est ce que l'auteur a voulu dire. Moore et Gibbons ont su donner des lettres de noblesse à un genre mal jugé, vite catalogué comme mettant en scènes des bonhommes en collant... Au travers d'un scénario passionnant, complexe, intéressant, audacieux, brillant,... ils ont permis un élan nouveau dans la construction et la réflexion d'une histoire. Envisager un récit si compliqué semble aujourd'hui commun, peut-être est-ce du en partie à cette bande dessinée. L'utopie du super-héros...
Watchmen
Chef d’œuvre majeur de la BD. Comme le Canada dry, ce n’est pas tout à fait malgré les apparences une histoire classique de super-héros. C’est bien plus que ça, il s’agit là d’une œuvre littéraire et graphique où les couleurs crues et flashy ne servent qu’à tromper l’ennemi. Une œuvre d’une richesse incroyable, avec un scénario béton et une atmosphère unique, qui se déguste et se relit ad vitam eternam, chaque détail y a son importance, chaque personnage secondaire n’est pas si secondaire que ça, chaque plan ou arrière-plan, chaque détail nous dit quelque chose. Dans cette histoire, les « super-héros » sont quelque peu sur le retour (oui, ils ont du bide !) et ne sont pas comme on pourrait le croire l’incarnation du bien censé lutter contre le mal, ils ont leurs doutes et leurs faiblesses, et ne sont pas réellement des enfants de chœur. Les frontières entre « bons » et « méchants » sont brouillées, W. Bush en perdrait son parler texan s’il devait s’imposer cette lecture. Oui, il n’est pas si simple de vouloir « sauver le monde » à notre époque (il s’agit bien de notre époque !) tellement cynique et gouvernée par l’instinct de mort. Conçue avant la chute du mur de Berlin, à un moment où l’on parlait encore de guerre froide, « Les Gardiens » ont conservé toute leur actualité, car si l’équilibre de la terreur n’est plus, on se rend compte que notre monde actuel est rempli d’incertitudes, baignant dans un chaos politique, économique et écologique dont nul ne connaît l’issue (ou ne veut la connaître…). Il faut lire les Watchmen et les hisser très haut dans sa bibliothèque. A une semaine de la sortie du film en salles, je souhaite simplement que le réalisateur Zack Snyder ne trahira pas l’esprit de ce diamant pur.