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Medz Yeghern : Le grand mal

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 8 avis)

Diagonale 2009 : prix du meilleur album étranger. En 1915, profitant de la confusion guerrière mondiale, l’armée ottomane met en œuvre le génocide des arméniens. Selon 4 points de vue, ce roman-graphique engagé et bouleversant met en exergue une abomination aujourd’hui niée par la Turquie.


1914 - 1918 : La Première Guerre Mondiale Auteurs Italiens Génocide arménien Le Caucase Les prix lecteurs BDTheque 2009 Prix Diagonale

En 1915, la première guerre mondiale ravage l’Europe. La Turquie, gouvernée par le parti des « Jeunes-Turcs », est rangée aux côtés des empires centraux. Aram, Arménien d’origine, est alors un jeune soldat au sein de l’armée ottomane. Il est ravi de se diriger vers la région de Kharput, loin du front, afin de servir de main d’œuvre « intérieure ». Il se contente également de voir que les arméniens servent aujourd’hui sous le drapeau turc, alors que les deux ethnies étaient encore en conflit, hier. Cependant, au terme d’une longue marche désarmée dans le désert, sa compagnie est sommée de s’arrêter, au milieu de nulle part. Un bataillon de turcs met en joue le groupe de soldats arméniens et… le fusille. Dans un bain de sang, le groupe s’effondre. Miraculé, Aram feint d’être mort au milieu des cadavres. Il prie pour être épargné par les baïonnettes turcs qui achèvent les agonisants. Plus tard, lorsque les turcs sont repartis, il se relève et entame une longue marche sous un soleil de plomb, jusqu’à atteindre un village. Il trouve l’aide providentielle de Murat, un jeune Turc, qui le dissimule entre les caisses de fruits de sa charrette. Ailleurs, la riche famille de Sona est torturée et décimée par les turcs. Globalement épargnée, la jeune femme doit rejoindre une caravane condamnée elle aussi à « disparaître » dans le désert…

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 16 Janvier 2009
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Medz Yeghern : Le grand mal
Les notes (8)
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20/02/2009 | Erik
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L'avatar du posteur Noirdésir

On sait depuis longtemps que les victimes des grands crimes massifs sont en compétition lorsqu’il s’agit d’occuper la petite place laissée vacante dans notre mémoire collective. Et le fait est que le génocide dont ont été victimes les Arméniens durant la première guerre mondiale n’a pendant longtemps pas eu la résonnance qu’il aurait du avoir. Et depuis, d’autres génocides ont eu lieu et ont occupé l’espace – celui subi par les Juifs durant la Seconde guerre mondiale en particulier. L’album de Paolo Cossi a le mérite de traiter avec talent ce sujet à la fois douloureux et finalement méconnu. On n’y trouvera ni foisonnement de dates, noms, faits, propres à instruire les encyclopédistes, ni cris de haines jouant sur le pathos ou les sanglots. Il y a dans les histoires entremêlées de Cossi beaucoup de recherche, en arrière plan, bien sûr, et il s’inspire de faits mais aussi de documents - hélas – bien réels. Il y a une horreur qui n’est pas que sous-jacente, aussi. Mais, que ce soient les "têtes pensantes" du génocide et quelques uns de leurs sbires exécutant le plan de haine, ou les quelques "justes" (qu’ils soient fictifs ou personnages réels) qui se mettent en travers de ce plan, il n’y a que du crédible, de l’humain. Sur un sujet plus que monstrueux, on peut dire que l’album se lit très bien, même si les détails que l’auteur a greffés sur la trame historique n’en font pas non plus un chef d’œuvre. On a là c’est clair plus qu’un "témoignage nécessaire" : les dessins (au lavis parfois ?) sont plutôt réussis je trouve, et le noir et blanc est un choix judicieux pour ce genre de sujet. A noter une info pour répondre à la préface d’Antonia Arslan ("On veut en savoir plus, on veut comprendre. On se plonge dans les manuels scolaires, mais il n’y a rien") : le génocide arménien est dorénavant étudié, même si rapidement, dans le nouveau programme d’Histoire de Troisième à partir de la rentrée 2012. Cartes, textes et bilan chiffré sont maintenant mis à la portée de tous les collégiens, mémoire du futur…

01/10/2013 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Plutôt pas mal, ce récit. Assez instructive, même si l'on reste d'un seul côté de la barrière, illustrée dans un style dépouillé très lisible, cette évocation du génocide arménien aura réussi à capter mon attention sans m'assommer de références historiques. C'est clair, bien expliqué, bien documenté. La narration est parfois un peu poussive et sent la traduction. Elle manque à l'occasion de naturel et d'émotion. Toutefois, elle est relativement efficace dans son aspect documentaire. Vraiment, mon seul regret est que l'on ne donne pas la parole à l'autre camp, celui des impardonnables et cruels bourreaux. Toutefois, ce récit est nuancé dans le sens où il ne donne pas toujours le mauvais rôle aux Turcs. Une lecture que je conseille à tout jeune lecteur intéressé par ce genre de sujet historique.

20/07/2010 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Un one-shot intéressant qui nous raconte un génocide peu connu : celui des arméniens. Je savais qu'ils avaient été exterminés, mais je ne savais pas les détails car, malheureusement, tout le monde a l'air de s'en ficher. Les moments du récit qui nous montrent l'aspect politique de ce génocide sont sans aucun doute les plus intéressants. Malheureusement, je suis un peu déçu par le récit. La narration est chiante lorsqu'elle nous met dans la peau des personnages ('Ta mère', etc). De plus, je n'ai pas ressenti les émotions des gens même si ce que je voyais était horrible alors que je suis quelqu'un de sensible. Le problème c'est que les personnages n'ont pas de véritable personnalité et qu'ils ne semblent exister que pour montrer les souffrances de cette horrible époque.

24/04/2010 (modifier)
Par Seb94
Note: 3/5

Je ne connaissais que trop vaguement l’histoire du génocide arménien du début du siècle, sujet revenant de temps en temps à la une de l’actualité, la Turquie refusant toujours de reconnaître officiellement cette page sombre de son histoire. Je dois avouer que ces événements font froid dans le dos, quand on se rend compte à quel point tout ceci a été méthodiquement planifié. Le récit est vraiment bouleversant, on ne peut en ressortir que touché et ému et à la fois révolté face à autant de cruauté. Ce genre d’histoire n’est pas facile à lire et demande une grande implication de la part du lecteur, un certain état d’esprit, car on est très loin de la B.D légère et anodine. Ces événements sont vus par l’intermédiaire de différents personnages, certains plus fouillés et intéressants que d’autre. Pour ma part, je regrette un peu que le jeune soldat arménien soit si crédule et simplet, il m‘a parfois paru un peu décalé par rapport aux événements. La narration est assez agréable, même si par moment elle manque un peu de fluidité. Toutefois, l’ensemble est prenant et m’a permis de mieux comprendre l’ampleur de cette tragédie. Le dessin est vraiment agréable, notamment au niveau des visages très expressifs, par contre les corps des personnages sont un peu moins bien rendus. Le noir et blanc et ces nuances de gris collent parfaitement à ces évènements et sont du plus bel effet. En conclusion, un récit dur, violent et bouleversant, qui nous en apprend plus sur une période noire de l’histoire. Un devoir de mémoire, à l’heure ou malheureusement le négationnisme revient au devant de la scène. Pour ne pas oublier…et ne pas de nouveau commettre l’irréparable.

17/07/2009 (modifier)
L'avatar du posteur Guillaume.M

Terrible découverte ! Medz Yeghern : Le grand mal nous raconte le grand mal du peuple arménien qui, durant la Grande Guerre, fut victime d’un génocide odieux, perpétré par le gouvernement turc. J’avais des connaissances très limitées de ce crime contre l’humanité. Après cette lecture j’en sais plus. L’auteur nous raconte ces horribles évènements sous diverses perspectives. Le récit est chargé d’histoire, chargé des souffrances d’un peuple qui, comme tant d’autres, a subi la folie humaine. Les idées et images sont fortes mais les dessins impressionnent sans jamais tomber dans la violence gratuite. Tout est savamment dosé. Le lecteur devient un spectateur de la méchanceté humaine. Vous découvrirez une page noire de l’histoire... L’histoire qu’il ne faut pas oublier... L’histoire que tant de gens refusent d’admettre... Medz Yeghern est un indispensable aux amateurs de bande dessinée qui pourront, l’espace d’un instant, entrevoir le drame des arméniens. À lire absolument !

20/04/2009 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Quelle claque !!! Je n'ai pas souvenir d'avoir lu une BD aussi bouleversante. Je connaissais très mal cette page noire de l'histoire. Il n'y a pas de mots pour décrire ces horreurs. Ce one shot arrive pourtant à retranscrire ce qu'il s'est passé par le biais de quelques personnages. Le lecteur n'est pas épargné par les images, la vérité devant être dite, certains passages sont difficiles. Le dessin est agréable avec ses nuances de gris très douces. Mais la forme n'est pas la priorité contrairement au contenu. Le seul reproche que j'ai trouvé à cette BD est le manque de fluidité à certains moments, on passe d'un personnage à un autre sans crier gare, cela m'a parfois dérouté. Sinon c'est parfait, le prix compris : 9,50 euros. Pour ceux qui ne cherchent que le divertissement dans une BD, il est préférable de passer son chemin, pour les autres l'achat est indispensable.

28/02/2009 (modifier)
Par Tomeke
Note: 4/5

Vous saviez que le peuple arménien avait vécu un génocide en 1915 et 1916 ? Personnellement, j’en avais vaguement entendu parler, sans vraiment savoir les tenants et aboutissants de ce drame… Je vois beaucoup de similitudes entre cet opus et Le Complot de Will Eisner. Et c’est dans l’approche graphique que les première similitudes apparaissent, tant au niveau des dessins que de l’utilisation du noir et blanc. L’auteur aborde également ces terribles événements en fonction de chaque protagoniste présenté : le soldat arménien en cavale, les dirigeants turcs, le soldat allemand mobilisé en Turquie, les deux femmes arméniennes déportées,… Le récit est poignant, pour un thème qui l’est tout autant. L’auteur nous montre les faits, sans que cela ne déborde de sentimentalisme facile ou de violence gratuite. En outre, le rythme est bon et est maintenu du début à la fin. Encore une fois, la BD est intelligemment utilisée pour nous expliquer une partie de l’Histoire, occultée pour je ne sais quelle raison. Mais quelle raison pourrait justifier l’oubli du massacre de 1.500.000 d’hommes, femmes et enfants ?

23/02/2009 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Erik

Paoli Cossi, jeune auteur italien, signe une oeuvre poignante sur le génocide arménien qui a couté la vie à plus d'un million de personnes en 1915-1916. Medz Yeghern (en français "le grand mal") est le terme utilisé par les Arméniens pour désigner ce massacre perpétré par l'Empire Ottoman lors de la Première Guerre Mondiale. De nombreux pays ont encore une attitude négationniste face à ce drame. C'est guère mentionné dans les livres d'Histoire. En 1915, l'Europe était en guerre et avait d'autres préoccupations par rapport à ce qui se passait dans un pays aussi éloigné. Or, en ces temps où le négationnisme fait de remarquables avancées (même parmi les évêques), il est temps de s'intéresser à cette partie de l'Histoire. Il est vrai que l'Allemagne avait présenté ses excuses à la communauté juive par rapport à l'Holocauste. Il n'en va pas de même pour le génocide arménien. Le fait de l'évoquer provoque tout de suite la colère de la Turquie. C'est vrai qu'il est difficile de montrer l'horreur même en bande dessinée. Cette oeuvre nous conte les destins de différentes personnes qui vont être confrontés à ce drame. Ainsi ce jeune soldat arménien qui échappe miraculeusement à la mort et qui est aidé par un maraîcher turc. Vous l'aurez compris, il n'y a point de manichéisme stigmatisant un peuple contre l'autre. Là, il s'agit d'une boucherie humaine sans pareille et des individus qui s'y opposent au nom d'une certaine humanité. Le message de l'auteur se base sur la non-violence et le pacifisme. J'ai rarement lu une oeuvre aussi poignante qui est d'ailleurs basée sur de réels documents d'archive. Je vous la conseille juste pour vous rappeler qu'on n'est jamais à l'abri d'une telle barbarie. C'est dur et bouleversant. L'extrême violence de certaines scènes interdit l'accès du volume aux jeunes lecteurs. Le récit met en scène différents sentiments humains, tels que l'amitié et la haine, ainsi que certains comportements, tels le courage et la lâcheté. D'autres personnages vont aider le lecteur à comprendre les étapes qui ont mené à la solution finale planifiée par le gouvernement turc de l'époque. C'est salutaire quand quelquefois la bande dessinée se penche sur des sujets délicats qui ont valeur de témoignage mêlant intime avec l'Histoire. Note Dessin : 4.25/5 – Note Scénario : 4.75/5 – Note Globale : 4.5/5

20/02/2009 (modifier)