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Couverture de la série Thyl Ulenspiegel
Thyl Ulenspiegel

Il m’est impossible de parler de cet album sans évoquer la genèse de son héros. Thyl Ulenspiegel est né de l’imagination féconde de Charles De Coster, un écrivain belge né en Allemagne d’un père wallon et d’une mère flamande. Celui-ci, reprenant un personnage récurent de la littérature populaire allemande (une sorte de Guignol ou de Robin des Bois, qui se moquait des nobles et des bourgeois, et qui volait aux riches ce qu’il donnait aux pauvres) en fait un héros belge mythique. En greffant les aventures de ce personnage espiègle, frondeur, moqueur, issu du milieu populaire et dont le père fut injustement exécuté à un contexte historique précis, et en lui permettant de prendre part à des faits historiques majeurs de l’histoire des Pays-Bas espagnols, Charles De Coster crée un véritable et légendaire héros belge. De plus, la rédaction de Thyl Ulenspiegel se fait à une époque (1867) durant laquelle la Belgique traverse une très profonde crise sociale. La famine pousse des familles entières à l’émigration, les milieux ouvriers sont alors scandaleusement exploités par les nantis. Des enfants de 6 ans sont envoyés dans les mines en qualité de houilleurs (leur petite taille leur permettait de se faufiler au plus profond de galeries mal étançonnées). Il est donc inutile de s’interroger sur le succès populaire d’un personnage qui parvenait par son courage et sa malice à se moquer des nobles et des nantis. Mais si l’engouement populaire est au rendez-vous, le livre ne connaîtra qu’un médiocre succès. En effet, le manque d’éducation des classes ouvrières (où l’illettrisme est encore la norme) favorise la diffusion des aventures de Thyl Ulenspiegel sous la forme orale tandis que les milieux lettrés rejettent ce personnage, bien trop frondeur et révolutionnaire à leur goût. Et Charles De Coster mourra dans la misère, après avoir créé un des personnages les plus populaires de la Belgique en général, et de la Flandres en particulier. Dans l’immédiat après-guerre, Willy Vandersteen décide d’illustrer les histoires de Thyl Ulenspiegel sous la forme d’une bande dessinée très respectueuse de l’œuvre originale. Son style est très semblable aux premiers Bessy, un style certes vieillot mais d’une qualité graphique indiscutable. La narration est elle aussi typique de l’époque, et me parait inadaptée aux jeunes lecteurs actuels. Si, aujourd’hui, l’ensemble a très mal vieilli (narration lourde et poussive, structure raide, mise en page "d’époque", péripéties très naïves), il n’en garde pas moins une valeur historique d’importance pour tout bédéphile belge qui se respecte. C’est la raison pour laquelle, et malgré le vieillissement de cet album, je ne peux que qualifier de culte ce monument de la bande dessinée consacré à un des rares véritables héros légendaires belges, une cote totalement subjective qui, je le crains, ne sera partagée que par un nombre très restreint de lecteurs (les autres risquent bien de trouver cet album horriblement ringard). Culte, sans que je puisse objectivement en recommander l'achat. Paradoxal, non ?

15/06/2009 (modifier)
Par AqME
Note: 5/5
Couverture de la série La Quête de l'Oiseau du Temps
La Quête de l'Oiseau du Temps

La quête de l'oiseau du temps fait partie de ces séries qui sont intemporelles. Déjà de par les années qu'elle traverse mais aussi de par l'éternelle jeunesse puisque c'est une B.D qui ne vieillit pas ! Très peu de séries à mon goût arrivent à ce niveau de recherche et d'épique surtout au niveau du scénario ! Néanmoins, j'émets un avis plus mitigé sur les dessins, car même si le fourreux est très beau et certaines planches sont belles, il reste un dessin un peu brouillon et certaines personnes peuvent ne pas accrocher (ma copine par exemple...). Mais cette série fait partie des indispensables dans une bibliothèque et chez les amateurs d'héroïc-fantasy !

10/06/2009 (modifier)
Par Altaïr
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Candy Candy
Candy Candy

Candy Candy… Voilà un manga qui peut souffrir de nombreux a priori négatifs, déjà parce que l’édition française est affreuse (cœurs rose fluos, mauvais papier, lettrage et traduction atroces, encre qui bave…), et, surtout, parce qu’on pourrait l’assimiler trop rapidement au dessin animé qui en a été tiré. Et pourtant, quand on compare l’anime et le manga (exercice auquel je me suis amusée récemment), il n’y a pas photo : bien qu’ils racontent à peu près la même histoire, on en retire des impressions radicalement différentes, voire opposées : le manga est passionnant d’un bout à l’autre tandis que l’anime traîne lamentablement en longueur… il faut dire que tirer 115 épisodes d’une BD qui compte tout juste 9 tomes, c’est l’art du délayage élevé à son sommet ! Bon, je ne vais pas mentir non plus. Candy version manga EST, à l’instar de sa version animée, un vrai bon mélo à l’eau de rose bien kitsch, un shôjo-manga type avec ce qu’il faut de grands yeux brillants et de petites fleurs à chaque page pour entraîner le lecteur dans l’élan passionné des aventures de l’héroïne. Oui mais, malgré cela ou pour cette raison, les 9 tomes se dévorent littéralement ! J’ai pu tester sur de nombreux cobayes, filles comme garçons (qui généralement accrochent eux aussi même si leur orgueil viril les empêche de le crier sur tous les toits :) ), cette BD rend littéralement accro. Le rythme de Candy version manga est un de ses grands points forts : il se passe sans arrêt quelque chose dans cette BD, et à peine on a fini une page qu’on meurt d’envie de connaître la suite. Comme le dit si bien le générique, quand on lit Candy, on pleure, on rit, on se laisse littéralement emporter dans ce mélodrame bouleversant. (Je n’ai jamais autant pleuré à la lecture d’une BD qu’en lisant le dernier tome de Candy, et ça me refait le même coup à chaque fois que je retente l’expérience !). Mais, surtout, les personnages principaux sont pour la plupart très réussis : Candy est une jeune fille extrêmement attachante, qui veut prendre son destin en main et réussir seule sa vie, alors même que très tôt dans l’histoire elle pourrait choisir de mener une vie de petite fille riche et se la couler douce. C’est finalement une héroïne féministe, vive, drôle et volontaire, ce qui est finalement extrêmement rare dans les mangas (j’ai même l’impression à la lecture de shôjo mangas récents que la cause féminine a bien régressé au Japon). Si son premier amour, Anthony, n’est guère passionnant, il en va fort différemment du deuxième, le très (TRES) charismatique Terrence Grandchester : beau, mystérieux, torturé, un peu voyou mais pas trop, passionné et romantique, il a tout ce qu’il faut pour faire rêver des générations et des générations d’adolescentes (et leurs mères :) ). Et Albert, enfin, le "grand frère" de Candy, l'épaule compatissante qui est toujours là pour l'aider et la guider, est très attachant lui aussi. Bref, si jamais vous avez l’occasion de lire le manga de Candy, oubliez vos a priori et tentez l’expérience, cela en vaut vraiment la peine. Malheureusement cette BD est devenue difficile à trouver, et ne sera pas rééditée tant que le conflit entre les auteurs pour les droits de cette série ne seront pas résolus, hélas…

09/02/2004 (MAJ le 10/06/2009) (modifier)
Par Altaïr
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions
Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions

Qu'il est agréable, quand on baigne dans la BD depuis son plus jeune âge, de tomber sur un album qui ne ressemble à strictement rien de connu ! Une somme savante, belle et ludique, qui entend, excusez du peu, raconter l'histoire du monde du big bang à l'apparition de l'homme (pour ''Alpha''.) Il y a quelque chose de tout à fait passionnant à voir ainsi l'évolution en marche, case après case. J'ai retrouvé en lisant cet album la fascination qu'avait été la mienne quand j'avais découvert étant petite le sacre du printemps, dans "Fantasia", sauf que "Alpha... Directions" va plus beaucoup plus loin : le propos est plus complet, plus érudit, et le parallèle qui est fait en permanence avec les croyances, les religions, les grandes étapes de l'humanité permet d'aborder cette histoire du monde via le spectre de l'histoire de la pensée humaine. Contrairement à ce qui a été écrit plus bas, je ne trouve pas que ''Alpha'' soit difficile d'accès. Feuilleter simplement cet album en suivant l'enchainement des cases comme on regarderait un dessin animé muet s'avère être une expérience déjà unique et je pense intéressante pour un large public (ma fille de 5 ans a bien aimé par exemple). Le texte permet d'approfondir cet hymne à la science, et lui donne une portée plus grande encore, mais il n'est pas indispensable pour apprécier ce livre complètement atypique.

08/06/2009 (modifier)
Par Ems
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions
Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions

Je ne suis pas vraiment surpris par ce monumental recueil de Jens Harder car j’avais lu « Leviathan » auparavant. Il y excellait déjà graphiquement en bichromie. Les références y étaient également nombreuses. Mais « Alpha … Directions » est un tout autre projet, le plus ambitieux des projets connus dans le monde du 9ème art. En fait de projet, il s’agit d’une première étape d’un vaste projet qui en comptera trois. Pour les deux autres étapes, on ne devrait plus avoir un gros volume comme pour Alpha mais respectivement deux tomes pour permettre des sorties plus rapprochées. Pour en revenir à ce premier volet : il est superbe dès le premier abord. La couverture en jette et la qualité du produit se vérifie dès le premier coup d’œil. L’objet est lourd avec ses 350 pages, certains le trouveront cher mais il n’en est rien comparé aux BD 48 pages grand format classique qui tourne autour des 13 euros soit seulement 3 fois moins cher pour 7 fois moins de pages …. La BD est organisée en chapitre et sous chapitres reconnaissables par leurs propres couleurs utilisées à merveille en bichromie. Beaucoup de symboles ou de reproductions de tableaux, schémas, dessins et autres, agrémentent le propos. Il n’est pas toujours aisé de faire la corrélation avec ces références artistiques, religieuses ou scientifiques provenant d’autres époques. Mais c’est structuré et réfléchit, en y mettant du sien on en comprend une bonne partie. La lecture demande rapidement de la concentration car l’on commence par un premier gros chapitre : l’univers. C’est aussi conceptuel que rigoureux. L’auteur joue sur les échelles de temps et de tailles, allant de l’infini vers la Terre. S’en suivent les chapitres cryptozoïque, paléozoïque, mésozoïque et cénozoïque. Chaque sous chapitre est ponctué sur une page par un index temporel relatant les étapes et les évènements importants. L’auteur a glissé quelques petites cases en hommage au cinéma, à la BD, aux dessins animés, etc. L’ensemble est très sérieux quand même. Les quelques textes off offrent des légendes mais il reste beaucoup de non dits, il faut observer et interpréter les dessins. Je conseille une lecture fractionnée. Le début demande une petite adaptation et quelques efforts, ensuite les pages défilent de plus en plus vite. En l’état, ce projet se révèle être une merveille. J’ai hâte de voir la suite sortir. Le seul défaut de cet ouvrage concerne son accessibilité. Il est trop complexe pour les plus jeunes. Mais avec un peu de patience, ils seront récompensés. Un énorme coup de cœur. Je suis heureux de faire mon millième avis sur cette BD hors norme.

07/06/2009 (modifier)
Par Tomeke
Note: 5/5
Couverture de la série Les Maîtres de l'Orge
Les Maîtres de l'Orge

Mais que voilà une excellente lecture… Je crois que cela m’a fait du bien de retrouver une production plus classique, bien que cela ne soit pas synonyme de mauvaise qualité ; que du contraire ! Encore une fois (Le Grand Pouvoir du Chninkel, SOS Bonheur ou XIII), Van Hamme réussit un véritable tour de force dans cette saga familiale de sept volumes. Ajoutez à cela un huitième album « hors série » d’une très bonne qualité (ce qui est souvent rare, je trouve, en matière de hors série), que demander de plus ? Le récit est très bien construit car il maintient en permanence des surprises dans le scénario et une cohérence générale. Je ne me suis jamais embêté, même si l’un ou l’autre tome semble plus orienté vers l’économie (venant de Van Hamme, rien d’étonnant…). Bref, concernant l’histoire, chaque tome amène le lecteur vers la grande impatience d’entamer l’album suivant ; rien à redire ! Au niveau du dessin, Vallès nous offre une belle réussite. Le style graphique réaliste me semble parfaitement adapté à l’histoire. En conclusion, j’ai éprouvé un intense plaisir à découvrir cette série que je recommande chaudement. Dans le genre, je ne me vois pas attribuer une autre cote que la note maximale… Chapeau bas !!

07/06/2009 (modifier)
Par billy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Feul
Le Feul

Très bonne surprise que cette trilogie du Feul. D'ailleurs, je ne comprends pas que cette Bd soit si méconnue. Tous les éléments sont réunis pour les amoureux du genre fantasy. Une histoire qui tient la route, très bien même, une quête envoutante pour découvrir l'origine du mal nommé le Feul. De plus, le scénariste nous offre une vision des différences culturelles qui nous fait réfléchir. Côté dessins, ils sont fidèles au genre, sans excès en tout genre, le sang ne coule pas à flot, mais l'action est bien présente. Que dire de plus, lisez cette trilogie, elle vaut le coup !

05/06/2009 (modifier)
Par Quentin
Note: 5/5
Couverture de la série The Fixer - Une histoire de Sarajevo
The Fixer - Une histoire de Sarajevo

N’ayant pas bien suivi l’actualité au moment de la guerre de Bosnie, voilà que je la découvre grâce à Joe Sacco qui est à la fois journaliste et auteur de bande dessinée à travers « The fixer », un album génial à tout point de vue. Ce livre a plusieurs niveaux de lectures. D’un côté, on en apprend énormément sur les dessous du siège de Sarajevo et sur les milices paramilitaires, leur importance stratégique dans la défense de la ville, le passé criminel de certain de leurs éléments, etc. D’un autre, on a l’histoire de Neven, un « fixer » qui résout les problèmes des journalistes, mais également un personnage au passé trouble, à la fois criminel et héroïque. Serbe de mère Musulmane, Neven incarne l’ouverture historique et la mixité ethnique de Sarajevo. Son parcours pendant la guerre est emblématique des débats politiques sur la définition de l’identité Bosniaque, devenue progressivement moins multiethnique et plus musulmane. Mais le génie de cet album tient surtout au fait que l’auteur se met également en scène et problématise sa relation avec Neven, en montrant la vulnérabilité des journalistes vis à vis de ce genre d’individu pour trouver leur chemin, résoudre des problèmes matériels, et accéder à de bonnes informations. De son côté, Neven dépend financièrement des journalistes comme Sacco et essaye de leur soutirer autant d’argent qu’il le peut. Malgré cette interdépendance malsaine, Neven et Sacco deviennent amis, ce qui ne facilite pas les problèmes de crédibilité que rencontre Sacco face aux témoignages de Neven. J’ai trouvé cet album parfait – sans conteste une des meilleures BD publiées en 2005. Un chef-d’oeuvre malheureusement passé inaperçu.

04/06/2009 (modifier)
Par Yaglourt
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Parasite
Parasite

Parasite est un seinen* culte, incontournable dans le genre sf/horreur. Le thème d'Invasion of the Body Snatchers est intelligemment revisité. La psychologie des personnages est bien développée, les rapports entre humains et parasites sont intéressants, ces derniers font preuve d'intelligence et s'interrogent sur leur nature, leur place dans la chaîne alimentaire terrestre... Le style graphique et la mise en page sont un peu datés (la série a 20 ans), mais ça reste diablement efficace. L'auteur apporte aussi beaucoup d'attention au regard de ses personnages. Pour l'anecdote : Cameron, grand fan de manga, s'est inspiré de ce titre pour la conception du T1000 dans le film Terminator 2 : Le Jugement dernier. * manga pour adulte

03/06/2009 (modifier)
Par AqME
Note: 5/5
Couverture de la série Spider-Man - L'intégrale
Spider-Man - L'intégrale

Comment peut-on mettre une autre note que 5/5 à cette série d'anthologie regroupant les aventures de l'homme araignée années par années ? Bon je suis d'accord, c'est cher. 25 euros l'album, ce n'est pas donné, mais il y a beaucoup de pages et cela regroupe 13 albums en une année ! Les dessins restent très simplistes au début, mais les mouvements ainsi que les émotions de chaque personnage sont très bien réalisés. Reste les décors qui ne sont pas terribles, on retrouve des buildings qui se ressemblent tous et d'autres immeubles identiques. Au niveau des couleurs, cela a mal vieilli, mais d'un autre coté cela rajoute du charme à l'objet. Les couleurs sont basiques, parfois ça dépasse du dessin, parfois il y a absence de couleurs sur certaines zones, mais cela facilite le plongeon dans les années 60 et ça nous rappelle à nous, lecteurs, que les premières aventures de Spidey ont commencé il y a un moment déjà ! Passons au scénario. Les différentes mésaventures qui arrivent à notre héros sont basiques: de grands méchants très méchants qui cambriolent des banques et un super-héros qui les arrêtent. Mais au fur et à mesure des histoires, le côté psychologique de tous les personnages (méchants comme gentils) se creusent et on se retrouve avec un héros qui a des problèmes en amour, ou qui est en manque de confiance face à certains adversaires. Ou encore, on retrouve un méchant mais qui n'en est pas vraiment un (le docteur lézard par exemple). Bref, au final, on se retrouve avec un bel objet, profond et fun que tout collectionneur ou fan de Spidey se doit d'avoir !

02/06/2009 (modifier)