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Thyl Ulenspiegel

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 4 avis)

L'histoire de Thyl, qui est à la Belgique ce que Jeanne d'Arc est à la France...


Best of 1950-1959 Journal Tintin La Flandre belge / Vlaanderen Ligne Claire

Thyl Ulenspiegel est le symbole de la lutte contre l'oppresseur espagnol. Il a pour compagnons Nele et Lamme. Ce trio va vivre plusieurs péripéties avant de prendre le commandement des gueux (ainsi nommés les paysans flamands du 16ème siècle). On les retrouvera ensuite dans une colonie hollandaise établie en Amérique où ils auront fort à faire pour combattre les Indiens.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 1954
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus
Couverture de la série Thyl Ulenspiegel
Les notes (4)
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29/09/2006 | L'Ymagier
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L'avatar du posteur Agecanonix

A l'instar de Robin des Bois pour les Anglais ou de Guillaume Tell pour les Suisses, Thyl l'Espiègle est le symbole de la résistance du petit peuple flamand contre le pouvoir espagnol qui gouvernait alors le Saint Empire Romain Germanique (dont faisaient partie les actuels Pays-Bas et la Belgique). Ce personnage qui lutte avec ses compagnons avec courage et facétie, a inspiré plusieurs versions dessinées dont on peut retenir celle de 1956 par E.T. Coelho pour le journal Vaillant, puis celle de 1976 par Dino Battaglia pour Il Giornalino. Il y eut même un film en 1956, réalisé et interprété par Gérard Philipe (les Aventures de Till l'Espiègle). Mais seul un Flamand pouvait en donner une version aussi brillante (pour l'édition belge du journal Tintin, et sa version hollandaise, Kuifje) : en 1951, Willy Vandersteen signe cette version en 2 volumes ; à son époque, c'est un chef-d'oeuvre, aujourd'hui, c'est vieillot et peu adapté au goût du jeune lectorat actuel. Bien-sûr, il faut se remettre dans le contexte, mais j'ai franchement trouvé ça laborieux, long à lire car le texte est très verbeux, et on est dans l'emploi de petites cases tel que c'était à l'époque ; même pour moi, c'est pénible, je n'y suis plus trop habitué. Côté dessin, c'est différent de Bob et Bobette, moins appliqué, mais pas désagréable. De plus, je trouve que le 2ème épisode "Fort Amsterdam" qui emmène les héros au Nouveau Monde, n'a aucun sens, Thyl étant un personnage typiquement flamand qui doit évoluer chez lui, et non ailleurs ; c'est comme si pour nous Français, on envoyait Jeanne d'Arc en Amérique... Bref, cette aventure aurait pu me plaire sans doute dans les années 70, mais lue maintenant, même si le fond est bon, je la trouve démodée dans sa forme. Attention, malgré une note basse qui ne reflète que mon goût propre, je conseille cependant l'achat aux nostalgiques.

22/01/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Je déteste Bob et Bobette, mais l'avis de Mac Arthur m'a mis l'eau à la bouche et j'ai donc lu les deux albums malgré le fait que Mac Arthur disait que la narration était désuète pour les jeunes d'aujourd'hui. C'est effectivement le cas : l'aventure n'est qu'une suite de péripéties, la narration et le dessin manquent de dynamisme et le héros est peu charismatique. Malgré tout, j'ai apprécié ma lecture. Les péripéties sont captivantes même si certaines parties sont un peu ennuyeuses (ceux en mer notamment). J'ai bien aimé en apprendre sur l'histoire de la Belgique et le dessin est pas mal. On est loin de Bob et Bobette ! Enfin, c'est ce que je pense pour le premier tome parce que je trouve que le second est très dispensable. Le début est pas mal, mais ça devient chiant dès que Thyl et ses copains s'embarquent pour le nouveau monde. Je ne connais pas ce personnage, mais j'avais l'impression que, éloigné de sa Belgique, les aventures du héros étaient sans intérêt.

16/03/2010 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Il m’est impossible de parler de cet album sans évoquer la genèse de son héros. Thyl Ulenspiegel est né de l’imagination féconde de Charles De Coster, un écrivain belge né en Allemagne d’un père wallon et d’une mère flamande. Celui-ci, reprenant un personnage récurent de la littérature populaire allemande (une sorte de Guignol ou de Robin des Bois, qui se moquait des nobles et des bourgeois, et qui volait aux riches ce qu’il donnait aux pauvres) en fait un héros belge mythique. En greffant les aventures de ce personnage espiègle, frondeur, moqueur, issu du milieu populaire et dont le père fut injustement exécuté à un contexte historique précis, et en lui permettant de prendre part à des faits historiques majeurs de l’histoire des Pays-Bas espagnols, Charles De Coster crée un véritable et légendaire héros belge. De plus, la rédaction de Thyl Ulenspiegel se fait à une époque (1867) durant laquelle la Belgique traverse une très profonde crise sociale. La famine pousse des familles entières à l’émigration, les milieux ouvriers sont alors scandaleusement exploités par les nantis. Des enfants de 6 ans sont envoyés dans les mines en qualité de houilleurs (leur petite taille leur permettait de se faufiler au plus profond de galeries mal étançonnées). Il est donc inutile de s’interroger sur le succès populaire d’un personnage qui parvenait par son courage et sa malice à se moquer des nobles et des nantis. Mais si l’engouement populaire est au rendez-vous, le livre ne connaîtra qu’un médiocre succès. En effet, le manque d’éducation des classes ouvrières (où l’illettrisme est encore la norme) favorise la diffusion des aventures de Thyl Ulenspiegel sous la forme orale tandis que les milieux lettrés rejettent ce personnage, bien trop frondeur et révolutionnaire à leur goût. Et Charles De Coster mourra dans la misère, après avoir créé un des personnages les plus populaires de la Belgique en général, et de la Flandres en particulier. Dans l’immédiat après-guerre, Willy Vandersteen décide d’illustrer les histoires de Thyl Ulenspiegel sous la forme d’une bande dessinée très respectueuse de l’œuvre originale. Son style est très semblable aux premiers Bessy, un style certes vieillot mais d’une qualité graphique indiscutable. La narration est elle aussi typique de l’époque, et me parait inadaptée aux jeunes lecteurs actuels. Si, aujourd’hui, l’ensemble a très mal vieilli (narration lourde et poussive, structure raide, mise en page "d’époque", péripéties très naïves), il n’en garde pas moins une valeur historique d’importance pour tout bédéphile belge qui se respecte. C’est la raison pour laquelle, et malgré le vieillissement de cet album, je ne peux que qualifier de culte ce monument de la bande dessinée consacré à un des rares véritables héros légendaires belges, une cote totalement subjective qui, je le crains, ne sera partagée que par un nombre très restreint de lecteurs (les autres risquent bien de trouver cet album horriblement ringard). Culte, sans que je puisse objectivement en recommander l'achat. Paradoxal, non ?

15/06/2009 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Thyl fait son apparition dans l'hebdo Tintin n° 39, 6ème année, du 26 Septembre 1951. Il y tire sa révérence dans le n° 49, 8ème année, du 9 Décembre 1953. L'histoire, ici scénarisée par Willy Vandersteen, est tirée du roman "La Légende et les Aventures d'Ulenspiegel et de Lamme Goedzak" de Charles de Coster, en 1867. Je possède les deux éditions originales. C'est simplement : magnifique. Willy Vandersteen en a conçu une des plus belles versions EDITEES (François Craenhals et Dino Battaglia s'y étaient également "essayés"). Cette histoire en deux tomes m'a plongé, alors jeune adolescent, en plein dans le 16ème siècle où ce qui allait devenir -beaucoup plus tard- la Belgique faisait partie des Pays-Bas espagnols. Et ça m'a plu ; comme ça a marqué l'esprit du lectorat de l'époque. Je n'y voyais que l'histoire d'un redresseur de torts ; une sorte de "Zorro" se battant contre l'oppresseur qui avait envahi son pays. Ce n'est que quelques années plus tard que j'ai compris "l'autre sens" et du roman, et -surtout- de la BD : créée dans l'après-guerre, l'histoire de Thyl symbolisait la Belgique se dressant contre l'envahisseur allemand. Je pense que c'est surtout pour cela qu'elle a marqué l'esprit des lecteurs du tout début des années 50, malgré qu'elle n'ait duré que le temps de deux albums. Thyl ?.. C'est bondissant, haletant, aux rebondissements nombreux, comique aussi... et qui me fait penser aux bons vieux films de cape et d'épée de ces années-là. Je possède toujours ces 2 éditions originales. Elles ont une place à part dans mes collections. Je les considère comme un des plus beaux exemples de la BD belge d'après-guerre. Il faut dire qu'avec des dos toilés rouge et le 4ème plat en "peau d'ours" bleu, ça vous a une de ces gueules !... Ca fait plus de 50 ans que cette série a été éditée. Devenue très rare, elle est oubliée des jeunes générations. HEUREUSEMENT : en 1991 le même éditeur (Le Lombard) a eu l'heureuse initiative de "ressortir" les deux albums. Thyl ?... Un vrai petit chef-d'oeuvre, signé Willy Vandersteen, et illustré en partie pour le second opus par Karel Verschuere (dessinateur de la grande série belge "Bessy"). Du très beau travail d'artistes !... des vrais !!...

29/09/2006 (modifier)