Sanctuary est un manga très particulier.
Tout d'abord parce qu'il traite avant tout de la mafia japonaise, les yakuza et que cela ne plaira pas à tout le monde. Ensuite parce qu'il fait intervenir énormément d'éléments de politique et des sentiments ne pouvant être compris que lorsque l'on connait un minimum le japon.
Si on arrive à se mettre dans les conditions favorables pour comprendre les enjeux et les buts des deux héros, on part pour une sacrée traversée et cela ne s'achève qu'avec la fin du dernier tome.
L'histoire est très bien menée, les dessins très bons (mention spéciale aux expressions des visages qui sont très très réussies) et le tout fort dynamique.
Contrairement à ce qui a été dit dans certains avis, la violence est loin d'être omniprésente et n'est jamais gratuite. Il y'a relativement peu de scènes réellement violentes ou de "sexe", et c'est peut être le début de l'histoire qui peut donner cette impression (ce qui me fait penser que les avis en question proviennent de gens n'ayant pas lu l'oeuvre dans son intégralité).
En lisant ce manga, on ne peut s'empêcher de penser à des oeuvres comme Election ou Le parrain... ce qui est plutôt bon signe.
Bref, c'est vraiment très très bon et entraînant et je conseille à tous ceux qui aiment le manga ou les histoires de mafia.
Inclassable, onirique et simplement beau… Voilà ce qui ressort de ma lecture de cette toute nouvelle œuvre d’un auteur prometteur et qu’il faudra surveiller. Après il est certain que cela ne plaira pas à tout le monde car l’auteur décide de prendre à revers les ressorts d’un canevas somme toute classique pour aller peut être bien au-delà. Ce qui peut déstabiliser certaines personnes comme en ravir d’autres comme c’est le cas pour moi.
La Belle Mort se place en pleine dépression post-apocalyptique après une mystérieuse invasion d’insectes géants sur terre et ayant annihilé la totalité de l’espèce humaine. Attention on se situe bien plus dans un contexte kafkaien que le cultissime Starship Troopers. Ne reste plus qu’une poignée d’individus cherchant à survivre le plus longtemps possible et sans véritable dessein en déambulant tels des funambules dans les rues désertes d’une gigantesque mégalopole aux immeubles imposants.
Passé une introduction qui reprend les mécanismes de celle de Zombies de Cholet, la première partie va s’attacher autour d’un trio improbable dont chaque protagoniste est tour à tour attachant ou exaspérant. La menace insecte sera plus suggérée que réellement montrée ce qui nous octroie de belles pages dévoilant un trait anguleux et superbe d’une cité étouffante me rappelant le style d’Amer Béton.
Le contraste entre personnages constamment en activité et béton inamovible est tout simplement saisissant.
La découverte d’une femme encore vivante va bouleverser le train train quotidien et mélancolique des premières pages pour nous dévoiler via un montage maitrisé le passé de ces personnages torturés avant la catastrophe… et accélérer l’issue finale dans une conclusion inattendue que n’aurait pas renié l’Otomo d’Akira… Tout en mêlant destinées et rencontres fortuites…
Avec toutes les multiples références auquel fait allusion Jérémie Sublet dont également « Je suis une légende » dont la conclusion peut éventuellement se rapprocher, on pourrait craindre une overdose de bonnes intentions de la part de Mathieu Bablet mais ce dernier a l’élégance de donner un souffle unique à son bébé en lui insufflant une ligne narrative éclatée et poétique.
L'auteur accentue la perte de repères par celle de la gravité. Une course sur des immeubles effondrés en est un bel exemple et transpose le lecteur dans un état flottant presque léthargique loin d’être désagréable…
J’applaudis vivement des deux mains pour tant d’audace là où d’autres auteurs se seraient perdus en route… Le message messianique passe plutôt bien car dénué de tout manichéisme...
Il n'y aura pas d'explication à tout, en tous cas pas d'explication rationnelle mais à l'instar de certaines grandes oeuvres le plaisir est ailleurs... essentiellement sensoriel.
Les autres ne resteront en tous cas pas insensibles aux couleurs pastel de cette ville vidée de toute vie mais non pas de substance…
La Belle Mort est un bel ouvrage alors qu'il n'aurait pu être qu'un péché de jeunesse. Mathieu Bablet vient de se faire une jolie carte de visite pour une Belle Naissance artistique…
J’espère qu’il va trouver son public, c’est en tous cas tout le mal que je lui souhaite.
Parfois les coups de coeur ne s'expliquent pas...
Ce ne sont, peut être, pas ici les meilleurs planches que Mignola aura consacré à sa série Hellboy, mais cela équivaut déjà à une formidable démonstration de bande dessinée..
Le graphisme épuré, au bord de la bichromie, presque stylisé, l'utilisation virtuose des contrastes, des cases silencieuses mémorables, les cadrages cinématographiques aux petits oignons, les dialogues laconiques parfaitement dans le ton, un dessin parfois, devant lequel on tombe en arrêt.
L'auteur élevé aux super héros s'est nourri de Poe, de Lovecraft, de tout ceux dont se sont nourri ces auteurs, des sagas, de la bible et de l'ésotérisme, du folklore en général et de contes particuliers pour élaborer un univers sur lequel plane la menace biblique d'un anéantissement inéluctable. À moins que... Au-delà de son hallucinante maturité graphique, la force de Mignola réside dans l'invention d'une cosmogonie où peuvent cohabiter sans heurts l'Ancien Testament et la geste Arthurienne, l'Edda poétique et les contes Japonais, des vampires et des souris qui parlent, des nazis et quelques discrets extraterrestres, Raspoutine et des créatures lovecraftiennes...
Dans un enthousiasme communicatif l'auteur fait feu de tout bois, et on traverse de multiples histoires, brèves ou considérables, qui s'accordent petit à petit au destin complexe du héros. Envoyé sur Terre pour y déclencher l'apocalypse, Hellboy questionne sans cesse son libre arbitre, et s'emploie à briser la chaîne de sa destinée au fil de multiples rencontres qui le confrontent aux subtilités sinistres et indifférentes d'un monde surnaturel en déclin. Aux énigmes millénaires de la sorcellerie et de la féérie, Hellboy répond à coup de gnions et de répliques lapidaires - comme pour mieux marquer sa différence et son adhésion totale au parti des hommes.
L'ampleur du récit offre une variété de situations quasi inépuisable ; les flash-backs y sont nombreux, les "seconds rôles" très fouillés et l'action musclée savamment tempérée de pages parfois poétiques, et souvent épiques : influence sous-jacente des légendes et des mythologies du monde qui semblent être le point de départ de chacune des histoires de la série.
C'est du gros son.
Du très gros son.
PS : L'adaptation ciné parle vraisemblablement d'autre chose...
Far away est déjà en soi un titre puissament évocateur... celui d'un long voyage à travers le Canada et les Etats-Unis. Il a suffit qu'un camion se coince dans la neige au détour d'un virage abrupt sur une route forestière canadienne pour que naisse la plus belle et émouvante des histoires d'amour. C'est magistral et magnifique à la fois !
Graphiquement, j'ai apprécié le style tout en douceur ainsi que les couleurs en aquarelle qui rendent les paysages plus beaux que jamais. La lisibilité est d'une telle clarté qu'elle procure tout de suite une sensation de bien-être. Cette lecture n'a qu'une seule dimension mais une fois la dernière page fermée, on rêve encore.
Pureté et simplicité: cette oeuvre romantique regorge de bien des atouts. Les auteurs nous livrent une aventure mélancolique douce et enivrante. Outre un road movie, c'est franchement la plus belle des love stories ! Une lecture à savourer ! Une tranche de vie que l'on n'oubliera pas ! Epoustouflant ! Un vrai coup de coeur !
J'ai beaucoup aimé, que ce soit le scénario, le dessin ou la couleur.
Je commence par le scénario. Il est prenant, il y a vraiment du suspense, les personnages ont une très grande personnalité, le scénario est de grande qualité.
Le dessin de Christophe Bec à beau être fait d'après photo pour cette BD, je m'en fiche. C'est pas la façon dont tu fais ton dessin qui compte, c'est le résultat et que dire du résultat, j'adore, comparé à Ponzio dont je ne suis pas fan du rendu.
Les couleurs de Sébastien Gérard sont très maîtrisées. C'est un des coloristes dont j'apprécie le plus le travail. Ses couleurs sont naturelles. Il a une très bonne gamme de couleurs et il peint très bien.
Vivement août pour la fin de ce diptyque (j'apprécie que ce soit un diptyque, aussi je trouve ça mieux que les séries ou les auteurs rallongent, nous font de la mixture et les scénarios au final sont plus que décevants).
Je conseille vraiment cet album. Je n'ai pas hésité une seconde pour me le prendre.
PS : comparé à la première série qu'ils ont faite ensemble, Dragan, "Doppelgänger" n'a rien à voir.
Osamu Tezuka est un de mes auteurs préférés. Après avoir lu le manga que je considérais comme son chef-d'œuvre, qu'est L'histoire des 3 Adolf et avant de lire celle que beaucoup de monde considère comme sa BD majeure ("La vie de Bouddha"), et d'autres plus vieilles et plus mineurs (Prince Norman, Next World, etc.…), j'avais envie de lire une, un peu moins connue, mais que je trouve vraiment excellente : "Ayako".
Et c'est même meilleur que dans mon souvenir, c'est pourquoi je modifie mon avis en lui donnant la note maximal.
D'abord il y a le dessin de Tezuka assez génial, il arrive à faire évoluer des personnes sur des dizaines d'années (ce qui est un exercice véritablement complexe, surtout avec des enfants ou des espions qui doivent changer de look souvent), tout en gardant leurs similarités au niveau du visages. Les décors sont soignés, le trait est fin : moi je suis fan.
Et le scénario est un régal, c'est un drame poignant, où évoluera la pure et candide Ayako entouré d'ordures de la pire espèce qui sont sa famille, le tout s'encrant dans le Japon de l'après guerre (un décor historique, donc). On suit les aventures de plusieurs protagonistes (qu'on adorera détester pour la plupart). Et même si je trouve le début du troisième tome un peu en deçà niveau "plaisir" de lecture, le final remonte le niveau : il est génial, triste et poignant à souhait.
Une des meilleurs sagas que j'ai pu lire. Un grand bravo à Tezuka pour cette œuvre forte.
Après avoir longtemps hésité entre La Belette et "Silence", mon cœur a finalement penché du côté de "Silence" pour choisir celle qui ferait partie de mes "BD cultes". Dur de départager les deux albums de Comès qui m'ont ouvert un nouveau pan de la BD : celui du noir & blanc.
Et de quelle sublime manière. Avec "Silence", Comès compose un petit bijou d'orfèvrerie, tant par son talent de conteur que par la qualité de son dessin noir & blanc. A part Hugo Pratt, peu d'auteurs m'ont laissé une telle impression de maîtrise et de fluidité dans leur ligne.
Une fois entamé, il nous suffit de poser le regard là où Comès nous convie, en glissant de case en case à travers le récit qu'il tisse somptueusement tout en aplat : quelle fluidité !
Ajoutez à cela des personnages dont seul Comès a la recette, où secrets, différence et fantastique habillent nos protagonistes. Puis, lâchez notre joyeuse bande de fous et d'ingénus dans une campagne profonde chargée d'une lourde Histoire et vous avez votre décor...
Le talent fait le reste...
Alors, plutôt que de m'étendre davantage sur la qualité de cette BD, je ne ferai que confirmer les nombreux avis qui abondent dans ce sens et apporter ma petite pierre au cairn de l'autel que mérite Mr Comès pour l'immensité de son talent de conteur et le sorcier du noir & blanc qu'il est. Merci.
A hurler de rire ! Très franchement je crois que mes plus grands fous rires survenus en évoquant des films ou livres sont dus à Gaston Lagaffe ! Impossible de résister aux bévues toujours plus grandes du gaffeur légendaire. N'oublions pas non plus les personnages secondaires ancrés dans la culture populaire : De Mesmaeker et ses contrats, Lontarin et ses sucettes à sous et le duo d'animaux de Lagaffe, composé d'une mouette rieuse dépressive et d'un chat complètement allumé.
Ma série préférée car la première que j'ai lue ! Les cinquante trois albums sont tous ou presque absolument formidables, car regorgeant d'humour, de scènes de guerre et bien souvent de messages contre la guerre. Ajoutez à cela un duo des plus légendaires et des plus comiques et vous obtenez une des meilleures séries pour enfants (mais pas que !)
En revanche je modifie mon avis pour exprimer ma déception extrême vis à vis du 55ème tome. Très franchement il s'est fait désirer en sortant plus tard que d'habitude et n'est en fait qu'un mix de "Les bleus en folie" et "Bronco Benny" et se paie de plus le luxe d'une fin bâclée et d'un scénario vraiment pas assez développé. Carton rouge pour le duo sur ce coup là. Sans conteste le moins bon épisode de la saga.
Dragon Ball, ça a été pendant toute ma jeunesse les dessins animés avant tout. Dragon Ball quand j'étais au collège puis Dragon Ball Z jusqu'au début de mes études. Ce n'est que parallèlement que j'ai découvert la version manga et j'ai immédiatement accroché. Et alors qu'une vingtaine d'années plus tard on pourrait penser que j'aurais gardé cette passion derrière moi comme un reliquat un peu honteux de ma jeunesse, au contraire je relis régulièrement le manga, avec toujours autant de plaisir.
Dragon Ball, c'était avant tout de la déconnade, des combats pour rigoler au début puis un peu plus sérieux par la suite, du SanGoku naïf, gentil et rigolo, ses amis tous plus sympas et délirants les uns que les autres... Et je ne vais pas le cacher, j'adorais aussi ce système de méchants de plus en plus puissants, d'augmentation des pouvoirs de Goku et des autres, bref ce qui a fait de Dragon Ball ce que la série est devenue dans DBZ avec son escalade de puissance et de capacités surhumaines qui rebutent certains lecteurs. Avec des yeux d'adultes, j'y vois un net transfert, je me sentais fort parce que je me voyais bien dans la peau de Goku (il reste mon préféré avec Végéta), je me défoulais dans les combats emplis de cris tels que "Kayayayayayayayayaya !".
Et encore maintenant, un KAMEHAMEEEHAAAAAAAA !me fait ressentir une impression de défoulement presque jouissif. J'en souris rien qu'à l'écrire. :)
Alors oui, l'essentiel de ces impressions et souvenirs me viennent du dessin animé, mais justement, c'est toute l'ambiance de ce dessin animé que j'ai retrouvée dans les mangas. Et comme pour les dessins animés, j'ai dévoré les mangas avec la même passion et la même frénésie d'en lire plus, toujours plus. En outre, je trouvais plus de maturité et d’intérêt dans le manga. Le rythme et la narration sont bien plus maîtrisés, d'une parfaite efficacité et soutenus par un dessin formidable. La déconnade, le défoulement et tout le reste étaient les mêmes, mais plus à même d'intéresser un adulte que le dessin animé lui-même.
J'ai donc finalement craqué : je me suis acheté l'intégrale il y a quelques ans. Je les ai dévorés ! Tous ! Un vrai plaisir ! Je craignais d'avoir vieilli et de trouver ça idiot et brutal mais au final ça me plait toujours autant : excellent !
Et finalement, plusieurs années après cet achat, c'est bien l'une des rares séries que je lis et relis avec toujours autant de passion, et c'est d'ailleurs un virus que j'ai transmis sans difficulté à mon fils à l'occasion de soirées de lecture ensemble.
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Sanctuary
Sanctuary est un manga très particulier. Tout d'abord parce qu'il traite avant tout de la mafia japonaise, les yakuza et que cela ne plaira pas à tout le monde. Ensuite parce qu'il fait intervenir énormément d'éléments de politique et des sentiments ne pouvant être compris que lorsque l'on connait un minimum le japon. Si on arrive à se mettre dans les conditions favorables pour comprendre les enjeux et les buts des deux héros, on part pour une sacrée traversée et cela ne s'achève qu'avec la fin du dernier tome. L'histoire est très bien menée, les dessins très bons (mention spéciale aux expressions des visages qui sont très très réussies) et le tout fort dynamique. Contrairement à ce qui a été dit dans certains avis, la violence est loin d'être omniprésente et n'est jamais gratuite. Il y'a relativement peu de scènes réellement violentes ou de "sexe", et c'est peut être le début de l'histoire qui peut donner cette impression (ce qui me fait penser que les avis en question proviennent de gens n'ayant pas lu l'oeuvre dans son intégralité). En lisant ce manga, on ne peut s'empêcher de penser à des oeuvres comme Election ou Le parrain... ce qui est plutôt bon signe. Bref, c'est vraiment très très bon et entraînant et je conseille à tous ceux qui aiment le manga ou les histoires de mafia.
La Belle Mort
Inclassable, onirique et simplement beau… Voilà ce qui ressort de ma lecture de cette toute nouvelle œuvre d’un auteur prometteur et qu’il faudra surveiller. Après il est certain que cela ne plaira pas à tout le monde car l’auteur décide de prendre à revers les ressorts d’un canevas somme toute classique pour aller peut être bien au-delà. Ce qui peut déstabiliser certaines personnes comme en ravir d’autres comme c’est le cas pour moi. La Belle Mort se place en pleine dépression post-apocalyptique après une mystérieuse invasion d’insectes géants sur terre et ayant annihilé la totalité de l’espèce humaine. Attention on se situe bien plus dans un contexte kafkaien que le cultissime Starship Troopers. Ne reste plus qu’une poignée d’individus cherchant à survivre le plus longtemps possible et sans véritable dessein en déambulant tels des funambules dans les rues désertes d’une gigantesque mégalopole aux immeubles imposants. Passé une introduction qui reprend les mécanismes de celle de Zombies de Cholet, la première partie va s’attacher autour d’un trio improbable dont chaque protagoniste est tour à tour attachant ou exaspérant. La menace insecte sera plus suggérée que réellement montrée ce qui nous octroie de belles pages dévoilant un trait anguleux et superbe d’une cité étouffante me rappelant le style d’Amer Béton. Le contraste entre personnages constamment en activité et béton inamovible est tout simplement saisissant. La découverte d’une femme encore vivante va bouleverser le train train quotidien et mélancolique des premières pages pour nous dévoiler via un montage maitrisé le passé de ces personnages torturés avant la catastrophe… et accélérer l’issue finale dans une conclusion inattendue que n’aurait pas renié l’Otomo d’Akira… Tout en mêlant destinées et rencontres fortuites… Avec toutes les multiples références auquel fait allusion Jérémie Sublet dont également « Je suis une légende » dont la conclusion peut éventuellement se rapprocher, on pourrait craindre une overdose de bonnes intentions de la part de Mathieu Bablet mais ce dernier a l’élégance de donner un souffle unique à son bébé en lui insufflant une ligne narrative éclatée et poétique. L'auteur accentue la perte de repères par celle de la gravité. Une course sur des immeubles effondrés en est un bel exemple et transpose le lecteur dans un état flottant presque léthargique loin d’être désagréable… J’applaudis vivement des deux mains pour tant d’audace là où d’autres auteurs se seraient perdus en route… Le message messianique passe plutôt bien car dénué de tout manichéisme... Il n'y aura pas d'explication à tout, en tous cas pas d'explication rationnelle mais à l'instar de certaines grandes oeuvres le plaisir est ailleurs... essentiellement sensoriel. Les autres ne resteront en tous cas pas insensibles aux couleurs pastel de cette ville vidée de toute vie mais non pas de substance… La Belle Mort est un bel ouvrage alors qu'il n'aurait pu être qu'un péché de jeunesse. Mathieu Bablet vient de se faire une jolie carte de visite pour une Belle Naissance artistique… J’espère qu’il va trouver son public, c’est en tous cas tout le mal que je lui souhaite. Parfois les coups de coeur ne s'expliquent pas...
Hellboy
Ce ne sont, peut être, pas ici les meilleurs planches que Mignola aura consacré à sa série Hellboy, mais cela équivaut déjà à une formidable démonstration de bande dessinée.. Le graphisme épuré, au bord de la bichromie, presque stylisé, l'utilisation virtuose des contrastes, des cases silencieuses mémorables, les cadrages cinématographiques aux petits oignons, les dialogues laconiques parfaitement dans le ton, un dessin parfois, devant lequel on tombe en arrêt. L'auteur élevé aux super héros s'est nourri de Poe, de Lovecraft, de tout ceux dont se sont nourri ces auteurs, des sagas, de la bible et de l'ésotérisme, du folklore en général et de contes particuliers pour élaborer un univers sur lequel plane la menace biblique d'un anéantissement inéluctable. À moins que... Au-delà de son hallucinante maturité graphique, la force de Mignola réside dans l'invention d'une cosmogonie où peuvent cohabiter sans heurts l'Ancien Testament et la geste Arthurienne, l'Edda poétique et les contes Japonais, des vampires et des souris qui parlent, des nazis et quelques discrets extraterrestres, Raspoutine et des créatures lovecraftiennes... Dans un enthousiasme communicatif l'auteur fait feu de tout bois, et on traverse de multiples histoires, brèves ou considérables, qui s'accordent petit à petit au destin complexe du héros. Envoyé sur Terre pour y déclencher l'apocalypse, Hellboy questionne sans cesse son libre arbitre, et s'emploie à briser la chaîne de sa destinée au fil de multiples rencontres qui le confrontent aux subtilités sinistres et indifférentes d'un monde surnaturel en déclin. Aux énigmes millénaires de la sorcellerie et de la féérie, Hellboy répond à coup de gnions et de répliques lapidaires - comme pour mieux marquer sa différence et son adhésion totale au parti des hommes. L'ampleur du récit offre une variété de situations quasi inépuisable ; les flash-backs y sont nombreux, les "seconds rôles" très fouillés et l'action musclée savamment tempérée de pages parfois poétiques, et souvent épiques : influence sous-jacente des légendes et des mythologies du monde qui semblent être le point de départ de chacune des histoires de la série. C'est du gros son. Du très gros son. PS : L'adaptation ciné parle vraisemblablement d'autre chose...
Far Away
Far away est déjà en soi un titre puissament évocateur... celui d'un long voyage à travers le Canada et les Etats-Unis. Il a suffit qu'un camion se coince dans la neige au détour d'un virage abrupt sur une route forestière canadienne pour que naisse la plus belle et émouvante des histoires d'amour. C'est magistral et magnifique à la fois ! Graphiquement, j'ai apprécié le style tout en douceur ainsi que les couleurs en aquarelle qui rendent les paysages plus beaux que jamais. La lisibilité est d'une telle clarté qu'elle procure tout de suite une sensation de bien-être. Cette lecture n'a qu'une seule dimension mais une fois la dernière page fermée, on rêve encore. Pureté et simplicité: cette oeuvre romantique regorge de bien des atouts. Les auteurs nous livrent une aventure mélancolique douce et enivrante. Outre un road movie, c'est franchement la plus belle des love stories ! Une lecture à savourer ! Une tranche de vie que l'on n'oubliera pas ! Epoustouflant ! Un vrai coup de coeur !
Doppelgänger - Le Double Maléfique
J'ai beaucoup aimé, que ce soit le scénario, le dessin ou la couleur. Je commence par le scénario. Il est prenant, il y a vraiment du suspense, les personnages ont une très grande personnalité, le scénario est de grande qualité. Le dessin de Christophe Bec à beau être fait d'après photo pour cette BD, je m'en fiche. C'est pas la façon dont tu fais ton dessin qui compte, c'est le résultat et que dire du résultat, j'adore, comparé à Ponzio dont je ne suis pas fan du rendu. Les couleurs de Sébastien Gérard sont très maîtrisées. C'est un des coloristes dont j'apprécie le plus le travail. Ses couleurs sont naturelles. Il a une très bonne gamme de couleurs et il peint très bien. Vivement août pour la fin de ce diptyque (j'apprécie que ce soit un diptyque, aussi je trouve ça mieux que les séries ou les auteurs rallongent, nous font de la mixture et les scénarios au final sont plus que décevants). Je conseille vraiment cet album. Je n'ai pas hésité une seconde pour me le prendre. PS : comparé à la première série qu'ils ont faite ensemble, Dragan, "Doppelgänger" n'a rien à voir.
Ayako
Osamu Tezuka est un de mes auteurs préférés. Après avoir lu le manga que je considérais comme son chef-d'œuvre, qu'est L'histoire des 3 Adolf et avant de lire celle que beaucoup de monde considère comme sa BD majeure ("La vie de Bouddha"), et d'autres plus vieilles et plus mineurs (Prince Norman, Next World, etc.…), j'avais envie de lire une, un peu moins connue, mais que je trouve vraiment excellente : "Ayako". Et c'est même meilleur que dans mon souvenir, c'est pourquoi je modifie mon avis en lui donnant la note maximal. D'abord il y a le dessin de Tezuka assez génial, il arrive à faire évoluer des personnes sur des dizaines d'années (ce qui est un exercice véritablement complexe, surtout avec des enfants ou des espions qui doivent changer de look souvent), tout en gardant leurs similarités au niveau du visages. Les décors sont soignés, le trait est fin : moi je suis fan. Et le scénario est un régal, c'est un drame poignant, où évoluera la pure et candide Ayako entouré d'ordures de la pire espèce qui sont sa famille, le tout s'encrant dans le Japon de l'après guerre (un décor historique, donc). On suit les aventures de plusieurs protagonistes (qu'on adorera détester pour la plupart). Et même si je trouve le début du troisième tome un peu en deçà niveau "plaisir" de lecture, le final remonte le niveau : il est génial, triste et poignant à souhait. Une des meilleurs sagas que j'ai pu lire. Un grand bravo à Tezuka pour cette œuvre forte.
Silence
Après avoir longtemps hésité entre La Belette et "Silence", mon cœur a finalement penché du côté de "Silence" pour choisir celle qui ferait partie de mes "BD cultes". Dur de départager les deux albums de Comès qui m'ont ouvert un nouveau pan de la BD : celui du noir & blanc. Et de quelle sublime manière. Avec "Silence", Comès compose un petit bijou d'orfèvrerie, tant par son talent de conteur que par la qualité de son dessin noir & blanc. A part Hugo Pratt, peu d'auteurs m'ont laissé une telle impression de maîtrise et de fluidité dans leur ligne. Une fois entamé, il nous suffit de poser le regard là où Comès nous convie, en glissant de case en case à travers le récit qu'il tisse somptueusement tout en aplat : quelle fluidité ! Ajoutez à cela des personnages dont seul Comès a la recette, où secrets, différence et fantastique habillent nos protagonistes. Puis, lâchez notre joyeuse bande de fous et d'ingénus dans une campagne profonde chargée d'une lourde Histoire et vous avez votre décor... Le talent fait le reste... Alors, plutôt que de m'étendre davantage sur la qualité de cette BD, je ne ferai que confirmer les nombreux avis qui abondent dans ce sens et apporter ma petite pierre au cairn de l'autel que mérite Mr Comès pour l'immensité de son talent de conteur et le sorcier du noir & blanc qu'il est. Merci.
Gaston Lagaffe
A hurler de rire ! Très franchement je crois que mes plus grands fous rires survenus en évoquant des films ou livres sont dus à Gaston Lagaffe ! Impossible de résister aux bévues toujours plus grandes du gaffeur légendaire. N'oublions pas non plus les personnages secondaires ancrés dans la culture populaire : De Mesmaeker et ses contrats, Lontarin et ses sucettes à sous et le duo d'animaux de Lagaffe, composé d'une mouette rieuse dépressive et d'un chat complètement allumé.
Les Tuniques Bleues
Ma série préférée car la première que j'ai lue ! Les cinquante trois albums sont tous ou presque absolument formidables, car regorgeant d'humour, de scènes de guerre et bien souvent de messages contre la guerre. Ajoutez à cela un duo des plus légendaires et des plus comiques et vous obtenez une des meilleures séries pour enfants (mais pas que !) En revanche je modifie mon avis pour exprimer ma déception extrême vis à vis du 55ème tome. Très franchement il s'est fait désirer en sortant plus tard que d'habitude et n'est en fait qu'un mix de "Les bleus en folie" et "Bronco Benny" et se paie de plus le luxe d'une fin bâclée et d'un scénario vraiment pas assez développé. Carton rouge pour le duo sur ce coup là. Sans conteste le moins bon épisode de la saga.
Dragon Ball
Dragon Ball, ça a été pendant toute ma jeunesse les dessins animés avant tout. Dragon Ball quand j'étais au collège puis Dragon Ball Z jusqu'au début de mes études. Ce n'est que parallèlement que j'ai découvert la version manga et j'ai immédiatement accroché. Et alors qu'une vingtaine d'années plus tard on pourrait penser que j'aurais gardé cette passion derrière moi comme un reliquat un peu honteux de ma jeunesse, au contraire je relis régulièrement le manga, avec toujours autant de plaisir. Dragon Ball, c'était avant tout de la déconnade, des combats pour rigoler au début puis un peu plus sérieux par la suite, du SanGoku naïf, gentil et rigolo, ses amis tous plus sympas et délirants les uns que les autres... Et je ne vais pas le cacher, j'adorais aussi ce système de méchants de plus en plus puissants, d'augmentation des pouvoirs de Goku et des autres, bref ce qui a fait de Dragon Ball ce que la série est devenue dans DBZ avec son escalade de puissance et de capacités surhumaines qui rebutent certains lecteurs. Avec des yeux d'adultes, j'y vois un net transfert, je me sentais fort parce que je me voyais bien dans la peau de Goku (il reste mon préféré avec Végéta), je me défoulais dans les combats emplis de cris tels que "Kayayayayayayayayaya !". Et encore maintenant, un KAMEHAMEEEHAAAAAAAA !me fait ressentir une impression de défoulement presque jouissif. J'en souris rien qu'à l'écrire. :) Alors oui, l'essentiel de ces impressions et souvenirs me viennent du dessin animé, mais justement, c'est toute l'ambiance de ce dessin animé que j'ai retrouvée dans les mangas. Et comme pour les dessins animés, j'ai dévoré les mangas avec la même passion et la même frénésie d'en lire plus, toujours plus. En outre, je trouvais plus de maturité et d’intérêt dans le manga. Le rythme et la narration sont bien plus maîtrisés, d'une parfaite efficacité et soutenus par un dessin formidable. La déconnade, le défoulement et tout le reste étaient les mêmes, mais plus à même d'intéresser un adulte que le dessin animé lui-même. J'ai donc finalement craqué : je me suis acheté l'intégrale il y a quelques ans. Je les ai dévorés ! Tous ! Un vrai plaisir ! Je craignais d'avoir vieilli et de trouver ça idiot et brutal mais au final ça me plait toujours autant : excellent ! Et finalement, plusieurs années après cet achat, c'est bien l'une des rares séries que je lis et relis avec toujours autant de passion, et c'est d'ailleurs un virus que j'ai transmis sans difficulté à mon fils à l'occasion de soirées de lecture ensemble.