Une page en six cases, une histoire en huit pages et il n’en faut pas plus afin de créer l’une des séries mafieuses les plus cruelles, drôles et surtout attractives en bandes dessinées.
Car pour peu que vous jubiliez devant l’humour noir et graveleux de ces drames familiaux italiens sur fond de prohibition il y a de quoi se régaler avec l’immense pavé de près de 800 pages réunies dans une intégrale imposante mais luxueusement.
En effet rien n’est classique ou vertueux dans les mœurs de la famille Centobucchi et de ses cinq frères et sœurs. Caterina est une actrice de cinéma muet de seconde zone au talent aussi démesuré que les moyens qu’elle met en œuvre pour devenir une starlette, Carméla trompe l’ennui de sa vie de femme au foyer en jouant des pistoles et de ses charmes pour des contrats à gage et son jumeau Francesco (le plus sympathique et poilant personnage de cette fratrie) n’a rien à envier de Don Camillo dont il s’inspire par la parole et les poings pour gérer sa paroisse.
N’oublions pas Antonio, le petit cadet en policier raté qui voue une haine sans nom à Amerigo l’ainé et mafioso de métier et dont ils se partagent la même femme !!!
Si on secoue ce cocktail explosif de prohibition, de pas mal de violence et également de sexe, il reste suffisamment de place pour y laisser l’élément le plus important de ces récits qui s’enchainent sans temps mort : l’humour !
Car les histoires ont beau être inégales, la fin devenant même carrément sérieuse et ennuyeuse avec ces leçons de morale sans morale assénées par l’ecclésiastique de la famille, l’ensemble se dévore avec une frugalité effrayante car on n’a de cesse de lire les démêlés et déboires de toute cette famille heureusement atypique. Trillo maitrise complètement son sujet, dépassant de même en intérêt le pourtant excellentissime cousin Torpedo de Bernet dont il emprunte les mêmes ficelles pour le politiquement incorrect tout en y injectant une certaine continuité narrative.
Ce ne serait surement pas aussi réussi sans le trait inspiré de Mandrafina qui croque les deux têtes brulés de la famille Amerigo et Francesco sans nul égal. Il suffit juste d’observer les expressions muettes de ses protagonistes pour déclencher un fou rire mérité. Le trait noir est inspiré et réaliste. Les décors sont un peu plus effacés même s’ils ne sont pas négligés. J’ai juste eu parfois un peu de mal à différencier les deux sœurs.
Pour le reste, et bien il est impossible d’en ressortir déçu si ce n’est qu’il y manque cruellement une conclusion que l’on s’empressera de lire dans l’épilogue de cette série désormais culte à mes yeux : Vieilles Canailles où nos zéros ont pris un peu d’âge et de bouteille mais toujours la même santé pour les embrouilles.
Complètement inutiles et futiles donc carrément indispensables, ces spaghettis là risquent de vous procurer une indigestion de fous rires !
Un peu perplexe à sa sortie en librairie, je n'avais pas craqué sur l'achat de cette BD (peut-être le prix).
Je l'ai trouvée hier à la bibliothèque et je me suis plongé dedans d'une traite. Véritable plongée dans le monde des TAAF avec ses décors et ses "gueules", ce carnet de voyage est absolument grandiose. Il redonne par une narration sans trop de fioritures et bien évidemment par des dessins majestueux l'ambiance de ce que vivent les hivernants de ces territoires lointains.
Une mention particulière pour le rendu des environnements croisés et pour les doubles pages très fortes.
J'achète un peu les comics n'importe comment, j'achète aussi bien DC que marvel, image que Wildstorm... Du coup, je n'ai aucune série complète, seulement des morceaux, les histoires globales je les ai sur internet et je parcours mes comics sans forcément tous tous comprendre, même si globalement ça va.
Bref, j'ai eu l'occasion, d'avoir une grosse partie d'Ultimates d'occaz, dont les 4 premiers numéros qui sont super dur a trouver en dehors du recueil.
J'avais lu quelques volume de Ultimate spiderman, dont j'ai adoré les idées et le côté moderne avec Ultimates c'est la claque.
Comme dirait certains, le scénario n'est pas franchement complexe... mais moi je m'en moque totalement, ici c'est fun et défoulant et j'adore ça. Captain America est un gros bourrin avec des valeurs propres à l’Amérique des années 30 mais c'est quand même un gros bourrin. Iron Man est pas franchement recommandable, il n'a aucun respect pour les femmes et passes ses journées à moitié bourré, Bruce Banner est obsédé par la réussite et ne supporte pas que d'autres soient meilleur que lui et en Hulk il est très jaloux... mais très très jaloux, Nick Fury est ... Bah en fait on sait pas si c'est un gentil ou un méchant, au final.
Bref, rien n'est tous blanc ou tous noir et moi j'aime, ça castagne sec et j'aime et en plus les dessins sont correct parfois sublimes : L'image du captain America qui montre le A sur son front est mythique.
Ultimates est un comics culte pour ceux qui aime quand ça pète.
Comment qualifier cette singulière BD ? Sur la forme, une nouvelle composée de trois chapitres pour des planches à deux cases qui laissent au lecteur le loisir de les contempler. Le noir et blanc colle parfaitement au mystère entourant cette histoire, L’ambiance rappelle beaucoup l’univers énigmatique de Peeters et Schuiten, avec des décors grandioses, presque menaçants, renforçant la solitude des protagonistes, tels des souris dans un labyrinthe. Le graphisme est impeccable et au cordeau, le scénario original et prenant, avec quasiment pas de dialogues et peu de texte. Il s’agit d’un objet poétique qui ne peut s’apprécier que dans le calme et le silence, une parenthèse enchantée face à la fuite du temps…
C’est avec cet album que j’ai découvert Marc-Antoine Mathieu, un auteur que j’avais envie de connaître depuis un moment. J’ai bien apprécié cette histoire dont on regrette presque la brièveté (43 pages), un petit conte évanescent et étrange, tel un rêve…. Il s’agit également d’un bel hommage à l’Art sous toutes ses formes et à l’Amitié avec un grand A. En somme, un petit chef d’œuvre hélas trop vite lu…
Voici un parti pris plutôt intéressant pour une œuvre commerciale : chacun des 6 tomes parus ou à paraître est la pièce d’un complot que l’on est amené à lire dans n’importe quel ordre !
Une belle idée au service d’un projet commercial annoncé sur tous les fronts peut-il pour autant constituer une œuvre solide ?
Ici et contrairement aux idées reçues, la réponse est mille fois oui, OUI !
Pourtant rien de très original ici si ce n’est le traitement ludique et interactif du choix de lecture. Chaque album met en avant un personnage qui pourra devenir secondaire dans un autre bouquin de la série. Les 60 pages racontent donc la même histoire et pratiquement le même déroulement des faits mais par différents cotés de la lorgnette.
Ce n’est pas un procédé nouveau, Berceuse assassine utilise le même procédé tout en respectant l’ordre établi et l’histoire me rappelle SOS Bonheur, autre figure incontournable dont Alter Ego se veut un remix édulcoré mais pas sans saveur…
Que l’on commence par Camille, Fouad ou Darius (ainsi que les 3 autres à venir je suppose), le récit est nerveux, autonome et plonge le lecteur directement au cœur d’une intrigue dont il ne saisit pas tous les enjeux mais dont chaque tome apporte sa pierre et ses réponses à l’édifice.
Le schéma est pourtant basique et inhérent au découpage d’un film d’action : une mise en situation rapide et intrigante suivie d’un flash back puis du déroulement de l’histoire. Il s’agit à chaque fois de personnages à priori banals mais pris de remords qui se posent des questions et vont être confrontés à une organisation médicale louche genre Umbrella pour les connaisseurs de Resident Evil, les zombies en moins car si touche fantastique il y a, elle est discrète et se base plus sur des spéculations scientifiques.
Après les personnages sont plutôt attachants et plus complexes qu’il n’y parait. On évite également la répétition grâce à une variété des caractères et de l’action et un raccrochage des wagons plutôt logique et bien inséré vers la toute fin des 60 pages de chaque volume. Le principe d’ange gardien et de connexion cachée des individus a éveillé toute mon attention. La lecture entamée, on n’a de cesse d’en vouloir davantage, facilité en cela par un découpage quasi parfait et une clarté des dessins somme toute classique mais pas désagréable.
Il y a quelques jolis clins d’œil (Wolverine ou Le Punisher dans Darius ?) à y découvrir…
La cohérence des croisements narratifs épate car on en ressort avec le sentiment d’avoir lu dans l’ordre idéal ce qui n’est pas le moindre des compliments puisqu’il n’y a pas d’ordre établi.
Cerise sur le gâteau, chaque tome peut presque se lire comme une histoire indépendante dont on n’aurait pas tous les aboutissants mais qui reste satisfaisante malgré tout. On sent qu’il y a une belle harmonie d’auteurs derrière tout cela…
Alors certes le dessin peut sembler classique mais il me rappelle la belle époque des bds franco-belges que je lisais avec un plaisir coupable sans nul autre but que de passer un moment agréable et sans prise de tête. Les propos et dialogues restent cependant adultes et n’ont rien à envier à d’autres œuvres. C’est rétro tout en demeurant actuel… Mention spéciale à Darius et Fouad, deux personnages que j’espère retrouver dans les autres pièces du puzzle…
Pourtant Uchronies nageait sur des eaux similaires avec moins de cohérence mais c’est bien à l’œuvre de Van Hamme que je pense en premier lieu. Un septième tome fera le lien et la conclusion de cette chouette collection de pur divertissement dont j’ai lu les 3 premiers tomes à la suite.
Pire, je rêverais presque d’une adaptation pour le petit écran avec le même découpage interactif.
Il est agréable de se faire surprendre dans un série grand public rappelant par son intensité mes premières lectures de bds d’aventure dans le magazine Spirou des années 80 (Jérome K Jérome Bloche, 421, Ginger etc…) et cultivant le coté ludique des jeux vidéo d’aujourd’hui tout en publiant les différentes œuvres dans des délais plus que raisonnables.
Un thriller haletant sur la manipulation ! Encore SVP !!!!
Morrison et Quitely un duo de très grands auteurs de comics ( X-men, batman...) Là, Superman a une tête , une carrure terrible. Ce n'est pas du Jim Lee, mais justement, le dessin est plus réaliste. Et les scénarios de Grant Morrison, c'est une superbe revisite de la vie de superman, de ses aventures. Un recueil de 12 numéros qu'il faut avoir et lire
J'ai rarement lu un ouvrage aussi bien écrit de bout en bout avec une maîtrise frisant la perfection. La belle image est un regard sur soi-même lorsqu'on prend un autre visage. J'ai bien aimé cette intrigue de métamorphose qui invite à la réflexion. La vie d'un homme peut basculer en l'espace d'un instant.
Il y a certes une dose de fantastique dans l'idée mais on ne le voit pas concrètement tant le discours est celui du quotidien. On pourrait même soupçonner une forme de maladie mentale. La conclusion en sera d'ailleurs plus surprenante...
Cette histoire reprend un roman de Marcel Aymé paru en 1941 aux éditions Gallimard. Pourtant, je n'ai pas senti le poids du temps car cette aventure semble intemporelle. Par ailleurs, la fluidité de cette lecture a été excellente. Personnellement, je classe cette bd parmi mes plus belles bd de l'année 2011. Bref, une adaptation des plus réussies !
Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
Vous êtes fan des Cramps et de tout l'univers garage 60's?
Vous êtes fan d'Ed Wood et des nanars SF en noir et blanc?
Alors cette BD est pour vous.
Quand vous lirez certaines planches de cette BD vous ne pourrez pas vous empêcher d'entendre les Trashmen chanter Surfin' Bird.
De voir en Eddy le regretté Lux Interior.
Une histoire qui a déjà connu la gloire en livre et cinéma et surtout un dessin incroyable. Chaque dessin nous emporte. On y voit des ombres, non plutôt des crocs, non plutôt un visage effrayant... Cette bd est le chef d'oeuvre de ma collection bien qu'achetée il y a une éternité.
PS: feuilletez la, et si le dessin ne vous dégoutte pas, il vous enchantera.
Comment peut-on passer à côté d'une si belle série. Il aura fallu qu'elle paraisse en intégrale chez Vents d'Ouest pour qu'enfin, je mette le nez dans cette BD cultissime. Tout débute dans un futur proche. Pendant que le chaos monte les hommes les uns contre les autres, un inventeur, rêveur et obsessionnel, tente désespérément de renouer avec la magie de l'imaginaire en pourchassant l'image idyllique de la Fée. Il espère trouver dans les nombreux automates qu'il confectionne celui qui aura l’œil-fée, une sorte de regard unique symbolisant la vie et l'intelligence.
C'est une de ses dernières créations qui va découvrir au fin fond d'un grenier, espèce de remise pour les automates "ratés", celle qui aura échappé à la vigilance de son créateur, et qui semble avoir cette magie intérieure. Mais telle Edward aux mains d'argent que son inventeur laisse inachevé, la fée n'a pas encore de bouche et ne pourra jamais exprimer pleinement sa souffrance et son désespoir quand elle se retrouvera séparée de Jam par les conséquences de la bêtise humaine.
A la fois récit post-apocalyptique et roman d'amour, l'histoire de ces deux personnages est sans aucun doute une des plus belles démonstrations de passion, de fidélité et d'espoir même si pour en arriver là il faudra braver ce monde futur chaotique, désespéré, appauvri par la dictature d'un homme sans cœur et dépravé. On notera aussi que certaines scènes, qui auraient pu être très violentes, sont abordées d'une manière subtilement subliminale.
Outre l'histoire, il faut appréciera le décor baroque magnifiquement rendu ainsi que la symbolique de la colorisation : les pastels pour les passages entre Jam et la fée, des couleurs chaudes pour la représentation de la folie humaine. Certains de ces choix sont expliqués par le scénariste Téhy dans l'introduction qui présente la genèse du projet. Agrémentée de croquis, elle vient compléter cette œuvre déjà très riche.
Fée et tendres automates est une œuvre majeur, belle et violente à la fois, qui ne laisse pas indifférent. Incontournable.
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Spaghetti Brothers
Une page en six cases, une histoire en huit pages et il n’en faut pas plus afin de créer l’une des séries mafieuses les plus cruelles, drôles et surtout attractives en bandes dessinées. Car pour peu que vous jubiliez devant l’humour noir et graveleux de ces drames familiaux italiens sur fond de prohibition il y a de quoi se régaler avec l’immense pavé de près de 800 pages réunies dans une intégrale imposante mais luxueusement. En effet rien n’est classique ou vertueux dans les mœurs de la famille Centobucchi et de ses cinq frères et sœurs. Caterina est une actrice de cinéma muet de seconde zone au talent aussi démesuré que les moyens qu’elle met en œuvre pour devenir une starlette, Carméla trompe l’ennui de sa vie de femme au foyer en jouant des pistoles et de ses charmes pour des contrats à gage et son jumeau Francesco (le plus sympathique et poilant personnage de cette fratrie) n’a rien à envier de Don Camillo dont il s’inspire par la parole et les poings pour gérer sa paroisse. N’oublions pas Antonio, le petit cadet en policier raté qui voue une haine sans nom à Amerigo l’ainé et mafioso de métier et dont ils se partagent la même femme !!! Si on secoue ce cocktail explosif de prohibition, de pas mal de violence et également de sexe, il reste suffisamment de place pour y laisser l’élément le plus important de ces récits qui s’enchainent sans temps mort : l’humour ! Car les histoires ont beau être inégales, la fin devenant même carrément sérieuse et ennuyeuse avec ces leçons de morale sans morale assénées par l’ecclésiastique de la famille, l’ensemble se dévore avec une frugalité effrayante car on n’a de cesse de lire les démêlés et déboires de toute cette famille heureusement atypique. Trillo maitrise complètement son sujet, dépassant de même en intérêt le pourtant excellentissime cousin Torpedo de Bernet dont il emprunte les mêmes ficelles pour le politiquement incorrect tout en y injectant une certaine continuité narrative. Ce ne serait surement pas aussi réussi sans le trait inspiré de Mandrafina qui croque les deux têtes brulés de la famille Amerigo et Francesco sans nul égal. Il suffit juste d’observer les expressions muettes de ses protagonistes pour déclencher un fou rire mérité. Le trait noir est inspiré et réaliste. Les décors sont un peu plus effacés même s’ils ne sont pas négligés. J’ai juste eu parfois un peu de mal à différencier les deux sœurs. Pour le reste, et bien il est impossible d’en ressortir déçu si ce n’est qu’il y manque cruellement une conclusion que l’on s’empressera de lire dans l’épilogue de cette série désormais culte à mes yeux : Vieilles Canailles où nos zéros ont pris un peu d’âge et de bouteille mais toujours la même santé pour les embrouilles. Complètement inutiles et futiles donc carrément indispensables, ces spaghettis là risquent de vous procurer une indigestion de fous rires !
Voyage aux îles de la Désolation
Un peu perplexe à sa sortie en librairie, je n'avais pas craqué sur l'achat de cette BD (peut-être le prix). Je l'ai trouvée hier à la bibliothèque et je me suis plongé dedans d'une traite. Véritable plongée dans le monde des TAAF avec ses décors et ses "gueules", ce carnet de voyage est absolument grandiose. Il redonne par une narration sans trop de fioritures et bien évidemment par des dessins majestueux l'ambiance de ce que vivent les hivernants de ces territoires lointains. Une mention particulière pour le rendu des environnements croisés et pour les doubles pages très fortes.
Ultimates
J'achète un peu les comics n'importe comment, j'achète aussi bien DC que marvel, image que Wildstorm... Du coup, je n'ai aucune série complète, seulement des morceaux, les histoires globales je les ai sur internet et je parcours mes comics sans forcément tous tous comprendre, même si globalement ça va. Bref, j'ai eu l'occasion, d'avoir une grosse partie d'Ultimates d'occaz, dont les 4 premiers numéros qui sont super dur a trouver en dehors du recueil. J'avais lu quelques volume de Ultimate spiderman, dont j'ai adoré les idées et le côté moderne avec Ultimates c'est la claque. Comme dirait certains, le scénario n'est pas franchement complexe... mais moi je m'en moque totalement, ici c'est fun et défoulant et j'adore ça. Captain America est un gros bourrin avec des valeurs propres à l’Amérique des années 30 mais c'est quand même un gros bourrin. Iron Man est pas franchement recommandable, il n'a aucun respect pour les femmes et passes ses journées à moitié bourré, Bruce Banner est obsédé par la réussite et ne supporte pas que d'autres soient meilleur que lui et en Hulk il est très jaloux... mais très très jaloux, Nick Fury est ... Bah en fait on sait pas si c'est un gentil ou un méchant, au final. Bref, rien n'est tous blanc ou tous noir et moi j'aime, ça castagne sec et j'aime et en plus les dessins sont correct parfois sublimes : L'image du captain America qui montre le A sur son front est mythique. Ultimates est un comics culte pour ceux qui aime quand ça pète.
Le Dessin
Comment qualifier cette singulière BD ? Sur la forme, une nouvelle composée de trois chapitres pour des planches à deux cases qui laissent au lecteur le loisir de les contempler. Le noir et blanc colle parfaitement au mystère entourant cette histoire, L’ambiance rappelle beaucoup l’univers énigmatique de Peeters et Schuiten, avec des décors grandioses, presque menaçants, renforçant la solitude des protagonistes, tels des souris dans un labyrinthe. Le graphisme est impeccable et au cordeau, le scénario original et prenant, avec quasiment pas de dialogues et peu de texte. Il s’agit d’un objet poétique qui ne peut s’apprécier que dans le calme et le silence, une parenthèse enchantée face à la fuite du temps… C’est avec cet album que j’ai découvert Marc-Antoine Mathieu, un auteur que j’avais envie de connaître depuis un moment. J’ai bien apprécié cette histoire dont on regrette presque la brièveté (43 pages), un petit conte évanescent et étrange, tel un rêve…. Il s’agit également d’un bel hommage à l’Art sous toutes ses formes et à l’Amitié avec un grand A. En somme, un petit chef d’œuvre hélas trop vite lu…
Alter Ego
Voici un parti pris plutôt intéressant pour une œuvre commerciale : chacun des 6 tomes parus ou à paraître est la pièce d’un complot que l’on est amené à lire dans n’importe quel ordre ! Une belle idée au service d’un projet commercial annoncé sur tous les fronts peut-il pour autant constituer une œuvre solide ? Ici et contrairement aux idées reçues, la réponse est mille fois oui, OUI ! Pourtant rien de très original ici si ce n’est le traitement ludique et interactif du choix de lecture. Chaque album met en avant un personnage qui pourra devenir secondaire dans un autre bouquin de la série. Les 60 pages racontent donc la même histoire et pratiquement le même déroulement des faits mais par différents cotés de la lorgnette. Ce n’est pas un procédé nouveau, Berceuse assassine utilise le même procédé tout en respectant l’ordre établi et l’histoire me rappelle SOS Bonheur, autre figure incontournable dont Alter Ego se veut un remix édulcoré mais pas sans saveur… Que l’on commence par Camille, Fouad ou Darius (ainsi que les 3 autres à venir je suppose), le récit est nerveux, autonome et plonge le lecteur directement au cœur d’une intrigue dont il ne saisit pas tous les enjeux mais dont chaque tome apporte sa pierre et ses réponses à l’édifice. Le schéma est pourtant basique et inhérent au découpage d’un film d’action : une mise en situation rapide et intrigante suivie d’un flash back puis du déroulement de l’histoire. Il s’agit à chaque fois de personnages à priori banals mais pris de remords qui se posent des questions et vont être confrontés à une organisation médicale louche genre Umbrella pour les connaisseurs de Resident Evil, les zombies en moins car si touche fantastique il y a, elle est discrète et se base plus sur des spéculations scientifiques. Après les personnages sont plutôt attachants et plus complexes qu’il n’y parait. On évite également la répétition grâce à une variété des caractères et de l’action et un raccrochage des wagons plutôt logique et bien inséré vers la toute fin des 60 pages de chaque volume. Le principe d’ange gardien et de connexion cachée des individus a éveillé toute mon attention. La lecture entamée, on n’a de cesse d’en vouloir davantage, facilité en cela par un découpage quasi parfait et une clarté des dessins somme toute classique mais pas désagréable. Il y a quelques jolis clins d’œil (Wolverine ou Le Punisher dans Darius ?) à y découvrir… La cohérence des croisements narratifs épate car on en ressort avec le sentiment d’avoir lu dans l’ordre idéal ce qui n’est pas le moindre des compliments puisqu’il n’y a pas d’ordre établi. Cerise sur le gâteau, chaque tome peut presque se lire comme une histoire indépendante dont on n’aurait pas tous les aboutissants mais qui reste satisfaisante malgré tout. On sent qu’il y a une belle harmonie d’auteurs derrière tout cela… Alors certes le dessin peut sembler classique mais il me rappelle la belle époque des bds franco-belges que je lisais avec un plaisir coupable sans nul autre but que de passer un moment agréable et sans prise de tête. Les propos et dialogues restent cependant adultes et n’ont rien à envier à d’autres œuvres. C’est rétro tout en demeurant actuel… Mention spéciale à Darius et Fouad, deux personnages que j’espère retrouver dans les autres pièces du puzzle… Pourtant Uchronies nageait sur des eaux similaires avec moins de cohérence mais c’est bien à l’œuvre de Van Hamme que je pense en premier lieu. Un septième tome fera le lien et la conclusion de cette chouette collection de pur divertissement dont j’ai lu les 3 premiers tomes à la suite. Pire, je rêverais presque d’une adaptation pour le petit écran avec le même découpage interactif. Il est agréable de se faire surprendre dans un série grand public rappelant par son intensité mes premières lectures de bds d’aventure dans le magazine Spirou des années 80 (Jérome K Jérome Bloche, 421, Ginger etc…) et cultivant le coté ludique des jeux vidéo d’aujourd’hui tout en publiant les différentes œuvres dans des délais plus que raisonnables. Un thriller haletant sur la manipulation ! Encore SVP !!!!
All*Star Superman
Morrison et Quitely un duo de très grands auteurs de comics ( X-men, batman...) Là, Superman a une tête , une carrure terrible. Ce n'est pas du Jim Lee, mais justement, le dessin est plus réaliste. Et les scénarios de Grant Morrison, c'est une superbe revisite de la vie de superman, de ses aventures. Un recueil de 12 numéros qu'il faut avoir et lire
La Belle Image
J'ai rarement lu un ouvrage aussi bien écrit de bout en bout avec une maîtrise frisant la perfection. La belle image est un regard sur soi-même lorsqu'on prend un autre visage. J'ai bien aimé cette intrigue de métamorphose qui invite à la réflexion. La vie d'un homme peut basculer en l'espace d'un instant. Il y a certes une dose de fantastique dans l'idée mais on ne le voit pas concrètement tant le discours est celui du quotidien. On pourrait même soupçonner une forme de maladie mentale. La conclusion en sera d'ailleurs plus surprenante... Cette histoire reprend un roman de Marcel Aymé paru en 1941 aux éditions Gallimard. Pourtant, je n'ai pas senti le poids du temps car cette aventure semble intemporelle. Par ailleurs, la fluidité de cette lecture a été excellente. Personnellement, je classe cette bd parmi mes plus belles bd de l'année 2011. Bref, une adaptation des plus réussies ! Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
Dinosaur Bop
Vous êtes fan des Cramps et de tout l'univers garage 60's? Vous êtes fan d'Ed Wood et des nanars SF en noir et blanc? Alors cette BD est pour vous. Quand vous lirez certaines planches de cette BD vous ne pourrez pas vous empêcher d'entendre les Trashmen chanter Surfin' Bird. De voir en Eddy le regretté Lux Interior.
Dracula
Une histoire qui a déjà connu la gloire en livre et cinéma et surtout un dessin incroyable. Chaque dessin nous emporte. On y voit des ombres, non plutôt des crocs, non plutôt un visage effrayant... Cette bd est le chef d'oeuvre de ma collection bien qu'achetée il y a une éternité. PS: feuilletez la, et si le dessin ne vous dégoutte pas, il vous enchantera.
Fée et tendres Automates
Comment peut-on passer à côté d'une si belle série. Il aura fallu qu'elle paraisse en intégrale chez Vents d'Ouest pour qu'enfin, je mette le nez dans cette BD cultissime. Tout débute dans un futur proche. Pendant que le chaos monte les hommes les uns contre les autres, un inventeur, rêveur et obsessionnel, tente désespérément de renouer avec la magie de l'imaginaire en pourchassant l'image idyllique de la Fée. Il espère trouver dans les nombreux automates qu'il confectionne celui qui aura l’œil-fée, une sorte de regard unique symbolisant la vie et l'intelligence. C'est une de ses dernières créations qui va découvrir au fin fond d'un grenier, espèce de remise pour les automates "ratés", celle qui aura échappé à la vigilance de son créateur, et qui semble avoir cette magie intérieure. Mais telle Edward aux mains d'argent que son inventeur laisse inachevé, la fée n'a pas encore de bouche et ne pourra jamais exprimer pleinement sa souffrance et son désespoir quand elle se retrouvera séparée de Jam par les conséquences de la bêtise humaine. A la fois récit post-apocalyptique et roman d'amour, l'histoire de ces deux personnages est sans aucun doute une des plus belles démonstrations de passion, de fidélité et d'espoir même si pour en arriver là il faudra braver ce monde futur chaotique, désespéré, appauvri par la dictature d'un homme sans cœur et dépravé. On notera aussi que certaines scènes, qui auraient pu être très violentes, sont abordées d'une manière subtilement subliminale. Outre l'histoire, il faut appréciera le décor baroque magnifiquement rendu ainsi que la symbolique de la colorisation : les pastels pour les passages entre Jam et la fée, des couleurs chaudes pour la représentation de la folie humaine. Certains de ces choix sont expliqués par le scénariste Téhy dans l'introduction qui présente la genèse du projet. Agrémentée de croquis, elle vient compléter cette œuvre déjà très riche. Fée et tendres automates est une œuvre majeur, belle et violente à la fois, qui ne laisse pas indifférent. Incontournable.