La Belette

Note: 3.87/5
(3.87/5 pour 23 avis)

Les déboires d'une famille citadine dans une campagne des plus mystérieuse.


Casterman Comès Les années (A SUIVRE) Noir et blanc One-shots, le best-of Petits villages perdus Sorcières Wallonie

Un couple de citadins et leur enfant autiste s’installe à la campagne. Lui est producteur de télévision. Elle est une femme fragile qui attend un nouvel enfant. Peu accoutumé au monde paysan et ses pratiques de sorcellerie, elle est effrayée par l’étrange atmosphère qui baigne les lieux. Chaque jour son mari la laisse seule avec son fils et ses inquiétudes, et chaque jour, d’étranges événements se produisent. . Quelque chose s’est passé dans cette maison, elle le sait, quelque chose d’horrible et fascinant. Autour d’elles rôdent de biens curieux personnages, un curé fanatique, un voisin et son fils idiot obsédé sexuel et surtout, cette femme étrange appelée La Belette...

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Septembre 1983
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série La Belette
Les notes (23)
Cliquez pour lire les avis

27/01/2003 | ArzaK
Modifier


L'avatar du posteur Noirdésir

Cet album est un Comès très classique, dans lequel on retrouve ce qui fait la patte de l’auteur. A savoir un trait Noir et Blanc à la fois classique et bien fichu. Un dessin lui aussi de très belle tenue. Je nuancerais juste en signalant que je n’ai pas du tout aimé les corps, et surtout les visages des personnages principaux (qui ressemblent un peu à ceux des ET d’ « Avatar » – en blanc !, alors que d’autres habitants de ce village pourraient avoir été dessinés par Tardi). Comme pour plusieurs œuvres de Comès, l’intrigue se déroule dans ses Ardennes favorites, dans un petit village paumé, avec un fort arrière-plan fantastique, autour de vieilles croyances plus ou moins animistes et polythéistes. Il y a pas mal d’accointances avec Silence par exemple, comme si Comès avait voulu là traiter quelques aspects laissés de côté dans son album précédent (j’ai préféré la lecture de Silence d’ailleurs). L’histoire se laisse lire, mais elle se déroule sur un rythme presque nonchalant, personnages et intrigues manquant parfois d’aspérité : ils se laissent trop facilement deviner. Une lecture pas désagréable, même si je ne sais pas si j’y retournerais.

24/05/2018 (modifier)
Par Jézus
Note: 3/5

J'ai apprécié cette bande dessinée. Ses qualités sont assez proche de Silence avec une ambiance très particulière, poétique et angoissante à la fois. Les dessins en noir et blanc sont toujours aussi réussi, et les personnages sont fascinants. On suit la difficile adaptation d'un famille qui vient de la ville et qui arrive à la campagne. On assiste à une lutte d'influence entre le curé et les sorciers pour attirer la famille de citadin sous leurs protections. On a deux croyances et donc deux méthodes qui sont très différentes. Mais il y a un défaut : "La Belette" et ''Silence'' sont trop proches l'un de l'autre. En effet, le contexte où se passe l'histoire par exemple : c'est un village de campagne dans les deux cas. Il y a aussi le personnage qui souffre d'un handicap : dans les deux cas ils sont muets. On retrouve le personnage de la sorcière. Bref il y a trop de similitudes entre les deux livres tellement que l'un aurait pu être la suite de l'autre. Or ce sont censés être des one-shot indépendants. Du coup l'effet de surprise n'est plus là. Le côté ésotérique est plus présent dans La Belette et ça me touche moins. J'ai préféré Silence et son héro plus charismatique et attachant. Pour conclure ''La Belette'' reste une bonne bande dessinée mais qui souffre de la comparaison avec ''Silence''.

10/04/2016 (modifier)
Par Thobias
Note: 4/5

C'est très sympa et le dessin est superbe. J'avoue une pointe de déception à cause d'un scénario et des dialogues parfois un peu conventionnels, même si tout l'aspect rite dans la nature me plaît beaucoup. En revanche les personnages de la belette et du gamin autiste sont tout à fait intéressants. La couverture belle et intrigante est une vraie réussite et ne peut qu'inciter à la lecture de cet ouvrage.

22/05/2014 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur gruizzli

Oh le bel ouvrage .... La lecture du second "immanquable" de Comès m'apporte la confirmation sur son talent. Les villages ardennais, les vieilles croyances, les sorciers et les curés, les gens de la ville, l'apparition du progrès ... Les thèmes déjà vus dans Silence sont ici encore présents, mais dans une forme assez différente, se concentrant non plus sur un seul personnage mais sur plusieurs. Le dessin est toujours aussi bon, dans un sublime noir et blanc, où les gens apparaissent, peut-on dire, tels qu'ils sont intérieurement ? Ce qui expliquerait le taux de laideur. Mais que dire des paysages ! A ceci se rajoute le scénario, prenant jusqu'au bout, haletant, très bien mené. L'histoire se dévoile petit à petit, sans grosse révélation brutale. Ici tout se passe doucement, en finesse. A l'image de ce village où la vie est lente, le scénario se déroule petit à petit, pour notre plus grand plaisir. Et Didier Comès ne se prive pas de rajouter en sus de superbes critiques, dans un peu tous les sens, sans pour autant altérer la qualité du récit. Un beau plus. Et puis surtout, la justification de ma note, le plus qui permet d'ajouter le 5/5, c'est bel et bien l'atmosphère de ce récit. L'ambiance rustique (très bien retranscrite, si vous avez déjà vécu dans un village c'est assez semblable), le caractère des gens, les dialogues, le cadre naturel, l'ambiance de ces vieux cultes et de ces sorciers. Une réussite totale. Ce récit est une véritable perle. Pleine de qualités (même si on peut lui reconnaitre des défauts, mais quelle BD en est exempte ?), pleine de charme, prenante, cette BD a tout pour plaire, et m'a conquise. La sorcellerie marche encore, même à travers du papier et de l'encre. Un 4/5 à la fois pour la BD, mais aussi pour son auteur et mon coup de cœur du moment

23/06/2012 (modifier)
Par McClure
Note: 3/5

Je ne peux pas mettre moins que 3* à cette oeuvre, mais je n'en suis pas loin. D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours buté sur les livres de Comès, prenant et reposant les différents ouvrages dans les rayons de bibliothèques où je suis passé. Devant les avis si positifs trouvés ici, je me suis procuré La Belette d'occasion pas bien cher, raison qui me pousse à conseiller l'achat (à ce prix ça le fait). Contrairement à certains, le dessin, bien que figé, ne m'indispose pas. Il va du très moyen (visages/humains en général) au superbe (nature/bestioles/rites). Le noir et blanc m'amène forcément à comparer à mon dessinateur préféré, Hugo Pratt, et si certaines cases sont de toute beauté, c'est bien moins maîtrisé. Malgré tout, comme dit plus haut, cela ne me gène en rien......à un détail près. Il participe de cet ensemble très manichéen et caricatural. On lit sur les visages des protagonistes tout le sentiment de Comès à l'égard de ses concitoyens (et personnages). Pour un perso, cela peut s'entendre, mais tous sont ainsi traités. Et les innocents (Pierre/La Belette) sont travaillés pour "les réussir" quand le curé et le voisin (que dire du fils de ce dernier) sont travaillés "pour les rater". Ca me dérange. Côté scénario, si je suis sensible à la poésie qui se dégage et au côté écolo-fable, là encore l'aspect est trop marqué. Ouh, la grosse vilaine religion catholique... Tous les péchés y sont mis. Ahh, la belle religion païenne tournée vers la nature..... Et les perso ne sont pas en reste, du bouseux consanguin et malsain, au curé outrancier en passant par le citadin imbu... c'est too much. C'est surtout une carte postale rétrograde qui n'apporte pas assez d'eau au moulin de la critique sociale recherchée, ou plutôt qui en apporte tellement que le roue à aubes tourne comme une folle..... Côté narration, la lenteur ne me dérange pas mais la narration en "pensées à haute voix" est d'un ennui mortel et me casse la lecture et sa fluidité. Je mets 3* pour le dessin, l'ambiance particulière et la poésie qui se dégage de l'oeuvre, mais je suis plus sur du 2,5....

24/04/2012 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur PAco

Quel bonheur que de replonger dans ces BD découvertes il y a quelques années et d'y prendre toujours autant de plaisir ! Un peu d’appréhension tout de même, car le bon souvenir tourne parfois à la déception, surtout après quelques années de critique où l’œil s'est acéré et le regard critique affiné... Mais là rien de tout cela. Avec "La Belette", on plonge dans le cœur de l’œuvre de Comès. C'est grâce à cet auteur que je suis vraiment rentré dans le noir et blanc, moi qui trainais toujours un peu la patte auparavant, et je ne l'en remercierai jamais assez. Car le graphisme de Comès est unique et reconnaissable entre tous. Il joue des courbes et des contrastes pour composer des planches où la magie de son dessin tranché mais paradoxalement très doux, rivalise avec celle de ses personnages... Et question magie et sorcellerie, Comès a bien potassé ses grimoires ! Il a vraiment su m'envouter en abordant des sujets que j'affectionne particulièrement : le fantastique, la différence et l'exclusion, les mythes anciens. Tout est savamment dosé pour réussir un philtre qui nous fait succomber au charme puissant de cet album... Entre croyances, terroir ardennais profond et Histoire, Comès compose et tisse un album complet et magnifique, et qui ne prend pas une ride à la relecture. A lire de toute urgence pour ceux qui ne connaissent pas. Un album que je conseille à tous ceux que le noir et blanc rebute : il peux être une clé magnifique. Et pour ceux qui connaissent déjà, relire "La Belette" reste un plaisir à ne pas bouder ! Que du bonheur !

23/04/2011 (modifier)

Bof, J'avais lu Silence, du même auteur, qui m'a fait le même effet. On retrouve les mêmes thématiques d'ailleurs, ou plutôt les mêmes obsessions : l'angoisse de la ruralité, ses croyances, sa sorcellerie, ses frustrations aussi même si la sexualité est bien mal traitée ... ... Et surtout son nécessaire rejet des étrangers, excepté les "différents". Ceci explique l'entrée dans le récit d'un enfant autiste... sans qu'on comprenne vraiment le sens du concept. On retrouve aussi les mêmes tronches à tailler au couteau qui, il faut bien l'avouer ne me reviennent pas vraiment. C'est triste sans doute, mais j'ai beaucoup de mal à trouver le dessin expressif. Les visages n'expriment rien au regard du récit. Juste une constante laideur pour les uns et une constante pureté pour les autres. Le plus difficile reste alors de lire tout ce texte, qui reste long mais ne nous dit finalement pas grand chose. Et le récit est parfois très limite : Dès la troisième page on a le droit à un "oulala je la sens vraiment pas cette maison, il me fait peur ce village ... ". Aucune tension donc, ca m'a flingué le premier tiers de l'histoire ... Et la narration ne vaut pas toujours beaucoup mieux. Il faut finalement 6 cases pour faire tomber le curé. Dénouement tellement mal réalisé que ca en devient pathétique. Je suis sévère sans doute, mais vraiment le sortilège n'opère pas.

15/03/2010 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5

Que rajouter à tous les avis précédents ? Cette BD est excellente. Je ne lui ai trouvé qu'un défaut : les visages de la famille au centre de l'histoire. Ils ont un côté extraterrestres avec leurs têtes ovales. Pour le reste le dessin est très réussi. J'aime ce genre de noir et blanc, simple et puissant. Le scénario est maitrisé, l'histoire est bien dosée et le final bien amené et en phase avec l'histoire. Cette BD mérite amplement d'être dans les immanquables car plus de 25 ans après sa sortie, elle offre toujours une lecture de qualité. "La Belette" est l'exemple de la BD universelle en passe de devenir une référence.

18/01/2010 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Aaaahhh, … les Hautes-Fagnes, ses mystères et ses légendes. Comès est du coin, et connaît donc bien cet esprit campagnard où religion et superstition sont si étroitement liés qu’il est difficile de les dissocier. Mais je soupçonne également Comès d’être un grand amateur des films angoissants des années 60 (« les Oiseaux », « Rosemary’s Baby », « Psychose »). La Belette combine adroitement ces deux influences. Le cadre campagnard est bien construit, avec cet inquiétant curé, ces voisins curieux mais secrets ou ce culte étrange à la déesse mère. Le climat angoissant est bien amené, conservant une logique très pragmatique pour pas mal d’éléments, mais s’autorisant quelqu’écart fantastique du meilleur goût. Graphiquement, l’artiste maîtrise son sujet. L’évocation campagnarde est très réussie, son bestiaire est toujours aussi proche de la perfection (j’adore ce mélange de simplicité et de mystère) et ses personnages sont, dans l’ensemble, eux aussi, plutôt bien réussis. Leurs yeux me posent toujours problème, mais je m’habitue vite en cours de lecture. Les jeux d’ombre sont toujours aussi convaincants, tout comme les cadrages. Ces deux éléments contribuent grandement à l’ambiance angoissante qui se dégage de l’album. Sa conclusion, pour classique qu’elle soit, est tout à fait adéquate à mes yeux, et une autre fin m’aurait autrement déçu. Franchement bien, … vraiment.

11/08/2009 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue Boy

J’ai toujours apprécié l’univers de Comès, absolument unique, nimbé de mystère et intemporel, univers auquel cette histoire ne déroge pas. Un couple de citadins et son enfant autiste viennent s’installer dans la vieille ferme qu’ils viennent d’acquérir dans un village ardennais. Très vite, ils se heurteront à l’hostilité menaçante du voisin sournois et son grand fils taré et d’une laideur repoussante, ainsi que du curé à l’air pas très « catholique »… Délaissée par son mari cynique davantage préoccupé de sa carrière à la télévision, Anne sera amenée, par l’intermédiaire de son fils Pierre, à rencontrer une sorcière païenne dénommée la Belette qui s’imposera comme un soutien incontournable face à un curé de plus en plus inquiétant… La ligne claire de l’auteur épouse parfaitement la simplicité de l’histoire, et les aplats noirs qui sont sa marque de fabrique contribuent à rendre l’atmosphère sombre, avec des recoins dissimulant on ne sait quelle menace toujours prête à surgir. La représentation des personnages va du difforme au gracieux, et ceux-ci sont dotés d’une psychologie en apparence assez sommaire et caricaturale. Tout cela peut parfois paraître naïf voire agacer, mais cette simplicité permet d’évoquer davantage les contes de notre enfance. Et c’est bien cela que j’apprécie chez Comès. On entre dans ses histoires comme on pénétrerait en secret dans une vaste demeure avec de nombreuses portes closes dont il faut trouver la clé comme dans un jeu de piste. On aime s’y perdre sans jamais savoir ce que l’on va trouver, ni même si l’on va en sortir. La Belette se révèle un conte pour adultes, où l’auteur se livre de front à deux condamnations, l’une contre le christianisme (le curé) et les superstitions d’un autre âge (les voisins), et à l’opposé contre un matérialisme outrancier propre à nos sociétés modernes (Gérald, le mari). De cette façon, il nous invite gentiment à étudier une troisième voie beaucoup plus spirituelle, plus écologique. A sa façon, il réhabilite un certain paganisme anéanti au Moyen-âge par l’Inquisition, qui considérait comme de la sorcellerie ces cultures millénaires où l’homme occidental était alors en communion avec la nature, à l’image des sociétés chamaniques toujours présentes aux quatre coins du monde mais néanmoins menacées.

22/06/2009 (modifier)