Je viens de tout relire ! Après 125 avis, je me rends bien compte que le mien ne changera pas grand chose aux statistiques .....
J'avais oublié, de mes lectures d'enfance, combien cette série est tout bonnement extroardinaire !
Certes on pourra dire avec raison que Tintin est typique d'un milieu petit bourgeois, que la présence féminine manque totalement de présence, de diversité, et d'intérêt, que certains rebondissements sortent du chapeau d'un magicien ... et tout cela est bien vrai !
Mais pour tout le reste, quelle formidable épopée à travers tous continents, quelle merveilleuse photographie de la moitié du 20ème siècle et de ses idées reçues (entre 1930 et 1980), quel humanisme et aventures se dégagent au travers de son héros, et quel humour ravageur au travers du capitaine toujours hautement truculent.
Et quel graphisme d'une sobriété, d'une efficacité, et d'une beauté, inouïes !
Pour ma part, sans conteste un absolu de la BD, rien n'arrivant selon mes perceptions à la cheville de cette grande oeuvre !
A lire à relire, et à re-relire ....
(Je viens de relire les Astérix au complet ... c'est géant, ... mais vraiment pas du même tonneau ...)
La crème de Crumb (tiens quand j'écris le titre à l'instant, j'ai des idées salaces, je n'avais pas pensé au double sens) se veut le condensé et le concentré même du meilleur jus de la production de Robert Crumb considéré comme la tête de pont de la veine underground du comics américain des années 1960-70.
Publié à l'occasion d'une exposition consacrée au sieur Crumb au musée d'art moderne de Paris - que j'invite tout un chacun à aller voir jusqu'au mois d'août, cette compilation contient de très bonnes histoires de différentes longueurs. Elles sont assez crues pour certaines et pour cela à réserver à un public averti. On y trouve par exemple des histoires d'inceste dans une famille, une histoire avec un bébé géant qui ne tête pas que le lait de sa mère ou encore les aventures de Whiteman l'archétype de l'américain moyen au look de Clark Kent qui se fait enlever par une femme big foot. On y retrouve aussi quelques histoires autour de la passion de l'auteur qu'est la musique blues du début du XXème siècle.
Pour ma part qui avait déjà lu plusieurs des publications des éditions Cornelius auparavant avec un format un peu plus grand dans la collection Solange, j'ai été agréablement surpris de ne pas trop retomber sur des histoires que j'avais déjà lu. Bien sûr j'en connaissais certaines mais cette brique permet d'appréhender l'étendue de l'oeuvre de Crumb et de découvrir ses personnages tels Fritz the cat, Mr Natural ou Snoïd. A cela s'ajoute une longue interview de plusieurs dizaines de pages qui ouvre le recueil. Il s'agit d'une interview faite en 1986 mais qui révèle bien toute la psychologie du bonhomme. Il y parle de pleins de sujets comme de ses débuts, de ses déboires financiers et juridiques notamment de l'affaire autour de "Keep on trucking", de ses mariages mais également des expériences avec le LSD et ses effets sur son oeuvre.
Bref on sent dans ses histoires transpirer toutes les angoisses de l'auteur dans une société américaine qui ne lui correspond pas, la frustration aussi notamment vis-à-vis des femmes bien charpentées qu'il affectionne, et il rend cela magnifiquement bien. Ajoutez à cela un dessin qui quoi qu'en dise Crumb sur le fait de camoufler ses imperfections par un habile système de hachures, personnellement je trouve superbe. Il y a toujours quelques histoires qui me laissent de marbre dans le lot, mais ce livre me paraît être le meilleur publié jusqu'ici en France. Pour un néophyte, je conseillerai de commencer par celui-là d'autant que son prix est raisonnable par rapport à la quantité. Avis à ceux qui veulent découvrir l'auteur, et aux autres qui connaissent déjà mais peut-être pas tout.
Franchement, une des meilleures BD que j'ai jamais lues...
Le dessin est magnifique, le scénario est d'une qualité exceptionnelle, l'écriture est excellente...
Les passages écrits en alexandrins sont un pur bonheur, même pour moi qui ne suis pas fan de poésie...
De plus, je n'adore pas non plus les séries dans lesquelles les personnages animaliers sont mêlés aux personnages humains mais dans celle-ci c'est tellement bien fait!!!
Et puis l'humour, combien de fois l'auteur a réussi à me faire rire, ce qui n'est pas fréquent quand on est face à une bande dessinée (d'aventures de surcroît !!!)
Enfin bref, je vous conseille vivement cette BD et je vous recommande de la lire lentement en prêtant attention aux détails qui sont dans les dessins (on trouve plein de clins d'oeil à d'autres oeuvre , de petites blagues au second plan, ...)
Ah, quelle chance vous avez, vous qui ne l'avez pas encore lue, profitez-en bien !!!
Avis à tous les bédéphiles en deuil de De Cape et de Crocs : la relève est peut-être déjà là !
Ce premier tome en tout cas met la barre très haut et promet beaucoup pour la suite. Un univers fait de bric et de broc, un bestiaire improbable mais cohérent, des dialogues savoureux, humour, aventure, absurde... le tout avec un usage très sûr de l'ellipse et sans jamais laisser le lecteur sur le bord de la route (au contraire par exemple de La Nef des fous, qui part dans tous les sens sans épine dorsale). En 46 malheureuses planches, tout un monde est posé, les personnages loufoques sonnent juste, des tonnes d'idées malignes sont semées un peu partout, et à la fin on a immédiatement envie de connaître la suite (frustration, frustration...). Bref, si on s'en tient uniquement au scénario, c'est de la haute couture. Les enjeux demeurent encore flous, mais des questions sont posées et on sent que les auteurs en ont sous la pédale. Une seule crainte (comme d'habitude dans ce genre de série): que la suite ne soit pas à la hauteur, que le scénario se disperse, ou que les albums se multiplient face au succès (qui serait mérité) et que l'histoire se dilue sans jamais finir.
Quant au dessin, eh bien... c'est un feu d'artifice. On pousse sans cesse des Aaah et des Ooooh, c'est un régal à chaque planche, à chaque case, et jusqu’au plus petit détail en arrière-plan, avec quelques références discrètes à d'autres œuvres ou à notre monde, mais sans que ce soit lourdingue ou systématique. Je ne connaissais pas Andreae, je crois que je vais me pencher d'urgence sur son travail.
Concernant la remarque d'une lectrice qui se plaignait de la plastique outrancière du personnage féminin principal : moi qui suis très irrité par ce genre de gratuités, j'y ai cette fois vu un angle parodique qui m'a mis en joie. Et pour une fois, le physique plantureux d'une jeune femme a une raison d'être dans le scénario. J'attends la suite, mais je pense que ce personnage est beaucoup plus consistant que ce qu'on pourrait imaginer de prime abord.
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C'est les bonnes critiques sur BDthèque et le nombre de "Culte !" qui m'ont poussée à acheter ce gros pavé de 600 pages (602 pour être précise). En plus, plusieurs des aviseurs le comparaient à la série Friends, une de mes séries cultes que je ne me lasse pas de revoir. Donc ni une, ni deux, je me plonge dans sa lecture... pour en ressortir plus que comblée !
Fondamentalement, il ne se passe pas grand chose, juste la vie quotidienne d'une bande de potes avec ses hauts et ses bas, leurs histoires de coeur, leurs problèmes au boulot,... rien de bien passionnant à première vue. Mais Alex Robinson a le chic pour nous donner envie de tourner la page et d'en savoir plus sur ses personnages. Même si je ne peux pas dire que je me sois vraiment identifiée à un d'eux, je m'y suis attachée très facilement dès les premières pages, que ce soit Sherman et son boulot à la librairie (j'ai retrouvé dans les questions de ses clients le même genre d'absurdités qu'on peut parfois me demander à la bibliothèque), Dorothy et son mal être, Ed et ses problèmes de confiance en soi,...
J'aurais pu avaler les 600 pages d'une traite mais j'ai pris mon temps pour mieux savourer. Et une fois la dernière page tournée, quelle déception qu'il n'y en ait pas plus ! (heureusement, je viens de voir qu'il y avait un tome bonus que je vais me dépêcher de commander chez mon libraire !)
Le dessin quant à lui, sans être exceptionnel, est très bon. Les personnages sont reconnaissables au premier coup d'oeil et le noir et blanc convient très bien à ce genre de roman graphique.
Le seul petit bémol (mais tout petit), comme l'a fait remarquer Michelmichel, vient des coquilles et autres fautes d'orthographe (malheureusement de plus en plus fréquentes dans certains albums, même quand ce n'est pas une traduction).
J'ai hésité entre le franchement bien et le culte, mais vu que je m'y replongerai avec plaisir, il mérite bien un culte !
J’aurais aimé faire montre d’autant de verve qu’Ayrolles pour vous donner l’envie de lire cette magnifique série… mais je n’ai pas son talent…
Aussi vais-je me contenter de vous en décrire l’ouverture. Sur la page de présentation (vous savez, celle où l’on renseigne les noms de auteurs), un petit dessin, comme il est de coutume, nous présente une scène de théâtre, rideau baissé. Première page, le rideau se lève et très rapidement nous allons avoir droit aux trois coups. L’un est asséné sur scène tandis que les deux autres se donnent dans le public et résultent de petites scénettes d’arrière-plan. Au terme de ces trois coups (auxquels on ne fait pas spécialement attention à la première lecture) apparaissent enfin les deux personnages principaux…
Si ça, ce n’est pas de la construction scénaristique soignée, je n’y connais rien !
Longtemps, la série va être à l’image de cette ouverture, emplie d’humour, de richesse en profondeur, de finesse dans la construction et l’emploi de clins d’œil. Comment oublier l’entrée en scène d’Eusèbe ? Comment ne pas savourer le second rôle offert à Bombastus (mieux connu de nous sous son nom de Paracelse) ? Comment passer sous silence ces pages bonus, divines surprises qui closent ou ouvrent ces albums ?
Bon, le passage sur la lune s’avèrera un peu longuet. Certes on retrouve toujours les personnages avec plaisir mais l’action vient à manquer tandis que les clins d’œil ont alors parfois tendance à étouffer le souffle épique du récit.
Mais le final arrive à temps. Le dernier tome conclut magistralement la série. Les fils se recoupent, comme dans le plus fin des vaudevilles.
N’oublions pas non plus la belle part apportée par Masbou. Son dessin léché et sa colorisation très lumineuse sont partie prenante dans la réussite de la série. Les personnages sont tous très expressifs et sur-jouent… avec justesse (ahhh, les scènes de pirates maudits !)
Et puis, il y a ce parti-pris de mêler personnages animaliers et êtres humains, un choix qui m’a déconcerté dans un premier temps, au point de me dissuader d’acheter, dans un premier temps toujours, la série. Mais c’est tellement bien maîtrisé et exploité que les auteurs ont réussi à me convaincre de la pertinence d’un tel choix (et pourtant, je suis d’ordinaire allergique à ce procédé).
Voilà ! La série est célèbre et cet avis ne servira sans doute pas à grand-chose… mais il me permet toutefois de remercier messieurs les auteurs pour les nombreuses heures de plaisir que la lecture et les relectures de cette magnifique série m’ont valu.
Chapeau bas…
Mon 800ème avis sur ce site de gentils tarés bédéphiles, j’aurais bien pu le mettre pour « La Quête de l’oiseau du temps », LA série qui m’a fait revenir à la bande dessinée (c’était il y a plus de 20 ans !). Mais comme j’en avais fait déjà une critique auparavant et comme son préquel est aussi réussi, je n’ai donc pas eu d’hésitation pour porter mon choix sur « La Quête de l’oiseau du temps – Avant la Quête » !
En comparaison avec la série mère, j’ai noté de net progrès au niveau du graphisme dans « La Quête de l’oiseau du temps – Avant la Quête » . Cela est dû notamment au fait que les coups de crayon des divers dessinateurs (Lidwine, Aouamri et Mallié) qui y ont travaillé à ce jour sont plus fouillés et plus précis que celui de Régis Loisel. Cela est dû également à la belle mise en couleurs qui s’approchent plus de celle utilisé pour la série « Peter Pan » (conçue par Régis Loisel) que de celle qui était mise en place pour « La Quête de l’oiseau du temps ».
Bien que j’aime beaucoup le coup de crayon de Régis Loisel, j’apprécie énormément ceux des autres auteurs qui me sont apparus plus lisibles.
Mais attention, n’allez pas croire que ces autres artistes ont pu dessiner ce qu’ils voulaient, bien au contraire ! Car ces dessinateurs sont le « sous contrôle » de Régis Loisel qui leur a imposé son style de dessin afin de garder une cohérence graphique à l’ensemble des deux séries. Le résultat donne –à mon avis- un traitement graphique de toute beauté qui devrait satisfaire hautement les lecteurs qui ont été rebuté (Si ! Si ! J’en connais !) par le coup de crayon parfois brouillon de Régis Loisel pour la série mère (« La Quête de l’oiseau du temps »).
Seule, la mise en pages est laissée libre cours aux dessinateurs à condition que ceux-ci convainquent le « difficile » et « perfectionniste » Régis Loisel. Ce fut le cas pour Vincent Mallié (qui devrait réaliser également le 4ème tome), pas pour Mohammed Aouamri qui a préféré jeter l’éponge après avoir dessiné le 2ème tome. Et dans l’ensemble du préquel, le découpage des scènes m’est apparu tout bonnement excellent ! J’ai une préférence pour le 3ème tome où de nombreuses séquences muettes et très expressives y foisonnent !
Et que dire du scénario ? Est-il à la hauteur de la série mère ?
Après un premier tome qui ne m’avait pas vraiment convaincu sur ce plan-là où on y découvre un jeune homme sorti tout juste de l’adolescence qui part à l’aventure d’un coup de tête (pas très crédible à mon avis, enfin, bon…), l’histoire se met tranquillement et lentement en place. Ensuite, les péripéties aventureuses de nos héros se parent de scènes qui me sont apparues inoubliables comme celle de l’attaque d’un borak ou celle où Bragon et Mara se rendent dans lieu que je vous laisse découvrir… Bref, là encore, ce préquel m’a semblé aussi riche en moments d’intensité dramatique (l’humour n’est pas absent non plus, bien au contraire !) que dans la série mère, ce qui fait que j’ai ressenti énormément d’attachement pour les personnages.
Bien qu’« Avant la Quête » apporte beaucoup de réponses pertinentes aux questions (et c’est heureux !) que les bédéphiles se posaient après lecture de « La quête de l’oiseau du temps », le préquel me semble facilement compréhensible pour les lecteurs qui n’ont jamais lu la série mère. Qu’ils se rassurent, ils pourront sans problème entamer « Avant la quête » pour prolonger ce plaisir de lecture en feuilletant « La Quête de l’oiseau du temps »… quand le préquel sera terminé (on ne sait guère combien de tomes composera cette série).
« La Quête de l’oiseau du temps » est ma série préférée dans le genre « fantasy », j’avais un peu peur d’être déçu par le préquel. Après lecture des trois premiers tomes, il m’est apparu que ce préquel est aussi réussi voir mieux (au niveau graphique) que la série mère. J’y ai retrouvé des scènes qui m’ont fait frissonner, j’y ai retrouvé aussi des personnages charismatiques et très attachants, j’y ai retrouvé enfin une superbe série riche en séquences aventureuses qui me fait rêver. Le seul défaut de ce préquel est de nous avoir fait patienter pendant plus de 9 ans entre les deux premiers tomes. La série semble de nouveau reparti sous de bonnes bases au niveau de la parution des albums… A quand le prochain tome ?
Que de critiques négatives pour cet album !
En ce qui me concerne, même s'il est vrai que certains aspects sont datés, je trouve que cette BD culte a très bien vieilli. Tout d'abord grâce à la création d'un personnage très fort et original, Fritz the cat, qui est un anti-héros attachant. Ce chat est né dans les cahiers d'enfant de Robert et de son frère, caricature du chat de la maison, pour évoluer jusqu'au personnage final.
Graphiquement, rarement le noir et blanc aura été exploité avec autant de maestria, c'est une des meilleures périodes de Crumb.
Pour conclure, j'invite à se méfier de l'adaptation en dessin animé de la BD qui a été réalisée sans l'accord de Crumb. Méfiez-vous des contrefaçons !
Après maintes et maintes relectures des deux premiers albums (je viens de finir le tome 3), et les fous rires qui vont avec, je décide finalement de passer la note de cette BD de 4/5 à 5/5, car franchement cette série est géniale, et Libon confirme sa place dans mon top des auteurs de BDs que je préfère.
Quand on voit son dessin, parfaitement maîtrisé avec des personnages dont les expressions sont parfaitement caricaturées, des décors simples mais tout en rondeur et des couleurs qui possèdent un vrai petit charme, avec une belle harmonie, on est plongé dans son atmosphère. C'est bien simple, sans lire aucune bulle, les cases et personnages de Libon arrivent à me faire mourir de rire : c'est bien la preuve de son génie.
Et pour le scénario... Je n'ai jamais lu une BD aussi drôle. Libon nous concocte une suite de scénettes limite absurdes, qui mise bout à bout forment une longue et dense histoire (certes, dans chaque tome, les ficelles et le principe de l'histoire sont identiques, mais Libon arrive à ne pas se répéter). On y suit Jacques, un petit lézard irradié par une bombe atomique ce qui l'a rendu plus grand et plus intelligent, qui est à la recherche de nourriture, d'amis et pendant plus de 2 tomes, de sa mamie. Toutes les scènes, assez burlesques sont d'une grande drôlerie (je me rappelle particulièrement d'une case du tome 1 qui me fait toujours rire au moins 5 bonnes minutes à chaque fois que je l'a lis). On sent que Libon travaille particulièrement ses dialogues car il sont réellement hilarants, à base de quiproquo et de non-sens mais caricaturant toutes les expressions que l'on peut entendre dans la vie courante, on a vraiment l'impression d'entendre des gens se parler.
Jacques ? Sans aucun doute une des meilleures BDs que je n'ai jamais lue, hilarante, tendre et poétique (le personnage de Jacques est un vrai gentil).
Tome 1 : 5/5 !!!!!
Tome 2 : 5/5 !!!!!
Tome 3 : 4.5/5 ! (je prie pour que ça ne soit pas le dernier de la série...)
Mais je connais la série, qui est comme un bon vin, qui se bonifie au fil des relectures (j'ai relu moult fois le tome 1). Nul doute que l'année prochaine, les histoires de ce dernier album seront aussi cultes à mes yeux que la "Mamiiiiie de Satan" ou encore "Ma vie avec le monstre de Loch Ness" du premier tome.
Cette bédé fut pour moi l’occasion de découvrir le talent de Christophe Blain, dont je trouve que le style minimaliste est utilisé ici à très bon escient. S’il a une façon bien à lui de représenter les gestes et les démarches, on sent qu’il s’est particulièrement délecté en croquant ce Taillard « de Villepin » de Vorms, avec ses grands gestes tournoyants et ses immenses mains hyper expressives, où sont contenues toute la démesure et l’impétuosité du personnage. Quant à son visage, profilé comme une fusée et surmonté d’un corps imposant qui évoque parfois une sorte de prince des ténèbres, c’est du grand art en matière de caricature : malgré un minimum de détails, on le reconnaît tout de suite le Galouzeau ! La mise en couleurs est sobre et élégante. Le format consiste en une suite de petites saynètes bénéficiant tout de même d’un certain ordre chronologique, où évolue une galerie de personnages de façon très réaliste. Et pour cause… la bédé est inspirée de l’expérience de Lanzac au Quai d’Orsay. Quant aux dialogues, ils sont truculents et inspirés, et les situations sont souvent très drôles, avec de nombreux recours métaphoriques bien sentis (Le Minotaure, Star Wars et le côté obscur…). Il faut dire que le personnage du ministre y est pour beaucoup !
En tous cas, je ne sais pas si l’intéressé se reconnaîtra, mais on ne peut pas dire que ce soit particulièrement flatteur pour lui… L’énergie démentielle qu’il dépense pour sa fonction, c’est comme si, tel un vampire tyrannique, il la prélevait directement sur ses équipes, en particulier son directeur de cabinet, Maupas, qui semble usé avant l’âge, le regard vitreux… Pour le reste, cette plongée dans les coulisses de la diplomatie sont aussi passionnante que jubilatoire, on apprend beaucoup et on a vraiment l’impression que, même si cela reste de la caricature, les situations décrites se sont vraiment produites. Une belle réussite, entre récit autobiographique et documentaire, qui confirme que la BD politique a trouvé sa place, dans le sillage de La Face karchée de Sarkozy …
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Les Aventures de Tintin
Je viens de tout relire ! Après 125 avis, je me rends bien compte que le mien ne changera pas grand chose aux statistiques ..... J'avais oublié, de mes lectures d'enfance, combien cette série est tout bonnement extroardinaire ! Certes on pourra dire avec raison que Tintin est typique d'un milieu petit bourgeois, que la présence féminine manque totalement de présence, de diversité, et d'intérêt, que certains rebondissements sortent du chapeau d'un magicien ... et tout cela est bien vrai ! Mais pour tout le reste, quelle formidable épopée à travers tous continents, quelle merveilleuse photographie de la moitié du 20ème siècle et de ses idées reçues (entre 1930 et 1980), quel humanisme et aventures se dégagent au travers de son héros, et quel humour ravageur au travers du capitaine toujours hautement truculent. Et quel graphisme d'une sobriété, d'une efficacité, et d'une beauté, inouïes ! Pour ma part, sans conteste un absolu de la BD, rien n'arrivant selon mes perceptions à la cheville de cette grande oeuvre ! A lire à relire, et à re-relire .... (Je viens de relire les Astérix au complet ... c'est géant, ... mais vraiment pas du même tonneau ...)
La Crème de Crumb
La crème de Crumb (tiens quand j'écris le titre à l'instant, j'ai des idées salaces, je n'avais pas pensé au double sens) se veut le condensé et le concentré même du meilleur jus de la production de Robert Crumb considéré comme la tête de pont de la veine underground du comics américain des années 1960-70. Publié à l'occasion d'une exposition consacrée au sieur Crumb au musée d'art moderne de Paris - que j'invite tout un chacun à aller voir jusqu'au mois d'août, cette compilation contient de très bonnes histoires de différentes longueurs. Elles sont assez crues pour certaines et pour cela à réserver à un public averti. On y trouve par exemple des histoires d'inceste dans une famille, une histoire avec un bébé géant qui ne tête pas que le lait de sa mère ou encore les aventures de Whiteman l'archétype de l'américain moyen au look de Clark Kent qui se fait enlever par une femme big foot. On y retrouve aussi quelques histoires autour de la passion de l'auteur qu'est la musique blues du début du XXème siècle. Pour ma part qui avait déjà lu plusieurs des publications des éditions Cornelius auparavant avec un format un peu plus grand dans la collection Solange, j'ai été agréablement surpris de ne pas trop retomber sur des histoires que j'avais déjà lu. Bien sûr j'en connaissais certaines mais cette brique permet d'appréhender l'étendue de l'oeuvre de Crumb et de découvrir ses personnages tels Fritz the cat, Mr Natural ou Snoïd. A cela s'ajoute une longue interview de plusieurs dizaines de pages qui ouvre le recueil. Il s'agit d'une interview faite en 1986 mais qui révèle bien toute la psychologie du bonhomme. Il y parle de pleins de sujets comme de ses débuts, de ses déboires financiers et juridiques notamment de l'affaire autour de "Keep on trucking", de ses mariages mais également des expériences avec le LSD et ses effets sur son oeuvre. Bref on sent dans ses histoires transpirer toutes les angoisses de l'auteur dans une société américaine qui ne lui correspond pas, la frustration aussi notamment vis-à-vis des femmes bien charpentées qu'il affectionne, et il rend cela magnifiquement bien. Ajoutez à cela un dessin qui quoi qu'en dise Crumb sur le fait de camoufler ses imperfections par un habile système de hachures, personnellement je trouve superbe. Il y a toujours quelques histoires qui me laissent de marbre dans le lot, mais ce livre me paraît être le meilleur publié jusqu'ici en France. Pour un néophyte, je conseillerai de commencer par celui-là d'autant que son prix est raisonnable par rapport à la quantité. Avis à ceux qui veulent découvrir l'auteur, et aux autres qui connaissent déjà mais peut-être pas tout.
De Cape et de Crocs
Franchement, une des meilleures BD que j'ai jamais lues... Le dessin est magnifique, le scénario est d'une qualité exceptionnelle, l'écriture est excellente... Les passages écrits en alexandrins sont un pur bonheur, même pour moi qui ne suis pas fan de poésie... De plus, je n'adore pas non plus les séries dans lesquelles les personnages animaliers sont mêlés aux personnages humains mais dans celle-ci c'est tellement bien fait!!! Et puis l'humour, combien de fois l'auteur a réussi à me faire rire, ce qui n'est pas fréquent quand on est face à une bande dessinée (d'aventures de surcroît !!!) Enfin bref, je vous conseille vivement cette BD et je vous recommande de la lire lentement en prêtant attention aux détails qui sont dans les dessins (on trouve plein de clins d'oeil à d'autres oeuvre , de petites blagues au second plan, ...) Ah, quelle chance vous avez, vous qui ne l'avez pas encore lue, profitez-en bien !!!
Azimut
Avis à tous les bédéphiles en deuil de De Cape et de Crocs : la relève est peut-être déjà là ! Ce premier tome en tout cas met la barre très haut et promet beaucoup pour la suite. Un univers fait de bric et de broc, un bestiaire improbable mais cohérent, des dialogues savoureux, humour, aventure, absurde... le tout avec un usage très sûr de l'ellipse et sans jamais laisser le lecteur sur le bord de la route (au contraire par exemple de La Nef des fous, qui part dans tous les sens sans épine dorsale). En 46 malheureuses planches, tout un monde est posé, les personnages loufoques sonnent juste, des tonnes d'idées malignes sont semées un peu partout, et à la fin on a immédiatement envie de connaître la suite (frustration, frustration...). Bref, si on s'en tient uniquement au scénario, c'est de la haute couture. Les enjeux demeurent encore flous, mais des questions sont posées et on sent que les auteurs en ont sous la pédale. Une seule crainte (comme d'habitude dans ce genre de série): que la suite ne soit pas à la hauteur, que le scénario se disperse, ou que les albums se multiplient face au succès (qui serait mérité) et que l'histoire se dilue sans jamais finir. Quant au dessin, eh bien... c'est un feu d'artifice. On pousse sans cesse des Aaah et des Ooooh, c'est un régal à chaque planche, à chaque case, et jusqu’au plus petit détail en arrière-plan, avec quelques références discrètes à d'autres œuvres ou à notre monde, mais sans que ce soit lourdingue ou systématique. Je ne connaissais pas Andreae, je crois que je vais me pencher d'urgence sur son travail. Concernant la remarque d'une lectrice qui se plaignait de la plastique outrancière du personnage féminin principal : moi qui suis très irrité par ce genre de gratuités, j'y ai cette fois vu un angle parodique qui m'a mis en joie. Et pour une fois, le physique plantureux d'une jeune femme a une raison d'être dans le scénario. J'attends la suite, mais je pense que ce personnage est beaucoup plus consistant que ce qu'on pourrait imaginer de prime abord. .
De mal en pis
C'est les bonnes critiques sur BDthèque et le nombre de "Culte !" qui m'ont poussée à acheter ce gros pavé de 600 pages (602 pour être précise). En plus, plusieurs des aviseurs le comparaient à la série Friends, une de mes séries cultes que je ne me lasse pas de revoir. Donc ni une, ni deux, je me plonge dans sa lecture... pour en ressortir plus que comblée ! Fondamentalement, il ne se passe pas grand chose, juste la vie quotidienne d'une bande de potes avec ses hauts et ses bas, leurs histoires de coeur, leurs problèmes au boulot,... rien de bien passionnant à première vue. Mais Alex Robinson a le chic pour nous donner envie de tourner la page et d'en savoir plus sur ses personnages. Même si je ne peux pas dire que je me sois vraiment identifiée à un d'eux, je m'y suis attachée très facilement dès les premières pages, que ce soit Sherman et son boulot à la librairie (j'ai retrouvé dans les questions de ses clients le même genre d'absurdités qu'on peut parfois me demander à la bibliothèque), Dorothy et son mal être, Ed et ses problèmes de confiance en soi,... J'aurais pu avaler les 600 pages d'une traite mais j'ai pris mon temps pour mieux savourer. Et une fois la dernière page tournée, quelle déception qu'il n'y en ait pas plus ! (heureusement, je viens de voir qu'il y avait un tome bonus que je vais me dépêcher de commander chez mon libraire !) Le dessin quant à lui, sans être exceptionnel, est très bon. Les personnages sont reconnaissables au premier coup d'oeil et le noir et blanc convient très bien à ce genre de roman graphique. Le seul petit bémol (mais tout petit), comme l'a fait remarquer Michelmichel, vient des coquilles et autres fautes d'orthographe (malheureusement de plus en plus fréquentes dans certains albums, même quand ce n'est pas une traduction). J'ai hésité entre le franchement bien et le culte, mais vu que je m'y replongerai avec plaisir, il mérite bien un culte !
De Cape et de Crocs
J’aurais aimé faire montre d’autant de verve qu’Ayrolles pour vous donner l’envie de lire cette magnifique série… mais je n’ai pas son talent… Aussi vais-je me contenter de vous en décrire l’ouverture. Sur la page de présentation (vous savez, celle où l’on renseigne les noms de auteurs), un petit dessin, comme il est de coutume, nous présente une scène de théâtre, rideau baissé. Première page, le rideau se lève et très rapidement nous allons avoir droit aux trois coups. L’un est asséné sur scène tandis que les deux autres se donnent dans le public et résultent de petites scénettes d’arrière-plan. Au terme de ces trois coups (auxquels on ne fait pas spécialement attention à la première lecture) apparaissent enfin les deux personnages principaux… Si ça, ce n’est pas de la construction scénaristique soignée, je n’y connais rien ! Longtemps, la série va être à l’image de cette ouverture, emplie d’humour, de richesse en profondeur, de finesse dans la construction et l’emploi de clins d’œil. Comment oublier l’entrée en scène d’Eusèbe ? Comment ne pas savourer le second rôle offert à Bombastus (mieux connu de nous sous son nom de Paracelse) ? Comment passer sous silence ces pages bonus, divines surprises qui closent ou ouvrent ces albums ? Bon, le passage sur la lune s’avèrera un peu longuet. Certes on retrouve toujours les personnages avec plaisir mais l’action vient à manquer tandis que les clins d’œil ont alors parfois tendance à étouffer le souffle épique du récit. Mais le final arrive à temps. Le dernier tome conclut magistralement la série. Les fils se recoupent, comme dans le plus fin des vaudevilles. N’oublions pas non plus la belle part apportée par Masbou. Son dessin léché et sa colorisation très lumineuse sont partie prenante dans la réussite de la série. Les personnages sont tous très expressifs et sur-jouent… avec justesse (ahhh, les scènes de pirates maudits !) Et puis, il y a ce parti-pris de mêler personnages animaliers et êtres humains, un choix qui m’a déconcerté dans un premier temps, au point de me dissuader d’acheter, dans un premier temps toujours, la série. Mais c’est tellement bien maîtrisé et exploité que les auteurs ont réussi à me convaincre de la pertinence d’un tel choix (et pourtant, je suis d’ordinaire allergique à ce procédé). Voilà ! La série est célèbre et cet avis ne servira sans doute pas à grand-chose… mais il me permet toutefois de remercier messieurs les auteurs pour les nombreuses heures de plaisir que la lecture et les relectures de cette magnifique série m’ont valu. Chapeau bas…
La Quête de l'Oiseau du Temps - Avant la Quête
Mon 800ème avis sur ce site de gentils tarés bédéphiles, j’aurais bien pu le mettre pour « La Quête de l’oiseau du temps », LA série qui m’a fait revenir à la bande dessinée (c’était il y a plus de 20 ans !). Mais comme j’en avais fait déjà une critique auparavant et comme son préquel est aussi réussi, je n’ai donc pas eu d’hésitation pour porter mon choix sur « La Quête de l’oiseau du temps – Avant la Quête » ! En comparaison avec la série mère, j’ai noté de net progrès au niveau du graphisme dans « La Quête de l’oiseau du temps – Avant la Quête » . Cela est dû notamment au fait que les coups de crayon des divers dessinateurs (Lidwine, Aouamri et Mallié) qui y ont travaillé à ce jour sont plus fouillés et plus précis que celui de Régis Loisel. Cela est dû également à la belle mise en couleurs qui s’approchent plus de celle utilisé pour la série « Peter Pan » (conçue par Régis Loisel) que de celle qui était mise en place pour « La Quête de l’oiseau du temps ». Bien que j’aime beaucoup le coup de crayon de Régis Loisel, j’apprécie énormément ceux des autres auteurs qui me sont apparus plus lisibles. Mais attention, n’allez pas croire que ces autres artistes ont pu dessiner ce qu’ils voulaient, bien au contraire ! Car ces dessinateurs sont le « sous contrôle » de Régis Loisel qui leur a imposé son style de dessin afin de garder une cohérence graphique à l’ensemble des deux séries. Le résultat donne –à mon avis- un traitement graphique de toute beauté qui devrait satisfaire hautement les lecteurs qui ont été rebuté (Si ! Si ! J’en connais !) par le coup de crayon parfois brouillon de Régis Loisel pour la série mère (« La Quête de l’oiseau du temps »). Seule, la mise en pages est laissée libre cours aux dessinateurs à condition que ceux-ci convainquent le « difficile » et « perfectionniste » Régis Loisel. Ce fut le cas pour Vincent Mallié (qui devrait réaliser également le 4ème tome), pas pour Mohammed Aouamri qui a préféré jeter l’éponge après avoir dessiné le 2ème tome. Et dans l’ensemble du préquel, le découpage des scènes m’est apparu tout bonnement excellent ! J’ai une préférence pour le 3ème tome où de nombreuses séquences muettes et très expressives y foisonnent ! Et que dire du scénario ? Est-il à la hauteur de la série mère ? Après un premier tome qui ne m’avait pas vraiment convaincu sur ce plan-là où on y découvre un jeune homme sorti tout juste de l’adolescence qui part à l’aventure d’un coup de tête (pas très crédible à mon avis, enfin, bon…), l’histoire se met tranquillement et lentement en place. Ensuite, les péripéties aventureuses de nos héros se parent de scènes qui me sont apparues inoubliables comme celle de l’attaque d’un borak ou celle où Bragon et Mara se rendent dans lieu que je vous laisse découvrir… Bref, là encore, ce préquel m’a semblé aussi riche en moments d’intensité dramatique (l’humour n’est pas absent non plus, bien au contraire !) que dans la série mère, ce qui fait que j’ai ressenti énormément d’attachement pour les personnages. Bien qu’« Avant la Quête » apporte beaucoup de réponses pertinentes aux questions (et c’est heureux !) que les bédéphiles se posaient après lecture de « La quête de l’oiseau du temps », le préquel me semble facilement compréhensible pour les lecteurs qui n’ont jamais lu la série mère. Qu’ils se rassurent, ils pourront sans problème entamer « Avant la quête » pour prolonger ce plaisir de lecture en feuilletant « La Quête de l’oiseau du temps »… quand le préquel sera terminé (on ne sait guère combien de tomes composera cette série). « La Quête de l’oiseau du temps » est ma série préférée dans le genre « fantasy », j’avais un peu peur d’être déçu par le préquel. Après lecture des trois premiers tomes, il m’est apparu que ce préquel est aussi réussi voir mieux (au niveau graphique) que la série mère. J’y ai retrouvé des scènes qui m’ont fait frissonner, j’y ai retrouvé aussi des personnages charismatiques et très attachants, j’y ai retrouvé enfin une superbe série riche en séquences aventureuses qui me fait rêver. Le seul défaut de ce préquel est de nous avoir fait patienter pendant plus de 9 ans entre les deux premiers tomes. La série semble de nouveau reparti sous de bonnes bases au niveau de la parution des albums… A quand le prochain tome ?
Fritz the Cat
Que de critiques négatives pour cet album ! En ce qui me concerne, même s'il est vrai que certains aspects sont datés, je trouve que cette BD culte a très bien vieilli. Tout d'abord grâce à la création d'un personnage très fort et original, Fritz the cat, qui est un anti-héros attachant. Ce chat est né dans les cahiers d'enfant de Robert et de son frère, caricature du chat de la maison, pour évoluer jusqu'au personnage final. Graphiquement, rarement le noir et blanc aura été exploité avec autant de maestria, c'est une des meilleures périodes de Crumb. Pour conclure, j'invite à se méfier de l'adaptation en dessin animé de la BD qui a été réalisée sans l'accord de Crumb. Méfiez-vous des contrefaçons !
Jacques le petit lézard géant
Après maintes et maintes relectures des deux premiers albums (je viens de finir le tome 3), et les fous rires qui vont avec, je décide finalement de passer la note de cette BD de 4/5 à 5/5, car franchement cette série est géniale, et Libon confirme sa place dans mon top des auteurs de BDs que je préfère. Quand on voit son dessin, parfaitement maîtrisé avec des personnages dont les expressions sont parfaitement caricaturées, des décors simples mais tout en rondeur et des couleurs qui possèdent un vrai petit charme, avec une belle harmonie, on est plongé dans son atmosphère. C'est bien simple, sans lire aucune bulle, les cases et personnages de Libon arrivent à me faire mourir de rire : c'est bien la preuve de son génie. Et pour le scénario... Je n'ai jamais lu une BD aussi drôle. Libon nous concocte une suite de scénettes limite absurdes, qui mise bout à bout forment une longue et dense histoire (certes, dans chaque tome, les ficelles et le principe de l'histoire sont identiques, mais Libon arrive à ne pas se répéter). On y suit Jacques, un petit lézard irradié par une bombe atomique ce qui l'a rendu plus grand et plus intelligent, qui est à la recherche de nourriture, d'amis et pendant plus de 2 tomes, de sa mamie. Toutes les scènes, assez burlesques sont d'une grande drôlerie (je me rappelle particulièrement d'une case du tome 1 qui me fait toujours rire au moins 5 bonnes minutes à chaque fois que je l'a lis). On sent que Libon travaille particulièrement ses dialogues car il sont réellement hilarants, à base de quiproquo et de non-sens mais caricaturant toutes les expressions que l'on peut entendre dans la vie courante, on a vraiment l'impression d'entendre des gens se parler. Jacques ? Sans aucun doute une des meilleures BDs que je n'ai jamais lue, hilarante, tendre et poétique (le personnage de Jacques est un vrai gentil). Tome 1 : 5/5 !!!!! Tome 2 : 5/5 !!!!! Tome 3 : 4.5/5 ! (je prie pour que ça ne soit pas le dernier de la série...) Mais je connais la série, qui est comme un bon vin, qui se bonifie au fil des relectures (j'ai relu moult fois le tome 1). Nul doute que l'année prochaine, les histoires de ce dernier album seront aussi cultes à mes yeux que la "Mamiiiiie de Satan" ou encore "Ma vie avec le monstre de Loch Ness" du premier tome.
Quai d'Orsay
Cette bédé fut pour moi l’occasion de découvrir le talent de Christophe Blain, dont je trouve que le style minimaliste est utilisé ici à très bon escient. S’il a une façon bien à lui de représenter les gestes et les démarches, on sent qu’il s’est particulièrement délecté en croquant ce Taillard « de Villepin » de Vorms, avec ses grands gestes tournoyants et ses immenses mains hyper expressives, où sont contenues toute la démesure et l’impétuosité du personnage. Quant à son visage, profilé comme une fusée et surmonté d’un corps imposant qui évoque parfois une sorte de prince des ténèbres, c’est du grand art en matière de caricature : malgré un minimum de détails, on le reconnaît tout de suite le Galouzeau ! La mise en couleurs est sobre et élégante. Le format consiste en une suite de petites saynètes bénéficiant tout de même d’un certain ordre chronologique, où évolue une galerie de personnages de façon très réaliste. Et pour cause… la bédé est inspirée de l’expérience de Lanzac au Quai d’Orsay. Quant aux dialogues, ils sont truculents et inspirés, et les situations sont souvent très drôles, avec de nombreux recours métaphoriques bien sentis (Le Minotaure, Star Wars et le côté obscur…). Il faut dire que le personnage du ministre y est pour beaucoup ! En tous cas, je ne sais pas si l’intéressé se reconnaîtra, mais on ne peut pas dire que ce soit particulièrement flatteur pour lui… L’énergie démentielle qu’il dépense pour sa fonction, c’est comme si, tel un vampire tyrannique, il la prélevait directement sur ses équipes, en particulier son directeur de cabinet, Maupas, qui semble usé avant l’âge, le regard vitreux… Pour le reste, cette plongée dans les coulisses de la diplomatie sont aussi passionnante que jubilatoire, on apprend beaucoup et on a vraiment l’impression que, même si cela reste de la caricature, les situations décrites se sont vraiment produites. Une belle réussite, entre récit autobiographique et documentaire, qui confirme que la BD politique a trouvé sa place, dans le sillage de La Face karchée de Sarkozy …