Je partais avec un a priori assez négatif sur cet album, car les super-héros et justiciers masqués, c'est vraiment pas mon truc...Mais les bonnes critiques sur le site m'ont donné envie de me faire ma propre opinion.
Ce bouquin, c'est beaucoup plus qu'une simple histoire d’hurluberlus masqués qui cherchent à défendre la veuve et l'orphelin, c'est une véritable réflexion philosophique sur la nature humaine, avec en parallèle une enquête policière au scénario très bien ficelé.
Les personnages sont tous très travaillés et charismatiques, et, chacun d'entre eux, essayant de rendre le monde meilleur à sa façon, trouve grâce à mes yeux.
Le graphisme et les couleurs sont vieillots, très années 80, mais l'envoûtement provoqué par Alan Moore fait digérer ces couleurs criardes sans aucun problème.
J'ai été déçu par quelques points à la toute fin de l'album, mais vraiment déçu, car jusque là Alan Moore menait la trame sans faute, c'est dommage, et je suis sûr qu'il aurait pu ne pas faire ces erreurs ou en tout cas les rendre plus digestes:
***SPOILER***
En deux pages, on accumule 2-3 facilités scénaristiques, choses que jusque là on avait totalement évité:
-Le Hibou qui trouve le mot de passe de l'ordinateur de Veidt, comme ça, par intuition...En même temps si Veidt était effectivement le type le plus intelligent du monde il aurait pu choisir un autre mot de passe que "Ramsès II" pour ne pas que l'on découvre toutes ses magouilles...
-Rorschach et le Hibou qui arrivent des USA en Antarctique en 10 minutes, ça, ça craint...
-Rorschach qui arrive à soutenir le froid du pôle sud avec son éternel imperméable...
J'ajoute qu'Alan Moore aurait pu éviter de nous balancer, vers la moitié du bouquin, que la firme qui a refilé le cancer à des gens pour évincer doc Manhattan, se nomme "Pyramid", ou en tout cas lui donner un autre nom, parce qu'à ce moment j'avais déjà deviné qu'Ozymandias était derrière tout ça, le lien est trop facile à faire...(j'avais aussi pensé à Patrice Lafont, Marie-Ange Nardi, Laurent Broomhead, et Claire Gautraud, mais ils n'auraient jamais eu assez de fric pour faire ça...)
Enfin, le fait qu'Ozymandias cherche à réconcilier l'Est et l'Ouest en faisant croire à une invasion extra-terrestre, très bien, mais était-on obligé de nous farcir cette histoire de cerveau de médium cloné avec une décharge d'ondes psychiques ? Là c'est too much...
*** FIN DU SPOILER ***
Malgré ça, j'ai adoré la toute fin: tout n'est qu'un éternel recommencement.
Pour la note j'hésite entre et ...difficile, sans les exagérations scénaristiques citées dans le spoiler, c'était 5/5 de façon sûre et certaine.
Je mets tout de même la note maximale, car cette BD dégage vraiment quelque chose, et que je pense pouvoir la relire un jour.
(104)
Une des premières BD que j'ai lues de ma vie. Et certainement l'une des meilleures. Ce récit est magique. Tant par ses qualités scénaristiques que par celles graphiques !
Le dessin de Ségur est digne de ses meilleurs ouvrages. On voit là tout le talent qu'il possède. Des couleurs éblouissantes, un trait précis. C'est vraiment un style que j'affectionne beaucoup. Il rend l'histoire réellement envoutante et magique. On se laisse transporter dans ce monde féerique peuplé d'une faune et d'une flore plus qu'étonnantes.
Pour ce qui est du scénario, là encore, rien à redire dessus. Il est bien mené du début à la fin. Il est surprenant mais toujours crédible. De plus, l"univers décrit ici est très bien construit.
Sans innover dans le genre, ce scénario est tout de même l'un des meilleurs que j'ai vus.
Une BD vraiment CULTE que tout amateur de BD se doit de lire et de posséder !
J'avoue directement, ...oui je suis fan de Georges Brassens. Alors peut-être qu'un non fan mettrait 4/5, mais moi je mets 5/5 car cette BD m'a vraiment touché. Tout ressemble à un travail qu'aurait pu faire Brassens. C'est quand même quelque chose ça !
Déjà dans le dessin, simple, léger, efficace. Je pourrais comparer cela aux mélodies de Brassens qui ont les mêmes qualités ! C'est beau et ça colle parfaitement à l'histoire. J'aime beaucoup. Et donc là dessus il n'y rien à redire.
Ensuite le scénario, il est lui aussi à l'image de Georges Brassens. Il est poétique dans un sens et encore une fois léger. C'est une histoire à laquelle je veux croire ! A cela on peut ajouter les diverses allusions aux chansons de Brassens (Hécatombe, La Cane de Jeanne, La Mauvaise Réputation, Supplique pour être enterré sur une plage de Sète, etc etc) qui font à chaque fois sourire.
C'est donc une magnifique histoire que j'aime lire et relire ! Bravo !
Les murailles de Samaris :
Une très bonne entrée en matière. Certes, l'idée de base avait déjà été vue ; je pense notamment à "L'île des brigadiers" de la saga Philémon par Fred. Elle a également été revue ensuite, par exemple dans L'Autre Monde, de Rodolphe et Magnin. Mais elle n'en demeure pas moins excellente et elle est traitée ici avec une noirceur qui confine à la philosophie et à la psychanalyse.
La fièvre d'Urbicande :
... Ou la logique de l'absurde. Il y a quelque chose d'Ionesco dans ce tome, ou : comment toute une ville se réorganise autour d'un postulat délirant...
La tour :
Graphiquement, on monte encore d'un cran. Niveau ambiance, ce tome est un peu à part dans la série : déjà, on n'est pas dans une "cité" à proprement parler. Ensuite, on est dans un contexte beaucoup moins XIXe siècle que les autres tomes, plus médiéval. J'ai énormément accroché à la quête absurde de Giovanni Battista. Peut-être mon album préféré dans cette série.
La route d'Armilia :
Pas mal d'idées sympas dans ce tome, que je vois plutôt comme un interlude dans la série. Format inhabituel de récit illustré, donc difficile à comparer aux autres, mais contribue à établir un liant pour étoffer l'univers des "Cités".
Brüsel :
Les délires de la modernisation poussée à l'extrême en dépit du bon sens. Quasiment une odyssée surréaliste pour Constant Abeels...
L'Enfant penchée :
J'ai regretté que les auteurs explicitent un peu trop le lien entre l'univers des "Cités" et notre monde ; je me contentais très bien de l'ambiguïté qui régnait jusqu'alors. Ceci dit, l'histoire n'est pas mal et assez "fredienne".
L'ombre d'un homme :
Là, le lien avec Fred est encore plus clair. Le thème de l'ombre est typiquement fredien, présent par exemple dans "Philémon et le piano sauvage" ; et la thématique de la transformation fait penser à L'Histoire du Corbac aux Baskets. Et bien avant ça, à La Métamorphose de Kafka. Mais le traitement qui en est fait ici est original, plutôt organisé en roman d'apprentissage du héros que basé sur la réaction des personnes alentours. Seule petite gêne : le principe fait un peu trop penser au tome précédent...
La frontière invisible :
Un univers encore très original dans ces deux tomes. Dessins superbes. Je n'en dis pas plus...
La théorie du grain de sable :
Le gris clair, même s'il a une logique dans l'histoire, est un peu désagréable à l'œil. Bonne histoire mais deux tomes étaient-ils nécessaires ?
L'Écho des Cités :
Un bon complément pour prolonger le plaisir...
L'Archiviste :
Même commentaire. Paradoxalement, je trouve que les dessins, quoique très bons, ne sont pas les plus spectaculaires de la série. Dommage, car ceux de l'Écho des Cités, par exemple, auraient davantage mérité le format géant.
Autres : pas lu.
Note globale : sans hésiter. Pris dans son ensemble, cet univers est incontournable et les dessins sont incontestablement parmi les meilleurs de la BD. Seul reproche : les héroïnes ont tendance à se ressembler (contrairement aux personnages masculins).
Ah, la dynastie Donald Duck...
Je crois bien que Donald restera un de mes héros préférés même si on me dit que j'ai passé l'âge de ces âneries. Donald, c'est un héros parfaitement humain mais représenté en canard (curieux paradoxe) à qui il arrive tellement de choses qu'à côté Indiana Jones ou Tintin peuvent se rhabiller.
Mais dans la foison d'auteurs qui en écrivirent des histoires, celles de Carl Barks restent mes petites préférées, par leur côté très insouciant, leurs aventures pleines de fraicheurs et d'imagination, et la plupart du temps très documentées.
La réunion des histoires est une excellente idée, surtout quand on voit la quantité (je vous laisse calculer : 380 pages fois 24 tomes !), et surtout dans une collection aussi bien faite ! On a toutes les histoires avec des pages d'explications, des précisions et des petit apports qui sont vraiment agréables, et qui donnent un aperçu du travail fourni par Barks.
Outre l'inventivité des histoires, dont Donald est le héros ou le dindon de la farce, variant sur un large panel de thèmes (tranches de vie, petits boulots, chasses au trésor, situations loufoques, rencontres avec des personnages irréels, ...), on pourra noter le dessin, très rond et frais, qui se laisse parfaitement regarder, très agréable à l'œil.
Et toujours on a cet univers si particulier, cette ville de Donaldville si semblable à n'importe quelle ville, ces personnes tellement normaux qu'on croirait parfois que ce sont nos voisins, ces têtes typiques : Gontran Bonheur, Grand-mère Donald, Gus, Géo Trouvetou, Riri, Fifi, Loulou, l'oncle Picsou... Une galerie de portraits types qui eux aussi ne sont pas figés dans les mêmes caractères : il évoluent dans cet univers, changeant au cours des histoires.
Et au coeur de tout ça, Donald, le héros parfait : colérique, courageux, lâche, inventif, fainéant, bosseur, maladroit, surprenant, ingénieux, incapable, acharné, amoureux... Toutes les émotions sont présentes à tel point qu'il parait tel n'importe quel humain.
Une collection qui me ravit personnellement, vu que je désespérais de pouvoir un jour voir l'ensemble de l'œuvre de Carl Barks réunie. A lire, et à relire en boucle, on ne se lasse pas de ces histoires.
Un 5/5 et un gros coup de cœur !
Un scénario, des rebondissements, des surprises, de l’action, Acriboréa a tout pour plaire. Dans un univers de science-fiction où l’enjeu est la survie de l’humanité, le lecteur plongera dans une intrigue passionnante. Rythmée par un scénario original et bien ecrit, il tient le lecteur en haleine du début jusqu'à la fin.
Cette série possède également des dessins qui conviennent parfaitement à l'univers. Clairs et très riches, ils s'accordent très bien avec l'univers présenté. Prévue en 5 épisodes, Acriboréa se termine en apothéose et entre dans la catégorie des « immanquables » !
Un très bon moment de lecture pour les fan de SF et pour les autres!
Une vraie gifle sortie de nulle part, mais du genre de celles qui vous carressent pour mieux vous surprendre !
De Morvan je ne connaissais rien ou si peu, qu’il est prolifique et apprécié et basta mais j’ai beaucoup apprécié ce qui ressort comme étant surement le meilleur opus de la série 7 à savoir son « 7 Yakusas ».
C’est un peu le Jodorowsky de la culture japonaise, un type à l’imagination débordante sachant s’entourer des meilleures révélations au crayon. Et ce n’est surement pas « Le Petit Monde » qui m’empêchera de prétendre le contraire tant cette œuvre est unique par son style et sa narration débridée…
Imaginez vous l’univers de Peter Pan déclinée en fable futuriste et violente et vous aurez une idée du voyage en apnée que nous offrent sur un plateau JD Morvan et son mystérieux dessinateur chinois Terada.
En effet sans être nécessairement familier à l’univers de J.M Barrie, on en reconnait vite les personnages et l’univers transposé dans une société éclatée en plusieurs strates et dont chacun des 3 tomes de cette œuvre nous y fera descendre tels les niveaux d’un jeu video complètement barré.
Car si l’ensemble se lit vite et de façon particulièrement claire, tout va vite dans ce petit monde dont le titre faussement naïf rappelle celui de Aldous Huxley et de son ironique chef d’œuvre « Le meilleurs des mondes ». Morvan délivre un univers cohérent où les classes sociales se superposent dans les bidonvilles aux accents latins d’Amérique du Sud.
En haut, on se déplace en jet privé ou petite voiture british, les contours sont arrondis et les droides remplacent les devoirs parentaux. La meileure communication ? se plonger dans des rêves virtuels illicites afin de se sortir d’un quotidien trop aseptisé.
En bas dans les « favelas », tout le monde est solidaire, se serre les coudes et la technologie laisse place à des épaves. Les angles se resserent et deviennent anguleux et la violence règne en règle. Les notables « descendent » des beaux quartiers pour y trouver de quoi se shooter ou prendre du plaisir avec des filles faciles… La fée Clochette devient un délire de junkie… Tout n’est qu’une quête à lutter contre la solitude et l’ennui…
Au milieu de tout cela, Kumiko, fille d’un ambassadeur japonais, va tenter de trouver du réconfort avec l’écorché vif Piedra mais le Capitan Gancho, rival manchot de ce dernier, n’hésitera pas à les traquer par pure ambition vénale et/ou sentiment de jalousie…
Le bel univers cruel de J.M. Barrie est un écrin de qualité pour permettre à JD Morvan de se lâcher à toutes berzingues sur les dessins dingues et inspirés de l’inconnu Terada ! Un joli prétexte qui offre des angles et des perspectives de folie avec des séquences d’action voire même d’animation absolument démentes ! Les couleurs pastel sont tout à fait adaptées pour un spectacle visuel qui n’omet pas la poésie et de jolis moments d’accalmie.
Le fait de mixer format franco-belge et dessins d’influence manga est un choix judicieux. Terada ne manque pas de talents ni d’humour dans la façon très particulière de mettre tout ce petit monde en scène sans perdre le lecteur ni le prendre par la main.
Qu’il s’agisse d’une poursuite de véhicules sur autoroute, de gunfights à la Tarantino ou d’un assaut sur les eaux, on est pris à la gorge comme devant un film à grand spectacle.
Au final je me demande si le gamin qui ne veut pas grandir, ce n’est pas un peu moi qui ai pris un pied pas possible à lire une histoire qui a le mérite de rester cohérente de la première à la dernière page… Lire Peter Pan à la sauce Dragonball au rythme d’une séquence d’action à la Matrix, ça n’arrive pas si souvent mais je veux bien me shooter également pour m’y replonger et en redemande encore car le seul véritable défaut de cette série, c’est qu’elle est finie ! :(
Merci à la communauté BDT pour m’avoir fait découvrir presque par erreur cette série qui mérite amplement d’être reconnue à juste titre… Un gros, gros, gros coup de cœur !
Quand on est un féru de fantastique et d'horreur comme moi, on est toujours un peu frileux de se lancer dans des séries historiques et très terre à terre. Sauf que voilà, le papa noël m'a apporté les deux intégrales regroupant les huit tomes et que, à la vue des dessins sublimes et de l'histoire tout de même palpitante sur la vie de Néron je me suis lancé à corps perdu dans ce récit. Et là, j'ai vraiment été bluffé, autant pas la qualité visuelle que narrative, par l'importance des personnages secondaires et surtout par un dynamisme constant qui rend le récit nullement ennuyeux. Attaquons un peu plus en profondeur cette magnifique série.
On va commencer par le scénario, qui présente la vie de l'empereur Néron, avec un premier cycle montrant son ascension jusqu'à son arrivée sur le trône, puis un deuxième cycle montrant son déclin et l'incendie de Rome. Alors pourquoi ce titre Murena ? Et bien parce que l'on va aussi s'intéresser à la vie de Lucius Murena, héros abîmé par le temps et les épreuves et dont l'ascension de son ami Néron va lui couter très cher. Evidemment, dit comme cela, on se demande comment le récit puisse être palpitant, à tel point que je lui mets un note maximale. Et bien parce que dans Murena, tous les personnages, même secondaires sont d'une grande importance et que les révélations, les manipulations, les mises à mort, les révoltes, tout cela est très rythmé, et on va de rebondissements en rebondissements. L'évolution des héros est elle aussi aux petits oignons. En effet, on peut voir Néron approcher la folie, Murena devenir un héros empli de haine, Massam devenir un monstre encore plus sanguinaire, Balba l'esclave en justicier libre. Bref, tous les personnages sont travaillés. Mais encore, si ce n'était que cela. L'histoire est très riche, les coups bas pleuvent, les langues de vipère se multiplient, les vengeances sont légion, en aucun cas on ne sent un relâchement ou un moment d'ennui dans ce récit historique. Et quand on y pense, à l'école, c'est chiant l'histoire, mais vu de ce point, cela devient vite palpitant.
Il faut dire aussi qu'il y a tout dans cette série. Du sang, certes, avec des combats de gladiateurs, des meurtres sanguinaires, mais aussi du sexe, de l'amour et aucune concession ne nous sera faite. Les personnages attachants et sympathiques pourront très bien mourir alors que les salauds seront toujours vivants. On notera aussi la décadence de la grande Rome au travers d'histoires de prostitutions, de jeunes filles volées ou encore de vestales violées, côtoyant étroitement des ruelles vétustes et des personnages saouls décuvant leur vin sur le bord des trottoirs.
Evidemment, tout cela ne serait rien sans le travail remarquable et remarqué de monsieur Delaby, qui offre des personnages étonnants de réalité et de charisme. Néron est tout simplement parfait, Lucius Murena est excellent au début et sa "mutation", tant mentale que physique est une réelle réussite graphique. Tous les personnages ont leur propre caractéristique et leur réalisme est vraiment une très belle chose. Mais le dessinateur ne s'arrête pas là. Il dépeint aussi une Rome grandiloquente, magnifique et si fragile, avec des plans donnant le vertige et des décors somptueux. Mais il est aussi très malin, dessinant plutôt des scènes de personnages et des drames dans Rome lors du grand incendie plutôt que de se risquer au grand format de la ville, loupant ainsi le coche du drame, et il faut dire que cela fonctionne à merveille. Les couleurs sont utilisées à bon escient pour donner un aspect encore plus réaliste à Rome et aux personnages.
Au final, Murena est une série fort recommandable, où l'histoire ne devient pas ennuyeuse et poussiéreuse, bien au contraire, les intrigues fusent, les complots se dessinent, les aventures se multiplient et les changements de mentalité s'opèrent. Une vraie réussite tant scénaristique que graphique, Murena vaut plus qu'un coup d’œil et fait partie de ces séries qui restent longtemps dans l'esprit et dans le cœur.
Je conseille plus que fortement !
Le dessin n'est pas exceptionnel, assez basique même mais il colle parfaitement à ce récit. Le récit est long mais la formulation de cet échange entre le fils (l'auteur) et le père qui lui retrace cette période de la vie d'un juif polonais pendant la Seconde Guerre mondiale est très intéressante. Le fait de remplacer les personnages juifs par des souris et tous les autres par différents animaux est précurseur et génial. L'authenticité de la souffrance de la vie du père est accentuée par ses psychoses actuelles qui hantent son fils et qui nous touchent d'autant plus sur les atrocités qu'a vécues cet homme. Et que dire de tous ces faits relatés sur la vie dans les camps si ce n'est qu'ils authentifient cette histoire.
Vraiment pour moi un très grand témoignage, émouvant, captivant et authentique.
Rares sont les ouvrages qui ont une telle portée. Rares sont les ouvrages qui me laissent dans un tel état de flottement. Rares sont les ouvrages comme celui-ci, tout simplement.
Cet album à mon sens est bien plus qu’une simple bande-dessinée. Qu’on l’aime, qu’elle nous gène, je suis sûr qu’elle ne pourra pas laisser indifférent.
Pour ma part, j’ai peur de me lancer dans une critique où je ne serais pas à la hauteur de l’auteur, où mes écrits ne sauront pas rendre ma pensée, mes sentiments, mes émotions, où mes écrits ne sauront pas rendre hommage aux sentiments, émotions, aux pensées qui peuplent ces pages. Non, je ne radote pas.
Car il y a bien le contenu de l’œuvre avec ce que l’auteur dépeint et le résultat avec ce que cela déclenche chez moi.
"Habibi" c’est 672 pages de bonheur. Environ 14 albums classiques…j’ai mis pratiquement 6 heures pour en venir à bout.
Alors, oui certainement qu’il faut être motivé pour se lancer dans ce pavé au format spécial, presque aussi épais que large ! Rarement le qualificatif de pavé aura si bien convenu à une bande dessinée…
Malgré cette taille imposante l’album reste parfaitement abordable, d’un aspect tarifaire, au vu du travail fournit.
6 ans pour réaliser cette œuvre ! 6 années pendant lesquelles Craig Thomson s’est consacré à fignoler, bichonner son œuvre.
Et je me lancerai en premier dans le dessin. Magnifique, fluide, inventif. D’une précision et d’une finesse ahurissante. D’une richesse imposante. Le dessin se mêle au texte et chaque lettre peut devenir un dessin à part entière. Il faut dire que la calligraphie des lettres de l’alphabet arabe se prête parfaitement au jeu. Craig Thomson d’ailleurs nous initiera à cet art qui consiste à lier, imbriquer, disposer les lettres entre elles de telle sorte que le final soit aussi créatif et représentatif qu’un véritable et pur dessin.
Il va dès lors, sans dire que la mise en page, les cadrages, la composition de chaque page mérite que l’on s’arrête afin profiter et d‘admirer le travail réalisé.
Tout dans cet album touche à la perfection. La recherche dans les vêtements, dans les décors qu’il s’agisse des paysages, des villes ou d’un simple bâtiment.
Cet album est une véritable comète dans le ciel de la BD. Rare, magnifique, unique.
S’appuyant sur une qualité graphique incontestable, le scénario qui nous est offert est lui aussi un modèle du genre.
Les 672 pages ne demandent qu’à être lues. Une fois plongé dans cette histoire, j’avais bien du mal à voir passer le temps. Heureusement que certaines obligations personnelles m’obligeaient à mettre une alarme en marche afin de me tirer de ma contemplation.
Cette histoire mêle plusieurs sujets de manière extrêmement intelligente, passant de l’un à l’autre de manière toujours logique, toujours fluide, ne nous laissant pas le temps de nous lasser, pour mieux y revenir quelques pages ou chapitre plus loin afin de compléter ou clore un pan de l’histoire.
Car l’histoire n’est pas linéaire non plus, ce qui permet à l’auteur de toujours nous surprendre en expliquant par exemple d’un flashBack inattendu certaines scènes ou réaction de ses personnages.
Ces principaux personnages Dodola et Zam sont d’ailleurs tous les deux extrêmement attachants.
Forcément, en 672 pages l’auteur a largement le temps de développer leur psychologie et de nous conter leur histoire. La psychologie très juste de tous les personnages, principaux comme secondaires voire même tertiaire nous permet de mieux s’immerger dans l’histoire, de mieux la comprendre, de mieux nous l’approprier.
L’histoire, sorte de conte des 1001 nuits moderne est souvent bien étrange par les sauts et les côtoiements existants. Nous passons parfois assez abruptement d’une époque très médiévale à des villes ultra modernes. Il est difficile de parler de tout ce que ce livre comporte tellement il est riche. Craig Thomson aborde trop de sujets pour que l’on puisse parler de tous.
Je parlerai juste d’une poésie constante, d’une mélancolie planante, d’une beauté flagrante.
Malgré tout, 3 thèmes ressortent prioritairement de cet album. L’écologie et le développement incontrôlé des villes modernes, l’amour et le sexe, sans oublier que Craig Thomson s’est initialement jeté dans cette œuvre afin de mieux comprendre l’Islam.
Forcément, afin de rendre une copie logique, l’auteur a fortement lié chacun de ses trois thèmes dans la construction de son histoire. Pourtant au contraire d’autres lecteurs qui y ont vu des causes et effets, qui ont relié les déboires amoureux des héros et la religion, je n’ai pas personnellement ressenti ce lien ou ces accusations.
J’ai personnellement vraiment dissocié chacun de ces thèmes à la lecture. De plus, connaissant plutôt pas mal l’islam, je ne pouvais établir de rapport. L’islam est amour et n’interdit surtout pas le sexe. Il faut juste que l’homme et la femme soit mariés. Dans notre civilisation « moderne », il est certain qu’un tel postulat peut paraitre préhistorique tant on a l’habitude maintenant de voir des jeunes coucher le premier soir et avorter le second soir, que le divorce est devenu plus courant que le mariage et qu’avoir une maitresse est presque une obligation pour ne pas paraitre has-been…(ce terme est lui aussi surement has-been...)
Une fois encore la méconnaissance d’une chose amènera surement une mécompréhension et souvent son rejet. Et c’est peut-être la seule chose que je pourrais reprocher à cet album. C’est de ne pas assez démêler les sujets abordés.
Du coup, l’auteur qui voulait découvrir l’islam fausse légèrement le jeu. Car son implication et son explication n’est finalement peut-être pas assez engagée.
J’avoue qu’aujourd’hui, pondre un album de BD sur la religion est extrêmement courageux.
L’auteur a donc décidé de mettre en parallèle l’histoire de Dodola et celle des textes sacrés. Les choix et les évènements rythmant la vie de Dodola sont ainsi souvent l’occasion d’un parallèle avec un élément religieux, avec la présentation d’un prophète (Noé, Moïse, Mohamed…)
Si la majorité des textes sont extraits du Coran, Craig Thomson a semble-t-il porté un grand soin afin de montrer que chacun de ces récits ne se trouvent pas que dans le Coran et que finalement à bien y prendre garde, Le Judaïsme, Le Christianisme et l’Islam ont la même histoire, les mêmes prophètes. Pour l’Islam, puisqu’il s’agit principalement de cette religion dans cet ouvrage, seul Mohamed arrivé après Jésus diffère des autres religions.
A la lecture de cet album, on sent fortement que Craig Thomson s’est longtemps renseigné malgré tout sur l’Islam. Tout ce que j’ai pu vérifier, par connaissance ou grâce à internet est vrai. Basés sur la genèse, sur les évangiles, sur l’ancien testament, le Coran ou des hadiths (textes rapportés des dires du prophète Mohamed) tout est vérifiable.
L’œuvre prête à une longue réflexion pour qui veut bien s’y attarder. L’auteur une fois encore sans donner son avis personnel nous livre des faits qui ne sont surement pas fortuits. Je suis persuadé que l’on pourrait pondre une thèse rien qu’à étudier tous les messages que l’auteur a sciemment ou non parsemé son ouvrage.
Ainsi par exemple avec l’affaire d’Abraham qui fut aussi appelé à sacrifier son fils, on comprend (enfin..je comprends) que la différence entre Chrétien et Musulman ne tient à rien, juste à savoir quel fils ne fut finalement pas égorgé mais remplacé par un bélier. Les causes et conséquences sont les mêmes, mais quand on cherche des poux à son voisin, tout est bon pour lui taper dessus.
Sans comparer, sans critiquer, sans juger, l’auteur nous livre ainsi souvent plusieurs vision d’une même chose et à nous alors de faire notre propre opinion.
Enfin, pour parler rapidement de l’aspect au sexe développé dans "Habibi" et que certains n’ont pas aimé car le reliant à la religion, une fois encore, j’y vois plus une sorte de Roméo et Juliette à l’amour trop fort et apparemment impossible de deux êtres qui, séparés, feront tout pour rester fidèles l’un à l’autre. Plus que de culpabilité, plus que de soumission, il s’agit ici de fidélité, d’amour vrai, de respect.
Et s’il s’agit réellement de la vision de l’auteur, j’espère que vous lirez cet album avec votre vision des choses et que la somme de joyaux livrés dans ces 672 écrins vous permettra de passer outre cette vision, à mon sens, erronée.
Un livre sublime, possédant de multiples niveaux de lecture comme seules les grandes œuvres savent le proposer avec une grande, très grande sensibilité et chose que je n’ai pas encore mentionnée, un humour très fin presque discret mais utilisé à très bon escient pour dédramatiser les passages les plus durs ou les plus durs à aborder scénaristiquement.
J’ai fini mon avis après plus d’une semaine de tergiversation interne. Et bien que non 100% satisfait, je ne vois pas comment aujourd’hui je pourrais faire mieux. Ce qui confirme, décidément, que cet ouvrage est vraiment spécial !
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Je partais avec un a priori assez négatif sur cet album, car les super-héros et justiciers masqués, c'est vraiment pas mon truc...Mais les bonnes critiques sur le site m'ont donné envie de me faire ma propre opinion. Ce bouquin, c'est beaucoup plus qu'une simple histoire d’hurluberlus masqués qui cherchent à défendre la veuve et l'orphelin, c'est une véritable réflexion philosophique sur la nature humaine, avec en parallèle une enquête policière au scénario très bien ficelé. Les personnages sont tous très travaillés et charismatiques, et, chacun d'entre eux, essayant de rendre le monde meilleur à sa façon, trouve grâce à mes yeux. Le graphisme et les couleurs sont vieillots, très années 80, mais l'envoûtement provoqué par Alan Moore fait digérer ces couleurs criardes sans aucun problème. J'ai été déçu par quelques points à la toute fin de l'album, mais vraiment déçu, car jusque là Alan Moore menait la trame sans faute, c'est dommage, et je suis sûr qu'il aurait pu ne pas faire ces erreurs ou en tout cas les rendre plus digestes: ***SPOILER*** En deux pages, on accumule 2-3 facilités scénaristiques, choses que jusque là on avait totalement évité: -Le Hibou qui trouve le mot de passe de l'ordinateur de Veidt, comme ça, par intuition...En même temps si Veidt était effectivement le type le plus intelligent du monde il aurait pu choisir un autre mot de passe que "Ramsès II" pour ne pas que l'on découvre toutes ses magouilles... -Rorschach et le Hibou qui arrivent des USA en Antarctique en 10 minutes, ça, ça craint... -Rorschach qui arrive à soutenir le froid du pôle sud avec son éternel imperméable... J'ajoute qu'Alan Moore aurait pu éviter de nous balancer, vers la moitié du bouquin, que la firme qui a refilé le cancer à des gens pour évincer doc Manhattan, se nomme "Pyramid", ou en tout cas lui donner un autre nom, parce qu'à ce moment j'avais déjà deviné qu'Ozymandias était derrière tout ça, le lien est trop facile à faire...(j'avais aussi pensé à Patrice Lafont, Marie-Ange Nardi, Laurent Broomhead, et Claire Gautraud, mais ils n'auraient jamais eu assez de fric pour faire ça...) Enfin, le fait qu'Ozymandias cherche à réconcilier l'Est et l'Ouest en faisant croire à une invasion extra-terrestre, très bien, mais était-on obligé de nous farcir cette histoire de cerveau de médium cloné avec une décharge d'ondes psychiques ? Là c'est too much... *** FIN DU SPOILER *** Malgré ça, j'ai adoré la toute fin: tout n'est qu'un éternel recommencement. Pour la note j'hésite entre
et
...difficile, sans les exagérations scénaristiques citées dans le spoiler, c'était 5/5 de façon sûre et certaine.
Je mets tout de même la note maximale, car cette BD dégage vraiment quelque chose, et que je pense pouvoir la relire un jour.
(104)
Légendes des Contrées Oubliées
Une des premières BD que j'ai lues de ma vie. Et certainement l'une des meilleures. Ce récit est magique. Tant par ses qualités scénaristiques que par celles graphiques ! Le dessin de Ségur est digne de ses meilleurs ouvrages. On voit là tout le talent qu'il possède. Des couleurs éblouissantes, un trait précis. C'est vraiment un style que j'affectionne beaucoup. Il rend l'histoire réellement envoutante et magique. On se laisse transporter dans ce monde féerique peuplé d'une faune et d'une flore plus qu'étonnantes. Pour ce qui est du scénario, là encore, rien à redire dessus. Il est bien mené du début à la fin. Il est surprenant mais toujours crédible. De plus, l"univers décrit ici est très bien construit. Sans innover dans le genre, ce scénario est tout de même l'un des meilleurs que j'ai vus. Une BD vraiment CULTE que tout amateur de BD se doit de lire et de posséder !
Georges et la Mort
J'avoue directement, ...oui je suis fan de Georges Brassens. Alors peut-être qu'un non fan mettrait 4/5, mais moi je mets 5/5 car cette BD m'a vraiment touché. Tout ressemble à un travail qu'aurait pu faire Brassens. C'est quand même quelque chose ça ! Déjà dans le dessin, simple, léger, efficace. Je pourrais comparer cela aux mélodies de Brassens qui ont les mêmes qualités ! C'est beau et ça colle parfaitement à l'histoire. J'aime beaucoup. Et donc là dessus il n'y rien à redire. Ensuite le scénario, il est lui aussi à l'image de Georges Brassens. Il est poétique dans un sens et encore une fois léger. C'est une histoire à laquelle je veux croire ! A cela on peut ajouter les diverses allusions aux chansons de Brassens (Hécatombe, La Cane de Jeanne, La Mauvaise Réputation, Supplique pour être enterré sur une plage de Sète, etc etc) qui font à chaque fois sourire. C'est donc une magnifique histoire que j'aime lire et relire ! Bravo !
Les Cités obscures
Les murailles de Samaris :
Une très bonne entrée en matière. Certes, l'idée de base avait déjà été vue ; je pense notamment à "L'île des brigadiers" de la saga Philémon par Fred. Elle a également été revue ensuite, par exemple dans L'Autre Monde, de Rodolphe et Magnin. Mais elle n'en demeure pas moins excellente et elle est traitée ici avec une noirceur qui confine à la philosophie et à la psychanalyse.
La fièvre d'Urbicande :
... Ou la logique de l'absurde. Il y a quelque chose d'Ionesco dans ce tome, ou : comment toute une ville se réorganise autour d'un postulat délirant...
La tour :
Graphiquement, on monte encore d'un cran. Niveau ambiance, ce tome est un peu à part dans la série : déjà, on n'est pas dans une "cité" à proprement parler. Ensuite, on est dans un contexte beaucoup moins XIXe siècle que les autres tomes, plus médiéval. J'ai énormément accroché à la quête absurde de Giovanni Battista. Peut-être mon album préféré dans cette série.
La route d'Armilia :
Pas mal d'idées sympas dans ce tome, que je vois plutôt comme un interlude dans la série. Format inhabituel de récit illustré, donc difficile à comparer aux autres, mais contribue à établir un liant pour étoffer l'univers des "Cités".
Brüsel :
Les délires de la modernisation poussée à l'extrême en dépit du bon sens. Quasiment une odyssée surréaliste pour Constant Abeels...
L'Enfant penchée :
J'ai regretté que les auteurs explicitent un peu trop le lien entre l'univers des "Cités" et notre monde ; je me contentais très bien de l'ambiguïté qui régnait jusqu'alors. Ceci dit, l'histoire n'est pas mal et assez "fredienne".
L'ombre d'un homme :
Là, le lien avec Fred est encore plus clair. Le thème de l'ombre est typiquement fredien, présent par exemple dans "Philémon et le piano sauvage" ; et la thématique de la transformation fait penser à L'Histoire du Corbac aux Baskets. Et bien avant ça, à La Métamorphose de Kafka. Mais le traitement qui en est fait ici est original, plutôt organisé en roman d'apprentissage du héros que basé sur la réaction des personnes alentours. Seule petite gêne : le principe fait un peu trop penser au tome précédent...
La frontière invisible :
Un univers encore très original dans ces deux tomes. Dessins superbes. Je n'en dis pas plus...
La théorie du grain de sable :
Le gris clair, même s'il a une logique dans l'histoire, est un peu désagréable à l'œil. Bonne histoire mais deux tomes étaient-ils nécessaires ?
L'Écho des Cités :
Un bon complément pour prolonger le plaisir...
L'Archiviste :
Même commentaire. Paradoxalement, je trouve que les dessins, quoique très bons, ne sont pas les plus spectaculaires de la série. Dommage, car ceux de l'Écho des Cités, par exemple, auraient davantage mérité le format géant.
Autres : pas lu.
Note globale :
sans hésiter. Pris dans son ensemble, cet univers est incontournable et les dessins sont incontestablement parmi les meilleurs de la BD. Seul reproche : les héroïnes ont tendance à se ressembler (contrairement aux personnages masculins).
La Dynastie Donald Duck
Ah, la dynastie Donald Duck... Je crois bien que Donald restera un de mes héros préférés même si on me dit que j'ai passé l'âge de ces âneries. Donald, c'est un héros parfaitement humain mais représenté en canard (curieux paradoxe) à qui il arrive tellement de choses qu'à côté Indiana Jones ou Tintin peuvent se rhabiller. Mais dans la foison d'auteurs qui en écrivirent des histoires, celles de Carl Barks restent mes petites préférées, par leur côté très insouciant, leurs aventures pleines de fraicheurs et d'imagination, et la plupart du temps très documentées. La réunion des histoires est une excellente idée, surtout quand on voit la quantité (je vous laisse calculer : 380 pages fois 24 tomes !), et surtout dans une collection aussi bien faite ! On a toutes les histoires avec des pages d'explications, des précisions et des petit apports qui sont vraiment agréables, et qui donnent un aperçu du travail fourni par Barks. Outre l'inventivité des histoires, dont Donald est le héros ou le dindon de la farce, variant sur un large panel de thèmes (tranches de vie, petits boulots, chasses au trésor, situations loufoques, rencontres avec des personnages irréels, ...), on pourra noter le dessin, très rond et frais, qui se laisse parfaitement regarder, très agréable à l'œil. Et toujours on a cet univers si particulier, cette ville de Donaldville si semblable à n'importe quelle ville, ces personnes tellement normaux qu'on croirait parfois que ce sont nos voisins, ces têtes typiques : Gontran Bonheur, Grand-mère Donald, Gus, Géo Trouvetou, Riri, Fifi, Loulou, l'oncle Picsou... Une galerie de portraits types qui eux aussi ne sont pas figés dans les mêmes caractères : il évoluent dans cet univers, changeant au cours des histoires. Et au coeur de tout ça, Donald, le héros parfait : colérique, courageux, lâche, inventif, fainéant, bosseur, maladroit, surprenant, ingénieux, incapable, acharné, amoureux... Toutes les émotions sont présentes à tel point qu'il parait tel n'importe quel humain. Une collection qui me ravit personnellement, vu que je désespérais de pouvoir un jour voir l'ensemble de l'œuvre de Carl Barks réunie. A lire, et à relire en boucle, on ne se lasse pas de ces histoires. Un 5/5 et un gros coup de cœur !
Acriboréa
Un scénario, des rebondissements, des surprises, de l’action, Acriboréa a tout pour plaire. Dans un univers de science-fiction où l’enjeu est la survie de l’humanité, le lecteur plongera dans une intrigue passionnante. Rythmée par un scénario original et bien ecrit, il tient le lecteur en haleine du début jusqu'à la fin. Cette série possède également des dessins qui conviennent parfaitement à l'univers. Clairs et très riches, ils s'accordent très bien avec l'univers présenté. Prévue en 5 épisodes, Acriboréa se termine en apothéose et entre dans la catégorie des « immanquables » ! Un très bon moment de lecture pour les fan de SF et pour les autres!
Le Petit Monde
Une vraie gifle sortie de nulle part, mais du genre de celles qui vous carressent pour mieux vous surprendre ! De Morvan je ne connaissais rien ou si peu, qu’il est prolifique et apprécié et basta mais j’ai beaucoup apprécié ce qui ressort comme étant surement le meilleur opus de la série 7 à savoir son « 7 Yakusas ». C’est un peu le Jodorowsky de la culture japonaise, un type à l’imagination débordante sachant s’entourer des meilleures révélations au crayon. Et ce n’est surement pas « Le Petit Monde » qui m’empêchera de prétendre le contraire tant cette œuvre est unique par son style et sa narration débridée… Imaginez vous l’univers de Peter Pan déclinée en fable futuriste et violente et vous aurez une idée du voyage en apnée que nous offrent sur un plateau JD Morvan et son mystérieux dessinateur chinois Terada. En effet sans être nécessairement familier à l’univers de J.M Barrie, on en reconnait vite les personnages et l’univers transposé dans une société éclatée en plusieurs strates et dont chacun des 3 tomes de cette œuvre nous y fera descendre tels les niveaux d’un jeu video complètement barré. Car si l’ensemble se lit vite et de façon particulièrement claire, tout va vite dans ce petit monde dont le titre faussement naïf rappelle celui de Aldous Huxley et de son ironique chef d’œuvre « Le meilleurs des mondes ». Morvan délivre un univers cohérent où les classes sociales se superposent dans les bidonvilles aux accents latins d’Amérique du Sud. En haut, on se déplace en jet privé ou petite voiture british, les contours sont arrondis et les droides remplacent les devoirs parentaux. La meileure communication ? se plonger dans des rêves virtuels illicites afin de se sortir d’un quotidien trop aseptisé. En bas dans les « favelas », tout le monde est solidaire, se serre les coudes et la technologie laisse place à des épaves. Les angles se resserent et deviennent anguleux et la violence règne en règle. Les notables « descendent » des beaux quartiers pour y trouver de quoi se shooter ou prendre du plaisir avec des filles faciles… La fée Clochette devient un délire de junkie… Tout n’est qu’une quête à lutter contre la solitude et l’ennui… Au milieu de tout cela, Kumiko, fille d’un ambassadeur japonais, va tenter de trouver du réconfort avec l’écorché vif Piedra mais le Capitan Gancho, rival manchot de ce dernier, n’hésitera pas à les traquer par pure ambition vénale et/ou sentiment de jalousie… Le bel univers cruel de J.M. Barrie est un écrin de qualité pour permettre à JD Morvan de se lâcher à toutes berzingues sur les dessins dingues et inspirés de l’inconnu Terada ! Un joli prétexte qui offre des angles et des perspectives de folie avec des séquences d’action voire même d’animation absolument démentes ! Les couleurs pastel sont tout à fait adaptées pour un spectacle visuel qui n’omet pas la poésie et de jolis moments d’accalmie. Le fait de mixer format franco-belge et dessins d’influence manga est un choix judicieux. Terada ne manque pas de talents ni d’humour dans la façon très particulière de mettre tout ce petit monde en scène sans perdre le lecteur ni le prendre par la main. Qu’il s’agisse d’une poursuite de véhicules sur autoroute, de gunfights à la Tarantino ou d’un assaut sur les eaux, on est pris à la gorge comme devant un film à grand spectacle. Au final je me demande si le gamin qui ne veut pas grandir, ce n’est pas un peu moi qui ai pris un pied pas possible à lire une histoire qui a le mérite de rester cohérente de la première à la dernière page… Lire Peter Pan à la sauce Dragonball au rythme d’une séquence d’action à la Matrix, ça n’arrive pas si souvent mais je veux bien me shooter également pour m’y replonger et en redemande encore car le seul véritable défaut de cette série, c’est qu’elle est finie ! :( Merci à la communauté BDT pour m’avoir fait découvrir presque par erreur cette série qui mérite amplement d’être reconnue à juste titre… Un gros, gros, gros coup de cœur !
Murena
Quand on est un féru de fantastique et d'horreur comme moi, on est toujours un peu frileux de se lancer dans des séries historiques et très terre à terre. Sauf que voilà, le papa noël m'a apporté les deux intégrales regroupant les huit tomes et que, à la vue des dessins sublimes et de l'histoire tout de même palpitante sur la vie de Néron je me suis lancé à corps perdu dans ce récit. Et là, j'ai vraiment été bluffé, autant pas la qualité visuelle que narrative, par l'importance des personnages secondaires et surtout par un dynamisme constant qui rend le récit nullement ennuyeux. Attaquons un peu plus en profondeur cette magnifique série. On va commencer par le scénario, qui présente la vie de l'empereur Néron, avec un premier cycle montrant son ascension jusqu'à son arrivée sur le trône, puis un deuxième cycle montrant son déclin et l'incendie de Rome. Alors pourquoi ce titre Murena ? Et bien parce que l'on va aussi s'intéresser à la vie de Lucius Murena, héros abîmé par le temps et les épreuves et dont l'ascension de son ami Néron va lui couter très cher. Evidemment, dit comme cela, on se demande comment le récit puisse être palpitant, à tel point que je lui mets un note maximale. Et bien parce que dans Murena, tous les personnages, même secondaires sont d'une grande importance et que les révélations, les manipulations, les mises à mort, les révoltes, tout cela est très rythmé, et on va de rebondissements en rebondissements. L'évolution des héros est elle aussi aux petits oignons. En effet, on peut voir Néron approcher la folie, Murena devenir un héros empli de haine, Massam devenir un monstre encore plus sanguinaire, Balba l'esclave en justicier libre. Bref, tous les personnages sont travaillés. Mais encore, si ce n'était que cela. L'histoire est très riche, les coups bas pleuvent, les langues de vipère se multiplient, les vengeances sont légion, en aucun cas on ne sent un relâchement ou un moment d'ennui dans ce récit historique. Et quand on y pense, à l'école, c'est chiant l'histoire, mais vu de ce point, cela devient vite palpitant. Il faut dire aussi qu'il y a tout dans cette série. Du sang, certes, avec des combats de gladiateurs, des meurtres sanguinaires, mais aussi du sexe, de l'amour et aucune concession ne nous sera faite. Les personnages attachants et sympathiques pourront très bien mourir alors que les salauds seront toujours vivants. On notera aussi la décadence de la grande Rome au travers d'histoires de prostitutions, de jeunes filles volées ou encore de vestales violées, côtoyant étroitement des ruelles vétustes et des personnages saouls décuvant leur vin sur le bord des trottoirs. Evidemment, tout cela ne serait rien sans le travail remarquable et remarqué de monsieur Delaby, qui offre des personnages étonnants de réalité et de charisme. Néron est tout simplement parfait, Lucius Murena est excellent au début et sa "mutation", tant mentale que physique est une réelle réussite graphique. Tous les personnages ont leur propre caractéristique et leur réalisme est vraiment une très belle chose. Mais le dessinateur ne s'arrête pas là. Il dépeint aussi une Rome grandiloquente, magnifique et si fragile, avec des plans donnant le vertige et des décors somptueux. Mais il est aussi très malin, dessinant plutôt des scènes de personnages et des drames dans Rome lors du grand incendie plutôt que de se risquer au grand format de la ville, loupant ainsi le coche du drame, et il faut dire que cela fonctionne à merveille. Les couleurs sont utilisées à bon escient pour donner un aspect encore plus réaliste à Rome et aux personnages. Au final, Murena est une série fort recommandable, où l'histoire ne devient pas ennuyeuse et poussiéreuse, bien au contraire, les intrigues fusent, les complots se dessinent, les aventures se multiplient et les changements de mentalité s'opèrent. Une vraie réussite tant scénaristique que graphique, Murena vaut plus qu'un coup d’œil et fait partie de ces séries qui restent longtemps dans l'esprit et dans le cœur. Je conseille plus que fortement !
Maus
Le dessin n'est pas exceptionnel, assez basique même mais il colle parfaitement à ce récit. Le récit est long mais la formulation de cet échange entre le fils (l'auteur) et le père qui lui retrace cette période de la vie d'un juif polonais pendant la Seconde Guerre mondiale est très intéressante. Le fait de remplacer les personnages juifs par des souris et tous les autres par différents animaux est précurseur et génial. L'authenticité de la souffrance de la vie du père est accentuée par ses psychoses actuelles qui hantent son fils et qui nous touchent d'autant plus sur les atrocités qu'a vécues cet homme. Et que dire de tous ces faits relatés sur la vie dans les camps si ce n'est qu'ils authentifient cette histoire. Vraiment pour moi un très grand témoignage, émouvant, captivant et authentique.
Habibi
Rares sont les ouvrages qui ont une telle portée. Rares sont les ouvrages qui me laissent dans un tel état de flottement. Rares sont les ouvrages comme celui-ci, tout simplement. Cet album à mon sens est bien plus qu’une simple bande-dessinée. Qu’on l’aime, qu’elle nous gène, je suis sûr qu’elle ne pourra pas laisser indifférent. Pour ma part, j’ai peur de me lancer dans une critique où je ne serais pas à la hauteur de l’auteur, où mes écrits ne sauront pas rendre ma pensée, mes sentiments, mes émotions, où mes écrits ne sauront pas rendre hommage aux sentiments, émotions, aux pensées qui peuplent ces pages. Non, je ne radote pas. Car il y a bien le contenu de l’œuvre avec ce que l’auteur dépeint et le résultat avec ce que cela déclenche chez moi. "Habibi" c’est 672 pages de bonheur. Environ 14 albums classiques…j’ai mis pratiquement 6 heures pour en venir à bout. Alors, oui certainement qu’il faut être motivé pour se lancer dans ce pavé au format spécial, presque aussi épais que large ! Rarement le qualificatif de pavé aura si bien convenu à une bande dessinée… Malgré cette taille imposante l’album reste parfaitement abordable, d’un aspect tarifaire, au vu du travail fournit. 6 ans pour réaliser cette œuvre ! 6 années pendant lesquelles Craig Thomson s’est consacré à fignoler, bichonner son œuvre. Et je me lancerai en premier dans le dessin. Magnifique, fluide, inventif. D’une précision et d’une finesse ahurissante. D’une richesse imposante. Le dessin se mêle au texte et chaque lettre peut devenir un dessin à part entière. Il faut dire que la calligraphie des lettres de l’alphabet arabe se prête parfaitement au jeu. Craig Thomson d’ailleurs nous initiera à cet art qui consiste à lier, imbriquer, disposer les lettres entre elles de telle sorte que le final soit aussi créatif et représentatif qu’un véritable et pur dessin. Il va dès lors, sans dire que la mise en page, les cadrages, la composition de chaque page mérite que l’on s’arrête afin profiter et d‘admirer le travail réalisé. Tout dans cet album touche à la perfection. La recherche dans les vêtements, dans les décors qu’il s’agisse des paysages, des villes ou d’un simple bâtiment. Cet album est une véritable comète dans le ciel de la BD. Rare, magnifique, unique. S’appuyant sur une qualité graphique incontestable, le scénario qui nous est offert est lui aussi un modèle du genre. Les 672 pages ne demandent qu’à être lues. Une fois plongé dans cette histoire, j’avais bien du mal à voir passer le temps. Heureusement que certaines obligations personnelles m’obligeaient à mettre une alarme en marche afin de me tirer de ma contemplation. Cette histoire mêle plusieurs sujets de manière extrêmement intelligente, passant de l’un à l’autre de manière toujours logique, toujours fluide, ne nous laissant pas le temps de nous lasser, pour mieux y revenir quelques pages ou chapitre plus loin afin de compléter ou clore un pan de l’histoire. Car l’histoire n’est pas linéaire non plus, ce qui permet à l’auteur de toujours nous surprendre en expliquant par exemple d’un flashBack inattendu certaines scènes ou réaction de ses personnages. Ces principaux personnages Dodola et Zam sont d’ailleurs tous les deux extrêmement attachants. Forcément, en 672 pages l’auteur a largement le temps de développer leur psychologie et de nous conter leur histoire. La psychologie très juste de tous les personnages, principaux comme secondaires voire même tertiaire nous permet de mieux s’immerger dans l’histoire, de mieux la comprendre, de mieux nous l’approprier. L’histoire, sorte de conte des 1001 nuits moderne est souvent bien étrange par les sauts et les côtoiements existants. Nous passons parfois assez abruptement d’une époque très médiévale à des villes ultra modernes. Il est difficile de parler de tout ce que ce livre comporte tellement il est riche. Craig Thomson aborde trop de sujets pour que l’on puisse parler de tous. Je parlerai juste d’une poésie constante, d’une mélancolie planante, d’une beauté flagrante. Malgré tout, 3 thèmes ressortent prioritairement de cet album. L’écologie et le développement incontrôlé des villes modernes, l’amour et le sexe, sans oublier que Craig Thomson s’est initialement jeté dans cette œuvre afin de mieux comprendre l’Islam. Forcément, afin de rendre une copie logique, l’auteur a fortement lié chacun de ses trois thèmes dans la construction de son histoire. Pourtant au contraire d’autres lecteurs qui y ont vu des causes et effets, qui ont relié les déboires amoureux des héros et la religion, je n’ai pas personnellement ressenti ce lien ou ces accusations. J’ai personnellement vraiment dissocié chacun de ces thèmes à la lecture. De plus, connaissant plutôt pas mal l’islam, je ne pouvais établir de rapport. L’islam est amour et n’interdit surtout pas le sexe. Il faut juste que l’homme et la femme soit mariés. Dans notre civilisation « moderne », il est certain qu’un tel postulat peut paraitre préhistorique tant on a l’habitude maintenant de voir des jeunes coucher le premier soir et avorter le second soir, que le divorce est devenu plus courant que le mariage et qu’avoir une maitresse est presque une obligation pour ne pas paraitre has-been…(ce terme est lui aussi surement has-been...) Une fois encore la méconnaissance d’une chose amènera surement une mécompréhension et souvent son rejet. Et c’est peut-être la seule chose que je pourrais reprocher à cet album. C’est de ne pas assez démêler les sujets abordés. Du coup, l’auteur qui voulait découvrir l’islam fausse légèrement le jeu. Car son implication et son explication n’est finalement peut-être pas assez engagée. J’avoue qu’aujourd’hui, pondre un album de BD sur la religion est extrêmement courageux. L’auteur a donc décidé de mettre en parallèle l’histoire de Dodola et celle des textes sacrés. Les choix et les évènements rythmant la vie de Dodola sont ainsi souvent l’occasion d’un parallèle avec un élément religieux, avec la présentation d’un prophète (Noé, Moïse, Mohamed…) Si la majorité des textes sont extraits du Coran, Craig Thomson a semble-t-il porté un grand soin afin de montrer que chacun de ces récits ne se trouvent pas que dans le Coran et que finalement à bien y prendre garde, Le Judaïsme, Le Christianisme et l’Islam ont la même histoire, les mêmes prophètes. Pour l’Islam, puisqu’il s’agit principalement de cette religion dans cet ouvrage, seul Mohamed arrivé après Jésus diffère des autres religions. A la lecture de cet album, on sent fortement que Craig Thomson s’est longtemps renseigné malgré tout sur l’Islam. Tout ce que j’ai pu vérifier, par connaissance ou grâce à internet est vrai. Basés sur la genèse, sur les évangiles, sur l’ancien testament, le Coran ou des hadiths (textes rapportés des dires du prophète Mohamed) tout est vérifiable. L’œuvre prête à une longue réflexion pour qui veut bien s’y attarder. L’auteur une fois encore sans donner son avis personnel nous livre des faits qui ne sont surement pas fortuits. Je suis persuadé que l’on pourrait pondre une thèse rien qu’à étudier tous les messages que l’auteur a sciemment ou non parsemé son ouvrage. Ainsi par exemple avec l’affaire d’Abraham qui fut aussi appelé à sacrifier son fils, on comprend (enfin..je comprends) que la différence entre Chrétien et Musulman ne tient à rien, juste à savoir quel fils ne fut finalement pas égorgé mais remplacé par un bélier. Les causes et conséquences sont les mêmes, mais quand on cherche des poux à son voisin, tout est bon pour lui taper dessus. Sans comparer, sans critiquer, sans juger, l’auteur nous livre ainsi souvent plusieurs vision d’une même chose et à nous alors de faire notre propre opinion. Enfin, pour parler rapidement de l’aspect au sexe développé dans "Habibi" et que certains n’ont pas aimé car le reliant à la religion, une fois encore, j’y vois plus une sorte de Roméo et Juliette à l’amour trop fort et apparemment impossible de deux êtres qui, séparés, feront tout pour rester fidèles l’un à l’autre. Plus que de culpabilité, plus que de soumission, il s’agit ici de fidélité, d’amour vrai, de respect. Et s’il s’agit réellement de la vision de l’auteur, j’espère que vous lirez cet album avec votre vision des choses et que la somme de joyaux livrés dans ces 672 écrins vous permettra de passer outre cette vision, à mon sens, erronée. Un livre sublime, possédant de multiples niveaux de lecture comme seules les grandes œuvres savent le proposer avec une grande, très grande sensibilité et chose que je n’ai pas encore mentionnée, un humour très fin presque discret mais utilisé à très bon escient pour dédramatiser les passages les plus durs ou les plus durs à aborder scénaristiquement. J’ai fini mon avis après plus d’une semaine de tergiversation interne. Et bien que non 100% satisfait, je ne vois pas comment aujourd’hui je pourrais faire mieux. Ce qui confirme, décidément, que cet ouvrage est vraiment spécial !