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Couverture de la série Les Aventures de Flip (Skateboard et Vahinés)
Les Aventures de Flip (Skateboard et Vahinés)

J’ai lu ce tome de Flip , et quel dommage qu’il n’y ait pas eu plus de tomes de la part de Navarro. Flip est un Dauphin âgé de 10 ans qui vit dans une sorte de banlieue avec ses parents et son petit frère. Il y a différentes phases se contrastant dans la BD : on s’amuse avec les copains , mais on pleure car ses parents se disputent puis on va chez le papy etc. J’ai beaucoup aimé l’humour et aussi la tendresse dans cette BD , la relation entre Flip et sa famille est réellement mignonne et touchante , on ressent la peine que Flip a durant les graves disputes de ses parents. Les relations entre ses amis sont aussi plutôt sympatoches , aimant le skateboard j’ai plutôt aimé le côté urbain. Au niveau des dessins c’est pas super non plus, c’est assez flashy mais les personnages sont plutôt mignons et ont un bon petit design. Bref un petit coup de cœur découvert par hasard qui mérite d’être plus connu à mes yeux.

28/10/2019 (modifier)
Couverture de la série Jim Cutlass
Jim Cutlass

Longtemps j'attendrai la suite. Carolyn sera-t-elle l'amour de sa vie de Jim ? Tant de promesses dans chaque tome, qui appellent le suivant, et particulièrement dans le dernier tome. Celui qui aime Blueberry ne devrait pas ne pas aimer cette série. Jean-Michel Charlier est un bon faiseur de scénario, certes mais c'est quand même toujours la même chose. (Sorry pour les fans mais je viens de relire tous les Blueberry et c'est ce qui m'a le plus frappé.) Ici, c'est amour et folie et amour de la folie.

27/10/2019 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sunstone - Mercy
Sunstone - Mercy

Je suis parfois gêné en mettant une note, parce qu'elle pourrait être bien trop personnelle et induire en erreur d'autres lecteurs. C'est pour ça que j'essaye de toujours être le plus clair possible dans mes avis. Mais là, j'ai beau essayer, je mets le culte. Parce que franchement, je suis bluffé. L'idée d'un spin-off sur deux personnages secondaires de Sunstone me plaisait énormément, ne serait-ce que pour avoir l'opportunité de retourner dans cet univers-là. Mais, comme souvent avec les spin-off, j'avais également de l'appréhension quant à l'histoire. L'auteur parlait de dévoiler l'histoire de Anne et de Alan, et si celle de Anne nous était totalement inconnue, celle de Alan avait déjà été racontée par bribes dans la série Sunstone. Donc j'avais peur d'une redondance, d'une histoire sans grand intérêt si l'on avait déjà lu l'autre série. Mais qui suis-je pour juger avant de lire ? Et la lecture fut merveilleuse. Je ne m'attendais vraiment pas à ce que ce soit si bon. Parce que l'auteur a fait fort, très fort même : il a créé une histoire qui s'articule parfaitement autour de celle de Sunstone, reprenant des éléments mais créant quelque chose de neuf, de différent et sur un autre propos. Bref, l'auteur a fait une nouvelle BD. Je m'attendais à ce que l'album soit centré sur la vie d'Alan et que le second soit centré sur Anne, mais l'auteur a choisi de mêler les deux voix en faisant raconter alternativement leurs aventures aux deux. Et l'idée est remarquablement trouvée, puisque chacun présentera sa découverte de la sexualité, son histoire "d'amour" (les guillemets sont importants) et l'état d'esprit avec lequel ils abordent tout cela. Le mélange des deux histoires met en parallèle leurs vies, mais aussi leurs attentes, et surtout le rapport de chacun à la sexualité. Rien que pour cela, je trouve que l'auteur fait incroyablement fort : son histoire réussit à mettre sur un pied d'égalité deux sexualités différentes, en montrant que toutes se ressemblent. En terme de message tolérant, on est sur du parfait : homosexualité féminine face à BDSM, hétérosexualité face à sexualité ordinaire, même combat, mêmes enjeux. J'ai hâte qu'il parle de l'homosexualité masculine et du transgenre, mais il semblerait que cela arrive dans la série suivante ... Vivement la suite donc ! Bref, le message est fort, et très bien amené. Tout ceci reposant principalement sur la force de l'auteur : les personnages. Encore une fois, on sent dans le développement une tendresse. Une tendresse incroyable de la part de l'auteur pour ces humains qu'il a créés et développés. On sent qu'il les aime, qu'il aime leur développement et qu'il s'est attaché (huhu, attaché, bdsm ... Quoi, faut bien rire un peu !) à les rendre le plus humain possible. L'empathie est totale avec ces personnes qui se découvrent, tout autant dans leurs sexualités que dans leurs vies (en même temps ça va souvent de paire). A ce titre, l'histoire d'Anne et son père est superbe, hilarante face à cette gêne qui nait de la situation, mais touchante par le rapport qu'ils entretiennent. Et montrer un père qui ne condamne pas la sexualité de sa fille même s'il n'y était pas préparé et qu'il n'y connait presque rien, c'est encore une fois un très beau message. Après tout cela, que dire de plus ? J'ai une attente énorme de la suite, parce que contrairement à Sunstone, on sait que ces histoires ne finiront pas heureuses. Enfin, si, mais pas dans la voie qu'elles suivent actuellement. Et de sentir que le drame arrive (il est annoncé clairement au fil des pages), ça rajoute une dimension tragique qui donne envie de découvrir la suite. En fait, le souci que j'ai avec cette BD, c'est que j'ai un mal fou à la considérer comme érotique, parce qu'en dehors de quelques scènes gentillettes de nues, on a rien de bien excitant. C'est vraiment une BD sur les liens sociaux, sur l'amour et sur l'humain. Le sexe, c'est ici une partie de l'être humain, rien de plus et rien de moins. Rien de honteux, rien de scandaleux, mais pas négligeable pour autant. Stjepan Sejic transmet un message de tolérance, d'humanité, mais aussi un message positif au possible. Comme s'il avait envie de crier "vivez votre sexualité comme vous l'entendez !" au monde. Et ça me touche beaucoup, parce que cette bienveillance permet de s'éloigner un peu de la lourdeur du réel. On aimerait que ce soit aussi simple et aussi beau dans notre monde, mais pour fabriquer un autre monde il faut commencer par le rêver. Et cette BD donne envie de le faire. Je suis très -trop- élogieux envers cette BD, mais j'ai ri à la lecture, au point de devoir poser la BD et attendre quelques minutes que le fou rire passe, et j'ai été touché par les personnages. Alors même que je pensais que l'auteur ne réussirait pas à faire mieux que Sunstone. Et il n'a pas fait mieux : il a fait complémentaire et différent. C'est du grand art. Son dessin reste toujours aussi agréable, on y trouvera des belles idées de mise en scène, de composition et de colorisation. Et bien sûr, quelques scènes agréables à l'oeil. Mais si peu importantes face au reste, finalement ... Allez, je peux quand même faire une critique (si, je vous jure) : c'est quoi cette tête d'Alan sur la couverture ? Sérieusement, elle fait tâche par rapport au reste, et je ne la comprends pas. En résumé, -parce que j'ai encore été écrire des caisses sur une BD que j'aime beaucoup- Sunstone : Mercy était un pari selon moi, et l'auteur l'a réussi sans conteste. Il a fait un réel tour de force au niveau du message, des personnages et de l'ambiance d'ensemble. C'est une BD qui fait du bien à lire, qui redonne le sourire et donne espoir. En fait, cette BD est une de ces histoires que j'aime parce qu'elle me fait sentir bien pendant la lecture, et encore plus après. Parce que l'auteur nous invite à voir sans juger, à apprécier sans participer et à faire son propre avis. C'est d'une justesse touchante, et j'attends impatiemment la suite. Et s'il fallait le préciser, je crois bien que cette BD devrait trainer entre le plus de mains possible. Partager une part d'humanité, ça ne peux que faire du bien dans la situation actuelle ...

26/10/2019 (modifier)
Par Bouriket
Note: 5/5
Couverture de la série Astérix
Astérix

Je profite de la sortie du 38ème tome pour aviser la série. En résumé, pour ceux qui habiteraient dans une galaxie très lointaine, cela se passe en 50 avant Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les Romains... Toute ? Non ! Un village peuplé d'irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l'envahisseur. Les connaisseurs auront constaté que j’ai recopié le texte d’introduction figurant sous une carte de Gaule ouvrant traditionnellement chaque album. Carte dont j’ai accueilli le retour dans le dernier opus avec plaisir après son omission du précédent, accompagnée de la non moins traditionnelle présentation de quelques habitants du village en question. Ce tome 38 a pour titre « la Fille de Vercingétorix ». Bon point : l’absence du nom d’Astérix dans le titre de l’album évite une redondance graphique du plus mauvais effet avec le titre de la série. Mauvais point : sujet potentiellement glissant. La couverture ne laisse guère place au doute : Astérix et Obélix vont récupérer la garde de la fille du renommé chef gaulois et celle-ci n’aura pas un caractère facile. À mes yeux, cet album est le plus réussi du duo Ferri / Conrad. Le scénario, bien que sans surprise ni réelle ambition, tient à peu prêt la route, mené par un Ferri qui maîtrise parfaitement son petit gaulois. J’ai ris plusieurs fois aux jeux de mots, calembours et situations comiques de cet album. Goscinny affleure par moment et c’est réjouissant. Le dessin est à l’avenant, dans la droite ligne d’Uderzo (voir la reprise de la 1ère case du Bouclier Arverne). Un Astérix qui a le mérite de se laisser lire sans déplaisir, sans pour autant atteindre les sommets de l’âge d’or. J’attends une confirmation dans deux ans car les 3 premiers albums du duo d’auteurs actuels ne fonctionnaient pas aussi bien. La note globale de la série est de 5 étoiles car il s’agit d’une série culte dans le monde de la franco-belge même si la qualité est plus irrégulière après le décès du formidable René Goscinny.

24/10/2019 (MAJ le 25/10/2019) (modifier)
Par sloane
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dracula (Bess)
Dracula (Bess)

Grandiose, magnifique, chef d’œuvre. Oui je sais je commence de manière dithyrambique et avec ces termes il est vrai que je place la barre très haut. Mais excusez du peu, librement inspiré du grand roman gothique Dracula et Georges Bess au dessin, il y a de quoi s'enflammer. Pour moi cet album est au delà du chef d’œuvre, tout concourt à en faire un incontournable de la BD de cette année, si Georges Bess recevait le grand prix à Angoulême l'an prochain pour l'ensemble de son œuvre et en particulier ce ne serait pas volé. Dracula, ou si l'on préfère de son nom complet VladIII, Tépes, Comte Orlok, Nosferatu, Comte Dracula, Prince de Valachie est un roman épistolaire qui date de 1897 écrit par Bram Stoker. Celui-ci n'a pas inventé la figure du vampire, il lui a juste donné sa forme moderne en en faisant la figure qu'aujourd'hui tout le monde connait au travers des nombreuses adaptations cinématographiques. Avec ce personnage, Stoker s'inscrit dans la lignée des écrivains gothiques de son temps que sont R.L. Stevenson avec "L'étrange cas du docteur Jekyll et de Mister Hyde" mais également d'O.Wilde et "Le portrait de Dorian Gray" et des textes antérieurs de Sheridan Le Fanu, le docteur Polidori et Marie Shelley. Pour rendre justice au texte de Stoker, texte d'ailleurs repris en grande partie du moins dans la première moitié de l'ouvrage et qui donne un ton fin XIXème juste parfait, de même l'emploi de ce texte parfois suranné loin d'être plombant ajoute du gothique au gothique. Ce texte donc est sublimé par le dessin de G. Bess qui avait déjà abordé le thème du vampire dans sa trilogie Le Vampire de Bénarès. Ici le trait se fait acéré, les encrages sont surpuissants, de grandes lignes partent à l’assaut des planches pour nous envouter avec des paysages gothiques de châteaux, de montagnes, le romantisme affleure dans un mélange de noirceur comme l'âme du comte, mais ces lignes peuvent aussi être d'une grande douceur lorsqu'il s'agit de décrire la vie Post victorienne du bord de mer où vivent Mine et Lucy, femmes rendues évanescentes par le génie du dessin. Ce dessin en noir et blanc arrive à vous prendre aux tripes tant il semble comme le comte doté d'un pouvoir hypnotique, ensorcelant. La figure même de Dracula n'en devient que plus complexe qu'il n'y parait, oscillant entre le monstre sanguinaire et pervers que beaucoup y ont vu et en fait une victime représentative d'une société engoncée dans un carcan de certitudes morales. Qu’ajouter de plus, les mots me semblent superflus et bien pauvres pour vous décrire cette fabuleuse bande dessinée dont j’ai fait mon coup de cœur, j'aurais aimé que l'avis de la semaine existe encore avec la V3 afin d'y être nommé pour cet avis, non pour ma gloriole personnelle mais pour qu'il soit lu par le plus grand nombre et la BD donc achetée. Je n'ai aucune action chez Glénat et ne suis pas ami avec l'auteur.

23/10/2019 (modifier)
Par Ber
Note: 5/5
Couverture de la série Les Passagers du vent
Les Passagers du vent

Incontournable. Indispensable. Immanquable. Le premier cycle date des années 80 mais n’a pas pris une ride. La méticulosité de l’auteur l’a préservé des ravages des modes. Bourgeon nous raconte une histoire dans un décor finement planté et nous embarque avec son Isa à travers les océans découvrir les terres nouvelles et les horreurs dont les Hommes sont capables. Plus contemplatif, le second cycle était attendu au tournant. Ben, il tient largement la dragée haute au premier. Les décors de bayou et de plantations fourmillent de détails. Les traits des visages se sont affinés. Là encore, comment ne pas se laisser porter par Zabo et Isa dans cette Louisiane en guerre? Le troisième cycle me laisse plus circonspect. L’atmosphère du Montmartre de la Commune est parfaitement représentée. Bourgeon a construit, après recherches sur plans et photos d’époque une maquette du quartier pour s’assurer de la cohérence de ses décors. C’est très beau mais d’une telle précision et relève d’une telle exigence de fidélité que ça finit par manquer d’âme à mon goût. Espérons que, dans le second tome, le personnage de Klervi prenne un peu d’ampleur. Au-delà des immenses qualités du dessin, ce sont peut-être ces héroïnes en avance sur leur temps qui donnent un côté indémodable à cette BD.

17/10/2019 (modifier)
Par LuluZifer
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Château des Animaux
Le Château des Animaux

Que de coups de cœur depuis ce début de rentrée scolaire ^^ ! Euh ! Enfin bref je me comprends. Le ‘Château des animaux’ tome 1 par Xavier Dorison et Félix Delep, c'est 72 pages en format franco/belge de pur bonheur et avec une couverture magnifique. Une longue lecture délicieuse, raffinée, captivante et j'en passe. Tout d'abord, cette nouvelle série chez Casterman, est inspirée du roman de Orwell, La Ferme des animaux. Un roman court, intense et grinçant. Que j'ai lu il y a longtemps. Ça m'a donné envie de le relire. Il parle savamment de la rébellion des animaux contre l'homme, car ce dernier ne produit rien à part faire bosser les animaux et les égorger à la fin, et cela se déroule dans une petite ferme. C'est drôle et très caustique. Mais revenons à nos moutons (ahahaha), et parlons de ce tome 1 qui est totalement merveilleux. Il a tout d’abord été publié en format Gazette, en trois parties, comme cela avait été le cas pour la série Le Château des étoiles chez Rue de Sèvres ou comme l'avait fait également Delcourt pour le volume 8 des Les Passagers du vent de Bourgeon. C'est sympa comme procédé mais on a envie quand même d'acheter ensuite la bd finale. Je n'en ai encore pas vu passer de ces jolies Gazettes et, malheureusement, je bave d'en acquérir les 3 premières parties. Bref ! Du coup, Casterman a publié également une version prestige en N&B, qui a l'air assez luxueuse. Je m'égare encore. J'ai donc mis plus d'une semaine à lire ce petit bijou aux dessins subtils et bien marrants, mais parfois avec un zeste de cruauté tout animale. Le récit transposé par Xavier Dorison est vraiment excellent. Il s’approprie l’histoire de Orwell avec brio et bien évidemment Félix Delep le met en images de manière experte. C’est tellement mignon de voir tous ces animaux souffrir et se rebeller ! Oui et tellement émouvant de voir leurs expressions si bien réalisées. Malgré moi certains passages m'ont fait penser à certains Disney comme les Aristochats ou même les 101 Dalmatiens en parcourant ces 66 planches sublimes. Ça m’a vraiment beaucoup plu. Et C’est une très intelligente adaptation du récit de Orwell. Que dire de plus ? J’ai trop hâte de lire la suite. La 4ème Gazette, qui entame le début du tome 2, est déjà annoncée sur le site de Casterman, mais elle ne sortira que fin janvier 2020. Et je me dis que le tome 2 de l’album du coup va sortir dans pas mal de temps mais c’est normal, laissons travailler les artistes tranquillement.

15/10/2019 (modifier)
Par Gaendoul
Note: 5/5
Couverture de la série Long John Silver
Long John Silver

Epique ! C'est le mot que j'utiliserais si je devais décrire cette bd exceptionnelle. Long John Silver démarre pourtant doucement avant d'arriver à des sommets à sa conclusion. Le rythme est très bon et nous laisse le temps de nous familiariser avec l'univers et les personnages avant de nous entraîner dans des péripéties mémorables. C'est sans doute ce qui fait la force de ce récit. Il n'y a "que" 4 tomes et on a pourtant l'impression d'avoir lu une bd deux fois plus longue tant c'est maîtrisé. Le dessin est superbe et il est vraiment plaisant de ne pas être déçu après avoir vu les superbes couvertures (comme c'est malheureusement trop souvent le cas). Que dire d'autre qui n'ait déjà été dit? C'est sans doute une des meilleures bandes dessinées d'aventure que j'aie pu lire. Si vous aimez l'aventure, les histoires de pirate, vous découvrirez un univers unique qui vous marquera très certainement à tout jamais.

04/10/2019 (modifier)
Par Gaendoul
Note: 5/5
Couverture de la série Akira
Akira

Aaaah Akira. Symbole de toute une époque. Que dire qui n'ait pas déjà été dit à propos de ce chef d'oeuvre toujours pas égalé ? Que sa mise en page et son découpage sont sensationnels ? Que son scénario aux petits oignons vous tiendra en haleine du début à la fin ? Vous l'aurez compris, j'adore cette bd qui, pour moi, transcende son format et est à lire absolument, que vous aimiez ou pas le manga, que vous aimiez ou pas l'anticipation, le Japon ou la bande dessinée. La définition même de CULTE.

30/09/2019 (modifier)
Par LuluZifer
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mademoiselle Else
Mademoiselle Else

Mademoiselle Else, d’après le roman d’Arthur Schnitzler. Adapté par Manuele Fior :D J'ai lu Mademoiselle Else il y a quelques temps déjà. Publié en 2009 dans la collection Mirages des Éditions Delcourt. Inspiré d’un court roman, ou presque une nouvelle je dirais, de l’auteur viennois Arthur Schnitzler et publié 1924, ce texte est souvent qualifié comme étant l’un des plus beaux exercices de style de la littérature contemporaine. Je n’écris que ce que j’ai lu par-ci, par-là car je n’ai pas encore eu le plaisir de lire ce texte. Et il faut avouer que depuis que j’ai lu l’adaptation de Manuele Fior en bande dessinée, je n’arrête pas d’y penser. Else est une jeune fille de 19 ans en vacances avec sa tante et son cousin. Elle évolue avec maladresse et un désarroi qu’on ressent tout de suite au milieu de cette bourgeoisie viennoise symptomatique de non-dits, de convenances, et de bienséance ennuyeuse et tatillonne. Il faut dire que ce poids est très lourd à porter par cette jeune fille qui n’arrive pas à s'en accommoder. Else porte le poids de sa famille également, qui rencontre des problèmes pécuniaires, car son père, avocat de métier, cumule dette sur dette. Else va donc être forcée de faire une chose qu’elle ne veut pas suite à la réception d’un télégramme angoissant envoyé par sa mère. Cela la dérange énormément. Elle doit emprunter de l’argent à une connaissance familiale, Mr. Dorsday. Mais rien n’est gratuit et surtout quand on traite avec un marchand d’art obséquieux et pervers. Pourtant elle va s’y plier, et malgré tout, en essayant de se rebeller. Mais face à la morale viennoise en plein changement, Else va se retrouver prise au piège jusqu’à l’irréparable. Manuele Fior ajuste son trait de manière à coller à la peinture viennoise des années 1900 , un somptueux mélange graphique entre du Egon Schiele et du Klimt. Manuele Fior réalise un album sulfureux, malsain, fantomatique, sombre où se mêlent des silhouettes parfois hagardes et obscènes à la limite de l’insalubrité mentale. Il est fort. Il adapte son trait et sa palette de couleurs à ce récit terrible, et tellement noir, que cela en devient obsédant. Mademoiselle Else est une histoire totalement tragique, un soliloque désespéré où Else oscille entre envie, désir, réflexion et angoisse. Une jeune femme bloquée entre sa famille, les convenances et son désir d’émancipation. Comme la société viennoise de cette époque où la modernité fait face à une morale bourgeoise hautaine, et grotesque, qui se déchire entre hésitation et fantasmes. Je n’ai donc qu’une envie : c’est que vous lisiez cet album car c’est une pépite et moi je n’ai qu’une envie c’est de lire le texte d’Arthur Schnitzler. De découvrir cet auteur, adapté d’ailleurs au cinéma par Kubrick avec son dernier ‘sulfureux’ long métrage Eyes Wide shot.

30/09/2019 (modifier)