6 tomes qui vous tiennent en haleine sur l'histoire de Joseph Joanovici. J'aime beaucoup cette série: le dessin est beau et soigné, les couvertures sont magnifiques (et donnent envie de plonger dans l'histoire), et au delà je trouve que l'auteur a su parfaitement retranscrire les atermoiements propres à cette époque. Joseph Joanovici n'était ni tout blanc, ni tout noir: juste dans la zone grise comme tellement de Français à cette époque.
Le suspense est présent, la narration (faite de flash-back, d'intrigues mêlées) est efficace. Bref, je recommande +++
Une vraie claque que cet album monumental.
De la fuite de certains savants nazis à l'explosion d'Hiroshima, les scénaristes nous dépeignent la course à la bombe de manière complète mais également assez simplement ce qui rend la lecture fluide et intéressante.
Le dessin noir et blanc colle parfaitement à l'album et certaines pages sont incroyables.
L'un des meilleurs albums de l'année à lire par tous les passionnés d'Histoire.
Est-ce que Marguerite Duras se retournerait dans sa tombe si elle voyait que son roman a fait l'objet d'une adaptation en manga ? C'est possible mais je dois dire que c'est particulièrement réussi pour toucher un autre public moins enclin à lire des pavés de littérature. J'avais vu il y a fort longtemps le film de Jean-Jacques Annaud mais il ne m'avait guère marqué.
Par ailleurs, au niveau de l'édition, on remarquera un effort pour se calquer sur le format européen avec par exemple des dessins en couleur et en commençant sa lecture par l'endroit. Bref, c'est très agréable à la lecture car la forme est soignée. La finesse sera au rendez-vous : rien de pornographique !
On va suivre un épisode amoureux dans la vie de cette romancière lorsqu'elle avait 15 ans et qu'elle vivait dans la colonie d'Indochine. C'est vrai qu'on pourrait analyser cela comme un détournement de mineur. Cependant, il convient de se replacer dans les mœurs de cette autre époque où les choses étaient sans doute plus simples. Il y a tout un charme indéniable qui se dégage de ce couple. Et puis, il y a cette fin si nostalgique.
J'ai beaucoup apprécié cette version. Pour une fois, mon épouse s'est ruée sur cette lecture alors que ce n'est pas dans son habitude. Comme quoi...
C'est une lecture que j'attendais avec impatience. Le thème est effectivement assez intéressant surtout si on a des proches ayant vécu pareille mésaventure. Les pervers narcissiques ou autres manipulateurs jouant sur la victimisation sont devenus de véritables plaies pour la société. Et ils sont difficiles à démasquer tant ils sont bien vus et jouent leur sympa surtout en société.
L'auteure décrit avec beaucoup d'honnêteté ce qu'elle a vécu comme histoire d'amour avec Marcus. Tout commence toujours bien. Cependant, le conte de fée se transforme assez vite en cauchemar. Une relation peut vite devenir toxique. Il faut faire très attention pour ne pas sombrer.
On pourrait penser que nous avons une seule version et pas l'autre mais je crois fermement à ce que nous livre Sophie Lambda. Il y a une sincérité du propos qui l'honore. C'est certes personnel mais il faut livrer le témoignage pour comprendre, car ce genre de relation arrive plus qu'on ne le pense. Il faut aller chercher de l'aide auprès d'un professionnel pour se reconstruire et surtout comprendre ce qui arrive.
Autant dire que j'ai grandement apprécié cette lecture. La fin nous livrera toutes les explications utiles sur ces affreux manipulateurs qui sont capables de nous faire douter au quotidien. Le hoovering n'aura plus aucun secret pour vous. Je souhaite en tout cas beaucoup de courage et de bonheur à l'auteure.
Lorsque je découvre « Le Combat ordinaire », nous sommes en 2004 et je n’ai pas encore 20 ans. À l’époque, je suis un peu rebuté par le dessin de Larcenet et de ses contemporains comme Blain, Sfar ou Trondheim. Je suis encore jeune, bercé par Astérix et Les aventures de Tintin et retombé dans la bande dessinée depuis un peu plus d’une année grâce à des séries plus accessibles comme Trolls de Troy ou Lanfeust de Troy.
Malgré mon apriori sur le dessin, que je ne manque pas de relever dans mon premier avis, le contenu m’enthousiasme immédiatement. Mieux, au fil des pages, le trait de Larcenet me convainc de plus en plus et finit même par emporter mon adhésion. Aujourd’hui, avec le recul, je peux même affirmer que « Le Combat ordinaire » fait partie des séries qui ont contribué à faire évoluer mes goûts en matière d’esthétique et de bandes dessinées. C’est notamment grâce à cette série que j’ai pu rejoindre les « vieux de la vieille » de BDThèque dont je ne comprenais pas toujours les opinions il y a plus de quinze ans (one shot vs. séries à rallonge, dessins moins main stream vs. Soleil Production et consorts, etc.).
Si le trait paraît simple, Larcenet propose quelques planches d’une grande force. Je pense en particulier aux « gueules » des ouvriers du chantier naval ou aux scènes de bord de mer, à côté de la maison des parents de Marco.
« Le Combat ordinaire » … rarement un titre aura aussi bien résumé une œuvre. Marco, le protagoniste principal, c’est Larcenet, c’est vous, c’est moi, c’est tout le monde. Les thèmes abordés sont nombreux : les relations familiales, la peur de s’engager, la découverte de son passé, les contentieux politiques, le passage à l’âge adulte, la fondation d’une famille, les addictions, l’épanouissement professionnel, la recherche du bonheur, la maladie mentale, le suicide même. Larcenet aborde bon nombre de sujets ordinaires. Tôt ou tard, tout être humain occidental (nous avons ce luxe, ou cette malédiction, c’est selon) doit affronter toutes ou parties de ces questions. Ce combat est éloigné du romantisme des chevaliers ou des symboles des super héros. Il s’agit pourtant d’un combat, ordinaire, le vôtre mais aussi le mien.
Marco n’est qu’un homme normal et son parcours pourrait sembler bien banal. Il n’en est rien. Larcenet livre un récit profondément touchant, sans tomber dans le drame, et parvient à transformer le commun en extraordinaire, tout simplement. Les choses les plus simples étant souvent les plus difficiles à atteindre, je ne peux que m’incliner et saluer l’artiste. Bravo !
À l’époque, j’avais déjà hésité à mettre la note maximale après avoir dévoré le premier album. Ma lecture des quatre tomes achevée, le doute n’est plus permis. Le combat est peut-être ordinaire, mais la lecture n’en sera que plus fabuleuse.
Je m’insurge contre les 2* attribuées par l’autre critique.
Bizarrement Nero Wolfe est très peu connu en France, alors qu’il est culte aux US avec des critiques dithyrambiques unanimes.
A quand la vraie première édition correcte ?
Je me suis régalé de ces adaptations en bd qui, en plus d’être excellentes, viennent combler un vide en France donc.
Je ne garde toute la série « BD détective » dans ma bibliothèque presqu’exclusivement que pour Nero Wolfe.
De loin les meilleures de la série et peut-être pour moi les meilleures BD policières que je n’ai jamais lues.
Mais je dois reconnaître que je ne suis pas un spécialiste du style.
Davy Mourier nous emmène à Cuba pour des vacances qu'il n'a pas vraiment souhaitées...
La force de cette bd, au-delà de son humour, c'est ce qu'elle transmet sur ce pays en proie à la misère et au totalitarisme. Ça se lit super bien. Vraiment j'ai beaucoup aimé.
J'en ai un merveilleux souvenir de toute cette collection !
C'était immersif, les dessins étaient agréables à regarder et j'adorais le format qui est très original.
Excellent, magistral, limpide, fluide et complet !
Voilà les mots qui viennent à l'esprit pour qualifier cet album, qui arrive à intéresser sur près de 500 pages sans jamais ennuyer, sans jamais donner l'impression d'accumuler artificiellement les infos. Et ce sur un sujet pas forcément glamour, puisqu'il est question ici de "l'aventure atomique", de tout le cheminement qui va aboutir à l'utilisation de bombes atomiques les 6 et 9 août 1945 sur le Japon.
Complet, car nous suivons tous les savants qui ont imaginé, puis conçu, fabriqué cette "bombe". Leurs relations, leur engagement (dans le contexte de la guerre contre le fascisme), leur enthousiasme, mais aussi leurs questionnements - pendant leurs recherches, mais surtout à partir du moment où ils vont concevoir la portée de leur découverte, les destructions qui peuvent s'ensuivre.
Complet car chaque étape, chaque "progrès" est clairement pointé, aux États-Unis, avec un contexte bien planté: comme l'avancée de la guerre, qui rend de plus en plus nécessaire l'aboutissement de cette aventure intellectuelle, scientifique et industrielle, mais aussi qui, au bout d'un moment, alors que le Japon est déjà à genoux, pose la question morale de l'utilité de l'utilisation de cette arme horrible. Mais aussi comme l'avancée des recherches dans le même domaine en Angleterre, mais surtout au Japon, en URSS.
Complet enfin parce que ceux qui veulent approfondir leurs connaissances sur le sujet liront avec bonheur le dossier final, et l'importante bibliographie qui le clôt.
C'est ainsi que nous suivons l'avancée de la guerre en parallèle de celle de la conception de cette arme. Et le tout est très fluide, comme je l'ai dit, on ne s'ennuie jamais, c'est très vivant, chaque personnage est clairement identifié, sa personnalité développée. Tous les personnages sont "historiques", mais on croirait qu'ils ne sont que des créations littéraires, tant la lecture est pleine de rythme. On aimerait d'ailleurs que ce ne soit pas réel, étant donné les dégâts causés par cette bombe, et la menace constante qu'elle fait peser depuis sur l'humanité. Et aussi parce que les enjeux industriels, financiers et diplomatiques qui en ont découlé ont permis la main mise sur beaucoup de décisions hors cadre démocratique, de la part du complexe militaro-industriel.
L'album éclaire aussi la façon dont les militaires, et plus largement le complexe militaro-industriel, ont pris le dessus auprès des politiques, face aux chercheurs, dépossédés de leur créature, et qui pour certains s'opposeront, trop tard, à l'utilisation sans débats d'une arme aussi destructrice. Je passe sur les cobayes utilisés cyniquement sans leur consentement, et la justification hypocrite de l'utilisation des deux bombes - qui testaient ainsi deux technologies différentes (faire capituler le Japon, alors que cela était presque déjà acté, et que le message était presque plus destiné aux Soviétiques, dans une guerre froide qui déjà était dans les têtes des dirigeants des deux futurs "blocs").
J'ai avalé cet album d'une traite. Et je dois dire que le dessin, réaliste et précis, fait lui aussi beaucoup pour l'intérêt et la fluidité de cet album, dont je vous recommande vraiment la lecture.
Depuis longtemps j'avais envie de poster cet album, j'y arrive enfin par un prêt bienvenu de la seule édition qui existe en français. N'ayons pas peur des mots : c'est le chef d'oeuvre de Fernando Fernandez, grand auteur espagnol, très admiré dans son pays, moins connu en France tout simplement parce que peu d'éditeurs français se sont intéressés à son oeuvre, ses Bd ne sont pour la plupart pas traduites ou pas éditées en album, c'est le cas notamment de "Zora et les Hibernautes", une splendide Bd de science-fiction, au ton très érotique, qui n'a été vue en France que dans la revue Fantastik dans les années 80, mais il n'existe pas d'album, alors qu'il a été publié aux Etats-Unis dans Creepy.
Pour cette version de Dracula, on peut dire que c'est l'aboutissement de l'immense talent de Fernandez, de sa parfaite maîtrise du dessin et de l'art pictural, car son style est unique, Fernandez s'est d'abord fait connaitre en Espagne comme peintre et illustrateur, on retrouve ce style très pictural dans ses Bd, avec un dessin ici réalisé en couleurs directes, à la peinture à l'huile, ce qui donne un rendu identique à des toiles de maître, un peu comme le fait Segrelles sur Le Mercenaire, sauf que sa technique est plus lisse, chez Fernandez c'est plus torturé et plus pictural, et la composition des planches avec leurs cadrages est assez hardie. C'est la grande force de cet album.
Sinon, il n'y a que peu de surprises au niveau histoire, on retrouve les personnages du roman, les mêmes situations et les composantes du récit vus dans de nombreuses adaptations cinématographiques et en BD, encore qu'en BD, l'exploitation du mythe de Dracula n'a pas été aussi pléthorique. Certains passages du roman ont été raccourcis pour des questions de mise en page, mais ça ne gène pas la progression narrative, et malgré ça, il n'est pas malvenu de dire que c'est la plus fidèle adaptation du roman de Bram Stoker en bande dessinée. Par ses compositions et son dessin superbe, Fernandez installe un gothique macabre du plus bel effet avec une ambiance pesante bien rendue, il nous fait pénétrer sans mal dans l'univers angoissant et effrayant du saigneur des Carpates, c'est un véritable roman graphique, mais que j'ai préféré classer en genre fantastique parce que cette histoire plonge en plein dedans.
A noter que la bande est parue d'abord dans la version espagnole de Creepy entre 1982 et 83, elle fut publiée en France dans la revue Fantastik en 1983-84, c'est là que je l'avais découverte, puis dans Ere comprimée entre 1985 et 86, avant de connaitre une édition en album chez Campus ; longtemps introuvable, cet album s'il est en très bon état, peut varier entre 30 et 40 euros voire plus, mais sur internet, j'ai vu des éditions en bon état à 5 euros, donc on ne sait pas trop à qui se fier, mais sachez que c'est un album qui n'a jamais été réedité, il peut constituer donc une intéressante curiosité d'un auteur peu connu mais qui gagne à l'être, pour tous les amateurs d'adaptations littéraires.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Il était une fois en France
6 tomes qui vous tiennent en haleine sur l'histoire de Joseph Joanovici. J'aime beaucoup cette série: le dessin est beau et soigné, les couvertures sont magnifiques (et donnent envie de plonger dans l'histoire), et au delà je trouve que l'auteur a su parfaitement retranscrire les atermoiements propres à cette époque. Joseph Joanovici n'était ni tout blanc, ni tout noir: juste dans la zone grise comme tellement de Français à cette époque. Le suspense est présent, la narration (faite de flash-back, d'intrigues mêlées) est efficace. Bref, je recommande +++
La Bombe
Une vraie claque que cet album monumental. De la fuite de certains savants nazis à l'explosion d'Hiroshima, les scénaristes nous dépeignent la course à la bombe de manière complète mais également assez simplement ce qui rend la lecture fluide et intéressante. Le dessin noir et blanc colle parfaitement à l'album et certaines pages sont incroyables. L'un des meilleurs albums de l'année à lire par tous les passionnés d'Histoire.
L'Amant
Est-ce que Marguerite Duras se retournerait dans sa tombe si elle voyait que son roman a fait l'objet d'une adaptation en manga ? C'est possible mais je dois dire que c'est particulièrement réussi pour toucher un autre public moins enclin à lire des pavés de littérature. J'avais vu il y a fort longtemps le film de Jean-Jacques Annaud mais il ne m'avait guère marqué. Par ailleurs, au niveau de l'édition, on remarquera un effort pour se calquer sur le format européen avec par exemple des dessins en couleur et en commençant sa lecture par l'endroit. Bref, c'est très agréable à la lecture car la forme est soignée. La finesse sera au rendez-vous : rien de pornographique ! On va suivre un épisode amoureux dans la vie de cette romancière lorsqu'elle avait 15 ans et qu'elle vivait dans la colonie d'Indochine. C'est vrai qu'on pourrait analyser cela comme un détournement de mineur. Cependant, il convient de se replacer dans les mœurs de cette autre époque où les choses étaient sans doute plus simples. Il y a tout un charme indéniable qui se dégage de ce couple. Et puis, il y a cette fin si nostalgique. J'ai beaucoup apprécié cette version. Pour une fois, mon épouse s'est ruée sur cette lecture alors que ce n'est pas dans son habitude. Comme quoi...
Tant pis pour l'amour, ou comment j'ai survécu à un manipulateur
C'est une lecture que j'attendais avec impatience. Le thème est effectivement assez intéressant surtout si on a des proches ayant vécu pareille mésaventure. Les pervers narcissiques ou autres manipulateurs jouant sur la victimisation sont devenus de véritables plaies pour la société. Et ils sont difficiles à démasquer tant ils sont bien vus et jouent leur sympa surtout en société. L'auteure décrit avec beaucoup d'honnêteté ce qu'elle a vécu comme histoire d'amour avec Marcus. Tout commence toujours bien. Cependant, le conte de fée se transforme assez vite en cauchemar. Une relation peut vite devenir toxique. Il faut faire très attention pour ne pas sombrer. On pourrait penser que nous avons une seule version et pas l'autre mais je crois fermement à ce que nous livre Sophie Lambda. Il y a une sincérité du propos qui l'honore. C'est certes personnel mais il faut livrer le témoignage pour comprendre, car ce genre de relation arrive plus qu'on ne le pense. Il faut aller chercher de l'aide auprès d'un professionnel pour se reconstruire et surtout comprendre ce qui arrive. Autant dire que j'ai grandement apprécié cette lecture. La fin nous livrera toutes les explications utiles sur ces affreux manipulateurs qui sont capables de nous faire douter au quotidien. Le hoovering n'aura plus aucun secret pour vous. Je souhaite en tout cas beaucoup de courage et de bonheur à l'auteure.
Le combat ordinaire
Lorsque je découvre « Le Combat ordinaire », nous sommes en 2004 et je n’ai pas encore 20 ans. À l’époque, je suis un peu rebuté par le dessin de Larcenet et de ses contemporains comme Blain, Sfar ou Trondheim. Je suis encore jeune, bercé par Astérix et Les aventures de Tintin et retombé dans la bande dessinée depuis un peu plus d’une année grâce à des séries plus accessibles comme Trolls de Troy ou Lanfeust de Troy. Malgré mon apriori sur le dessin, que je ne manque pas de relever dans mon premier avis, le contenu m’enthousiasme immédiatement. Mieux, au fil des pages, le trait de Larcenet me convainc de plus en plus et finit même par emporter mon adhésion. Aujourd’hui, avec le recul, je peux même affirmer que « Le Combat ordinaire » fait partie des séries qui ont contribué à faire évoluer mes goûts en matière d’esthétique et de bandes dessinées. C’est notamment grâce à cette série que j’ai pu rejoindre les « vieux de la vieille » de BDThèque dont je ne comprenais pas toujours les opinions il y a plus de quinze ans (one shot vs. séries à rallonge, dessins moins main stream vs. Soleil Production et consorts, etc.). Si le trait paraît simple, Larcenet propose quelques planches d’une grande force. Je pense en particulier aux « gueules » des ouvriers du chantier naval ou aux scènes de bord de mer, à côté de la maison des parents de Marco. « Le Combat ordinaire » … rarement un titre aura aussi bien résumé une œuvre. Marco, le protagoniste principal, c’est Larcenet, c’est vous, c’est moi, c’est tout le monde. Les thèmes abordés sont nombreux : les relations familiales, la peur de s’engager, la découverte de son passé, les contentieux politiques, le passage à l’âge adulte, la fondation d’une famille, les addictions, l’épanouissement professionnel, la recherche du bonheur, la maladie mentale, le suicide même. Larcenet aborde bon nombre de sujets ordinaires. Tôt ou tard, tout être humain occidental (nous avons ce luxe, ou cette malédiction, c’est selon) doit affronter toutes ou parties de ces questions. Ce combat est éloigné du romantisme des chevaliers ou des symboles des super héros. Il s’agit pourtant d’un combat, ordinaire, le vôtre mais aussi le mien. Marco n’est qu’un homme normal et son parcours pourrait sembler bien banal. Il n’en est rien. Larcenet livre un récit profondément touchant, sans tomber dans le drame, et parvient à transformer le commun en extraordinaire, tout simplement. Les choses les plus simples étant souvent les plus difficiles à atteindre, je ne peux que m’incliner et saluer l’artiste. Bravo ! À l’époque, j’avais déjà hésité à mettre la note maximale après avoir dévoré le premier album. Ma lecture des quatre tomes achevée, le doute n’est plus permis. Le combat est peut-être ordinaire, mais la lecture n’en sera que plus fabuleuse.
Nero Wolfe
Je m’insurge contre les 2* attribuées par l’autre critique. Bizarrement Nero Wolfe est très peu connu en France, alors qu’il est culte aux US avec des critiques dithyrambiques unanimes. A quand la vraie première édition correcte ? Je me suis régalé de ces adaptations en bd qui, en plus d’être excellentes, viennent combler un vide en France donc. Je ne garde toute la série « BD détective » dans ma bibliothèque presqu’exclusivement que pour Nero Wolfe. De loin les meilleures de la série et peut-être pour moi les meilleures BD policières que je n’ai jamais lues. Mais je dois reconnaître que je ne suis pas un spécialiste du style.
Davy Mourier VS
Davy Mourier nous emmène à Cuba pour des vacances qu'il n'a pas vraiment souhaitées... La force de cette bd, au-delà de son humour, c'est ce qu'elle transmet sur ce pays en proie à la misère et au totalitarisme. Ça se lit super bien. Vraiment j'ai beaucoup aimé.
Une bande dessinée dont tu es le héros
J'en ai un merveilleux souvenir de toute cette collection ! C'était immersif, les dessins étaient agréables à regarder et j'adorais le format qui est très original.
La Bombe
Excellent, magistral, limpide, fluide et complet ! Voilà les mots qui viennent à l'esprit pour qualifier cet album, qui arrive à intéresser sur près de 500 pages sans jamais ennuyer, sans jamais donner l'impression d'accumuler artificiellement les infos. Et ce sur un sujet pas forcément glamour, puisqu'il est question ici de "l'aventure atomique", de tout le cheminement qui va aboutir à l'utilisation de bombes atomiques les 6 et 9 août 1945 sur le Japon. Complet, car nous suivons tous les savants qui ont imaginé, puis conçu, fabriqué cette "bombe". Leurs relations, leur engagement (dans le contexte de la guerre contre le fascisme), leur enthousiasme, mais aussi leurs questionnements - pendant leurs recherches, mais surtout à partir du moment où ils vont concevoir la portée de leur découverte, les destructions qui peuvent s'ensuivre. Complet car chaque étape, chaque "progrès" est clairement pointé, aux États-Unis, avec un contexte bien planté: comme l'avancée de la guerre, qui rend de plus en plus nécessaire l'aboutissement de cette aventure intellectuelle, scientifique et industrielle, mais aussi qui, au bout d'un moment, alors que le Japon est déjà à genoux, pose la question morale de l'utilité de l'utilisation de cette arme horrible. Mais aussi comme l'avancée des recherches dans le même domaine en Angleterre, mais surtout au Japon, en URSS. Complet enfin parce que ceux qui veulent approfondir leurs connaissances sur le sujet liront avec bonheur le dossier final, et l'importante bibliographie qui le clôt. C'est ainsi que nous suivons l'avancée de la guerre en parallèle de celle de la conception de cette arme. Et le tout est très fluide, comme je l'ai dit, on ne s'ennuie jamais, c'est très vivant, chaque personnage est clairement identifié, sa personnalité développée. Tous les personnages sont "historiques", mais on croirait qu'ils ne sont que des créations littéraires, tant la lecture est pleine de rythme. On aimerait d'ailleurs que ce ne soit pas réel, étant donné les dégâts causés par cette bombe, et la menace constante qu'elle fait peser depuis sur l'humanité. Et aussi parce que les enjeux industriels, financiers et diplomatiques qui en ont découlé ont permis la main mise sur beaucoup de décisions hors cadre démocratique, de la part du complexe militaro-industriel. L'album éclaire aussi la façon dont les militaires, et plus largement le complexe militaro-industriel, ont pris le dessus auprès des politiques, face aux chercheurs, dépossédés de leur créature, et qui pour certains s'opposeront, trop tard, à l'utilisation sans débats d'une arme aussi destructrice. Je passe sur les cobayes utilisés cyniquement sans leur consentement, et la justification hypocrite de l'utilisation des deux bombes - qui testaient ainsi deux technologies différentes (faire capituler le Japon, alors que cela était presque déjà acté, et que le message était presque plus destiné aux Soviétiques, dans une guerre froide qui déjà était dans les têtes des dirigeants des deux futurs "blocs"). J'ai avalé cet album d'une traite. Et je dois dire que le dessin, réaliste et précis, fait lui aussi beaucoup pour l'intérêt et la fluidité de cet album, dont je vous recommande vraiment la lecture.
Dracula (Fernandez)
Depuis longtemps j'avais envie de poster cet album, j'y arrive enfin par un prêt bienvenu de la seule édition qui existe en français. N'ayons pas peur des mots : c'est le chef d'oeuvre de Fernando Fernandez, grand auteur espagnol, très admiré dans son pays, moins connu en France tout simplement parce que peu d'éditeurs français se sont intéressés à son oeuvre, ses Bd ne sont pour la plupart pas traduites ou pas éditées en album, c'est le cas notamment de "Zora et les Hibernautes", une splendide Bd de science-fiction, au ton très érotique, qui n'a été vue en France que dans la revue Fantastik dans les années 80, mais il n'existe pas d'album, alors qu'il a été publié aux Etats-Unis dans Creepy. Pour cette version de Dracula, on peut dire que c'est l'aboutissement de l'immense talent de Fernandez, de sa parfaite maîtrise du dessin et de l'art pictural, car son style est unique, Fernandez s'est d'abord fait connaitre en Espagne comme peintre et illustrateur, on retrouve ce style très pictural dans ses Bd, avec un dessin ici réalisé en couleurs directes, à la peinture à l'huile, ce qui donne un rendu identique à des toiles de maître, un peu comme le fait Segrelles sur Le Mercenaire, sauf que sa technique est plus lisse, chez Fernandez c'est plus torturé et plus pictural, et la composition des planches avec leurs cadrages est assez hardie. C'est la grande force de cet album. Sinon, il n'y a que peu de surprises au niveau histoire, on retrouve les personnages du roman, les mêmes situations et les composantes du récit vus dans de nombreuses adaptations cinématographiques et en BD, encore qu'en BD, l'exploitation du mythe de Dracula n'a pas été aussi pléthorique. Certains passages du roman ont été raccourcis pour des questions de mise en page, mais ça ne gène pas la progression narrative, et malgré ça, il n'est pas malvenu de dire que c'est la plus fidèle adaptation du roman de Bram Stoker en bande dessinée. Par ses compositions et son dessin superbe, Fernandez installe un gothique macabre du plus bel effet avec une ambiance pesante bien rendue, il nous fait pénétrer sans mal dans l'univers angoissant et effrayant du saigneur des Carpates, c'est un véritable roman graphique, mais que j'ai préféré classer en genre fantastique parce que cette histoire plonge en plein dedans. A noter que la bande est parue d'abord dans la version espagnole de Creepy entre 1982 et 83, elle fut publiée en France dans la revue Fantastik en 1983-84, c'est là que je l'avais découverte, puis dans Ere comprimée entre 1985 et 86, avant de connaitre une édition en album chez Campus ; longtemps introuvable, cet album s'il est en très bon état, peut varier entre 30 et 40 euros voire plus, mais sur internet, j'ai vu des éditions en bon état à 5 euros, donc on ne sait pas trop à qui se fier, mais sachez que c'est un album qui n'a jamais été réedité, il peut constituer donc une intéressante curiosité d'un auteur peu connu mais qui gagne à l'être, pour tous les amateurs d'adaptations littéraires.