J'ai lu deux fois la BD. Quel régal, quelle fraîcheur. On y trouve de l'humour, de l'instruction, de l'actualité, un peu de suspense et du vécu. On a l'impression de vivre la même aventure, on entre dans l'histoire et on vit les émotions d'Emmanuel.
Les dessins sont fabuleux et chapeau.
Je la relirai encore car c'est une BD riche mais super accessible et humaine.
Bravo Emmanuel.
Ce qui est drôle, avec Fabcaro, c'est que c'est à chaque fois la même recette que l'album précédent et pourtant, c'est toujours plus barré et plus drôle. Pour l'instant, de ceux que j'ai lus, je trouve que Et si l'amour, c'était aimer ? est son point culminant dans l'absurde et dans le rire. Le décalage entre ses dessins figés, au trait sérieux voire limite austère, et ses dialogues ridicules, pseudo-philosophiques et toujours hilarants atteint un joli degré de perfection.
Je ne sais pas si c'est moi qui m'habitue et savoure davantage l'humour de Fabcaro à chaque album, ou si c'est effectivement chacun de ses albums qui révèle une maîtrise de l'absurde toujours plus forte (pourtant, je ne les lis pas dans l'ordre de parution), mais là, vraiment, j'ai trouvé ça absolument génial. A chaque page, Fabcaro atteint une forme d'équilibre de l'excès (si j'ose dire) très étonnant, finalement assez difficile à décrire de manière juste. C'est n'importe quoi, c'est carrément too much, c'est grotesque et débile, mais il y a un sens de la mesure et du timing comique vraiment exceptionnel, qui crée une alchimie irrésistible.
Le dessin est terriblement efficace, avec ses plans fixes en contradiction avec les dialogues (les personnages décrivant ce qu'ils voient et que, donc, le spectateur ne voit pas). Très paradoxale, comme tout l'art de Fabcaro, il y a là une science du plan juste à la fois très cinématographique (on imagine les personnages parler face caméra - c'est sans doute plus télévisuel à la Kaamelott que cinématographique -, on les entend même dans notre tête) et pas du tout (une absence totale de montage qui créerait un film chiant au possible si on en tentait une adaptation littérale).
En fait, Fabcaro, c'est ça : l'art du paradoxe poussé à l'extrême. C'est tellement bête, mais pensé de manière tellement intelligente. C'est aussi complexe que ça a l'air simple. C'est ridicule voire bouffon, mais en même temps, le ton extrêmement pince-sans-rire de l'ensemble donne à la BD une élégance et une finesse inattendues. Bref, c'est tout et son extrême. Il n'y a pas vraiment de mots pour décrire ça. Bref, c'est du Fabcaro.
Un monde post-apocalyptique vraiment original avec un dessin qui le rend bien. On ne sauve pas le monde, les survivants ne vivent pas dans l'horreur, il n'y a pas de zombies, etc... Toutefois la mythologie de cet univers, inspirée de la mythologie nordique, est particulièrement bien construite.
Des personnages attachants et une histoire qui tient la route.
New York, ses blocs, ses immeubles, ses rues, ses odeurs et surtout, la vie de ses habitants et leurs histoires de tous les jours. Will Eisner nous peint, une fois encore et avec un immense talent, ces petits riens du quotidiens, ces malheurs invisibles et ces scènes prises sur le vif. A travers une galerie de portraits attachants, il nous raconte New York. Une grille d’aération dans la rue, une porte d’immeuble, des escaliers menant au perron d’une maison, un lampadaire qui sert de refuge, une poubelle… servent de point d’ancrage au parcours de vie de ses personnages. Les thèmes des histoires s’enchaînent avec naturel et on ressent le temps qui passe. On est dans la vie ordinaire de gens ordinaires pour lesquels, bien souvent, le quotidien est difficile. Le dessin est d’une grande finesse et les expressions des personnages traduisent toutes les émotions de la vie. Will Eisner brosse sans concession le portrait de la ville qu’il aime et qu’il nous fait aimer aussi. Ce récit au fil de l’eau est plein de poésie et nous fait forcément penser au New York de Woody Allen.
De la haute fantasy, comme elle se doit d'être.
Les dessins sont magiques, les paysages rêveurs et les personnages vivants et caractériels, attachants ou exécrables. Certes l'histoire n'est pas particulièrement intéressante, mais on n'est pas là pour ça, lorsque l'on lit Gorn.
J'ai trouvé cette série, en tout cas les premiers tomes, excellente.
Beaux dessins, histoire malheureusement plus proche de la réalité du Maripasoula des années 90 que de la fiction.
Plus que distraire, l'auteur cherche vraiment à témoigner d'une époque pas tout à fait révolue où l'état français préférait fermer les yeux sur la situation du Haut Maroni et laisser des milices faire la loi... A lire !
Au supermarché, on a tous déjà vécu des situations telles que : la cliente nous précèdant à la caisse qui commence à chercher ses tickets de réduction au moment de régler ses courses, le client qui nous brûle la politesse et s’empare du dernier article devant nous ou encore la cliente qui fait ses courses portable à l’oreille et qui partage ainsi sa conversation avec tout le magasin. . . et il y a bien d’autres encore.
À travers une galerie de portraits de clients mais aussi de salariés stéréotypés, Marco PAULO et BULTREYS nous font partager le quotidien de l’activité d’un supermarché ????. Rien n’a été oublié : parking, caisse, sécurité, dégustations et autres animations commerciales. . . tout y passe et c’est un véritable RÉGAL ! Les situations évoquées sont parlantes et nous ramènent à notre vécu. J’ai eu l’impression d’être dans un supermarché et de tomber sur chaque situation au détour d’un rayon. Je ne suis pas grande lectrice de bande dessinée mais, avec Au Grand Magasin, j’ai redécouvert le genre à travers de chouettes dessins en noir et blanc. Vivement le volume 2 !
Je vous recommande la lecture de cette BD ! Vous passerez un super moment !
Roulement de tambour s’il vous plaît. Oyé Oyé voici le commandant Ernesto « Ché » Guevara ! Faites de la place à cet album admirable dans votre bibliothèque. Je suis encore sous le choc de la lecture de cette BD fantastique. Un pavé de plus de 400 pages. Que vous soyez un fan ou pas de la révolution cubaine, que vous soyez un communiste endurci ou un impérialiste convaincu, vous serez subjugués par la vie de ce révolutionnaire argentin auréolé d’un prestige sans égal dans le monde entier.
Jon Lee Anderson – journaliste au New Yorker, correspondant de guerre et spécialiste de l’Amérique latine - tire un portrait sans concession de ce mythe porté aux nues et sans nul doute plus connu qu’Elvis, que de Ronaldo ou encore que de Madonna. Cette adoration hors norme a son côté obscur et c’est le prisme de ce récit sans concession. Intéressant de livrer une vérité sur ce parangon d’une jeunesse rebelle. Vous ne porterez peut-être plus votre teeshirt avec l’effigie du Ché ! C’est le seul risque que vous prenez à la lecture de cette biographie.
Alors vous faites quoi ?
Vous avez raison, il faut plonger dans ce portrait sans mansuétude, mais ô combien captivant. Vous allez vous régaler. A vous ce personnage que vous allez côtoyer de 1952 quand il quitte Buenos Aires pour parcourir l’Amérique Latine à sa mort le 9 octobre 1967 à La Huguera en Bolivie. 15 ans de sa vie sous les feux des projecteurs avec une kyrielle de personnages haut en couleurs …. Fidel Castro, Nixon, Kennedy, Nasser, Kabila ou en encore Kroutchev. Elle a de la gueule cette galerie. Voilà un cours d’histoire comme vous n’en n’aurez jamais.
Le style narratif est excellent en s’appuyant sur des articles de presse d’époque et sur la correspondance entretenue par le Ché avec sa famille et avec Fidel. Nous sommes dans ses pensées. Dans son intimité. Nous appréhendons ses doutes et ses certitudes. Nous percevons sa personnalité bien complexe. Aucune empathie pour ses parents ou pour les femmes qui ont partagé sa vie et qu’il a délaissé pour vivre égoïstement ses révolutions à Cuba, au Congo ou encore en Bolivie.
Tout ceci est magnifié par la patte du mexicain José Hernández. Que c’est beau ! Le dessin est d’un réalisme époustouflant. Il accompagne les mots d'Anderson. Le côté sombre exalte le plaisir des yeux. Dingue le boulot qu’il a fallu pour réaliser ces 429 planches. Je suis encore abasourdi par ce graphisme. Impressionnant. Les traits de Fidel ou d’Ernesto sont ultra méga stupéfiants. Des photographies. Nous sommes tout simplement dans une sorte de reportage photo. Renversant.
Et vous savez, avec cet album c’est à vous de juger Ernesto Guevara. Doit-il rester une référence iconique pour des adolescents révoltés ou n’est-il en fin de compte qu’un vulgaire révolutionnaire sanguinaire ? Jon Lee Anderson ne fait que restituer des faits en s’interdisant de juger les actions du commandant. Ça va vous bouger, ça va vous perturber, ça va vous déranger mais au bout du bout ça va vous questionner. Quand je vous dis que la lecture de cet album est exquise.
Cela fait bien longtemps que mon petit coeur n’avait pas palpité autant à la lecture d'une BD. Aussi cette biographie documentée enrichissante, je vous la recommande sans réserve.
J'ai vraiment été bluffé par la qualité de cet ouvrage. Il s'agit d'un véritable livre d'Histoire, qui selon moi, devrait même être étudié à l'école.
C'est documenté, riche, bien écrit et surtout captivant. Il n'y a aucun temps mort. La facilité d'accès de cet ouvrage historique m'a fortement fait penser aux auteurs tels que Gallo ou Dumas, ou encore Stéphane Bern et tous les autres passeurs d'Histoire.
J'ai particulièrement apprécié la narration et le fait que ce soit l'uranium le narrateur. Cela a permis en quelque sorte, d'humaniser l'inhumain.
5 étoiles + coup de coeur
MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
La terrible "photo" d'une époque.
Mary Jane Kelly est la dernière victime de Jack l'éventreur. Mais peut-on définir une victime à son tueur ? Ici c'est un projet qui trottait dans la tête de son auteur Frank Le Gall depuis 20 ans (voire 30 ans), il s'en est fallu de peu pour que cette œuvre meure dans l’œuf. Un changement d'éditeur, un "mariage arrangé" avec un dessinateur talentueux, Damien Cuvillier, dont les aquarelles font mouche, et voilà, cet album sort enfin, triste image d'une période sombre où les femmes comptaient peu si elles étaient d'extraction modeste.
Je vous recommande sa lecture.
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Ma voisine est indonésienne
J'ai lu deux fois la BD. Quel régal, quelle fraîcheur. On y trouve de l'humour, de l'instruction, de l'actualité, un peu de suspense et du vécu. On a l'impression de vivre la même aventure, on entre dans l'histoire et on vit les émotions d'Emmanuel. Les dessins sont fabuleux et chapeau. Je la relirai encore car c'est une BD riche mais super accessible et humaine. Bravo Emmanuel.
Et si l'amour c'était aimer ?
Ce qui est drôle, avec Fabcaro, c'est que c'est à chaque fois la même recette que l'album précédent et pourtant, c'est toujours plus barré et plus drôle. Pour l'instant, de ceux que j'ai lus, je trouve que Et si l'amour, c'était aimer ? est son point culminant dans l'absurde et dans le rire. Le décalage entre ses dessins figés, au trait sérieux voire limite austère, et ses dialogues ridicules, pseudo-philosophiques et toujours hilarants atteint un joli degré de perfection. Je ne sais pas si c'est moi qui m'habitue et savoure davantage l'humour de Fabcaro à chaque album, ou si c'est effectivement chacun de ses albums qui révèle une maîtrise de l'absurde toujours plus forte (pourtant, je ne les lis pas dans l'ordre de parution), mais là, vraiment, j'ai trouvé ça absolument génial. A chaque page, Fabcaro atteint une forme d'équilibre de l'excès (si j'ose dire) très étonnant, finalement assez difficile à décrire de manière juste. C'est n'importe quoi, c'est carrément too much, c'est grotesque et débile, mais il y a un sens de la mesure et du timing comique vraiment exceptionnel, qui crée une alchimie irrésistible. Le dessin est terriblement efficace, avec ses plans fixes en contradiction avec les dialogues (les personnages décrivant ce qu'ils voient et que, donc, le spectateur ne voit pas). Très paradoxale, comme tout l'art de Fabcaro, il y a là une science du plan juste à la fois très cinématographique (on imagine les personnages parler face caméra - c'est sans doute plus télévisuel à la Kaamelott que cinématographique -, on les entend même dans notre tête) et pas du tout (une absence totale de montage qui créerait un film chiant au possible si on en tentait une adaptation littérale). En fait, Fabcaro, c'est ça : l'art du paradoxe poussé à l'extrême. C'est tellement bête, mais pensé de manière tellement intelligente. C'est aussi complexe que ça a l'air simple. C'est ridicule voire bouffon, mais en même temps, le ton extrêmement pince-sans-rire de l'ensemble donne à la BD une élégance et une finesse inattendues. Bref, c'est tout et son extrême. Il n'y a pas vraiment de mots pour décrire ça. Bref, c'est du Fabcaro.
Stand Still, Stay Silent
Un monde post-apocalyptique vraiment original avec un dessin qui le rend bien. On ne sauve pas le monde, les survivants ne vivent pas dans l'horreur, il n'y a pas de zombies, etc... Toutefois la mythologie de cet univers, inspirée de la mythologie nordique, est particulièrement bien construite. Des personnages attachants et une histoire qui tient la route.
New York trilogie (Big City)
New York, ses blocs, ses immeubles, ses rues, ses odeurs et surtout, la vie de ses habitants et leurs histoires de tous les jours. Will Eisner nous peint, une fois encore et avec un immense talent, ces petits riens du quotidiens, ces malheurs invisibles et ces scènes prises sur le vif. A travers une galerie de portraits attachants, il nous raconte New York. Une grille d’aération dans la rue, une porte d’immeuble, des escaliers menant au perron d’une maison, un lampadaire qui sert de refuge, une poubelle… servent de point d’ancrage au parcours de vie de ses personnages. Les thèmes des histoires s’enchaînent avec naturel et on ressent le temps qui passe. On est dans la vie ordinaire de gens ordinaires pour lesquels, bien souvent, le quotidien est difficile. Le dessin est d’une grande finesse et les expressions des personnages traduisent toutes les émotions de la vie. Will Eisner brosse sans concession le portrait de la ville qu’il aime et qu’il nous fait aimer aussi. Ce récit au fil de l’eau est plein de poésie et nous fait forcément penser au New York de Woody Allen.
Gorn
De la haute fantasy, comme elle se doit d'être. Les dessins sont magiques, les paysages rêveurs et les personnages vivants et caractériels, attachants ou exécrables. Certes l'histoire n'est pas particulièrement intéressante, mais on n'est pas là pour ça, lorsque l'on lit Gorn.
L'Or (Futuropolis)
J'ai trouvé cette série, en tout cas les premiers tomes, excellente. Beaux dessins, histoire malheureusement plus proche de la réalité du Maripasoula des années 90 que de la fiction. Plus que distraire, l'auteur cherche vraiment à témoigner d'une époque pas tout à fait révolue où l'état français préférait fermer les yeux sur la situation du Haut Maroni et laisser des milices faire la loi... A lire !
Au grand magasin
Au supermarché, on a tous déjà vécu des situations telles que : la cliente nous précèdant à la caisse qui commence à chercher ses tickets de réduction au moment de régler ses courses, le client qui nous brûle la politesse et s’empare du dernier article devant nous ou encore la cliente qui fait ses courses portable à l’oreille et qui partage ainsi sa conversation avec tout le magasin. . . et il y a bien d’autres encore. À travers une galerie de portraits de clients mais aussi de salariés stéréotypés, Marco PAULO et BULTREYS nous font partager le quotidien de l’activité d’un supermarché ????. Rien n’a été oublié : parking, caisse, sécurité, dégustations et autres animations commerciales. . . tout y passe et c’est un véritable RÉGAL ! Les situations évoquées sont parlantes et nous ramènent à notre vécu. J’ai eu l’impression d’être dans un supermarché et de tomber sur chaque situation au détour d’un rayon. Je ne suis pas grande lectrice de bande dessinée mais, avec Au Grand Magasin, j’ai redécouvert le genre à travers de chouettes dessins en noir et blanc. Vivement le volume 2 ! Je vous recommande la lecture de cette BD ! Vous passerez un super moment !
Che - Une vie révolutionnaire
Roulement de tambour s’il vous plaît. Oyé Oyé voici le commandant Ernesto « Ché » Guevara ! Faites de la place à cet album admirable dans votre bibliothèque. Je suis encore sous le choc de la lecture de cette BD fantastique. Un pavé de plus de 400 pages. Que vous soyez un fan ou pas de la révolution cubaine, que vous soyez un communiste endurci ou un impérialiste convaincu, vous serez subjugués par la vie de ce révolutionnaire argentin auréolé d’un prestige sans égal dans le monde entier. Jon Lee Anderson – journaliste au New Yorker, correspondant de guerre et spécialiste de l’Amérique latine - tire un portrait sans concession de ce mythe porté aux nues et sans nul doute plus connu qu’Elvis, que de Ronaldo ou encore que de Madonna. Cette adoration hors norme a son côté obscur et c’est le prisme de ce récit sans concession. Intéressant de livrer une vérité sur ce parangon d’une jeunesse rebelle. Vous ne porterez peut-être plus votre teeshirt avec l’effigie du Ché ! C’est le seul risque que vous prenez à la lecture de cette biographie. Alors vous faites quoi ? Vous avez raison, il faut plonger dans ce portrait sans mansuétude, mais ô combien captivant. Vous allez vous régaler. A vous ce personnage que vous allez côtoyer de 1952 quand il quitte Buenos Aires pour parcourir l’Amérique Latine à sa mort le 9 octobre 1967 à La Huguera en Bolivie. 15 ans de sa vie sous les feux des projecteurs avec une kyrielle de personnages haut en couleurs …. Fidel Castro, Nixon, Kennedy, Nasser, Kabila ou en encore Kroutchev. Elle a de la gueule cette galerie. Voilà un cours d’histoire comme vous n’en n’aurez jamais. Le style narratif est excellent en s’appuyant sur des articles de presse d’époque et sur la correspondance entretenue par le Ché avec sa famille et avec Fidel. Nous sommes dans ses pensées. Dans son intimité. Nous appréhendons ses doutes et ses certitudes. Nous percevons sa personnalité bien complexe. Aucune empathie pour ses parents ou pour les femmes qui ont partagé sa vie et qu’il a délaissé pour vivre égoïstement ses révolutions à Cuba, au Congo ou encore en Bolivie. Tout ceci est magnifié par la patte du mexicain José Hernández. Que c’est beau ! Le dessin est d’un réalisme époustouflant. Il accompagne les mots d'Anderson. Le côté sombre exalte le plaisir des yeux. Dingue le boulot qu’il a fallu pour réaliser ces 429 planches. Je suis encore abasourdi par ce graphisme. Impressionnant. Les traits de Fidel ou d’Ernesto sont ultra méga stupéfiants. Des photographies. Nous sommes tout simplement dans une sorte de reportage photo. Renversant. Et vous savez, avec cet album c’est à vous de juger Ernesto Guevara. Doit-il rester une référence iconique pour des adolescents révoltés ou n’est-il en fin de compte qu’un vulgaire révolutionnaire sanguinaire ? Jon Lee Anderson ne fait que restituer des faits en s’interdisant de juger les actions du commandant. Ça va vous bouger, ça va vous perturber, ça va vous déranger mais au bout du bout ça va vous questionner. Quand je vous dis que la lecture de cet album est exquise. Cela fait bien longtemps que mon petit coeur n’avait pas palpité autant à la lecture d'une BD. Aussi cette biographie documentée enrichissante, je vous la recommande sans réserve.
La Bombe
J'ai vraiment été bluffé par la qualité de cet ouvrage. Il s'agit d'un véritable livre d'Histoire, qui selon moi, devrait même être étudié à l'école. C'est documenté, riche, bien écrit et surtout captivant. Il n'y a aucun temps mort. La facilité d'accès de cet ouvrage historique m'a fortement fait penser aux auteurs tels que Gallo ou Dumas, ou encore Stéphane Bern et tous les autres passeurs d'Histoire. J'ai particulièrement apprécié la narration et le fait que ce soit l'uranium le narrateur. Cela a permis en quelque sorte, d'humaniser l'inhumain. 5 étoiles + coup de coeur MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
Mary Jane
La terrible "photo" d'une époque. Mary Jane Kelly est la dernière victime de Jack l'éventreur. Mais peut-on définir une victime à son tueur ? Ici c'est un projet qui trottait dans la tête de son auteur Frank Le Gall depuis 20 ans (voire 30 ans), il s'en est fallu de peu pour que cette œuvre meure dans l’œuf. Un changement d'éditeur, un "mariage arrangé" avec un dessinateur talentueux, Damien Cuvillier, dont les aquarelles font mouche, et voilà, cet album sort enfin, triste image d'une période sombre où les femmes comptaient peu si elles étaient d'extraction modeste. Je vous recommande sa lecture.