Les derniers avis (7522 avis)

Par Chris95
Note: 5/5
Couverture de la série Aldébaran
Aldébaran

Ce premier cycle des aventures de Kim Keller sur une planète nommée Adébaran est un pur régal. Et depuis le premier tome, je continue à guetter année après année, les nouveaux cycles, retrouvant l'originalité de découvrir un nouveau monde, de nouvelles expériences. Pourtant il y a ce dessin, qui m'a au premier abord déçue, ce côté figé des personnages et une colorisation trop contrastée ne me plaisait pas trop, mais au fur et à mesure j'ai apprécié. Le scénario est très bien construit. Une réussite, je recommande.

09/10/2022 (modifier)
Couverture de la série Garulfo
Garulfo

J'ai relu les six tomes de la série pour présenter mon avis. Garulfo étant classé dans le top 10 des séries du site, c'est bien le moins que l'on puisse lui accorder. J'ai trouvé cette deuxième lecture bien plus intéressante que la première. En effet en recherchant les détails plus que l'histoire on se rend compte de la grande richesse et de l'originalité de la série. Ayroles détourne l'univers des contes merveilleux de type Perrault pour nous emmener par des chemins de traverses vers un univers plus philosophique et contestataire à la Candide de Voltaire. Pour cela les deux premiers tomes étaient suffisants. La trouvaille est de créer au tome 3 le prince Romuald, double merveilleux de Garulfo. C'est le chemin initiatique de Romuald qui donnera sens et profondeur à la fois au personnage d'Héphylie et à la vraie mission de Garulfo. Car tout se lit à travers le miroir de la mare aux grenouilles dans la série. Les auteurs nous proposent une représentation drôle mais vitriolée de la chevalerie du Moyen-Âge et des années qui suivirent. Images probablement bien plus réelles que celles qui ont formaté notre pensée jusqu'à pas si longtemps. Héphylie n'est pas Elisabeth Taylor et Garulfo est un anti-Ivanhoé pour moi. Le scénario réussit la prouesse de rester cohérent, dans l'univers merveilleux bien sûr, malgré tous les rebondissements qu'il présente. Mais le couple Garulfo/Romuald - Héphylie n'est pas seul. Noémie, Hégueulard ou l'ogre étoffent psychologiquement l'oeuvre de façon très convaincante. Les dialogues sont savoureux jouant sur de nombreux registres. Maïorana apporte un graphisme un peu pointu mais qui correspond à merveille à l'esprit satirique et humoristique de la série (au second degré). Héphylie étant la seule (avec Rainette) à apporter un peu de rondeur sexy à ce monde faussement paradisiaque. Tous les décors sont admirablement travaillés de la mare aux châteaux, des paysans aux chevaliers, le nombre de détails est impressionnant. Le graphisme et le scénario sont très bien soutenus par une très belle mise en couleur de Leprévost. Son nom apparait en couverture et je trouve cela bien mérité. C'est une excellente série que je trouve un poil en dessous du Peter Pan de Loisel car il y manque un peu de violence émotionnelle.

08/10/2022 (modifier)
Couverture de la série Les 5 Terres
Les 5 Terres

En quête d'une bonne Bd, j'aperçois dans ma petite médiathèque communale ces "5 Terres", je me dis tiens, une énième Bd avec animaux anthropomorphiques, mais il y a le nom de Lereculey, c'est un signe d'excellence, et ça peut m'intéresser... j'ignorais alors que j'allais être totalement conquis par cette histoire d'une richesse inimaginable, il est vrai que les couvertures ne sont pas spécialement attirantes, et à l'arrivée, je me retrouve à claquer la note maximale avec coup de coeur ! Dommage que ma bibli ne possède que le 1er cycle des 6 albums, et aucune des autres bibli que je fréquente ne possède cette série, je dois donc m'en contenter, mais c'est déja beaucoup. Je ne sais par où commencer tellement cette Bd est d'une qualité que je n'avais pas rencontrée depuis mars 2021 où remonte mon dernier 5 étoiles sur Zaroff. La note maximale, je la décerne que sur les Bd cultes, les chefs-d'oeuvre ou alors celles qui m'ont vraiment retourné, et c'est le cas ici car la bande place la barre très haut. Je vois qu'elle est comparée à Game of Thrones, or comme je n'ai pas vu cette série, je n'ai pas de moyen de comparaison, ça a peut-être encore plus renforcé mon intérêt, toujours est-il que j'ai pris un très grand plaisir à lire cette saga animalière, elle est très ambitieuse, de grande ampleur et de plus dotée d'un visuel époustouflant, j'y reviendrai. Sa complexité et sa densité sont telles, son univers d'une richesse inouïe, ses personnages nombreux qu'il faut la lire en continuité sans attendre les parutions, c'est pourquoi j'ai lu les 6 albums en suivant pour bien avoir les composants en tête, mais c'est long à lire tant c'est dense et très bavard. D'ailleurs, le rythme de parution est stupéfiant, quand on pense que sortent 3 albums par an, je ne sais pas comment fait Lereculey pour tenir ce rythme, surtout en maintenant une telle qualité graphique ; d'un autre côté, je l'avais vu à Rochefort lors du Festival BD de cette ville à l'époque où il était encore sur Wollodrïn, et il m'avait dit qu'il avait une capacité de travail rapide. Dès le tome 1, on est saisi par le visuel et le sérieux de l'histoire, ainsi que par des rebondissements qui se multiplieront au fil des albums, relançant à chaque fois l'intérêt. C'est un univers soi-disant médiéval ou d'heroic fantasy, je l'appellerais plutôt médiéval-Renaissance d'après la plupart des costumes des protagonistes, bien que les méthodes de combats et les armes s'apparentent à un univers médiéval. Les architectures aussi sont bien typées, c'est des styles hybrides qui vont du Moyen Age avec des tours crénelées aux logis luxueux de palais du XVIIème siècle. La carte en pages de garde permet de bien situer les 5 Terres. On voit indéniablement que la série rejoint l'excellence d'autres séries animalières anthropomorphiques comme Le Bois des Vierges, L'Épée d'Ardenois, Le Règne ou bien sûr Blacksad et même l'amusante Max et Nina au niveau des têtes et des caractères. L'ensemble est bien conçu, l'infrastructure, les paramètres, la typologie, tout ceci est bien installé pour permettre un récit captivant avec intrigues et sous-intrigues multiples, le scénario est extrêmement touffu et complexe, avec plusieurs intrigues parallèles qui font l'objet souvent de séquences courtes, ça peut dérouter un peu, mais on sent que c'est parfaitement tenu. Le dialogue est d'une grande richesse de vocabulaire, c'est même parfois un peu redondant, seul petit reproche que je peux faire, mais surtout le récit met en scène pas moins d'une trentaine de personnages, il faut les faire tous évoluer avec un background qui tient la route et ne pas en laisser trop en cours de route. Le plus incroyable, c'est qu'on arrive à s'y retrouver parmi tous ces personnages car ils ont des caractères ou des personnalités intéressantes, que ce soit le jeune Medeirion, les ombres du roi, le chien féroce Kirill, les personnages de lions, les otages... encore que ces épisodes sur les otages soient parfois peu utiles, de même que le secret du lion Blasserius me semble un peu inutile, ça aurait pu peut-être alléger la narration qui parfois s'englue légèrement dans des séquences peu importantes, comme aussi la trop grande place accordée aux étudiants. Ces petits défauts n'entravent pas le côté constamment passionnant de cette Bd. Sinon pour le fond du récit, on se retrouve avec un jeu du pouvoir qui est composé de complots, rivalités de cour, intrigues, secrets, trahisons, révoltes sanglantes, putsch léonin, assassinats, manigances diverses... bref ça tourne beaucoup autour d'un jeu politique et des échanges commerciaux, ça rappelle un peu Star Wars la Menace fantôme, et à défaut de Game of Throne que je n'ai pas vu, ça m'a fait penser aux intrigues de cour et aux rivalités politiques de l'Empire romain, notamment en BD à Murena où la cour de Néron présente à peu près les mêmes caractéristiques. Venons-en au dessin de Lereculey, il est tout simplement somptueux ! arriver à reproduire les mêmes têtes d'animaux avec leurs expressions qui les caractérisent, c'est du grand art, on les reconnait aussitôt, et le trait ne faiblit jamais malgré le rythme de parution. Le souci du détail est très poussé, le trait est extrêmement policé sur les décors, les costumes, la mise en page avec de nombreuses vues aériennes qui permettent de situer des lieux, on peut dire que Lereculey est carrément en état de grâce avec cette saga, il est heureusement bien assisté par un encreur, un coloriste qui savent donner du corps à ces planches de toute beauté. Voila donc une grande Bd comme j'en ai peu vue en bande dessinée moderne, elle mérite les honneurs, il faudra après Angleon la Terre des félins, décrire d'aussi belle façon les autres Terres pour voir comment se comportent les autres espèces animales. A noter que le récit débute au tome 1 avec l'arrivée du jeune This qui découvre la cité d'Angleon, et il se termine au tome 6 avec sa fuite et un dernier regard vers cette cité qui a marqué un épisode de sa vie, c'est un excellent parallèle de début et de fin, et une magnifique conclusion pour ce premier cycle tant ce dernier regard est troublant.

07/10/2022 (modifier)
Par herve
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions
Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions

Alpha...directions Je viens de terminer "Alpha ...directions" et que dire de plus que les précédents commentateurs... Grandiose, monumental, instructif, sublime et renversant. Pourtant, j'ai mis du temps à l'acheter ce pavé, puis à le lire car j'avais une appréhension, même si les avis étaient ici ou là dithyrambiques (mon libraire me l'avait pourtant encensé mais je restais sceptique). Et pff ! A la lecture, quelle claque, mais quelle claque ! Je ne pense pas que ce genre d'ouvrage intéresse le lecteur occasionnel mais les tarés de bd comme moi ne peuvent passer à côté de ce chef d'oeuvre (3 tomes prévus en tout). Et quelle minutie dans le dessin, où se mêlent clins d'oeil (on y voit Tintin à bord de sous marin requin - tiens Moulinsart n'a pas relevé ? - ou encore Mickey, Donald, l'arche de Nöé, bref des anachronismes à tour de pages mais toujours bien placés) et formidables dessins de volcans, de mers gelées, d'un bestiaire formidable, de dinosaures, de flore.... Une approche intéressante de l'histoire de la terre, sujet sur lequel je ne suis guère ni spécialiste ni forcement féru, et qui m'a laissé admiratif de l'auteur. Attention chef d'oeuvre. Beta...civilisations En 2009, j'étais tombé en admiration devant un ovni, intitulé "Alpha...directions". Un projet dément de l'auteur, Jens Harder, de nous présenter l'histoire de l'Humanité. 8 ans après le second volume, "Beta ...civilisations" vient poindre son nez, troisième album d'une série magistrale et ambitieuse qui prendra fin avec "Gamma...visions" prévu pour je ne sais pas quand. Ce pavé de 345 pages, mais que se lit avec avidité, va de l'Antiquité à l'épidémie de Covid. Mais ce que l'on retient surtout, ce sont les cases muettes qui illustrent cette période, cases qui reprennent le plus souvent des tableaux, des images pieuses, des extraits de bd (comme Astérix), des statues etc, bref Jens Harder s'inspire de tout les média pour nous offrir l'histoire du monde. Son dessin est précis, minutieux....un véritable travail d'orfèvre qu'il faut souligner.. Les repères chronologiques en fin de chaque chapitre sont les bienvenus. Et que dire des couleurs presque métalliques qui donnent à cet opus un cachet particulier. Avant de me lancer dans la lecture de ce troisième volume, j'ai évidemment relu les deux premiers.Et à la lecture de ces livres, j'ai l'impression que cette série monumentale est l’œuvre d'une vie. C'est beau, instructif, grandiose, bref indispensable.

13/03/2010 (MAJ le 05/10/2022) (modifier)
Couverture de la série Prisonnier en Irak
Prisonnier en Irak

Très belle découverte, tant au niveau du graphisme que du scénario. Sur un thème pourtant assez glissant (biographie, emprisonnement, différences culturelles… souvent un gros appât à poncifs), cette histoire est à la fois attendrissante, captivante et instructive. Et très joliment dessinée. La galerie de portraits est particulièrement sensible et le rythme assez lent (… normal, car il s’agit en grande partie d’emprisonnement), mais sans ennui. Un auteur à suivre !

03/10/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 5/5
Couverture de la série Un putain de salopard
Un putain de salopard

Quel plaisir! Ca faisait longtemps qu'une aventure ne m'avait pas autant tenu en haleine. Et je ne veux pas limiter ce récit à un divertissement de passage. Je serai bavard et je vais prétendre faire des liens savants avec plein de trucs. J'annonce. J'ai côtoyé le Brésil pas mal de temps (#argument pour me prendre au sérieux OK ?), alors j'oserai faire quelques rapprochements avec cette lecture... Se trouver en Amazonie au début des années 70', ça n'est pas un choix au pif. Déjà, bien sûr, il y a la dictature militaire, alors pensez bien que les peuples indigènes ne sont pas beaucoup considérés, et puis une grande forêt "ça prend de la place, et ça rapporte rien". Alors début 70', c'est le début de la fin. Il y a d'un côté l'aboutissement du projet de la Transamazonienne, une route qui transperce le cœur d'une forêt jusque-là inatteignable par l'homme "moderne". De l'autre, c'est l'histoire tragique de l'âne et la carotte : les exploitants agricoles affluent en Amazonie pour déforester car l'Etat avait rendu les terrains attractifs financièrement... Et puis l'Amazonie, ça reste malgré tout un coin très reculé et sauvage. Un coin reculé au Brésil, c'est plus la misère qu'une campagne bucolique à la française. Et puis quand la misère exilée se marie avec une autocratie, c'est la naissance d'une vache à lait qui nourrit la corruption locale, où les gangs au pouvoir règnent au côté d'une autorité civile aveugle ou complice, et où l'on ne souhaite pas naître femme. Mais bien sûr qu'il y a du bon et du beau! La nature évidemment, ce peuple brésilien décomplexé, chaleureux, enfantin, qui sait profiter de la vie malgré l’insécurité ambiante, un féminisme aussi qui, étonnamment je dirais, était un mouvement relativement actif durant cette période (et citadin normalement, d'où le fait d'avoir intégré des nénettes françaises-hippies dans le scénario peut-être) Alors désolé pour l'étalage de pseudo-connaissances mais c'est pour vous dire aussi et surtout que, tout ça, je le retrouve en continu sur les 2 tomes! Tout le temps, dans une homogénéité et une discrétion sans pareille, on passe de tel sujet à tel autre. Donc vraiment pour moi, derrière l'aventure de premier plan se cache tout un pan historique du Brésil et de l'Amazonie. Et puisque l'Histoire n'est pas forcément le passé, ces maux brésiliens sont malheureusement actuels : élections présidentielles dans 2 jours et Bolsonaro envoie des signes de coup d'état, absence de politiques de protection de l'Amazonie, inégalités géographiques et sociales au Brésil, loi qui institutionnalise complètement la corruption... Le chapitre est toujours ouvert Et puis, à ne surtout pas oublier, il y a encore les spécificités culturelles, exotiques à nos yeux. A commencer par le spiritisme bien sûr ! Une superstition chez nous, c'est une religion officielle répandue au Brésil. J'ajoute même qu'un non-spirite (càd non pratiquant de cette religion) peut malgré tout croire en la présence des esprits. J'en fais un paragraphe dédié puisque le paranormal est au cœur de l'intrigue : faut-il y croire ? C'est la grande question posée aux personnages, et les différentes péripéties amènent à quelques nuances. Pour l'anecdote, la spiritualité est une notion lointaine et importante au vitale au Brésil, mais la pensée spirite contemporaine est importée depuis... la France du XIXè siècle! Une ironie du sort que les auteurs se sont amusés à mettre en avant. Des idées peuvent mourir à un endroit et renaître ailleurs. C'est très très intelligent, le travail est bourré d'humilité car tout se fond dans cette aventure qui est avant tout... pétaradante! Mais quelle aventure ! C'est simple: chez moi il n'y a pas une seule perte de vitesse. C'est la tension permanente. Pas un instant d'ennui. Spontanément, je me souviens des premières planches, c'est généreux et plein de vie dès le départ. Et on retrouve des scènes beaucoup plus calmes et tamisées qui m'ont par moment rappelé Où le regard ne porte pas... Ces scènes intimistes dégagent pas mal d'émotions. Mais vraiment l'humour est génial. Déjà, ça ressemble beaucoup à Loisel, du souvenir que j'ai de la Quête de l'Oiseau du Temps. Et puis ces saynètes bite/couille/kiki sont très à-propos avec le Brésil, je me rappelle encore de ces discussions en-dessous de la ceinture avec des brésiliens qui raconte une histoire comme un enfant ayant fait des bêtises C'est un euphémisme de dire qu'il y a anachronisme avec ces nanas européennes qui débarquent dans la pampa brésilienne durant les 70'. Qu'à cela ne tienne, c'est une belle trouvaille scénaristique. Elles sont pétillantes et permettent aussi d'accentuer le choc de culture autant que celui des péripéties. C'est aussi intéressant quand la littérature permet à des époques différentes de se rencontrer. Et puis les femmes imposent leur place dans ce récit comme un bon poing sur la table, et ça fait plaisir! Vivement que nous n'ayons plus à faire cette remarque! Je ne veux pas oublier non plus Baïa, qui n'a rien à envier à qui que ce soit, son mutisme et sa beauté esthétique ne font pas d'ombre à son charisme. Elle partage l'aventure avec Max, ce anti-héros par excellence qui m'a fait franchement rire, avec son absence totale de maîtrise face aux situations. Naïf et attachant, la raison de sa venue au Brésil ressemble parfois à un prétexte pour chercher à "vivre une expérience pour de vrai", comme ça devait être à la mode à l'époque. Mais on dirait bien qu'il s'embourbe dans une histoire de famille qui le dépasse largement. Franchement, le troisième tome nous réserve un paquet de surprises! Et puis ce dessin, on plonge dans la nature luxuriante. Je crois avoir déjà dit ça avec Où le regard ne porte pas... , la forêt apparaît à la fois comme un immense terrain de jeux pour le récit, mais aussi comme un environnement sauvage victime de son attraction, perdant une place centrale qu'elle ne devrait pas quitter. De Régis Loisel, je ne connaissais que La Quête de l'Oiseau du temps. De Pont, j'ai parcouru avec plaisir Où le regard ne porte pas... . Et ce putain de salopard ne fait qu'augmenter davantage mon estime pour ces 2 auteurs. Ils jonglent avec les codes culturels brésiliens et les grandes questions du pays tout en nous offrant un scénario limpide, pétaradant, drôle et tendu ! Un avis très subjectif j'en ai bien conscience. Mais il ne faut pas louper la lecture, ne serait-ce que pour l'aventure et le graphisme.

30/09/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Voyage des Pères
Le Voyage des Pères

Je trouve que David Ratte s'est aventuré dans un concept original et courageux. Le sujet de la laïcité étant ce qu'il est en France proposer une relecture des Evangiles pour en faire une BD humoristique est une gageure. Sa série est un bel exemple de liberté d'expression et je trouve cela très bien. J'avoue que j'ai été bluffé par les trois tomes du cycle 1. Je ne sais pas si le parti pris de David Ratte d'une vision des textes évangéliques via trois pères des apôtres avait déjà été exploitée mais je trouve que sa proposition est vraiment intéressante. Pour ma part j'ai trouvé le scénario très créatif malgré la volonté de l'auteur de suivre au plus près la trame du parcours de Jésus décrite dans le Nouveau Testament et de garder un vocabulaire fidèle avec l'esprit du texte. Je trouve que cette double vision intérieure (la croyance) et extérieure (le scepticisme) est proposée avec beaucoup d'intelligence. Le pont entre les deux points de vue étant l'humour fourni essentiellement par Jonas dans le cycle 1 puis par les conspirateurs dans le cycle 2. Paradoxalement je trouve que c'est quand David Ratte est plus libre de son récit (T4 et T5) qu'il est un peu moins bon. Cela est vite rattrapé par le T6 que je trouve très bon avec un épilogue original qui conclut de façon inattendue et intelligente cette belle série. J'aime beaucoup ce type de graphisme semi réaliste qui convient à une BD aux dessins classiques destinés à tous les publics. J'ai particulièrement apprécié le soin apporté aux dessins des extérieurs villes et campagnes de Palestine. Les visages sont très expressifs dans leurs mimiques d'humour avec un côté légèrement caricatural pour certains personnages comme les romains. La mise en couleur est vraiment bien adaptée au récit avec ce très bon travail sur les jaunes et les bruns qui colorent les peaux, les villes et les terres arides des campagnes palestiniennes. Une belle série qui m'a conquis avec l'envie de poursuivre dans l'oeuvre de David Ratte.

30/09/2022 (modifier)
Par Yann135
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Serpent et le Coyote
Le Serpent et le Coyote

Avec la collection « signé » de chez Le Lombard, nous sommes rarement déçus. Et je ne suis pas le plus facile à séduire ! Et pourtant sur ce coup-là, je vous le dis tout de go, ce nouvel album va bien au-delà de mes attentes. C’est sublissime ! Mes yeux se sont écarquillés devant ces planches magnifiques ! Ayant sillonné de long en large l’Arizona, le Nevada ou encore l’Utah, je peux affirmer haut et fort que dès les premières pages vous êtes transportés dans le désert au point de se demander si Philippe Xavier n’y habite pas. Admirable, merveilleux, superbe, les superlatifs me manquent. J’apprécie particulièrement le trait précis de Philippe Xavier. Les détails fourmillent dans toutes les planches. Après une lecture d’une seule traite, j’ai immédiatement remis le couvert pour cette fois-ci scruter et fouiller les cases dans le moindre recoin. Je suis émerveillé. Le travail est colossal. Chapeau bas ! Même si le dessin est brillant, quid du scénario ? Matz est sur le même niveau que Philippe Xavier. C’est de la haute volée. L’histoire ne s’essouffle pas. Il y a du rythme et du suspens. C’est dynamique mes aïeux vous pouvez me croire ! Pas une seconde de répit pour le lecteur. Vous avalerez l’album comme un petit bonbon acidulé. Ca pique mais que c’est bon ! Vous pouvez faire cette virée dans le far west des années 70, les yeux fermés – ou plutôt les yeux ouverts. Dans le commentaire d’ Agecanonix qui a lu l’album en noir et blanc – une hérésie à mon avis cet album – "j'imagine qu'en couleurs, ça doit déchirer sa race" ! je confirme. Tout est dit. Cet album déchire sa race ! pour être plus conventionnel je dirais … Xavier & Matz au sommet de leur art ! Bravo !

28/09/2022 (modifier)
Par Van laere
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Labyrinthe inachevé
Le Labyrinthe inachevé

Le labyrinthe inachevé de Jeff Lemire chez Futuropolis - 2022 Will est inspecteur des bâtiments pour la ville. Quand il rentre le soir chez lui, on sent sa solitude et sa neurasthénie. Il a perdu sa fille il y a 10 ans et ses traits qui s'estompent dans sa mémoire le désespère. Un jour il reçoit un coup de fil mystérieux. La voix qu'il entend c'est celle de sa fille qui lui dit qu'elle est coincée au centre. Il se remémore les Labyrinthes qu'elle aimait faire et contre toute vraisemblance il part à sa recherche, convaincu que c'est bien elle. Dans un graphisme maîtrisé, l'auteur reste sobre dans ses couleurs qui sont apposés soit façon lavis soit comme des aquarelles. Il nous invite, cependant à suivre un fil rouge, celui, du vieux pull que la fillette affectionnait. De recherches en rencontres, Will avance et cherche. Saura-t-il trouver? Ça parle de mémoire, d'oubli, de deuil, de rédemption, de reconstruction, d'espoir. Ça se lit en apnée, avec l'émotion au bord des lèvres. Une BD magnifique tant par le dessin qui semble fait, par moment, dans l'urgence, que par le texte qui génére un coup AU cœur. Un véritable coup DE cœur #lelabyrintheinacheve #lelabyrintheinachevé #jefflemire #futuropolis #bd #deuil

24/09/2022 (modifier)
Couverture de la série L'Odyssée d'Hakim
L'Odyssée d'Hakim

Que dire ? La crise migratoire est complexe pour beaucoup de nos compatriotes, je pense que la lecture de ce témoignage ne peut qu’ouvrir les yeux à certains, une série que je considère d’utilité publique. C’est très bien raconté et mis en scène, même si s’en est un parmi tant d’autres, l’odyssée d’Hakim reflète le parcours de nombreux migrants fuyant la guerre et les violences. La trilogie retrace parfaitement les différentes étapes, interrogations, difficultés, dangers dans pareil cas. Et me renvoie la question : Que ferais-je dans une situation similaire ? Une BD profondément humaine et qui marque, à glisser dans toutes les mains.

16/09/2022 (modifier)