Les derniers avis (7519 avis)

Par Kurohime
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Kurohimé
Kurohimé

J'ai dû créer un compte pour rétablir la vérité sur ce manga. Ce manga est tout ce qu'on a perdu à l'heure actuelle dans les mangas d'aujourd'hui. C'est drôle, c'est triste, c'est une histoire cohérente et si parfois, c'est niais, et bien ça ne nous empêche pas d'être ému par les sentiments aussi simples soient-ils que l'amour, la justice dans ses formes les plus infantiles et romancées certes, mais ça suffit. Ça suffit pour s'émouvoir, ça suffit pour apprécier chaque combat, chaque dessin, chaque page, lire un tome de kurohime c'est pas comme les mangas d'aujourd'hui ou tout se ressemble, c'est une expérience complètement différente, c'est à la fois sombre, drôle, avec une note d'espoir. Honnêtement lisez ce chef d'oeuvre et ne vous arrêtez pas avant le tome 5. Ne vous limitez pas aux avis venant de lecteurs limités qui ne jureront que par Berserk et compagnie et qui jugent une oeuvre sur deux tomes juste pour suivre une tendance d'une communauté bien trop formatée. Faites vous votre propre avis, et bonne lecture :)

08/10/2023 (modifier)
Couverture de la série La Parenthèse
La Parenthèse

Je me range aux avis positifs, cette bd m’a fait pleurer pendant une moitié de la lecture, mais la fin n’est pas triste heureusement . La couverture ne donne sans doute pas envie et je crois que j’avais noté cette bd en cherchant des recommandations d’Angoulême. Elle raconte la maladie neurologique de l’autrice, sa chute puis sa remontée. Le fait qu’elle soit dessinatrice et qu’elle ait ajouté des dessins faits pendant les années où elle était jeune et malade ajoute énormément, ça va paraître dingue mais certains à mes yeux sont aussi beaux que des Picasso. Pour un public adulte, ne passez pas à côté, ça vaut le coup d’être découvert.

07/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Noire - La Vie méconnue de Claudette Colvin
Noire - La Vie méconnue de Claudette Colvin

Celui là je le mets en coup de cœur, Je l’ai découvert complètement par hasard en lisant un livre de Caroline fourest. L’histoire présente de manière simple l’histoire d’une adolescente qui a refusé de laisser sa place dans un bus pendant la ségrégation, mais tombée dans l’oubli. Le dessin des personnages est simple et ressemble à celui d’une dessinatrice à la mode, Leslie plee, mais avec les immeubles et boutiques dessinés avec plus de détails ainsi que des choix parcimonieux de couleurs, je trouve que ça donne un bel effet. Ça prend au cœur comme les histoires d’injustice évidement. C’est au rayon jeunesse de ma bibliothèque mais je n’hésiterai pas à le prêter à des adultes pendant la pause café.

07/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Les Enfants de la Résistance
Les Enfants de la Résistance

Et oui, Les Enfants de la Résistance a tout pour rentrer dans les bandes dessinées cultes ! La seconde guerre mondiale a été plusieurs fois abordée sous format BD à destination des plus jeunes. Il y a des réussites comme Les Grandes Grandes Vacances mais aussi des imparfaits tels que L’envolée sauvage. Les enfants de la résistance peut être lue par des enfants mais aussi des adultes, en effet, on ne prend pas les jeunes pour des idiots et on n'hésite pas à montrer la dureté de l’époque sans pour autant être trop sanglant ou violent. Les dessins sont très jolis, de beaux décors, les visages sont parfois un peu étranges mais ont s’y fait ! Une série que tout le monde se doit de lire !

07/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Conan le Cimmérien
Conan le Cimmérien

« Ses textes ont forgé les codes de la fantasy. Ses personnages (Conan, Kull, Solomon Kane, Red Sonja, Bran Mak Morn, El Borak, Agnès le noire...) ont marqué des générations de lecteurs. Depuis une quinzaine d’années, Robert E. Howard connaît une véritable résurrection littéraire. Débarrassée des interférences de ceux qui se l’ont appropriée après sa mort, son œuvre fondatrice est désormais accessible dans toute sa force grâce à des éditions respectueuses de son travail. » Patrice Louinet, éminent spécialiste de Robert E. Howard. En 2007 la maison d’édition Bragelonne a entrepris la compilation sous la forme de 3 intégrales des nouvelles de l’écrivain texan sur le barbare le plus connu au monde. Patrice Louinet et d’autres ont effectué un véritable travail d’archéologie littéraire, retraduisant parfois à partir des tapuscrits originaux lorsque ces derniers étaient disponibles. Ayant pour ma part ingurgité les précédentes versions en Livre de Poche lorsque j’étais plus jeune, le héros cimmérien ne m’avait pas laissé une très forte impression, ni même la plume de son créateur, bien que reconnaissant l’immense héritage laissé par ce personnage phare d’un genre que l’on nommera plus tard Heroic Fantasy. Avec ces livres j’ai pu revoir mon jugement et découvrir par la même occasion la plume d’un écrivain à part entière, éloigné de l’image de tâcheron et de fou que les médisants lui ont forgé au fil des décennies. Un bref rappel sur le sujet en question : Conan est né aux États-Unis en 1932, dans le magasine Weird Tales, sous la plume de Robert E. Howard, suicidé en 1936. Il faudra attendre 1968 et sa réédition en ouvrages de poches, aux couvertures signées Frank Frazetta, pour que le succès soit au rendez-vous. Adopté par le comics deux ans plus tard, puis par le cinéma, la télévision, les jeux de plateau…, « Conan » est devenu un mythe qui a rapidement franchit les frontières américaines. Né dans la légendaire Cimmérie, l’imposant guerrier parcourt des contrées sauvages - rencontre d’autres peuples, affronte des créatures maléfiques, lutte contre les tyrans, croise la route de jolies femmes – « pour fouler de ses sandales les trônes constellés de joyaux de la Terre »… ^^ Le projet ambitieux affiché par Glénat est ni plus ni moins que d’adapter sous papier glacé ces fameuses nouvelles originales respectueuses des écrits de leur concepteur. Adapter Conan, le vrai, pas celui qu’on a appelé Conan le Barbare, c’est un rêve de geek qui se réalise aujourd’hui, c’est noël avant l’heure ! Douze nouvelles sont annoncées au calendrier de l’éditeur. Douze dessinateurs accompagnés par un scénariste, ou en solo. Pour déclencher les hostilités l’éditeur cogne fort avec la parution de deux albums la même date, dont le premier est certainement une des histoires les plus connues et appréciées des fans : La Reine de la côte noire (scénario : Jean-David Morvan dessin : Pierre Alary couleur : Sergio Seydas) Autant se l’avouer, dans le tas il y aura des albums que l’on appréciera plus ou moins selon les graphismes ou la teneur de l’histoire. Ici j’avais clairement plus d’appréhension sur le dessin cartoonesque d’Alary que sur le scénario de Morvan qui ne pouvait que difficilement se rater vu le potentiel de la nouvelle. Alors nos deux auteurs sont-ils parvenus à ménager le problème cimmérien de la chèvre, du chou et le loup ? Plusieurs bons points pour Alary : le chara-design de Conan passe, enfin nous nous éloignons de l’image « slip à fourrure » qui lui collait à la teub, le personnage apparaît dans toute sa splendeur. Une gueule quelconque mais un attirail témoignant de sa vie et ses aventures passées : casque du Nordheim, cape d’Ophir, épée d’Aquilonie, etc. En revanche pour Bêlit, ça passe moyen. Comme dans les meilleurs histoires de Conan, ce dernier n'est pas au centre des attentions mais n'est souvent que simple spectateur. Bêlit est ici l'égal du barbare, elle partage l'affiche à ses côtés. Il ne fallait donc pas se louper, à travers elle Howard a écrit le seul personnage féminin un tant soit peu badass de la série. L’écrivain imaginera d’autres héroïnes sexy, strong independant woman, par la suite mais avec Bêlit on peut dire qu’il nageait à contre-courant et qu’il fût un des seuls à mettre en avant une femme guerrière à l’époque. Pour le coup, je trouve qu’elle manque de prestance ici, elle ne parvient à soulever mon enthousiasme. Je me l’imaginais davantage sexy, la peau d’albâtre et touti quanti. Je préfère les versions de Xavier Colette ou Adrian Smith en comparaison. Elle a ici un côté reine de Saba qui pour le coup s’éloigne de l’esprit « 100 % Howard » que cherche pourtant à renvoyer l’éditeur. D'un autre côté, il s'agit aussi d'une adaptation, donc accepter le fait que chaque auteur vienne avec ses idées, son style. Pour le reste Alary compense avec un découpage dynamique et une mise en scène jalonnée d'idées ingénieuses. Certains arrières plans sont riches en détails et font leur effet. Sergio Seydas assure à son tour avec une coloration très chatoyante. Sinon, brillante idée que de commencer le cycle par cette nouvelle qui plante tout de suite le décor et qui permet au lecteur profane de saisir le caractère de Conan : l’histoire s’ouvre sur un meurtre commis par celui-ci qui est pourchassé par des gardes. Il parvient à s’enfuir en forçant le capitaine d’un navire commerçant à le prendre à son bord contre son gré. Les péripéties s’enchaînent entre course-poursuite, massacres, actes de pirateries, sexe, romance, chasse au trésor, terreur dans les bois, l’empreinte horrifique lovecraftienne y est même perceptible. « La nuit dernière, dans une taverne, un capitaine de la garde royale a fait violence à la compagne d'un jeune soldat, et naturellement ce dernier a embroché le capitaine. Mais il semble qu'il existe une satanée loi interdisant de tuer des gardes, aussi le garçon et la fille ont-ils pris la fuite. Le bruit s'étant répandu que l'on m'avait vu en leur compagnie, on m'a donc traîné aujourd'hui devant un tribunal. Un juge m'a demandé où avait fui le garçon. J'ai répondu que, comme c'était un ami, il m'était impossible de le trahir. Le juge s'est mis en colère et m'a tenu un grand discours où il était question de mon devoir envers l'État, la société, et d'autres choses auxquelles je n'ai rien compris, et m'a prié de lui dire où mon ami s'était réfugié. À ce moment, je commençais moi aussi à être furieux, car j'avais clairement expliqué ma position. Mais j'ai ravalé ma colère et j'ai gardé mon calme. Le juge a repris de plus belle, braillant que j'avais fait offense à la cour et que je devais donc être jeté dans un cachot pour y moisir jusqu'à ce que je dénonce mon ami. Comprenant alors qu'ils étaient tous fous, j'ai sorti mon épée et j'ai fendu le crâne du juge en deux. » ^^ Nihiliste, épicurien, une philosophie de vie à la « carpe diem », telle est la conception du monde de cet aventurier à l’irrépressible bougeotte. C’est un condensé du meilleur de Conan qui est ici mis en image et qui constitue une formidable mise en bouche avant d’entamée les hors-d’œuvre. Le Colosse noir (scénario : Vincent Brugeas dessin et couleur : Ronan Toulhoat) Autre temps, autre lieu, et nouvelle équipe donc avec un duo d’auteurs qui a fait ses preuves dans plusieurs genres en s’étant illustré dernièrement dans l’aventure historique de Ira Dei. Logique de penser que ces deux-là étaient programmés pour réaliser une histoire Hyborienne. D’ailleurs si on en juge par le physique du cimmérien, Ronan Toulhoat semble nostalgique de la coupe mulet (déjà avec Tancrède sur Ira Dei…), à moins qu’il ne soit tout simplement fana comme moi de Mel Gibson dans Braveheart ou des héros burnés comme Silvester Stallone dans Rambo III. De bonnes inspirations comme souvent avec cette artiste (La princesse Yasmela serait physiquement inspiré de Gemma Arterton dans Prince of Persia que cela ne m'étonnerai pas ^^. L’histoire n’est clairement pas la plus profonde du cycle, écrite davantage parce que « faut bien manger » on va dire. Néanmoins elle est idéalement destinée à un artiste généreux dans le dynamisme et les scènes d’action car c’est ce vers quoi l’histoire est principalement tournée : du divertissement pur. Malgré la mise en route sympathique, le cœur du récit se situe dans la bataille dont Conan est la clé de voûte qui en décidera l’issue. C’est une histoire que j’apprécie moins car elle fait doublon avec une autre nouvelle, La Citadelle écarlate, qui est autrement plus épique et fantastique à mon sens et dont l’adaptation est aussi à venir. Cependant si on est admirateur du duo Toulhoat / Brugeas, on est forcé d’apprécier cet album qui témoigne encore une fois de la montée en régime de ces deux compagnons de route. R. Toulhoat possède un encrage bien sombre dynamité par une mise en scène très cinématographique, sa mise en couleur est "spéciale", je l'aimais déjà bien sur Ira Dei, tandis que V.Brugeas fait parler sa magie arcanique des dialogues et a bien su poser le personnage (bien que ce ne soit pas son meilleur rôle. La fin est aussi branlante en BD qu'en nouvelle). « Dans ce monde les hommes luttent et souffrent en vain, trouvant du plaisir seulement dans la folie ardente de la bataille; une fois morts, leurs âmes pénètrent dans un royaume gris, nuageux et parcouru de vents glacés, où ils errent sans joie, pour l'éternité. » Conan. Mike Moorcock évoquait l’adaptation BD d’Elric, son cycle majeur par Glénat, comme de la meilleure jamais conçue, les auteurs français ayant parfaitement su capter la tonalité ambiante et la psychologie de l’anti-héros. Je pense, j’imagine, que si Howard était encore de ce monde, il aurait approuvé le bel hommage que lui rendent les auteurs de Glénat. Who knows ? Après tout, Crom s’en moque. Oubliez Schwarzenegger, oubliez Momoa (même s’il incarnait bien mieux le perso que le précédent bodybuildé), oubliez John Milius, oubliez John Buscema et Roy Thomas. Revenons aux fondamentaux, à Robert E. Howard, gardons en tête les illustrations évocatrices de Frank Frazetta et la musique emblématique de Basil Poledouris, et… To Be Continued… https://www.youtube.com/watch?v=EAFtiUoq6TE Au-delà de la rivière noire 5 étoiles (scénario : Mathieu Gabella dessin et couleur : Anthony Jean) Nombre d’amateurs et de spécialistes de Howard considèrent Au-delà de la rivière noire comme la meilleure nouvelle de toute sa carrière. J’ai personnellement une préférence pour quelques autres mais oui, incontestablement cette nouvelle fait partie du top 5 de Conan et de Howard. Si dans un projet d’adaptation l’éditeur choisit de faire appel à Mathieu Gabella, auteur du désormais culte La Licorne, et accompagné au dessin par l’artiste ayant officié sur la même série, Anthony Jean, alors n’en jetez plus. Au-delà de la rivière noire collection Glénat est l’album dont j’attends le plus impatiemment la sortie car il réunit récit d’importance et haletant, en même temps que des graphismes forcément flamboyant. Pour être honnête je ne saurais dire si cette adaptation est fidèle à la nouvelle de l’auteur texan, je l’ai lu il y a quelques temps et ne m’en rappelle plus dans les détails, et… la flemme, quoi. Mais d’après les dires d’un « potonautes », le rôle de Balthus y est ici un peu amoindri alors qu’il avait une position plus héroïque et son propre POV dans la nouvelle. La faute a cette saleté de pagination à 48 planches dont décidément les éditeurs franco-belges n’arriveront jamais à se passer… On pense aussi au cabot Slasher, vite introduit mais vite disparu, dommage. Mais mis à part ce menu détail (à mes yeux), toute la violence, le gore et la terreur que parvenait à renvoyer la nouvelle, exsude sur chacune des planches d’Anthony Jean. Cela n’arrête pas, de la baston et du macabre de bout en bout. Pour moi le contrat est rempli, malgré la limitation des pages, le rythme du récit n’en souffre aucunement, les dialogues sont clairs et le décor est bien planté, on retrouve (ouf!) les punch lines devenues cultes. Est-ce que j’ai dit que graphiquement c’était magistral ? Pour les deux précédents albums je ne voyais pas l’intérêt d’une version noir et blanc. L’encrage d’Alary n’est pas suffisamment prononcé pour faire aimer une version N&B et son dessin passe beaucoup mieux avec de la couleur, tandis que l’album de Toulhoat a clairement été pensé pour être vu en couleur (l’introduction). Là, c’est du très très haut level, je sais pas, les mots me manquent, on se tait et on admire, juste. Une œuvre emblématique qui expose la vision de son auteur sur les limites de la civilisation et qui reprend habilement le spectre américain de la « frontière ». Il y a eu d’autres « Fort Alamo » Fantasy, mais celui-ci est le premier et principal à retenir. « La barbarie est l’état naturel de l’espèce humaine. La civilisation n’est pas naturelle. Elle résulte d’une fantaisie de la vie. Et la barbarie finit toujours par triompher. » Un trappeur anonyme à Conan. La fille du géant du gel 5 étoiles (scénario dessin et couleur : Robin Recht) Crom ! Que cet album est magnifique ! Le grand Mike Moorcock (auteur du cycle d’Elric, également adapté chez Glénat) déclare en préface de l’album « Pour moi, Recht est l’un des meilleurs artistes de bande dessinée français, et l’un des plus intelligents. Sa superbe interprétation de ce qui est la plus simple et la plus pure des histoires de Conan, résiste à ce qui est ironiquement la tentation américaine d’embellir et d’ajouter au personnage jusqu’à ce qu’il en perde sa signification originale. Recht dépasse Howard, en fait. C’est un Conan intense, hors norme, un Conan comme Bob Howard, mort trop tôt, aurait voulu qu’il soit. Le meilleur à ce jour. J’adore ! » ; et je ne suis pas loin de penser comme lui. Sur l’aspect purement visuel je considère Recht comme faisant parti des très grands depuis quelques temps maintenant et cet album est celui de la confirmation. Il nous régale du début à la fin, de l’illustration de couverture au cahier graphique en passant bien sûr à la bd en elle-même, avec des dessins et illustrations en pleine et double page, une composition qui fait très cinématographique, un découpage qui privilégie les grandes cases, son trait, dans la lignée d’un Mathieu Lauffray (qui rend un dessin hommage en fin d’album pour la 1ère édition) est solide et maîtrisé. Le début du récit avec cette bataille qui vire au carnage m’a rappelé dans sa profondeur d’encrage et sa mise en scène le 300 de Frank Miller, avec ce côté « armée en ordre de marche », les cases toutes en longueur, etc. La mise en couleur où l’auteur est assisté par Fabien Blanchot, rien à redire, la couleur rouge des cheveux d’Atali (ou bien est-ce celle du sang qui coule à flot ? ) est prédominante avec celle du blanc immaculé, un vrai contraste, le feu et la glace. N’importe quel Conan est un récit violent, mais jamais comme ici je n’ai ressenti cette fureur qui fait battre le cœur comme celui du héros lorsqu’il est manipulé par la déesse Atali. Comme Conan on est tout simplement ensorcelé et obsédé par cette adaptation. Un exploit étant donné comme le rappelle Patrice Louinet en fin d’ouvrage, que c’est une nouvelle des plus courtes et minces écrite par Howard. Une resucée du mythe d’Apollon et Daphné à la cimmérienne, forcément plus furieuse, sexuelle, érotique, sanglante. Un immanquable de la Fantasy ! La Citadelle écarlate 3 étoiles (scénario : Luc Brunschwig dessins : Étienne Le Roux couleurs : Hubert) Une adaptation très attendue de mon côté pour un résultat qui, sans être à la hauteur des espérances, remplit son office de bon divertissement. Une histoire qui se déroule à vitesse grand V et dont le pitch tient sur un post-it : Conan perd son trône d’Aquilonie suite à une bataille où il a été trahi par ceux qu’il pensait être ses alliés, puis est fait prisonnier par l’infâme sorcier Thoth-Amon dans les geôles de sa citadelle dont il s’échappe avant de reconquérir son bien par la seule voie qu’il connaisse, celle de la force et des crâne qui explosent. J’ai été assez surpris par le style graphique d’Étienne Le Roux que je n’avais plus vu depuis le tome 2 du Serment de l’Ambre, ça remonte… Je ne dirais pas que c’est le moins bon car il y a indubitablement de la qualité, il n’y a qu’à voir cette magnifique illustration de couverture très évocatrice (on a l’habitude de voir Conan prendre la pause au sommet d’un tas fumant de cadavres, là c’est un Conan certes vivant mais acculé par des centaines de lances au sommet d’une même piles de corps), le trait un peu « hachuré » je dirais me fait parfois penser à du Patrick Pion. En fait ce qui me déçoit un petit peu c’est le manque de finition sur la plupart des planches, il n’y a pas ce souci du détail, d’enjoliver le tout avec de superbes arrières-plan ou même de délivrer de grandes cases en double page comme l’a si bien fait Robin Recht au tome précédent. Chacun son style après tout. Le coloriste Hubert s’en tire plutôt pas trop mal mais j’ai trouvé cela un peu palot, il ne parvient pas à transcender le dessin de son collègue. Comme le rappelle en fin d’album Patrice Louinet, c’est un épisode très inspiré par le médiéval historique, et notamment la guerre de Cent Ans, donc le dessinateur a choisi, de même que le scénariste Luc Brunschwig, de nous livrer une conception graphique qui fait presque davantage penser à un récit médiéval qu’à de la fantasy. C’est un parti pris qui se défend. J’ai moins été emballé en revanche par la vision de Le Roux sur les abominations de la citadelle. J’ai toujours en tête, et je ne pense pas être le seul, l’illustration iconique de Frank Frazetta sur cette nouvelle où Conan est enchaîné pieds et poings liés confronté à un serpent géant. Les monstres de l’adaptation Le Roux / Brunschwig ne m’ont pas effrayé, on dirait tantôt un énorme crapaud, tantôt un tigre avec des ailes… je n’ai pas été terrifié du tout. De même que je n’ai pas ressenti l’aspect « Donjons et Dragons » dans ce labyrinthe qui m’avait tellement plu dans la nouvelle. J’ai un petit goût de « meh » dans la bouche. C’est du bon travail sur la forme comme sur le fond mais pour l’instant le meilleur est derrière nous.  « L’épée qui tue le roi coupe les cordes qui maintiennent l’empire » Proverbe aquilonien. Chimères de Fer dans la clarté lunaire 4 étoiles (Adaptation et dessin : Virginie Augustin) Je ne sais pas si c’est l’album le plus réussi visuellement, chacun jugera, mais dans tous les cas le résultat se révèle magnifique. L’album en édition « normale » ne sortira que le 12 juin prochain, donc pour profiter de ce spectacle il fallait se lever tôt pour ne pas se faire chiper l’édition de luxe en noir et blanc sortie elle ce 5 juin. Je dois dire que ce n’est pas plus mal d’avoir exceptionnellement abordé cet épisode par sa version sans couleurs car le travail d’Hubert, déjà présent sur le tome 5, ne m’avait pas spécialement emballé, et la technique d’encrage de Virginie Augustin, qui bosse donc quasiment seule ici, semblait beaucoup promettre. Voici donc Chimères de Fer dans la clarté lunaire : un épisode qu’on qualifiera « d’alimentaire » pour reprendre Patrice Louinet, et qui divise pas mal de monde. Personnellement je l’ai toujours apprécié et cette adaptation ne change pas mon impression et au contraire même la renforce. Ce que j’aimais c’était le décor dépaysant, une île isolée, sauvage, abandonnée, sur laquelle Conan et Olivia dénichent un vieux temple en ruine qui n’inspire rien de bon à la princesse. Il y a un parfum tout à la fois exotique, contemplatif et en même temps inquiétant qui laisse présager du grabuge. Il y a une histoire de dieux, de créatures maudites, un mystérieux gardien de l’île qui ne vous veut pas du bien, une jolie pépée dont on pourra regretter le rôle un peu pot de fleur mais bon… elle est super canon et Virginie Augustin parvient bien à en faire un personnage qui sort de sa condition de femme en détresse quand les rôles s’inversent avec Conan. Graphiquement c’est vraiment trop de la balle ! Ce n’est pas juste beau à mater, il y a de la recherche, des compositions travaillées. J’ai surtout été attentif à l’évolution physique de Conan qui au début du récit à un aspect d’animal acculé, sale, puant, totalement bestial et hostile. Plus tard dans des moments plus intimes et silencieux avec Olivia, son trait se fait plus humain, plus « doux » (ne lui répétez pas que j’ai dit cela ! ), tout en restant reconnaissable. C’est bluffant. Pour tout le reste, les décors, la végétation abondante, les visions cauchemardesques en pleine page, on en prend plein les mirettes. Une très bonne surprise pour moi. Il y a des albums que j’attendais, d’autres que je continue d’attendre ou d’espérer, celui-là je n’en attendais pas grand-chose, j’ai été ravi. Je me procurerai l’édition normale, j’espère que ma bonne impression n’en sera pas amoindrie par le format ou la couleur. Ma vision de la barbarie n’a rien d’idyllique. Pour autant que je sache, c’est un mode de vie terrible, sanglant, féroce et dénué d’amour. Je ne supporte pas que l’on dépeigne le barbare comme s’il était un enfant de la nature, quasi divin et majestueux, doté d’une étrange sagesse et s’exprimant sur un ton cadencé d’un air ampoulé. (Lettre de novembre 1932.) Robert E. Howard – Lettre 11/1932. Les Clous Rouges 3 étoiles (scénario : Régis Hautière dessin et couleur : Didier Cassegrain story board : Olivier Vatine) Probablement l’adaptation sur laquelle il vaut mieux ne pas se foirer sous peine de s’attirer la colère de Crom, Les Clous Rouges demeurant quasi sans conteste le meilleur récit de Conan et de facto la nouvelle la plus connue de son créateur Robert Ervin Howard. Et pourtant, bien que grand aficionados du cimmérien, je n’ai pas pris totalement mon pied à la lecture de cette adaptation du trio Cassegrain / Vatine / Hautière. La faute principalement à une pagination que j’ai trouvé trop courte, le petit format franco-belge de 54 pages m’a paru bien désuet pour cette histoire qui fait pourtant partie des plus longues aventures du barbare. Même en prenant mon temps j’ai dû la parcourir en moins d’une heure. Cela va demander une relecture mais les dialogues me semblaient beaucoup plus riches dans le média d’origine, tandis qu’ici le récit est entrecoupé de silence, on essaie de poser une ambiance mais comme, encore une fois, il n’y a pas beaucoup de pages, on a tendance à ne pas trop s’attarder. De plus je ne suis plus très sûr si les personnages sont tels que les a décrits Howard, je pense notamment à Valéria qui dans la bédé fait figure d’héroïne des temps modernes : indépendantes, avec de la volonté, fortes, débrouillardes. Tandis que dans mes souvenirs, cela reste à vérifier, j’avais garder en image celle d’une énième potiche qu’il faut secourir. Est-ce une amélioration ? Chacun jugera… Les graphismes de Didier Cassegrain restaient la plus grande interrogation car ils allaient me sortir de ma zone de confort habituelle, n’étant pas très demandeur de ce type de dessin où l’artiste passe directement du dessin à la coloration sans phase d’encrage. Et bien, ce ne fut pas désagréable, j’ai même était enjoué par sa mise en page qui fait la place aux grandes cases. Du coup certains décors en jettent un max, Cassegrain m’a beaucoup impressionné sur ce point là. Son autre point fort étant sa mise en couleur, très lumineuse, diversifiée, vraiment agréable à l’œil. En revanche cette jolie mise en couleur m’a paru difficilement en adéquation avec la teneur noire que se donne le récit, je n’ai pas été horrifié ni choqué comme je l’aurai cru. Et puis je ne suis pas fan de sa représentation des personnages que je trouve trop cartoonesque, aux traits bien trop anguleux. Question de goût mais je n’ai pas adhéré. Pour terminer sur une bonne note, l’illustration de couverture pète la classe, on dirait Indiana Jones et le Temple Maudit, j’sais pas…:) Une impression mi-figue mi-raisin en résumé. J’en attendais plus, cela aurait dû être le point d’orgue de la série et finalement cela passe pour un album dans la masse qui ne fait pas grimper le niveau. J’ai quand même bien aimé. Je ne sais pas quelle quantité de violence et d’horreur les lecteurs sont prêts à endurer Robert E. Howard. Erratum : après une courte relecture survolée, je rectifie ce que j'ai pu dire sur Valéria qui n'a absolument d'une potiche, elle est même l'égale de Conan au même titre que pouvait l'être Bêlit, ce qui rajoute du poids à la portée de ce récit d'une très grande maîtrise. Le peuple du Cercle Noir 4 étoiles (scénario : Sylvain Runberg dessin : Jae Kwang Park couleur : Hiroyuki Ooshima assistance : Alessia Nocera et Éloïse De La Maison) J’ai bien aimé cette adaptation. Le style graphique dénote avec ce dont j’ai l’habitude de voir en franco-belge. Jae Kwang Park étant coréen il y a indubitablement une influence manga dans son dessin, ne serait-ce que dans les faciès des personnages, c’est assez indescriptible mais cela fait assez manga, de même que dans les postures, la taille des muscles etc. Yasmina a un côté sexy d’héroïne de shonen et Conan m’a beaucoup fait penser à Broly par exemple, le super saiyan bodybuildé de Dragon Ball Z, de par sa dégaine et son physique. Le rythme des combats et les effets visuels mis en place apportent une sensation fulgurance, ça accélère vitesse grand V, ça bondit dans tous les sens, ça charcute à tour de bras, c’est encore un truc que je retrouve plutôt dans les mangas que dans les comics ou le franco-belge. Après une mise en couleur qui s’est tâtée avec quelques essais infructueux j’ai ouïe dire, l’ultime mise en couleur d’Hiroyuki Ooshima est très satisfaisante, sa technique sublime le dessin de Park qui, bien que très intéressant et changeant, se limite un peu trop a du crayonné (impression complètement subjective de ma part). Il y a donc une superbe alchimie entre les différents intervenants dont il faut également créditer Alessia Nocera et Éloïse De La Maison, mais ne sachant pas trop qui fait quoi… je m’en tiendrai à féliciter le duo asiatique. Je ne vais pas rentrer dans les détails sur la nouvelle en elle-même, Patrice Louinet l’analyse mieux que quiconque en fin d’album à savoir que c’est une histoire plus riche, plus longue, plus complexe que celles auxquelles on a l’habitude. L’adaptation de Sylvain Runberg est très correct, raccourcie en 63 planches, le récit se tient bien. Pour ma part, même si ce n’est pas une de mes nouvelles favorites, je l’ai toujours apprécié et c’était un plaisir de la redécouvrir ici. Un très bon moment de lecture ! - Mais les tribus craignent les Prophètes Noirs et évitent soigneusement cette montagne impie, l'interrompit le gouverneur. - Leur chef, Conan, les craint-il ? demanda-t-elle (Yasmina). - Eh bien, pour ce qui est de cela, marmonna le gouverneur, je doute que ce diable craigne quoi que ce soit. Les mangeurs d’hommes de Zamboula 2 étoiles (dessin, couleur, et scénario : Gess) Comme quoi il vaut toujours mieux se fier au contenu qu’au contenant. Je parle au niveau graphique, car si la couverture n’est vraiment pas top à mon goût, le dessin de Gess m’a plutôt plu. Enfin, une belle couverture c’est plutôt vendeur aussi, hein. Le dessin donc, m’a paru assez agréable dans l’ensemble, surtout surpris par la qualité d’encrage. Dans sa version noir et blanc cela doit être quelque chose ! L’occasion pour moi de découvrir Gess également dont j’en avais entendu beaucoup de bien. Après je n’irai pas jusqu’à le faire rentrer parmi mes favoris, il y a des éléments qui m’ont déplu : Conan a une tronche bizarre, déformée, Zabibi n’est pas belle du tout alors que bon, c’est sensé être son seul « point fort » dans l’intrigue, elle est carrément dégueulasse et anorexique. Sans oublier des dessins aux proportions parfois chelou comme la chambre d’hôtel de Conan qui d’une case à l’autre change de dimension. Mais bon, même si j’ai trouvé le dessin un peu « écrasé », j’ai bien aimé l’ensemble, de même que la mise en couleur qui créé bien l’ambiance. Pour l’histoire, franchement, je m’étonnais déjà que l’adaptation de la nouvelle figure parmi les projets de Glénat, je m’interroge encore sur l’intérêt du truc (autant tout adapter…). Même dépouillée en grande partie de son contenu raciste, l’histoire demeure hyper mauvaise. C’est carrément nul. Patrice Louinet le rappelle en fin d’album, c’est une nouvelle alimentaire, et encore, Howard s’est déjà cassé un peu plus le cul, mais là on sent que la fin de mois devenait difficile et qu’il fallait rentrer de la tune fissa. Voilà, t’as beau viré le contenu le plus honteux pour la postérité de l’écrivain, il reste une série de personnages clichés, caricaturaux, de dialogues disons-le, « merdiques ». Pourtant cela démarrait plutôt pas mal avec cette cité Babylonienne au confins du désert, et cette intrigue à l’auberge rouge (cela me rappelle un passage du tome 2 de Sorcelleries, Livre dont Vous êtes le Héros, où à un moment on est capturé dans sa chambre d’hôtel par un aubergiste cannibale ^^ ). Bon après ça part en live, les scènes d’action sont soporifiques, ça ne rime à rien, Conan ne pense qu’au cul, et on a un méchant d’opérette et une conclusion qui se passe de commentaire. Le genre de nouvelle qu’on préfère oublier à l’image d’un Tintin au Congo d’Hergé. Si le but de la collection est de rendre hommage à Howard, Glénat aurait dû faire l’impasse sur ce texte dont le seul intérêt est qu’il a permis à l’auteur texan d’avoir la couverture du magazine Weird Tales. La Maison au trois bandits 4 étoiles (scénario : Patrice Louinet, dessins et couleurs : Paolo Martinello) Comme le raconte si bien Patrice Louinet dans le mot d’auteur en fin d’album, La Maison au trois bandits est une histoire bien plus riche qu’elle n’en a l’air d’apparence, mais cela je laisse les lecteurs le soin de le découvrir. Car oui, d’apparence nous sommes dans un énième récit où les élites de la société se flinguent entre elles et où Conan, le François Pignon local, se retrouve au milieu du schmilblick en essayant de démêler le sac de nœud à coup de gourdin et d’épée, et de sauver sa peau en priorité. Mais effectivement il y a des idées qui ne sont pas négligeables, le récit jouant en permanence sur les rivalités et les contrastes : ville haute en miroir à la ville basse, bandits de la haute masqués contre petites frappes des bas quartiers, science contre nature, etc. Cela se laisse lire et je peux même dire que je vois cette histoire sous un autre jour grâce à la bd, des choses qui ne m’avait pas frappé en lisant la nouvelle. Quant aux dessins de Paolo Martinello, comment ne pas tomber sous le charme ? C’est hyper dynamique, c’est fluide, il y a le sens du détail, de la composition. Si en plus il se met à en mettre plein la vue (double page 10-11), il n’y a que du bien à en dire. Non vraiment, c’est de la très très bonne came. Et puis j’aime bien sa colorisation, pas trop tape-à-l’œil ce qui permet de faire ressortir son trait. Je m’étonnais de voir le nom de Patrice Louinet cité parmi les scénaristes de la série, il faut croire que ça devait le démanger… Résultat, l’essai est validé, on est dans le haut du panier. PS : Ah ouais ! J’ai trouvé bidonnant quand l’auteur se permet de mettre une pincé d’humour en se moquant de l’alter égo féminin de Conan : Red Sonja, qui apparaît ici sous les trait d’une fille de joie avec un fort embonpoint. :D Le dieu dans le sarcophage 2 étoiles (scénario : Doug Headline dessin et couleur : Civiello) Déjà de base ce n’était pas ma nouvelle favorite. Je ne pouvais même pas dire que je l’appréciais, même si je lui trouvais des qualités. Au tout début du projet je ne pensais pas que l’éditeur Glénat irait aussi loin dans les adaptations de Conan, et que Le dieu dans le sarcophage devait figurer loin loin loin en bas de la liste. Et bien nous ne sommes qu’au tome 11 et voilà déjà qu’elle pointe le bout de son nez. L’histoire présente un certain intérêt de part son originalité dans le monde hyborien : il s’agit d’une courte enquête policière dans un espace à huis clos. Un meurtre à été commis dans le coffre fort d’un riche commerçant et Conan, qui endosse cette fois le rôle du voleur, et le coupable tout désigné. Plutôt que d’utiliser ses habituels arguments à coup de massue dans la margoulette pour démontrer à ses accusateurs qu’il est innocent, Conan va cette fois-ci avoir recours à la parole et c’est bien là ce qui en fait un scénario décalé. Civiello a ses adeptes, il est reconnu et moi-même je m’incline devant sa science de l’illustration. Mais je ne suis pas emballé par son approche de la bande-dessinée. Comme je l’ai dit, pour moi c’est plus de l’illustration. Et même parmi les illustrateurs, j’en apprécie d’autres. C’est sympathique, sans plus. « Garde tes menaces pour les idiots qui te craignent ! Me prends-tu pour une némédien peureux prêt à ramper devant toi ? J’ai tué des hommes meilleurs que toi pour moins que ça... ». L'Heure du Dragon 4 étoiles (scénario : Julien Blondel dessins et couleurs : Valentin Sécher) Xuthal la crépusculaire 4 étoiles (scénario : Christophe Bec dessin : Stevan Subic couleur : Giulia Brusco) Le Maraudeur Noir 3 étoiles Je rejoins un peu l’impression globale des lecteurs sur cette nouvelle : intéressante, pas dénuée d’intérêt pour peu qu’on creuse sous la surface des choses, mais pas non plus culte ni même excellente. Pour moi elle se situe dans le ventre mou des histoires du cimmérien. N’en déplaise à Patrice Louinet, j’avais bien aimé la version de Sprague de Camp à l’époque (lecture qui remonte à plus de 20 ans) qui m’avait gravée quelques images fortes dans ma tête de jeune lecteur de fantasy ; mais ayant pris l’habitude de relire les originaux de Bragelonne en parallèle des adaptations Glénat, il est vrai qu’il y a beaucoup de différences entre ce qui a été conceptualisé à l’époque et le récit qui a longtemps eu cours. Donc pas déplaisant du tout cette histoire de vaudeville pirate j’ai envie de dire nappée de chasse au trésor et autre invocation démoniaque. Conan qui n’est pas l’élément centrale ici, se confronte au problème de la chèvre, du loup et du chou :D , mais il y a un truc auquel je n’ai pas arrêté de penser durant ma lecture c’est la similitude entre Le Maraudeur Noir et le tome 2 Némésis de Raven par Mathieu Lauffray. Pas la faute de Howard, mais plus celle de Lauffray. Ce serait intéressant de lui poser la question si c’est volontaire ou non (de forte chances que oui à mon avis) car plus qu’un hommage, j’ai eu l’impression d’un siphonnage de ce dernier. Sinon Jean-Luc Masbou est fidèle à lui-même, son dessin est reconnaissable entre mille. Moi j’adore surtout sa palette de couleurs, très chatoyante et variée, la maîtrise des codes couleur est là comme dans la partie sur le siège où le crépuscule écarlate annonce une bataille sanglante ; ainsi que sa patte sur tout ce qui est décor ; de même que les cases où les gars prennent la pause, ça fait très fresque. En revanche je ne suis toujours pas fan de sa façon de dessiner les personnages. Je n’aime pas leur gueule ni leur visuel d’ensemble que je trouve approximatif. Aller vite, la suite svp !

02/05/2018 (MAJ le 05/10/2023) (modifier)
Couverture de la série Béa Wolf
Béa Wolf

Béa Wolf ? Beowulf adapté pour les enfants, une saga épique qui garde toute la poésie du texte original mais qui se construit sur un second degré espiègle, une fable sur la perte de l'innocence, sur la gravité des jeux d'enfants. Boulet au dessin dans un style que n'aurait pas renié Tim Burton. Rahhh, mais c'est tellement réducteur de limiter cet album à cela ! Béa Wolf, c'est très drôle. Béa Wolf, c'est dramatique. Béa Wolf, c'est l'intelligence de l'enfance, c'est la désinvolture de l'insouciance face à la grisaille de l'adulte. Béa Wolf, c'est la musicalité de la langue, c'est une porte ouverte à grands coups de sandales vertes à paillettes vers la poésie et la culture. Béa Wolf, c'est la douceur d'un pyjama en pilou et la rage d'un enfant capricieux. Béa Wolf, c'est la beauté de l'enfance dans ce qu'elle a de plus horripilant. Béa Wolf, c'est à essayer, que vous soyez encore enfant ou déjà adulte. Pour ma part, c'est un énorme coup de cœur ! PS : gros coup de chapeau à Aude Pasquier pour la traduction ! PPS : la postface vaut la peine d'être lue car le scénariste y explique d'une manière totalement adaptée pour les enfants la genèse du projet et les liens tant scénaristiques que stylistiques qui unissent Béa Wolf et Beowulf. PPPS : les dialogues sont rares dans cette bande dessinée et la voix off omniprésente, ce fait couplé aux nombreuses grandes illustrations lui donne des faux airs de livre illustré. Si vous n'aimez pas ce genre, vous risquez d'être déçus.

05/10/2023 (modifier)
Par Patoun
Note: 5/5
Couverture de la série Sapiens (Albin Michel)
Sapiens (Albin Michel)

De mon point de vue, rares sont les BD tirées d'un livre dont le résultat est au moins à la hauteur du format originel. Sapiens en fait indéniablement partie. (j'ai lu les deux premiers tomes de la série après avoir écouté l'ensemble du livre en version audio). Pourtant les risques de déconvenue étaient grands tellement le livre regorge d'informations cruciales relatives à la compréhension de l'Histoire humaine. Je suis convaincu que le dessin est ici le garant de cette réussite. Malgré un gros travail de synthèse (très bien mené), les illustrations permettent, en un nombre de pages limité (relatif tout de même : c'est un pavé !) ainsi qu'un volume de texte condensé, de retranscrire l'essentiel du livre. Je ne vais pas m'attarder longtemps sur cette description. Je dirais simplement qu'il est quasi impératif de lire cette œuvre tellement on en apprend sur l'apparition de nos sociétés humaines et sur le cheminement qui nous a conduit à aujourd'hui. Certains arguments avancés sont encore au stade de l'hypothèse scientifique mais il est surprenant de découvrir comment une succession possible de hasards, ou à l'inverse, un détail anodin, peuvent changer le cours de l'Humanité de manière irréversible. Pour résumé, @Sapiens est à l'anthropologie ce qu'@Economix est aux sciences économiques (de manière vulgarisée bien évidemment). Culte donc de ce point de vue ! ;) Petit coup de cœur pour l'originalité des mini-scénarios explicatifs présents tout au long de la lecture ! Note réelle : 4,5 / 5

04/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Nymphéas noirs
Nymphéas noirs

Apprécié à sa sortie et relu récemment, cet album est tout simplement une tuerie à mes yeux. Mon premier contact avec Bussi et il a tapé fort, d’ailleurs depuis, tous ses autres scenarii me paraissent bien fades à côté. Ici on est sur du polar classique (meurtre, enquête…) mais magnifié par le cadre et une construction habile. Je n’ai pas lu le roman mais Duval et Cassegrain, que je n’attendais pas dans ce registre, produisent une adaptation d’enfer, j’ai pris mon pied à la lecture. Un séquençage et une narration impeccable, les dessins et couleurs finissent de m’achever pour m’immerger dans ce Giverny impressionniste. Une balade on ne peut plus astucieuse et agréable, j’ai été happé dès les premières pages avec la présentation des 3 personnages principaux, les autres ne sont pas en reste (le duo d’enquêteurs, Neptune le chien …). C’est dense, bien raconté, ça possède une part de mystère adéquate, et cerise sur le gâteau la fin est juste magique. Bref je suis totalement raccord avec le résumé « Bien plus qu'une adaptation, Nymphéas noirs est à la fois un hommage à l'un des mouvements les plus symboliques de la peinture moderne, un polar envoûtant à travers les époques et un superbe conte de fées empoisonné. », un beau numéro d’équilibriste parfaitement millimétré, une petite leçon. A titre d’exemple, ça m’a fait l’effet d’un Fight club, Sixième sens ou d’un Usuel suspect si je devais comparer au 7eme art. Culte ! Soyons pas avare.

01/10/2023 (modifier)
Par karibou79
Note: 5/5
Couverture de la série Transmetropolitan
Transmetropolitan

- lecture des 2 premiers tomes - Popopooo, c'est du lourd comme malheureusement on n'en trouve plus dans les bibliothèques de taille moyenne. Adieu les 666, Ranxerox ou Tank Girl qui y trônaient il y a 20 ans puis ont disparu des étagères pour du moins... disons, brut. Punk, vulgaire, violent, gratuit. Cela fait partie de l'éducation littéraire, que l'on apprécie ou non, tout comme le marquis de Sade pour l'écrit (il aurait fait un sacré scénariste avec Caceres au pinceau ! (Ajout : je viens de me souvenir qu'il a adapté une de ses oeuvres, la boucle est bouclée)). Il y a derrière du boulot, de la passion pour cette série de 5 tomes réédités à prix très accessibles et de bonne qualité. Il y a cette ville entièrement viciée, logiquement viciée par ces médias omniprésents et putassiers. On s'y sent comme dans la cité-puits de L'Incal, où les péripatéticiennes semblent plus nombreuses que les kebabs. On y croise des flics ravageurs issus de "Judge Dredd", des tribus de toutes sortes qui tentent de sortir du lot de cet amas de tarés. Et puis il y a Spider Jerusalem, l'alter ego futuriste de Hunter Thompson, le pape du journalisme gonzo qui observe et (d)écrit avec ses tripes : l'objectif et le subjectif fusionnent. L'univers est riche et bigarré, foisonnant de trouvailles qui auraient leur place dans un 5ème élément moins édulcoré comme les médocs anti-cancer pour mieux se droguer ou les pubs concentrées pour en rêver durant toute la nuit. Petit désavantage : l'exagération dès les premières cases a pour effet que ce mini-brulôt politique ne prêche sans doute que les convaincus que le système pourrit petit à petit et continuera comme cela encore pour un bon moment. En attendant, profitez de cette lecture, elle donne sacrément la pêche.

30/09/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Kongo
Kongo

Voila une BD qui laisse une impression lourde et moite au sortir de la lecture. J'ai lu et adoré Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad, et j'avais hâte et envie de lire un livre parlant de sa vie. Mes attentes n'ont vraiment pas été déçu. Je suis toujours sous le charme de récit qui prennent le temps d'installer l'ambiance, et c'est exactement ce qu'on fait les auteurs ici. L'écriture est soignée, aux petits oignons, le dessin est merveilleux (j'adore le trait charbonneux de Tirabosco) et l'ensemble est combiné pour nous faire sentir le Congo, la chaleur, la moiteur, la violence. C'est un dessin figé, bloqué dans des personnages guindés qui sont dans le paraitre perpétuellement, des environnements grandioses et bien trop envahissant, des lieux vidés d'habitants, des regards lourds ... Je redirais que j'adore Tirabosco, mais quelle puissance il arrive à faire passer dans les yeux, les attitudes, les corps ... Il peint plutôt qu'il ne dessine, une Afrique noire hostile tant dans l'environnement que dans les habitants. Je suis sous le charme de cette composition des planches. Les pages de nature semblent envahir l'esprit lorsque je tombe dessus, et les moments de tensions sont retranscrit à la perfection à chaque fois. Tout est dans le silence, qui est maitrisé par un dessin soigné. Je déblatère sur le dessin, qui est à la hauteur du récit, mais l'adaptation du voyage de Conrad est soignée. Il y a là tout ce qui constituera ensuite son roman le plus connu, avec une maitrise et une tension sous-jacente continue, donnant au livre un ton et une densité remarquable. C'est les rencontres, les notes de Conrad, les échanges avec sa tante ainsi que la découverte progressive de ce qu'est le Congo belge. Une horreur, mais qui s'amplifie à chaque arrêt alors que le fleuve est remonté progressivement. J'avais déjà senti que la folie qui se dégageait de Au coeur des ténèbres était d'une nature spéciale, mais en lisant "Kongo", je me suis rendu compte que c'était une folie bien précise : la folie de l'argent. J'ai tendance à voir facilement l'idée de critique envers le capitalisme, par conviction personnelle, mais je trouve que Conrad à compris à son époque la folie de ceux qui sont alors déjà des capitalistes en puissance. L'attrait de l'argent, l'ivoire cherché au plus profond du continent africain pour s'enrichir à toute vitesse, l'industrialisation des procédés et le tout au détriment de l'humain. Combien de vie enlevées, combien de morts inutiles ? Pour enrichir un roi qui ne mettra jamais le pied sur cette terre ... Cette BD est une merveille. Le dessin, mon dieu le dessin ! L'histoire est prenante, le genre dont on sort en ayant l'impression d'avoir été en apnée et surtout l'impact reste longtemps après la lecture. Il me semble impossible de rester insensible à ce récit, tant il porte de choses en lui, d'horreur et de folie. La BD est une excellente ouverture à l'univers de Conrad, une très bonne découverte en tant que telle, un immanquable si vous aimez l'auteur et, pour ma part, une BD que je trouve tout simplement excellente.

29/09/2023 (modifier)