Les derniers avis (7619 avis)

Par Ava
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Troie Zéro
Troie Zéro

Je suis adepte de ces albums. Si Salade César reste mon chouchou, Troie Zéro n'a pas à rougir. Les gags continuent de bien fonctionner pour moi et j'ai particulièrement aimé la deuxième partie du récit. Il y a beaucoup de répétitions, qui ajoutent au ridicule et qui me font mourir de rire. Pari réussi pour Karibou et Josselin.

07/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série X-Men - Dieu crée, l'Homme détruit
X-Men - Dieu crée, l'Homme détruit

...! Comme j'avais été excité à la lecture -laborieuse, à l'époque !- de cet album en V.O., prêté par un camarade Canadien. Quelle audace, ce récit plein de choix radicaux ! Magnéto confronté au résultat amer engendré par la politique qu'il prêche depuis le début de sa croisade -introduction incroyablement violente pour l'époque mais justifiée par le sujet et redoutablement efficace, sang effacé ou pas sur la main de la fillette. Xavier, Scott et Ororo, froidement abattus -j'ai vraiment cru qu'ils étaient morts !- et absents pendant la majeure partie de l'histoire ! Et dénonciation on ne peut plus claire des dérives religieuses ainsi que de la puissance qu'offrent les médias aux spécialistes de la communication. On a beau être dans l'univers des X-Men, on frôle un réalisme tout ce qu'il y a d'utile dans cette aventure pas du tout rigolote. Chris Claremont privilégie une approche très lucide de l'époque où sont sensés se situer les évènements et Brent Eric Anderson, tout maladroit qu'il soit -et est toujours : voir ses planches dans Astro-City !- fait preuve d'un grand talent à retranscrire les expressions des personnages -sa spécialité, que je découvrais à ce moment-là- mais aussi dans ses choix de cadrages et de découpages. Les scènes d'actions ne sacrifient rien au style (exception faite pour la néanmoins très "jolie" destruction de l'amplificateur psy par Cyclope, à la fin !) et il est capable de laisser suffisamment d'espace à la planche pour qu'on puisse y respirer. Les X-Men redevenaient vulnérables et ça les rendait à nouveaux bien plus attachants : la course-poursuite entre les sbires de Striker et Kitty est aussi haletante que dans n'importe quel film policier ; et les couleurs mettent particulièrement en valeur l'ambiance sombre des ruelles de la grande ville. J'ai tout aimé ; jusqu'à la couverture, magnifique de sens et de puissance : incroyablement inspirée. Mais surtout la colère adolescente de Kitty, si douloureuse dans ses expressions et si facile à appréhender pour le gamin de quatorze ans que j'étais. Contre Stevie bien sûr -c'était avant le culte de la langue de bois et du politiquement correct, en France-, mais surtout lors de sa dernière diatribe à l'encontre de Striker, dont on ressent qu'elle est d'autant plus virulente car motivée par sa propre répulsion/peur/intolérance initiale vis-à-vis de l'aspect physique de Kurt. Pas besoin d'explications de texte pour comprendre qu'elle règle alors d'un seul coup ce problème. Et la "conclusion", via le policier anonyme qui prend sur lui d'intervenir, est un parfait contrepoint à l'exécution sommaire qui débute l'histoire, la violence ne pouvant engendrer que la violence. Enfin le désarroi de Xavier, écrasé par ses doutes -et son âge, aussi : précieuse richesse du personnage complètement gommée dans la série !- ; scène qui permet, grâce au discours inspiré de Scott, un rappel assez salutaire de la mission initiale des X-Men (encore un élément galvaudé dans le Comic...). Je croyais naïvement que le genre vivait là les débuts d'une renaissance révolutionnaire... Hélas ! Mais l'objet demeure néanmoins un monument dans la production, toutes époques confondues et, si on veut comprendre l'intérêt et la spécificité des X-Men, la lecture de cette exceptionnelle parenthèse scénaristique et graphique réussie est un incontournable -à l'inverse de beaucoup, beaucoup d'autres ratatouilles inutiles et/ou indigestes inspirées par les célèbres mutants.

03/12/2023 (modifier)
Par grogro
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Moi, Edin Björnsson, pêcheur suédois au XVIIIe siècle coureur de jupons et assassiné par un mari jaloux
Moi, Edin Björnsson, pêcheur suédois au XVIIIe siècle coureur de jupons et assassiné par un mari jaloux

Moi, Grogro, pèlerin franchouille au XXIe siècle lecteur de bandes dessinées et estomaqué par une autrice talentueuse. La voilà la future lauréate d’Angoulême 2024 ! Hein ? Quoi ? Comment ça, cette BD n'est même pas sélectionnée ? Scandale ! J'ai tout aimé dans cette histoire. Même l'emballage m'a emballé. C'est même ça qui m'a jeté vers ce titre. J'adore son petit côté désuet, ce charme des livres de conte des années 40/50 (une vie éditoriale antérieure ?), mais en même temps très léché, avec juste cette image qui semble collée sur la couverture et dont même le toucher est différent, presque crémeux sous les doigts. Le cadre est détouré d'une ligne gris-bleue, discrète mais du plus bel effet, ainsi que le nom de l'autrice, un peu gaufré, et la lune de l'éditeur NoCtambule. Remarquable travail d'édition. Mais cela ne serait que poudre aux yeux sans un contenu à la hauteur de ce plumage. Le scénario, le dessin, la genèse même de cette BD... Tout derrière m'a littéralement subjugué. Avant toute chose, qu'est-ce que c'est t'y donc que ce titre à rallonge ? Et bien Edith le raconte elle-même en préambule : c'est une magnétiseuse qui, se saisissant d'un planisphère, d'un calendrier et de son pendule, révéla à Edith ce que fut l'une de ses vies antérieures. Voilà le point de départ, et quand on réalise ce qu'elle en a fait, c'est d'autant plus incroyable. En effet, elle ne reste pas à caboter le long de cet intitulé, mais emmène tout ça vers une conclusion inattendue. Je ne dirai rien de la fin, mais elle est tout bonnement incroyable. Tout prend un relief assez vertigineux. Mais le lecteur n'attendra pas la fin pour être séduit et embarqué. L'ambiance est d'emblée épaisse. On se retrouve immédiatement transporté dans la Suède du XVIIIe siècle. Les personnages habitent les pages et acquièrent rapidement une densité. Et surtout, on les sent évoluer avec le temps, prendre de l'âge et du plomb dans la cervelle (en ce qui concerne notre Edin Björnsson du moins). Densité temporelle aussi... Tout le génie d'Edith consiste à le suggérer par la grâce de ce dessin proprement sensationnel, à la fois simple et vivant, et d'une palette de couleurs savante. Son trait, je le connaissais à travers Emma G. Wilford, ou Séraphine que j'aimais déjà beaucoup. Les œuvres plus anciennes, notamment les série jeunesse comme le Trio Bonaventure, je l'avoue, n'ont quant à elles jamais suscité d'intérêt de ma part. Mais ici, elle a visiblement franchi un cap. Est-ce cette histoire, et le fait qu'elle soit chevillée à son propre destin qui l'a transcendée ? Quoiqu'il en soit, je me suis arrêté sur chaque image, longuement, je me suis empiffré de ces paysages magnifiques et de ces cieux au lavis devant lesquels je demeurais de longues minutes, suivant chaque trait du regard. Chaque case est forte et contribue à l'ambiance. Les expressions des personnages sont parfaitement rendues. Edith utilise en mélange de technique très dosé, et tout s'emboite. Elle sait tout rendre à merveille : impression d'ivresse, sortie de comas, paysage brumeux, pluie battante, soleil couchant... Bref ! Je suis sous le charme. Je terminerai en disant que de ma vie entière de lecteur de BD, c'est bien la première fois que je relis une œuvre sitôt la lecture achevée tant je voulais prolonger ce sentiment d'immersion totale. Ah oui, si, juste un truc ! Mais ça ne changera rien à tout ce que je viens de dire, même si c'est très agaçant quand même. Mais Wallah, qu'est-ce que c'est que ce goodie à la mord-moi-l’nœud qu'on trouve à la fin du livre ? Et surtout, qui a eu la bonne idée de l'insérer dedans ? Je laisse la surprise sur le bidule en lui-même, mais outre l'intérêt limité de la chose (c'est du vieux carton tout khenez !), à cause du rivet qui fixe l'aiguille sur le cadran, les dernières pages de la BD, des pleines pages de paysage somptueuses, sont complètement niquées en plein milieu. On aurait pu s'en douter, mais le nœud du rivet est venu imprimer non seulement sa marque, mais une double marque, comme un symbole infini (le truc a dû bouger plusieurs fois, entre le transport, les manipulations en librairie...). Hé ho ! Les éditions Oxymore ? Vous étiez bourrés ou quoi ? Faut pas laisser carte blanche au stagiaire bordel !... Remarque, c'est marrant quand on y pense : un symbole infini imprimé sur les dernières pages de cette histoire de réincarnation. Hasard ? Je ne crois pas...

03/12/2023 (modifier)
Par Alix
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dans la tête de Sherlock Holmes
Dans la tête de Sherlock Holmes

Et bien, ce n’est pas moi qui vais faire baisser la moyenne de cette excellente série. L’enquête elle-même est passionnante et bien construite, et m’a tenu en haleine jusqu’à son dénouement, logique et bien amené. Il faut bien sûr accepter le côté un peu foutraque des histoires de Sherlock Holmes par rapport à des polars plus réalistes, mais moi, j’ai adoré. Mais c’est la réalisation qui me fait mettre la note maximale, et en particulier la narration phénoménale, qui utilise le medium de la BD à 100%, et qui fait que cette histoire ne pourrait pas être racontée en roman ou film sans faire de compromis. La mise en page est magistrale, chaque planche (ou double-planche) propose un découpage inédit : une coupe de bâtiment, une carte de Londres, l’intérieur de la tête de Sherlock montrant son raisonnement... Les cases représentent souvent une forme en rapport avec le contenu de la page, voir par exemple la loupe en début de tome 1, ou la couronne de la Reine en fin de tome 2. Le « fil rouge » de l’enquête, auquel se rattachent les indices (numérotés) glanés par nos protagonistes, est représenté sur les pages et guide la narration (il relie les cases, suit le parcours de nos détectives sur les cartes de Londres, s’emmêle et se démêle en fonction des évènements). Ajoutons des astuces certes un peu gadget mais néanmoins amusantes : il faut parfois regarder une case par transparence ou plier une page pour révéler un indice... Surtout que le dessin est magnifique, le trait est fin, les cases fourmillent de détails. Bref, une lecture jubilatoire, stimulante, passionnante... Un diptyque parfait selon moi.

02/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Cochléa & Eustachia
Cochléa & Eustachia

Je l'ai lu en virtuel, celui-là (moins les récits annexes); ce qui a un peu perturbé mon immersion : c'est pénible de tenir son ordinateur ouvert sur ses tranches... ... J'ai pas tout compris, du coup ! Mais qu'est-ce que j'ai fortement ressenti, dis-donc ! C'est un CAUCHEMAR claustrophobe SANS ISSUE ce machin ! Malgré un graphisme éloigné de mes préférences habituelles -ça fourmille de petits détails !- je me suis surpris à lire (avec application, encore !) chaque bulle de cette Odyssée -quasiment organique !- se déroulant au sein d'une réalité aussi dépourvue de sens qu'elle apparait pourtant tout au long des planches dotée d'une réelle profondeur ; et dont il est assez difficile de s'extraire, d'ailleurs... "Donnez-moi de l'oxygèèèène !" comme le chantait DD (l'autre !). C'est très appliqué, très minutieux et, par moment, on tombe sur des cases qui sont du carrément jamais vu : aucun Yogi n'est capable de faire ce que Cochléa (je crois ?!) fait à Eustachia (je suppose ?!), côté "checkup interne" du système digestif...? Rassurez-moi ! À force d'horreur (sans effets appuyés et, donc, sacrément efficace !), ça en devient beau ou, en tous cas, abouti. Ça reste un cauchemar, néanmoins ; alors il faut vraiment avoir envie de ressentir ça pour le lire. À ce sujet, la couverture originale, à des années-lumières de celle-ci, est l'argument qui m'a donné l'envie (furieuse !) d'ouvrir le Comic : prodigieusement poétique malgré sa rigueur graphique, elle figure à elle-seule toute l'originalité fortement dérangeante de cet ovni-là.

02/12/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série ClanDestine - Réunion de famille
ClanDestine - Réunion de famille

Ah oui ! Cet essai chez Marvel, visiblement très pensé en amont, est une réussite pour Alan Davis tant la spécificité scénaristique de l'histoire -du Super-Héros visuellement tout ce qu'il y a de plus classique mais dont le contexte est fortement teinté de mysticisme !- complimente le style graphique de l'auteur, toujours limite entre le semi-réaliste et le romantico-décoré (je me comprends : voir les poses des héros et/ou la représentation dessinée des manifestations para-normales...). Une famille, donc ; mais dont les liens parentaux ne sont pas ceux que l'on imagine au premier abord -ne dévoilons rien !- et qui voit ses origines très originales se perdre dans la nuit des temps... l'Amour, toujours Lui ! Une recherche manifeste quant à la création des personnages ; avec un soucis très Science-Fictionnesque assez surprenant de pousser chaque exploration des facultés extraordinaires de la famille (The Clan Destine, donc !) jusqu'au bout de leurs applications/limites et exploitations scénaristiques. Le contexte familial "recréé" permet un angle intime assez nouveau pour offrir une large palette d'idées à l'auteur et, même si son run sur le Comic est assez court, il s'en sort vraiment bien ; tout en réussissant l'exploit d'intégrer son équipe à l'univers foutraquement riche du MCG sans lui enlever un gramme de "crédibilité". Plein de promesses (avortées, donc...) et tout plein d'antagonistes intéressants -car entre deux, comme dans la vie !- ; le tout sous-tendu par un fil rouge (le mystère autour de Vincent) qui est conclu -un poil rapidement !- lors d'un ultime épisode réalisé bien après l'arrêt de la série. Faudra que je me renseigne sur les raisons de cet abandon, d'ailleurs. Un plaisir de lecture comparable à Excalibur ; pour peu qu'on évite les suites archi-pas belles et -surtout !- TRÈS maladroites (grotesques !) côté scénario... J'ai cru rêver BEURK. Merci Gaston pour le post ! Je les avais zappés...

02/12/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5
Couverture de la série Le Voyage de Marcel Grob
Le Voyage de Marcel Grob

Etant moi-même alsacien, il me semblait inévitable de lire ce récit. Récit qui m'a étonné par sa démarche, puisque j'ai été confronté très jeune au phénomène des Malgré nous et tout le paradoxe des alsaciens dans la Seconde Guerre Mondiale : trop allemand pour les français, trop français pour les allemands. Interdit de parler leurs langue, obligé de souscrire à un état qu'ils n'ont pas voulu, enrôlés de force … Toutes ces histoires me sont connues par les cours d'histoire du collège lycée mais aussi et surtout par ma propre famille. La BD me paraissait donc d'abord un peu superflu. Sauf qu'il faut bien constater que les français (ceux d'outre-Vosges) ne sont pas souvent sensibilisé à ces problématiques là et peuvent avoir une vision biaisé du comportement de nombreux alsaciens. Il faut dire que leur situation était bien souvent catastrophique, comme le rappelle cette BD : participer ou être déporté, adhérer ou être fusillé, collaborer ou disparaitre. J'ai entendu de nombreuses fois cette histoire : j'ai fait ça, parce que sinon ma famille était emmenée. Et la famille, c'est au sens large : cousin, tante, oncle, tout le monde pouvait être embarqué pour une défection. Mes grands-parents et arrière grands parents ont ainsi vu leurs frères partir dans une guerre qu'ils ne voulaient pas, mourir sur le front de l'est et avoir comme seule et mince consolation, l'idée que leur famille n'a pas déjà été tuée. Je parle beaucoup de la situation que je connais, mais parce que cette BD est totalement dans cet esprit : raconter ce qui fut fait sous la contrainte. Il est facile de se dire "j'aurais fait autrement" ou encore "j'aurais résisté", mais c'est oublier tout ce que cela comportait. Le voyage de Marcel Grob fut fait contre sa volonté, avant tout. Cependant, et c'est là tout l'intérêt de la BD, c'est aussi de ce fait qu'il participe à des massacres que l'armée allemande perpétue à cette époque. Il devient du coup difficile de dire ce qu'il faut ressortir de tout ça : condamner un gars qui est né au mauvais endroit au mauvais moment ? Lui reprocher d'être devenu un salaud pour ne pas en devenir un autre ? D'avoir été dans une situation d'où rien de bon ne pouvait sortir ? Il est facile de s'ériger en juge, mais c'est passer sur la complexité de cette époque. Je digresse beaucoup, parce que cette BD aborde avec une grande justesse toutes les problématiques liées à l'enrôlement des jeunes alsaciens. Comme le rappelle la BD, certains étaient franchement ravis d'aller dézinguer du coco, tandis que d'autres voulaient juste rentrer en vie. Les SS n'étaient pas tous des monstres assoiffés de sang, même si certains sont présentés comme des sadiques. Il y a là une diversité d'être humain qu'on peut croiser dans tout les groupes. Et lorsqu'on referme la BD, c'est avec plus de questions que de certitudes. C'est la force d'un tel récit : permettre de remettre les choses dans un contexte qui ne simplifie jamais rien. Mais c'est salutaire que de se rappeler que l'Histoire n'est pas monolithique et qu'il est dangereux de caricaturer en deux camps simplifiés, les gentils et les méchants. A la fin de cette BD, je repense à mes grands-mères et leurs frères qu'elle n'ont pas revu, leur père qui a fait la résistance et s'est fait descendre (par les gendarmes français), mon grand-père enrôlé dans l'armée allemande et qui a fuit en pyjama dans la neige le soir du Nouvel an (pour se réfugier en Suisse). Je repense à tout ces alsaciens qui avait comme seul tort d'être né là, dans un coin du monde qu'on se disputait alors, et qui ont pris de plein fouet l'absurdité d'une guerre. A l'heure où les guerre se rapprochent à nouveau de l'Europe, cette BD me fait penser que nous avons eu la chance, ces dernières années, de pouvoir vivre dans un pays qui ne nous a pas obligé à faire des choses et surtout, choisir un camp (comme disait Goldman). Sortir d'une BD avec autant de questions, de réflexions et d'images est sans doute ce qu'il y a de mieux, non ?

28/11/2023 (modifier)
Par Yann135
Note: 5/5
Couverture de la série Les Passagers du vent
Les Passagers du vent

Je me suis replongé ce dimanche bien installé dans mon canapé dans ... les passagers du vent. Des albums lus et relus qui me procurent toujours autant de plaisirs. Le cycle 1 de la série est une épopée extraordinaire qui marie avec brio l'histoire, l'aventure et l'humanité d'une manière captivante et immersive. Œuvre magistrale de François Bourgeon, ce cycle en cinq albums entraîne les lecteurs dans un voyage inoubliable à travers le XVIIIe siècle, où les destins de personnages complexes s'entrelacent dans un tableau riche de l'Histoire. Le premier album, "La Fille sous la Dunette", plonge le lecteur dans l'océan de l'injustice de l'esclavage. Isa, l'héroïne courageuse et émouvante, incarne la lutte pour la liberté dans une époque de préjugés et de cruautés. Bourgeon maîtrise avec habileté l'équilibre entre l'intensité dramatique et la beauté visuelle, établissant ainsi les bases d'une épopée exceptionnelle. "Le Ponton", deuxième volet du cycle, approfondit les intrigues et les relations entre les personnages, offrant une exploration complexe des dynamiques sociales et politiques. Les détails minutieux du récit et la richesse des décors démontrent l'érudition de Bourgeon dans la représentation historique. "Le Comptoir de Juda", troisième opus, plonge dans les méandres du commerce triangulaire, révélant les réalités brutales de l'économie de l'époque. Bourgeon élargit la toile narrative en explorant des thèmes sociaux et économiques tout en maintenant la tension narrative qui caractérise la série. Dans "L'Heure du Serpent", quatrième tome, les fils de l'intrigue s'entremêlent de manière magistrale. Bourgeon orchestre un final grandiose et émotionnel, dévoilant les ramifications profondes de chaque choix fait par les personnages. Le cycle atteint son apogée avec "Le Bois d'Ébène", le cinquième album qui clôture magnifiquement cette première partie de l'histoire. Bourgeon offre une conclusion épique, révélant les destins de ses personnages d'une manière à la fois réaliste et poignante. Chaque page est une œuvre d'art, avec des dessins d'une précision remarquable et une profondeur émotionnelle saisissante. Le trait artistique de Bourgeon, d'une beauté exceptionnelle, donne vie à chaque personnage et chaque lieu. Les expressions subtiles des visages, les détails des costumes et des décors transportent le lecteur dans une époque révolue avec une authenticité saisissante. En conclusion, le cycle 1 des "Passagers du Vent" est un chef-d'œuvre incontestable de la bande dessinée. François Bourgeon transcende les limites du genre en créant une saga qui allie intelligence historique, émotion brute, et une esthétique visuelle éblouissante. Ces cinq albums constituent une contribution majeure à l'art de la bande dessinée, captivant le lecteur de la première à la dernière page. Une œuvre à savourer, à explorer, et à apprécier pour les générations à venir. Culte bien évidemment.

26/11/2023 (modifier)
Par Yann135
Note: 5/5
Couverture de la série Achille Talon
Achille Talon

A l’heure où nous parlons que du nouveau Gaston, il y a un autre personnage emblématique extraordinaire de la bande dessinée que je souhaite remettre au goût du jour avec cet avis… c’est Achille Talon. Cette série est une œuvre exceptionnelle qui a su conquérir les lecteurs par son humour irrésistible et son charme intemporel. Créée par le talentueux Michel Regnier, alias Greg, cette série dépeint les aventures délirantes d'Achille Talon, un personnage mémorable à l'ego surdimensionné. Greg a su créer un univers comique riche et attachant, où les jeux de mots ingénieux et les situations loufoques s'entremêlent avec finesse. Achille Talon se distingue par son humour intelligent, sa satire sociale subtile et son regard aiguisé sur le quotidien. Le style graphique distinctif de Greg contribue à l'unicité de la série. Les expressions faciales exagérées et les détails visuels ne peuvent que vous captiver. Et si vous rajoutez a cette dimension visuelle brillante des dialogues hilarants, on peut crier au génie. Chaque planche est une explosion de créativité, où l'esprit débordant de Greg trouve une expression vivante. Les personnages, des plus excentriques aux plus ordinaires, ajoutent une profondeur charmante à l'ensemble. L'humour intemporel d’Achille Talon résonne au fil des générations, transcendant les époques avec brio. La série offre une expérience de lecture joyeuse et divertissante, où le rire est garanti à chaque page. Alors oui je le dis haut et fort, Greg a créé un personnage emblématique, et son ingéniosité narrative a érigé cette série au rang des chefs-d'œuvre de la bande dessinée. Pour les amateurs de BD en quête d'une lecture pleine de charme, d'intelligence et d'humour, cette série demeure une référence incontournable, prête à ravir de nouveaux lecteurs à chaque génération.

26/11/2023 (modifier)
Par Lajt
Note: 5/5
Couverture de la série Neandertal
Neandertal

J'ai suivi avec passion la quête de Laghou. L'auteur nous transporte littéralement dans un univers beau, mais impitoyable, tout à fait crédible. L'homme vaillant à l'écoute de la nature et de ses semblables y trouve sa place. J'ai éprouvé de l' admiration pour Laghou, dont le parcours semé d'embuches nous réserve quelques surprises avec en toile de fond la sincérité et l'humanité, toujours. Un merveilleux moment de lecture, merci grâce à Emmanuel Roudier.

26/11/2023 (modifier)