Un ami fan de Mathieu Bablet m'a récemment prêté l'intégrale de cette série (apparemment une réédition revue et un peu corrigée) que j'ai lue avec grand plaisir.
En effet, j'ai toujours un gros faible pour la mythologie grecque, et cette BD est une sorte de parc d'attraction de la mythologie grecque, à la sauce réflexion telle que l'auteur en produit à chaque histoire. Ici, la réflexion sur l'immortalité amène la réflexion sur la mortalité, ce que nous laissons et sur la mémoire. Et un peu d'amour aussi. En tout cas, nous retrouvons des thématiques chères à l'auteur, qui a déjà parlé plusieurs fois de cette idée, notamment de fin (fin du monde, fin de vie, fin de notre ère ...) et des conséquences de cette fin. Ici, enrobée dans la mythologie grecque, qui permet de faire des clins d’œils en tout sens mais aussi des rapports avec les différentes idées que cette mythologie comporte : destinée, divinités, créatures ...
En étant fan de mythologie, j'ai eu grand plaisir à repérer les clins d’œil en tout genre qui parsèment aussi bien le scénario que le décor, mais aussi à noter que l'utilisation qu'il en fait est assez pertinente quant au propos qu'il tient. Par exemple la question des Parques ou des dieux est à la fois traitée de façon héroïque (dans le sens ancien du terme) mais aussi dans une idée d'apporter quelque chose à l'histoire.
Mine de rien, il y a un certain point de vue réfléchi sur ce que sont nos vies et ce que nous laissons derrière nous, d'une façon ou d'une autre. C'est plutôt bien menée, avec un dessin qui complète très bien l'ensemble. Il faut aimer la façon dont l'auteur détaille les paysages et les environnements, mais il sait s'y prendre pour avoir des rendus qui tapent dans l’œil. Ne serait-ce que le grandiose des environnements urbains, ou les contrastes qu'il adore faire entre la taille des bâtiments et le vide de présence humaine, souvent rehaussé par la présence de nature qui reprend progressivement le dessus.
Ce n'est pas le meilleur de l'auteur, je considère ses productions récentes comme plus abouties sur certains points, mais il bat le même fer depuis le début, et cela se sent. Une cohérence globale se détache de son œuvre, sur des questions qui semblent revenir sans cesse mais qu'il aborde à chaque fois différemment et dans un autre sens. C'est appréciable, et cette façon de réutiliser la mythologie à son propre but me plait beaucoup. Lecture recommandée pour ma part !
Sur une station orbitale gérée exclusivement par des femmes, on cultive le Mega Phyon. L'ultime carburant pour les navettes de guerre de la fédération. Etrange substance qui semble s'adapter.
Le plus étrange est ce scénario, qui pourrait être un scénario blockbuster, et puis finalement non, trop la flemme. Ca pourrait être une saga avec de l'hérotisme (oui avec H car il y a aussi de l’héroïsme), non plus. Ça sera du plaisir. Quelques divagations fumeuses, et une façon de retomber sur ses pattes.
Bref du Frezzato !
Oui, vous l'avez remarqué, le début de mon avis reprend le descriptif de la bd. Fainéantise ? je ne crois pas.
J'y ajouterai, pour preuve, ceci :
Deux filles dont on aimerait bien tomber amoureux. Beaucoup de trouvailles.
Un intermède avec deux dieux qui parviennent à donner une explication à ce bouquet imaginatif et graphique.
Beaucoup de plaisir à la lecture pour ma part.
Ha si...
...un dernier mot
Je n'ai pas hésité une seconde à investir 2 euros cinquante sur cette bd, car sur la couverture il est mentionné ceci :
"too much fantasy on MOTHERFLOWER. Petite histoire sur la recherche du bonheur interrompue par un cas de force majeur". Et en y prêtant mieux attention, dans un second temps, tout au dessus du titre, on distingue en rouge discret sur fond noir : "un autre livre incompréhensible mais très bien dessiné de"
Ca m'a bien fait marrer, et c'était gagné.
Difficile de mettre une note globale à Buck Danny, une des plus anciennes BD franco-belges, des dizaines d'années, des dizaines de tomes, de qualité extrêmement variables.
Je mets 4 étoiles qui correspondent pour moi à l'apogée de la série, les années 70-80, mais ce n'est certainement pas une note globale, et ça ne représente qu'environ 20% de la série.
Commencer à lire Buck Danny au XXIe siècle en commençant par le tome 1, je pense qu'il faut soit être maso, soit complétionniste. Mais beaucoup risquent de s'y casser les dents. Les premiers tomes sont médiocres, et c'est un euphémisme. Scénarios ultra sommaires, très répétitifs, sans grand intérêt. Les passionnés d'aviation remarqueront que les appareils sont complètement fantaisistes... bon là les auteurs ont une excuse, y avait pas internet à l'époque et il ne devait pas être simple pour le grand public d'obtenir des infos.
Mais en plus ces premiers tomes sont d'un racisme assez exacerbé. Je ne suis pas un donneur de leçon à postériori, et je sais qu'il faut parfois remettre les choses dans leur contexte, mais ça m'a tout de même gêné. Ce n'est pas du racisme méprisant et paternaliste comme dans Tintin au Congo, mais bien un racisme haineux à l'égard des Japonais, traités à longueur de page de jaunes, de singes, de "faces de citron". Tous les pilotes japonais sont systématiquement des fourbes, lâches, cruels. Je sais bien que l'armée japonaise a commis des crimes durant la WW2, mais là y a vraiment une essentialisation très gênante quand on lit ça 60 ans plus tard.
Bon comme toutes les BD de Charlier, ça s'améliore de tome en tome, et à partir des années 70, la série devient franchement très très bien et de mieux en mieux au fur et à mesure des tomes. Le racisme disparaît totalement en laissant place à véritable humanisme. Les avions sont maintenant dessinés fidèlement. Les scénarios sont complexes, bien menés sur de nombreux tomes, bien intégrés dans le contexte géopolitique. Chose inhabituelle pour Charlier qui aime bien étaler ses arcs sur de nombreux tomes, son dernier album de Buck Danny, "Les Agresseurs", est un one shot. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir un scénario parfaitement intéressant et maîtrisé, absolument pas manichéen. Vraiment une fin en beauté pour cette série.
Bien sûr la série a continué après la mort de Charlier, mais le niveau baisse franchement et j'ai lâché. Je préfère considérer que "Les Agresseurs" est le vrai dernier tome de Buck.
Will Eisner nous propose un album très plaisant sans thématique lourde avec cet "Immeuble".
Pas d'antisémitisme ni de racisme mais une première partie avec quatre destins qui se croisent devant cet immeuble d'intersection.
Les événements les plus importants et les plus dramatiques se déroulent d'ailleurs devant l'immeuble sur ce trottoir qui tel un confluent charrie ces foules Newyorkaises innombrables et paradoxalement solitaires à la fois.
Des histoires parfois dramatiques de gens ordinaires qui nous touchent par leur humanité.
Quel dessin ! Eisner est ici au top de son art pour mon avis. Il arrive à donner une fluidité et une expressivité incomparables à ses personnages.
Maître des scènes de pluie, des dos courbés ou des espoirs qui s'envolent, Eisner déborde d'empathie pour ce petit peuple et nous la fait partager.
Les détails de la rue ou les éclairages ne sont pas en reste. C'est magnifique et souvent les textes sont superflus.
Il finit par un Petit Miracle comme il aime bien les voir dans ces chocs du quotidien.
Un autre miracle que cette seconde partie.
C'est un véritable cours de dessin pour amateur d'insaisissable.
Le temps, l'odeur, le bruit, l'espace ou la vitesse tout ce qu'un maître dessinateur de BD tente de fixer sur sa feuille pour le restituer à son public qui se trouve en d'autres lieux et d'autres temps.
Un régal comme presque toujours.
Beaucoup de fraicheur dans cette bd.
Il y a quelque chose qui fonctionne, sur cette ambiance estivale adolescente et des premiers amours/amourettes.
Une bd très facile d'accès, qui semble être en surface au premier abord, alors qu'elle est touchante tout en restant légère et revigorante.
Je suis ressorti de ma lecture avec au cœur cette impression de chaleur lorsque l'on vient tout juste de se poser au soleil après une nage dans une mer fraiche.
J’ai lu la première intégrale de La Pastèque, qui m’a permis de découvrir ce personnage haut en couleur, un des fleurons de la BD québécoise.
J’ai eu un peu de mal au départ avec les premières histoires courtes, moi qui pourtant suis adepte d’univers déjantés et loufoques. Puis, peu à peu je suis rentré dans le délire des auteurs, qui font feu de tout bois autour de leur héros.
Michel Risque, le « héros à la mâchoire carré » pourrait être un cousin de James Bond, mais en fait non. Il a une belle carrure, essentiellement physique. Parce que sinon, côté réflexion, jugeote, il passe en dessous de la moyenne.
Surtout que les auteurs le transposent dans des aventures exotiques improbables, qu’il traverse souvent avec naïveté, inconscient des risques, des enjeux. Incapable de voir qu’une bombasse le drague non plus (dans « Perdus pour le plaisir »). Bref, un anti-héros dans des anti-aventures.
A partir du « Savon maléfique », je trouve que l’univers devient plus cohérent dans l’incohérence, c’est un peu plus élaboré, tout en restant peu cartésien. Il faut dire que notre héros s’installe dans la durée dans le magazine Croc, et les auteurs peuvent construire des histoires plus longues.
On pourrait trouver dans le travail de Godbout et Fournier quelques accointances avec ce que faisaient Gotlib, Goossens ou Maester, mais ce n’est en fait pas exactement le même type d’humour décalé et loufoque (j’avoue préférer celui de l’école Fluide).
Un petit délire à redécouvrir en tout cas.
Note réelle 3,5/5.
Je mets mon avis à jour après la lecture de l’intégrale des 8 tomes, et je laisse ma note à 4/5.
« Par le créateur de Walking Dead », l’autocollant attire forcément le fan que je suis. Pourtant je ne suis pas amateur de victimes possédées et d’exorcisme, et j’avais un peu peur de faire un blocage (comme Pol – voir son avis). Mais j’étais déjà allergique aux histoires de zombis, et Walking Dead avait su me convaincre, alors je me suis lancé…
J’ai trouvé l’intrigue prenante et remarquablement racontée. L’auteur maîtrise vraiment son art, la narration est aux petits oignons, et les personnages sont bien développés. Il y a selon moi quelques longueurs dans les tomes 6 et 7, mais rien de grave, et j’ai trouvé la fin réussie et satisfaisante.
Le dessin de Paul Azaceta n’est pas en reste, et sert parfaitement le récit, avec des tons souvent sombres. Contrairement à Mac Arthur je n’ai pas noté de baisse de qualité dans les derniers tomes (j’étais peut-être trop happé par le récit).
Une chouette série, terminée en 8 tomes, c’est-à-dire beaucoup moins que Walking Dead !
Je trouve l'univers de cette série excellent, original et cohérent. Ça pourrait faire un bon décor de campagne pour un JDR.
Mais le personnage principal, Gauthier, est complètement fade. Limite c'est un prétexte alors que la plupart des autres personnages sont assez intéressants.
L'histoire, elle, se laisse lire, mais ça donne un peu l'impression que le scénariste ne sait pas vraiment où il va. Il a son univers et ses personnages et Ils vivent leur vie dans des suites de péripéties.
Il y a 8 tomes, décomposés en 2 cycles de 4 tomes, mais j'ai pas vu ce qui distinguait le 1er cycle du 2eme.
Même si on sait pas toujours où ça va, il y a pas de grosses incohérences car les personnages restent fidèles à leur caractère.
Bon, je crie pas au chef d'œuvre, mais c'est une lecture agréable surtout pour le dépaysement.
Les dessins de Xavier sont superbes par ailleurs.
Je lirai sûrement la suite s'il y en a une.
Une très bonne série de science-fiction et un très beau travail des éditions Daniel Maghen.
Rodolphe est inspiré et nous offre une histoire captivante. Une intrigue qui ne révolutione pas le genre, mais il a su mettre tous les ingrédients pour en faire un monde cohérent où la religion tient un rôle important. Des personnages, attachants ou non, qui tiennent la route avec un léger bémol sur le côté naïf de notre héros, mais il évolue tout doucement. Une narration maîtrisée avec un récit qui se développe au fil des tomes de rebondissement en rebondissement.
Ce qui saute aux yeux c'est la partie graphique. Je suis un inconditionnel de Christophe Dubois, il a un style bien à lui. J'aime son coup de crayon, il est précis, détaillé, dynamique. Et quelle créativité, des décors époustouflants et les superbes couleurs participent à l'ambiance de bout du monde. En petit cadeau, un cahier graphique à la fin de chaque album.
Si vous êtes sous le charme de ce triptyque, je vous invite à poursuivre l'aventure dans TERRE.
J'ai beaucoup aimé cette série globalement même si elle n'est pas parfaite.
Le bon point pour moi, c'est l'intrigue, originale, cohérente, bien racontée. Les rebondissements prennent très bien, aucun n'est téléphoné.
En défaut : les personnages, ils ont tous très peu de personnalité, y compris le héros principal, ce qui fait qu'on ne s'y attache pas vraiment.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Adrastée
Un ami fan de Mathieu Bablet m'a récemment prêté l'intégrale de cette série (apparemment une réédition revue et un peu corrigée) que j'ai lue avec grand plaisir. En effet, j'ai toujours un gros faible pour la mythologie grecque, et cette BD est une sorte de parc d'attraction de la mythologie grecque, à la sauce réflexion telle que l'auteur en produit à chaque histoire. Ici, la réflexion sur l'immortalité amène la réflexion sur la mortalité, ce que nous laissons et sur la mémoire. Et un peu d'amour aussi. En tout cas, nous retrouvons des thématiques chères à l'auteur, qui a déjà parlé plusieurs fois de cette idée, notamment de fin (fin du monde, fin de vie, fin de notre ère ...) et des conséquences de cette fin. Ici, enrobée dans la mythologie grecque, qui permet de faire des clins d’œils en tout sens mais aussi des rapports avec les différentes idées que cette mythologie comporte : destinée, divinités, créatures ... En étant fan de mythologie, j'ai eu grand plaisir à repérer les clins d’œil en tout genre qui parsèment aussi bien le scénario que le décor, mais aussi à noter que l'utilisation qu'il en fait est assez pertinente quant au propos qu'il tient. Par exemple la question des Parques ou des dieux est à la fois traitée de façon héroïque (dans le sens ancien du terme) mais aussi dans une idée d'apporter quelque chose à l'histoire. Mine de rien, il y a un certain point de vue réfléchi sur ce que sont nos vies et ce que nous laissons derrière nous, d'une façon ou d'une autre. C'est plutôt bien menée, avec un dessin qui complète très bien l'ensemble. Il faut aimer la façon dont l'auteur détaille les paysages et les environnements, mais il sait s'y prendre pour avoir des rendus qui tapent dans l’œil. Ne serait-ce que le grandiose des environnements urbains, ou les contrastes qu'il adore faire entre la taille des bâtiments et le vide de présence humaine, souvent rehaussé par la présence de nature qui reprend progressivement le dessus. Ce n'est pas le meilleur de l'auteur, je considère ses productions récentes comme plus abouties sur certains points, mais il bat le même fer depuis le début, et cela se sent. Une cohérence globale se détache de son œuvre, sur des questions qui semblent revenir sans cesse mais qu'il aborde à chaque fois différemment et dans un autre sens. C'est appréciable, et cette façon de réutiliser la mythologie à son propre but me plait beaucoup. Lecture recommandée pour ma part !
Motherflower (too much fantasy on)
Sur une station orbitale gérée exclusivement par des femmes, on cultive le Mega Phyon. L'ultime carburant pour les navettes de guerre de la fédération. Etrange substance qui semble s'adapter. Le plus étrange est ce scénario, qui pourrait être un scénario blockbuster, et puis finalement non, trop la flemme. Ca pourrait être une saga avec de l'hérotisme (oui avec H car il y a aussi de l’héroïsme), non plus. Ça sera du plaisir. Quelques divagations fumeuses, et une façon de retomber sur ses pattes. Bref du Frezzato ! Oui, vous l'avez remarqué, le début de mon avis reprend le descriptif de la bd. Fainéantise ? je ne crois pas. J'y ajouterai, pour preuve, ceci : Deux filles dont on aimerait bien tomber amoureux. Beaucoup de trouvailles. Un intermède avec deux dieux qui parviennent à donner une explication à ce bouquet imaginatif et graphique. Beaucoup de plaisir à la lecture pour ma part. Ha si... ...un dernier mot Je n'ai pas hésité une seconde à investir 2 euros cinquante sur cette bd, car sur la couverture il est mentionné ceci : "too much fantasy on MOTHERFLOWER. Petite histoire sur la recherche du bonheur interrompue par un cas de force majeur". Et en y prêtant mieux attention, dans un second temps, tout au dessus du titre, on distingue en rouge discret sur fond noir : "un autre livre incompréhensible mais très bien dessiné de" Ca m'a bien fait marrer, et c'était gagné.
Buck Danny
Difficile de mettre une note globale à Buck Danny, une des plus anciennes BD franco-belges, des dizaines d'années, des dizaines de tomes, de qualité extrêmement variables. Je mets 4 étoiles qui correspondent pour moi à l'apogée de la série, les années 70-80, mais ce n'est certainement pas une note globale, et ça ne représente qu'environ 20% de la série. Commencer à lire Buck Danny au XXIe siècle en commençant par le tome 1, je pense qu'il faut soit être maso, soit complétionniste. Mais beaucoup risquent de s'y casser les dents. Les premiers tomes sont médiocres, et c'est un euphémisme. Scénarios ultra sommaires, très répétitifs, sans grand intérêt. Les passionnés d'aviation remarqueront que les appareils sont complètement fantaisistes... bon là les auteurs ont une excuse, y avait pas internet à l'époque et il ne devait pas être simple pour le grand public d'obtenir des infos. Mais en plus ces premiers tomes sont d'un racisme assez exacerbé. Je ne suis pas un donneur de leçon à postériori, et je sais qu'il faut parfois remettre les choses dans leur contexte, mais ça m'a tout de même gêné. Ce n'est pas du racisme méprisant et paternaliste comme dans Tintin au Congo, mais bien un racisme haineux à l'égard des Japonais, traités à longueur de page de jaunes, de singes, de "faces de citron". Tous les pilotes japonais sont systématiquement des fourbes, lâches, cruels. Je sais bien que l'armée japonaise a commis des crimes durant la WW2, mais là y a vraiment une essentialisation très gênante quand on lit ça 60 ans plus tard. Bon comme toutes les BD de Charlier, ça s'améliore de tome en tome, et à partir des années 70, la série devient franchement très très bien et de mieux en mieux au fur et à mesure des tomes. Le racisme disparaît totalement en laissant place à véritable humanisme. Les avions sont maintenant dessinés fidèlement. Les scénarios sont complexes, bien menés sur de nombreux tomes, bien intégrés dans le contexte géopolitique. Chose inhabituelle pour Charlier qui aime bien étaler ses arcs sur de nombreux tomes, son dernier album de Buck Danny, "Les Agresseurs", est un one shot. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir un scénario parfaitement intéressant et maîtrisé, absolument pas manichéen. Vraiment une fin en beauté pour cette série. Bien sûr la série a continué après la mort de Charlier, mais le niveau baisse franchement et j'ai lâché. Je préfère considérer que "Les Agresseurs" est le vrai dernier tome de Buck.
New York Trilogie (L'Immeuble) (Le Building)
Will Eisner nous propose un album très plaisant sans thématique lourde avec cet "Immeuble". Pas d'antisémitisme ni de racisme mais une première partie avec quatre destins qui se croisent devant cet immeuble d'intersection. Les événements les plus importants et les plus dramatiques se déroulent d'ailleurs devant l'immeuble sur ce trottoir qui tel un confluent charrie ces foules Newyorkaises innombrables et paradoxalement solitaires à la fois. Des histoires parfois dramatiques de gens ordinaires qui nous touchent par leur humanité. Quel dessin ! Eisner est ici au top de son art pour mon avis. Il arrive à donner une fluidité et une expressivité incomparables à ses personnages. Maître des scènes de pluie, des dos courbés ou des espoirs qui s'envolent, Eisner déborde d'empathie pour ce petit peuple et nous la fait partager. Les détails de la rue ou les éclairages ne sont pas en reste. C'est magnifique et souvent les textes sont superflus. Il finit par un Petit Miracle comme il aime bien les voir dans ces chocs du quotidien. Un autre miracle que cette seconde partie. C'est un véritable cours de dessin pour amateur d'insaisissable. Le temps, l'odeur, le bruit, l'espace ou la vitesse tout ce qu'un maître dessinateur de BD tente de fixer sur sa feuille pour le restituer à son public qui se trouve en d'autres lieux et d'autres temps. Un régal comme presque toujours.
Un Eté en apnée (Simon & Louise)
Beaucoup de fraicheur dans cette bd. Il y a quelque chose qui fonctionne, sur cette ambiance estivale adolescente et des premiers amours/amourettes. Une bd très facile d'accès, qui semble être en surface au premier abord, alors qu'elle est touchante tout en restant légère et revigorante. Je suis ressorti de ma lecture avec au cœur cette impression de chaleur lorsque l'on vient tout juste de se poser au soleil après une nage dans une mer fraiche.
Michel Risque
J’ai lu la première intégrale de La Pastèque, qui m’a permis de découvrir ce personnage haut en couleur, un des fleurons de la BD québécoise. J’ai eu un peu de mal au départ avec les premières histoires courtes, moi qui pourtant suis adepte d’univers déjantés et loufoques. Puis, peu à peu je suis rentré dans le délire des auteurs, qui font feu de tout bois autour de leur héros. Michel Risque, le « héros à la mâchoire carré » pourrait être un cousin de James Bond, mais en fait non. Il a une belle carrure, essentiellement physique. Parce que sinon, côté réflexion, jugeote, il passe en dessous de la moyenne. Surtout que les auteurs le transposent dans des aventures exotiques improbables, qu’il traverse souvent avec naïveté, inconscient des risques, des enjeux. Incapable de voir qu’une bombasse le drague non plus (dans « Perdus pour le plaisir »). Bref, un anti-héros dans des anti-aventures. A partir du « Savon maléfique », je trouve que l’univers devient plus cohérent dans l’incohérence, c’est un peu plus élaboré, tout en restant peu cartésien. Il faut dire que notre héros s’installe dans la durée dans le magazine Croc, et les auteurs peuvent construire des histoires plus longues. On pourrait trouver dans le travail de Godbout et Fournier quelques accointances avec ce que faisaient Gotlib, Goossens ou Maester, mais ce n’est en fait pas exactement le même type d’humour décalé et loufoque (j’avoue préférer celui de l’école Fluide). Un petit délire à redécouvrir en tout cas. Note réelle 3,5/5.
Outcast
Je mets mon avis à jour après la lecture de l’intégrale des 8 tomes, et je laisse ma note à 4/5. « Par le créateur de Walking Dead », l’autocollant attire forcément le fan que je suis. Pourtant je ne suis pas amateur de victimes possédées et d’exorcisme, et j’avais un peu peur de faire un blocage (comme Pol – voir son avis). Mais j’étais déjà allergique aux histoires de zombis, et Walking Dead avait su me convaincre, alors je me suis lancé… J’ai trouvé l’intrigue prenante et remarquablement racontée. L’auteur maîtrise vraiment son art, la narration est aux petits oignons, et les personnages sont bien développés. Il y a selon moi quelques longueurs dans les tomes 6 et 7, mais rien de grave, et j’ai trouvé la fin réussie et satisfaisante. Le dessin de Paul Azaceta n’est pas en reste, et sert parfaitement le récit, avec des tons souvent sombres. Contrairement à Mac Arthur je n’ai pas noté de baisse de qualité dans les derniers tomes (j’étais peut-être trop happé par le récit). Une chouette série, terminée en 8 tomes, c’est-à-dire beaucoup moins que Walking Dead !
Croisade
Je trouve l'univers de cette série excellent, original et cohérent. Ça pourrait faire un bon décor de campagne pour un JDR. Mais le personnage principal, Gauthier, est complètement fade. Limite c'est un prétexte alors que la plupart des autres personnages sont assez intéressants. L'histoire, elle, se laisse lire, mais ça donne un peu l'impression que le scénariste ne sait pas vraiment où il va. Il a son univers et ses personnages et Ils vivent leur vie dans des suites de péripéties. Il y a 8 tomes, décomposés en 2 cycles de 4 tomes, mais j'ai pas vu ce qui distinguait le 1er cycle du 2eme. Même si on sait pas toujours où ça va, il y a pas de grosses incohérences car les personnages restent fidèles à leur caractère. Bon, je crie pas au chef d'œuvre, mais c'est une lecture agréable surtout pour le dépaysement. Les dessins de Xavier sont superbes par ailleurs. Je lirai sûrement la suite s'il y en a une.
TER
Une très bonne série de science-fiction et un très beau travail des éditions Daniel Maghen. Rodolphe est inspiré et nous offre une histoire captivante. Une intrigue qui ne révolutione pas le genre, mais il a su mettre tous les ingrédients pour en faire un monde cohérent où la religion tient un rôle important. Des personnages, attachants ou non, qui tiennent la route avec un léger bémol sur le côté naïf de notre héros, mais il évolue tout doucement. Une narration maîtrisée avec un récit qui se développe au fil des tomes de rebondissement en rebondissement. Ce qui saute aux yeux c'est la partie graphique. Je suis un inconditionnel de Christophe Dubois, il a un style bien à lui. J'aime son coup de crayon, il est précis, détaillé, dynamique. Et quelle créativité, des décors époustouflants et les superbes couleurs participent à l'ambiance de bout du monde. En petit cadeau, un cahier graphique à la fin de chaque album. Si vous êtes sous le charme de ce triptyque, je vous invite à poursuivre l'aventure dans TERRE.
TER
J'ai beaucoup aimé cette série globalement même si elle n'est pas parfaite. Le bon point pour moi, c'est l'intrigue, originale, cohérente, bien racontée. Les rebondissements prennent très bien, aucun n'est téléphoné. En défaut : les personnages, ils ont tous très peu de personnalité, y compris le héros principal, ce qui fait qu'on ne s'y attache pas vraiment.