25 ans maintenant que le 1er tome est sorti, je me suis pris une bonne bouffée de nostalgie. Une trilogie solidement réalisée, ça vieillit très bien.
Un polar noir concocté alors par un Tome des grands jours, chaque album raconte la même histoire mais vue d’un protagoniste différent, c’est agrémenté de nombreux flash-backs.
Dans le 1er, nous suivons Telenko, chauffeur de taxi New-Yorkais qui rêve d’assassiner sa femme. Le 2ème est centré sur Martha (la fameuse femme) et le 3eme marque une surprise. Cette dernière m’avait moyennement emballé à l’époque, j’attendais une autre conclusion aux 2 premiers, mais finalement chaque album marche très bien et apporte le petit plus à l’histoire.
Du polar classique mais qui jouit d’une astucieuse construction lui donnant pas mal de personnalité (un peu comme RIP dernièrement), et les voix off sont savoureuses.
Aux pinceaux, on découvrait alors Ralph Meyer, son trait y est un peu plus rigide je trouve mais déjà du tout bon. Il y a de bonnes trouvailles graphiques, comme les couleurs avec ce jaune prédominant sur d’autres plus ternes, ça crée de sacrées ambiances urbaines avec ces grattes ciel, taxis ou les motifs qui colorient la ville dans le dernier.
Au final, une trilogie qui possède beaucoup de charme, une place pas illégitime dans les immanquables du genre.
Ce n'est pas si facile d'aviser une telle série et encore moins de la noter. En effet il faut prendre un peu de recul pour ne pas tomber ni dans l'admiration béate d'un discours très bien rodé ni dans le déni imbécile des climatosceptiques.
JM Jancovici (Janco), en bon X très sûr de lui, nous livre un exposé analytique de la situation énergétique mondiale dans un discours qu'il maîtrise à la perfection. On devine tout le travail effectué sur la synthèse qu'il a dû faire avant tout à destination de décideurs.
Sa rencontre avec Christophe Blain lui a permis de franchir le pas d'une vulgarisation très grand public grâce au médium BD. Je dois avouer que le graphisme de Blain aide formidablement bien à la lecture de cet ouvrage rempli de statistiques, de diagrammes, de courbes ou de projections.
Bien que de formation scientifique assez géol, ayant travaillé dans la grosse industrie, il m'a fallu pas mal de temps pour achever le livre. Le travail des auteurs pour produire un récit logique dans sa construction est remarquable.
En effet il y a tellement de choses dans des domaines différents (géologie, physique, historique, économique ou politique) que faire une synthèse abordable pour un public non initié est une prouesse.
Le problème avec ce type de récit est qu'il y a tellement d'informations que vous en oubliez immédiatement une énorme partie sauf à s'astreindre à apprendre le livre par coeur comme le ferait un étudiant. Ce n'est pas vraiment le but ici.
Pour parler du fond, Janco a aussi appris à être un formidable communicant. Ce qui fait que j'ai eu l'impression qu'il laisse sous le tapis quelques éléments un peu gênants même si dans l'ensemble je partage son analyse et un peu moins ses conclusions plutôt optimistes sur notre capacité à changer de braquet.
Grande a été ma surprise à la lecture du plaidoyer pro nucléaire même si je trouve cela courageux dans le contexte politique actuel. Je suis loin d'être antinucléaire mais il eut été plus juste de mettre plus l'accent sur quelques difficultés au long terme.
Evidemment la gestion des déchets qui se compte en siècles (sauf si on meurt tous de chaud d'ici là), mais aussi la maintenance très pointue que cette technologie nécessite et qui n'est pas à la portée de tous les pays aujourd'hui (ou alors on fait comme avec les avions de combat ce qui assujettit le pays acheteur) et pour finir les coûts réels du démantèlement restent approximatifs (et probablement très sous évalués).
Par contre j'ai bien aimé son analyse sur l'impact environnemental immédiat- qualité de l'air mais aussi moindre surface au sol détruite). J'ai aussi bien aimé la dénonciation de l'hypocrisie de nos amis voisins qui n'ont jamais hésité à acheter à EDF de l'électricité si besoin.
J'aurais aimé un chapitre sur le gaspillage (en fringues, en nourriture, en médicaments) et son impact sur l'empreinte carbone.
J'ai admiré le graphisme de Blain qui apporte une note d'humour dans cette aridité de chiffres et de camemberts peu attractifs. Son personnage d'Iron Man colle parfaitement à la situation à la fois insouciant et avide de préserver sa propre force.
Une lecture pas facile presque académique qui propose une synthèse édifiante de la situation actuelle. 3.5
L’histoire en elle-même se laisse lire, mais je ne lui aurais mis que trois étoiles, car elle n’est pas si originale ou très dense en péripéties. Et c’est aussi parfois un peu trop confus (mais le dessin y est pour quelque chose), avec quelques facilités scénaristiques pas toujours crédibles (Wika est vraiment increvable !).
Oui, mais voilà, l’aspect graphique est incroyable ! Certes, il ne faut pas ne croire qu’en la sobriété, car ici, toutes les planches sont surchargées, le moindre espace est saturé d’images, de détails (et la colorisation ajoute au côté art-book de l’ensemble). C’est souvent grandiose, jusqu’à l’overdose parfois – voir les planches dépliables des batailles dans le troisième tome). Cela gêne parfois la lecture, la ralentit pour le moins, mais on en prend plein les yeux. Surtout que les planches sont déconstruites (Andreas, Druillet y ont déjà goûté), doivent parfois se lire au format paysage. Et tous les détails steampunk ajoutés à cet univers fantasy sont eux-aussi très agréables.
Bref, on aime ou pas, mais on ne peut que saluer le travail de Ledroit, qui donne ici quelque chose de clinquant, de baroque, qui survend l’histoire, par comparaison un chouia en retrait. Mais la lecture est très plaisante.
A noter qu’au départ cela semblait être une tétralogie (en tout cas c’est ainsi que c’était annoncé au dos du premier album, mais que les auteurs ont préféré conclure en trois (il est vrai que le dernier tome est plus épais).
De l’humour que j’aime.
C’est le premier Fabcaro que j’ai lu et j’ai tout de suite accroché. J’aime l’humour absurde et j’aime cette satire qui transperce en filigrane. On est bien dans l’absurde de nos modes de vie, qu’on ne remarque même plus.
Des gags-réflexions en une page, tous liés par la trame générale de cette traque ridicule du gars qui a commis le crime d’oublier sa carte de fidélité du magasin. Très réussi pour ma part. Bon nombre de nos défauts y passent. Comme ce couple chez qui le héros se réfugie, qui s’estime ouvert et assure que chacun fait ce qu’il veut de sa vie… affligeant de condescendance mais tellement réel.
Dessin simple, esquissé, mais très efficace pour mettre en valeur les situations. Bien vu.
C’est pour l’instant mon Fabcaro préféré, mais je n’en ai lu que deux, impatiente d’en découvrir d’autres.
Une petite communauté, temporairement coupée du monde, dans laquelle une série de meurtres mystérieux s’enchaine, un policier un peu solitaire qui se retrouve au milieu de tout ça, et un lourd secret qui explique finalement bien des choses. Voilà pour l’histoire, qui brasse un certain nombre d’éléments déjà vus ailleurs.
Mais voilà, Chabouté, avec une narration simple, relativement avare de mots (pas mal de cases sont muettes), arrive à intéresser le lecteur avec toutes ces choses assez classiques. Il prend son temps, sans nous ennuyer – c’est juste dommage d’expédier un peu vite la conclusion.
Comme d’habitude, le dessin de Chabouté, simple et efficace, est aux petits oignons. Une belle utilisation d’un Noir et Blanc tranché, accentuant les contrastes (il faut dire que beaucoup de scènes se déroulent la nuit, dans des paysages enneigés), qui rend fluide et agréable la lecture.
Un polar simple, bien mené.
Note réelle 3,5/5.
Tome 1
J’attendais avec impatience la sortie de « Noir Burlesque » de Marini.
Burlesque s’entend ici comme « strip tease » où des femmes comme Lili St Cyr ou la célèbre Tempest Storm s’effeuillaient dans les nigth-clubs de San Francisco dans les années 50 (pour aller plus loin, vous pouvez consulter le livre Strip-Tease de Rémy Fuentes aux éditions de la Musardine ). Marini, non seulement cite Lili St Cyr dans son récit, mais signe une très belle couverture non équivoque et qui donne la tonalité de cet opus : du polar et de la sensualité.
Il faut avouer que j’ai adoré le dessin de Marini sur cet ouvrage, même s’il est moins soigné qu’à l’accoutumée. Mais il sait parfaitement camper l’atmosphère des années 50, que ce soit au niveau des décors (nigth-clubs, voitures ….) qu’au niveau des personnages. On aurait pu les rencontrer dans un film noir d’Otto Preminger ou d’Howard Hawks. En ajoutant une touche de rouge à cette garce de Debbie, Marini apporte une pointe d’originalité (qui n’en est d’ailleurs pas une, Raven, dans sa série Amabilia ayant déjà utilisé cette technique pour souligner le caractère érotique de ses héroïnes).
Finalement côté dessin, ce premier volume est à la hauteur de mon attente, au vu des planches ou des illustrations présentés sur certains sites depuis plusieurs mois. Les pleines pages et double-pages sont superbes.
Le scénario, par contre, est plus classique, et n’évite pas les éternels poncifs du genre : le gangster, la garce, l’ami d’enfance flic, et la pègre locale. Nous avons l’impression d’assister au cours de ce premier opus à un long jeu de chat et de la souris entre le héros Terry B. Cole dit Slick et Rex Mckinty (ou plutôt avec ses sbires), où chacun cherche à casser la gueule de l’autre… c’est assez répétitif et ne fait nullement avancer l’intrigue qui finalement ne semble prendre corps que dans les dernières pages.
En outre, le fait d’avoir des vignettes voire des pages quasi muettes donne le sentiment d’une lecture rapide.
Bref, un dessin bien léché, mais un scénario qui manque d’originalité et de consistance.
Je serai toutefois au rendez-vous pour le tome 2, qui marquera la fin de cette intrigue.
Tome 2
Le premier volume de ce diptyque m'avait beaucoup plus séduit par son dessin que par son scénario, que j'avais trouvé très léger. D'ailleurs , beaucoup de lecteurs avaient trouvé que la lecture ce de volume était trop rapide.
Avec ce second volume, Marini semble avoir rectifié le tir, déjà avec une pagination plus importante, et surtout un scénario qui enfin prend son envol.
Avec l'apparition de nouveaux personnages (notamment la fille du mafieux Zizi) l'histoire prend de l'étoffe et l'intrigue tant attendue finit par captiver le lecteur.
A la lecture de ce volume, on sent que Marini a pris du plaisir à faire cet album, en nous offrant de superbes planches et une intrigue digne des meilleurs polars des années 50.
Après un premier album de mise en place, nous sommes devant un album où la violence est certes présente, mais où l'humour souvent noir , domine.
Un très bel hommage au cinéma et aux polars des années 50.
Finalement, Marini nous a offert une très belle histoire, en mode diésel, lente à démarrer mais avec un final trépident, le tout avec un dessin où il se lâche complètement.
D'où une augmentation de ma note.
Il faut avouer que la couverture ne m'incitait pas à me ruer sur cette série. C'est un peu par hasard que j'ai lu cet album et je ne le regrette pas.
J'ai été captivé par l'ambiance du livre dès les premières pages. Tout au long du récit l'excellente mise en scène de Chloé Cruchaudet m'a tenu dans le récit par les différentes péripéties du couple Paul (Suzy)/Louise.
L'autrice nous propose une adaptation vraiment réussie d'une histoire très originale. Elle arrive avec succès à enchaîner des épisodes tendres, cocasses, dramatiques et imprévus. C'est aussi une réflexion assez originale sur le genre et la liberté des moeurs possibles dans les années 20.
La mise en couleur est assez austère faite des gris pour l'ambiance générale et des éléments rouges pour le passionnel ou le tragique.
Cruchaudet ne fait pas de compromis dans ses scènes de guerre ou ses scènes de sexe. Dans les deux cas point de voyeurisme mais une ambiance qui tombe juste.
L'autrice nous conduit jusqu'à une fin assez inattendue bien pensée grâce à la construction du récit.
Une très bonne surprise de lecture pour ce roman intime qui change de l'ordinaire.
Étonnant album de SF que voilà ! Ce petit côté année 80/90 du dessin m'a bien surpris, mais je me suis laissé embarquer par cette histoire singulière.
C'est au travers du personnage de Berg que nous allons arpenter d'étranges sentes qui mènent à des univers parallèles. Ce dernier à "oublié" qu'il appartenait au Mont, un service spécial qui voyage au travers du multivers en... mourant. Si la plupart des gens oublient leur vie passée quand ils décèdent, les agents du Mont se souviennent de leur vie antérieure. Mais on ne quitte pas le Mont, et ses agents sont donc venus chercher Berg pour une nouvelle mission : retrouver un tueur en série qui évolue à travers le multivers.
Voilà donc un scénario qui couché comme ça peut paraître un peu alambiqué, mais la narration est bien construite et le rythme soutenu qu'on nous impose nous scotche assez rapidement à notre album. C'est tendu, nerveux, tout en action : pas vraiment le temps de s'ennuyer.
Côté dessin, c'est assez surprenant. On aime ou on aime pas. C'est avec Marshal Bass mais surtout Colt & Pepper que j'ai découvert le style si particulier d'Igor Kordey. Son trait très réaliste et ses délires architecturaux font merveille dans le genre ; on a le droit à quelques doubles pages assez hallucinantes ! Il a cette petite touche surannée surprenante qui alliée à la colorisation tout aussi peu répandue d'Anubis, donne à ce duo graphique toute son originalité. Cela donne à l'ensemble ce petit côté "vintage" qui fait leur marque de fabrique qui en dérangera surement plus d'un, mais moi j'adhère.
Reste à voir comment toute cette série va évoluer, mais moi je suis sous le charme et j'attends la suite avec curiosité.
*** Tome 2 ***
Voilà une série qui va finir par nous donner envie de crever pour voyager à peu de frais !
Ce deuxième tome enfonce allègrement le clou d'un pari un peu fou. Les histoires d'univers parallèles et tutti-quanti partent souvent rapidement en vrille ou assomment le lecteur d'un jargon pseudo-scientifique pour justifier un récit bancale ; ici rien de tout ça ! Notre Berg et son acolyte du Mont ne sont pas là pour philosopher et ça envoie du pâté ! On en apprend un peu plus sur ces multivers et leur fonctionnement et surtout de nouveaux protagonistes entrent dans la danse et non des moindres ! Car jusqu'ici c'est le menu fretin qui leur courait après, là on sort l'artillerie lourde !
Et le bonheur avec Igor Kordey c'est qu'il a le chic pour nous proposer des personnages toujours aussi hallucinants et hallucinés et qu'on en prend plein les mirettes ! Cet auteur a une imagination sans limite et un talent qui va se nicher dans le moindre détail pour notre plus grand bonheur ! Et ce qui fait aussi le notre, c'est qu'avec ce concept de multivers concocté par Jean-Pierre Pécau, c'est que les décors et les ambiances où vont évoluer ces personnages sont également infinis. On sent que nos auteurs se font plaisir et pour le coup, on est les premiers à en profiter.
C'est beau, étonnant et ça dépote ! Tout ce que j'aime ! Reste à espérer que le troisième et dernier tome à venir saura parfaire ce qui pour l'instant ressemble à un petit bijou de SF du moment.
*** Tome 3 ***
Ahhh ! Enfin la conclusion de cette trilogie déjantée !
Jean-Pierre Pécau et Igor Kordey remplissent donc joyeusement le contrat de cette trilogie de belle manière. Action et révélations vont bon train de ce dernier opus et terminent la boucle temporelle qu'ils ont entamé de façon perspicace. Alors oui, d'aucuns pourront trouver que le dernier face à face est un peu facile pour notre Berg, pour ma part, il rempli le contrat en nous offrant une fin qui se tient.
Côté graphisme, rien à redire, on est toujours subjugué par l'imagination débridée et coup de pinceau d'Igor Kordey qui sait faire rêver et voyager son lecteur.
Une série de SF originale et efficace comme je les aime !
Ouch ! Voilà un album qui ne fait pas dans la demi mesure et nous entraîne dans les affres délétères du Dark Web et de ce qu'il peut proposer de pire : la mise à mort en ligne.
Autant dire que cet album dérangera par son ignominie et son ultra violence gratuite servie pour contenter les fantasmes d'une riche frange aisée qui ne trouve son content qu'en ne payant à coup de bitcoin l'accès à ces vidéos mettant en scène la mise à mort de malheureux quidam. Ces "red rooms" imaginées par Ed Piskor se révèlent être une véritable industrie où l'"originalité" est de mise pour toujours surprendre son public, maintenir un audimat et faire tomber toujours plus d'argent dans les caisses de ses organisateurs...
L'album se découpe en plusieurs chapitres se focalisant sur un personnage, le tout formant une fresque horrifique à souhait où la terreur des scènes de mise à mort se tire la bourre avec les commentaires consternants des voyeurs commentant ce qu'ils voient.
Ed Piskor ne fait donc pas dans la dentelle avec un premier tome laissant son lecteur assez pantois qui se demande où tout ces litres d'hémoglobine vont bien pouvoir le conduire.
Alors oui, en lisant cette bande dessinée, je m’attendais à découvrir la biographie de Louis Renault, ce fut le cas mais pas le reste ! En effet, les auteurs ont eu l’excellente idée d’insérer dans le récit les personnalités politiques et économiques du début du XXème siècle et ma foi, ce fut par conséquent une lecture très intéressante pour ma part !
La vie de Louis Renault ? Dans ce récit, elle est racontée en plusieurs parties par des personnages qui ont côtoyé ce protagoniste. Ce choix se révèle excellent car ça dynamise cette histoire et on y découvre un patron d’industrie loin de l’idée de ce qu’on fait habituellement pour de telle personnalité.
Louis Renault, ce fut bien sûr un visionnaire, une forte tête… on le voit aussi comme un être antipathique mais relativement « juste »… Surtout, ce fut un directeur particulièrement sollicité par les politiciens de tout bord surtout lorsque les deux guerres mondiales sont apparues. Ce que je ne savais pas, c’est que Louis Renault fut très malmené par ces « dirigeants de la nation ». Pragmatique, le patron ne fut pas écouté par sa juste valeur, à tel point qu’il fut désigné comme un coupable idéal à la fin de la guerre 39-45… facile quand il s’agit de s’attaquer à un homme malade, faible à la limite de la démence.
Les auteurs nous ont donc réalisé une bande dessinée très intéressante au niveau historique, à la narration dynamique et au style graphique agréable à l’œil… Vraiment, moi qui suis fan de ce genre de récit, je me suis régalé à sa lecture !
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Berceuse assassine
25 ans maintenant que le 1er tome est sorti, je me suis pris une bonne bouffée de nostalgie. Une trilogie solidement réalisée, ça vieillit très bien. Un polar noir concocté alors par un Tome des grands jours, chaque album raconte la même histoire mais vue d’un protagoniste différent, c’est agrémenté de nombreux flash-backs. Dans le 1er, nous suivons Telenko, chauffeur de taxi New-Yorkais qui rêve d’assassiner sa femme. Le 2ème est centré sur Martha (la fameuse femme) et le 3eme marque une surprise. Cette dernière m’avait moyennement emballé à l’époque, j’attendais une autre conclusion aux 2 premiers, mais finalement chaque album marche très bien et apporte le petit plus à l’histoire. Du polar classique mais qui jouit d’une astucieuse construction lui donnant pas mal de personnalité (un peu comme RIP dernièrement), et les voix off sont savoureuses. Aux pinceaux, on découvrait alors Ralph Meyer, son trait y est un peu plus rigide je trouve mais déjà du tout bon. Il y a de bonnes trouvailles graphiques, comme les couleurs avec ce jaune prédominant sur d’autres plus ternes, ça crée de sacrées ambiances urbaines avec ces grattes ciel, taxis ou les motifs qui colorient la ville dans le dernier. Au final, une trilogie qui possède beaucoup de charme, une place pas illégitime dans les immanquables du genre.
Le Monde sans fin
Ce n'est pas si facile d'aviser une telle série et encore moins de la noter. En effet il faut prendre un peu de recul pour ne pas tomber ni dans l'admiration béate d'un discours très bien rodé ni dans le déni imbécile des climatosceptiques. JM Jancovici (Janco), en bon X très sûr de lui, nous livre un exposé analytique de la situation énergétique mondiale dans un discours qu'il maîtrise à la perfection. On devine tout le travail effectué sur la synthèse qu'il a dû faire avant tout à destination de décideurs. Sa rencontre avec Christophe Blain lui a permis de franchir le pas d'une vulgarisation très grand public grâce au médium BD. Je dois avouer que le graphisme de Blain aide formidablement bien à la lecture de cet ouvrage rempli de statistiques, de diagrammes, de courbes ou de projections. Bien que de formation scientifique assez géol, ayant travaillé dans la grosse industrie, il m'a fallu pas mal de temps pour achever le livre. Le travail des auteurs pour produire un récit logique dans sa construction est remarquable. En effet il y a tellement de choses dans des domaines différents (géologie, physique, historique, économique ou politique) que faire une synthèse abordable pour un public non initié est une prouesse. Le problème avec ce type de récit est qu'il y a tellement d'informations que vous en oubliez immédiatement une énorme partie sauf à s'astreindre à apprendre le livre par coeur comme le ferait un étudiant. Ce n'est pas vraiment le but ici. Pour parler du fond, Janco a aussi appris à être un formidable communicant. Ce qui fait que j'ai eu l'impression qu'il laisse sous le tapis quelques éléments un peu gênants même si dans l'ensemble je partage son analyse et un peu moins ses conclusions plutôt optimistes sur notre capacité à changer de braquet. Grande a été ma surprise à la lecture du plaidoyer pro nucléaire même si je trouve cela courageux dans le contexte politique actuel. Je suis loin d'être antinucléaire mais il eut été plus juste de mettre plus l'accent sur quelques difficultés au long terme. Evidemment la gestion des déchets qui se compte en siècles (sauf si on meurt tous de chaud d'ici là), mais aussi la maintenance très pointue que cette technologie nécessite et qui n'est pas à la portée de tous les pays aujourd'hui (ou alors on fait comme avec les avions de combat ce qui assujettit le pays acheteur) et pour finir les coûts réels du démantèlement restent approximatifs (et probablement très sous évalués). Par contre j'ai bien aimé son analyse sur l'impact environnemental immédiat- qualité de l'air mais aussi moindre surface au sol détruite). J'ai aussi bien aimé la dénonciation de l'hypocrisie de nos amis voisins qui n'ont jamais hésité à acheter à EDF de l'électricité si besoin. J'aurais aimé un chapitre sur le gaspillage (en fringues, en nourriture, en médicaments) et son impact sur l'empreinte carbone. J'ai admiré le graphisme de Blain qui apporte une note d'humour dans cette aridité de chiffres et de camemberts peu attractifs. Son personnage d'Iron Man colle parfaitement à la situation à la fois insouciant et avide de préserver sa propre force. Une lecture pas facile presque académique qui propose une synthèse édifiante de la situation actuelle. 3.5
Wika
L’histoire en elle-même se laisse lire, mais je ne lui aurais mis que trois étoiles, car elle n’est pas si originale ou très dense en péripéties. Et c’est aussi parfois un peu trop confus (mais le dessin y est pour quelque chose), avec quelques facilités scénaristiques pas toujours crédibles (Wika est vraiment increvable !). Oui, mais voilà, l’aspect graphique est incroyable ! Certes, il ne faut pas ne croire qu’en la sobriété, car ici, toutes les planches sont surchargées, le moindre espace est saturé d’images, de détails (et la colorisation ajoute au côté art-book de l’ensemble). C’est souvent grandiose, jusqu’à l’overdose parfois – voir les planches dépliables des batailles dans le troisième tome). Cela gêne parfois la lecture, la ralentit pour le moins, mais on en prend plein les yeux. Surtout que les planches sont déconstruites (Andreas, Druillet y ont déjà goûté), doivent parfois se lire au format paysage. Et tous les détails steampunk ajoutés à cet univers fantasy sont eux-aussi très agréables. Bref, on aime ou pas, mais on ne peut que saluer le travail de Ledroit, qui donne ici quelque chose de clinquant, de baroque, qui survend l’histoire, par comparaison un chouia en retrait. Mais la lecture est très plaisante. A noter qu’au départ cela semblait être une tétralogie (en tout cas c’est ainsi que c’était annoncé au dos du premier album, mais que les auteurs ont préféré conclure en trois (il est vrai que le dernier tome est plus épais).
Zaï Zaï Zaï Zaï
De l’humour que j’aime. C’est le premier Fabcaro que j’ai lu et j’ai tout de suite accroché. J’aime l’humour absurde et j’aime cette satire qui transperce en filigrane. On est bien dans l’absurde de nos modes de vie, qu’on ne remarque même plus. Des gags-réflexions en une page, tous liés par la trame générale de cette traque ridicule du gars qui a commis le crime d’oublier sa carte de fidélité du magasin. Très réussi pour ma part. Bon nombre de nos défauts y passent. Comme ce couple chez qui le héros se réfugie, qui s’estime ouvert et assure que chacun fait ce qu’il veut de sa vie… affligeant de condescendance mais tellement réel. Dessin simple, esquissé, mais très efficace pour mettre en valeur les situations. Bien vu. C’est pour l’instant mon Fabcaro préféré, mais je n’en ai lu que deux, impatiente d’en découvrir d’autres.
La Bête
Une petite communauté, temporairement coupée du monde, dans laquelle une série de meurtres mystérieux s’enchaine, un policier un peu solitaire qui se retrouve au milieu de tout ça, et un lourd secret qui explique finalement bien des choses. Voilà pour l’histoire, qui brasse un certain nombre d’éléments déjà vus ailleurs. Mais voilà, Chabouté, avec une narration simple, relativement avare de mots (pas mal de cases sont muettes), arrive à intéresser le lecteur avec toutes ces choses assez classiques. Il prend son temps, sans nous ennuyer – c’est juste dommage d’expédier un peu vite la conclusion. Comme d’habitude, le dessin de Chabouté, simple et efficace, est aux petits oignons. Une belle utilisation d’un Noir et Blanc tranché, accentuant les contrastes (il faut dire que beaucoup de scènes se déroulent la nuit, dans des paysages enneigés), qui rend fluide et agréable la lecture. Un polar simple, bien mené. Note réelle 3,5/5.
Noir burlesque
Tome 1 J’attendais avec impatience la sortie de « Noir Burlesque » de Marini. Burlesque s’entend ici comme « strip tease » où des femmes comme Lili St Cyr ou la célèbre Tempest Storm s’effeuillaient dans les nigth-clubs de San Francisco dans les années 50 (pour aller plus loin, vous pouvez consulter le livre Strip-Tease de Rémy Fuentes aux éditions de la Musardine ). Marini, non seulement cite Lili St Cyr dans son récit, mais signe une très belle couverture non équivoque et qui donne la tonalité de cet opus : du polar et de la sensualité. Il faut avouer que j’ai adoré le dessin de Marini sur cet ouvrage, même s’il est moins soigné qu’à l’accoutumée. Mais il sait parfaitement camper l’atmosphère des années 50, que ce soit au niveau des décors (nigth-clubs, voitures ….) qu’au niveau des personnages. On aurait pu les rencontrer dans un film noir d’Otto Preminger ou d’Howard Hawks. En ajoutant une touche de rouge à cette garce de Debbie, Marini apporte une pointe d’originalité (qui n’en est d’ailleurs pas une, Raven, dans sa série Amabilia ayant déjà utilisé cette technique pour souligner le caractère érotique de ses héroïnes). Finalement côté dessin, ce premier volume est à la hauteur de mon attente, au vu des planches ou des illustrations présentés sur certains sites depuis plusieurs mois. Les pleines pages et double-pages sont superbes. Le scénario, par contre, est plus classique, et n’évite pas les éternels poncifs du genre : le gangster, la garce, l’ami d’enfance flic, et la pègre locale. Nous avons l’impression d’assister au cours de ce premier opus à un long jeu de chat et de la souris entre le héros Terry B. Cole dit Slick et Rex Mckinty (ou plutôt avec ses sbires), où chacun cherche à casser la gueule de l’autre… c’est assez répétitif et ne fait nullement avancer l’intrigue qui finalement ne semble prendre corps que dans les dernières pages. En outre, le fait d’avoir des vignettes voire des pages quasi muettes donne le sentiment d’une lecture rapide. Bref, un dessin bien léché, mais un scénario qui manque d’originalité et de consistance. Je serai toutefois au rendez-vous pour le tome 2, qui marquera la fin de cette intrigue. Tome 2 Le premier volume de ce diptyque m'avait beaucoup plus séduit par son dessin que par son scénario, que j'avais trouvé très léger. D'ailleurs , beaucoup de lecteurs avaient trouvé que la lecture ce de volume était trop rapide. Avec ce second volume, Marini semble avoir rectifié le tir, déjà avec une pagination plus importante, et surtout un scénario qui enfin prend son envol. Avec l'apparition de nouveaux personnages (notamment la fille du mafieux Zizi) l'histoire prend de l'étoffe et l'intrigue tant attendue finit par captiver le lecteur. A la lecture de ce volume, on sent que Marini a pris du plaisir à faire cet album, en nous offrant de superbes planches et une intrigue digne des meilleurs polars des années 50. Après un premier album de mise en place, nous sommes devant un album où la violence est certes présente, mais où l'humour souvent noir , domine. Un très bel hommage au cinéma et aux polars des années 50. Finalement, Marini nous a offert une très belle histoire, en mode diésel, lente à démarrer mais avec un final trépident, le tout avec un dessin où il se lâche complètement. D'où une augmentation de ma note.
Mauvais genre
Il faut avouer que la couverture ne m'incitait pas à me ruer sur cette série. C'est un peu par hasard que j'ai lu cet album et je ne le regrette pas. J'ai été captivé par l'ambiance du livre dès les premières pages. Tout au long du récit l'excellente mise en scène de Chloé Cruchaudet m'a tenu dans le récit par les différentes péripéties du couple Paul (Suzy)/Louise. L'autrice nous propose une adaptation vraiment réussie d'une histoire très originale. Elle arrive avec succès à enchaîner des épisodes tendres, cocasses, dramatiques et imprévus. C'est aussi une réflexion assez originale sur le genre et la liberté des moeurs possibles dans les années 20. La mise en couleur est assez austère faite des gris pour l'ambiance générale et des éléments rouges pour le passionnel ou le tragique. Cruchaudet ne fait pas de compromis dans ses scènes de guerre ou ses scènes de sexe. Dans les deux cas point de voyeurisme mais une ambiance qui tombe juste. L'autrice nous conduit jusqu'à une fin assez inattendue bien pensée grâce à la construction du récit. Une très bonne surprise de lecture pour ce roman intime qui change de l'ordinaire.
Mobius
Étonnant album de SF que voilà ! Ce petit côté année 80/90 du dessin m'a bien surpris, mais je me suis laissé embarquer par cette histoire singulière. C'est au travers du personnage de Berg que nous allons arpenter d'étranges sentes qui mènent à des univers parallèles. Ce dernier à "oublié" qu'il appartenait au Mont, un service spécial qui voyage au travers du multivers en... mourant. Si la plupart des gens oublient leur vie passée quand ils décèdent, les agents du Mont se souviennent de leur vie antérieure. Mais on ne quitte pas le Mont, et ses agents sont donc venus chercher Berg pour une nouvelle mission : retrouver un tueur en série qui évolue à travers le multivers. Voilà donc un scénario qui couché comme ça peut paraître un peu alambiqué, mais la narration est bien construite et le rythme soutenu qu'on nous impose nous scotche assez rapidement à notre album. C'est tendu, nerveux, tout en action : pas vraiment le temps de s'ennuyer. Côté dessin, c'est assez surprenant. On aime ou on aime pas. C'est avec Marshal Bass mais surtout Colt & Pepper que j'ai découvert le style si particulier d'Igor Kordey. Son trait très réaliste et ses délires architecturaux font merveille dans le genre ; on a le droit à quelques doubles pages assez hallucinantes ! Il a cette petite touche surannée surprenante qui alliée à la colorisation tout aussi peu répandue d'Anubis, donne à ce duo graphique toute son originalité. Cela donne à l'ensemble ce petit côté "vintage" qui fait leur marque de fabrique qui en dérangera surement plus d'un, mais moi j'adhère. Reste à voir comment toute cette série va évoluer, mais moi je suis sous le charme et j'attends la suite avec curiosité. *** Tome 2 *** Voilà une série qui va finir par nous donner envie de crever pour voyager à peu de frais ! Ce deuxième tome enfonce allègrement le clou d'un pari un peu fou. Les histoires d'univers parallèles et tutti-quanti partent souvent rapidement en vrille ou assomment le lecteur d'un jargon pseudo-scientifique pour justifier un récit bancale ; ici rien de tout ça ! Notre Berg et son acolyte du Mont ne sont pas là pour philosopher et ça envoie du pâté ! On en apprend un peu plus sur ces multivers et leur fonctionnement et surtout de nouveaux protagonistes entrent dans la danse et non des moindres ! Car jusqu'ici c'est le menu fretin qui leur courait après, là on sort l'artillerie lourde ! Et le bonheur avec Igor Kordey c'est qu'il a le chic pour nous proposer des personnages toujours aussi hallucinants et hallucinés et qu'on en prend plein les mirettes ! Cet auteur a une imagination sans limite et un talent qui va se nicher dans le moindre détail pour notre plus grand bonheur ! Et ce qui fait aussi le notre, c'est qu'avec ce concept de multivers concocté par Jean-Pierre Pécau, c'est que les décors et les ambiances où vont évoluer ces personnages sont également infinis. On sent que nos auteurs se font plaisir et pour le coup, on est les premiers à en profiter. C'est beau, étonnant et ça dépote ! Tout ce que j'aime ! Reste à espérer que le troisième et dernier tome à venir saura parfaire ce qui pour l'instant ressemble à un petit bijou de SF du moment. *** Tome 3 *** Ahhh ! Enfin la conclusion de cette trilogie déjantée ! Jean-Pierre Pécau et Igor Kordey remplissent donc joyeusement le contrat de cette trilogie de belle manière. Action et révélations vont bon train de ce dernier opus et terminent la boucle temporelle qu'ils ont entamé de façon perspicace. Alors oui, d'aucuns pourront trouver que le dernier face à face est un peu facile pour notre Berg, pour ma part, il rempli le contrat en nous offrant une fin qui se tient. Côté graphisme, rien à redire, on est toujours subjugué par l'imagination débridée et coup de pinceau d'Igor Kordey qui sait faire rêver et voyager son lecteur. Une série de SF originale et efficace comme je les aime !
Red Room
Ouch ! Voilà un album qui ne fait pas dans la demi mesure et nous entraîne dans les affres délétères du Dark Web et de ce qu'il peut proposer de pire : la mise à mort en ligne. Autant dire que cet album dérangera par son ignominie et son ultra violence gratuite servie pour contenter les fantasmes d'une riche frange aisée qui ne trouve son content qu'en ne payant à coup de bitcoin l'accès à ces vidéos mettant en scène la mise à mort de malheureux quidam. Ces "red rooms" imaginées par Ed Piskor se révèlent être une véritable industrie où l'"originalité" est de mise pour toujours surprendre son public, maintenir un audimat et faire tomber toujours plus d'argent dans les caisses de ses organisateurs... L'album se découpe en plusieurs chapitres se focalisant sur un personnage, le tout formant une fresque horrifique à souhait où la terreur des scènes de mise à mort se tire la bourre avec les commentaires consternants des voyeurs commentant ce qu'ils voient. Ed Piskor ne fait donc pas dans la dentelle avec un premier tome laissant son lecteur assez pantois qui se demande où tout ces litres d'hémoglobine vont bien pouvoir le conduire.
Renault - Les Mains noires
Alors oui, en lisant cette bande dessinée, je m’attendais à découvrir la biographie de Louis Renault, ce fut le cas mais pas le reste ! En effet, les auteurs ont eu l’excellente idée d’insérer dans le récit les personnalités politiques et économiques du début du XXème siècle et ma foi, ce fut par conséquent une lecture très intéressante pour ma part ! La vie de Louis Renault ? Dans ce récit, elle est racontée en plusieurs parties par des personnages qui ont côtoyé ce protagoniste. Ce choix se révèle excellent car ça dynamise cette histoire et on y découvre un patron d’industrie loin de l’idée de ce qu’on fait habituellement pour de telle personnalité. Louis Renault, ce fut bien sûr un visionnaire, une forte tête… on le voit aussi comme un être antipathique mais relativement « juste »… Surtout, ce fut un directeur particulièrement sollicité par les politiciens de tout bord surtout lorsque les deux guerres mondiales sont apparues. Ce que je ne savais pas, c’est que Louis Renault fut très malmené par ces « dirigeants de la nation ». Pragmatique, le patron ne fut pas écouté par sa juste valeur, à tel point qu’il fut désigné comme un coupable idéal à la fin de la guerre 39-45… facile quand il s’agit de s’attaquer à un homme malade, faible à la limite de la démence. Les auteurs nous ont donc réalisé une bande dessinée très intéressante au niveau historique, à la narration dynamique et au style graphique agréable à l’œil… Vraiment, moi qui suis fan de ce genre de récit, je me suis régalé à sa lecture !