Les derniers avis (32295 avis)

Par Cleck
Note: 4/5
Couverture de la série Les Grands Cerfs
Les Grands Cerfs

Jolie BD qui mêle contemplation de la nature et récit écologique sur la gestion polémique de la faune sauvage par l'homme et l'ONF, institution pourtant censée la protéger. La beauté est recherchée tant par l'auteur Nocq que par son héroïne, un peu au détriment des personnages plus esquissés que présentés, un peu au détriment également de la clarté de l'intrigue, pourtant belle lorsqu'elle prend un tour polémique dans sa seconde partie. Cette BD aurait pu être un chef d’œuvre, elle n'est "que" belle et d'une certaine manière inachevée, ce qui n'est pas non plus désagréable au regard du sujet écologique qui invite à la fois à l'ouverture des consciences, au désespoir, à l'humilité et à la colère magnifiquement attisée ici.

29/06/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Un long voyage
Un long voyage

Une chouette découverte. C'est la première BD de Danslecieltoutvabien, drôle de nom pour un auteur. Il lui vient d'un des premiers projets sur lequel il a travaillé. Il a bénéficié d'une bourse de La Marelle assortie d'une période de résidence de 12 semaines à Marseille pour réaliser cet album. Il a aussi bossé sur de nombreux fanzines. Une BD qui nous transporte au temps de la préhistoire, au temps où l'homme n'était pas encore sédentarisé, au temps où il suivait la migration des troupeaux d'herbivores. On va suivre la vie d'un clan lors de cette transhumance humaine. Un récit contemplatif où nous suivront l'évolution des paysages et où notre groupe ne fait qu'un avec la nature. Une première planche avec la présentation visuelle des personnages et sur les deux suivantes, une petite introduction. Ensuite j'en ai pris plein les yeux, le dessin est magnifique, il fourmille de détails, le trait est précis, clair et vivant. Mais c'est surtout le choix des couleurs qui rehausse la beauté des paysages traversés, que ce soit la plaine, la forêt ou la grotte. De plus, le choix narratif, celui d'un récit muet n'utilisant que la double page associée au format à l'italienne offre de véritables fresques. Waouh ! Une lecture pas si rapide que cela, j'ai pris mon temps pour découvrir tous les petits détails cachés ici et là.  Un album pour les 7 à 77 ans et plus.

28/06/2023 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série La Nuit de la Goule
La Nuit de la Goule

Je ne suis pas spécialement amateur d’horreur, que ce soit en film ou en BD, mais j’ai beaucoup aimé les BDs de Snyder que j’ai lues, à commencer par le récent Clear, je me suis donc laissé tenter par « La Nuit de la Goule », et bien m’en a pris. L’histoire est classique au possible, et revisite le mythe de la goule, créature monstrueuse du folklore arabe. La narration alterne habilement entre deux époques pour nous conter les événements passés qui ont conduit aux horreurs du présent. L’action est soutenue et prenante, et j’ai avalé les 150 pages d’une traite, impatient de connaitre le dénouement… ce dernier est lui aussi classique et prévisible, mais satisfaisant et bien amené. La mise en image de Francesco Francavilla, qui avait déjà bossé avec Snyder sur Batman - Sombre Reflet, est réussie. La colorisation aide à différencier les deux époques, et de manière générale l’horreur ambiante est parfaitement représentée. Un album classique mais efficace et prenant, que je recommande aux amateurs du genre.

28/06/2023 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Un jour, le soir
Un jour, le soir

Après Tout est vrai, sorti en 2021 qui m'avait fait forte impression, Giacomo Nanni nous revient avec un nouvel album au format à l'italienne (j'adore ce format !) tout aussi déconcertant. "Un jour, le soir" nous raconte l'histoire d'un jeune homme en galère qui se contente d'un croissant par jour pour se nourrir. Il ère à travers la ville, laissant ses pensées vagabonder, comme lui le fait au fil des rues et des stations de métro. Il y a ses "vraies" rencontres... et celles qu'il s'imagine... Car tout comme le parti pris graphique de l'auteur qui nous façonne un environnement de façon impressionniste, notre personnage principal se dévoile aussi par petites touches poétiques qui font petit à petit remonter à la surface sa solitude, ses aspirations à la "normalité" mais surtout son besoin d'amour. Car si au final il ne se passe pas grand chose dans ce récit ; c'est comment Giacomo Nanni réussit à distiller et à retranscrire par touches l'essence de ces aspirations anodines chez cet homme qui rappelle subtilement à ceux qui n'y pensent plus combien elles sont précieuses. Comme pour une fermentation lente, c'est en ayant laissé passé plusieurs jours que ce sentiment et la justesse de cet album ont fini par me sauter aux yeux. Encore une fois, Nanni nous propose un album d'une certaine exigence tant graphiquement que narrativement, mais dont le propos d'une grande justesse fini par toucher au coeur

28/06/2023 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Village global
Village global

Je ne suis clairement pas en accord avec AlainM au sujet de cette BD. Si en effet son propos de fond est en accord avec les convictions, ou du moins les valeurs affichées par l'éditeur, il me semble évident, et pour tout dire normal, que les auteurs (et non l'auteur) y ont mis leurs convictions également. Quel serait leur intérêt de réaliser une BD avec un propos social opposé à celles-ci ? Ce biais évacué, concentrons-nous sur l'histoire en elle-même : il s'agit en effet de la description d'une petite ville (5 000 habitants, on est même presque dans un village) dont le quotidien est chamboulé (enfin pour certains) par l'accueil d'une poignée de réfugiés (je refuse d'utiliser le terme "migrants"). Par peur de l'inconnu (l'un des piliers du bistrot local avoue ne jamais avoir vu une seule personne de couleur), un certain nombre de citoyens décide d'entrer, selon leurs termes, en Résistance. Si leur comportement est traité sur le mode du burlesque, leurs paroles et pensées sont elles, le reflet d'un certain nombre d'arguments aujourd'hui toujours utilisés, parfois de manière plus politiquement correcte, par des militants et des élus de l'aile droite extrême de notre panel politique. Mais ce traitement reste constant dans les origines du malaise : la méconnaissance de l'autre, et le côté burlesque de leur action nous les rend plutôt sympathiques. Au final l'un d'entre eux va en effet changer d'avis en se rappelant sa propre histoire, et on ne sait pas si les autres vont le suivre, dont il y a quand même, à mon avis, un peu plus de subtilité que mon camarade le laisse entendre. L'histoire en elle-même est plutôt plaisante, non dénuée d'angélisme par moments, mais David Lessault a tout de même réussi à écrire un scénario qui mêle comédie et contenu informatif, avec des personnages bien campés et aux histoires exemplaires (dans le sens où elles constituent de beaux exemples). Il a trouvé en Damien Geffroy un dessinateur au trait sûr, très efficace et vraiment à l'aise dans l'environnement rural et les plans mettant en scène de nombreux personnages divers. J'ai bien aimé le choix de teinter chaque "histoire" d'une nuance pastel différente, avec des transitions ayant toutes la dominante verte, couleur de l'espoir ; et j'ai été agréablement surpris aussi par l'orientation des diverses cartes matérialisant les parcours des différents personnages, qui n'est pas celle que nous utilisons au quotidien, mais qui s'adapte, je suppose, aux contraintes de mise en page et de mise en scène du dessinateur. Bref pour moi c'est un album vraiment sympathique sur le sujet de l'immigration, sans prétention mais bien écrit et mis en scène de manière toute aussi originale qu'efficace. Je valide.

27/06/2023 (modifier)
Couverture de la série L'Incal
L'Incal

Ma première lecture de ce livre était très dense et parfois incompréhensible car l’univers est tellement vaste, sur ses différentes civilisations et personnages, qu’il me faut un temps d’adaptation pour tout digérer. (car on y est balancé sans trop d’explications) Par contre après avoir lu Avant l'Incal , ma 2e lecture de L’incal a été beaucoup plus fluide et compréhensible, on profite vraiment de cet univers loufoque et drôle, on s’attache vraiment aux personnages, j’en ai même versé une petite larme sur la fin de nos protagonistes … Les dessins sont certes vieillots pour certains mais franchement, moi je les trouve très charismatiques avec beaucoup d’impact sur le récit. Je constate tout de même pour les 2 derniers tomes un dessin trop chargé et des couleurs assez fades. Je vous le recommande chaudement mais je pense que votre 2e lecture en sera que meilleure. Note du récit et dessins des différents tomes. T1 : 5/5 et 4/5 T2 : 5/5 et 5/5 T3 : 5/5 et 5/5 T4 : 4/5 et 4/5 T5 : 3/5 et 3/5 T6 : 5/5 et 3/5

27/06/2023 (modifier)
Couverture de la série Ion Mud
Ion Mud

Ouh que j’ai aimé mon voyage !! Je me suis laissé bercer par cet univers, une balade graphique envoûtante. Je n’ai jamais lu mais ça lorgne ouvertement vers Blame, l’auteur offre un bel hommage en tout cas. Les décors sont grandioses, le dessin en noir et blanc magnifique, c’est d’une fluidité exemplaire. Il faut accepter d’être catapulté à l’aveugle dans la quête de Lupo et cet univers si particulier. Des explications arriveront mais pas toutes, mais qu’importe, une lecture hypnotique pour ma part. Pour un premier album, total respect.

26/06/2023 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Grafity’s wall
Grafity’s wall

J’ai récemment lu et adoré Blue in green de Ram V et Anand RK, et j’étais impatient de découvrir leur première collaboration, qui avait vu le jour sur le site de financement participatif Unbound, avant d’être intégrée au catalogue de Dark Horse. L’histoire, composée de 4 chapitres, suit le quotidien de 4 jeunes (un par chapitre) un peu paumés qui tentent de trouver leur place dans le chaos de Mumbai, et qui réfléchissent à leur futur. C’est ce qui les rapproche (alors qu’ils ont finalement peu de choses en commun) spirituellement mais aussi physiquement, autour d’un morceau de mur sur lequel Suresh (aka Grafity) dessine. Les thèmes sont donc assez classiques et universels, mais le ton du récit est très juste, notamment la fin, qui n’en fait pas trop, et m’a beaucoup plu. La mise en image laisse perplexe. Les planches sont indéniablement belles. Elles fourmillent de détails, et la colorisation psychédélique est parfaite pour représenter les graffitis, mais aussi la fourmilière humaine qu’est Mumbai. Il y a pourtant des soucis sur les personnages, et notamment les visages, souvent grossièrement dessinés, et surtout qui changent trop d’une case à l’autre. Il en ressort une impression d’amateurisme, notamment en début d’album. Quoi qu’il en soit, j’ai beaucoup aimé cet album, véritable lettre d’amour de la part des auteurs, tous deux originaires de Mumbai (Anand RK y habite toujours).

26/06/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Oskar Ed - Mon plus grand rêve
Oskar Ed - Mon plus grand rêve

Une lecture marquante que ce road movie atypique. Je découvre Branco Jelinek, auteur slovaque. De 2003 à 2006 il publie trois albums sur Oskar Ed adulte, puis il reprend son personnage enfant, toujours en trois volumes qu'il clôture en 2016 et c'est ces trois tomes qui sont publiés dans cet album par l'éditeur presque lune, un très beau travail éditorial. Trois occupants dans une voiture, un couple et leur fils Oskar sur la banquette arrière filent vers une destination secrète connue seulement du père. Un trajet où les parents n'arrêteront pas de se faire des reproches avec Oskar au milieu de ce règlement de compte familial. Un pavé de 332 pages découpé en 22 chapitres, une lecture exigeante avec plusieurs niveaux de lecture, les métaphores sont plus ou moins accessibles et les thèmes explorés sont nombreux. Un récit intimiste qui tourne autour de nos trois personnages, le rythme est assez lent, il prend le temps d'approfondir la psychologie des personnages, mais il est aussi violent, les mots peuvent faire aussi mal qu'une lame d'un couteau. De chapitre en chapitre mon intérêt n'a cessé de croître, la narration singulière n'y est pas étrangère. Elle est empreinte de surréalisme puisqu'Oskar pour s'évader de son quotidien, lors des disputes parentales, fait des sortes de rêves éveillés où la réalité est distordue. Des passages fantasmagoriques qui en disent beaucoup sur cet enfant solitaire et secret. Un album dense, émouvant et déconcertant, chacun en fera sa propre interprétation (surtout pour la conclusion). Un dessin en noir et blanc réaliste au trait fin, précis et hachuré, très expressif et à la mise page immersive. Il me fait penser au Monstres de Barry Windsor-Smith. La particularité graphique réside dans la représentation d'Oskar, je vais reprendre l'expression de Noirdésir, il a une tête d'œuf. Superbe ! J'aime ce genre de lecture qui déroute, qui questionne et qui résonne longtemps après avoir refermé le bouquin. Une merveilleuse expérience. Gros coup de cœur. "Ils ne voient plus dans leurs enfants Que les défauts que l'autre y laisse". J. Brel

26/06/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série La Synagogue
La Synagogue

3.5 Cela faisait longtemps qu'un album de Sfar en solo m’avait autant captivé ! Depuis son film sur Gainsbourg, j'ai eu l'impression qu'il avait déconné en alignant des albums sans grand intérêt où on dirait qu'il se parlait tout seul ou du moins à un public élitiste dont je ne fais pas partie, avec un dessin de moins en moins travaillé. Ici, c'est vraiment un album du style de la meilleure époque de Sfar, sans doute parce que le sujet lui tient à cœur, tout le contraire de plusieurs de ses albums semblant avoir été faits à la va-vite juste pour s'amuser. Bon, on retrouve tout de même des défauts récurrents de l'auteur. Le ton est décousu et c'est clair que Sfar a fait l'album sans plan et dessine les scènes de sa jeunesse selon l'ordre où les souvenirs lui viennent en tête, mais cela ne m'a pas trop dérangé parce cela reste tout de même facile à lire et le propos est intéressant. Sfar raconte sa jeunesse dans le Nice des années 80-90. On va voir comment il a vécu la montée de l'antisémitisme des années 80, avec la montée du FN et l'apparition des skinheads. Il y aura beaucoup de réflexions au cours de l'album (normal pour du Sfar). Ce qui m'a surtout marqué est que l'auteur va finir par devoir faire un choix entre suivre les pensées de son grand-père pacifiste ou celles de son père qui n'a pas peur de sortir les poings. J'ai aussi aimé voir comment était le Nice de l'époque, la situation socio-politique de cette ville étant bien différente de ce que j'ai personnellement toujours connu. Bref, un album à lire si on a aimé Sfar à un moment dans sa vie.

25/06/2023 (modifier)