Pour me situer en tant que lecteur, je n'ai jamais été passionné d'équitation ni de chevaux, et la plupart des récits les concernant me laissent indifférent. Ça aurait pu être le cas de celui-ci et pourtant je l'ai trouvé très plaisant à lire.
Les quatre personnages principaux sont tous de purs passionnés d'équitation. Trois d'entre eux, deux filles et un garçon, fréquentent assidûment un petit centre équestre où ils aident au quotidien et bichonnent les chevaux. Un jour, une nouvelle cavalière plutôt douée débarque d'un autre haras nettement plus célèbre et commence à prendre des cours dans leur club. Tentant de nouer le contact avec elle, l'une des habituées est reçue avec froideur, la nouvelle venue lui indiquant clairement vouloir simplement monter à cheval sans pour autant chercher à se faire de nouveaux amis. Voilà qui n'est pas sans piquer la susceptibilité de la plus exubérante des trois amis.
Ce récit est raconté avec justesse et de manière agréable. Le lecteur est placé du point de vue de chaque partie, avec l'incompréhension des trois amis d'une part, et la mélancolie teintée d'un bon fond de la nouvelle venue. On comprend peu à peu ce qui l'a amenée à agir ainsi, une histoire de pression vis-à-vis de la compétition et de rupture avec une ancienne amie. Le tout est crédible et le déroulé de l'histoire tient la route. Chaque personnage est plutôt bien construit, chacun avec sa personnalité, et une grande séquence finale mettra justement chacune de ces personnalités à l'épreuve d'un évènement important.
Même si l'équitation est au cœur de son intrigue, cette BD porte avant tout sur les relations humaines et aussi le rapport à la compétition, et déborde également sur des thèmes autres que les chevaux, tels que la passion pour une série télé de SF qui sera l'élément qui saura rapprocher les protagonistes.
Le graphisme pour sa part est à mi-chemin entre le comics jeunesse et le franco-belge pour un rendu simple mais efficace. Et par bonheur, les chevaux sont bien dessinés, même les gros poneys récalcitrants.
En conclusion, il s'agit d'un roman graphique tous publics qui saura parler aux jeunes lecteurs comme aux plus vieux et qui, sous couvert d'histoires de chevaux et d'équitation, aborde avec intelligence et suffisamment de légèreté des sujets humains intéressants.
Je rejoins Alix pour dire que c’est un bel album pour le public cible (je pense qu’il s’adresse avant tout à de jeunes lecteurs, jeunes ados en priorité). Mon ressenti personnel serait de 3 étoiles (3,5), mais j’arrondis au niveau supérieur, car je pense que de jeunes lecteurs apprécieront davantage cette lecture.
L’histoire développe de nobles idées, l’entraide, la vanité de l’ambition, de la guerre, et c’est plutôt amené finement, sans de trop lourds sabots.
Cela se passe dans une période indéfinie, dans une région non précisée, mais que l’on devine située dans le monde arabe, dans la région de la Syrie, de la Jordanie et de la Palestine. Les auteures ont des attaches avec cette région (et l’un des lieux de l’histoire s’inspire du site de Petra).
Des décors relativement familiers, mais peu exploités (il y a peu de décors finalement), dans lesquels se développe une histoire où la guerre de conquête est omniprésente, sans pour autant être visible. La narration est agréable, les pages sont aérées.
Le dessin n’est pas forcément mon truc, mais passe très bien (j’ai juste plus de réserves pour les quelques scènes de bagarre/duels, traitées à la façon manga – pas ma tasse de thé).
Une bonne lecture d’ado.
J’adore « Les Nombrils » , c’est peut être l’une de mes bandes dessinées préférées, dont malheureusement l’avenir est compromis suite au divorce des deux auteurs qui, oui, étaient en couple.
La série est unique au niveau de son évolution, en effet, les trois premiers tomes (surtout le 1 et le 2), sont des gags en une page avec un peu de continuité. J’avais beaucoup aimé, ri, avec de l’humour un peu bête et des fois carrément noir.
Mais la série, devient vraiment intéressante et plus mature à partir du tome 4, avec cette fois-ci des gags mais surtout une histoire entière sur tout le tome avec un véritable arc narratif qui se suit au fil des tomes.
Nos personnages évoluent tous, même Jenny et Vicky qui sont pourtant au début détestables, on se met à les apprécier au fur et à mesure. Elles deviennent plus profondes qu’elles ne le laissent paraître.
Maintenant spoil, attention.
Les thèmes abordés sont intéressants, voire carrément matures ! Le tome 6 est pour moi mon préféré avec un tueur en série, la découverte de l’homosexualité de l’une des protagonistes et j’en passe.
J’ai adoré cette série, en espérant que malgré leur séparation, des prochains tomes sortiront.
Ramiro est une série à l'ancienne qui ne peut pas laisser insensible un grand fan de XIII comme moi. Vance signe là un scénario (avec Stoquart) au canevas assez classique de la proie (6 premiers albums) puis du chasseur (au service du roi Alphonse) assez complexe à cause du contexte historique espagnol pas très connu du public français.
Sans être une leçon magistrale d'histoire les éléments sont bien détaillés avec des références solides. L'originalité des premiers albums est de suivre le Chemin de Compostelle depuis Le Puy comme épine dorsale du "road trip" du Bâtard d'Alphonse VIII de Castille. Vance revient d'une façon crédible sur les rivalités entre Cluny et les Templiers dans des méandres diplomatiques qui n'ont rien à envier aux couloirs du Quai d'Orsay.
Le scénario demande une lecture suivie avec des dialogues d'un bon niveau. On est loin d'un travail à la va-vite. L'ambiance proposée par Vance colle parfaitement à la dureté de l'époque et la dureté du pays.
Le graphisme de Vance fait la part belle aux paysages rudes de la Sierra avec une multiplication des complications climatiques (orages, neige ou déserts) qui sont souvent les plus rudes adversaires de Ramiro et de ses compagnons. Vance en profite pour dessiner de façon très fine et détaillée les divers édifices de ce siècle (églises, forts ou villages) qui parsèment cette Espagne de l'intérieure. Chaque album est garni d'un dossier photographique qui renvoie aux édifices que peut croiser Ramiro pendant ses aventures.
On reconnait facilement la patte de Vance dans ses personnages rudes. Certains visages sont un avant-goût de XIII.
Une lecture très plaisante pour les fans de Vance mais aussi pour découvrir un récit historique où la fiction ne rend pas le scénario farfelu.
Un album qui persiste en mémoire encore plusieurs semaines après sa lecture, c'est le signe d'un bon album. Je m'attendais à quelque chose d'un peu drôle comme le sont les autres séries de cette collection de Cornélius comme Francis ou Faits divers par Anouk Ricard.
On peut dire que c'est un peu drôle mais ce n'est pas le trait dominant de l'histoire. Comme c'est présenté comme une suite de strips mais avec une continuité, il y a quelques punchlines. Barthélémy est un immortel qui n'en peut plus de vivre et cherche un moyen d'en finir. Il a une maturité exceptionnelle vu son grand âge malgré son corps d'enfant mais rencontre un jour une jeune fille qui le trouble. Il y a une dimension philosophique derrière.
Un dessin 'simple' en apparence, très lisible et jouant d'une palette de couleurs restreinte sur le rouge et vert.
Je m’y suis lancé pas spécialement jouasse mais cette collaboration avec DC m’a plutôt convaincu, Enrico Marini m’a agréablement interpellé.
Pour qui connaît l’auteur, la partie graphique ne surprendra pas, on connaît ses ambiances, son trait et certains tics « blockbuster », même si je n’en suis plus fan, c’est difficilement critiquable.
En tout cas, son style se fond bien avec l’univers, c’est un peu le candidat parfait, et j’aime bien son interprétation du Joker et de Bruce Wayne.
Le plaisir des yeux n’est rien sans un minimum de scénario et je n’ai pas trouvé l’auteur mauvais à cet exercice.
Sur une trame classique (libération d’une enfant), il développe un récit linéaire et sans fioritures. C’est fluide, bien mis en scène et ça ne cherche pas à révolutionner ce petit monde, j’ai particulièrement aimé le personnage d’Archie et les joutes verbales entre le Joker et la petite.
Au final, un récit indépendant et complet, pas indispensable mais fort sympathique, l’auteur évite les pièges et remplit haut la main le cahier des charges.
3,5
Une reprise réussie, pourquoi pas d’autres collaborations avec des auteurs de l’hexagone ?
Houuu le bel album jeunesse que voilà !!!
Christian Paty et Didier Crisse qui nous avaient régalé avec Le Pré derrière l'église nous dressent de nouveau le couvert pour un album animalier cette fois-ci plus orienté jeunesse, mais qui ravira j'en suis sûr un grand nombre d'adultes aussi. Paty qui nous avait régalé avec ses animaux pastoraux de la campagne irlandaise nous envoie cette fois-ci de l'autre côté du globe, sur les côtes Australiennes à la fin du XIXe. L'album s'ouvre sur une magnifique tempête qui met en péril l'équipage et ses passagers, dont un couple de chien et ses deux petits appartenant au jeune Lord anglais Harry. Ce dernier craignant pour leur survie les enferme dans un tonneau qui s'échouera sur une plage déserte. Nos famille de chiens est indemne, mais perdue loin de leur petit maître. Mais loin d'être déserte, cette plage va se révéler beaucoup plus occupée qu'il n'y paraît, et notre famille qui ne pense qu'à retrouver Harry va bientôt découvrir la richesse et la diversité de la faune australienne.
Voilà une BD d'aventure qui en ravira plus d'un tant le dessin de Christian Patty donne vie à ce bestiaire australien et ces quatre chiens de façon drôle et expressive. C'était déjà le cas dans Le Pré derrière l'église (spéciale dédicace aux moutons !!!), là il se surpasse avec la faune exubérante de l'Australie qui donne lieu à quelques scènes bien cocasses et un passage bien psychédélique lié à la mythologie aborigène.
Bref, c'est TRÈS beau, c'est drôle aussi, tout en proposant à nos têtes bondes une belle aventure dans un cadre peu exploité en BD.
Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec cet album du duo Nicoby et Didier Tronchet. J’ai donc commencé à lire sans trop savoir sur quoi j’allais tomber. Plus j’avançais dans le récit moins j’avais envie de lâcher la BD. Je me suis régalé. Lecture d’une seule traite. C’est vraiment drôle avec de nombreuses scènes cocasses. Un album divertissant qui ne donne pas trop envie de rechercher ce que sont devenus vos anciens amis !
La thématique de l’ancien copain qui s’incruste n’est pas nouvelle mais le ton est juste et surtout hilarant. Le burlesque des situations n’est pas surjoué. On ne peut donc que se délecter de cette histoire légère mais ô combien agréable avec des répliques bien senties.
Le graphisme de Nicoby est plutôt agréable. Le trait est assez séduisant même si il y a une bonne dose de légèreté. C’est beau.
On parle un peu foot, un thème qui tient à cœur à Didier Tronchet. Pas mal au final et surtout pas barbant. Même ceux qui ne sont pas trop des fans, pourront apprécier le récit.
Un album que je recommande vivement. Je vous invite à déguster planche après planche la nouvelle vie de Vincent Renard quand tout part en cacahuète après sa rencontre avec son ancien coéquipier de l’équipe de foot de Villetaneuse ! Grandiose !
Eh bien, elle n’est pas mal du tout cette série, que j’ai empruntée par hasard !
C’est même sans aucun doute la plus réussie de toutes celles que j’ai pu lire se déroulant dans un univers préhistorique. Roudier a su rendre à la fois crédible et intéressante l’intrigue, tout en insufflant une dose de fantastique, liée aux pensées magiques, aux liens entre les différentes tribus et leurs animaux totémiques (une belle utilisation du chamanisme en tout cas). Je trouve que ce mélange passe très bien.
Roudier n’abuse pas des clichés qui entourent généralement une période très étendue, sur laquelle nous n’avons finalement pas trop d’informations. Malgré les dangers, malgré la présence de certains personnages (hommes, divinités) inquiétants, Roudier nous présente une préhistoire certes âpre, mais quelque peu apaisée.
Finalement, je n’aurais que peu de critiques à formuler. La première, qui engendre quand même de la frustration chez moi, c’est que j’ai emprunté les trois albums en pensant avoir l’histoire complète (puisque ma médiathèque ne possédait que ces trois-là), et voir annoncé un quatrième album conclusif que je ne pourrai sans doute jamais lire m’a un peu énervé (je me suis aperçu en allant sur le site que la conclusion existe, mais seulement dans l’intégrale – encore une pensée pour ceux qui avaient acheté les trois tomes !...).
L’autre reproche, c’est un texte, des dialogues souvent abondants, parfois trop je pense. Roudier aurait pu aérer l’ensemble en les élaguant quelque peu. Même si je trouve que les textes étaient moins denses dans le troisième tome (le dernier lu me concernant).
Même évolution positive concernant le dessin. Il est lisible au départ, mais je l’ai trouvé encore meilleur sur le troisième album, plus mature et détaillé (remarque concernant les personnages surtout).
Malgré la frustration (que vous pouvez vous épargner si vous tomber sur l’intégrale !), je reste sur une note positive après cette lecture.
Note réelle 3,5/5.
Coté fond : Action, humour, pédagogie et profondeur scénaristique.
Coté forme : découpage osé, influence manga, paysages virtuoses et précis, perspectives souvent vertigineuses.
Coté personnage : un héros qui flirte avec les limites en permanence, complexe et humain, dont la psychologie nous tient en haleine tout du long. Des enjeux de pouvoir au cœur des intrigues avec des personnages tout sauf manichéens. Des dialogues savoureux et équilibrés. Un chara-design particulier mais qui finalement se laisse apprivoiser. Le 4iem tome brise un peu cette harmonie mais emplifie finalement l'attente d'un final grandiose dans le 5iem et dernier tome à venir.
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L'Échappée belle
Pour me situer en tant que lecteur, je n'ai jamais été passionné d'équitation ni de chevaux, et la plupart des récits les concernant me laissent indifférent. Ça aurait pu être le cas de celui-ci et pourtant je l'ai trouvé très plaisant à lire. Les quatre personnages principaux sont tous de purs passionnés d'équitation. Trois d'entre eux, deux filles et un garçon, fréquentent assidûment un petit centre équestre où ils aident au quotidien et bichonnent les chevaux. Un jour, une nouvelle cavalière plutôt douée débarque d'un autre haras nettement plus célèbre et commence à prendre des cours dans leur club. Tentant de nouer le contact avec elle, l'une des habituées est reçue avec froideur, la nouvelle venue lui indiquant clairement vouloir simplement monter à cheval sans pour autant chercher à se faire de nouveaux amis. Voilà qui n'est pas sans piquer la susceptibilité de la plus exubérante des trois amis. Ce récit est raconté avec justesse et de manière agréable. Le lecteur est placé du point de vue de chaque partie, avec l'incompréhension des trois amis d'une part, et la mélancolie teintée d'un bon fond de la nouvelle venue. On comprend peu à peu ce qui l'a amenée à agir ainsi, une histoire de pression vis-à-vis de la compétition et de rupture avec une ancienne amie. Le tout est crédible et le déroulé de l'histoire tient la route. Chaque personnage est plutôt bien construit, chacun avec sa personnalité, et une grande séquence finale mettra justement chacune de ces personnalités à l'épreuve d'un évènement important. Même si l'équitation est au cœur de son intrigue, cette BD porte avant tout sur les relations humaines et aussi le rapport à la compétition, et déborde également sur des thèmes autres que les chevaux, tels que la passion pour une série télé de SF qui sera l'élément qui saura rapprocher les protagonistes. Le graphisme pour sa part est à mi-chemin entre le comics jeunesse et le franco-belge pour un rendu simple mais efficace. Et par bonheur, les chevaux sont bien dessinés, même les gros poneys récalcitrants. En conclusion, il s'agit d'un roman graphique tous publics qui saura parler aux jeunes lecteurs comme aux plus vieux et qui, sous couvert d'histoires de chevaux et d'équitation, aborde avec intelligence et suffisamment de légèreté des sujets humains intéressants.
Écuyère
Je rejoins Alix pour dire que c’est un bel album pour le public cible (je pense qu’il s’adresse avant tout à de jeunes lecteurs, jeunes ados en priorité). Mon ressenti personnel serait de 3 étoiles (3,5), mais j’arrondis au niveau supérieur, car je pense que de jeunes lecteurs apprécieront davantage cette lecture. L’histoire développe de nobles idées, l’entraide, la vanité de l’ambition, de la guerre, et c’est plutôt amené finement, sans de trop lourds sabots. Cela se passe dans une période indéfinie, dans une région non précisée, mais que l’on devine située dans le monde arabe, dans la région de la Syrie, de la Jordanie et de la Palestine. Les auteures ont des attaches avec cette région (et l’un des lieux de l’histoire s’inspire du site de Petra). Des décors relativement familiers, mais peu exploités (il y a peu de décors finalement), dans lesquels se développe une histoire où la guerre de conquête est omniprésente, sans pour autant être visible. La narration est agréable, les pages sont aérées. Le dessin n’est pas forcément mon truc, mais passe très bien (j’ai juste plus de réserves pour les quelques scènes de bagarre/duels, traitées à la façon manga – pas ma tasse de thé). Une bonne lecture d’ado.
Les Nombrils
J’adore « Les Nombrils » , c’est peut être l’une de mes bandes dessinées préférées, dont malheureusement l’avenir est compromis suite au divorce des deux auteurs qui, oui, étaient en couple. La série est unique au niveau de son évolution, en effet, les trois premiers tomes (surtout le 1 et le 2), sont des gags en une page avec un peu de continuité. J’avais beaucoup aimé, ri, avec de l’humour un peu bête et des fois carrément noir. Mais la série, devient vraiment intéressante et plus mature à partir du tome 4, avec cette fois-ci des gags mais surtout une histoire entière sur tout le tome avec un véritable arc narratif qui se suit au fil des tomes. Nos personnages évoluent tous, même Jenny et Vicky qui sont pourtant au début détestables, on se met à les apprécier au fur et à mesure. Elles deviennent plus profondes qu’elles ne le laissent paraître. Maintenant spoil, attention. Les thèmes abordés sont intéressants, voire carrément matures ! Le tome 6 est pour moi mon préféré avec un tueur en série, la découverte de l’homosexualité de l’une des protagonistes et j’en passe. J’ai adoré cette série, en espérant que malgré leur séparation, des prochains tomes sortiront.
Ramiro
Ramiro est une série à l'ancienne qui ne peut pas laisser insensible un grand fan de XIII comme moi. Vance signe là un scénario (avec Stoquart) au canevas assez classique de la proie (6 premiers albums) puis du chasseur (au service du roi Alphonse) assez complexe à cause du contexte historique espagnol pas très connu du public français. Sans être une leçon magistrale d'histoire les éléments sont bien détaillés avec des références solides. L'originalité des premiers albums est de suivre le Chemin de Compostelle depuis Le Puy comme épine dorsale du "road trip" du Bâtard d'Alphonse VIII de Castille. Vance revient d'une façon crédible sur les rivalités entre Cluny et les Templiers dans des méandres diplomatiques qui n'ont rien à envier aux couloirs du Quai d'Orsay. Le scénario demande une lecture suivie avec des dialogues d'un bon niveau. On est loin d'un travail à la va-vite. L'ambiance proposée par Vance colle parfaitement à la dureté de l'époque et la dureté du pays. Le graphisme de Vance fait la part belle aux paysages rudes de la Sierra avec une multiplication des complications climatiques (orages, neige ou déserts) qui sont souvent les plus rudes adversaires de Ramiro et de ses compagnons. Vance en profite pour dessiner de façon très fine et détaillée les divers édifices de ce siècle (églises, forts ou villages) qui parsèment cette Espagne de l'intérieure. Chaque album est garni d'un dossier photographique qui renvoie aux édifices que peut croiser Ramiro pendant ses aventures. On reconnait facilement la patte de Vance dans ses personnages rudes. Certains visages sont un avant-goût de XIII. Une lecture très plaisante pour les fans de Vance mais aussi pour découvrir un récit historique où la fiction ne rend pas le scénario farfelu.
Barthélémy - L'Enfant sans âge
Un album qui persiste en mémoire encore plusieurs semaines après sa lecture, c'est le signe d'un bon album. Je m'attendais à quelque chose d'un peu drôle comme le sont les autres séries de cette collection de Cornélius comme Francis ou Faits divers par Anouk Ricard. On peut dire que c'est un peu drôle mais ce n'est pas le trait dominant de l'histoire. Comme c'est présenté comme une suite de strips mais avec une continuité, il y a quelques punchlines. Barthélémy est un immortel qui n'en peut plus de vivre et cherche un moyen d'en finir. Il a une maturité exceptionnelle vu son grand âge malgré son corps d'enfant mais rencontre un jour une jeune fille qui le trouble. Il y a une dimension philosophique derrière. Un dessin 'simple' en apparence, très lisible et jouant d'une palette de couleurs restreinte sur le rouge et vert.
Batman - The Dark Prince Charming
Je m’y suis lancé pas spécialement jouasse mais cette collaboration avec DC m’a plutôt convaincu, Enrico Marini m’a agréablement interpellé. Pour qui connaît l’auteur, la partie graphique ne surprendra pas, on connaît ses ambiances, son trait et certains tics « blockbuster », même si je n’en suis plus fan, c’est difficilement critiquable. En tout cas, son style se fond bien avec l’univers, c’est un peu le candidat parfait, et j’aime bien son interprétation du Joker et de Bruce Wayne. Le plaisir des yeux n’est rien sans un minimum de scénario et je n’ai pas trouvé l’auteur mauvais à cet exercice. Sur une trame classique (libération d’une enfant), il développe un récit linéaire et sans fioritures. C’est fluide, bien mis en scène et ça ne cherche pas à révolutionner ce petit monde, j’ai particulièrement aimé le personnage d’Archie et les joutes verbales entre le Joker et la petite. Au final, un récit indépendant et complet, pas indispensable mais fort sympathique, l’auteur évite les pièges et remplit haut la main le cahier des charges. 3,5 Une reprise réussie, pourquoi pas d’autres collaborations avec des auteurs de l’hexagone ?
Uluru
Houuu le bel album jeunesse que voilà !!! Christian Paty et Didier Crisse qui nous avaient régalé avec Le Pré derrière l'église nous dressent de nouveau le couvert pour un album animalier cette fois-ci plus orienté jeunesse, mais qui ravira j'en suis sûr un grand nombre d'adultes aussi. Paty qui nous avait régalé avec ses animaux pastoraux de la campagne irlandaise nous envoie cette fois-ci de l'autre côté du globe, sur les côtes Australiennes à la fin du XIXe. L'album s'ouvre sur une magnifique tempête qui met en péril l'équipage et ses passagers, dont un couple de chien et ses deux petits appartenant au jeune Lord anglais Harry. Ce dernier craignant pour leur survie les enferme dans un tonneau qui s'échouera sur une plage déserte. Nos famille de chiens est indemne, mais perdue loin de leur petit maître. Mais loin d'être déserte, cette plage va se révéler beaucoup plus occupée qu'il n'y paraît, et notre famille qui ne pense qu'à retrouver Harry va bientôt découvrir la richesse et la diversité de la faune australienne. Voilà une BD d'aventure qui en ravira plus d'un tant le dessin de Christian Patty donne vie à ce bestiaire australien et ces quatre chiens de façon drôle et expressive. C'était déjà le cas dans Le Pré derrière l'église (spéciale dédicace aux moutons !!!), là il se surpasse avec la faune exubérante de l'Australie qui donne lieu à quelques scènes bien cocasses et un passage bien psychédélique lié à la mythologie aborigène. Bref, c'est TRÈS beau, c'est drôle aussi, tout en proposant à nos têtes bondes une belle aventure dans un cadre peu exploité en BD.
Le Meilleur Ami de l'homme
Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec cet album du duo Nicoby et Didier Tronchet. J’ai donc commencé à lire sans trop savoir sur quoi j’allais tomber. Plus j’avançais dans le récit moins j’avais envie de lâcher la BD. Je me suis régalé. Lecture d’une seule traite. C’est vraiment drôle avec de nombreuses scènes cocasses. Un album divertissant qui ne donne pas trop envie de rechercher ce que sont devenus vos anciens amis ! La thématique de l’ancien copain qui s’incruste n’est pas nouvelle mais le ton est juste et surtout hilarant. Le burlesque des situations n’est pas surjoué. On ne peut donc que se délecter de cette histoire légère mais ô combien agréable avec des répliques bien senties. Le graphisme de Nicoby est plutôt agréable. Le trait est assez séduisant même si il y a une bonne dose de légèreté. C’est beau. On parle un peu foot, un thème qui tient à cœur à Didier Tronchet. Pas mal au final et surtout pas barbant. Même ceux qui ne sont pas trop des fans, pourront apprécier le récit. Un album que je recommande vivement. Je vous invite à déguster planche après planche la nouvelle vie de Vincent Renard quand tout part en cacahuète après sa rencontre avec son ancien coéquipier de l’équipe de foot de Villetaneuse ! Grandiose !
Vo'Hounâ
Eh bien, elle n’est pas mal du tout cette série, que j’ai empruntée par hasard ! C’est même sans aucun doute la plus réussie de toutes celles que j’ai pu lire se déroulant dans un univers préhistorique. Roudier a su rendre à la fois crédible et intéressante l’intrigue, tout en insufflant une dose de fantastique, liée aux pensées magiques, aux liens entre les différentes tribus et leurs animaux totémiques (une belle utilisation du chamanisme en tout cas). Je trouve que ce mélange passe très bien. Roudier n’abuse pas des clichés qui entourent généralement une période très étendue, sur laquelle nous n’avons finalement pas trop d’informations. Malgré les dangers, malgré la présence de certains personnages (hommes, divinités) inquiétants, Roudier nous présente une préhistoire certes âpre, mais quelque peu apaisée. Finalement, je n’aurais que peu de critiques à formuler. La première, qui engendre quand même de la frustration chez moi, c’est que j’ai emprunté les trois albums en pensant avoir l’histoire complète (puisque ma médiathèque ne possédait que ces trois-là), et voir annoncé un quatrième album conclusif que je ne pourrai sans doute jamais lire m’a un peu énervé (je me suis aperçu en allant sur le site que la conclusion existe, mais seulement dans l’intégrale – encore une pensée pour ceux qui avaient acheté les trois tomes !...). L’autre reproche, c’est un texte, des dialogues souvent abondants, parfois trop je pense. Roudier aurait pu aérer l’ensemble en les élaguant quelque peu. Même si je trouve que les textes étaient moins denses dans le troisième tome (le dernier lu me concernant). Même évolution positive concernant le dessin. Il est lisible au départ, mais je l’ai trouvé encore meilleur sur le troisième album, plus mature et détaillé (remarque concernant les personnages surtout). Malgré la frustration (que vous pouvez vous épargner si vous tomber sur l’intégrale !), je reste sur une note positive après cette lecture. Note réelle 3,5/5.
Gagner la Guerre
Coté fond : Action, humour, pédagogie et profondeur scénaristique. Coté forme : découpage osé, influence manga, paysages virtuoses et précis, perspectives souvent vertigineuses. Coté personnage : un héros qui flirte avec les limites en permanence, complexe et humain, dont la psychologie nous tient en haleine tout du long. Des enjeux de pouvoir au cœur des intrigues avec des personnages tout sauf manichéens. Des dialogues savoureux et équilibrés. Un chara-design particulier mais qui finalement se laisse apprivoiser. Le 4iem tome brise un peu cette harmonie mais emplifie finalement l'attente d'un final grandiose dans le 5iem et dernier tome à venir.