Les derniers avis (32287 avis)

Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Super Pixel Boy
Super Pixel Boy

Je suis un avide gamer depuis 40 ans. Je collectionne beaucoup de consoles et jeux vidéo retro, mais contrairement aux « vrais » collectionneurs, je JOUE aussi aux jeux en question (à l’heure où j’écris ces lignes je viens de terminer Warioland 4 sur Gameboy Advance et Secret of Monkey Island sur Amiga). Je suis abonné à DEUX magazines spécialisés. J’irai même jusqu’à avouer que je porte actuellement des chaussettes Tetris, et que je bois un thé vert dans un mug Tetris. BREF, je raconte ma vie pour expliquer que je me suis naturellement jeté sur cette BD (aguiché par la superbe couverture), et que je fais partie du public ciblé. Et je ressors ravi de ma lecture. Chaque histoire présente un souvenir bien précis à propos d’un certain jeu - ce tome aborde surtout les années 80, donc les jeux d’arcade / 8-bit : Shinobi, Super Mario Bros, The Legend of Zelda, Tetris etc.). Le ton est humoristique et autobiographique, l’auteur parle de son enfance, de ses amis, de ses parents, et de ses souvenirs des jeux en question, parfois doux-amers (ils étaient souvent décevants ou trop difficiles). Le dessin de Boris Mirroir alterne entre un style « cartoon » mignon au possible pour l’histoire et un « pixel art » élégant pour les écrans de jeu, fidèlement reproduits (il ne s’agit pas de captures d’écran). Les planches contiennent de nombreux gags et références culturels, que les geeks auront beaucoup de plaisir à découvrir. J’ai personnellement passé un excellent moment de lecture. J’ai trouvé cet album instructif et divertissant, les personnages sont attachants (ah, le papa et ses traductions approximatives) et les histoires sont remplies de tendresse et d’humour. Le tome 2 est dans la continuité du premier, pas de surprises, pas de déception, donc n’hésitez pas si vous avez aimé le tome 1. Je lirai certainement le tome 3.

27/10/2022 (MAJ le 17/11/2023) (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Le Port des Marins Perdus
Le Port des Marins Perdus

Après avoir découvert leur extraordinaire Amour minuscule, je continue mon exploration du duo Teresa Radice et Stefano Turconi qui sait produire des œuvres marquantes, en tout cas qui me plaisent grandement. Nourri par les dessins et les histoires Disney, qui fut leur premier employeur, le couple semble s'être désormais consacré à leurs propres histoires, travaillées et poétiques. Ce deuxième opus que je lis me confirme l'idée que je dois continuer à creuser leur travail. "Le Port des Marins Perdus" est un ouvrage dense et long à lire, dont j'ai regretté deux choses : l'absence de grandes pages pour apprécier le détail dans chaque cases sur le bateau, et l'absence totale de couleur dans le récit qui reste en noir et blanc. J'aurais adoré quelques touches de couleur, juste des points temporaires pour faire ressortir certaines choses. Colorer Rebecca par exemple, ou le port dans le lointain aurait ajouté ce qu'il fallait pour l'onirique. C'est du pinaillage mais c'est vraiment dommage de ne pas avoir profité de cette opportunité qu'offre la BD. Le dessin est donc inspiré par du Disney (je n'ai pas vu Hercule mais je trouve que Rebecca a des airs de Megara), mais s'est clairement fait le plus précis possible sur la question des bateaux de cette époque. Sans parler des costumes, qui sont tout autant travaillés. C'est magnifique, rien à redire sur le dessin. D'autant que malgré la taille de la BD plutôt réduite, elle reste parfaitement lisible et dynamique, sans que je n'ai eu besoin de plisser les yeux pour distinguer quoi que ce soit. L'histoire en elle-même est un drame joyeux en quatre actes, chargé en poésie (peut-être même un poil trop à un moment) et qui joue sur des histoires de marins bien connues. Mais l'idée de l'histoire est de s'interroger avant tout sur la mort et le deuil, le sens de la vie tout en jouant sur la question de la famille et de la transmission. Le tout enrobé dans l'attrait pour la mer de tant d'humains. Une belle histoire, qui se développe dans le temps et pose son propos triste et grave qui reste pour autant tout le temps léger. L'influence Disney ? Alors certes, ça donne un peu un côté gentil et méchant, bonté absolue et méchanceté totale, mais soyons honnête, ce n'est pas déplaisant de lire ça de temps en temps. Et le récit est clair dans son intention et c'est tout à fait louable ! Après deux jours de lecture, je dois dire que je ressors de cette BD avec un petit envoutement qui reste. La tristesse et la mélancolie qui imprègne les pages marque, mais moins que la lumière et la poésie qui prédomine. C'est une très jolie BD, qui se laisse vivre et lire. Et si l'histoire peut sembler banal au premier abord, elle aborde de façon très sensible des thématiques qui m'ont plu. Je recommande très largement, c'est une très belle BD.

17/11/2023 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Broadway
Broadway

Note : 3,5/5 J'ai envie de donner une bonne note à ce diptyque car aussi convenu qu'il puisse être par certains aspects, j'ai pris du plaisir à le lire. Ce qui est convenu, c'est son cadre du New York festif des Années Folles, ses cabarets, le monde du spectacle et les magouilles derrière tout ça. On sait immédiatement où on met les pieds et on s'attend immanquablement à des histoires de concupiscence, de rivalités et un peu de mafia aussi. Ce qui est convenu aussi, c'est le dessin au style académique de Djief. Mais aussi classique que soit son trait, il ne se révèle pas moins très maîtrisé et agréable, s'autorisant quelques mises en scène et angles de vue originaux, le tout rehaussé d'excellentes couleurs. C'est un graphisme qui plonge rapidement le lecteur dans le New York des années 20, son faste et ses lumières. Et les filles sont jolies aussi. En parlant de filles, c'est beaucoup grâce au côté attachant des personnages qu'on suit agréablement leurs histoires. Les deux frères sont intéressants par leurs différences, leur mère aussi par son expérience, mais plus qu'eux c'est vraiment la gentille et gaffeuse Fanny qui donne de l'humanité et le sourire à la lecture de cette petite saga de show business. L'intrigue pour sa part tient la route et capte le lecteur. Par bonheur, elle évite les histoires de gangsters pour ne pas arpenter de sentiers trop battus. Cela commence comme un projet artistique et commercial auquel on accroche vite, avec l'envie de voir le cabaret trouver autant de succès que possible. J'ai tout de même été un peu circonspect de voir les deux frères devoir tout reprendre à zéro puisque visiblement la mort du précédent propriétaire a fait déserter d'un coup tous les employés et artistes de l'établissement. Mais admettons que ce soit crédible, de toute façon c'est leur progrès ensuite qui m'a intéressé. Et puis à partir de la fin du premier tome, on comprend qu'il y a aussi une histoire de vengeance et de magouille. L'ensemble a en plus l'avantage de tenir en deux tomes seulement, ce qui est bien, quoique cela impose aussi une fin un peu rapide qui laisse une légère frustration. Une lecture simple, prenante et bien menée, soutenue par un dessin de bonne qualité. Tous les ingrédients d'une bonne série.

16/11/2023 (modifier)
Couverture de la série Basil & Victoria
Basil & Victoria

J'ai bien apprécié cette série assez originale même si le tome 4 affaiblit la cohérence globale de l'ensemble. White Chapel de la fin de l'ère victorienne est propice à une ambiance sombre rendue immortelle par Dickens ou Doyle. Yann reprend l'image des enfants perdus de la rue avec ce couple débrouillard. Entre rats, surins et prostitution, Yann trouve de quoi faire parler son esprit critique et cynique. Comme c'est un auteur maître du décalage, ses dialogues restent empreints d'une belle dose d'humour. De plus chaque opus est construit autour d'une documentation solide qui rend le récit attractif. Le graphisme d'Edith conforte l'univers proposé par Yann à Londres, Zanzibar ou sur l'île écossaise. C'est la description glauque de White Chapel qui reste l'atout majeur de la série. Edith nous immerge dans cette atmosphère de façon crédible et réaliste malgré un trait comique pour les personnages. Une série avec un humour décalé que j'apprécie. Une lecture agréable plutôt pour adultes.

16/11/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Tsunami
Tsunami

Comme la plupart des autres avis, on est sur un 3.5 que je tire vers le haut pour le graphisme que tout le monde a déjà salué. Quelle beauté dans les planches, dans les rendus de la mer et des couleurs, dans la représentation des plages indonésienne. J'ai visité l'Indonésie il y a quelques années et j'ai encore en mémoire la lumière de ce pays, les couleurs qui ressortent et l'ambiance des jungles tropicales. Je les ai retrouvé dans ces planches, et c'est un compliment. L'histoire parle du tsunami indonésien mais sans jamais montrer explicitement ce qu'il fut. On est plus sur l'après, la gestion du deuil qui traverse tout le récit et la place des morts après un tel cataclysme. J'ai vite été surpris par le ton du récit, quête d'une sœur disparue qui s'arrête ensuite sur un archipel d'île dans lequel le temps s'arrête pour ensuite se conclure sur un final qui me semblait attendu mais que j'ai tout de même apprécié. Une belle balade calme et reposante qui parle avec douceur de sujets difficiles. Honnêtement, je ne peux pas ajouter plus que ce qu'en ont dit les autres avis : c'est très beau, un peu lent et envoutant, bien écrit et prenant jusqu'au bout. Le genre de lecture étonnante qui peut débarquer un moment donné dans votre bibliothèque, vous surprendre lors de votre lecture puis repartir. Pas sur qu'elle laisse un souvenir impérissable dans votre esprit, mais elle vous contentera surement. Et vous dépaysera sans doute un peu.

16/11/2023 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Grand Migrateur
Le Grand Migrateur

Quelle déception ! Parvenu à la fin de cette BD, j'ai ressenti une frustration à la hauteur du plaisir enfantin que j'ai pris à suivre tous les personnages de cette histoire. J'en aurais bien repris une louche, je l'avoue, la fin arrivant un peu brutalement. C'est assez paradoxal : d'un côté, je suis un peu fatigué de ces séries à rallonge de 2000 tomes dont bon nombre ne sont là que pour vendre du papier, et de l'autre, il y avait ici matière à faire quelques tomes supplémentaires. Ou alors mieux : une plus grosse aventure en un seul et unique GROS tome !!!! Jamais content celui-là ! Bon, on l'aura compris, je ne plaisante qu'à moitié. S'il y a certes frustration, Le grand migrateur est franchement une belle surprise. On a un récit très sympatoche, non dénué d'originalité, avec des personnages bien campés (le grand migrateur, c'est un truc super, sorte de troll issue des légendes nordiques) et qui s'inscrit parfaitement dans son époque sans pour autant être lourdingue ou moralisateur : Odette, princesse déchue, est le personnage principal, la thématique écologique est centrale, et puis bon, la migration, quand même, est dans le titre (migration/migrants)... En outre, le dessin est tout mignon et soigné, même si j'aurais préféré un trait disons plus affirmé. Bref ! un très bon titre jeunesse qui est parvenu à me transporter, et ce n'est pas si courant, mine de rien.

16/11/2023 (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5
Couverture de la série La Tête en l'air (Rides)
La Tête en l'air (Rides)

Paco Roca est un auteur dont j’avais beaucoup aimé la sensibilité sur La Maison. Je la retrouve ici et c’est une belle réussite. Cette fois encore le sujet n’est pas des plus gais. La maladie d’Alzheimer qui s’installe peu à peu d’abord, la difficulté pour les proches de s’occuper du père qui perd la tête, le placement en établissement spécialisé. Et tout cela nous est partagé en se mettant dans le ressenti de ce vieux monsieur. C’est là que l’auteur nous entraîne, dans cette maison de retraite où il faut à la fois s’habituer au pire et découvrir d’autres pensionnaires, tous attachants à leur manière. Et faire face à cette cochonnerie de maladie qui progresse. C’est sensible, doux et difficile, tout en retenue et teinté d’un humour léger qui fait du bien parce qu’on connaît la fin de toutes façons. Avec un dessin que j’ai bien apprécié, parfait pour servir l’histoire sans l’alourdir. Je n’ai pas pu lâcher l’ouvrage avant la fin. Un roman graphique, certes, mais ça devient presque un thriller quand on a mon âge !

15/11/2023 (modifier)
Couverture de la série DORAemon
DORAemon

J'ai découvert avec plaisir ce classique du Manga. L'intérêt est de lire ce que l'on faisait en 1974 avant que le tsunami Manga déferle sur le monde avec peu à peu une uniformité commerciale déprimante. Comment faire vivre les aventures d'un looser absolu, souffre-douleur de ses copains Giant et Sunéo, amoureux déçu de la belle Shizuka ? Le robot chat DORAemon qui vient du futur va faire le travail. Chaque numéro propose une suite d'histoires courtes d'une dizaine de pages où les malheurs de Nobita devraient être résolu par un gadget proposé par Doraemon. Cela préfigure-t-il cette ère du gadget technologique que nous connaissons ? Cela donne une série de gags très dynamiques mais assez répétitifs. J'ai eu du mal à lire un livre entier d'une seule lecture même si j'ai bien aimé l'esprit de la série. Le graphisme se démarque du manga moderne surtout dans les visages très ronds que propose Fujio. Le trait est assez minimaliste sans décors. J'ai lu les premiers épisodes puis dans les 20 et dans les 30 pour observer que le canevas ne change pas, seul le graphisme s'affermit au fil du temps. Une lecture plaisante pour découvrir un monument historique du monde Manga 3.5

15/11/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Coeur de Ténèbres (Delcourt)
Coeur de Ténèbres (Delcourt)

Adaptation du fameux roman "Au cœur des ténèbres" de Joseph Conrad, cette BD est avant tout une réécriture qui la place dans la guerre de Vendée alors que la révolution a éclatée depuis 5 ans. Cette période trouble et charnière fut le théâtre de sanglants affrontements dont la BD parle donc. Si j'ai bien aimé l'adaptation, l'idée étant à la fois logique et pas forcément évidente, la BD en elle-même reste très proche de la nouvelle. Ayant lu les deux, je peux dire que le déroulé est presque identique à quelques exceptions près. L'idée de s'enfoncer dans le marais comme on s'enfonce dans la folie d'un homme qui rêve d'un nouveau monde est bien amenée là aussi et permets de mettre en lumière les ravages de cette guerre, à la fois absurde et sanglante. Les déportations de femmes, les enfants abandonnés et fusillés, les villages dépeuplés. Un ballet sanglant dont personne ne sortira véritablement indemne. Le dessin colle à merveille au récit et donne un aspect halluciné à ce voyage. Il joue des couleurs sporadiquement pour faire ressortir les moments qui semblent hors du temps. C'est très beau à l'œil, magnifique même dans certaines compositions. Et surtout très lisible. Je ne pense pas qu'il s'agisse de la meilleure adaptation de la nouvelle, et je trouve d'ailleurs que Kongo est une bd bien plus saisissante sur le même sujet. Mais "Cœur de ténèbres" n'a pas à rougir de la comparaison et pose son ambiance et son visuel, affirmant son parti pris et retraçant à merveille son propos sur la guerre. Ce que j'en tire surtout, c'est que ce qu'a écrit Conrad voila plus de 100 ans me semble décidément toujours aussi pertinent, vu le nombre d'adaptations qui semblent sonner si juste encore aujourd'hui. A lire !

15/11/2023 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Les Deux Vies de Baudouin
Les Deux Vies de Baudouin

La mise en place de cette histoire est un peu longue, près de la moitié de l'album, mais je me suis finalement laissé happer et j'ai beaucoup aimé la seconde partie et surtout la conclusion de ce récit. C'est une histoire morale, sur le sens de la vie et de ne pas la gâcher à suivre une routine qui n'est pas la sienne. C'est un message très classique, presque trop déjà-vu et la première partie de l'album laissera à penser au lecteur qu'il n'y aura pas de surprise. Mais finalement, non seulement le récit fonctionne bien et le développement personnel du héros est crédible même si, une fois qu'il s'engage dans la voie que son frère lui propose, les choses se présentent de manière un peu trop facile pour être vraie. Mais en plus il y a une vraie surprise en fin d'album même si j'ai eu des soupçons sur le sujet tout du long de ma lecture. C'est cette fin et son impact émotionnel qui m'ont touché avant tout : c'est bien amené et raconté avec beaucoup de justesse et d'efficacité. Bref, ça marche. Quant au dessin, il est simple mais fonctionnel et agréable. Un bon roman graphique dont les émotions ont su m'atteindre.

15/11/2023 (modifier)