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Couverture de la série Jesse James
Jesse James

J'ai beaucoup apprécié cette série où l'aspect historique l'emporte sur le romanesque du Far West. Dobbs et Regnault ont eu le bon goût de rester au plus proche des travaux de l'historien Farid Ameur dont le nom apparait légitimement sur la couverture (mais pas sur la fiche du site). Cela donne un récit chronologique très construit qui positionne très bien cette hyper violence dans le chaos et les frustrations de la Civil War US. Le scénario travaille sur deux plans : la réalité de la violence des gangs dont faisaient partie les frères James et la perception romanesque véhiculée par des médias avides de sensationnel. Ces récits fantaisistes arrivaient à point nommé pour une population déprimée par les effets de la défaite et avide d'une fierté retrouvée. C'est une véritable page d'histoire du Far West mais aussi de la construction d'un mythe moderne que les auteurs réussissent brillamment à proposer. Malgré l'accumulation de dates et de faits la narration n'est jamais ennuyeuse. Le graphisme réussit très bien à transmettre cette ambiance de folie meurtrière de ces années sombres. Les personnages sont très expressifs et Chris Regnault réussit très bien à les rendre reconnaissables (sur les photos, ils se ressemblent tous). La construction des planches et le découpage sont très modernes et entretiennent le dynamisme de la narration. Un excellent dossier final de Farid Ameur pour remettre l'histoire du gang James dans la lumière crue de la réalité. Une très bonne lecture très instructive.

17/02/2024 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 4/5
Couverture de la série Planètes
Planètes

Une bonne note car le Manga est franchement novateur dans l'originalité de son sujet/prétexte -sinon dans son graphisme, traditionnellement comico-figuratif. À ceci près qu'il semble y avoir un fossé abyssal entre la manière dont sont représentées les têtes des héros par rapport à tout le reste, dans l'image... Je n'ai pas encore réussi à me convaincre qu'il s'agit du même artiste, tant ces visages affreux (ça s'améliore TRÈS progressivement dans le temps...) aux occiputs absolument pas proportionnés (ça non, par contre ?!) semblent incompatibles avec la maitrise factuelle du dessin dévolue aux corps, décors, vaisseaux spatiaux, Etc... Incompréhensible. Mais bien plus surprenant encore est la manière dont Yukimura Makoto met en scène les différents épisodes rythmant cette extrapolation futuriste de " l'occupation" professionnelle et -surtout !- privée de l'orbite terrestre. En effets, chacune de ses (bonnes) idées est expédiée avec une célérité assez déstabilisante pour le lecteur, car bousculant pas mal nos réflexes de lecture habituels. À aucun moment on ne s'appesantit sur le moindre ressort scénaristique "classique" (ni le drame de Yuri, ni le groupuscule terroriste, ni même la relation archi-romantique entre Achirota et Ai !) et, sinon au travers des apartés des personnages, on ne peut pas dire que notre fibre sentimentale soit plus titillée que ça. On ne peut que saluer l'initiative, tant elle oblige l'auteur à se creuser les méninges pour trouver d'autres manières de rendre son récit "prenant". Et prenant il l'est : des difficultés techniques objectives de ces Premiers pas dans l'espace (très bien explicités, et pas seulement via des notes ou encore des appendices.) à celles découlant de réalités plus subtiles, comme les nécessités économiques et les luttes de pouvoirs résultantes, le Mangaka nous offre un panorama clairement objectif -et distrayant- de nos probables lendemains. Les personnages sont très attachants et crédibles -même le traditionnel génie scientifique psychopathe !- et, traditionnel aussi, l'humour omniprésent aide à filtrer la perception que l'on a, à travers eux tous, du sérieux des enjeux de cette étape, si décisive dans l'évolution de la civilisation humaine. Juste un poil froid dans le ton, sinon le propos -très humaniste. Pour ceux qui ne connaissent pas, l'adaptation animée est brillantissime, même si complètement remaniée, tant certains aspects de l'oeuvre originelle bénéficient de plus d'exposition ; sans compter l'ajout de nouvelles intrigues/péripéties (la guerre au Tanganika, les fans de culture Nippone au chômage ou encore les luttes de pouvoir au sein de l'entreprise (Technora) qui administre la "Section Débris". De nouveaux (et nombreux !) intervenants, tout aussi bien croqués et particulièrement bien utilisés : Claire, Hildegarde, Philippe & Arvin, Dorf, Lucy, Gigalt, Etc... Aï apparait dés le premier épisode, et sa relation avec Achirota est beaucoup mieux construite (logique), les motivations et les caractères des personnages secondaires beaucoup plus approfondis (Hakimu, Nono...). Plus classique dans son exploitation du scénario, l'Animé s'avère beaucoup plus "nourrissant" pour l'amateur tant, cette fois-ci, les ficelles habituelles sont très intelligemment utilisées pour forcer notre sympathie -mais pas gratuitement : on en ressort avec une impression de plénitude quant à ce que véhicule l'histoire ; plein d'émotions et d'espoir pour ceux qui viendront après nous.

17/02/2024 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série The autobiography of me too
The autobiography of me too

Champion de l’autodérision magnifiant la banalité et l’ennui du quotidien, Bouzard est une sorte de génie qui parvient même à contrarier la mort, laquelle, visiblement, ne veut pas de lui. Provocation ultime adressée à la faucheuse, la couverture laisse apparaître en vernis sélectif doré une petite croix funéraire quelque peu difforme ! Si ce n’est encore pas le glas qui sonne pour le gars Bouzard, il semblerait que pour lui, ce soit plutôt l’heure de la consécration avec cet « Ultimate » ! Et les Requins Marteaux ont vu grand, en intégrant, s’il vous plaît, un ruban marque-page à l’ouvrage ! Vingt ans après, l’humour est resté intact, indifférent à l’usure des ans et au wokisme en vogue. Humilié par sa compagne dès qu’il se risque à fanfaronner, Bouzard, allergique aux tâches ménagères, ne subira jamais les scuds de #metoo. Quand bien même il cherche à faire faire la peau de son « chien stupide », qui prend un malin plaisir à le ridiculiser, les associations de défense des animaux ne pourront rien contre lui. Ni la ligue contre l’alcoolisme, malgré sa consommation de pinard bien au-delà du raisonnable, ni les ligues catholiques à la vue de son chibre raide (quoique modeste). Bref, le ton va si loin dans l’absurde et l’autodérision qu’il rend inattaquable son auteur… et ne ferait que ridiculiser l’attaquant… A l’avenant, le dessin volontairement mal fichu est un sommet de drôlerie. On l’oublie souvent, mais il faut un certain talent pour réussir à faire passer des émotions (ici en l’occurrence le rire) en deux coups de crayon, et Bouzard n’en manque pas. Dans la même catégorie, on pense d’abord à Reiser, dont le trait « moche et vulgaire », associé à une irrévérence féroce, a fait les beaux jours d’Hara-Kiri et du Charlie Hebdo des débuts. A la différence que Bouzard utilise pleinement les codes du neuvième art pour décupler les fous rires auprès de son lectorat. La mise en page en gaufrier, loin d’être une contrainte pour l’auteur, ne fait que renforcer le dynamisme narratif, en contrepoint d’anecdotes qui sans cet humour hypra décalé seraient désolantes de banalité. A cela vient s’ajouter un sens du mouvement très cartoonesque qui n’aurait pas tout à fait la même puissance comique sans ledit gaufrier. Il suffit pour s’en rendre compte de se reporter à la page 164, avec cette scène où notre (anti-)héros poursuit son clébard dans les arbres (volume 3 – « The Autobiography of me too free »), l’air de rien c’est du grand art. On n’oubliera pas de parler des expressions des visages hilarantes, dont certaines carrément « what the fuck », la plupart du temps empreintes de lassitude, de goguenardise ou de colère, c’est tout bonnement irrésistible ! En résumé, Bouzard, c’est la nonchalance désabusée alliée à du Tex Avery, la grosse fatigue alliée à du punch sur ressort. Pour des gags qui font mouche à tous les coups, sans forcer… parce que produire des gags sur commande, c’est assez fatigant au fond, et c’est pas non plus le genre de la maison… Bouzard, c’est du gag en hamac, un peu la même école que Boulet ou Fabcaro. A la lecture de cette intégrale qui donne très envie d’avaler toute sa bibliographie, on serait disposé à faire confiance à son pote préfacier Winshluss, en espérant que la piquouze « reanimator » atteindra les neurones de notre homme fait zombie. Même si l’on sait, que de toute façon, Bouzard est éternel.

16/02/2024 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Röd i Snön
Röd i Snön

Un très très bon polar que ce Röd i Snön. Le titre signifie "Rouge sur la neige" en suédois. L'auteur est pourtant espagnol, il a une certaine renommée dans son pays et ce titre est sa première BD traduite en français. Arne Gunnarsson est inspecteur d'assurance, il doit enquêter suite à un crime horrible qui s'est produit dans un petit village reculé de la Suède. C'est lui sur la couverture avec le renard à ses pieds. Alors, pourquoi deux Arne Gunnarsson sur la couverture ? Ben, y a le vrai, celui de chair et de sang et l'autre, celui dans sa tête, que seul lui peut voir (et donc nous aussi, c'est mieux pour comprendre l'histoire) et avec qui il discute régulièrement. Drôle de bonhomme n'est-ce pas ? Un polar qui m'a séduit dès les premières pages, j'ai tout de suite accroché au ton employé, aux personnages, au contexte, au dessin, à tout ! Une BD avec un petit air de Fargo des frères Coen, déjà le contexte avec le froid et la neige comme décor, un humour qui joue sur les situations et le langage, de la violence (enfin peut-être) et surtout des protagonistes aux personnalités très très singulières. Le résultat donne un polar déjanté, très bien construit et captivant de la première à la dernière page. Je ne peux rien dire de plus, laissez-vous surprendre ou alors, juste que le renard n'est pas sur la couverture par hasard. Une pointe de fantastique bien amenée. N'ayez pas peur, c'est vraiment très bien. J'ai adoré la partie graphique dans un beau format à l'italienne qui joue sur la répétition de la mise en page. Un dessin au trait fin, lisible et glacial, aux lignes arrondies pour les personnages et géométriques pour les décors. Des couleurs aux tons froids où juste un rouge/roux ressort pour le sang et les cheveux de certains personnages, ainsi que pour ce fameux renard. Je recommande à tous les amateurs de polars. Et je prends les paris qu'on reparlera de cet album à Angoulême l'année prochaine. Perdu :-(

16/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Lili Ghost
Lili Ghost

Depuis Oscar Wilde la thématique de la rencontre entre enfants et fantômes est très utilisée. Les auteurs ont donc pris un risque certain en choisissant ce sujet pour commencer une nouvelle série. L'ajout de pirates et spectres auraient pu ne pas être suffisant pour donner suffisamment d'originalité à leur série. Malgré ces obstacles potentiels, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce tome 1 de Jérémie et de l'espiègle petite Lili. Deveney est un auteur éclectique. Il passe avec facilité d'un Niala controversé (strictement pour adultes) à une série jeunesse, bien ficelée avec plusieurs niveaux de lectures. Le premier degré ravira les enfants dans ce tourbillon de péripéties entre fantômes, pirates et "princesses" à double personnalités. Les bons dialogues ne sont pas dénués d'humour, la narration est très fluide et vive avec suffisamment de rebondissements pour maintenir le bon rythme de la narration. Une lecture plus adulte peut conduire à l'influence négative que peut avoir l'image sur notre personnalité. Une piste de réflexion pour les plus jeunes à notre époque de selfies omniprésents. Le graphisme de Spagnolo et de David Dany est très agréable. Le trait est fin, les personnages très attachants et le dynamisme ne laisse pas de répit aux jeunes lecteurs/rices. De plus j'ai beaucoup apprécié la mise en couleur avec ces teintes vives et brillantes qui donnent une superbe ambiance très joyeuse. Un bon départ pour cette série pour laquelle j'espère un certain succès. 3.5

16/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Ivo a mis les voiles
Ivo a mis les voiles

S’il figure parmi les auteurs que je suis depuis son adaptation de « La Drôle de vie de Bibow Bradley », Nicolaï Pinheiro n’a pas toujours réussi à pleinement me convaincre par la suite. Ceci dit, il ne m’a jamais vraiment déçu non plus et l’occasion de le revoir et de me faire dédicacer son dernier album m’a convaincu d’acheter « Ivo a mis les voiles » lors du récent festival d’Angoulême. Et bien m’en a pris ! C’est en effet sans doute son livre que j’ai préféré ! Pour la maitrise technique dont Nicolaï fait maintenant montre mais aussi pour la thématique du livre et la découverte de personnages profondément humains (c’est-à-dire loin d’être parfaits, parfois touchants, parfois détestables, souvent incohérents). Maitrise technique d’abord. Ce livre est (à nouveau) adapté d’un roman, et cela ne se sent absolument pas à la lecture (premier bon point). Les personnages sont nombreux et l’attention se focalise le plus souvent sur eux. Pourtant, non seulement il est impossible de les confondre mais, en plus, la mise en page évite toute forme de lassitude malgré la profusion de cases qui leur sont consacrées (deuxième bon point). Le récit se déroule au Brésil et, grâce à sa connaissance du pays, Nicolaï Pinheiro parvient à nous en montrer de multiples facettes qui peuvent tout autant tenir de l’image d’Epinal que du documentaire loin des pièges à touristes. C’est donc un Brésil contrasté que nous présente l’auteur et c’est un troisième bon point. Enfin, le trait de l’artiste s’est encore affiné depuis son dernier album et les planches qu’il propose ont gagné en profondeur, en détails, en émotion, en beauté (j’adore la couverture qui fait flotter les personnages entre ciel et mer, qui les pousse vers l’inconnu (symbolique parfaite avec le contenu du livre)). Quatrième bon point, et on n’a encore parlé que de technique narrative (et même pas mentionné le découpage en chapitres qui se terminent sur la fiche signalétique d’un acteur, parfois secondaire, dudit chapitre). Le récit enchevêtre deux histoires. Celui du père parti pour un dernier voyage et celui du fils qui se lance à sa recherche, bien plus dans l’espoir de le découvrir par le chemin parcouru que dans celui de le « retrouver » (il se lance dans l’aventure après avoir reçu l’avis de décès de son père). L’émotion découle des rencontres et de l’évolution des personnages au travers de celles-ci… et l’émotion passe bien. Franchement, j’ai passé un très agréable moment de lecture !

16/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Gatsby le magnifique
Gatsby le magnifique

"The Great Gatsby" est un roman culte de la littérature américaine. Perso je n'ai jamais accroché ni au livre ni à son adaptation cinématographique (1974 de R Redford). Les thématiques de vagues à l'âme d'une partie de la société dorée qui brûle sa vie dans d'insignifiantes fêtes pour faire semblant d'exister n'a jamais été mon truc. Même si Fitzgerald avait l'intention d'exprimer une critique de cette société basée sur l'argent, je n'y ai jamais trouvé mon compte. Pourtant j'ai bien aimé cette adaptation proposée par Melchior-Durand. L'auteur prend plusieurs libertés avec le texte original que j'ai bien appréciées. En positionnant son récit dans un Shangai contemporain, j'y ai lu le côté universel de l'oeuvre de Fitzgerald. Comme au théâtre pour les grandes oeuvres classiques, le choix d'une mise en scène moderne enrichit la compréhension du texte. Melchior-Durand y introduit une thématique comme l'homosexualité de Carraway qui éclaire le récit d'un angle nouveau (pour moi). J'ai donc apprécié la construction du récit et je me suis laissé porter par les tensions relationnelles des personnages bien mises en valeur par l'auteur. Enfin le plus de l'album tient dans le choix du graphisme. J'ai beaucoup apprécié les peintures de Bachelier. Il rend très bien l'ambiance d'une ville en déséquilibre entre sa volonté du modernisme le plus pointu et son origine bien plus modeste que les promoteurs cherchent à effacer. En fin de compte c'est ce déséquilibre transposé à la personnalité de Gatsby qui semble être l'âme du roman. L'adaptation très moderne de Bachelier a servi la narration de façon très efficace pour faciliter mon immersion dans l'oeuvre. Une bonne lecture si on quitte le classicisme des versions antérieures.

16/02/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Béa Wolf
Béa Wolf

Encouragé par les commentaires de MacArthur, je me suis procuré la BD que j'envisageais de prendre de toute façon, attiré par un Boulet en dédicace sans file d'attente (merci encore du conseil !). Et grand bien m'en a pris, puisque j'ai adoré cette lecture, ou plutôt relecture du mythe de Beowulf interprété ici par des enfants sur une thématique nouvelle, la peur de grandir et devenir un adulte coincé, fermé au rêve et au jeu. Connaissant déjà la légende de Béowulf, j'ai été agréablement surpris de la qualité de la réinterprétation du mythe dévoilé ici. On sent que l'auteur s'est fait grandement plaisir, avec une qualité d'écriture qui est admirable. Les assonances et jeux sur les sons sont omniprésent, le tout dans un style volontairement épique. Mes compliments à la traductrice qui a du en passer des heures pour en tirer ce texte ! L'histoire à hauteur d'enfant est une très bonne idée à mon sens, puisqu'elle autorise une lecture plus accessible sans pour autant faire dans l'enfantin. C'est de l'épique grandiose, mais pour enfant, et j'aime bien l'idée de ne pas prendre les petites têtes blondes pour des cerveaux mous incapables de ne pas être intéressé par une proposition plus grandiose. Le ton du récit aide à ce grandiose, et le récit semble suivre à la trace celui raconté dans les vieux textes, d'où un côté parfois étrangement décalé dans le rythme, notamment lorsque Bea Wolf ou le roi racontent le passé. Mais je trouve que ça marche ! Niveau dessin, Boulet s'est fait plaisir et j'adore son Grendel (allez écouter la chanson de Marillion à son propos qui déchire !). La mise en image est inventive et dynamique, portée par ses personnages hauts en couleur et son sens du détail qui fait mouche. Agréable à l’œil et foisonnant comme j'aime ! En somme, je ne peux que remercier Mac Arthur de son encouragement à lire la BD, qui est effectivement une réussite à mon sens. J'espère une suite, puisque la fin du mythe n'est pas encore présente ici. Et surtout, quel plaisir de lire cette BD à voix haute !

16/02/2024 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Les Merveilles
Les Merveilles

Quel joli petit conte ! Alors bien sûr, vu le sujet, il faut s'affranchir de toute ironie, et rentrer dans l'histoire sans arrière-pensée. Et dès lors, c'est une sorte de rouleau compresseur, implacable, qui nous fait suivre dette histoire, espérer pour que les méchants ne gagnent pas, que les personnes de bonne volonté, qu'elles soient lutins ou humains, puissent permettre à la nature de reprendre progressivement sa place, de proposer de vivre ensemble. L'autrice complète propose un style de dessin plutôt naïf, que l'ion verrait volontiers dans de nombreux albums pour enfants, mais elle parvient à faire passer beaucoup d'émotions et de messages dans ce trait si simple. Il y a en outre un code couleur qui permet de bien différencier les bons des méchants, avec un contour doré pour les merveilles du titre. Simple, mais très efficace. Je valide et recommande.

15/02/2024 (modifier)
Couverture de la série Solo (Martin)
Solo (Martin)

J’aime bien Solo, une série que je suis depuis son origine via le petit frère (grâce lui en soit rendue ;); et cerise sur le gâteau, je trouve qu’elle se bonifie avec le temps. Graphiquement tout d’abord, si la visibilité et le trait ont toujours été constant depuis l’origine (Oscar Martin vient de l’école Disney), un gap est franchi à chaque album. Le style de l’auteur s’affine et la technique de colorisation va arriver doucement à maturité. Il en est de même pour l’univers post apocalypse mis en place, l’auteur le maîtrise de mieux en mieux. Il proposera d’ailleurs en cours de route des histoires annexes sous forme de spin off (Chemins tracés, Alphas et dernièrement Lyra ). Ça prend gentiment de la consistance que le premier cycle ne laissait pas spécialement deviner. Le 1er cycle justement (3 albums) met en scène notre héros Solo, un rat, dans sa quête de survie sur ce monde dévasté. L’aventure et l’action sont bien sûr au rendez vous mais pas que, de nombreux passages introspectifs sont également présents, j’avoue que ces derniers m’ont un poil saoulé à la longue, c’est un peu trop redondant et présent à mon goût (Agecanonix en parle très bien dans son avis). Reste que ça se lit très bien et n’empêche pas la réussite de l’ensemble, en plus j’aime bien le fin. Alors que je pensais la série terminée, une suite fait son apparition, l’auteur renouvelle les protagonistes tout en gardant l’héritage de notre héros. Honnêtement lors de sa sortie, ce tome 4 ne m’a pas des plus emballé, une impression de redite. Puis vient le tome 5 qui se démarque enfin niveau histoire et surtout enjeux, et là d’un coup mon intérêt est revenu, bien curieux de voir où ça va nous mener. Et enfin ce tome 6 (le dernier paru à ce jour) qui entérine une bonne fois pour toute, l’attachement que j’ai pour l’œuvre. C’est bien simple, j’ai adoré ce tome, tout y est magnifique, dense, brutal … une sorte d’apothéose de tous les aperçus préalables, je me suis pris une petite claque. Bref Solo c’est vraiment cool, sous couvert d’une série action, l’auteur n’oublie pas de développer un peu de noirceur et surtout de profondeur.

15/02/2024 (modifier)