« Psycho-Investigateur » est une excellente série, mais qui souffre selon moi de la comparaison avec « Dans la tête de Sherlock Holmes » des mêmes auteurs.
Le récit est rempli de qualités. Les histoires sont intéressantes et remplies de surprises, et le « pouvoir » de Simon Radius est ingénieux, remarquablement mis en scène, et sert parfaitement les enquêtes. Je préfère cependant les thèmes plus réalistes de « Dans la tête de Sherlock Holmes » aux délires psychologiques (psychédéliques ?) de ce « Psycho-Investigateur ».
Ensuite, les déboires éditoriaux de la série font que le style narratif évolue beaucoup au fil des tomes. C’est notamment flagrant dans le tome 4, qui se démarque beaucoup des autres, et ressemble justement beaucoup aux albums de « Dans la tête de Sherlock Holmes », avec les astuces narratives rigolotes (transparence et pliages des pages). Cette « cassure » jure un peu, je trouve. De plus ce dernier tome est super dense, son histoire est assez alambiquée, et j’ai eu du mal à suivre. Par contre il faut avouer que graphiquement, ça en jette. Le dessin, la mise en page, le découpage incroyable. Magnifique.
J’ai passé un excellent moment de lecture, mais je note quand même une évolution du style narratif un peu appuyée, et un dernier tome certes superbe mais à l’intrigue un peu nébuleuse. A mon humble avis les auteurs ont ensuite perfectionné leur art dans leur superbe « Dans la tête de Sherlock Holmes ».
Décidément, contrairement à son héros, Flinders, Bollée semble ne jamais avoir totalement fait le tour de l’Australie ! C’est en effet le troisième album qu’il consacre à l’exploration de cette île continent (après les très beaux Terra Australis et Terra Doloris). Et c’est encore un très bel album.
Si le dessin de Guglielmo est très clair et lisible, fluide, j’avais préféré celui de Nicloux, ce qui fait que j’ai sans doute été moins subjugué par « Les horizons amers ».
Mais ça n’en reste pas moins une nouvelle fois un bel ouvrage. Qui nous fait découvrir un homme au destin remarquable et finalement peu connu. On lui doit pourtant le nom de l’Australie, la première carte complète de ses côtes. Et, après cette première circumnavigation autour de l’Australie, son long, très long retour l’apparente à un Ulysse moderne !
La narration de Bollée est agréable, et il rend bien justice à ce navigateur et cartographe. Je regrettais juste une fin un peu trop facile faisant mourir Flinders le jour même de la parution de son livre mettant en avant ses découvertes. Mais une recherche sur le net montre que Bollée n’a rien enjolivé.
Un chouette album en tout cas.
Une très étrange BD.
Je découvre l'auteur, EMG, avec cet album. Après un diplôme en architecture, il se tourne vers la bande dessinée et particulièrement la création numérique.
D'abord, étrange par son graphisme, c'est lui qui m'a poussé à me procurer cet album.
Une image par planche, un dessin aux formes géométriques où le cubisme est roi. Même les phylactères sont dans ce style.
Une grande inventivité pour les personnages et les décors avec des petites surprises.
Les couleurs, sans nuances, sont lumineuses et légèrement criardes.
Le rendu aseptisé m'a totalement conquis.
Ensuite, étrange dans sa narration/construction.
J'ai commencé ma lecture par la page une qui suit le parcours d'Hicham jusqu'à la page 46, puis j'ai continué ma lecture avec l'apparition de Wassila sans remarquer que la numérotation des pages était alors décroissante (de 46 à1). Ensuite j'ai relu cette deuxième partie dans le sens de la numérotation des pages pour se terminer à la page 46 en milieu d'album (le titre prend du sens). En conclusion, l'album propose plusieurs possibilités aux lecteurs suivant ses envies (lecture complète ou partielle de l'album en suivant ou non la pagination). Pour des conclusions évidemment différentes.
L'amour et l'immigration sont les thèmes principaux dans ce monde imaginaire très robotisé où une frontière sous haute surveillance sépare deux pays, elle pourra rappeler par certains aspects celle des deux Corée actuelles.
Peu de texte, un zeste d'humour pour un album déroutant.
Si vous aimez sortir de votre zone de confort, foncez sur ce titre.
J'ai pris du plaisir à lire ce diptyque très tonique et glacé. Le scénario est pourtant assez classique d'une course poursuite avec les rebondissements attendus du genre.
La narration est purement fictionnelle même si les auteurs cadrent leur récit avec un enrobage historique de fin de règne du roi Louis XIV. Le récit s'inscrit dans les malheurs de la guerre de succession espagnole mais les apports historiques principaux sont les rappels des tensions religieuses.
Nathalie Sergeef et Philippe Xavier ne cherchent pas à départager les uns ou les autres dans ce climat de haine réciproque qui causa tant de souffrances. En fait le principal personnage de l'histoire est le terrible hiver 1709 qui provoqua une affreuse famine. C'est un sujet pas souvent rencontré dans mes lectures.
Cela donne une ambiance de Berezina très bien rendue par le superbe graphisme de Xavier. Personnellement j'ai trouvé le dessin sans aucune faute. Les personnages sont très expressifs, les paysages ou les villages sont formidablement détaillés avec beaucoup de variété entre la forêt, les hameaux jusqu'au bord de mer. Le tout est emprisonné dans une chape de glace avec une ambiance digne de Jack London.
Il faut souligner la formidable mise en couleur de blancs bleutés de J.J Chagnaud qui participe pleinement au plaisir de lecture.
J'ai bien quelques réticences sur la crédibilité historique de Camisards ravageant le pays nantais ou le surplus de personnages en fin de tome 1 ce qui produit une légère confusion à mon goût.
Une lecture très plaisante dans une atmosphère assez originale avec un formidable graphisme.
Ce n’est pas moi qui vais changer la belle moyenne de cet album.
Je me range à l’avis général de mes camarades, un très beau conte pour petits et grands.
J’avoue que j’aurais pu le lire bien avant, je le pensais trop axé jeunesse et ne l’ai emprunté que sur l’insistance de mon bibliothécaire (un bon conseil de plus à son actif).
C’est vraiment chouette et bien amené, je me suis régalé durant toute ma lecture, en plus la fin est très belle.
La patte graphique d’Amélie Fléchais est en osmose avec le récit, tout en poésie. Un style différent de ce qu’elle usera dans Bergères guerrières mais on retrouve toujours cette fraîcheur et des couleurs bien senties.
Du super boulot.
Alors que je l’avais souvent boudé, je me suis lancé depuis quelques mois dans l’exploration de l’univers DC en dévalisant petit à petit les rayons de mes médiathèques.
Bon forcément dans la pléthore de titres, c’est assez versatile dans la qualité mais je me suis trouvé un attachement particulier dès que ça touche certaines héroïnes, ces dernières pètent la classe (surtout si je compare à la concurrence ;).
Une longue intro (dsl) mais c’est pour situer mon intérêt envers cette série. Cette dernière peut avoir un côté too much à regrouper notre trio féminin de bad ass dans des aventures communes. On est d’accord que c’est pas les plus moches et ici, les différentes parties graphiques rencontrées leur rendent généralement bien honneur.
Niveau scénario, c’est léger mais plaisant, les différentes histoires courtes m’ont pour la plupart toutes plu. Il y a un coté primesautier et girl power pas désagréable, du bon divertissement bien fait.
3,5
Voilà un manga qui ne fait pas dans la dentelle !
Le jeune Shun Uruma est un élève de 6e persécuté par un groupe de "camarades" depuis le primaire ; il encaisse malgré lui en se réfugiant dans sa vie de famille qui ne sait rien de ce qu'il vit au quotidien jusqu'au drame tragique qui va conduire ses tortionnaires à tuer les membres de sa famille. C'est auprès de son grand-père, ancien militaire dans un bataillon spécial qu'il va apprendre à se défendre et préparer méthodiquement sa vengeance...
C'est plutôt bien mené, les personnages sont assez machiavélique, et les scènes de violences sont plutôt extrêmes. Un manga à ne pas mettre dans les mains des plus jeunes.
Pour ma part, j'ai bien apprécié la montée en tension du scénario et les différents personnages de cette histoire. Pris a parti comme témoin de cette vengeance calculée, on se laisse happer par une narration maîtrisée et un dessin efficace aux lignes simples, parfois rugueuses, mais qui colle parfaitement au récit.
Je suis curieux de lire la suite !
Une série que j’ai lu dans la foulée de Catwoman - Le dernier braquage, et ça tombe bien, ça en est la suite logique. Le 1er tome est d’ailleurs inclu dans la dernière réimpression augmentée du grand braquage.
On retrouve donc Selena Kyle après ce fameux casse, l’atmosphère se démarquera en étant plus conforme au genre super-héros mais on gardera cette continuité graphique un peu cartoon qui me plaît tant.
Les aventures de notre héroïne m’ont paru fort plaisantes à suivre, intrigues et personnalités sont bien amenées. Je ne me suis jamais ennuyé, en plus de parfaire gentiment mes connaissances de l’univers (Black Mask que je n’avais jamais rencontré, à part dans un film ; ce quartier de Gotham …).
Le seul petit couac décelé c’est que, à mes yeux, ça ne se termine pas vraiment, il n’y a pas de fin à la série. La dernière histoire avec les Hawk(s) appelle une suite, ça ne va pas au bout de ce petit côté fantastique autour de Bastet et Selina. Un peu dommage, bon c’est certainement sorti en revue mais ça fait un peu tache en série, j’étais bien sur ma lancée.
Voilà rien de sensationnel mais j’ai vraiment bien aimé ma lecture, je rejoins Ubrald dans son analyse, je vais même bonifier le 3,5 au supérieur.
Cette année à Angoulême je m’étais promis de faire preuve de retenu, de n’acheter que des BDs dont j’avais entendu parler. Je n’ai enfreint cette règle qu’une fois, et craqué pour cet album aux éditions Des bulles dans l'océan, grâce à sa couverture magnifique… et je ressors satisfait de ma lecture.
L’histoire est certes classique, et nous raconte un combat entre le Bien et le Mal, mettant en scène un Petit Peuple que seuls certains humains peuvent voir. L’intrigue est enjouée et bien racontée, les personnages sont attachants, à commencer par son protagoniste qui se retrouve emporté dans cette galère bien malgré lui.
Le dessin et les couleurs aquarelles de Adriano Fruch sont absolument magnifiques, ma lecture fut une véritable promenade champêtre, et un délice pour les yeux.
En tant qu’adulte, je trouvé ça vraiment pas mal, mais j’ai poussé la note à « franchement bien » pour un public ado, et je lirai très certainement le second tome, qui devrait conclure l’histoire.
J'ai beaucoup apprécié cette série où l'aspect historique l'emporte sur le romanesque du Far West. Dobbs et Regnault ont eu le bon goût de rester au plus proche des travaux de l'historien Farid Ameur dont le nom apparait légitimement sur la couverture (mais pas sur la fiche du site).
Cela donne un récit chronologique très construit qui positionne très bien cette hyper violence dans le chaos et les frustrations de la Civil War US. Le scénario travaille sur deux plans : la réalité de la violence des gangs dont faisaient partie les frères James et la perception romanesque véhiculée par des médias avides de sensationnel. Ces récits fantaisistes arrivaient à point nommé pour une population déprimée par les effets de la défaite et avide d'une fierté retrouvée. C'est une véritable page d'histoire du Far West mais aussi de la construction d'un mythe moderne que les auteurs réussissent brillamment à proposer.
Malgré l'accumulation de dates et de faits la narration n'est jamais ennuyeuse.
Le graphisme réussit très bien à transmettre cette ambiance de folie meurtrière de ces années sombres. Les personnages sont très expressifs et Chris Regnault réussit très bien à les rendre reconnaissables (sur les photos, ils se ressemblent tous).
La construction des planches et le découpage sont très modernes et entretiennent le dynamisme de la narration.
Un excellent dossier final de Farid Ameur pour remettre l'histoire du gang James dans la lumière crue de la réalité.
Une très bonne lecture très instructive.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Psycho-Investigateur (Simon Radius)
« Psycho-Investigateur » est une excellente série, mais qui souffre selon moi de la comparaison avec « Dans la tête de Sherlock Holmes » des mêmes auteurs. Le récit est rempli de qualités. Les histoires sont intéressantes et remplies de surprises, et le « pouvoir » de Simon Radius est ingénieux, remarquablement mis en scène, et sert parfaitement les enquêtes. Je préfère cependant les thèmes plus réalistes de « Dans la tête de Sherlock Holmes » aux délires psychologiques (psychédéliques ?) de ce « Psycho-Investigateur ». Ensuite, les déboires éditoriaux de la série font que le style narratif évolue beaucoup au fil des tomes. C’est notamment flagrant dans le tome 4, qui se démarque beaucoup des autres, et ressemble justement beaucoup aux albums de « Dans la tête de Sherlock Holmes », avec les astuces narratives rigolotes (transparence et pliages des pages). Cette « cassure » jure un peu, je trouve. De plus ce dernier tome est super dense, son histoire est assez alambiquée, et j’ai eu du mal à suivre. Par contre il faut avouer que graphiquement, ça en jette. Le dessin, la mise en page, le découpage incroyable. Magnifique. J’ai passé un excellent moment de lecture, mais je note quand même une évolution du style narratif un peu appuyée, et un dernier tome certes superbe mais à l’intrigue un peu nébuleuse. A mon humble avis les auteurs ont ensuite perfectionné leur art dans leur superbe « Dans la tête de Sherlock Holmes ».
Les Horizons amers
Décidément, contrairement à son héros, Flinders, Bollée semble ne jamais avoir totalement fait le tour de l’Australie ! C’est en effet le troisième album qu’il consacre à l’exploration de cette île continent (après les très beaux Terra Australis et Terra Doloris). Et c’est encore un très bel album. Si le dessin de Guglielmo est très clair et lisible, fluide, j’avais préféré celui de Nicloux, ce qui fait que j’ai sans doute été moins subjugué par « Les horizons amers ». Mais ça n’en reste pas moins une nouvelle fois un bel ouvrage. Qui nous fait découvrir un homme au destin remarquable et finalement peu connu. On lui doit pourtant le nom de l’Australie, la première carte complète de ses côtes. Et, après cette première circumnavigation autour de l’Australie, son long, très long retour l’apparente à un Ulysse moderne ! La narration de Bollée est agréable, et il rend bien justice à ce navigateur et cartographe. Je regrettais juste une fin un peu trop facile faisant mourir Flinders le jour même de la parution de son livre mettant en avant ses découvertes. Mais une recherche sur le net montre que Bollée n’a rien enjolivé. Un chouette album en tout cas.
Tremblez enfance Z46
Une très étrange BD. Je découvre l'auteur, EMG, avec cet album. Après un diplôme en architecture, il se tourne vers la bande dessinée et particulièrement la création numérique. D'abord, étrange par son graphisme, c'est lui qui m'a poussé à me procurer cet album. Une image par planche, un dessin aux formes géométriques où le cubisme est roi. Même les phylactères sont dans ce style. Une grande inventivité pour les personnages et les décors avec des petites surprises. Les couleurs, sans nuances, sont lumineuses et légèrement criardes. Le rendu aseptisé m'a totalement conquis. Ensuite, étrange dans sa narration/construction. J'ai commencé ma lecture par la page une qui suit le parcours d'Hicham jusqu'à la page 46, puis j'ai continué ma lecture avec l'apparition de Wassila sans remarquer que la numérotation des pages était alors décroissante (de 46 à1). Ensuite j'ai relu cette deuxième partie dans le sens de la numérotation des pages pour se terminer à la page 46 en milieu d'album (le titre prend du sens). En conclusion, l'album propose plusieurs possibilités aux lecteurs suivant ses envies (lecture complète ou partielle de l'album en suivant ou non la pagination). Pour des conclusions évidemment différentes. L'amour et l'immigration sont les thèmes principaux dans ce monde imaginaire très robotisé où une frontière sous haute surveillance sépare deux pays, elle pourra rappeler par certains aspects celle des deux Corée actuelles. Peu de texte, un zeste d'humour pour un album déroutant. Si vous aimez sortir de votre zone de confort, foncez sur ce titre.
Hyver 1709
J'ai pris du plaisir à lire ce diptyque très tonique et glacé. Le scénario est pourtant assez classique d'une course poursuite avec les rebondissements attendus du genre. La narration est purement fictionnelle même si les auteurs cadrent leur récit avec un enrobage historique de fin de règne du roi Louis XIV. Le récit s'inscrit dans les malheurs de la guerre de succession espagnole mais les apports historiques principaux sont les rappels des tensions religieuses. Nathalie Sergeef et Philippe Xavier ne cherchent pas à départager les uns ou les autres dans ce climat de haine réciproque qui causa tant de souffrances. En fait le principal personnage de l'histoire est le terrible hiver 1709 qui provoqua une affreuse famine. C'est un sujet pas souvent rencontré dans mes lectures. Cela donne une ambiance de Berezina très bien rendue par le superbe graphisme de Xavier. Personnellement j'ai trouvé le dessin sans aucune faute. Les personnages sont très expressifs, les paysages ou les villages sont formidablement détaillés avec beaucoup de variété entre la forêt, les hameaux jusqu'au bord de mer. Le tout est emprisonné dans une chape de glace avec une ambiance digne de Jack London. Il faut souligner la formidable mise en couleur de blancs bleutés de J.J Chagnaud qui participe pleinement au plaisir de lecture. J'ai bien quelques réticences sur la crédibilité historique de Camisards ravageant le pays nantais ou le surplus de personnages en fin de tome 1 ce qui produit une légère confusion à mon goût. Une lecture très plaisante dans une atmosphère assez originale avec un formidable graphisme.
L'Homme Montagne
Ce n’est pas moi qui vais changer la belle moyenne de cet album. Je me range à l’avis général de mes camarades, un très beau conte pour petits et grands. J’avoue que j’aurais pu le lire bien avant, je le pensais trop axé jeunesse et ne l’ai emprunté que sur l’insistance de mon bibliothécaire (un bon conseil de plus à son actif). C’est vraiment chouette et bien amené, je me suis régalé durant toute ma lecture, en plus la fin est très belle. La patte graphique d’Amélie Fléchais est en osmose avec le récit, tout en poésie. Un style différent de ce qu’elle usera dans Bergères guerrières mais on retrouve toujours cette fraîcheur et des couleurs bien senties. Du super boulot.
Harley Quinn & les Sirènes de Gotham
Alors que je l’avais souvent boudé, je me suis lancé depuis quelques mois dans l’exploration de l’univers DC en dévalisant petit à petit les rayons de mes médiathèques. Bon forcément dans la pléthore de titres, c’est assez versatile dans la qualité mais je me suis trouvé un attachement particulier dès que ça touche certaines héroïnes, ces dernières pètent la classe (surtout si je compare à la concurrence ;). Une longue intro (dsl) mais c’est pour situer mon intérêt envers cette série. Cette dernière peut avoir un côté too much à regrouper notre trio féminin de bad ass dans des aventures communes. On est d’accord que c’est pas les plus moches et ici, les différentes parties graphiques rencontrées leur rendent généralement bien honneur. Niveau scénario, c’est léger mais plaisant, les différentes histoires courtes m’ont pour la plupart toutes plu. Il y a un coté primesautier et girl power pas désagréable, du bon divertissement bien fait. 3,5
Cross of the cross
Voilà un manga qui ne fait pas dans la dentelle ! Le jeune Shun Uruma est un élève de 6e persécuté par un groupe de "camarades" depuis le primaire ; il encaisse malgré lui en se réfugiant dans sa vie de famille qui ne sait rien de ce qu'il vit au quotidien jusqu'au drame tragique qui va conduire ses tortionnaires à tuer les membres de sa famille. C'est auprès de son grand-père, ancien militaire dans un bataillon spécial qu'il va apprendre à se défendre et préparer méthodiquement sa vengeance... C'est plutôt bien mené, les personnages sont assez machiavélique, et les scènes de violences sont plutôt extrêmes. Un manga à ne pas mettre dans les mains des plus jeunes. Pour ma part, j'ai bien apprécié la montée en tension du scénario et les différents personnages de cette histoire. Pris a parti comme témoin de cette vengeance calculée, on se laisse happer par une narration maîtrisée et un dessin efficace aux lignes simples, parfois rugueuses, mais qui colle parfaitement au récit. Je suis curieux de lire la suite !
Ed Brubaker présente Catwoman
Une série que j’ai lu dans la foulée de Catwoman - Le dernier braquage, et ça tombe bien, ça en est la suite logique. Le 1er tome est d’ailleurs inclu dans la dernière réimpression augmentée du grand braquage. On retrouve donc Selena Kyle après ce fameux casse, l’atmosphère se démarquera en étant plus conforme au genre super-héros mais on gardera cette continuité graphique un peu cartoon qui me plaît tant. Les aventures de notre héroïne m’ont paru fort plaisantes à suivre, intrigues et personnalités sont bien amenées. Je ne me suis jamais ennuyé, en plus de parfaire gentiment mes connaissances de l’univers (Black Mask que je n’avais jamais rencontré, à part dans un film ; ce quartier de Gotham …). Le seul petit couac décelé c’est que, à mes yeux, ça ne se termine pas vraiment, il n’y a pas de fin à la série. La dernière histoire avec les Hawk(s) appelle une suite, ça ne va pas au bout de ce petit côté fantastique autour de Bastet et Selina. Un peu dommage, bon c’est certainement sorti en revue mais ça fait un peu tache en série, j’étais bien sur ma lancée. Voilà rien de sensationnel mais j’ai vraiment bien aimé ma lecture, je rejoins Ubrald dans son analyse, je vais même bonifier le 3,5 au supérieur.
Je suis un bienerrant
Cette année à Angoulême je m’étais promis de faire preuve de retenu, de n’acheter que des BDs dont j’avais entendu parler. Je n’ai enfreint cette règle qu’une fois, et craqué pour cet album aux éditions Des bulles dans l'océan, grâce à sa couverture magnifique… et je ressors satisfait de ma lecture. L’histoire est certes classique, et nous raconte un combat entre le Bien et le Mal, mettant en scène un Petit Peuple que seuls certains humains peuvent voir. L’intrigue est enjouée et bien racontée, les personnages sont attachants, à commencer par son protagoniste qui se retrouve emporté dans cette galère bien malgré lui. Le dessin et les couleurs aquarelles de Adriano Fruch sont absolument magnifiques, ma lecture fut une véritable promenade champêtre, et un délice pour les yeux. En tant qu’adulte, je trouvé ça vraiment pas mal, mais j’ai poussé la note à « franchement bien » pour un public ado, et je lirai très certainement le second tome, qui devrait conclure l’histoire.
Jesse James
J'ai beaucoup apprécié cette série où l'aspect historique l'emporte sur le romanesque du Far West. Dobbs et Regnault ont eu le bon goût de rester au plus proche des travaux de l'historien Farid Ameur dont le nom apparait légitimement sur la couverture (mais pas sur la fiche du site). Cela donne un récit chronologique très construit qui positionne très bien cette hyper violence dans le chaos et les frustrations de la Civil War US. Le scénario travaille sur deux plans : la réalité de la violence des gangs dont faisaient partie les frères James et la perception romanesque véhiculée par des médias avides de sensationnel. Ces récits fantaisistes arrivaient à point nommé pour une population déprimée par les effets de la défaite et avide d'une fierté retrouvée. C'est une véritable page d'histoire du Far West mais aussi de la construction d'un mythe moderne que les auteurs réussissent brillamment à proposer. Malgré l'accumulation de dates et de faits la narration n'est jamais ennuyeuse. Le graphisme réussit très bien à transmettre cette ambiance de folie meurtrière de ces années sombres. Les personnages sont très expressifs et Chris Regnault réussit très bien à les rendre reconnaissables (sur les photos, ils se ressemblent tous). La construction des planches et le découpage sont très modernes et entretiennent le dynamisme de la narration. Un excellent dossier final de Farid Ameur pour remettre l'histoire du gang James dans la lumière crue de la réalité. Une très bonne lecture très instructive.