Les derniers avis (32275 avis)

Couverture de la série Musée
Musée

Après Yellow Cab qui m’avait moyennement enthousiasmé, Musée est mon 2ème Chabouté. Et bien je dois dire que c’est une très bonne pioche. Pourtant qu’est-ce que j’ai pesté durant les premières dizaines de pages, elles sont muettes et ils ne s’y passent pas grands choses. On a des zooms sur les chalands, les œuvres, le musée … c’est bien foutu graphiquement et narrativement mais je m’interrogeais vraiment de l’intérêt, je me suis tout de suite dis que ça n’allait pas être pour moi, un truc trop abscons et à la gloire du musée. Je trouvais déjà le sujet/la commande très casse gueule. Merci M. Chabouté de m’avoir prouvé, par la suite, que j’avais tort. Dès que les dialogues ont commencé à apparaître, j’ai commencé à accrocher. Alors attention il n’y a pas proprement d’histoire dans ce tome, c’est plus comme un ensemble de saynètes qui tourne autour d’œuvres phares du musée. En ça, le cahier des charges est rempli mais l’auteur le magnifie je trouve. Il y insuffle une belle magie (et c’est autre chose que le film La nuit au musée), en fait le début n’était là que pour placer l’ambiance, j’ai refermé l’album conquis. A travers ses différents instantanés, l’auteur développe tout un panel d’émotions, tantôt drôles (la quête d’Hercule, la prise de bec récurrente entre une statue et un tableau …), tantôt vraiment touchantes (le promeneur avec son chien, la petite fille et son papy …), une belle poésie s’en dégage. J’ai finalement été emporté dans ce petit monde grâce au ton juste et intelligent. Je tire mon chapeau à l’auteur, je ne vois pas comment il aurait pu mieux réussir l’exercice. Je n’ai encore jamais fait ce musée, contrairement à d’autres de la capitale, mais le jour J j’aurai cet album en tête.

17/04/2024 (modifier)
Couverture de la série La Saga de Grimr
La Saga de Grimr

C'est avec un œil vierge que j'ai lu cette œuvre de Jérémie Moreau. En effet je ne connaissais pas son prix angoumois et je n'avais ni lu ni entendu aucune appréciation de cette série. Ma première surprise fut que Moreau situe sa série en Islande. Le terme de Saga aurait du me mettre la puce à l'oreille mais le terme a été tellement galvaudé que j'apprécie la volonté de l'auteur de le replacer dans son origine. Jérémie Moreau restitue avec justesse l'ambiance de ce petit pays au climat rude quasi désertique sur une grande partie de sa superficie où la terre cultivable est rare et précieuse. Dans un tel contexte, amplifié par les taxes dues au colonisateur chacun pense à sa survie. Ainsi l'individu (homme ou femme) isolé n'est rien ou alors un perturbateur individualiste de la structure fondée sur la renommée de la famille. Moreau propose une fine compréhension de cet état assez éloigné de notre droit individuel contemporain. J'ai apprécié que Moreau ne se perde pas dans une interprétation trop moderne de son personnage en en faisant un révolutionnaire à la mode de notre siècle. Grimr n'utilise pas principalement sa force contre l'ordre social établi mais surtout contre l'ordre naturel établi. Sa prouesse n'est pas de se révolter contre le royaume du Danemark ou son représentant mais de se révolter contre la fatalité tellurique de son pays et donc de sa propre fatalité finale. Grimr n'est pas vraiment orphelin car il est fils de l'Islande, il a ce pays dans ses entrailles dit-il. Il crée ainsi bien une filiation qui mérite une Saga. L'Islande est terre de feu et de glace. C'est ce que cherche à faire sentir le graphisme de l'auteur à travers des aquarelles aux tons si divers. Il y a bien sur les rouges d'une éruption volcanique qui invite à la folie des hommes et de la terre. Cette palette rentre directement en conflit avec les tons gris de la froidure du pays. L'ambiance est sombre même pour les temps de fêtes. Dans ce climat l'auteur installe immédiatement les drames à venir. Le graphisme et le récit vont de pair dans un constant esprit d'équilibre. Une belle lecture exigeante et originale qui mérite de s'y arrêter.

17/04/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Phare
Le Phare

La série de Paco Roca est agréable à lire. Si Roca habille son jeune héros avec l'uniforme de l'armée républicaine espagnole vaincue, il n'oublie pas les zones d'ombre que Franscisco garde dans ses souvenirs. Le final rééquilibre une vision assez pertinente d'une guerre fratricide "absurde"(p16). Roca n'insiste pas sur ce point pour donner des bons ou des mauvais points qui ont été donnés par d'autres depuis longtemps. C'est le personnage de Telmo qui porte le récit sur des thématiques assez convenues (la liberté, le rêve, la transmission père/fils) mais joliment exploitées avec beaucoup de tendresse. Le graphisme est simple mais bien travaillé dans les expressions des deux personnages. C'est surtout à travers le graphisme que Roca fait percevoir l'évolution de Francisco qui passe d'une rigidité de pantin à une souplesse d'homme libre. Paco Roca apporte beaucoup de soins à la représentation des décors extérieurs et surtout aux mouvements d'humeur de la Méditerranée. Cela crée une très belle ambiance bien particulière entre un quasi huis clos dans un horizon infini. Une belle lecture pleine de belles valeurs. 3.5

17/04/2024 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Snow angels
Snow angels

Deux grands noms du comics s’associent pour produire une nouvelle mini-série de science-fiction : Jeff Lemire (un de mes auteurs préférés) et Jock (dont j’avais beaucoup apprécié le dessin dans Wytches). Et le résultat est à la hauteur de mes espérances ! Le début de l’histoire ne brille certes pas par son originalité, et lorgne vers la science-fiction postapocalyptique : un monde inhabitable, quelques survivants, des règles à suivre pour survivre, des croyances religieuses suggérant l’existence d’êtres supérieurs. Le tout est enrobé dans un mystère ambiant qui m’a vraiment scotché. Et puis Lemire sait s’y prendre pour rendre ses personnages attachants, et j’ai vraiment souffert avec Milli et Mae. La deuxième partie du récit (le tome 2 VO) conclut brillamment l’histoire, et apporte toutes les réponses aux questions posées dans la première partie. Ces réponses sont logiques et satisfaisantes, même si les férus de science-fiction auront peut-être une impression de déjà-vu. Le rythme est dense et haletant, même si je note quelques longueurs (le passage avec les gardiens par exemple, qui ne sert pas à grand-chose). Le dessin de Jock est superbe. Les tonalités blanches limitent forcément les exploits graphiques, mais le découpage est explosif, et les scènes d’action sont d’un dynamisme époustouflant. Je note quelques soucis de lisibilité sur certains plans plus rapprochés, mais rien qui n’ait gâché ma lecture. « Snow Angels » est un chouette one-shot de science-fiction, que je recommande aux amateurs du genre.

17/04/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série L'Antre de l'Horreur
L'Antre de l'Horreur

Du bon Corben (E.A. Poe), et du moins bon (H.P. Lovecraft) - Ce tome regroupe les histoires parues dans des anthologies VO, l'une consacrée à H. P. Lovecraft, l'autre à Edgar Allan Poe. Autant être honnête tout de suite : l'esthétique de Richard Corben m'a marqué à tout jamais. Il faut revenir au tout début des années 1970 pour prendre en pleine figure des histoires de science-fiction matinées de barbares et d'épées avec des héros bodybuildés se baladant avec tout le bazar au vent et croisant des femmes généreusement dotées par la nature et adeptes du naturisme. Ces histoires en noir et blanc ou en couleurs d'une extraordinaire vivacité s'impriment dans votre rétine pour définir l'expression "plus grand que nature". Il suffit de lire les rééditions pour s'en rendre compte : Eerie et Creepy présentent Richard Corben, tome 1, ou les introuvables histoires de Den ou de Bloodstar, Jeremy Brood (avec Jan Strnad), sans oublier la pochette de Bat Out Of Hell de Meat Loaf. Récemment le monde des comics a reconnu l'empreinte indélébile de ce géant graphique avec des louanges de Will Eisner, Frank Miller, Robert Crumb, Moebius, Alan Moore, H.R. Giger, etc. Et Corben a repris les pinceaux pour Dark Horse Comics (Hellboy), pour Vertigo (Hellblazer) et pour Marvel (Banner, Cage, Starr the Slayer). le présent recueil consiste en des adaptations en comics de 10 histoires ou poèmes d'Edgar Allan Poe, avec des textes de Richard Margopoulos et des dessins ombrés de Richard Corben (80 pages de comics chaque histoire étant suivi par les textes originaux de Poe),et de fragments de poésie pas forcément très connus, ainsi que des nouvelles plus souvent rééditées d'Howard Philips Lovecraft (68 pages de bandes dessinées, suivi des textes de Lovecraft). Évidemment, Corben ne peut pas se permettre une aussi grande liberté sexuelle que lorsqu'il était un artiste créant des comics publiés par des revues underground. Mais heureusement, le maître n'a rien perdu de force graphique pour les adaptations de Poe et les histoires retenues sont noires et gothiques à souhait que ce soit le poème Eulalie ou la courte nouvelle Bérénice. Toutes les adaptations de Poe ne sont pas indispensables. On aurait pu se passer d'une énième redite du poème le corbeau. Certaines histoires sont mises en images littéralement, tandis que d'autres sont illustrées par un récit qui interprète le poème. Margopoulos et Corben respectent le ton morbide des histoires de Poe et y ajoutent une bonne dose d'humour très noir. Les personnages de Corben sont toujours aussi bien en chair et leurs visages semblent parfois sortir des années 70. Lorsque que les illustrations s'aventurent dans des décors contemporains, Corben fait mouche avec ses gangstas et ses banlieues décrépites. Et la patte du maître est toujours efficace pour faire naître l'horreur des cadavres et de la chair en décomposition. C'est un vrai plaisir que de retrouver Richard Corben en pleine forme, même si être édité par Marvel Comics le limite dans ses provocations graphiques. Par contre, les adaptations de Lovecraft sont vraiment un niveau en dessous : elles n'apportent pas grand-chose, voire elles nuisent à l'impact de l'histoire. Si vous avez déjà lu des histoires de Lovecraft, vous savez que l'intrigue est souvent très mince, et que ce qui fait tout leur charme, c'est à la fois la mythologie des Grands Anciens et l'effroi ressenti par les personnages qui leur donnent toute leur saveur. Or bizarrement, les concepts visuels développés par Corben pour mettre en images ces récits sont très naïfs et beaucoup trop sages. Ainsi dans Dagon, la créature indicible est montrée de manière très plate et elle a l'apparence d'une pieuvre géante de type monstre en caoutchouc pour film fauché des années 1950. Un comble pour ce maître des monstres qu'est Corben et un choix qui fait ressortir tout le ridicule de l'histoire, plutôt que son coté horrifique. de la même manière, les horreurs tapies derrière les volets de la chambre d'Erich Zann sont une simple nuée de spectres basiques, sans aucun pouvoir d'effroi. De la même manière, Richard Corben s'avère incapable de traduire en images les sensations d'effroi et d'épouvante des personnages. du coup, la nouvelle de référence qu'est Dagon est réduit à l'histoire d'un simple naufragé sur une île désertique bizarre avec une espèce de race extraterrestre mal définie qui vénère une pieuvre géante, et un mauvais acteur qui fait des grimaces risibles. Heureusement il y a quand même quelques histoires qui sortent du lot. Dans Un souvenir, un explorateur est confronté à la vision d'une sorcière qui a maudit l'un de ses ancêtres. Et l'aspect très terre à terre du récit permet à Corben de bien définir ses personnages et de réussir la vision de l'apparition de la sorcière. de la même manière le récit d'Arthur Jermyn réussit à capturer l'animalité de l'ancienne race de singes et la fierté aristocratique du personnage principal. J'aurai vraiment aimé pouvoir dire que les adaptations de Lovecraft étaient exceptionnelles. Mais à part 2 exceptions, les qualités de dessinateur de Corben nuisent plutôt aux ambiances spéciales des récits de Lovecraft. Et au final j'ai pris plus de plaisir à relire les textes originaux insérés à la suite de chaque histoire, qu'à me repaître des dessins du maître.

16/04/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Ragemoor
Ragemoor

Le mariage de E.A. Poe & H.P. Lovecraft - Il s'agit d'une histoire complète indépendante de toute autre, initialement publiée en 4 épisodes parus en 2012. le scénario est de Jan Strnad, et les illustrations en noir & blanc (et niveaux de gris) de Richard Corben. Ils avaient déjà collaboré sur d'autres histoires dans les années 1970 et 1980, comme par exemple Jeremy Brood et Les mille et une nuits. L'histoire se passe quelque part aux États-Unis, au dix-huitième ou dix neuvième siècle, dans une demeure en pierre imposante baptisée Ragemoor, bâtie sur un éperon rocheux, en bordure d'océan. Herbert, le maître de céans, accueille son oncle et sa fille Anoria. Au cours du repas, il les incite à partir séance tenante et de nuit, car la demeure est peu hospitalière. Il leur raconte les circonstances dans lesquelles elle a été érigée. Il insiste sur le fait que la nuit elle a tendance à se modifier d'elle-même en ajoutant une pièce supplémentaire, ou en allongeant un couloir. Les 2 hôtes ne sont guère impressionnés et ils décident de rester malgré l'avertissement. L'oncle demande des nouvelles de son frère Machlan, qui est aussi le père d'Herbert. Ce dernier explique qu'il a perdu la raison et qu'il erre dans les couloirs, qu'il disparaît des fois des jours durant. Anoria demande à Bodrick, le domestique ayant servi à table et les guidant vers leurs chambres, où se trouvent les autres serviteurs. Il répond qu'ils vaquent à leurs occupations et qu'ils n'auront pas l'occasion de les voir. Avec une entrée en la matière aussi convenue et classique, le lecteur n'attend pas grand-chose du récit. L'attrait principal réside dans l'identité de l'illustrateur : Richard Corben, dessinateur au style affirmé et très personnel, s'étant fait connaître en 1973 avec Den première époque et des histoires courtes pour Eerie et Creepy (rassemblées dans Eerie et Creepy présentent Richard Corben Volume 1 et volume 2). Dès la première page, tout le style de Corben saute aux yeux. Dans ce récit en noir & blanc, il utilise des aplats de noir pour donner du poids aux cases, et pour conserver l'inconnu qui se tapit dans ces zones inscrutables. Il utilise les niveaux de gris pour ajouter du volume aux surfaces, en particulier pour les visages, et la peau en général, avec une technique qui permet un dégradé très lissé, très progressive, parfaitement adapté à cet usage. Dès la première page, le lecteur peut également constater qu'il n'a pas perdu la main pour croquer des visages mémorables, aux expressions très parlantes. le visage fermé d'Herbert indique toute sa contrariété à devoir accueillir l'oncle et Anoria. Dans les pages suivantes le visage de l'oncle en dit long sur sa condition, son mode de vie et sa capacité à embellir la vérité. le visage parcheminé de Bodrick permet de ne jamais oublier son âge et sa condition sociale. Comme à son habitude, Corben mélange 2 registres représentatifs différents d'un personnage à l'autre et parfois dans la même case. Il en va ainsi par exemple pour Machlan (le père d'Herbert) et Anoria, la fille de l'oncle. le premier apparaît comme une silhouette vite esquissée avec laquelle Corben joue dans le registre de l'humour, alors que la seconde est détaillée et sublimée, comme elle apparaît aux yeux d'Herbert. En jouant sur ces 2 registres, l'artiste introduit une forme d'humour décalé et second degré qui indique au lecteur qu'il ne se prend pas au sérieux. Mais ce même humour en coin sert aussi de comparaison avec les éléments sérieux et premier degré pour mieux les faire ressortir. Tout l'art du dessinateur est de savoir doser ses effets afin de ne pas créer de dissonance visuelle, et Corben s'y entend à merveille. Il devient virtuose en mélangeant ces 2 techniques pour les monstres en forme de ver anthropomorphe, à la fois immondes et parodiques. du début à la fin, le lecteur peut se régaler d'illustrations mitonnées avec amour des pages savoureuses au premier et au deuxième degré. Il faut dire que le scénario joue sur ses forces graphiques. La scène d'ouverture laisse supposer que Jan Strnad va se contenter de piocher dans les atmosphères gothiques chères à Edgar Allan Poe (Histoires extraordinaires), en les mâtinant d'une couche d'horreur fantastique à la Howard Philips Lovecraft. Lui aussi maîtrise bien ses techniques et l'atmosphère est au rendez-vous, pour une situation très classique et peu originale. Mais les dessins transforment ces poncifs en des ambiances irrésistibles et ces séquences passent toutes seules, jusqu'à ce que… En fait Strnad pose les bases de son récit jusqu'à ce qu'il dispose de fondations assez solides pour l'emmener dans des territoires plus originaux, avec un récit bien ficelé, logique et qui tient la route. Il ne se contente pas d'évoquer le sentiment d'effroi de loin, il plonge les mains dans le cambouis pour concevoir toute la structure mythologique justifiant les particularités de Ragemoor (en seulement 4 épisodes). du coup le récit dépasse le simple exercice de style pour devenir une histoire consistante et très prenante. Jan Strnad et Richard Corben invoquent les mânes d'Edgar Allan Poe et Howard Philips Lovecraft pour un récit d'horreur à l'ancienne convainquant et non dénué d'un humour malicieux.

16/04/2024 (modifier)
Couverture de la série Bukowski - De liqueur et d’encre
Bukowski - De liqueur et d’encre

Alcoolique, violent, provocateur, machiste, Charles Bukowski a tout du poète maudit et détestable. La gageure pour les auteurs de cette biographie était de nous le rendre intéressant sans cacher ses excès. Et ils y parviennent parfaitement ! A un point tel qu'ils m'ont donné l'envie de lire l'une ou l'autre œuvre de Bukowski (et ça, pour moi, c'est la preuve que le but est atteint). Nous avons pourtant droit à une biographie on ne peut plus conventionnelle. Elle revient dans un ordre chronologique sur le parcours de l'artiste et sa seule originalité est d'être écrite à la première personne. Mais c'est justement en procédant de la sorte que les auteurs parviennent à humaniser ce personnage. Bukowski, battu par son père, addict à l'alcool au plus haut point, obsédé par le sexe et multipliant les conquêtes, enchainant les petits boulots dans l'unique but de récolter suffisamment d'argent pour se saouler un jour de plus. Mais aussi Bukowski galérant dans son ambition d'écrivain, travaillant d'arrache-pied, constamment insatisfait de ses écrits, Bukowski convaincu qu'il fallait souffrir pour bien écrire, et qu'il fallait avoir souffert pour avoir quelque chose à dire. Les réflexions amères succèdent aux punch-lines violentes, cette narration en voix off porte le récit, bien soutenue par un dessin soigné dans un style réaliste tout à fait adéquat. Les auteurs (italiens) livrent une partition sans fausse note au travers de laquelle l'arrogance désespérée, l'irrévérence et les provocations de l'homme finissent par dévoiler la fragilité de l'écrivain. Le portrait de l'écrivain devient fascinant alors même que l'homme est détestable par plus d'un aspect... mais touchant par d'autres. C'est le portrait d'un être brisé et amer pour qui l'alcool est le seul refuge face à son dégoût du monde et de lui-même. La narration, le dessin, le découpage, les petits documentaires insérés : tout est vraiment d'une belle qualité. J'ai dévoré et j'ai adoré. Franchement bien !!

16/04/2024 (modifier)
Couverture de la série Nées Rebelles - Jeunes filles au poing levé
Nées Rebelles - Jeunes filles au poing levé

Je vais faire court et rapide. Je me méfiais un peu de cet album mais force est de constater qu’il est tout simplement excellent. C’est réalisé avec grand soin. Les différentes parties graphiques m’ont toutes franchement plu, mais la qualité des portraits m’a encore plus emporté, qu’importe la cause, c’est super bien raconté. Une belle leçon et résilience de la part de ces jeunes « rebelles ». J’en conseille vivement la lecture et encourage toutes les médiathèques à le posséder. Coup de cœur !!

16/04/2024 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Beast Complex
Beast Complex

3.5 Une série d'histoires courtes pour les fans de Beastars, je ne pense pas que c'est une lecture pour quelqu'un qui n'a pas lu la série-mère. L'autrice développe son univers à travers des histoires qui parlent de relation entre animaux, surtout entre les herbivores et les carnivores. Il y a de très bonnes histoires courtes, notamment cela du show de cuisine qui met en vedette un crocodile et une gazelle. J'ai adoré aussi l'histoire courte avec les personnages vedettes de Beastars, c'était sympa de les revoir. Évidemment, comme ce sont des histoires courtes, il y a la frustration de ne pas revoir des personnages dont on s'est attaché après une quarantaine de pages et aussi c'est un peu inégal au niveau du scénario, mais globalement c'est une bonne lecture si on a aimé la série-mère.

16/04/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Love in Vain
Love in Vain

Robert Johnson, figure mythologique de la musique. Clamant avoir vendu son âme pour une musique sans précédent, créateur du rock pour bon nombre d'artiste, musicien parmi les plus influent du XXè siècle, mort dans la jeunesse, vivant dans la misère et la richesse (selon ses jours), membre éternel du club des 27 ... Que dire sur le personnage qui n'a pas déjà été dit ? J'ai personnellement revu sa figure dans l'excellent Mojo que je rapproche de cette BD, puisque nous découvrons le monde de la musique soul et blues dans les années 40, préparant le terrain à l'explosion post-seconde guerre mondiale. La biographie permets de mettre en lumière les différentes phases de sa vie, notamment les deuils qui le dévastèrent avant qu'il ne se plonge à corps perdu dans la musique. Le dessin rajoute à l'ensemble avec un noir et blanc travaillé, donnant l'impression d'anciennes gravures et surtout une très belle mise en scène de ce monde de danseurs, de cabanes à musique et d'années de ségrégation. La lecture est instructive et plaisante, mais surtout un bel hommage à Robert Johnson dont les enregistrements le sauvèrent de l'oubli. Lecture recommandée !

16/04/2024 (modifier)