Mojo

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 4 avis)

Ascension et chute d´une étoile du blues.


Musique Rodolphe

Le Mojo, c'est la bonne étoile, le destin, la conscience... pour une vie, et le gars qui a un mauvais Mojo est mal barré dans l'existence. Le Mojo de Slim Whitemoon lui accorde un destin singulier. Né au début du XXe siècle dans une plantation du Mississippi, il saute un jour dans un train avec sa guitare pour seule compagne. C’est le début d'une vie folle et d'un destin chaotique, fait de larcins, de séjours en prison, de filles, de saouleries apocalyptiques, de vagabondage, de succès et même de gloire !... avant un retour vers la solitude de l'anonymat. En chemin, il croisera Blind Lemon Jefferson, Sonny Boy Williamson, Robert Johnson... Dans des ambiances musicales, enfumées et gouailleuses, Rodolphe et Georges Van Linthout nous content l'histoire d'un bluesman imaginaire, et nous emmènent sur ses pas de vagabond génial dans les remous d’une vie passionnée.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 25 Mai 2011
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Mojo
Les notes (4)
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27/06/2011 | Mac Arthur
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Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Un récit sur le blues et qui est centré sur un musicien fictif qui va traverser le 20ème siècle et avec lui on voit l'évolution de la société américaine. Le scénario est pas mal et j'aime le fait que le héros ait des défauts et qu'il ne soit pas parfait. Cela le rend humain et intéressant. En revanche, j'avoue que mon intérêt a varié au fil des pages. Il y a des scènes qui m'ont enthousiasmé et d'autres que j'ai trouvées sans intérêt et c'était surtout le cas vers la fin car le personnage principal devient moins passionnant lorsqu'il est plus vieux. Le dessin est magnifique avec un très beau noir et blanc. J'aime comment les personnages sont expressifs et comment tout est clair à la lecture alors que parfois avec le noir et blanc j'ai un peu de la difficulté à comprendre certaines cases.

27/05/2013 (modifier)

Sacré récit que celle d’un blues-man tranquille, simplement content de jouer de la bonne musique. L’album respire la musique, chaque planche résonne comme un accord de 11ème. Le lecteur ne découvrira pas l’histoire d’un faux artiste, il pénétrera au cœur de l’Histoire du blues. Ce roman graphique part des années 20 et d’une misère raciale pour arriver dans le revival et la reconnaissance mondiale. Que de chemin parcouru, que de concerts et de rencontres, que de misère et de temps. Tout en finesse Rodolphe propose un très beau voyage aux multiples personnages tous attachants. Evidemment nous rencontrerons l’intolérance raciale et l’étrange écart entre le loisir et le quotidien, entre les paillettes et la survie. Pas militant pour un sou, le récit n’élude pas l’imperfection des artistes, ce qui les rend encore plus humains. De fait la réussite momentanée des uns face à la pauvreté des autres ne choque pas, elle fait partie du décor et d’une philosophie pratique de la vie du blues-man qui semble se dégager au cours du récit. Graphiquement la réussite du dessinateur repose sur la cohérence entre les vibrations des dessins et le son blues. J’ai vraiment cru par moment lire du blues. Evidemment ce n’est pas beau, pas précis, pas toujours propre, mais il y a une expérience humaine qui transparait et communique cette vie déjà présente dans la musique. L’album est une bonne série, dont je conseille la lecture voire la relecture si vous en faites l’acquisition. N’allez pas non plus trouver une histoire fascinante, une intrigue passionnante et des personnages captivants, tout cela va au-delà du récit et d’un homme, je prends plutôt cette BD comme la capture d’une âme. Elle raisonnera donc plus chez certains que d’autres.

26/09/2011 (modifier)
L'avatar du posteur Little Miss Giggles

Première oeuvre dessinée par Georges Van Linthout que je lis et ce ne sera sûrement pas la dernière ! Le dessin en noir et blanc est très beau, clair et expressif. Le scénario de Rodolphe est passionnant. Comme l'a écrit Mac, on y croit à ce personnage de Slim Whitemoon. Bluesman au mojo chaotique, malchanceux mais plein d'espoir et de passion, on ne peut que s'y attacher. Van Linthout et Rodolphe nous emmènent à sa suite à travers le 20e siècle et l'histoire du blues. Car si le personnage de Slim est totalement imaginaire, les musiciens qu'il rencontre sont eux bien réels (Blind Lemon Jefferson, Robert Johnson, Clapton,...). Les 192 pages ont été avalées en un clin d'oeil et m'ont fait passer un excellent moment.

28/06/2011 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Une légende, LA légende : celle du blues. De sa naissance dans les années 20 à sa reconnaissance planétaire dans les années 80. Une image d’Epinal : celle du gratteux noir américain issu du Delta et parti à l’aventure en quête d’une gloire aléatoire. Un récit prenant : Mojo. Magnifique, vraiment. D’une part, il y a ce personnage principal, ce Slim Whitemoon, tellement crédible qu’il m’est difficile d’admettre qu’il n’a pas existé ! Son histoire s’incruste dans l’Histoire tel un rubis dans une couronne : c’est du travail d’orfèvre. Et par ce biais, grâce à cette porte d’accès, ce sont milles et unes histoires légendaires et souvent véridiques du blues qui défilent tout au long de ce récit. Et ne vous attendez pas à un récit à l’eau de rose. Ce Slim a bien des côtés détestables mais il est, par ailleurs, tellement attachant que je n’ai pu que l’aimer. Entre les galères, les rencontres marquantes et une reconnaissance éphémère, son parcours, tellement semblable à celui des bluesmen de cette époque, interpelle, touche, amuse, séduit… On songe à John Lee Hooker, à Muddy Waters, mais aussi et surtout à tous ces inconnus qui écumèrent les bars ou la rue en rêvant d’un jour pouvoir enregistrer un 45T. Et tout cela sans tomber dans le mélo, car notre heureux bluesman reste d’une désinvolture face au succès et aux échecs telle que rien ne semble dramatique. C’est parfois triste, c’aurait pu, à l’occasion, être franchement traumatisant, mais toujours, la passion du blues reprend le dessus. Et ce récit se transforme alors en une leçon de vie. Les auteurs semblent nous crier : il a vécu… avec des galères mais avec passion… IL A VECU ! Car cela ne fait aucun doute : les auteurs aiment le blues et sa légende. Cela se sent et se ressent. Ce récit vibre telle une corde de guitare. Et que dire du trait de Georges Van Linthout, sinon qu’il est parfait pour ce genre de récit ! Un noir et blanc très lisible et tout en émotion. Son style clair a vraiment gagné en profondeur depuis qu’il est passé à la technique du lavis. Il a une âme mais n’a rien perdu de son expressivité. Une âme… c’est le mot juste… celle du blues, de la passion qui va au-delà de la reconnaissance et des douleurs… Quel album !!!!

27/06/2011 (modifier)