Une superbe série, remplie d’aventure, de mystère, d’amour… et de toute évidence vraiment bien documentée. Isabelle Dethan maîtrise son sujet, et a fait des recherches. Chaque tome comporte des cartes et un glossaire expliquant des termes ou des traditions égyptiennes.
Les intrigues elles-mêmes sont finalement assez basiques (poursuites, enquêtes sur un meurtre…), mais fonctionnent parfaitement une fois transposées dans ce contexte d’antiquité.
Les dessins sont, est-il nécessaire de le préciser, magnifiques, tout en tons pastelles, et parfaitement adaptés à l’histoire.
Une superbe série, à découvrir. En plus les intrigues se renouvellent tous les deux tomes, donc vous pouvez n'acheter que 2 ou 4 tomes pour commencer…
Ce qui est effectivement fascinant dans cette série naissante, c'est le climat qu'elle dégage et qui traduit parfaitement le propos de l'auteur. Le travail sur le graphisme et la couleur est d'ailleurs si chiadé, qu'il pourrait servir de story board. Côté histoire, la série commence très fort. Elle jette les bases d'un monde fantastique qui n'est pas sans évoquer les meilleurs moments d'une série comme "x files". Les personnages principaux possèdent une épaisseur dramaturgique réelle, leurs motivations sont complexes et nuancées et les problèmes auxquels ils sont confrontés, n'en finissent pas de distiller chez le lecteur un stress et une attente agréables. Assurément, nous sommes là en présence d'une série qui risque de frapper les esprits de manière pérenne et de faire date, ne serait ce que par l'utilisation intelligente de l'ordinateur.
Je suis quant à moi séduit par l'entreprise. Je ne saurais la conseiller à ceux qui hésitent encore.
La vie, la vraie, c'est chiant, souvent. Du moins, dans son insupportable banalité et son quotidien récurrent. C'est pourquoi nous autres misérables humains ponctuons notre courte existence de projets personnels, à courts et à longs termes, mais aussi de culture, de passion, de découverte, rendant notre existence formidable (ou pas, ce critère étant laissé à l'appréciation de chacun).
Et c'est la que Vanyda fait fort : non seulement son récit raconte la vie dans sa banalité la plus envahissante, mais en plus, à l'instar de Trondheim dans Approximativement, elle le fait avec brio : on se retrouve dans bien des situations, vivant avec les habitants de l'immeuble au jour le jour le temps d'un album (qui pour sa part ne vous prendra que quelques minutes à lire, magie de la relativité). C'est vrai, touchant aussi parfois.
Là où Boilet parvient à tirer de sa vie tout son côté chiant et à nous l'infliger, pauvres lecteurs que nous sommes, Vanyda par sa narration rend le quotidien extraordinaire et proche de nous.
Son trait, typé manga, n'est finalement qu'à moitié satisfaisant à mon sens. Pourtant, il fonctionne très bien ici, le noir et blanc, lui aussi, jouant pour beaucoup dans les ambiances profondes suggérées par cet album.
Très agréable one-shot pour amateur de sensations pures (et de produits laitiers) (ok j'arrête).
Oui, je sais, "Le mercenaire", c'est de la fantasy tout ce qu'il y a de plus basique, oui, je sais, le dessin de Segrelles est kistchissime à souhait. Oui, je sais, le héros ne bénéficie pas d'une psychologie extrêmement développée et les héroïnes existent surtout grâce à leurs étonnantes capacités pulmonaires... Mais Le Mercenaire, moi, j'aime bien... :8
Peut-être parce que bien que très kitsch, le dessin est admirablement exécuté... peut-être parce que derrière des apparences simplistes, les scénario de Segrelles sont loin d'être idiots, ils permettent souvent une lecture symbolique plus élaborée... Peut-être parce que le monde décrit et présenté semble à la fois simple et sans limite et que pour une fois, un auteur d'heroïc fantasy ne se la joue pas à la Tolkien en nous assommant sous de multiples détails aussi inutiles que pompeux... Le mercenaire n'est pas une bd verbeuse, tout est dans l'image...
« Les maîtres de l’orge » est, à mon avis, l’une des meilleurs séries scénarisées par Van Hamme, c’est aussi une BD qui a fait l’objet d’une adaptation télévisée réussie. L’histoire se déroule du milieu du 19ème siècle à nos jours, elle met en scène une famille de brasseurs qui va devoir lutter pour sauvegarder l’entreprise.
J’ai particulièrement apprécié dans cette série les premiers tomes où la brasserie évolue selon les nombreuses découvertes industrielles et les luttes sociales (en Belgique) de cette époque. Les derniers tomes mettent l’accent sur les aspects économiques avec les opérations boursières auxquelles devront faire face la famille Steenfort.
J’ai donc lu les 4 premiers tomes avec enthousiasme fascinés par l’époque et la forte passion des Steenfort pour la brasserie. L’apparition de Margrit est, à mon avis, le plus grand moment de la série dans un contexte marqué par les guerres mondiales.
Ensuite, les considérations personnelles et financières feront la part belle dans les derniers tomes où la brasserie ressemblera en plus en plus à un simple décor au scénario. J’ai eu beaucoup de mal à finir de lire cette seconde moitié de la série où les personnages me sont apparus moins attachants.
Le style réaliste de Vallés est parfaitement adapté à cette BD. La mise en page et le découpage sont très bons et permettent, par conséquent, aux lecteurs d’entrer facilement et complètement dans le récit (du moins, dans les 4 premiers tomes pour ma part).
« Les maîtres de l’orge » vaut le coup d’être lu surtout pour les 4 premiers tomes où le contexte de l’époque avec ses découvertes technologiques, ses guerres, ses luttes sociales m’ont complètement fasciné. La deuxième moitié m’est apparue nettement moins intéressante avec les opérations boursières et l’intérêt grandement financier qu’auront les Steenfort pour la brasserie… bien que, à mon avis, cette évolution soit assez représentative de notre société actuelle. A découvrir !
Ah Hellsing. Après avoir été littéralement scotché par la série d'animation, ses couleurs superbes, son animation certes pas forcément ultra dynamique mais mise en valeur par un design vraiment classieux. Le manga, qui a précédé la série, allait il combler mes attentes ?
Le dessin est plutôt bien maîtrisé, fin et sombre. Le personnage d'Alucard, dégage une aura pas forcément très éloignée de celle qu'il possède dans la série, à la fois roublard, hautain et diablement déjanté. Sa psychologie est très bien mise en évidence à travers les planches de l'album, notamment quand il se retrouve seul face à ses "cibles". Il devient alors une sorte de "poor lonesome vampire" aussi blagueur que sans pitié, le tout mis en valeur par des postures qui mettent en évidence toute son ambivalence.
Le scénario est bien construit et nous plonge petit à petit dans le quotidien de l'organisation Hellsing et de la descendante de Abraham Van Hellsing qui la dirige, ses démêlés avec la division Iscariote -pendant catholique de l'organisation Hellsing- , l'histoire de ses relations avec Alucard, etc. Les combats sont bien menés, et non dénués d'un humour noir mais efficace.
Au final, peu de surprises pour les aficionados de la série animé, mais une série qui saura sans nul doute les séduire, pour les retrouvailles qu'elle permet avec l'univers de Kohta Hirano sur un autre support que l'écran.
J’avise cet album de mémoire, après une lecture, d’une (longue) traite il y a 2 ans. Le souvenir qu’il m’en reste est celui d’un album extrêmement dense, d’une atmosphère pesante, d’une impression constante qu’il n’y avait aucun espoir de vie meilleure pour ce pauvre Jimmy, tant il était empêtré dans sa névrose.
La lecture de cet album, hors norme à plus d’un titre mais je ne vais pas y revenir, d’autres l’ont très bien décrit avant moi, a été assez éprouvante, car dès les premières planches, en raison sans doute, des parti-pris graphiques de Chris Ware, on est totalement immergé dans le morne quotidien de Jimmy Corrigan, et lorsque l’on referme le volumineux album, après plusieurs heures de lecture, on est comme contaminé par cette névrose, cette inaptitude à vivre, ressentir et exprimer des sentiments, dont souffrent à des degrés divers trois générations de Corrigan, et on met plusieurs heures avant de ressortir de cette chappe de plomb qui semble inhiber les moindres faits et gestes de Jimmy Corrigan. A ce titre, le scénario, pas toujours facile à suivre (les vies des trois hommes alternent et se croisent, il me semble) est d’une grande intelligence dans son approche psychologique des personnages. Tout y sonne juste. Par ailleurs, il me semble que le contexte historique n’est pas laissé pour compte, ce qui aère un peu le récit.
Au début de l’album, j’avoue avoir ressenti une vive antipathie pour le morose, apathique et timoré Jimmy, j’avais envie de le secouer, mais au fil des pages, sans vraiment m’attacher à lui, j’ai commencé à avoir un peu mal pour lui, et, sans vouloir dévoiler la fin, je dois dire qu’elle m’a serré le coeur. Voilà, il s’agit donc d’une oeuvre forte, passionnante, bien qu’un peu froide et austère à l’image de la vie de son personnage principal, qui ne plaira sûrement pas à tout le monde, mais qui mérite d’être lue.
La voilà, pour moi, la série de la consécration pour Tsutsui !
Manhole, par son côté "série courte" (trois tomes prévus) permet en effet à l'auteur de développer une vraie enquête, autour d'une histoire complexe et passionnante. Loin des one-shot de l'auteur (Reset et Duds Hunt), "Manhole" est une intrigue policière sur fond de Thriller biologique complexe et nouvelle.
On s'attache très vite aux personnages et au duo de policiers chargés de l'enquête. Le mystère s'épaissit au fil du livre, pour terminer sur un visuel qui nous fait attendre avec impatience le second tome.
Le dessin est classe : stylé, dynamique, complet et complexe, il permet à l'auteur de faire passer toute son histoire avec une lisibilité parfaite.
ManHole est une sacrée bonne surprise, dans la lignée de MPD - Psycho et autres Monster. Passer à côté serait une belle erreur.
Un médiéval fantasy partant tambour battant pour ce premier tome de servitude que j’avais il y a quelques semaines commencé à feuilleter, les dessins m’ont tout de suite accroché mais je n’en ai pas fait l’acquisition à cause de sa publication chez Soleil, éditeur proposant souvent des séries décevantes pour ma part.
J’avoue avoir attendu les avis des uns et des autres à son sujet, ce qui m’a finalement poussé à acheter ce premier tome suite aux critiques élogieuses de mes prédécesseurs (merci bien).
Les dessins et les ambiances sont impeccables, le scénario de ce premier tome arrive à la fois à poser le décor sans toutefois traîner en longueurs et recèle de rebondissements ce qui est je pense une belle performance.
La barre est donc placée assez haut, j’aime beaucoup et espère ne pas être déçu par la suite.
Des dessins simples mais efficaces, des scénarii plutôt bien menés, parfois un peu court sur un tome mais on commence à voir des enquêtes sur 2 tomes !
Mais LE truc qui en fait une super chouette série c'est sans conteste le côté candide (mais pas niais !) et gaffeur de JKJ ! Un sens de la distraction qui lui vaudrait une médaille d'or au JO si c'était une épreuve et qui a le don de me faire sourire à tous les coups ! Les réactions inattendues comme boire un jus de citron sec pour se remettre des émotions fortes ou endiguer sa claustrophobie dans un ascenseur en mangeant un sandwich donnent également une dimension très sympa au personnage !
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Sur les Terres d'Horus
Une superbe série, remplie d’aventure, de mystère, d’amour… et de toute évidence vraiment bien documentée. Isabelle Dethan maîtrise son sujet, et a fait des recherches. Chaque tome comporte des cartes et un glossaire expliquant des termes ou des traditions égyptiennes. Les intrigues elles-mêmes sont finalement assez basiques (poursuites, enquêtes sur un meurtre…), mais fonctionnent parfaitement une fois transposées dans ce contexte d’antiquité. Les dessins sont, est-il nécessaire de le préciser, magnifiques, tout en tons pastelles, et parfaitement adaptés à l’histoire. Une superbe série, à découvrir. En plus les intrigues se renouvellent tous les deux tomes, donc vous pouvez n'acheter que 2 ou 4 tomes pour commencer…
Freaks Agency
Ce qui est effectivement fascinant dans cette série naissante, c'est le climat qu'elle dégage et qui traduit parfaitement le propos de l'auteur. Le travail sur le graphisme et la couleur est d'ailleurs si chiadé, qu'il pourrait servir de story board. Côté histoire, la série commence très fort. Elle jette les bases d'un monde fantastique qui n'est pas sans évoquer les meilleurs moments d'une série comme "x files". Les personnages principaux possèdent une épaisseur dramaturgique réelle, leurs motivations sont complexes et nuancées et les problèmes auxquels ils sont confrontés, n'en finissent pas de distiller chez le lecteur un stress et une attente agréables. Assurément, nous sommes là en présence d'une série qui risque de frapper les esprits de manière pérenne et de faire date, ne serait ce que par l'utilisation intelligente de l'ordinateur. Je suis quant à moi séduit par l'entreprise. Je ne saurais la conseiller à ceux qui hésitent encore.
L'Immeuble d'en face
La vie, la vraie, c'est chiant, souvent. Du moins, dans son insupportable banalité et son quotidien récurrent. C'est pourquoi nous autres misérables humains ponctuons notre courte existence de projets personnels, à courts et à longs termes, mais aussi de culture, de passion, de découverte, rendant notre existence formidable (ou pas, ce critère étant laissé à l'appréciation de chacun). Et c'est la que Vanyda fait fort : non seulement son récit raconte la vie dans sa banalité la plus envahissante, mais en plus, à l'instar de Trondheim dans Approximativement, elle le fait avec brio : on se retrouve dans bien des situations, vivant avec les habitants de l'immeuble au jour le jour le temps d'un album (qui pour sa part ne vous prendra que quelques minutes à lire, magie de la relativité). C'est vrai, touchant aussi parfois. Là où Boilet parvient à tirer de sa vie tout son côté chiant et à nous l'infliger, pauvres lecteurs que nous sommes, Vanyda par sa narration rend le quotidien extraordinaire et proche de nous. Son trait, typé manga, n'est finalement qu'à moitié satisfaisant à mon sens. Pourtant, il fonctionne très bien ici, le noir et blanc, lui aussi, jouant pour beaucoup dans les ambiances profondes suggérées par cet album. Très agréable one-shot pour amateur de sensations pures (et de produits laitiers) (ok j'arrête).
Le Mercenaire
Oui, je sais, "Le mercenaire", c'est de la fantasy tout ce qu'il y a de plus basique, oui, je sais, le dessin de Segrelles est kistchissime à souhait. Oui, je sais, le héros ne bénéficie pas d'une psychologie extrêmement développée et les héroïnes existent surtout grâce à leurs étonnantes capacités pulmonaires... Mais Le Mercenaire, moi, j'aime bien... :8 Peut-être parce que bien que très kitsch, le dessin est admirablement exécuté... peut-être parce que derrière des apparences simplistes, les scénario de Segrelles sont loin d'être idiots, ils permettent souvent une lecture symbolique plus élaborée... Peut-être parce que le monde décrit et présenté semble à la fois simple et sans limite et que pour une fois, un auteur d'heroïc fantasy ne se la joue pas à la Tolkien en nous assommant sous de multiples détails aussi inutiles que pompeux... Le mercenaire n'est pas une bd verbeuse, tout est dans l'image...
Les Maîtres de l'Orge
« Les maîtres de l’orge » est, à mon avis, l’une des meilleurs séries scénarisées par Van Hamme, c’est aussi une BD qui a fait l’objet d’une adaptation télévisée réussie. L’histoire se déroule du milieu du 19ème siècle à nos jours, elle met en scène une famille de brasseurs qui va devoir lutter pour sauvegarder l’entreprise. J’ai particulièrement apprécié dans cette série les premiers tomes où la brasserie évolue selon les nombreuses découvertes industrielles et les luttes sociales (en Belgique) de cette époque. Les derniers tomes mettent l’accent sur les aspects économiques avec les opérations boursières auxquelles devront faire face la famille Steenfort. J’ai donc lu les 4 premiers tomes avec enthousiasme fascinés par l’époque et la forte passion des Steenfort pour la brasserie. L’apparition de Margrit est, à mon avis, le plus grand moment de la série dans un contexte marqué par les guerres mondiales. Ensuite, les considérations personnelles et financières feront la part belle dans les derniers tomes où la brasserie ressemblera en plus en plus à un simple décor au scénario. J’ai eu beaucoup de mal à finir de lire cette seconde moitié de la série où les personnages me sont apparus moins attachants. Le style réaliste de Vallés est parfaitement adapté à cette BD. La mise en page et le découpage sont très bons et permettent, par conséquent, aux lecteurs d’entrer facilement et complètement dans le récit (du moins, dans les 4 premiers tomes pour ma part). « Les maîtres de l’orge » vaut le coup d’être lu surtout pour les 4 premiers tomes où le contexte de l’époque avec ses découvertes technologiques, ses guerres, ses luttes sociales m’ont complètement fasciné. La deuxième moitié m’est apparue nettement moins intéressante avec les opérations boursières et l’intérêt grandement financier qu’auront les Steenfort pour la brasserie… bien que, à mon avis, cette évolution soit assez représentative de notre société actuelle. A découvrir !
Hellsing
Ah Hellsing. Après avoir été littéralement scotché par la série d'animation, ses couleurs superbes, son animation certes pas forcément ultra dynamique mais mise en valeur par un design vraiment classieux. Le manga, qui a précédé la série, allait il combler mes attentes ? Le dessin est plutôt bien maîtrisé, fin et sombre. Le personnage d'Alucard, dégage une aura pas forcément très éloignée de celle qu'il possède dans la série, à la fois roublard, hautain et diablement déjanté. Sa psychologie est très bien mise en évidence à travers les planches de l'album, notamment quand il se retrouve seul face à ses "cibles". Il devient alors une sorte de "poor lonesome vampire" aussi blagueur que sans pitié, le tout mis en valeur par des postures qui mettent en évidence toute son ambivalence. Le scénario est bien construit et nous plonge petit à petit dans le quotidien de l'organisation Hellsing et de la descendante de Abraham Van Hellsing qui la dirige, ses démêlés avec la division Iscariote -pendant catholique de l'organisation Hellsing- , l'histoire de ses relations avec Alucard, etc. Les combats sont bien menés, et non dénués d'un humour noir mais efficace. Au final, peu de surprises pour les aficionados de la série animé, mais une série qui saura sans nul doute les séduire, pour les retrouvailles qu'elle permet avec l'univers de Kohta Hirano sur un autre support que l'écran.
Jimmy Corrigan
J’avise cet album de mémoire, après une lecture, d’une (longue) traite il y a 2 ans. Le souvenir qu’il m’en reste est celui d’un album extrêmement dense, d’une atmosphère pesante, d’une impression constante qu’il n’y avait aucun espoir de vie meilleure pour ce pauvre Jimmy, tant il était empêtré dans sa névrose. La lecture de cet album, hors norme à plus d’un titre mais je ne vais pas y revenir, d’autres l’ont très bien décrit avant moi, a été assez éprouvante, car dès les premières planches, en raison sans doute, des parti-pris graphiques de Chris Ware, on est totalement immergé dans le morne quotidien de Jimmy Corrigan, et lorsque l’on referme le volumineux album, après plusieurs heures de lecture, on est comme contaminé par cette névrose, cette inaptitude à vivre, ressentir et exprimer des sentiments, dont souffrent à des degrés divers trois générations de Corrigan, et on met plusieurs heures avant de ressortir de cette chappe de plomb qui semble inhiber les moindres faits et gestes de Jimmy Corrigan. A ce titre, le scénario, pas toujours facile à suivre (les vies des trois hommes alternent et se croisent, il me semble) est d’une grande intelligence dans son approche psychologique des personnages. Tout y sonne juste. Par ailleurs, il me semble que le contexte historique n’est pas laissé pour compte, ce qui aère un peu le récit. Au début de l’album, j’avoue avoir ressenti une vive antipathie pour le morose, apathique et timoré Jimmy, j’avais envie de le secouer, mais au fil des pages, sans vraiment m’attacher à lui, j’ai commencé à avoir un peu mal pour lui, et, sans vouloir dévoiler la fin, je dois dire qu’elle m’a serré le coeur. Voilà, il s’agit donc d’une oeuvre forte, passionnante, bien qu’un peu froide et austère à l’image de la vie de son personnage principal, qui ne plaira sûrement pas à tout le monde, mais qui mérite d’être lue.
Manhole
La voilà, pour moi, la série de la consécration pour Tsutsui ! Manhole, par son côté "série courte" (trois tomes prévus) permet en effet à l'auteur de développer une vraie enquête, autour d'une histoire complexe et passionnante. Loin des one-shot de l'auteur (Reset et Duds Hunt), "Manhole" est une intrigue policière sur fond de Thriller biologique complexe et nouvelle. On s'attache très vite aux personnages et au duo de policiers chargés de l'enquête. Le mystère s'épaissit au fil du livre, pour terminer sur un visuel qui nous fait attendre avec impatience le second tome. Le dessin est classe : stylé, dynamique, complet et complexe, il permet à l'auteur de faire passer toute son histoire avec une lisibilité parfaite. ManHole est une sacrée bonne surprise, dans la lignée de MPD - Psycho et autres Monster. Passer à côté serait une belle erreur.
Servitude
Un médiéval fantasy partant tambour battant pour ce premier tome de servitude que j’avais il y a quelques semaines commencé à feuilleter, les dessins m’ont tout de suite accroché mais je n’en ai pas fait l’acquisition à cause de sa publication chez Soleil, éditeur proposant souvent des séries décevantes pour ma part. J’avoue avoir attendu les avis des uns et des autres à son sujet, ce qui m’a finalement poussé à acheter ce premier tome suite aux critiques élogieuses de mes prédécesseurs (merci bien). Les dessins et les ambiances sont impeccables, le scénario de ce premier tome arrive à la fois à poser le décor sans toutefois traîner en longueurs et recèle de rebondissements ce qui est je pense une belle performance. La barre est donc placée assez haut, j’aime beaucoup et espère ne pas être déçu par la suite.
Jérôme K. Jérôme Bloche
Des dessins simples mais efficaces, des scénarii plutôt bien menés, parfois un peu court sur un tome mais on commence à voir des enquêtes sur 2 tomes ! Mais LE truc qui en fait une super chouette série c'est sans conteste le côté candide (mais pas niais !) et gaffeur de JKJ ! Un sens de la distraction qui lui vaudrait une médaille d'or au JO si c'était une épreuve et qui a le don de me faire sourire à tous les coups ! Les réactions inattendues comme boire un jus de citron sec pour se remettre des émotions fortes ou endiguer sa claustrophobie dans un ascenseur en mangeant un sandwich donnent également une dimension très sympa au personnage !