Scenario à la Jodorowsky... Si on aime c'est du très bon.
Mais le dessin de Bess est très beau, très coloré, et correspond bien à l'ambiance. Et puis il change vraiment des dessinateurs avec qui Jodorowsky s'est déjà associé.
6 tomes c'est pas mal aussi : ni trop ni pas assez.
Bref on ne s'ennuie pas.
Un bon album naviguant entre fiction et documentaire, traitant du combat entrepris à l’époque par la classe ouvrière et les organisations syndicales pour obtenir des revalorisations salariales nécessaires pour assouvir les besoins primaires des familles.
J’ai bien aimé les dessins et la colorisation qui retransmet bien les ambiances, mais, de la part de Davodeau, le résultat n’est pas étonnant et confirme tout le bien que je pensais de cet auteur.
Le scénario, lui, est fluide et même si l’on note beaucoup de démagogie, c’est tout de même instructif et sûrement à lire. En tout cas, je ne regrette pas mon achat.
Franchement bien, oui. Faut dire que le 4e de couv’ remplit son rôle d’éveiller l’intérêt du lecteur et que le contenu est à la hauteur des attentes suscitées.
Le récit, bien amené, est en quelque sorte une parabole sur le retour du fils de Dieu sur terre. Sauf que Dieu semble avoir choisi un cancre et un bon à rien comme corps terrestre. Je suis surpris de voir traiter un sujet hautement biblique d’une telle manière dans une Amérique aussi puritaine et croyante. Tout au long de l’album, on se demande comment cela va se terminer. Et je dois dire que je ne suis pas déçu par le final plutôt surprenant et inattendu. Certes, c’est un peu bateau mais pas grotesque.
Le dessin est bon mais j’ai par contre eu un peu de mal avec les teintes diluées des couleurs. Toutefois, cette impression s’estompe une fois rentré dans l’histoire.
Bref, un bon one shot !
BD petit format rigolo : environ 1/2 des BD classiques...
10 petites nouvelles commençant et finissant par une pleine page, histoire de faire une belle intro et une surprenante conclusion...
Tout ça m'a procuré un GRAND plaisir !
J'ai été embarqué par ces histoires courtes mais intenses se terminant par une surprise du plus bel effet, sans être capilo-tractée.
Les dessins sont sympa, mais aurait mérité un peu plus de nuances... mais rien qui ne gâche le plaisir.
Vraiment curieuse, l'histoire de Bicot...
Le 20 Septembre 1920 paraissent aux Etats-Unis, dans le quotidien "Chicago Tribune", les aventures de Winnie Winkle.
Winnie ?... Une jeune fille émancipée qui travaille comme secrétaire. Elle vit chez ses parents -Rip et Ma- et a un petit frère : Perry. Winnie va vivre une longue vie "sur papier", se marier en 1937, avoir une petite fille (Wendy), et perdre son mari -engagé dans l'armée en 1941- quelques années plus tard.
Elle deviendra une dessinatrice de mode et sera désormais une femme libre et indépendante...
Et "Bicot", dans tout ça ?...Curieusement, aux Etats-Unis, Perry n'est qu'une sorte de faire-valoir de sa soeur. Il grandit, tout comme elle, et n'intervient que de temps en temps aux côtés de cette dernière.
MAIS : il n'en est pas de même en Europe (surtout en France et aux Pays-Bas). Devenu "Bicot" dans la traduction française, ce petit garçon est directement sollicité par le lectorat. Dans les traductions de l'époque, il devient vite le pivot central de la série et vivra -rapidement- ses propres petites aventures.
Ses débuts réels, en langue française, se font dans le "Dimanche Illustré" du 9 Mars 1924. Et Bicot va vivre -lui aussi- une longue carrière...
Les gens vont s'attacher -tout comme moi- aux péripéties comiques de ce petit déluré ; lequel ouvrira plus tard la porte à Dennis la malice et autres garnements de ce style.
Curieux : Bicot va grandir "un peu" dans ses multiples aventures. Mais, en 1959, les scénaristes français de l'époque -Maric et Dorémieux- décident d'en arrêter sa "croissance".
Bicot ?... C'est tout simple, assez teinté de naïveté. Ce sont des bêtises de gamin(s), des journées passées à rêver d'aventures, à en vivre par la suite de vraies.
Au fil des albums il deviendra marin, chef d'orchestre, pompier, général...
Bicot ?... ce sont des histoires qui ne demandent rien à personne, sauf le plaisir d'en relire occasionnellement dans ces "vieux machins" qui sentent si bon le papier d'époque.
Les albums : pas facile de s'y retrouver !
Aux éditions Hachette : 14 tomes cartonnés, de 1926 à 1939
Aux éditions Azur : 3 cartonnés + 2 intégrales, de 1959 à 1970
Aux éditions Veyer : simples rééditions de ces précédents albums.
Aux éditions Anagramme : rééditions diverses en 1975
Aux éditions Artefact : rééditions diverses en 1985
Chez Glénat : 3 rééditions cartonnées, en 1997 et 98, des premiers Hachette n° 9, 10 et 11.
En réalité : seules les 14 "Hachette" et les 5 "Azur" sont des E.O.
Si vous voulez "du Bicot", je ne saurais vous conseiller que les tomes parus chez Glénat (sans obligation aucune). Encore trouvables, vous y découvrirez un joyeux petit monde encore dans la mémoire de très nombreux lecteurs.
Une excellente série qui débute dans le quotidien belge "La Dernière Heure" (qui existe toujours) n° 101, 41ème année, du 11 Avril 1946.
Johan, page de son état, y vit un court gag en quatre cases.
Puis, plus rien jusqu'au 16 Janvier 1947 où il amorce son retour sous le trait beaucoup plus sûr de Peyo.
Septembre 1952. Passage dans l'hebdo Spirou. De blond, Johan va devenir brun et vivre des aventures dans un univers médiéval.
Deux ans plus tard : un véritable coup de canon dans le ciel de la loufoquerie ! Johan va rencontrer Pirlouit... et sa chèvre Biquette. Nos deux compères vont devenir les meilleurs amis du monde. Autant l'un a un caractère "adulte" et réfléchi, autant l'autre est hargneux et colérique. Et ces caractères, que tout oppose, font forger un magnifique duo que Peyo va emmener dans de palpitantes aventures.
Et puis, et puis... arrive le 23 Octobre 1958. Nos compères font la rencontre de petits gnomes bleus sautillants ; des gnomes au nom imprononçable et qui -par la suite- vont conquérir le monde entier : les Schtroumpfs !
Rapidement plébicités, ces derniers vont s'accaparer la vedette, nos amis passant ainsi quasi au second plan des histoires.
Peyo les délaisse alors en 1970. Et ce n'est que 24 ans plus tard qu'ils feront leur retour, sous un scénario créé par le fils de Peyo (décédé) et dessinés par Alain Maury.
Johan et Pirlouit ?... Qu'est-ce que j'aimais bien ! (et encore maintenant d'ailleurs).
Des histoires bien construites, de l'action, des bagarres, de l'humour, le déchaînement quasi continuel de Pirlouit ; le tout sous le graphisme inimitable de Peyo.
Cette véritable saga ne m'a jamais déçu, tant par ses ambiances, ses décors "folkloriques", ses "seconds couteaux" (le Roi, Dame Barbe, les "méchants" de service...).
Une véritable oeuvre reprise de bien belle façon ; car les nouveaux albums ne déméritent pas ! (même s'il y a moins d'humour).
Début 1905... un nouvel hebdo doit paraître bientôt : "La Semaine de Suzette". Problème : rien de prévu pour la dernière page.
Le neveu de l'éditeur trace alors en quelques lignes l'histoire d'une petite campagnarde qui arrive à Paris et commet une énorme bourde pour ses débuts. Appel est alors fait à un jeune dessinateur sur place. En quelques traits il va imaginer et croquer une des héroïnes les plus connues de la BD française : Bécassine.
Bécassine ?... En réalité Annaïck Labornez, née à Clocher-les-Bécasses. Cette brave petite bretonne, naïve, dévouée, le coeur sur la main, est une servante. Et avec ses gros sabots, elle va traverser avec succès quasi tout le siècle !
Elle débute ce qui sera sa très longue carrière dans "La Semaine de Suzette" n° 1 du 2 Février 1905.
Comme pour certains films, certains romans, Bécassine va se "faire toute seule". Aucune publicité. Mais ce qui devait rester une histoire anecdotique va prendre une réelle ampleur. Le magazine est surtout destiné aux jeunes lectrices et à leurs mamans. Bécassine est aussitôt adoptée, réellement réclamée à cors et à cris à l'éditeur qui va alors réaliser les ventes de sa vie !
Je l'aime vraiment bien, Bécassine.
Avec un siècle de retard j'ai retrouvé dans ses albums une véritable fresque, une description des classes sociales de l'époque. En ce "temps là", on s'esbaudissait dans les milieux parisiens des bourdes de cette "rurale". Et pourtant, à la lecture de ces histoires simples, on peut facilement se rendre compte -à l'heure actuelle- que cette "manuelle" était quasi la seule à faire preuve de bon sens.
Bécassine ?... Elle n'a pourtant été voulue que comme une oeuvre divertissante, sans prétention aucune sauf celle de vouloir donner du bonheur de lecture. Et je crois qu'elle y a réussi...
Voila le genre de bd (manga) qui donne au neuvième art ses véritables lettres de noblesse. On est en présence ici, d'un auteur sensible et subtil qui possède ce que beaucoup se cherchent parfois en vain ; un style. Et ce style, c'est dans l'art de créer une ambiance, un climat qu'il réside.
On suit en effet, le parcours du personnage principal en réussissant parfaitement à voir ce qu'il voit, à ressentir ce qu'il ressent, à être poursuivit par l'étrange sentiment d'être un intrus dans un univers autrefois familier. C'est puissant comme talent ; amener le lecteur à se sentir impliqué par ce qui ne pourrait qu'être une trame parmi d'autres, c'est tout simplement l'apanage des grands auteurs.
De toute évidence Taniguchi le possède ce talent d'auteur, et tandis que les pages nous conduisent lentement mais sûrement vers le dénouement de l'histoire, on est à la fois pressé d'en connaître les détails et frustré à l'avance de devoir quitter les personnages qui l'habitent. Voila en tous les cas, une belle manière d'explorer un thème éculé au possible, celui du voyage dans le temps. Comme quoi, quant on place l'homme au centre de l'histoire et non pas les effets en tout genre, on arrive à toucher le coeur.
Je conseille pour tout ceux que ça intéresse.
Ulysse ?... Une magnifique interprétation de l'oeuvre d'Homère ; oeuvre qui devient ici un récit moderne de science-fiction.
Elle débute dans "Linus" n° 38 de Mai 1968 et se termine dans le mensuel "Phénix" n° 38 de Juin 1974.
Aux commandes ?... Lob et Pichard, que je connaissais pour Submerman et Blanche Epiphanie.
Le postulat suit le récit d'Homère : Ulysse, un brave guerrier, se distingue pendant la guerre de Troie. Il s'apprête ensuite à rejoindre son épouse...
Mais à partir de là, tout bifurque : Ulysse va se trouver confronté à de sombres manigances menées par de fourbes extraterrestres ; lesquels détiennent une technologie fort avancée. Ces "choses" vont essayer de subordonner le héros, qui ne devra la vie sauve qu'à l'intervention d'Athéna...
J'ai été surpris, fort agréablement, par cette transformation de l'esprit originel de l'histoire d'Homère (et je suis aussi devenu -plus tard- fan de la série télé "Ulysse 31", par la même occasion !).
Cette série ci est un magnifique palimpeste. Le chef d'oeuvre de Lob et Pichard ?... Je ne sais... mais qu'est-ce que c'est drôlement bien réalisé !...
Eh bien, je trouve iannick bien sévère sur cet album ! Et c'est moi qui ne le comprends pas quand il dit qu'il ne comprend pas ce qui motive les personnages dans leurs actions...
Pour ma part, je n'attendais pas grand chose de génial en commençant ma lecture : autant je suis fan de Jean-Claude Tergal, Raymond Calbuth et autre Sacré Jésus, autant les récentes incursions de Tronchet hors du domaine de la BD d'humour pure et dure comme Là-bas ou Ma Vie en l'air ne m'avaient que moyennement convaincu (pour ne pas dire carrément déçu).
Mais j'ai été très agréablement surpris par cette histoire qui, un peu à la manière d'une série comme De Cape et de Crocs (ou des aventures d'Isaac le pirate avant qu'elles ne deviennent chiantes), mêle aventures historiques et humour (en moins fantaisiste et débridé que la BD d'Ayroles et Masbou, certes). Une virée en mer et une plongée dans les profondeurs, encore mystérieuses à l'époque, de l'Afrique noire, voilà qui ne se refuse pas en ces temps mornes.
Le livre doit beaucoup au personnage du Marquis de Dunan (que Tronchet a affublé d'une tronche impayable, sorte de version sympa d'Iznogoud, qui est pour beaucoup dans le charme du personnage), baratineur génial et pitoyable, coureur de jupons mythomane constamment entraîné dans une fuite en avant par ses bobards et ses frasques. Il porte le bouquin sur ses épaules, séduit et entraîne à l'aventure le lecteur comme il le fait avec Jean, le jeune héros du Peuple des endormis.
Alors évidemment, si Dunan ne vous amuse ou fascine pas, il y a de fortes chances que vous n'accrochiez pas du tout à l'intrigue, dont il est le moteur (Jean lui-même, bien qu'étant le narrateur et le "héros", se contente de suivre docilement), et qui suit ses caprices. Ce qui serait dommage, car vous passeriez à côté de ce qui s'annonce comme un excellent diptyque.
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Le Lama blanc
Scenario à la Jodorowsky... Si on aime c'est du très bon. Mais le dessin de Bess est très beau, très coloré, et correspond bien à l'ambiance. Et puis il change vraiment des dessinateurs avec qui Jodorowsky s'est déjà associé. 6 tomes c'est pas mal aussi : ni trop ni pas assez. Bref on ne s'ennuie pas.
Un homme est mort
Un bon album naviguant entre fiction et documentaire, traitant du combat entrepris à l’époque par la classe ouvrière et les organisations syndicales pour obtenir des revalorisations salariales nécessaires pour assouvir les besoins primaires des familles. J’ai bien aimé les dessins et la colorisation qui retransmet bien les ambiances, mais, de la part de Davodeau, le résultat n’est pas étonnant et confirme tout le bien que je pensais de cet auteur. Le scénario, lui, est fluide et même si l’on note beaucoup de démagogie, c’est tout de même instructif et sûrement à lire. En tout cas, je ne regrette pas mon achat.
American Jesus (Chosen)
Franchement bien, oui. Faut dire que le 4e de couv’ remplit son rôle d’éveiller l’intérêt du lecteur et que le contenu est à la hauteur des attentes suscitées. Le récit, bien amené, est en quelque sorte une parabole sur le retour du fils de Dieu sur terre. Sauf que Dieu semble avoir choisi un cancre et un bon à rien comme corps terrestre. Je suis surpris de voir traiter un sujet hautement biblique d’une telle manière dans une Amérique aussi puritaine et croyante. Tout au long de l’album, on se demande comment cela va se terminer. Et je dois dire que je ne suis pas déçu par le final plutôt surprenant et inattendu. Certes, c’est un peu bateau mais pas grotesque. Le dessin est bon mais j’ai par contre eu un peu de mal avec les teintes diluées des couleurs. Toutefois, cette impression s’estompe une fois rentré dans l’histoire. Bref, un bon one shot !
Voies off
BD petit format rigolo : environ 1/2 des BD classiques... 10 petites nouvelles commençant et finissant par une pleine page, histoire de faire une belle intro et une surprenante conclusion... Tout ça m'a procuré un GRAND plaisir ! J'ai été embarqué par ces histoires courtes mais intenses se terminant par une surprise du plus bel effet, sans être capilo-tractée. Les dessins sont sympa, mais aurait mérité un peu plus de nuances... mais rien qui ne gâche le plaisir.
Bicot
Vraiment curieuse, l'histoire de Bicot... Le 20 Septembre 1920 paraissent aux Etats-Unis, dans le quotidien "Chicago Tribune", les aventures de Winnie Winkle. Winnie ?... Une jeune fille émancipée qui travaille comme secrétaire. Elle vit chez ses parents -Rip et Ma- et a un petit frère : Perry. Winnie va vivre une longue vie "sur papier", se marier en 1937, avoir une petite fille (Wendy), et perdre son mari -engagé dans l'armée en 1941- quelques années plus tard. Elle deviendra une dessinatrice de mode et sera désormais une femme libre et indépendante... Et "Bicot", dans tout ça ?...Curieusement, aux Etats-Unis, Perry n'est qu'une sorte de faire-valoir de sa soeur. Il grandit, tout comme elle, et n'intervient que de temps en temps aux côtés de cette dernière. MAIS : il n'en est pas de même en Europe (surtout en France et aux Pays-Bas). Devenu "Bicot" dans la traduction française, ce petit garçon est directement sollicité par le lectorat. Dans les traductions de l'époque, il devient vite le pivot central de la série et vivra -rapidement- ses propres petites aventures. Ses débuts réels, en langue française, se font dans le "Dimanche Illustré" du 9 Mars 1924. Et Bicot va vivre -lui aussi- une longue carrière... Les gens vont s'attacher -tout comme moi- aux péripéties comiques de ce petit déluré ; lequel ouvrira plus tard la porte à Dennis la malice et autres garnements de ce style. Curieux : Bicot va grandir "un peu" dans ses multiples aventures. Mais, en 1959, les scénaristes français de l'époque -Maric et Dorémieux- décident d'en arrêter sa "croissance". Bicot ?... C'est tout simple, assez teinté de naïveté. Ce sont des bêtises de gamin(s), des journées passées à rêver d'aventures, à en vivre par la suite de vraies. Au fil des albums il deviendra marin, chef d'orchestre, pompier, général... Bicot ?... ce sont des histoires qui ne demandent rien à personne, sauf le plaisir d'en relire occasionnellement dans ces "vieux machins" qui sentent si bon le papier d'époque. Les albums : pas facile de s'y retrouver ! Aux éditions Hachette : 14 tomes cartonnés, de 1926 à 1939 Aux éditions Azur : 3 cartonnés + 2 intégrales, de 1959 à 1970 Aux éditions Veyer : simples rééditions de ces précédents albums. Aux éditions Anagramme : rééditions diverses en 1975 Aux éditions Artefact : rééditions diverses en 1985 Chez Glénat : 3 rééditions cartonnées, en 1997 et 98, des premiers Hachette n° 9, 10 et 11. En réalité : seules les 14 "Hachette" et les 5 "Azur" sont des E.O. Si vous voulez "du Bicot", je ne saurais vous conseiller que les tomes parus chez Glénat (sans obligation aucune). Encore trouvables, vous y découvrirez un joyeux petit monde encore dans la mémoire de très nombreux lecteurs.
Johan et Pirlouit
Une excellente série qui débute dans le quotidien belge "La Dernière Heure" (qui existe toujours) n° 101, 41ème année, du 11 Avril 1946. Johan, page de son état, y vit un court gag en quatre cases. Puis, plus rien jusqu'au 16 Janvier 1947 où il amorce son retour sous le trait beaucoup plus sûr de Peyo. Septembre 1952. Passage dans l'hebdo Spirou. De blond, Johan va devenir brun et vivre des aventures dans un univers médiéval. Deux ans plus tard : un véritable coup de canon dans le ciel de la loufoquerie ! Johan va rencontrer Pirlouit... et sa chèvre Biquette. Nos deux compères vont devenir les meilleurs amis du monde. Autant l'un a un caractère "adulte" et réfléchi, autant l'autre est hargneux et colérique. Et ces caractères, que tout oppose, font forger un magnifique duo que Peyo va emmener dans de palpitantes aventures. Et puis, et puis... arrive le 23 Octobre 1958. Nos compères font la rencontre de petits gnomes bleus sautillants ; des gnomes au nom imprononçable et qui -par la suite- vont conquérir le monde entier : les Schtroumpfs ! Rapidement plébicités, ces derniers vont s'accaparer la vedette, nos amis passant ainsi quasi au second plan des histoires. Peyo les délaisse alors en 1970. Et ce n'est que 24 ans plus tard qu'ils feront leur retour, sous un scénario créé par le fils de Peyo (décédé) et dessinés par Alain Maury. Johan et Pirlouit ?... Qu'est-ce que j'aimais bien ! (et encore maintenant d'ailleurs). Des histoires bien construites, de l'action, des bagarres, de l'humour, le déchaînement quasi continuel de Pirlouit ; le tout sous le graphisme inimitable de Peyo. Cette véritable saga ne m'a jamais déçu, tant par ses ambiances, ses décors "folkloriques", ses "seconds couteaux" (le Roi, Dame Barbe, les "méchants" de service...). Une véritable oeuvre reprise de bien belle façon ; car les nouveaux albums ne déméritent pas ! (même s'il y a moins d'humour).
Bécassine
Début 1905... un nouvel hebdo doit paraître bientôt : "La Semaine de Suzette". Problème : rien de prévu pour la dernière page. Le neveu de l'éditeur trace alors en quelques lignes l'histoire d'une petite campagnarde qui arrive à Paris et commet une énorme bourde pour ses débuts. Appel est alors fait à un jeune dessinateur sur place. En quelques traits il va imaginer et croquer une des héroïnes les plus connues de la BD française : Bécassine. Bécassine ?... En réalité Annaïck Labornez, née à Clocher-les-Bécasses. Cette brave petite bretonne, naïve, dévouée, le coeur sur la main, est une servante. Et avec ses gros sabots, elle va traverser avec succès quasi tout le siècle ! Elle débute ce qui sera sa très longue carrière dans "La Semaine de Suzette" n° 1 du 2 Février 1905. Comme pour certains films, certains romans, Bécassine va se "faire toute seule". Aucune publicité. Mais ce qui devait rester une histoire anecdotique va prendre une réelle ampleur. Le magazine est surtout destiné aux jeunes lectrices et à leurs mamans. Bécassine est aussitôt adoptée, réellement réclamée à cors et à cris à l'éditeur qui va alors réaliser les ventes de sa vie ! Je l'aime vraiment bien, Bécassine. Avec un siècle de retard j'ai retrouvé dans ses albums une véritable fresque, une description des classes sociales de l'époque. En ce "temps là", on s'esbaudissait dans les milieux parisiens des bourdes de cette "rurale". Et pourtant, à la lecture de ces histoires simples, on peut facilement se rendre compte -à l'heure actuelle- que cette "manuelle" était quasi la seule à faire preuve de bon sens. Bécassine ?... Elle n'a pourtant été voulue que comme une oeuvre divertissante, sans prétention aucune sauf celle de vouloir donner du bonheur de lecture. Et je crois qu'elle y a réussi...
Quartier lointain
Voila le genre de bd (manga) qui donne au neuvième art ses véritables lettres de noblesse. On est en présence ici, d'un auteur sensible et subtil qui possède ce que beaucoup se cherchent parfois en vain ; un style. Et ce style, c'est dans l'art de créer une ambiance, un climat qu'il réside. On suit en effet, le parcours du personnage principal en réussissant parfaitement à voir ce qu'il voit, à ressentir ce qu'il ressent, à être poursuivit par l'étrange sentiment d'être un intrus dans un univers autrefois familier. C'est puissant comme talent ; amener le lecteur à se sentir impliqué par ce qui ne pourrait qu'être une trame parmi d'autres, c'est tout simplement l'apanage des grands auteurs. De toute évidence Taniguchi le possède ce talent d'auteur, et tandis que les pages nous conduisent lentement mais sûrement vers le dénouement de l'histoire, on est à la fois pressé d'en connaître les détails et frustré à l'avance de devoir quitter les personnages qui l'habitent. Voila en tous les cas, une belle manière d'explorer un thème éculé au possible, celui du voyage dans le temps. Comme quoi, quant on place l'homme au centre de l'histoire et non pas les effets en tout genre, on arrive à toucher le coeur. Je conseille pour tout ceux que ça intéresse.
Ulysse
Ulysse ?... Une magnifique interprétation de l'oeuvre d'Homère ; oeuvre qui devient ici un récit moderne de science-fiction. Elle débute dans "Linus" n° 38 de Mai 1968 et se termine dans le mensuel "Phénix" n° 38 de Juin 1974. Aux commandes ?... Lob et Pichard, que je connaissais pour Submerman et Blanche Epiphanie. Le postulat suit le récit d'Homère : Ulysse, un brave guerrier, se distingue pendant la guerre de Troie. Il s'apprête ensuite à rejoindre son épouse... Mais à partir de là, tout bifurque : Ulysse va se trouver confronté à de sombres manigances menées par de fourbes extraterrestres ; lesquels détiennent une technologie fort avancée. Ces "choses" vont essayer de subordonner le héros, qui ne devra la vie sauve qu'à l'intervention d'Athéna... J'ai été surpris, fort agréablement, par cette transformation de l'esprit originel de l'histoire d'Homère (et je suis aussi devenu -plus tard- fan de la série télé "Ulysse 31", par la même occasion !). Cette série ci est un magnifique palimpeste. Le chef d'oeuvre de Lob et Pichard ?... Je ne sais... mais qu'est-ce que c'est drôlement bien réalisé !...
Le Peuple des endormis
Eh bien, je trouve iannick bien sévère sur cet album ! Et c'est moi qui ne le comprends pas quand il dit qu'il ne comprend pas ce qui motive les personnages dans leurs actions... Pour ma part, je n'attendais pas grand chose de génial en commençant ma lecture : autant je suis fan de Jean-Claude Tergal, Raymond Calbuth et autre Sacré Jésus, autant les récentes incursions de Tronchet hors du domaine de la BD d'humour pure et dure comme Là-bas ou Ma Vie en l'air ne m'avaient que moyennement convaincu (pour ne pas dire carrément déçu). Mais j'ai été très agréablement surpris par cette histoire qui, un peu à la manière d'une série comme De Cape et de Crocs (ou des aventures d'Isaac le pirate avant qu'elles ne deviennent chiantes), mêle aventures historiques et humour (en moins fantaisiste et débridé que la BD d'Ayroles et Masbou, certes). Une virée en mer et une plongée dans les profondeurs, encore mystérieuses à l'époque, de l'Afrique noire, voilà qui ne se refuse pas en ces temps mornes. Le livre doit beaucoup au personnage du Marquis de Dunan (que Tronchet a affublé d'une tronche impayable, sorte de version sympa d'Iznogoud, qui est pour beaucoup dans le charme du personnage), baratineur génial et pitoyable, coureur de jupons mythomane constamment entraîné dans une fuite en avant par ses bobards et ses frasques. Il porte le bouquin sur ses épaules, séduit et entraîne à l'aventure le lecteur comme il le fait avec Jean, le jeune héros du Peuple des endormis. Alors évidemment, si Dunan ne vous amuse ou fascine pas, il y a de fortes chances que vous n'accrochiez pas du tout à l'intrigue, dont il est le moteur (Jean lui-même, bien qu'étant le narrateur et le "héros", se contente de suivre docilement), et qui suit ses caprices. Ce qui serait dommage, car vous passeriez à côté de ce qui s'annonce comme un excellent diptyque.