Une série unique en son genre.
M-A. M exploite de façon optimale le média BD en mettant à contribution le langage de la BD et le support papier (découpage, “boucle temporelle” grâce à une astuce matérielle, etc...) dans le déroulement du scénario.
D’ailleurs, je trouve dommage que certains avis précédant le mien dévoilent la surprise que M-A. M nous réserve à chaque tome. En effet, pour ma part j’ai eu la chance de découvrir chacune d’entre elles, au cours de ma lecture, au détour d’une page, et ce fut toujours un vrai bonheur de bédéphile.
M-A. M illustre son exercice de style d’un noir et blanc assez classe, mais d’une rare froideur, avec une prédilection pour les effets d’ombre et de perspective.
Quel est son propos, au fond ? Nous parler de la déshumanisation et de la solitude dans les grands centres urbains ? de la dictature générée par une bureaucratie toute-puissante ? Ou tout simplement, nous dire que la bande dessinée est un média merveilleux dont on n’exploite pas tout le potentiel expressif ?
C’est donc une lecture parfois assez aride, parce que les personnages sont traités de façon minimaliste, ce sont plus des archétypes que de réels êtres de fiction, mais c’est surtout une démonstration d’une intelligence rare. C’est peut-être un plaisir d’intello, en tous cas c’est de la BD expérimentale comme je l’aime !
Pourquoi un Lone Sloane à part de la série initialement avisée ?
Parce que je l'aime beaucoup, ce gars-là, et j'estime -humble avis personnel- que Sloane a "deux vies", deux périodes bien distinctes.
La seconde est celle qui a débuté dans l'hebdo Pilote, dès 1970, et qui connaîtra la grande carrière que vous savez.
Puis il y a celle-ci, la vie quasi inconnue de Sloane, parue presque "en douce" aux Editions Losfeld en 1966. Cet album est une réelle rareté et est quasi introuvable sur le "marché". J'ai donc préféré aviser ce "Lone Sloane 66", paru en 1977 aux Humanoïdes ; album qui reprend même deux inédits (et dont la couverture est vraiment très belle).
Cet album, que j'aime beaucoup, reprend le début d'une incroyable aventure dotée d'un graphisme novateur ; ce dans le milieu des années 60. Druillet conte ici, de bien belle façon, la geste d'un aventurier de l'espace plus souvent victime de faits que décideur.
Ses aventures vont révolutionner l'art de la mise en scène, du découpage, des couleurs, du lettrage. Mais tout cela n'éclatera qu'au début des années 70.
Druillet en est ici à ses débuts. Le trait est haché, simple, les personnages -bien campés pourtant- ont des positions corporelles malhabiles, des expressions simplifiées. Le tout est en bicolore bleu et blanc.
Mais j'ai déjà ressenti l'incroyable richesse des personnages et décors qui vont se sublimer dans les années à venir.
Le début d'une très longue saga qui fera que la BD de science-fiction française ne sera plus jamais la même.
Si vous devez avoir un album de science-fiction, c'est celui-ci ! Non pas pour ses qualités graphiques -Druillet se "cherche" encore- mais parce qu'il représente l'explosion d'un nouveau style dont nombre de dessinateurs et scénaristes s'inspireront...
Lucky Luke est une belle et grande série.
Lucky Luke est une BD aux personnages extraordinaires et attachants, une BD qui présente une histoire par tome, bien souvent amusante et divertissante, une BD qui parvient à allier avec brio humour et aventure. Une BD qui réussit à offrir une grande majorité de très bons albums sur son ensemble.
Il y a même quelques vrais chefs-d'oeuvre comme: Le Juge, Les rivaux de Painful Gulch, Calamity Jane, En remontant le Mississipi, La Dilligence, Dalton city, Le pied Tendre, Billy the Kid, Des Barbelés sur la Prairie, L'Empereur Smith, Jesse James... La liste n'est pas exhaustive, j'en ai peut-être oublié un ou deux mais c'est mes titres préférés.
Je trouve aussi que même les tous premiers albums ne sont pas déplaisants, certains sont même très bons, comme Lucky Luke contre Joss Jamon, Hors la loi, Phil Defer ou l'Elixir du Docteur Doxey entre autres.
Evidemment j'ai une nette préférence pour l'age d'or de Lucky Luke, la période scénarisée par le grand René Goscinny, il me semble inutile d'expliquer pourquoi.
J'adore Lucky Luke, j'en possède tous les albums de: Sous le ciel de l'ouest au Daily Star... Je les relis toujours avec le même plaisir depuis ma petite enfance.
Lucky Luke est une série formidable, à découvrir particulièrement par tous les enfants qui s'intéressent un tant soi peu à la BD.
I'm poor lonesome cow boy...
And a long long way from home...
I'm poor lonesome cow boy...
JJJ
Un terrible album témoignage...
L'épouse de Philippe Druillet, hospitalisée, meurt au début de 1976, emportée par un cancer...
Druillet ne s'en remettra pas et déclare sa haine envers les médecins, envers cette "médecine de riches" (relisez donc sa préface dans la fenêtre "histoire").
Résumer cet album est impossible. Je l'ai encaissé comme un violent coup de point dans la gueule...
"La Nuit" est -pour moi- l'oeuvre de Druillet la plus personnelle, la plus forte ; celle qui pose le plus de questions au lecteur...
Qu'en dire ?... Il faut lire cet album noir et rouge comme la mort et le sang.
Ces "laissés-pour-compte" qui envahissent le coeur de la ville sont-ils les stigmates de ce cancer qui se développe ?... Les "polars" qui les tuent et mangent sont-ils des globules ?... Cette aube qui se lève et qui anéantit tout est-elle la piqûre ultime avant le "grand passage" ?...
A vous de décider, si vous le pouvez...
Un album-témoignage... un album-testament...
Chaud... et glacial...
Yragaël ?... Un fantastique diptyque...
Druillet m'a emmené "voir" l'histoire du tout dernier empire sur la Terre, de l'ultime domaine à encore porter l'empreinte des dieux créateurs.
J'ai assisté à l'histoire d'Yragaël, héritier du trône de Spharaïn, et de sa lutte effrayante et triste contre son frère fou, Saber d'Irismonde.
J'ai vécu la balade du plus fragile et terrifiant amour que jamais un mâle noble porta à une magicienne.
Et j'ai aussi vécu le récit de la fin des hommes...
Yragaël -et sa suite "Urm le Fou"- ?... C'est un scénario "en béton" de Michel Demuth, dans une mise en page de Druillet alors à l'apogée de son art. C'est une longue histoire, forte, noire, faite de questions, de sang, d'amours impossibles magistralement mise en images.
Druillet arrive encore à m'étonner dans une mise en page baroque, chaotique... ou très sobre. Des dessins pleine page, très fouillés, me révèlent toute la richesse de son immense talent.
Rêves et mystères s'entremêlent dans une sorte d'apocalypse mystique. A nouveau des architectures démentielles, démesurées, gigantesques ; des couleurs chaudes ou froides mêlées dans des entrelacs d'un superbe lettrage créé par Dom.
Ces deux livres ne se lisent pas ; ils se dégustent, doucement, page après page, comme un excellent dessert... parfois trop copieux.
Druillet : j'aime !
C'est l'histoire de Zoé, une histoire sombre et désespérée comme Chabouté sait si bien les conter.
C'est dans un univers rural, que l'auteur creuse une fois de plus son noir sillon, le drame qu'est Zoé se déroule à la campagne, loin de la ville et son agitation.
L'intrigue suante de pessimisme se déroule de façon simple, une histoire tragique et émouvante de laquelle toute forme d'humour est exclue. L'ambiance est tendue, il est inutile d'attendre une séquence douce désamorçant un peu la tristesse qui se dégage de ces pages car elle ne viendra pas. Zoé garde sa noirceur d'un bout à l'autre du récit, forçant le lecteur à rester sur le fil du rasoir du début à la fin, Zoé est une lecture éprouvante.
Les dessins de Chabouté, d'un pur noir et blanc éclatant et sans nuances, subliment cette histoire. C'est tout simplement magnifique.
Zoé est une lecture marquante, une lecture qui donne froid... Un de ces albums puissants que l'on n'oublie pas de sitôt quand on l'a lu.
Mon Chabouté préféré.
JJJ
Boule et Bill, c’est un duo attachant, une série bonne enfant, et de ce fait peut-être un peu désuète, faite uniquement d’humour et de tendresse.
Le dessin n’est pas extraordinaire, néanmoins Roba a su conférer à son cocker une bouille complètement craquante, qui continue de m’attendrir, alors que je ne suis plus depuis longtemps, le coeur de cible de cette série.
Bien sûr, les scénarios sont gentillets, et ne vont pas chercher très loin, mais on est tout de même loin de la lourdeur répétitive et du désespérant minimalisme d’un “Garfield”, par exemple. Il y a toujours une vraie chute, et si le rire n’est pas toujours au rendez-vous, le sourire, lui, oui.
Pour moi, tout simplement incontournable.
C’est une amie qui m’a littéralement mis le tome 1 dans les mains, en me disant que c’était encore mieux que Nana, manga du même auteur que je lui avais fait découvrir et par lequel je l’avais initiée au manga. J’avoue néanmoins, que c’est avec un enthousiasme mesuré que j’ai abordé la lecture de cette série, les personnages principaux ne m’apparaissant pas a priori, spécialement sympathiques.
Le moins que je puisse dire, est que j’ai très vite changé d’avis. Dés l’introduction, j’ai été conquise. Déjà, je suis tombé sous le charme de l’atelier dans lequel se déroule une partie de l’histoire. Ce lieu imprime dès le départ une atmosphère particulière, d’effervescence créatrice et d’exacerbation des sentiments, qui m’a littéralement envoûtée.
Une fois encore, le dessin est un régal de finesse et d’élégance, que ce soit dans la représentation des personnages et notamment leurs vêtements, ou dans celle des décors urbains, la ruelle où se situe l’atelier (et l’atelier lui-même), en tête.
L’histoire quant à elle, aborde les thèmes du premier amour, et des premières blessures, mais aussi de ce qui fonde une amitié ou une personnalité, et de la difficulté d’être soi et de vivre en harmonie avec les autres sans compromettre ses aspirations profondes. Comme toujours avec Yazawa, ces thèmes sont abordés de façon subtile ; chaque personnage se dévoile progressivement dans sa complexité et ses contradictions.
On enfile donc la lecture de ces 5 tomes avec gourmandise ; et pour peu qu’on ait la fibre créatrice, on ressent rapidement des fourmillements dans les doigts et une furieuse envie de concevoir, dessiner, réaliser. Et à mes yeux, ce n’est pas la moindre qualité de ce manga.
Un seul bémol : ce qui va motiver les 4 élèves de l’école de stylisme, 4 tomes durant, à savoir le défilé de fin d’année, si important pour Georges le personnage principal, va se dérouler en une vingtaine de pages, préparatifs compris, et sans que l’on voit d’autres prestations que celle du groupe de Para-Kiss. Vraiment dommage puisqu’il s’agissait d’une compétition.
Voilà, c’est un manga à mon avis plus orienté shojo, que ne l’est “Nana”, aussi, si j’en conseille bien évidemment la lecture, c’est plutôt à un lectorat féminin que je m’adresse.
Une très bonne série, laquelle démarre dans l'hebdo Spirou n° 2507 du 29 Avril 1986.
J'aime vraiment bien le postulat de départ : un lieutenant du "Police Department City of New York" qui mène une double vie : celle de flic et celle -soi disant- de pasteur ; et ce pour ne pas traumatiser sa mère qui vit chez lui.
C'est tout bête comme idée ; mais qu'est-ce que c'est bien pensé et réalisé ! J'ai parfois l'impression -à la lecture des tomes- de me retrouver dans un film d'action sur papier. Les dialogues sont assez percutants, la mise en page -elle- bénéficie de cadrages souvent audacieux.
Humour, suspense, action, dessin dynamique... un beau carré, bien structuré, pour une série pétaradante.
Très bon. Vraiment.
Le Petit Spirou ?... Ben... c'est le "Grand" quand il était petit...
Et par moments, c'est vraiment irrésistible de drôlerie...
Tome et Janry ont eu la très bonne idée de l'habiller d'un costume de groom ; tout comme son aîné. Et leur coup de génie, je pense, est d'avoir -entre autres- créé un sacré duo avec son Grand-Papy.
Mais le "petit" n'est pas seul. Une chouette galerie de personnages l'entourent : ses copains Vertignasse et Boule de Gras, sans oublier sa "fiancée" Suzette. Tout ce petit monde -et bien d'autres encore- vivent, se disputent, râlent, font des farces, sont amoureux, gesticulent, s'énervent souvent pour pas grand chose...
Le Petit Spirou ?... C'est une partie renouvelée de mon enfance, de la vôtre peut-être. Qui n'a pas connu de Mr. Mégot, d'abbé Langélusse, de censeur comme Nairdebeux. Hein, dites ?!?...
Une très belle série où je passe de la classe à la cour de récré, aux voyages scolaires, à la vie de famille ; le tout au travers de gags vraiment très biens construits et qui ne ratent quasi jamais leur cible : le rire.
Et sincèrement, ça me fait très souvent -et vraiment- marrer !
Une véritable saga humoristique, non dénuée d'une certaine poésie, débutée en 1987, et qui se renouvelle au gré des gags en une planche ou en histoires complètes.
J'aime vraiment bien.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Julius Corentin Acquefacques
Une série unique en son genre. M-A. M exploite de façon optimale le média BD en mettant à contribution le langage de la BD et le support papier (découpage, “boucle temporelle” grâce à une astuce matérielle, etc...) dans le déroulement du scénario. D’ailleurs, je trouve dommage que certains avis précédant le mien dévoilent la surprise que M-A. M nous réserve à chaque tome. En effet, pour ma part j’ai eu la chance de découvrir chacune d’entre elles, au cours de ma lecture, au détour d’une page, et ce fut toujours un vrai bonheur de bédéphile. M-A. M illustre son exercice de style d’un noir et blanc assez classe, mais d’une rare froideur, avec une prédilection pour les effets d’ombre et de perspective. Quel est son propos, au fond ? Nous parler de la déshumanisation et de la solitude dans les grands centres urbains ? de la dictature générée par une bureaucratie toute-puissante ? Ou tout simplement, nous dire que la bande dessinée est un média merveilleux dont on n’exploite pas tout le potentiel expressif ? C’est donc une lecture parfois assez aride, parce que les personnages sont traités de façon minimaliste, ce sont plus des archétypes que de réels êtres de fiction, mais c’est surtout une démonstration d’une intelligence rare. C’est peut-être un plaisir d’intello, en tous cas c’est de la BD expérimentale comme je l’aime !
Lone Sloane 66
Pourquoi un Lone Sloane à part de la série initialement avisée ? Parce que je l'aime beaucoup, ce gars-là, et j'estime -humble avis personnel- que Sloane a "deux vies", deux périodes bien distinctes. La seconde est celle qui a débuté dans l'hebdo Pilote, dès 1970, et qui connaîtra la grande carrière que vous savez. Puis il y a celle-ci, la vie quasi inconnue de Sloane, parue presque "en douce" aux Editions Losfeld en 1966. Cet album est une réelle rareté et est quasi introuvable sur le "marché". J'ai donc préféré aviser ce "Lone Sloane 66", paru en 1977 aux Humanoïdes ; album qui reprend même deux inédits (et dont la couverture est vraiment très belle). Cet album, que j'aime beaucoup, reprend le début d'une incroyable aventure dotée d'un graphisme novateur ; ce dans le milieu des années 60. Druillet conte ici, de bien belle façon, la geste d'un aventurier de l'espace plus souvent victime de faits que décideur. Ses aventures vont révolutionner l'art de la mise en scène, du découpage, des couleurs, du lettrage. Mais tout cela n'éclatera qu'au début des années 70. Druillet en est ici à ses débuts. Le trait est haché, simple, les personnages -bien campés pourtant- ont des positions corporelles malhabiles, des expressions simplifiées. Le tout est en bicolore bleu et blanc. Mais j'ai déjà ressenti l'incroyable richesse des personnages et décors qui vont se sublimer dans les années à venir. Le début d'une très longue saga qui fera que la BD de science-fiction française ne sera plus jamais la même. Si vous devez avoir un album de science-fiction, c'est celui-ci ! Non pas pour ses qualités graphiques -Druillet se "cherche" encore- mais parce qu'il représente l'explosion d'un nouveau style dont nombre de dessinateurs et scénaristes s'inspireront...
Lucky Luke
Lucky Luke est une belle et grande série. Lucky Luke est une BD aux personnages extraordinaires et attachants, une BD qui présente une histoire par tome, bien souvent amusante et divertissante, une BD qui parvient à allier avec brio humour et aventure. Une BD qui réussit à offrir une grande majorité de très bons albums sur son ensemble. Il y a même quelques vrais chefs-d'oeuvre comme: Le Juge, Les rivaux de Painful Gulch, Calamity Jane, En remontant le Mississipi, La Dilligence, Dalton city, Le pied Tendre, Billy the Kid, Des Barbelés sur la Prairie, L'Empereur Smith, Jesse James... La liste n'est pas exhaustive, j'en ai peut-être oublié un ou deux mais c'est mes titres préférés. Je trouve aussi que même les tous premiers albums ne sont pas déplaisants, certains sont même très bons, comme Lucky Luke contre Joss Jamon, Hors la loi, Phil Defer ou l'Elixir du Docteur Doxey entre autres. Evidemment j'ai une nette préférence pour l'age d'or de Lucky Luke, la période scénarisée par le grand René Goscinny, il me semble inutile d'expliquer pourquoi. J'adore Lucky Luke, j'en possède tous les albums de: Sous le ciel de l'ouest au Daily Star... Je les relis toujours avec le même plaisir depuis ma petite enfance. Lucky Luke est une série formidable, à découvrir particulièrement par tous les enfants qui s'intéressent un tant soi peu à la BD. I'm poor lonesome cow boy... And a long long way from home... I'm poor lonesome cow boy... JJJ
La Nuit
Un terrible album témoignage... L'épouse de Philippe Druillet, hospitalisée, meurt au début de 1976, emportée par un cancer... Druillet ne s'en remettra pas et déclare sa haine envers les médecins, envers cette "médecine de riches" (relisez donc sa préface dans la fenêtre "histoire"). Résumer cet album est impossible. Je l'ai encaissé comme un violent coup de point dans la gueule... "La Nuit" est -pour moi- l'oeuvre de Druillet la plus personnelle, la plus forte ; celle qui pose le plus de questions au lecteur... Qu'en dire ?... Il faut lire cet album noir et rouge comme la mort et le sang. Ces "laissés-pour-compte" qui envahissent le coeur de la ville sont-ils les stigmates de ce cancer qui se développe ?... Les "polars" qui les tuent et mangent sont-ils des globules ?... Cette aube qui se lève et qui anéantit tout est-elle la piqûre ultime avant le "grand passage" ?... A vous de décider, si vous le pouvez... Un album-témoignage... un album-testament... Chaud... et glacial...
Yragael / Urm le Fou
Yragaël ?... Un fantastique diptyque... Druillet m'a emmené "voir" l'histoire du tout dernier empire sur la Terre, de l'ultime domaine à encore porter l'empreinte des dieux créateurs. J'ai assisté à l'histoire d'Yragaël, héritier du trône de Spharaïn, et de sa lutte effrayante et triste contre son frère fou, Saber d'Irismonde. J'ai vécu la balade du plus fragile et terrifiant amour que jamais un mâle noble porta à une magicienne. Et j'ai aussi vécu le récit de la fin des hommes... Yragaël -et sa suite "Urm le Fou"- ?... C'est un scénario "en béton" de Michel Demuth, dans une mise en page de Druillet alors à l'apogée de son art. C'est une longue histoire, forte, noire, faite de questions, de sang, d'amours impossibles magistralement mise en images. Druillet arrive encore à m'étonner dans une mise en page baroque, chaotique... ou très sobre. Des dessins pleine page, très fouillés, me révèlent toute la richesse de son immense talent. Rêves et mystères s'entremêlent dans une sorte d'apocalypse mystique. A nouveau des architectures démentielles, démesurées, gigantesques ; des couleurs chaudes ou froides mêlées dans des entrelacs d'un superbe lettrage créé par Dom. Ces deux livres ne se lisent pas ; ils se dégustent, doucement, page après page, comme un excellent dessert... parfois trop copieux. Druillet : j'aime !
Zoé
C'est l'histoire de Zoé, une histoire sombre et désespérée comme Chabouté sait si bien les conter. C'est dans un univers rural, que l'auteur creuse une fois de plus son noir sillon, le drame qu'est Zoé se déroule à la campagne, loin de la ville et son agitation. L'intrigue suante de pessimisme se déroule de façon simple, une histoire tragique et émouvante de laquelle toute forme d'humour est exclue. L'ambiance est tendue, il est inutile d'attendre une séquence douce désamorçant un peu la tristesse qui se dégage de ces pages car elle ne viendra pas. Zoé garde sa noirceur d'un bout à l'autre du récit, forçant le lecteur à rester sur le fil du rasoir du début à la fin, Zoé est une lecture éprouvante. Les dessins de Chabouté, d'un pur noir et blanc éclatant et sans nuances, subliment cette histoire. C'est tout simplement magnifique. Zoé est une lecture marquante, une lecture qui donne froid... Un de ces albums puissants que l'on n'oublie pas de sitôt quand on l'a lu. Mon Chabouté préféré. JJJ
Boule & Bill
Boule et Bill, c’est un duo attachant, une série bonne enfant, et de ce fait peut-être un peu désuète, faite uniquement d’humour et de tendresse. Le dessin n’est pas extraordinaire, néanmoins Roba a su conférer à son cocker une bouille complètement craquante, qui continue de m’attendrir, alors que je ne suis plus depuis longtemps, le coeur de cible de cette série. Bien sûr, les scénarios sont gentillets, et ne vont pas chercher très loin, mais on est tout de même loin de la lourdeur répétitive et du désespérant minimalisme d’un “Garfield”, par exemple. Il y a toujours une vraie chute, et si le rire n’est pas toujours au rendez-vous, le sourire, lui, oui. Pour moi, tout simplement incontournable.
Paradise Kiss
C’est une amie qui m’a littéralement mis le tome 1 dans les mains, en me disant que c’était encore mieux que Nana, manga du même auteur que je lui avais fait découvrir et par lequel je l’avais initiée au manga. J’avoue néanmoins, que c’est avec un enthousiasme mesuré que j’ai abordé la lecture de cette série, les personnages principaux ne m’apparaissant pas a priori, spécialement sympathiques. Le moins que je puisse dire, est que j’ai très vite changé d’avis. Dés l’introduction, j’ai été conquise. Déjà, je suis tombé sous le charme de l’atelier dans lequel se déroule une partie de l’histoire. Ce lieu imprime dès le départ une atmosphère particulière, d’effervescence créatrice et d’exacerbation des sentiments, qui m’a littéralement envoûtée. Une fois encore, le dessin est un régal de finesse et d’élégance, que ce soit dans la représentation des personnages et notamment leurs vêtements, ou dans celle des décors urbains, la ruelle où se situe l’atelier (et l’atelier lui-même), en tête. L’histoire quant à elle, aborde les thèmes du premier amour, et des premières blessures, mais aussi de ce qui fonde une amitié ou une personnalité, et de la difficulté d’être soi et de vivre en harmonie avec les autres sans compromettre ses aspirations profondes. Comme toujours avec Yazawa, ces thèmes sont abordés de façon subtile ; chaque personnage se dévoile progressivement dans sa complexité et ses contradictions. On enfile donc la lecture de ces 5 tomes avec gourmandise ; et pour peu qu’on ait la fibre créatrice, on ressent rapidement des fourmillements dans les doigts et une furieuse envie de concevoir, dessiner, réaliser. Et à mes yeux, ce n’est pas la moindre qualité de ce manga. Un seul bémol : ce qui va motiver les 4 élèves de l’école de stylisme, 4 tomes durant, à savoir le défilé de fin d’année, si important pour Georges le personnage principal, va se dérouler en une vingtaine de pages, préparatifs compris, et sans que l’on voit d’autres prestations que celle du groupe de Para-Kiss. Vraiment dommage puisqu’il s’agissait d’une compétition. Voilà, c’est un manga à mon avis plus orienté shojo, que ne l’est “Nana”, aussi, si j’en conseille bien évidemment la lecture, c’est plutôt à un lectorat féminin que je m’adresse.
Soda
Une très bonne série, laquelle démarre dans l'hebdo Spirou n° 2507 du 29 Avril 1986. J'aime vraiment bien le postulat de départ : un lieutenant du "Police Department City of New York" qui mène une double vie : celle de flic et celle -soi disant- de pasteur ; et ce pour ne pas traumatiser sa mère qui vit chez lui. C'est tout bête comme idée ; mais qu'est-ce que c'est bien pensé et réalisé ! J'ai parfois l'impression -à la lecture des tomes- de me retrouver dans un film d'action sur papier. Les dialogues sont assez percutants, la mise en page -elle- bénéficie de cadrages souvent audacieux. Humour, suspense, action, dessin dynamique... un beau carré, bien structuré, pour une série pétaradante. Très bon. Vraiment.
Le Petit Spirou
Le Petit Spirou ?... Ben... c'est le "Grand" quand il était petit... Et par moments, c'est vraiment irrésistible de drôlerie... Tome et Janry ont eu la très bonne idée de l'habiller d'un costume de groom ; tout comme son aîné. Et leur coup de génie, je pense, est d'avoir -entre autres- créé un sacré duo avec son Grand-Papy. Mais le "petit" n'est pas seul. Une chouette galerie de personnages l'entourent : ses copains Vertignasse et Boule de Gras, sans oublier sa "fiancée" Suzette. Tout ce petit monde -et bien d'autres encore- vivent, se disputent, râlent, font des farces, sont amoureux, gesticulent, s'énervent souvent pour pas grand chose... Le Petit Spirou ?... C'est une partie renouvelée de mon enfance, de la vôtre peut-être. Qui n'a pas connu de Mr. Mégot, d'abbé Langélusse, de censeur comme Nairdebeux. Hein, dites ?!?... Une très belle série où je passe de la classe à la cour de récré, aux voyages scolaires, à la vie de famille ; le tout au travers de gags vraiment très biens construits et qui ne ratent quasi jamais leur cible : le rire. Et sincèrement, ça me fait très souvent -et vraiment- marrer ! Une véritable saga humoristique, non dénuée d'une certaine poésie, débutée en 1987, et qui se renouvelle au gré des gags en une planche ou en histoires complètes. J'aime vraiment bien.