Les derniers avis (31951 avis)

Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Vénus Privée - La Première Enquête de Duca Lamberti
Vénus Privée - La Première Enquête de Duca Lamberti

Une jolie trouvaille que cet album à la couverture souple pas franchement ragoûtante. L'adaptation d'un roman de Giorgio Scerbanenco, auteur italien que je ne connaissais pas, par Paolo Bacilieri. Un thriller à l'intrigue classique mais qui se démarque par son personnage principal, Duca Lamberti. Il ne fait pas partie de la police et il a une personnalité singulière, cela devient à la mode après l'excellent Röd i Snön. Duca Lamberti, radié de l'ordre des médecins pour homicide, vient de passer trois ans en prison pour euthanasie. Il va être engager par un riche industriel, il doit surveiller et essayer de sortir le fils de celui-ci de son alcoolisme. La cause de cette addiction va le mener sur le meurtre d'une jeune fille. Une intrigue sombre dans le Milan des années soixante qui va explorer le monde de la prostitution. Un scénario bien construit qui repose sur Duca Lamberti, un homme aux méthodes qui sortent de l'ordinaire et à son tempérament tantôt flegmatique et tantôt sanguin, un sacré cocktail. Un polar noir qui avance intelligemment mais dont je trouve la conclusion un brin expéditive, mais cela n'enlève en rien à mon plaisir de lecture. Les phylactères jouent un rôle important, ils sont entremêlés et prennent beaucoup de place, ils cachent parfois volontairement certaines parties des dessins. La partie graphique en noir et blanc dans un style semi-réaliste est très agréable à regarder. Petites hachures et petits points (façon informatique) sont omniprésents et donnent un effet rétro à l'ambiance du récit. Les personnages sont facilement reconnaissables et leurs trognes très expressives. Notre Duca Lamberti a un petit air de Bruno Cremer. La mise en page fait très polar années 50/60 avec ses nombreux gros plans et ses magnifiques vues urbaines. Une BD que je conseille aux inconditionnels du genre et c'est avec plaisir que je lirai une nouvelle enquête de Duca Lamberti. Le soixantième titre des éditions Ici Même.

21/06/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Djemnah - Les Ombres corses
Djemnah - Les Ombres corses

J'ai eu un petit moment de doute en commençant la BD, qui me semblait aller dans une direction que je trouvais légèrement factice : le type un peu paumé dans sa vie, tombe sur un document, va explorer un lieu en rapport avec ses origines, rencontre une belle jeune femme ... Vous voyez le topo, ça sent l'histoire cousue de fil blanc dans la veine des comédies romantiques ! Eh bien pas vraiment. S'il y a bien une histoire de comédie romantique (que je trouve un poil inséré au chausse-pied), c'est avant tout une chasse aux trésors qui est proposé ici. Et la chasse est originale, puisque nous parlons de vieux papiers et de vieux gréements. Une chasse à quelque chose d'important, mais pas pour tout le monde ... Et d'ailleurs le développement est franchement intéressant, tournant autour de l'histoire de la Corse et de deux personnages centraux de son histoire : Paoli et Napoléon. Et la BD conserve un bel équilibre de l'ensemble qui fait plaisir à lire : c'est à la fois de l'Histoire, mais aussi la question de la famille, d'héritage, de recherches de documents anciens (plutôt bien mis en scène d'ailleurs) et une petite amourette dessus. L'ensemble fait écho à des thématiques actuelles (minage de l'amiante, indépendance corse, etc ...) mais reste dans une légèreté qui donne plus la sensation d'une balade sur l'île de Beauté qu'une véritable plongée dans un polar. Le dessin y est pour beaucoup, magnifiant les paysages de la Corse, la lumière et les reflets. J'ai eu plusieurs fois l'occasion de me rendre en Corse pour des vacances et j'ai presque retrouvé dans mes narines l'odeur de la terre de l'île. C'est beau, franchement beau, magnifique dans les décors. Je n'en dirais pas autant des personnages, qui ont parfois des légères déformations que j'ai trouvé étrange. Surtout dans les visages. C'est plus du détail, mais j'en ai noté quelques uns. En l'état, c'est une BD surprenante par le sujet et le ton qu'elle utilise. Je ne m'attendais pas du tout au développement qu'elle produit et j'ai été séduit par le dessin. C'est une BD qui semble être passé inaperçu et c'est dommage, elle a de belles qualités. Pour ma part, je recommande !

21/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Celeste
Celeste

J'ai apprécié cette série qui met en valeur la personnalité de la gouvernante de Marcel Proust. J'avais déjà été séduit par la façon de Chloé Cruchaudet dans Mauvais genre. L'autrice avait choisi une thématique originale traitée avec une belle maîtrise graphique et littéraire. J'ai retrouvé ces qualités dans "Celeste" en plus affirmées encore. Aborder une histoire où Proust est omniprésent obligeait l'autrice à positionner son niveau de langage à la hauteur du personnage. Cette biographie de Celeste est très documentée à partir de sources comme indiquées en fin d'ouvrage. De plus l'autrice introduit des passages directement issus des romans de Proust. Cruchaudet a donc soigné la mise en scène et son découpage pour produire un récit cohérent où les dialogues de l'autrice se fondent avec bonheur avec l'esprit du romancier. Je ne suis pas un spécialiste de l'œuvre de Proust et cette lecture m'a ainsi surpris sur la personnalité très atypique du romancier. Aux antipodes d'un artiste bohème ou maudit, un des atouts du récit est de montrer que le génie novateur pouvait éclore partout. Le graphisme de Cruchaudet équilibre parfaitement l'esprit littéraire de la série. Le trait est souple, fin et d'une grande légèreté qui convient très bien au domaine des souvenirs proustiens. C'est à la fois tangible et éphémère avec un mélange de documentaire et de poésie. La mise en couleur participe à la volupté de la narration avec une prédominance de tons mauves quelquefois cassés par des couleurs plus vives dans les rouges. J'aurais probablement savouré cette série d'avantage si j'étais un grand lecteur de Proust mais malgré ma faiblesse dans ce domaine j'ai vraiment apprécié cette belle lecture.

20/06/2024 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Les Affamés du crépuscule
Les Affamés du crépuscule

Delcourt nous propose une nouvelle série d'Héroic-Fantasy avec aux manettes Chris Wildgoose au dessin (Porcelaine) et Gwendolyn Willow Wilson (Ms. Marvel) au scénario. Nous voici plongés dans un monde à bout de souffle, où seuls les humains et les orcs ont survécu. Mais sur les quelques terres encore viables, les hommes luttent pour leurs cultures, tandis que les orcs veulent assurer le pâturage de leurs bêtes. En guerre depuis plus de cinq générations pour s'assurer terres et pouvoirs, les deux races vont devoir malgré tout faire alliance pour résister à un ennemi commun : les Vangol. Ces terribles créatures surgies de l'autre côté de la mer semblent insaisissables et sèment la désolation sur leur passage... J'ai toujours eu un faible pour l'heroic fantasy, et je ressors enthousiaste après avoir terminé ce premier tome. Si la trame générale est relativement classique pour le moment, les personnages principaux sont bons, intéressants et bien développés ; j'ai également apprécié la brochette de personnages secondaires qui gravitent autour de nos protagonistes. Chris Wildgoose impose un style graphique assez singulier qui est merveilleusement valorisé par la mise en couleur de Msassyk. Tout cela concourt à nous immerger dans ce monde crépusculaire où l'alliance contre-nature qu'ont scellé orcs et humains va être soumise à rude épreuve... (Au passage, je trouve que la couverture est magnifique !) Un très bon divertissement, bien mené et dessiné ; j'espère que la suite nous réservera de belles surprises en gardant cet élan épique qui fait la marque de fabrique de la bonne fantasy.

20/06/2024 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série Truman Capote - Retour à Garden City
Truman Capote - Retour à Garden City

A l’époque, le crime avait choqué l’Amérique. Une famille de riches cultivateurs avait été froidement massacrée par Richard Hicock et Perry Smith, deux malfrats qui s’étaient connus en prison. Le but était de les dévaliser puis de les tuer pour ne pas laisser de témoins. Truman Capote, fasciné par cette affaire, décida d’en faire un roman non-fictionnel, « De sang-froid ». Et ce roman, qui le laissa littéralement exsangue, sera le dernier de sa carrière d’écrivain. Capote sombra ensuite dans l’alcool et la drogue, jusqu’à sa mort en 1984. Quand on lit pour la première fois « De sang-froid », il est absolument impossible d’oublier ce roman culte basé sur des faits réels, tant son auteur a su dépeindre, avec un réalisme glaçant, le processus qui a conduit les deux meurtriers à faire usage d’une cruauté sans bornes pour décimer une famille innocente, dont deux enfants. Pour concevoir son scénario, Xavier Bétaucourt s’est centré sur la phase d’écriture du livre. Le massacre n’est que suggéré de façon assez brève. De même, une courte évocation de l’enfance difficile de Capote est intégrée, afin de nous aider à comprendre ce qui avait poussé celui-ci à se passionner pour ce fait divers, notamment par rapport à la liaison très particulière qu’il avait noué avec l’un des assassin, Perry Smith, peut-être par empathie avec un passé très similaire au sien. Les deux hommes entretenaient une relation épistolaire qui laissa croire à Truman qu’il avait peut-être trouvé l’âme sœur, car en effet, Smith fascinait l’écrivain. A tel point que ce dernier avait fini par s’identifier à son « personnage » (on peut même supposer qu’en tant qu’homosexuel, il ressentait de l’amour pour ce « bad boy » doté d’une sensibilité artistique), jusqu’au jour où Smith se rebella, avec la sensation sans doute d’être devenu la marionnette des écrits qui apporteraient la gloire à son « confident ». De plus, la condamnation (à mort) des deux meurtriers tarda à venir, empêchant Capote de boucler son roman et le maintenant dans un état de déprime permanent que seul l’alcool pouvait apaiser… Xavier Bétaucourt nous fait ainsi entrer dans l’intimité d’un homme dont les blessures de l’enfance ne s’étaient jamais refermées, un personnage tiraillé entre les ombres d’une affaire sordide et les lumières d’une vie facile, où tout ne serait que calme, luxe et volupté. S’il avait la certitude que ce livre serait un chef d’œuvre, il en avait sous-estimé le prix à payer… Le scénario très bien construit nous donne à voir cette douleur intérieure qui accompagne en permanence l’écrivain et ne le quittera jamais… Le récit est assorti au dessin très plaisant de Nadar, sans esbroufe mais avec une cohérence dans le déroulé de l’histoire. Les ajustements graphiques varient selon la tonalité de l’histoire. Noir et blanc oppressant et plans serrés pour les séquences évoquant le crime, N&B neutre et cases cinémascope pour les scènes du procès, mise en page classique et couleurs sobres pour le reste du récit.

19/06/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Les Patients d'Arkham
Les Patients d'Arkham

Ne pas ramasser la savonnette dans les douches communes - Il s'agit d'une histoire complète et indépendante de toute autre ; il vaut mieux être familier des principaux ennemis de Batman pour pouvoir pleinement l'apprécier. Ce tome comprend les 6 épisodes de la minisérie, initialement publiés en 2003, avec un scénario de Dan Slott, des dessins de Ryan Sook, un encrage de Wade von Grawbadger et Jim Royal, une mise en couleurs de Lee Loughridge, et des couvertures d'Eric Powell. Il y a un siècle ou deux, dans la cave de la bâtisse où sera plus tard construit l'asile d'Arkham, un individu se livre à des pratiques médicales interdites dans le plus grand secret. de nos jours, un juge rend son verdict. Warren White (surnommé le grand requin blanc) s'est rendu coupable de fraudes à grande échelle, s'étant toujours vanté que seules les petites gens payent des impôts. Pour éviter le pire, son avocat a plaidé la folie. le juge retient cet argument, White évite la prison mais la sentence le condamne à un internement à l'asile d'Arkham. Dans le véhicule qui le transfère sur place, il voyage avec Mad Hatter, Scarecrow et Riddler. C'est dans ces conditions qu'il découvre cet établissement dont il n'avait jamais entendu parler. Il partage une cellule avec un tueur en série persuadé de communiquer avec des fantômes. Lors de sa première douche, il fait tomber sa savonnette et c'est le Joker qui lui ramasse. Il se rend régulièrement aux consultations avec Anne Carver, la psychiatre d'Arkham, bien décidé à réussir à la soudoyer pour être transféré dans un autre établissement. Pendant des années, Arkham asylum (1989, de Grant Morrison et Dave McKean) a été la meilleure vente de recueil de DC Comics. Il était donc logique que l'éditeur essaye de décliner ce concept en franchise. Pour commencer, l'asile d'Arkham est souvent apparu dans les séries mensuelles de Batman (par exemple Last Arkham, 1992), mais pas de minisérie à l'horizon. Lorsque le lecteur plonge dans Living Hell (qui porte donc l'étiquette Arkham asylum), il éprouve l'impression d'un récit sympathique, sans prétention. Certes il y a les couvertures d'Eric Powell (créateur et auteur de The Goon), légèrement exagérées, sombres à souhait, avec un savoureux fumet gothique, mais ce n'est pas lui qui dessine l'intérieur. La première scène semble n'être là que pour souligner que le site d'Arkham a toujours été le lieu de meurtres perpétrés par des individus pas très bien dans leur tête. Certes, White côtoie des grands criminels (Joker, Killer Croc, etc.), mais le lecteur sait que la règle dans ce genre de récit est que ces personnages ne connaîtront pas d'évolution significative. Or les nouveaux personnages introduits brillent par leur simplisme : Doodlebug (prêt à tuer pour ses graffitis), Junkyard Dog (trouvant ses armes dans les ordures), Jane Doe (une amnésique experte dans l'art de décrypter le profil psychologique d'un individu pour assumer sa personnalité). Slott semble reprendre la recette utilisée par Alan Grant des années auparavant, enrichissant la galerie d'ennemis de Batman avec des criminels normaux (= sans superpouvoirs), mais avec un sacré grain (par exemple Zsasz). Les dessins de Ryan Sook sont sympathiques, entre simplisme et insistance prononcée à dessiner des visages habités par d'étranges émotions peu réconfortantes. Lee Loughridge insiste sur des teintes sombres et inquiétantes, pour une ambiance vaguement menaçante. Mais il y a cette scène (très chaste) sous la douche, avec un Joker très suave, dans laquelle Slott manie le sous-entendu avec retenue (ne jamais se baisser dans une douche commune en prison) et Sook donne une interprétation visuelle du Joker originale et déstabilisante. Quelques scènes plus loin, il y a une relation sexuelle (non explicite) tarifée entre deux détenus). Slott développe plusieurs personnages très originaux, avec chacun leur histoire sortant de l'ordinaire : Aaron Cash (le responsable de la sécurité, avec une mise en scène de sa motivation remarquable), Jane Doe (avec ses méthodes empruntées à Monsieur Ripley de Patricia Highsmith), et le plus étonnant de tous Humphry Dumpler (aussi simplet qu'imprévisible, avec une apparence aussi naïve que stressante). Décidemment il ne s'agit pas d'une histoire pour les enfants, et les personnages présentent une épaisseur insoupçonnée, Warren White refusant également de jouer la simple victime effarouchée dans ce milieu angoissant. Au bout de deux épisodes, le lecteur s'est préparé à avoir une succession d'histoires courtes, n'ayant que comme seul fil conducteur la présence de Warren White. Son sentiment se confirme avec le troisième épisode, consacré à Humphry Dumpler (Humpty Dumpty), personnage s'exprimant en rimes, avec une narration s'apparentant à celle d'un conte pour enfant. Slott s'en tire avec adresse, insérant même une référence à l'époque où Batman se battait dans des décors de machines à écrire géantes, le Sprang Act qui a interdit la construction de ces objets géants et leur implantation à Gotham (en référence à Dick Sprang). Avec un sourire de suffisance, le lecteur entame la deuxième moitié du tome, ayant bien compris qu'il aura droit à 3 autres récits distrayants à la saveur originale. C'était sous-estimer Dan Slott qui a bel et bien construit une intrigue en bonne et due forme, savamment tissée pour que tous les fils des intrigues secondaires finissent par participer à une intrigue principale, avec une habilité remarquable. La scène d'ouverture finit elle aussi par s'intégrer au schéma narratif global, pour une histoire prenant un tournant vers le surnaturel, avec participation du Demon de Jack Kirby. Comme beaucoup de ses collèges, Ryan Sook s'intéresse plus aux personnages qu'aux décors, laissant Lee Loughridge combler les arrières plans avec des camaïeux appropriés. Il est visible dans ce récit qu'il est fortement influencé par Kevin Nowlan (ou Modern Masters volume 4), en particulier dans la façon de dessiner les contours d'un trait fin d'épaisseur constante, et de réduire à leur plus simple expression les traits des visages. Mais il a bien appris sa leçon et il sait également reproduire la manière dont il utilise l'épaisseur des traits pour conférer des expressions ambigües ou menaçantes aux personnages. Il conçoit également des apparences spécifiques pour chaque personnage, les rendant immédiatement reconnaissables. Pour une raison mystérieuse, il dessine souvent les individus avec des épaules tombantes. Même si Sook abuse de la facilité qui consiste à se passer de dessiner des décors, ses personnages possèdent une forte présence dans chaque case (avec une interprétation aussi personnelle que convaincante du Joker), et Loughridge masque avec efficacité ce manque d'arrières plans. Parti pour une suite d'épisodes plaisant mais sans grande envergure, le lecteur découvre petit à petit des personnages inoubliables et pour certains improbables (Aaron Cash, Warren White, Jane Doe, Humphry Dumpler), dont les actions finissent par s'insérer dans une intrigue consistante et intelligente, avec des sous-entendus pas si innocents que ça. La personnalité graphique de Sook lui permet de se faire pardonner la trop grande absence de décors. DC Comics remettra encore un peu de temps avant de réussir à capitaliser sur le nom Arkham Asylum : Joker's asylum (2008), Arkham reborn (2009), Arkham asylum - Madness (2010), Joker's asylum Vol. 2 (2010), etc.

19/06/2024 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Nan Yak - La promesse de l'orchidée
Nan Yak - La promesse de l'orchidée

Voilà une très belle surprise que cette série horrifique inspirée du folklore coréen ! Jae-Shin est un jeune homme qui a du s'habituer à vivre avec le surnaturel... Depuis qu'il est môme, il voit et entend des monstres et des fantômes suite à une tragédie. Aujourd'hui, jeune romancier sans réel succès, il doit passer par des petits boulots pour assurer son quotidien. Sa seule motivation : retrouver la femme qui lui apparaît en rêve toutes les nuits et qui lui dit qu'elle l'attendra... C'est quand il entend parler de disparitions mystérieuses dans le quartier de Nan Yak qu'il décide de s'y installer pour réaliser rapidement que ces histoires de fantômes sont loin d'être des fadaises... Si j'ai un peu tiqué sur le dessin en entamant ma lecture (je trouve que la représentation des personnages est assez sommaire), je me suis rapidement laissé prendre par cette histoire où le surnaturel règne. Et puis apparaissent les premières créatures, et là j'ai fait "Whaaa !!! J'adore !" ; on peut dire que les coréens ont un sacré bestiaire et que nos auteurs ont su trouver une histoire à la narration intense et immersive ! Si je ne me trompe pas , c'est la première série de cette nouvelle collection "Kbooks dark", en tout cas ça commence sur les chapeaux de roue et que c'est plutôt très bien trouvé pour l'inaugurer ! Vivement la suite !

19/06/2024 (modifier)
Couverture de la série La Vie d’Otama
La Vie d’Otama

Voilà un très beau portrait de femme, marqué par l’ouverture aux autres, doublé d’une évocation historique intéressante. Dès que j’ai vu la couverture, j’ai su que je ne résisterais pas à l’achat. Je la trouve splendide, avec ce personnage d’Otama qui se tourne vers nous alors même que ses compagnons nous tournent le dos. La composition, la finesse du trait, le choix des couleurs, le style pictural qui rappelle certains courants impressionnistes… j’adore cette couverture. Ensuite vient le personnage d’Otama et le couple qu’elle forme avec Vicenzo, son seul unique et grand amour. Cette passion pour l’art, cette ouverture aux autres, ces incessants échanges culturels, cette humilité, cette simplicité. L’image que les auteurs donnent de cette grande petite dame fait naitre en moi un profond respect pour cette dernière. Son humilité ne bride pas sa détermination, son ouverture aux autres ne l’enferme pas dans un rôle ou un statut. Elle n'est pas plus soumise que libérée. Elle est... tout simplement. Le fait que les auteurs aient choisi ce personnage historique n’est sans doute pas anodin (lisez le nom des auteurs et sachez qu’Otama va partager sa vie entre le Japon et la Sicile). Cela se ressent dans la manière dont certaines thématiques sont illustrées, et c’est certainement ce petit supplément d’âme qui fait la différence. Pour des raisons pratiques, j’ai apprécié le fait que le sens de lecture de l’album soit de gauche à droite (rien à faire, c’est plus facile pour moi) mais il s’agit bel et bien d’un manga, avec les codes du genre. Mais un manga très sobre dans sa narration, doté d’un dessin au style réaliste facile d’accès et soigné. Cet album constitue donc une excellente surprise. Instructif du point de vue historique, il permet surtout de découvrir un personnage attachant autant qu’inspirant.

19/06/2024 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Pacifique
Pacifique

J’ai acheté cet album sur un coup de tête, à prix très réduit (pas de prix unique du livre en Angleterre, où je vis), attiré par la superbe couverture, intrigante au possible avec cette vague de livres sur le point de faire chavirer un sous-marin. L’histoire est prenante, et bascule rapidement dans le fantastique onirique, avec des évènements de plus en plus inexplicables, et un dénouement rempli de symbolisme, que chacun pourra interpréter à sa guise. J’y ai personnellement vu une métaphore du pouvoir de l’éducation contre la violence et la guerre. En tout cas l’histoire interpelle et fait réfléchir, même si elle peut parfois sembler un peu naïve, notamment dans ses dialogues. La mise en image est absolument magnifique. Le format à l’italienne est judicieux et parfaitement adapté à l’horizontalité de la vie dans un sous-marin. Le trait est fin et maitrisé – j’ai particulièrement apprécié le travail sur les personnages et les visages. Un bien bel objet. Une lecture stimulante en ce qui me concerne, et une note peut-être un peu généreuse mais qui reflète mon plaisir de lecture.

19/06/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Castlewitch
Castlewitch

Les amis imaginaires des enfants sont en réalité de vraies créatures amenées d'un monde parallèle par la force de l'imagination des enfants. Appelées à retourner dans leur monde quand les enfants atteignent 7 ans, certaines restent bien présentes mais invisibles du commun des mortels soit parce qu'elles sont devenues maléfiques et prennent possession de l'esprit de leur hôte humain, soit parce que l'enfant conserve son imaginaire et son ami comme protecteur secret. Si le résumé du concept parait un peu enfantin, le résultat fonctionne bien pour une aventure épique où enfants et créatures imaginaires s'affrontent avec quelques subtilités supplémentaires qui font que tout n'est pas noir ou blanc. La série est soutenue par un excellent dessin de François Gomes qui est très généreux pour représenter la ville de Castlewitch et son ambiance entre réalisme et merveilleux, avec son château-école façon Poudlard, ses décors romantiques et quelques influences de Miyazaki également. Cela participe à transporter le lecteur dans ces aventures fantastiques auprès de cette bande d'enfants et des dangers auxquels ils sont confrontés. Les créatures qu'ils côtoient sont originales et variées. Le rythme du récit est bien et le ton suffisamment mature pour satisfaire autant les lecteurs jeunes que moins jeunes. Note : 3,5/5

19/06/2024 (modifier)