Les derniers avis (32292 avis)

Par iannick
Note: 4/5
Couverture de la série Je suis pas petite !!!
Je suis pas petite !!!

Mais c’est un petit bijou cet album ! Et c’est aussi la première bd de Bruno Duhamel que je lis. « Je suis pas petite !!! » se présente sous la forme d’un petit one-shot composé d’histoires courtes. La bd met en scène Bibi, une petite fille espiègle, curieuse et qui ne se tient pas en place. Les lecteurs sont invités à suivre les péripéties de cette furie à travers le monde avec ses « copains » le fils du voisin, Isidore et son chat Trafalgar… « Je suis pas petite !!!» m’a surpris agréablement par son humour. En effet, je pensais que cette bd n’était principalement destinée qu’aux enfants mais voilà, j’ai pris énormément de plaisir à suivre les aventures de cette gamine dont certains gags m’ont vraiment fait marrer ! Au fait, j’ai un doute là : je me demande si les enfants vont rigoler autant que moi en lisant « Je suis pas petite !!! »… Les récits, les lieux et les gags sont très variés. Les anecdotes sur les pays étrangers y abondent également, elles sont bien vues ! Tout cela donne une lecture qui est loin d’être ennuyeuse d’autant plus que le graphisme de Bruno Duhamel est très plaisant à contempler. C'est d’abord la mise en couleurs aux tons très colorés et agréables qui m’a encouragé à lire « Je suis pas petite !!! ». Ensuite, j’ai aimé la représentation de Bibi et des divers animaux qui prennent part aux récits, leurs mimiques sont craquantes. L’enchaînement des cases se fait sans heurt, celles-ci ne sont pas délimitées comme à la manière de « Titeuf ». La mise en page est aérée. Bref, la narration est excellente. Classée bd pour enfants, à mon avis, « Je suis pas petite !!! » contentera également les adultes par son humour et par la variété des péripéties (la bd est composée de plusieurs histoires courtes) de la jeune fille. L’album m’est apparu très agréable à lire et à contempler. En conclusion, il y a fort à parier que vous passerez un bon moment de détente avec cette jeune espiègle ! Je le répète : « Je suis pas petite !!! » est un petit bijou !

15/11/2007 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Piero
Piero

Enfin une BD de Baudoin qui a su me plaire, me captiver du début à la fin et me toucher. Cet album aborde deux sujets : la jeunesse de Baudoin et l'amour qu'il porte à son frère d'une part, et d'autre part leur passion commune pour le dessin et comment celui-ci s'est développé pour Baudoin au fil du temps. Avec ce récit, Baudoin m'a offert les clés de la compréhension d'une partie de son art, les clés pour comprendre son dessin, pourquoi il a fait le choix de cette esthétique qui, jusqu'à présent, me rebutait car je la trouvais trop brouillonne, avec un trait trop charbonneux. Et effectivement, en expliquant en quelques pages le schéma de pensée qui l'a amené à aborder son dessin de cette manière, j'ai pu suivre cette évolution et l'apprécier à sa juste valeur. Sans pour autant que cela soit vraiment mon goût personnel, je le comprends mieux et verrais probablement les planches de Baudoin sous un nouveau regard. Mais ce n'est pas tout car l'essentiel du récit porte tout de même sur la relation entre Momon et Piero, les deux frères Baudoin. Cette relation fusionnelle est touchante, faites de rêves, d'imagination et de vie de tous les jours. On suit son évolution et ses changements avec intérêt et affection. Le récit est fluide et plaisant, sans fioritures et digression malheureuse. Il a su m'intéresser de bout en bout et me toucher à certains moments cruciaux. Le dessin est dans le style de Baudoin mais son trait est ici plus fin, plus net que dans la majorité de ses autres oeuvres : je le préfère comme ça. Si bien que sans être totalement amateur de cette esthétique, j'ai trouvé cet album plutôt joli. Bref, je suis heureux d'avoir eu l'occasion de lire cette BD au petit format de Baudoin et peut-être que, grâce à elle, je vais enfin voir mes futures lectures de cet auteur sous un oeil plus favorable que celui que je lui portais jusqu'à présent.

15/11/2007 (MAJ le 15/11/2007) (modifier)
Couverture de la série Pietrolino
Pietrolino

Pietrolino et son ami Simio, tels Don Quichotte et Sancho Panza, se mettent en marche malgré eux contre le destin. Pietrolino aux mains magiques perd leur usage mais, grâce à son ami, arrive à rebondir et trouver une nouvelle voie pour faire ce qui lui plaît le plus au monde : faire rire, sourire, s'évader et procurer du bonheur à ceux qui le regardent. Deux choses sont importantes dans sa vie : l'amour et ses mains. La perte de son amour est à la source même de la perte de ses mains, n'est-ce pas son amie qui l'a abandonné aux nazis ? Mais cet amour est aussi à l'origine de sa renaissance. En effet, c'est en découvrant la jeune fille qu'il renaît à la vie. Mime à la tragique destinée, Pietrolino est un conteur, un fabricant de rêves dont la poésie est à l'image du dessin de Boiscommun. Les couleurs et la rondeur du dessin nous transportent dés la couverture dans un univers poétique et violent. Poétique de par l'atmosphère qui se dégage des planches et la personnalité de Pietrolino ; et violent de par le contexte historique, la destinée de Pietrolino et certains de ses mimes (il raconte la victoire des Français sur les nazis avec seulement ses mains, lui-même étant caché derrière un rideau rouge). Jodorowsky signe là une histoire qui ne vous laissera pas insensible, peut-être est-ce dû à l'imaginaire et la poésie de celui qui l'a inspiré : le mime Marceau. INTERVIEWS des auteurs publiés par les Humanoïdes Associés " J’ai écrit ce texte pour le mime Marceau, il y a longtemps. Il était déjà âgé. Il était venu me voir chez moi. Je me souviens qu’il avait monté les quatre étages à pied. Quand je lui ai ouvert la porte, il a soulevé sa chemise, m’a montré sa musculature impeccable et m’a dit : « On va les enterrer tous ! ». C’était du pur Marceau… [...] Je lui ai écrit l’'histoire de l'’amour d'un vieil homme pour une jeune fille..." Alejandro Jodorowsky "[...] je me suis senti intimement lié au destin insolite des personnages dès la première lecture de ce texte. Ces quelques pages réunissaient tellement d´éléments qui sont les raisons mêmes qui me poussent à écrire ou dessiner des histoires [...] la passion, de l´Art ou d´une femme, violente et destructrice [...] l´amour, profond, altruiste et inconditionnel [...] l´amitié fidèle entre deux hommes [...] la poésie et le romantisme dans un contexte dur et sombre. J´ai lu ces quelques pages et j´ai été bouleversé." Olivier G. Boiscommun

15/11/2007 (modifier)
Par ManuB
Note: 4/5
Couverture de la série Le Manoir des Murmures
Le Manoir des Murmures

Malgré les difficultés « actuelles » des Humanos, ils continuent à débuter de nouvelles séries. On peut se demander à quoi ils jouent sachant que les suites de celles qui sont en cours sont de plus en plus hypothétiques. Etant quand même d’un naturel optimiste, je me suis procuré ce 1er tome, et je dois dire qu’il s’agit d’une belle surprise. Au sortir de la seconde Guerre Mondiale, en République Socialiste Tchèque, une fillette, Sarah, se retrouve dans un mystérieux hôpital et à son réveil, elle se souvient avoir découvert le massacre de ses parents en rentrant de l’école. Les médecins lui expliquent qu’ils ont été touchés par un virus inventé par les Nazis et qu'elle aussi est infectée mais n’en n’a pas encore subi les conséquences. Avec l’aide d’autres pensionnaires de cet étrange établissement et d’une voix qu’elle seule entend, elle va découvrir que la vérité n’est pas du tout celle-ci. La plupart des éléments utilisés dans cet album sont des classiques des films à frissons : l’hôpital éloigné de tout, installé dans un vieux manoir immense et relativement vide, des médecins qui n’ont pas l’air d’en être, des morts cachés, des bruits étranges … Mais derrière tout ça, on peut déjà déceler les bases d’un scénario solide encore très mystérieux, et dont les éléments se mettent en place petit à petit et nous tiennent en haleine. Le tout se lit très bien et l’atmosphère générale lugubre, frissonnante et fantastique est parfaitement mise en place. Cette réussite doit également beaucoup aux dessins et aux couleurs. Ces dernières sont particulièrement sombres même sur les scènes d’extérieures qui présentent des décors enneigés, et elles confèrent une ambiance lourde et pesante. Les scènes de nuits sont nombreuses et parfaitement rendues. Le trait est assez intéressant et se trouve entre réalisme et cartoon, ce qui donne du dynamisme à l’ensemble. Enfin, les découpages et angles de vues sont très travaillés et permettent de faire passer quelques frissons. Comme dit dès le début, cet album est une excellente surprise qui annonce ce qui sera, je l’espère, une excellente série.

15/11/2007 (modifier)
Par ManuB
Note: 4/5
Couverture de la série Le Grand Mort
Le Grand Mort

J’attendais cet album avec une relative impatience pour plusieurs raisons. Tout d’abord le nom de Loisel sur une couverture fait toujours envie mais il y a aussi celui de Mallié dont j’avais apprécié le travail sur Les Aquanautes et sur L'Arche. Puis, lorsque j’ai vu quelques planches sur le site de Loisel, j’ai tout de suite trouvé le résultat à mon goût. Donc ce qui m’a fait acheter cet album n’est pas tant le nom des auteurs mais finalement la qualité graphique à tous les niveaux. Les personnages principaux sont dessinés avec beaucoup de soins et ont des visages forts particulièrement réussis. Les protagonistes du petit peuple ne sont pas en reste avec des représentations certes classiques mais le côté mignons « petit monstres » convient très bien. Les décors quant à eux, ont fait preuve de beaucoup de travail pour alterner entre un côté réel rural très réaliste et un côté imaginaire presque idyllique. Le tout est rehaussé par la mise en couleur de Lapierre qui complète le dessin pour rendre parfaitement ces 2 atmosphères. L’histoire commence avec l’arrivée d’une étudiante, Pauline, venue de la ville, dans un village perdu de la Bretagne où une amie lui a prêté sa voiture et sa maison pour qu’elle puisse réviser pour ses examens. Mais rien ne va se passer comme prévu et elle va croiser le chemin d’Erwan, qui va lui offrir le gîte alors que sa voiture est en panne d’essence. Elle va alors le suivre dans ses aventures qui vont l’emmener pour une mission de la plus haute importance dans un monde parallèle, le monde du petit peuple. La Bretagne et ses légendes deviennent de grands pourvoyeurs d’idées pour les scénaristes de BD, et cette série aurait tout à fait sa place dans la collection Celtic de Soleil. La base de cette aventure n’est donc pas des plus originale puisque le monde du petit peuple a déjà été mainte fois utilisé. Les deux personnages principaux sont assez caricaturaux : d’un côté la citadine toujours bougonne qui a du mal à évoluer en milieu naturel et ne crois que ce qu’elle voit et de l’autre côté Erwan plus réservé qui se laisse porter par ces légendes. Ce dernier est chargé d’une mission dont on sait peu de choses dans le monde parallèle, et se voit affublé d’un acolyte qui, on le devine déjà, ne lui facilitera pas la tâche. Les ficelles utilisées semblent donc plutôt convenues et classiques mais ce n’est pas ce qu’on retient en fermant l’album : les auteurs nous offrent en fait un voyage au cœur d’un monde imaginaire parfaitement raconté, avec un rythme soutenu, des personnages antagonistes attachant, des être imaginaires mystérieux et un but encore flou. L’ensemble de cet album est basé sur une dualité constante : entre les 2 personnages principaux (ville / campagne, caractères opposés) et entre les 2 mondes (réalité / imaginaire). Ce premier tome n’apporte pas beaucoup de nouveautés dans le monde des légendes celtiques, mais il y a une réelle qualité dans la manière dont sont présentées les choses, narration et dessin, qui font que la lecture de ce premier tome est très agréable et que je la conseille.

15/11/2007 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Transports sentimentaux
Transports sentimentaux

Les ouvrages collectifs chez la Boîte à Bulles sont souvent l'occasion de très beaux moments de lecture, avec parfois des découvertes à la clé. "Transports sentimentaux" ne déroge pas à cette belle règle, puisqu'on nous propose 14 récits ayant donc pour thème les transports en commun, et les émotions qu'ils procurent ou dont ils sont le théâtre. Humour, amour, tendresse, sincérité sont au rendez-vous, parfois à l'heure, parfois en décalé, mais toujours là. J'ai aimé la quasi-totalité du recueil, cela m'a permis de relire avec plaisir des auteurs un peu perdus de vue, ou d'en découvrir d'autres, qui ont réussi à écrire et illustrer des histoires fortes, bien qu'un peu courtes parfois, et c'est vraiment un régal. A lire dans le métro ou le bus, puis regarder les gens autour de soi.

14/11/2007 (MAJ le 15/11/2007) (modifier)
Couverture de la série Une aventure de Julie Bristol
Une aventure de Julie Bristol

La participation de Chantal Montellier à la revue (A Suivre) fut assez fructueuse : Elle y produisit notamment la première version des "Rêves du fou" (1978-79), interrompu et redessiné pour l’album paru en 1981 chez Futuropolis ; les épisodes de "Sorcières mes sœurs" (1987-1991) repris à La Boîte à bulles en 2006 ; ou encore le premier épisode de "Julie Bristol" (1989) repris dans le premier album de la série, "La fausse aux serpents". Mais hélas les choses tournèrent mal entre Chantal Montellier et Jean-Paul Mougin (qu’elle représente dans le 3ème album !), le rédacteur en chef de la revue... Fin donc des aventures de Julie Bristol au sein de la maison d’édition Casterman… Celles-ci continuèrent malgré tout le temps de deux autres albums chez les éditions Dargaud qui venaient d’être rachetées par le groupe hyper catholique Ampère/Média Participation ; drôle de cohabitation qui ne dura qu’un temps. Dommage car avec cette héroïne, Chantal Montellier tournait une page de sa carrière pour aller vers plus de lumière… Une héroïne que je trouve personnellement attachante. Julie Bristol est une vidéaste qui s'intéresse notamment aux femmes dans l'art (essentiellement dans les deux premiers tomes). Détail amusant : dans le premier album, on la voit croiser une vieille connaissance : Andy Gang, le roi de la bavure policière, qui lui logea à l'époque une balle perdue dans le corps (voir la couverture de l'album)... Ci-après une analyse du tome 3 : "L'île aux démons" Au cours de cette troisième aventure, notre vidéaste de charme, Julie Bristol (comme le papier), après avoir réalisé des reportages sur Camille Claudel (T.1) et Artemisia Gentileschi (T.2), est invitée au Japon pour un festival international de films vidéo. Son cousin, le vicomte D'Ambarres, en profite pour lui faire passer illicitement et à son insu un tableau d'une très grande valeur : "Le martyre de Sainte-Julie". Lors de son trajet en avion, elle rencontre le sosie de Corto Maltese, Hugo Corti! journaliste et écrivain, dont elle commence à tomber amoureuse ; mais à son arrivée au Japon, les choses commencent à mal tourner pour Julie: le tableau qu'elle devait livrer au correspondant japonais a disparu à l'aéroport ! Le problème est que cet étrange commanditaire, M. Jirô Van Den Bosh (!), fait partie d'une organisation internationale d'extrême-droite amatrice d'art et qu'il donne 48 heures à Julie Bristol pour retrouver le tableau ! Elle pourrait repartir, mais elle décide de rester pour ses affaires et commence son enquête. Cette dernière la mène à une réunion de l'International Noire (à laquelle participent un certain Jean-Marie et Bruno...); elle récupèrera le tableau mais sera finalement kidnappée et se retrouvera l'hôte d'un étrange "FESTIN CANNIBALE" !... Le dessin de Chantal Montellier n'est pas d'un accès facile au premier coup d'oeil ; son trait fin et ses couleurs assez décalées tranchent dans notre vision habituelle d'une BD bien trop lisse. Son trait a évolué depuis "1996" son premier album jusqu'à ses derniers travaux ; tout en conservant un style très personnel fait d'affirmation et de fragilité, de force et de doutes. Bref, un style, à l'image de ses héroïnes -nous le verrons-, et de son auteur; HUMAIN et chaleureux, dépeignant des univers très froids et déshumanisés !... Comme déjà dans son oeuvre, Chantal Montellier se sert dans cet album du "fait divers" réel, pour le transcender et l'intégrer (magistralement) dans son propos qui est ici de dénoncer -une fois encore- la place de la Femme par rapport au machisme répandu de l'Homme (l'Homme idéal, pour Julie, serait plutôt Hugo Corti...), ce à travers le monde (aussi bien en France, qu'aux Etats-Unis ou au Japon donc...). Pour cette histoire se déroulant au Japon dans les milieux de l'Extrême-droite et du machisme, Chantal Montellier utilise en effet ce fait divers ayant défrayé la chronique de ce Japonais cannibale, Yoichi Hosokawa, qui a tué et dévoré ("par amour") une étudiante allemande à Paris. De retour au Japon, libéré(!), il est devenu une star médiatique (télé, vidéo, acteur, critique de cinéma...) et a fait fortune en exploitant son geste ("un véritable homme d'affaires")! Quel meilleur symbole de machisme absolu pouvait trouver Chantal Montellier que ce cannibale là ?!!!(le génial Franquin avait fait un gag dans ses Idées Noires -62- de ce type d'amour dévorant, mais ici ce n'est plus drôle du tout...) Julie Bristol, femme persécutée et quasi MANGEE CRUE dans cet album, s'interroge sur la fascination qu'exerce Yoichi Hosokawa au Japon et en France. Cette vision cauchemardesque est entretenue par les cauchemars que fait Julie, accentuant la confusion entre réel et fiction et nous entrainant dans une chute vertigineuse de la conscience. Le ton légèrement humoristique ou ironique de l'histoire (rebondissements à la "Tintin" ; la couverture et les planches 44, 45, en référence au "Lotus Bleu", sont à ce titre plus qu'évocatrices!) en contrebalance quelque peu les aspects les plus noirs et parfois horrifiques (scènes de cannibalisme dans les cauchemars de Julie)... On ressent que Chantal Montellier se projette dans son héroïne, qui elle-même se transpose plus ou moins dans les femmes sujets de ses reportages (Camille Claudel, Artemisia Gentileschi). Il y a donc là une double mise en abyme assez intéressante; l'auteur semblant s'inscrire elle-même et d'office (son expérience dans la BD y faisant aussi) dans cette tradition d'artistes-femmes-"maudites", victimes du milieu machiste dans lequel elles évoluent (sculpture, peinture, vidéo, bande dessinée...)! Ses héroïnes s'interrogent sans cesse sur leur éventuelle paranoïa, mais force est de reconnaître qu'elles n'ont pas forcément tort dans leur appréciation... Pour conclure, et au risque de passer moi-même pour un terrible macho comme l'affreux conseiller-culturel du Consulat : Jean-Paul Lemol-Machot !, je trouve que Julie Bristol est une héroïne assez craquante (mignonne, drôle, intelligente, grave) - elle est une sorte d'Adèle Blanc-Sec moderne en fait ! -, belle et très humaine... Dommage que le public et les éditeurs de la BD traditionnelle soient si peu enclins, semble-t il, à accueillir ce genre d'héroïnes.

14/11/2007 (MAJ le 15/11/2007) (modifier)
Couverture de la série L'Arbre au soleil
L'Arbre au soleil

C'est plus fort que moi : je n'ai pas encore fini le tome 1 (mais presque) que déjà me vient l'envie d'exprimer ici tout le bien que je pense de cette excellente série ! Le scénario est original et instructif : l'affrontement entre deux écoles, deux façons d'appréhender la médecine, deux civilisations en fait, s'incarne dans le face à face entre Taki, médecin traditionnel, au service du Shogun et Tezuka (tiens, ce nom me dit quelque chose) représentant de la modernité occidentale, et relayé par son fils Ryoann, également attiré par la gent féminine, ce qui nous vaut des scènes assez cocasses. En effet, l'histoire est traitée sur un ton proche de celui de la comédie, avec des passages plus graves. Il y a aussi quelques combats de Samouraï, histoire que les amateurs du genre y trouvent leur compte et aussi afin de mieux resituer le contexte historique et de servir le propos de Tezuka. Lequel ? Les trois ! Le dessin, quant à lui, est exquis de précision et de finesse. Si j'osais je dirais qu'il a été ciselé au scalpel. Les visages sont gracieux, ce à quoi ne m'ont pas accoutumée les autres mangas que j'ai lus ; et les paysages, notamment, ont la beauté des estampes d'Hiroshige ! C'est le premier manga de Tezuka que je lis, et certainement pas le dernier ! MAJ J'ai fini le tome 5, et je suis toujours autant passionnée par cette histoire. Tezuka mêle avec talent, le récit de la vie des personnages et la grande histoire, faite de complots politiques, de catastrophes diverses (tremblement de terre, choléra,...) confrontant le jeune samouraï et l'apprenti médecin à ces évènements afin d'illustrer leur caractère et de souligner leur évolution. C'est... passionnant, oui, je sais je me répète, mais c'est vraiment le qualificatif qui me paraît le mieux adapté à cette série. J'évoquais Hiroshige dans mon premier avis, hé hé, il est en "guest-star" dans le tome 4, représenté -Ô génial clin d'oeil- en tant que personnage d'une de ses estampes :) Que du bonheur ! vous disais-je ;) MAJ Parvenue à la fin du tome 8, je suis perplexe ; en effet, je ne vois vraiment pas comment il pourrait y avoir une suite à une telle fin. En tous cas, l'épilogue m'a profondément émue par la révélation de l'auteur quant à l'origine des personnages principaux. Je ne peux conclure sur la série sans émettre un bémol : la traduction est exécrable, et la relecture probablement inexistante. Ainsi, lorsque le traducteur a hésité entre deux termes, hé bien il a laissé les deux ! par ailleurs, afin de mieux suggérer que les protagonistes se déplacent dans le sud du pays, il s'est sans doute dit "voyons,.... qu'est-ce qui pourrait sonner méridional ?" et du coup il n'a pas hésité à nous gratifier de "té !" "vé !" et autre "peuchère" que pour ma part je trouve tout-à-fait ridicules, étant donné le contexte. Voilà, mis à part ces défauts un peu voyants à mon goût, je ne peux nier avoir passer d'excellentes heures de lecture avec cette série.

15/05/2005 (MAJ le 14/11/2007) (modifier)
Par Altaïr
Note: 4/5
Couverture de la série La Saison de la Couloeuvre
La Saison de la Couloeuvre

La "Saison de la Couloeuvre" est une entrée en matière réussie à plus d'un titre : la maîtrise graphique et narrative y est impressionnante, doublement car il s'agit d'un premier album pour le scénariste (par ailleurs écrivain estimé, mais on ne sait que trop bien que le passage à la BD ne se passe pas toujours très bien pour les romanciers). Ce tome est une introduction, clairement. Aussi est-il difficile d'imaginer où va nous mener l'intrigue. Mais j'ai aimé l'intelligence avec laquelle sont introduits l'univers et les personnages, touche par touche, tout au long de l'album, là où la facilité aurait été une double page rébarbative, chargée de récitatifs, présentant le contexte. Ici, le monde présenté est finalement le moteur principal de l'intrigue. J'ai trouvé le procédé très original, et vraiment très bien mené (même si effectivement la lecture demande du coup une attention accrue). Cette densité scénaristique est admirablement mise en valeur par un dessin également très dense, riche en décors, qui malgré sa complexité évite la surcharge et reste limpide à la lecture. La composition et l'enchaînement des cases donnent lieu à des passages très inventifs. Et, bien sûr, cela saute aux yeux quand on lit l'album : l'utilisation de la couleur est très ingénieuse et pleine de sens. On regrettera juste que les visages des personnages ne soient totalement satisfaisants : trop neutres, pas immédiatement identifiables, il leur manque ce "petit truc" qui fait qu'on les repère au milieu d'une foule de personnages. Mais ne boudons pas notre plaisir, ce premier tome de la "Saison de la Couloeuvre" constitue un livre univers original et abouti comme on n'en avait pas vu depuis longtemps en BD. Ce n'est certes qu'une introduction, mais vraiment prometteuse... L'Atalante, maison d'édition connue pour son choix de livres SF/fantastique particulièrement attrayant, publiés dans de beaux livres soignés, ne dément donc pas sa réputation et réussit là un coup de maître pour son entrée sur le marché de la BD, en imprimant dès ses premiers albums une personnalité propre au milieu d'une forêt d'éditeurs souvent semblables.

14/11/2007 (MAJ le 14/11/2007) (modifier)
Couverture de la série Sanctuaire
Sanctuaire

Je viens de m'offrir l'intégrale de cette série, et j'en suis très satisfait. Histoire originale, un suspense ménagé jusqu'a la fin. J'avais prévu de lire cette série par petits bouts, finalement j'ai été happé par l'agonie de l'USS Nebraska jusqu'à ne plus pouvoir m'en détacher, j'ai lu l'intégralité de l'histoire d'une traite. Le dessin est magnifique, mais le plus remarquable pour moi reste le scénario, qui nous plonge progressivement dans l'horreur. On s'attache au sort du Nebraska, de son équipage, on ressent d'une certaine manière leur souffrances, jusqu'à l'apocalypse finale qui remplace la délivrance pourtant si attendue.

14/11/2007 (modifier)