Cet album traite avec brio d'un sujet délicat et difficile. Le dessin supporte admirablement le propos. La fin est magnifique (j'avoue que j'ai pleuré ma vie...), mais aussi le scénario idéal pour toute victime de ce genre d'abus. Sensible et superbe, une vraie réussite.
Une série bien sympathique et vampirique. Tous les éléments du genre sont présent (action, luxure, pouvoir, décadence, traitrises...) dans une série assez courte qui nous épargne les longueurs inutiles. Un brin racoleur, un brin sanguinolent, un brin amoral... cette œuvre se destine à l'évidence à un public adulte.
Le graphisme est somptueux, malheureusement desservit par une mise en couleurs trop sombre qui plombe un peu la lisibilité du trait de Marini. Les corps, souvent mis à nus, sont somptueux ; le reste aussi bien sûr ;). Rien à redire sur ce point.
L'histoire est un poil trop convenue pour mériter une meilleure note, mais j'ai vraiment eu du plaisir à la lecture de cette série.
Château l'Attente (et le titre le souligne très bien) est un album où il ne se passe pas grand-chose, tout est dans la douceur et dans la lenteur. Mais ces deux aspects créent une ambiance sympathique et de ce fait une lecture agréable se ressent lors de la découverte de l'album. C'est déconcertant de lire de l'héroïc-fantasy sans des batailles monstrueuses, des guerriers sortis de l'apocalypse... et sans aucune quête ou truc de ce genre !
En fait, les personnages principaux trouvent refuge dans un château un peu à l'écart du monde. Ils sont tous atypiques : de la femme à barbe, aux trois sorcières, en passant par un guerrier cheval... tous ont un passé mystérieux qui les a conduit inévitablement vers le château. Et nous avons ici, un aspect du passé de quelques-uns dévoilé.
Si le début lorgne franchement sur les contes traditionnels, la suite se détache des structures propres de ces contes pour arriver à maturité et nous servir un récit plus dense. C'est réussi de ce point de vue.
Et puis, j'aime bien le dessin, sobre, classique, sans détails superflus. Le noir et blanc est encore une fois bien servi pour ce genre d'histoire. Mais, j'aurais bien aimé voir ce récit coloré, un peu à l'image de la couverture. Je pense que cela aurait apporté une dimension supplémentaire à l'esthétique du livre. J'apprécie le noir et blanc mais la colorisation aurait apporté un confort et aurait pu faire ressortir certains aspects graphiques.
Pour terminer, l'objet livre en lui-même est très soigné, reliure renforcée et petit marque page en ruban intégré. Alors, installez-vous confortablement dans un fauteuil, prenez une boisson à proximité et commencez votre lecture...
Original.
La surprise de la rentrée. Un album qui n'a l'air de rien, mais qui gagne à être connu. Appollo nous propose une étrange histoire, entre ennui amoureux et récit de fantôme. Le personnage de François, descendant d'esclaves noirs revenant sur la "terre de ses ancêtres", et porteur d'une certaine modernité, est intéressant. A ses fêlures, à ses angoisses répondent une ambiance étrange, comme la fin d'une époque sur cette île des Antilles. Après le remarquable La Grippe Coloniale, Appollo nous livre là un album touchant, oscillant entre plusieurs genres mais curieusement, s'enrichissant des poncifs de chaque genre pour les rendre harmonieux.
Il entraîne dans son sillage un Li-An inspiré, qui délaisse pour l'occasion son trait "moebiusien" du cycle de Tschaï pour un trait plus dépouillé, plus fin. Et il a raison.
Pour moi, « Les sept missionnaires » est le meilleur tome de la collection « Les sept… » des éditions Delcourt (bien que je n’ai pas encore lu « Les sept psychopathes »).
Ce qui fait la grosse différence de cette bd par rapport aux autres albums de la même collection, c’est que le lecteur ne « se tapera » pas une longue séquence de présentation des protagonistes avant de plonger pleinement dans l’action. Le résultat donne un récit très vivant où j’ai vraiment eu la sensation de suivre une aventure complète et où, par rapport aux autres bd de la collection, on découvre plus longuement le nouvel univers dans lequel évoluent les sept héros.
Quant au scénario en lui-même, j’ai été très agréablement surpris par l’originalité de cette histoire. En fait, rien qu’à la vue du titre où figure le mot « missionnaire », je m’attendais à m’ennuyer lors de la lecture, ce fut le contraire ! Et puis, lorsque le scénariste des « sept missionnaires » n’est autre que celui de l’excellente série « De caps et de crocs », c'est-à-dire Alain Ayroles, on peut raisonnablement penser que cette nouvelle bd ne peut que nous présenter un bon récit.
J’ai beaucoup aimé l’humour employé dans cet album où l’auteur joue sur le comique de situation et sur les répliques des sept missionnaires chargés –par punition- de convertir de farouches vikings au christianisme. Mais, au-delà de cet humour, c’est surtout l’intelligence de ce récit qui m’a définitivement séduit ! En clair, au début du récit, je ne voyais pas trop comment sept individus aussi différents des uns des autres allaient pouvoir réussir dans leur mission !
Malgré leur nombre, les personnages sont –à mon avis- assez attachants et chacun d’entres nous pourra se rattacher au moins à un des leurs !
Au fait, il est bizarre que la tristesse soit l’un des sept péchés capitaux non ?
Décidément, je suis gâté avec cette bd ! Même le dessin m’est apparu excellent ! En fait, je ne trouve rien à dire sur le travail de Luigi Critone (dessinateur de « La rose et la croix ») : les protagonistes sont facilement identifiables et expressifs, les décors sont très détaillés et semblent bien représentés l’époque où évolue l’histoire, la mise en page et l’enchaînement des cases m’ont semblés irréprochables !
Quant à la mise en couleurs de Lorenzo Pieri, les tons employés servent parfaitement chaque séquence et sont très agréables à l’œil.
J’ai pris énormément de plaisirs à lire les « sept missionnaires » ! Le récit m’est apparu intéressant et surtout très plaisant à suivre grâce à l’humour employé ainsi qu’une intrigue très bien construit.
J’ai été très agréablement surpris par le dessin de Luigi Critone dont il semble avoir gagné en maturité par rapport à son travail dans « La rose et la croix » : les personnages, les décors, la narration sont –à mon avis- irréprochables. La mise en couleurs m’est apparue elle aussi excellente.
Bref, pour moi, « Les sept missionnaires » est une bd que je vous conseille fortement de découvrir ! Incontestablement, pour les amateurs de récits d’aventure, ce one-shot est à figurer dans leur liste d’achat !
Sept ; collection qui ne m’intéressait pas des masses, des économies en perspective. Et au quatrième, c’est le drame, je me rends compte que le grand Alain Ayroles fait parti du projet, alors forcément je craque (et vu que je suis un gros con de collectionneur, je vais être obligé d’acheter les autres maintenant, grrr).
Et je ne suis vraiment pas déçu, tout en conservant ses excellents dialogues et son humour parsemé ça et là, il arrive à nous condenser une très bonne histoire empreinte de son style. Le gros reproche fait à cette collection est le recrutement redondant des sept personnages. Ici, c’est sûr, ça prend 2 secondes mais du coup c’est le seul truc qui m’a déplu, sur ce coup là, il s’est pas foulé. Mais bon ça permet d’être suivi par une histoire plutôt riche donc on accepte.
Le dessin est sympa, mais quand je compare à La Rose et la Croix, je me dis que la colorisation y est pour beaucoup. Donc très agréable, vraiment, et le truc qui justifie les 4 étoiles, c’est la dernière page ; excellente. Je vous laisse la découvrir.
Je me souviens de l’époque où je suis arrivé sur bdthèque, le site avait peut-être un an d’existence mais avait déjà son lot d’habitués dont la quasi-totalité ne juraient que par Spoogue. Chose curieuse, j’étais peut-être le seul (ou un des seuls, en tout cas) à ne pas succomber aux charmes et à l’humour particulier du ravissant fossoyeur. Après des années de silence, Milhiet revient avec une nouvelle série, et il sera peut-être ravi de savoir (ou s’en tamponnera complètement) que le seul dénigreur de Spoogue de bdthèque a apprécié le premier tome de Caravane. Première chose donc : oubliez Spoogue, cela n’a rien à voir.
J’avoue qu’au début de ma lecture, ce n’était pas gagné, je trouvais la réaction primaire des autochtones envers la caravane trop caricaturale, téléphonée et démesurée. Mais très vite j’ai saisi que c’était avant tout une affaire de « ton » et que la caricature faisait pleinement partie de ce que Milhiet voulait mettre en place. De plus, là n’était pas le centre d’intérêt, on saisit très vite que l’essentiel est ailleurs. Je m’explique : il est difficile de ne pas penser au fabuleux Freaks de Tod Browning en lisant cette bd. La proximité du sujet y est pour beaucoup, évidement, mais cela va au-delà, et sans jamais traverser la frontière qui sépare l’inspiration du plagiat. Le traitement visuel est résolument différent, la construction narrative également, mais ce qu’il reste c’est le « noyau humain » pourrait on dire. La force du magistral film de Browning était de montrer, avec toute l’ambiguïté que cela supposait, l’étrange « pacte » qui unissaient les monstres de cirque d’antan, pacte qui faisait qu’ils réagissaient de concert face à une agression d’un « normal » envers leurs dignité au point de devenir, comme par effet de contradiction/assimilation, les « monstres » que la société rejette. Car un être d’humain devient, par la force des choses et la violence des rapports sociaux, ce que la société lui donne comme rôle (ce que Sarkozy a magnifiquement illustré en traitant les jeunes de banlieues de racaille – Ah Sarko, ce grand professeur de sociologie !-). Du coup, les monstres de Milhiet ne sont pas que des gentilles victimes, mais répondent au coup pour coup avec une violence que la morale (incarnée par le Shérif) réprouve.
Là où Milhiet apporte un « plus » au schmilblick, c’est qu’il vient intégrer une petite fille normale au sein des monstres. Est-ce là une opportunité de ré-humanision des monstres ? Une possibilité de sortir du ghetto protecteur qu’ils se sont créé et d’établir des rapports plus seins avec le monde qui les entoure, de casser la spirale de la haine ? Les tomes suivants nous le diront… Pour l’instant ce premier tome se termine sur une énigme proprement insoutenable.
Dernière chose : mention très bien pour le dessin, que je trouve bien meilleur et mesuré dans ses effets que dans Spoogue. Milhiet a un dessin et un trait bien à lui que l’on pourrait reconnaître entre mille, il sait donner à son monde un petit côté « miniature détaillée » très plaisant. J’aime bien les couleurs aussi. Et sur le plan de la mise en page et de la narration, certaines solutions elliptiques et de suggestion de mouvement dans une seule case sont astucieuses.
Je suis de plus en plus agréablement surpris par cet auteur très prolifique. Encore une fois, nous avons ici un petit one shot drôle et créatif. J'aime bien le choix de prendre une figure légendaire de la littérature et de la retranscrire dans une autre époque. Il est vrai que l'auteur a déjà utilisé ce procédé avec succès pour le psychanalyste Sigmund Freud ou encore le peintre Rembrandt. Le décalage temporel apparaît comme tout à fait crédible.
La lecture a été agréable car l'humour n'est jamais lourd. On découvre un Robin des bois un peu différent du héros légendaire que nous connaissons. Il est vieillissant, rattrapé par la maladie d'Alzheimer et surtout un peu désabusé. Les personnages secondaires sont assez truculents, comme Marianne ou encore le Shérif de Nottingham.
Le scénario est plutôt mince mais c'est dans cette simplicité que peut s'accomplir pleinement une bonne bd. C'est juste le final qui m'a beaucoup surpris et qui me paraissait en décalage avec l'esprit de ce récit parodique.
Cette bd qui met en vedette un agent du FBI est très drôle. Ce qui me fait surtout rire c'est que l'agent garde toujours un air sérieux malgré toutes les conneries qu'il fait. On a droit aussi à des clins d'oeil très amusants à découvrir. Il y a tout de meme quelques histoires qui ne m'ont pas fait rire et cela m'a un peu gaché la lecture, mais ce n'est pas très grave car le niveau général est très bon.
Ce qui frappe en premier lieu est la ressemblance graphique avec l'oeuvre d'exception qu'est Persepolis de Marjane Satrapi. Avec ce style en noir et blanc si caractéristique, on s'y tromperait ! Doit-on crier au plagiat...? Je ne pense pas. D'autant qu'après lecture, il s'avère que l'auteur, Zeina Abirached, possède un style à l'esthétique particulière, où les figures géométriques sont légions. Ce qui augmente très fortement la beauté des planches lesquelles pour certaines firent de ma part, l'objet d'une étude minutieuse.
L'auteur nous livre un récit autobiographique (tiens encore comme Marjane !) au cours duquel elle relate une petite partie de sa vie de jeune Libanaise, à l'époque où elle et sa famille sont « prisonniers » d'une Beyrouth en guerre. Ils logent avec d'autres civils dans un vieil immeuble proche des zones de combats. Il s'en suit un ouvrage sous forme de huis clos, dans lequel les différents voisins de l'immeuble sont décrits les uns à la suite des autres, non sans un certain humour. Tentant ainsi de nous faire partager avec le recul son ressenti d'enfant sur ce monde en guerre. Malheureusement, même si l'ensemble est fort plaisant et si Zeina Abirached apparaît comme une dessinatrice pleine de promesses, le développement des différents personnages est distillé extrêmement rapidement... ce qui au final laisse un petit goût de frustration.
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Pourquoi j'ai tué Pierre
Cet album traite avec brio d'un sujet délicat et difficile. Le dessin supporte admirablement le propos. La fin est magnifique (j'avoue que j'ai pleuré ma vie...), mais aussi le scénario idéal pour toute victime de ce genre d'abus. Sensible et superbe, une vraie réussite.
Rapaces
Une série bien sympathique et vampirique. Tous les éléments du genre sont présent (action, luxure, pouvoir, décadence, traitrises...) dans une série assez courte qui nous épargne les longueurs inutiles. Un brin racoleur, un brin sanguinolent, un brin amoral... cette œuvre se destine à l'évidence à un public adulte. Le graphisme est somptueux, malheureusement desservit par une mise en couleurs trop sombre qui plombe un peu la lisibilité du trait de Marini. Les corps, souvent mis à nus, sont somptueux ; le reste aussi bien sûr ;). Rien à redire sur ce point. L'histoire est un poil trop convenue pour mériter une meilleure note, mais j'ai vraiment eu du plaisir à la lecture de cette série.
Château l'Attente
Château l'Attente (et le titre le souligne très bien) est un album où il ne se passe pas grand-chose, tout est dans la douceur et dans la lenteur. Mais ces deux aspects créent une ambiance sympathique et de ce fait une lecture agréable se ressent lors de la découverte de l'album. C'est déconcertant de lire de l'héroïc-fantasy sans des batailles monstrueuses, des guerriers sortis de l'apocalypse... et sans aucune quête ou truc de ce genre ! En fait, les personnages principaux trouvent refuge dans un château un peu à l'écart du monde. Ils sont tous atypiques : de la femme à barbe, aux trois sorcières, en passant par un guerrier cheval... tous ont un passé mystérieux qui les a conduit inévitablement vers le château. Et nous avons ici, un aspect du passé de quelques-uns dévoilé. Si le début lorgne franchement sur les contes traditionnels, la suite se détache des structures propres de ces contes pour arriver à maturité et nous servir un récit plus dense. C'est réussi de ce point de vue. Et puis, j'aime bien le dessin, sobre, classique, sans détails superflus. Le noir et blanc est encore une fois bien servi pour ce genre d'histoire. Mais, j'aurais bien aimé voir ce récit coloré, un peu à l'image de la couverture. Je pense que cela aurait apporté une dimension supplémentaire à l'esthétique du livre. J'apprécie le noir et blanc mais la colorisation aurait apporté un confort et aurait pu faire ressortir certains aspects graphiques. Pour terminer, l'objet livre en lui-même est très soigné, reliure renforcée et petit marque page en ruban intégré. Alors, installez-vous confortablement dans un fauteuil, prenez une boisson à proximité et commencez votre lecture... Original.
Fantômes blancs
La surprise de la rentrée. Un album qui n'a l'air de rien, mais qui gagne à être connu. Appollo nous propose une étrange histoire, entre ennui amoureux et récit de fantôme. Le personnage de François, descendant d'esclaves noirs revenant sur la "terre de ses ancêtres", et porteur d'une certaine modernité, est intéressant. A ses fêlures, à ses angoisses répondent une ambiance étrange, comme la fin d'une époque sur cette île des Antilles. Après le remarquable La Grippe Coloniale, Appollo nous livre là un album touchant, oscillant entre plusieurs genres mais curieusement, s'enrichissant des poncifs de chaque genre pour les rendre harmonieux. Il entraîne dans son sillage un Li-An inspiré, qui délaisse pour l'occasion son trait "moebiusien" du cycle de Tschaï pour un trait plus dépouillé, plus fin. Et il a raison.
Sept Missionnaires
Pour moi, « Les sept missionnaires » est le meilleur tome de la collection « Les sept… » des éditions Delcourt (bien que je n’ai pas encore lu « Les sept psychopathes »). Ce qui fait la grosse différence de cette bd par rapport aux autres albums de la même collection, c’est que le lecteur ne « se tapera » pas une longue séquence de présentation des protagonistes avant de plonger pleinement dans l’action. Le résultat donne un récit très vivant où j’ai vraiment eu la sensation de suivre une aventure complète et où, par rapport aux autres bd de la collection, on découvre plus longuement le nouvel univers dans lequel évoluent les sept héros. Quant au scénario en lui-même, j’ai été très agréablement surpris par l’originalité de cette histoire. En fait, rien qu’à la vue du titre où figure le mot « missionnaire », je m’attendais à m’ennuyer lors de la lecture, ce fut le contraire ! Et puis, lorsque le scénariste des « sept missionnaires » n’est autre que celui de l’excellente série « De caps et de crocs », c'est-à-dire Alain Ayroles, on peut raisonnablement penser que cette nouvelle bd ne peut que nous présenter un bon récit. J’ai beaucoup aimé l’humour employé dans cet album où l’auteur joue sur le comique de situation et sur les répliques des sept missionnaires chargés –par punition- de convertir de farouches vikings au christianisme. Mais, au-delà de cet humour, c’est surtout l’intelligence de ce récit qui m’a définitivement séduit ! En clair, au début du récit, je ne voyais pas trop comment sept individus aussi différents des uns des autres allaient pouvoir réussir dans leur mission ! Malgré leur nombre, les personnages sont –à mon avis- assez attachants et chacun d’entres nous pourra se rattacher au moins à un des leurs ! Au fait, il est bizarre que la tristesse soit l’un des sept péchés capitaux non ? Décidément, je suis gâté avec cette bd ! Même le dessin m’est apparu excellent ! En fait, je ne trouve rien à dire sur le travail de Luigi Critone (dessinateur de « La rose et la croix ») : les protagonistes sont facilement identifiables et expressifs, les décors sont très détaillés et semblent bien représentés l’époque où évolue l’histoire, la mise en page et l’enchaînement des cases m’ont semblés irréprochables ! Quant à la mise en couleurs de Lorenzo Pieri, les tons employés servent parfaitement chaque séquence et sont très agréables à l’œil. J’ai pris énormément de plaisirs à lire les « sept missionnaires » ! Le récit m’est apparu intéressant et surtout très plaisant à suivre grâce à l’humour employé ainsi qu’une intrigue très bien construit. J’ai été très agréablement surpris par le dessin de Luigi Critone dont il semble avoir gagné en maturité par rapport à son travail dans « La rose et la croix » : les personnages, les décors, la narration sont –à mon avis- irréprochables. La mise en couleurs m’est apparue elle aussi excellente. Bref, pour moi, « Les sept missionnaires » est une bd que je vous conseille fortement de découvrir ! Incontestablement, pour les amateurs de récits d’aventure, ce one-shot est à figurer dans leur liste d’achat !
Sept Missionnaires
Sept ; collection qui ne m’intéressait pas des masses, des économies en perspective. Et au quatrième, c’est le drame, je me rends compte que le grand Alain Ayroles fait parti du projet, alors forcément je craque (et vu que je suis un gros con de collectionneur, je vais être obligé d’acheter les autres maintenant, grrr). Et je ne suis vraiment pas déçu, tout en conservant ses excellents dialogues et son humour parsemé ça et là, il arrive à nous condenser une très bonne histoire empreinte de son style. Le gros reproche fait à cette collection est le recrutement redondant des sept personnages. Ici, c’est sûr, ça prend 2 secondes mais du coup c’est le seul truc qui m’a déplu, sur ce coup là, il s’est pas foulé. Mais bon ça permet d’être suivi par une histoire plutôt riche donc on accepte. Le dessin est sympa, mais quand je compare à La Rose et la Croix, je me dis que la colorisation y est pour beaucoup. Donc très agréable, vraiment, et le truc qui justifie les 4 étoiles, c’est la dernière page ; excellente. Je vous laisse la découvrir.
Caravane
Je me souviens de l’époque où je suis arrivé sur bdthèque, le site avait peut-être un an d’existence mais avait déjà son lot d’habitués dont la quasi-totalité ne juraient que par Spoogue. Chose curieuse, j’étais peut-être le seul (ou un des seuls, en tout cas) à ne pas succomber aux charmes et à l’humour particulier du ravissant fossoyeur. Après des années de silence, Milhiet revient avec une nouvelle série, et il sera peut-être ravi de savoir (ou s’en tamponnera complètement) que le seul dénigreur de Spoogue de bdthèque a apprécié le premier tome de Caravane. Première chose donc : oubliez Spoogue, cela n’a rien à voir. J’avoue qu’au début de ma lecture, ce n’était pas gagné, je trouvais la réaction primaire des autochtones envers la caravane trop caricaturale, téléphonée et démesurée. Mais très vite j’ai saisi que c’était avant tout une affaire de « ton » et que la caricature faisait pleinement partie de ce que Milhiet voulait mettre en place. De plus, là n’était pas le centre d’intérêt, on saisit très vite que l’essentiel est ailleurs. Je m’explique : il est difficile de ne pas penser au fabuleux Freaks de Tod Browning en lisant cette bd. La proximité du sujet y est pour beaucoup, évidement, mais cela va au-delà, et sans jamais traverser la frontière qui sépare l’inspiration du plagiat. Le traitement visuel est résolument différent, la construction narrative également, mais ce qu’il reste c’est le « noyau humain » pourrait on dire. La force du magistral film de Browning était de montrer, avec toute l’ambiguïté que cela supposait, l’étrange « pacte » qui unissaient les monstres de cirque d’antan, pacte qui faisait qu’ils réagissaient de concert face à une agression d’un « normal » envers leurs dignité au point de devenir, comme par effet de contradiction/assimilation, les « monstres » que la société rejette. Car un être d’humain devient, par la force des choses et la violence des rapports sociaux, ce que la société lui donne comme rôle (ce que Sarkozy a magnifiquement illustré en traitant les jeunes de banlieues de racaille – Ah Sarko, ce grand professeur de sociologie !-). Du coup, les monstres de Milhiet ne sont pas que des gentilles victimes, mais répondent au coup pour coup avec une violence que la morale (incarnée par le Shérif) réprouve. Là où Milhiet apporte un « plus » au schmilblick, c’est qu’il vient intégrer une petite fille normale au sein des monstres. Est-ce là une opportunité de ré-humanision des monstres ? Une possibilité de sortir du ghetto protecteur qu’ils se sont créé et d’établir des rapports plus seins avec le monde qui les entoure, de casser la spirale de la haine ? Les tomes suivants nous le diront… Pour l’instant ce premier tome se termine sur une énigme proprement insoutenable. Dernière chose : mention très bien pour le dessin, que je trouve bien meilleur et mesuré dans ses effets que dans Spoogue. Milhiet a un dessin et un trait bien à lui que l’on pourrait reconnaître entre mille, il sait donner à son monde un petit côté « miniature détaillée » très plaisant. J’aime bien les couleurs aussi. Et sur le plan de la mise en page et de la narration, certaines solutions elliptiques et de suggestion de mouvement dans une seule case sont astucieuses.
La Légende de Robin des Bois
Je suis de plus en plus agréablement surpris par cet auteur très prolifique. Encore une fois, nous avons ici un petit one shot drôle et créatif. J'aime bien le choix de prendre une figure légendaire de la littérature et de la retranscrire dans une autre époque. Il est vrai que l'auteur a déjà utilisé ce procédé avec succès pour le psychanalyste Sigmund Freud ou encore le peintre Rembrandt. Le décalage temporel apparaît comme tout à fait crédible. La lecture a été agréable car l'humour n'est jamais lourd. On découvre un Robin des bois un peu différent du héros légendaire que nous connaissons. Il est vieillissant, rattrapé par la maladie d'Alzheimer et surtout un peu désabusé. Les personnages secondaires sont assez truculents, comme Marianne ou encore le Shérif de Nottingham. Le scénario est plutôt mince mais c'est dans cette simplicité que peut s'accomplir pleinement une bonne bd. C'est juste le final qui m'a beaucoup surpris et qui me paraissait en décalage avec l'esprit de ce récit parodique.
Bill Baroud
Cette bd qui met en vedette un agent du FBI est très drôle. Ce qui me fait surtout rire c'est que l'agent garde toujours un air sérieux malgré toutes les conneries qu'il fait. On a droit aussi à des clins d'oeil très amusants à découvrir. Il y a tout de meme quelques histoires qui ne m'ont pas fait rire et cela m'a un peu gaché la lecture, mais ce n'est pas très grave car le niveau général est très bon.
Mourir Partir Revenir, le Jeu des Hirondelles
Ce qui frappe en premier lieu est la ressemblance graphique avec l'oeuvre d'exception qu'est Persepolis de Marjane Satrapi. Avec ce style en noir et blanc si caractéristique, on s'y tromperait ! Doit-on crier au plagiat...? Je ne pense pas. D'autant qu'après lecture, il s'avère que l'auteur, Zeina Abirached, possède un style à l'esthétique particulière, où les figures géométriques sont légions. Ce qui augmente très fortement la beauté des planches lesquelles pour certaines firent de ma part, l'objet d'une étude minutieuse. L'auteur nous livre un récit autobiographique (tiens encore comme Marjane !) au cours duquel elle relate une petite partie de sa vie de jeune Libanaise, à l'époque où elle et sa famille sont « prisonniers » d'une Beyrouth en guerre. Ils logent avec d'autres civils dans un vieil immeuble proche des zones de combats. Il s'en suit un ouvrage sous forme de huis clos, dans lequel les différents voisins de l'immeuble sont décrits les uns à la suite des autres, non sans un certain humour. Tentant ainsi de nous faire partager avec le recul son ressenti d'enfant sur ce monde en guerre. Malheureusement, même si l'ensemble est fort plaisant et si Zeina Abirached apparaît comme une dessinatrice pleine de promesses, le développement des différents personnages est distillé extrêmement rapidement... ce qui au final laisse un petit goût de frustration.