Voilà une rudement bonne nouvelle : les Amoureux de Bob Bergé et Crottier rempile pour un nouveau cycle de gag après la Zen Attitude. Le célèbre duo d’auteurs aux manettes de la série reste inchangé, pour le plus grand plaisir des fans. Primo, Patricia Crottier livre un scénario avantageusement « traditionnel ». Sur une construction relativement classique, Patricia Crottier se permet néanmoins des petites extravagances, telles que le personnage de Cupidon, un ange avec une couche (comme quoi les anges n'on pas de sexe).
Secundo, l’ensemble est mis en relief par un Bob Bergé ne faisant aucune offense au 9° art : Bob Bergé. Le dessinateur n’a plus grand-chose à prouver, tant son dessin comique est spontané, limpide et d’une justesse inouïe… Aussi à l’aise sur l’animation des persos que pour livrer des planches bien fournies et des gags majestueux qui nous plombent de rire, l’artiste ne semble jamais rencontrer la moindre difficulté.
Note approximative : 3.5/5
J'ai lu ce comics moins de six mois après avoir lu le roman de Gaiman. J'y ai retrouvé une adaptation très fidèle du livre, ne cherchant aucune ellipse ni aucun raccourci : tout ce qui est dans le roman s'y retrouve ou presque. C'est donc un album épais au récit dense et varié.
Le dessin est particulièrement soigné. Réaliste, il met en image de très belle manière chacun des personnages et des décors si imaginatifs du Londres d'En Bas. Quoique le tout manque un peu de personnalité, c'est beau et on sent que les graphistes, dessinateur comme coloriste, ne se moquent vraiment pas des lecteurs. Il y a là du beau boulot !
Ceux qui ont lu le livre pourront ainsi mettre une image sur les personnages et les créatures. En ce qui me concerne, je suis plutôt satisfait du résultat même si j'avoue n'avoir pas compris, en lisant le roman, que le visage du Marquis de Carabas ressemblait à cela. Par contre le Chasseur, la Bête et l'ange Islington me plaisent bien. Et je m'imaginais vraiment Croup et Vandemar comme ça.
Quant au scénario, comme dit plus haut, c'est l'adaptation directe et sans nouveauté du roman. C'est donc un bon récit, original et plein d'un imaginaire d'urban-fantasy rafraîchissant pour qui ne connait pas Neil Gaiman. Très bonne histoire, très bons décors, très bons personnages.
L'ennui maintenant, c'est qu'ayant bien en tête le bouquin, je n'ai guère vu là qu'une redite de ce que j'avais déjà lu avec les images en plus. Pas de nouveauté.
Qui plus est, je n'ai pas su ressentir les mêmes émotions qu'à ma lecture du roman. Certains passages, comme la traversée du Pont de la Nuit, m'ont nettement moins marqué dans cette adaptation. Et la fin du roman qui avait su me toucher et m'émouvoir se révèle nettement plus plate dans ce comics.
Affaire de goût ou défaut typique d'une adaptation sur un autre support quand vous connaissez l'original.
Ca reste quand même du bon boulot et si vous ne connaissez pas, je vous en conseille la lecture.
« Tiens, moi qui aime le cyclisme et le tour de France, cette bd va me rappeler d’excellents souvenirs » me suis-je dit en examinant « Le tour en caravane ».
Mais, en fait, ce premier tome ne conte pratiquement rien des coureurs et des médias puisque l’auteur invite les lecteurs à suivre les péripéties d’une des attractions de la caravane publicitaire.
Je ne vous ferai pas de résumé de la bd, celui cité dans la fiche technique est suffisamment détaillé.
Toutefois, sachez qu’il doit y avoir du Rabaté (Les Petits Ruisseaux, La Marie en plastique, etc…) dans Boudier Germain car les principaux personnages sont croquants à souhaits ! Ils sont franchouillards, raleurs, respirent bien la France profonde quoi !
Franchement, je me suis régalé à suivre les (més)aventures de ce trio insolite où tous les pépins du monde entier semblent s’être donnés rendez-vous pour leur empêcher de remporter le trophée de la meilleure caravane du tour (bien que nos héros doivent s’en ficher un peu !...).
Je me suis amusé aussi à l’idée que cette caravane publicitaire se sert d’une spécialité locale pour promouvoir la municipalité de « Surseines » et ce produit n’est autre que du vin ! Hilarant non ? Imaginez un peu la tête d’une partie du public, des politiciens, des responsables du tour de France et j’en passe si une caravane publicitaire de ce type se présentait au départ de cette course avec l’équipage qui sert du vin à la population… moi, ça me ferait bien marrer !
Et puis, l’histoire met en scène des anecdotes qui s’inspirent vraiment de la course comme la présence de « El diablo »…
Tout cela pour vous dire que je ne me suis pas ennuyé en lisant cette bd !
Au niveau du dessin, je suis un peu plus mitigé car la mise en couleurs adopte des tons assez sombres et peu attirants alors que l’histoire est extrêmement vivante et respire la joie de vivre ! En dehors de ça, l’ensemble m’est apparu plaisant à contempler notamment parce que les personnages sont faciles à identifier au premier coup d’œil et parce que l’enchaînement des séquences se fait avec une bonne fluidité.
Bon, je crois que vous avez compris : j’ai aimé ce premier tome et je suis assez impatient de lire le second album parce que j’y ai apprécié l’ambiance franchouillard et bon enfant qui règne dans cette bd.
Sincèrement, je pense que même ceux qui détestent le cyclisme aimeront « Le tour en caravane » car les coureurs ne sont pratiquement pas présents dans cette histoire et les facéties des trois personnages principaux me sont apparues hilarantes.
Je suis pratiquement certain aussi que les fans de Rabaté prendront du plaisir à suivre les péripéties de notre trio car l’humour employé dans cette bd est très proche de l’auteur de Les Petits Ruisseaux et de La Marie en plastique.
Bref, n’hésitez pas à découvrir cette nouvelle série !
C’est assez étonnant que les notes soient aussi sévères. Certes ce n’est pas une histoire que l’on va relire tous les 4 matins, elle manque trop d’originalité pour ça, mais n’est-ce pas le lot de tous les westerns en BD ?
Celle-là a au moins l’avantage d’être très divertissante, ça défouraille à tout va et on se court après à travers plusieurs états. Je ne sais pas quelle a été la part du travail fourni par Duval mais on sent bien son côté pop-corn BD à la Travis ou Carmen Mc Callum, genre qu’il est pour moi l’un des seuls à utiliser d’une manière convaincante puisqu’il marrie souvent ses scènes d’action à des scénarios fouillés et intelligents. Les personnages sont développés progressivement, parfois mis en valeur par un flash-back qui surviendra un peu plus tard, il n’y a pas vraiment de héros… D’ailleurs l’un des personnages les plus intéressants est un cowboy sans pitié (syndrome Vlad Nirky ?).
J’ai eu un peu de mal à m’habituer aux visages des personnages masculins mais ça a fini par couler tout seul ; un graphisme dynamique qui s’adapte bien aux duels et courses à cheval. Je suis juste un peu déçu que les protagonistes n’aient pas eu des gueule plus charismatiques ou plus repoussantes comme dans L'Etoile du Désert. Et je pense que j’aurais aimé en savoir un peu plus sur certains personnages.
Une bonne série B qui bizarrement ne fait pas partie du label.
Les Fils de la Terre est l'histoire d'un jeune fonctionnaire japonais chargé par son gouvernement de voir ce qu'il faudrait faire pour redonner envie aux jeunes japonais de se lancer dans l'agriculture qui est totale perdition là-bas. Il va faire la connaissance d'un jeune paysan au bord du désespoir et tous deux vont parcourir le Japon afin d'en connaître plus sur les déboires et les attentes des paysans japonais, et ce que le gouvernement devrait faire pour améliorer la condition de ces travailleurs qui perdent espoir petit à petit.
Le dessin tout en rondeur est très réussi, avec notamment des décors sublimes de la campagne japonaise. Un manga qui va à l'encontre de ce que certains critiquent encore dans les mangas : le manque de décor.
L'histoire est intéressante, attendrissante, sans doute un peu naïve, mais on y apprend énormément de choses.
Une œuvre on ne peut plus rafraîchissante et très instructive.
Je ne sais pas trop quelle note mettre. Peter Pan est une bonne série sauf que 'pas mal' est ce que je ressens en lisant l'un des six tomes. Finalement, je vais mettre 4/5 à cause de la richesse qu'on retrouve dans cette oeuvre.
Tout d'abord, il y a la richesse graphique. Loisel a un style super et il est capable de nous faire d'excellents paysages. J'aime aussi la façon dont il dessine les personnages et en particuliers Mouche et Crochet. D'ailleurs, ce dernier est mon personnage préféré. Il est très méchant, mais j'ai eu pitié de lui lorsque j'ai appris son histoire à la fin du tome 5. Il a quelque chose de tragique et j'aime ça.
Il y a aussi la richesse scénaristique avec des personnages un peu moins manichéens que dans les autres adaptations de Peter Pan. Peter et ses amis orphelins ont l'air gentils, mais ils peuvent être de vrais petits monstres. Il suffit de voir le sort qu'ils réservent au frère de Rose. Il y a aussi Clochette qui n'est pas aussi gentille qu'on le pense.
Tous ces exemples viennent des deux derniers tomes et je pense que c'est ce que j'ai réellement aimé dans Peter Pan. Les autres étaient juste 'pas mal' alors que là on atteint des sommets dans la noirceur. J'adore les oeuvres sombres comme celle-là. Loisel a très bien adapté ce conte, qui ne m'a jamais intéressé d'ailleurs, en le mettant à sa sauce.
Le contexte de l'histoire est assez casse-gueule ; Lors d'une prise d'otages rappelant celle de 1993 à la maternelle de Neuilly par un homme dépressif appelé "Human Bomb" par les média, Philippe Djian nous raconte les rapports houleux d'un homme et d'une femme dont les vies amoureuses ne sont qu'échecs.
Il ne faut surtout pas se focaliser sur cette prise d'otages (sans morceau de Sarkozy dedans, dixit l'auteur). Celle-ci n'est mise en scène que pour exacerber les tensions et les sentiments des deux personnages. Ils oscillent entre l'amour, l'incompréhension, la haine, mais jamais le même sentiment tous les deux en même temps. Ce jeu du chat et de la souris est fort sympathique et presque amusant par moments, mais il n'en reste pas moins fascinant.
Jean-Philippe Peyraud utilise un trait simple et puissant. Pas de surcharge dans les décors ou dans les personnages, tout tend vers l'essentiel : le sentiment du moment de chacun de ses personnages.
Les couleurs sont simples et reflètent parfaitement l'ambiance des scènes : la tension, la peur, le calme, la douceur... j'ai vraiment communié avec toutes ses atmosphères grâce aux couleurs.
J'ai vraiment bien aimé ce livre. Il y est question de rapports humains, d'incommunicabilité et d'incompréhension de l'autre alors que tout le monde veut la même chose : être aimé et compris.
Un très bon moment de lecture, mais attention, malgré le contexte propice à l'action et au suspens, ici il n'en est rien... cette prise d'otage n'est pas du tout réaliste et risque d'en énerver plus d'un... mais j'espère que vous avez compris que ce n'est pas là l'intérêt de cette BD... c'est plus profond et humain que ça.
Ah, en revanche, si quelqu'un peut m'expliquer le titre "Mise en bouche"... car là, je me sens un peu con de n'avoir pas saisi. Merci.
Dans la lignée de Chris Ware et de son Jimmy Corrigan (autre lecture excellente à lire de toute urgence), Clowes nous narre la vie de plusieurs protagonistes dans une petite ville américaine des USA somme toute assez tranquille.
Ici, point de violence, de drogues, ou d'armes à feu, et pourtant, sous l'apparente tranquillité du dessin et des destins des personnages se cachent une violence et une rage de vivre (plutôt de non vivre) qui bouillonnent de plus en plus fort et farouchement au fil des pages sans finalement ne jamais éclaté à la surface.
C'est tout simple, j'ai franchement aimé. Vraiment, grand et beau moment de lecture que je recommande à toutes et à tous.
Voici une BD graphique atypique qui déconcerte dès le début ! Toute en crayonné de couleur avec en moyenne deux cases par page : ça change !
Le tout servi par ce découpage aussi minimaliste que les textes de la BD : pas de bulles, juste quelques dialogues, onomatopées et autres pensées intimes qui sous-titrent les cases...
Et là, la magie prend. Car dans ce décor hyper réaliste et acide crayonné par l'auteur, on se laisse mener à travers ces détails, ces cadrages, ces personnages, qui rappellent une Amérique des années 60 et qui composent un univers unique...
Une bonne BD donc à mon sens, surtout pour ceux qui apprécient ce qui sort un peu des sentiers battus !
Difficile de ne pas tomber sous le charme de Nävis et de son sale caractère. Les auteurs ont su crée un sacré personnage qui aurait pu évoluer dans n’importe quel genre.
Donc, cette petite teigne est ici une sorte d’agent secret intergalactique qui accomplira une mission différente par tome. A côté de cela, le fil rouge reste la recherche d’autres représentants de l’humanité disparue. Du coup, il y a une certaine inégalité entre les tomes, le septième, "Q.H.I" est pour moi le meilleur, suivi par le moins bon, "nature humaine" qui pourtant paraît l’un des plus importants concernant la quête personnelle de la jeune fille. Sinon, chaque tome traite de sujet assez dur à la Morvan (la guerre, la guerre, la guerre…), j’en étais assez étonné puisque la série semblait plus viser les ados.
Finalement, même si je trouve certains scénarios très bon, dans l’ensemble je les trouve juste pas mal. Mais le dessin de Buchet rattrape le tout ; au poil de cul. C’est vraiment nickel, ultra-précis, fouillé, on sent vraiment une sacrée recherche concernant les différentes espèces ou leurs combinaisons spatiales même si encore une fois, la plupart des races présentes sont de type humanoïde, respire le même gaz. Bref, ça manque un tout petit peu d’imagination.
Ca reste une série vraiment sympa à lire et à relire.
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Les Amoureux
Voilà une rudement bonne nouvelle : les Amoureux de Bob Bergé et Crottier rempile pour un nouveau cycle de gag après la Zen Attitude. Le célèbre duo d’auteurs aux manettes de la série reste inchangé, pour le plus grand plaisir des fans. Primo, Patricia Crottier livre un scénario avantageusement « traditionnel ». Sur une construction relativement classique, Patricia Crottier se permet néanmoins des petites extravagances, telles que le personnage de Cupidon, un ange avec une couche (comme quoi les anges n'on pas de sexe). Secundo, l’ensemble est mis en relief par un Bob Bergé ne faisant aucune offense au 9° art : Bob Bergé. Le dessinateur n’a plus grand-chose à prouver, tant son dessin comique est spontané, limpide et d’une justesse inouïe… Aussi à l’aise sur l’animation des persos que pour livrer des planches bien fournies et des gags majestueux qui nous plombent de rire, l’artiste ne semble jamais rencontrer la moindre difficulté.
Neverwhere
Note approximative : 3.5/5 J'ai lu ce comics moins de six mois après avoir lu le roman de Gaiman. J'y ai retrouvé une adaptation très fidèle du livre, ne cherchant aucune ellipse ni aucun raccourci : tout ce qui est dans le roman s'y retrouve ou presque. C'est donc un album épais au récit dense et varié. Le dessin est particulièrement soigné. Réaliste, il met en image de très belle manière chacun des personnages et des décors si imaginatifs du Londres d'En Bas. Quoique le tout manque un peu de personnalité, c'est beau et on sent que les graphistes, dessinateur comme coloriste, ne se moquent vraiment pas des lecteurs. Il y a là du beau boulot ! Ceux qui ont lu le livre pourront ainsi mettre une image sur les personnages et les créatures. En ce qui me concerne, je suis plutôt satisfait du résultat même si j'avoue n'avoir pas compris, en lisant le roman, que le visage du Marquis de Carabas ressemblait à cela. Par contre le Chasseur, la Bête et l'ange Islington me plaisent bien. Et je m'imaginais vraiment Croup et Vandemar comme ça. Quant au scénario, comme dit plus haut, c'est l'adaptation directe et sans nouveauté du roman. C'est donc un bon récit, original et plein d'un imaginaire d'urban-fantasy rafraîchissant pour qui ne connait pas Neil Gaiman. Très bonne histoire, très bons décors, très bons personnages. L'ennui maintenant, c'est qu'ayant bien en tête le bouquin, je n'ai guère vu là qu'une redite de ce que j'avais déjà lu avec les images en plus. Pas de nouveauté. Qui plus est, je n'ai pas su ressentir les mêmes émotions qu'à ma lecture du roman. Certains passages, comme la traversée du Pont de la Nuit, m'ont nettement moins marqué dans cette adaptation. Et la fin du roman qui avait su me toucher et m'émouvoir se révèle nettement plus plate dans ce comics. Affaire de goût ou défaut typique d'une adaptation sur un autre support quand vous connaissez l'original. Ca reste quand même du bon boulot et si vous ne connaissez pas, je vous en conseille la lecture.
Le Tour en caravane
« Tiens, moi qui aime le cyclisme et le tour de France, cette bd va me rappeler d’excellents souvenirs » me suis-je dit en examinant « Le tour en caravane ». Mais, en fait, ce premier tome ne conte pratiquement rien des coureurs et des médias puisque l’auteur invite les lecteurs à suivre les péripéties d’une des attractions de la caravane publicitaire. Je ne vous ferai pas de résumé de la bd, celui cité dans la fiche technique est suffisamment détaillé. Toutefois, sachez qu’il doit y avoir du Rabaté (Les Petits Ruisseaux, La Marie en plastique, etc…) dans Boudier Germain car les principaux personnages sont croquants à souhaits ! Ils sont franchouillards, raleurs, respirent bien la France profonde quoi ! Franchement, je me suis régalé à suivre les (més)aventures de ce trio insolite où tous les pépins du monde entier semblent s’être donnés rendez-vous pour leur empêcher de remporter le trophée de la meilleure caravane du tour (bien que nos héros doivent s’en ficher un peu !...). Je me suis amusé aussi à l’idée que cette caravane publicitaire se sert d’une spécialité locale pour promouvoir la municipalité de « Surseines » et ce produit n’est autre que du vin ! Hilarant non ? Imaginez un peu la tête d’une partie du public, des politiciens, des responsables du tour de France et j’en passe si une caravane publicitaire de ce type se présentait au départ de cette course avec l’équipage qui sert du vin à la population… moi, ça me ferait bien marrer ! Et puis, l’histoire met en scène des anecdotes qui s’inspirent vraiment de la course comme la présence de « El diablo »… Tout cela pour vous dire que je ne me suis pas ennuyé en lisant cette bd ! Au niveau du dessin, je suis un peu plus mitigé car la mise en couleurs adopte des tons assez sombres et peu attirants alors que l’histoire est extrêmement vivante et respire la joie de vivre ! En dehors de ça, l’ensemble m’est apparu plaisant à contempler notamment parce que les personnages sont faciles à identifier au premier coup d’œil et parce que l’enchaînement des séquences se fait avec une bonne fluidité. Bon, je crois que vous avez compris : j’ai aimé ce premier tome et je suis assez impatient de lire le second album parce que j’y ai apprécié l’ambiance franchouillard et bon enfant qui règne dans cette bd. Sincèrement, je pense que même ceux qui détestent le cyclisme aimeront « Le tour en caravane » car les coureurs ne sont pratiquement pas présents dans cette histoire et les facéties des trois personnages principaux me sont apparues hilarantes. Je suis pratiquement certain aussi que les fans de Rabaté prendront du plaisir à suivre les péripéties de notre trio car l’humour employé dans cette bd est très proche de l’auteur de Les Petits Ruisseaux et de La Marie en plastique. Bref, n’hésitez pas à découvrir cette nouvelle série !
Gibier de potence
C’est assez étonnant que les notes soient aussi sévères. Certes ce n’est pas une histoire que l’on va relire tous les 4 matins, elle manque trop d’originalité pour ça, mais n’est-ce pas le lot de tous les westerns en BD ? Celle-là a au moins l’avantage d’être très divertissante, ça défouraille à tout va et on se court après à travers plusieurs états. Je ne sais pas quelle a été la part du travail fourni par Duval mais on sent bien son côté pop-corn BD à la Travis ou Carmen Mc Callum, genre qu’il est pour moi l’un des seuls à utiliser d’une manière convaincante puisqu’il marrie souvent ses scènes d’action à des scénarios fouillés et intelligents. Les personnages sont développés progressivement, parfois mis en valeur par un flash-back qui surviendra un peu plus tard, il n’y a pas vraiment de héros… D’ailleurs l’un des personnages les plus intéressants est un cowboy sans pitié (syndrome Vlad Nirky ?). J’ai eu un peu de mal à m’habituer aux visages des personnages masculins mais ça a fini par couler tout seul ; un graphisme dynamique qui s’adapte bien aux duels et courses à cheval. Je suis juste un peu déçu que les protagonistes n’aient pas eu des gueule plus charismatiques ou plus repoussantes comme dans L'Etoile du Désert. Et je pense que j’aurais aimé en savoir un peu plus sur certains personnages. Une bonne série B qui bizarrement ne fait pas partie du label.
Les Fils de la terre
Les Fils de la Terre est l'histoire d'un jeune fonctionnaire japonais chargé par son gouvernement de voir ce qu'il faudrait faire pour redonner envie aux jeunes japonais de se lancer dans l'agriculture qui est totale perdition là-bas. Il va faire la connaissance d'un jeune paysan au bord du désespoir et tous deux vont parcourir le Japon afin d'en connaître plus sur les déboires et les attentes des paysans japonais, et ce que le gouvernement devrait faire pour améliorer la condition de ces travailleurs qui perdent espoir petit à petit. Le dessin tout en rondeur est très réussi, avec notamment des décors sublimes de la campagne japonaise. Un manga qui va à l'encontre de ce que certains critiquent encore dans les mangas : le manque de décor. L'histoire est intéressante, attendrissante, sans doute un peu naïve, mais on y apprend énormément de choses. Une œuvre on ne peut plus rafraîchissante et très instructive.
Peter Pan
Je ne sais pas trop quelle note mettre. Peter Pan est une bonne série sauf que 'pas mal' est ce que je ressens en lisant l'un des six tomes. Finalement, je vais mettre 4/5 à cause de la richesse qu'on retrouve dans cette oeuvre. Tout d'abord, il y a la richesse graphique. Loisel a un style super et il est capable de nous faire d'excellents paysages. J'aime aussi la façon dont il dessine les personnages et en particuliers Mouche et Crochet. D'ailleurs, ce dernier est mon personnage préféré. Il est très méchant, mais j'ai eu pitié de lui lorsque j'ai appris son histoire à la fin du tome 5. Il a quelque chose de tragique et j'aime ça. Il y a aussi la richesse scénaristique avec des personnages un peu moins manichéens que dans les autres adaptations de Peter Pan. Peter et ses amis orphelins ont l'air gentils, mais ils peuvent être de vrais petits monstres. Il suffit de voir le sort qu'ils réservent au frère de Rose. Il y a aussi Clochette qui n'est pas aussi gentille qu'on le pense. Tous ces exemples viennent des deux derniers tomes et je pense que c'est ce que j'ai réellement aimé dans Peter Pan. Les autres étaient juste 'pas mal' alors que là on atteint des sommets dans la noirceur. J'adore les oeuvres sombres comme celle-là. Loisel a très bien adapté ce conte, qui ne m'a jamais intéressé d'ailleurs, en le mettant à sa sauce.
Mise en bouche
Le contexte de l'histoire est assez casse-gueule ; Lors d'une prise d'otages rappelant celle de 1993 à la maternelle de Neuilly par un homme dépressif appelé "Human Bomb" par les média, Philippe Djian nous raconte les rapports houleux d'un homme et d'une femme dont les vies amoureuses ne sont qu'échecs. Il ne faut surtout pas se focaliser sur cette prise d'otages (sans morceau de Sarkozy dedans, dixit l'auteur). Celle-ci n'est mise en scène que pour exacerber les tensions et les sentiments des deux personnages. Ils oscillent entre l'amour, l'incompréhension, la haine, mais jamais le même sentiment tous les deux en même temps. Ce jeu du chat et de la souris est fort sympathique et presque amusant par moments, mais il n'en reste pas moins fascinant. Jean-Philippe Peyraud utilise un trait simple et puissant. Pas de surcharge dans les décors ou dans les personnages, tout tend vers l'essentiel : le sentiment du moment de chacun de ses personnages. Les couleurs sont simples et reflètent parfaitement l'ambiance des scènes : la tension, la peur, le calme, la douceur... j'ai vraiment communié avec toutes ses atmosphères grâce aux couleurs. J'ai vraiment bien aimé ce livre. Il y est question de rapports humains, d'incommunicabilité et d'incompréhension de l'autre alors que tout le monde veut la même chose : être aimé et compris. Un très bon moment de lecture, mais attention, malgré le contexte propice à l'action et au suspens, ici il n'en est rien... cette prise d'otage n'est pas du tout réaliste et risque d'en énerver plus d'un... mais j'espère que vous avez compris que ce n'est pas là l'intérêt de cette BD... c'est plus profond et humain que ça. Ah, en revanche, si quelqu'un peut m'expliquer le titre "Mise en bouche"... car là, je me sens un peu con de n'avoir pas saisi. Merci.
Ice Haven
Dans la lignée de Chris Ware et de son Jimmy Corrigan (autre lecture excellente à lire de toute urgence), Clowes nous narre la vie de plusieurs protagonistes dans une petite ville américaine des USA somme toute assez tranquille. Ici, point de violence, de drogues, ou d'armes à feu, et pourtant, sous l'apparente tranquillité du dessin et des destins des personnages se cachent une violence et une rage de vivre (plutôt de non vivre) qui bouillonnent de plus en plus fort et farouchement au fil des pages sans finalement ne jamais éclaté à la surface. C'est tout simple, j'ai franchement aimé. Vraiment, grand et beau moment de lecture que je recommande à toutes et à tous.
Hotel Koral
Voici une BD graphique atypique qui déconcerte dès le début ! Toute en crayonné de couleur avec en moyenne deux cases par page : ça change ! Le tout servi par ce découpage aussi minimaliste que les textes de la BD : pas de bulles, juste quelques dialogues, onomatopées et autres pensées intimes qui sous-titrent les cases... Et là, la magie prend. Car dans ce décor hyper réaliste et acide crayonné par l'auteur, on se laisse mener à travers ces détails, ces cadrages, ces personnages, qui rappellent une Amérique des années 60 et qui composent un univers unique... Une bonne BD donc à mon sens, surtout pour ceux qui apprécient ce qui sort un peu des sentiers battus !
Sillage
Difficile de ne pas tomber sous le charme de Nävis et de son sale caractère. Les auteurs ont su crée un sacré personnage qui aurait pu évoluer dans n’importe quel genre. Donc, cette petite teigne est ici une sorte d’agent secret intergalactique qui accomplira une mission différente par tome. A côté de cela, le fil rouge reste la recherche d’autres représentants de l’humanité disparue. Du coup, il y a une certaine inégalité entre les tomes, le septième, "Q.H.I" est pour moi le meilleur, suivi par le moins bon, "nature humaine" qui pourtant paraît l’un des plus importants concernant la quête personnelle de la jeune fille. Sinon, chaque tome traite de sujet assez dur à la Morvan (la guerre, la guerre, la guerre…), j’en étais assez étonné puisque la série semblait plus viser les ados. Finalement, même si je trouve certains scénarios très bon, dans l’ensemble je les trouve juste pas mal. Mais le dessin de Buchet rattrape le tout ; au poil de cul. C’est vraiment nickel, ultra-précis, fouillé, on sent vraiment une sacrée recherche concernant les différentes espèces ou leurs combinaisons spatiales même si encore une fois, la plupart des races présentes sont de type humanoïde, respire le même gaz. Bref, ça manque un tout petit peu d’imagination. Ca reste une série vraiment sympa à lire et à relire.