Edmond Baudouin ? C’est certainement un des dessinateurs les plus controversés de nos jours ! Je ne compte plus ceux qui détestent son dessin, ni ceux qui aiment son style ! Et pourtant, sa notoriété va bien plus loin que la France !
Son nouvel album « L’arleri », je l’avais repéré depuis longtemps sur les étals d’une librairie sans que cela me donne l’envie de le feuilleter avec passion… tout ça parce que je n’avais pas apprécié « Crazyman » du même auteur.
Le récit met en scène un vieux peintre en train de réaliser un portait nu d’une jeune femme. Tout en réalisant son tableau, le vieillard va raconter à cette demoiselle sa vie intime et lui dévoiler tout ce qu’il pense des femmes…
J’ai bien conscient que les histoires qui mêlent réflexion, philosophie, pensées… ne peuvent pas plaire à tout le monde mais là, j’ai passé un très bon moment de lecture en compagnie de ce duo assez insolite. Les deux personnages se dialoguent avec sincérité, respect et sans tabous. Les dialogues me sont apparus à la fois simples, directs et sans prise de tête, c’est un vrai plaisir de suivre leur conversation et le récit du vieux peintre qui y raconte son passé.
A propos de la vie du vieillard, c’est une histoire assez banale qui nous est dévoilée. En fait, l’intérêt porte surtout sur le regard que porte ce personnage sur les femmes (et sur les hommes aussi) qui m’a passionné. N’allez pas croire que ce narrateur nous raconte essentiellement sa vie sexuelle, ça va plus loin que ça ! Si bien qu’une fois la lecture de cette bd terminée, le dénouement ouvert et sa richesse des réflexions (que vous soyez d’accord ou pas avec l’auteur) me donnent l’envie de relire l’album !
Seule ombre au tableau, la voix off est tellement envahissante que j’ai souvent eu l’impression de feuilleter un roman au lieu d’une vraie bd…
Son dessin ? Je le trouve fascinant, pas spécialement beau, ni laid mais son coup de patte possède un style très personnel qui a su me toucher et me dépayser des autres bd au trait très souvent formaté et sans charme (c’est un avis très subjectif, faut pas me taper hein !)… je trouve même que le trait d’Edmond Baudouin est sensuel.
Finalement, j’ai hautement apprécié la lecture de « L’arleri ».
Je pense que cet album conviendra parfaitement à tous ceux qui sont un peu lassés de lire des bds qui proposent des scénarios et des dessins similaires (plus ou moins), qui veulent découvrir un récit original sans se prendre la tête.
A découvrir sans faute !
Ca y est ! J’ai lu un manwha ! Et j’ai apprécié ; surtout que cette « brique » se lit « normalement ». C’est vrai qu’habitué –de très longue date- au sens de lecture européen, j’ai eu antécédemment quelques difficultés à lire certaines productions japonaises.
Bien aimé le scénario : une histoire forte mais touchante et réellement poétique. Mais c’est surtout le graphisme qui m’a attiré : la découverte d’une certaine modernité dans le trait clair ; lequel donne une vraie expression aux visages. Qui plus est, la palette chromatique où « jouent » des couleurs chaudes fait de ce tome quelque chose que j’ai lu en douceur, savourant même par moment de nombreuses pages.
Tout compte fait, les états d’âme de cet ancien tueur ne sont-ils pas ceux que nous pourrions également ressentir ?… Actuel dans sa découpe narrative, vraiment bien fait au point de vue graphique : que voilà quelque chose que j’ai bien aimé ! Vraiment bien « tourné » à tous points de vue. Un coup de cœur.
Génial ! Tout simplement ! Un humour léger, qui ne fait pas mourir de rire mais des graphismes uniques ! Côté scénario, génial aussi !
En fait, tout est génial...Tout jusqu'au tome 26/27... Où le graphisme devient trop moderne, le scénario à chier... L'auteur n'a plus d'inspiration... Malheureusement... On le prédisait comme le successeur de Dragon Ball. Oui, c'est vrai. Dragon Ball est totalement identique, je veux dire qu'il devient lassant à la fin... Dommage.
Un bon blog/journal qui m'a beaucoup fait rire, plein de personnages hauts en couleur (dont un se démarque particulièrement du lot, pour le plus grand plaisir du lecteur), et un dessin hyper expressif et particulièrement réussi. Une lecture du niveau des premiers carnets de Lewis Trondheim, bref, bien sympa tout ça !
Un chouette témoignage, une situation tendue retranscrite au travers les yeux d’un adolescent encore très « gamin » lors de son arrivée en Irlande, mais que cet épisode fera définitivement passer à l’age adulte. Il est impensable qu’un conflit causé par de telles raisons (un pays qui défend ses valeurs contre un « envahisseur ») vienne de se dérouler en Europe, que sa résolution ait pris autant de temps… les cicatrices, elles, resteront ouvertes pour des années à venir.
Une BD bien racontée, bien dessinée, facile à suivre, et dont le propos donne à réfléchir. Si je pouvais faire un petit reproche à l’auteur, c’est que ni la BD elle-même, ni le petit « making of » en fin de BD n’explique les causes du conflit clairement. Les lecteurs plus jeunes ne maîtrisant pas le sujet risquent de galérer un peu, et vont devoir consulter d’autres sources pour en apprendre plus. Je trouve que c’est un peu une occasion manquée... non ?
Une chouette BD, intéressante, engagée et divertissante.
Je crois que je peux affirmer sans mentir que j'aime décidément le style ainsi que les dessins réalisés par ce formidable auteur qu'est Yslaire. Cette oeuvre est très ambitieuse de par la forme. J'apprécie réellement les efforts effectués qui se traduisent par un bel objet hors du commun.
Sur le fond, on se balade dans les méandres de l'Histoire à la recherche d'un ange disparu. Les amateurs de la grande Histoire ne seront pas déçus.
Je suis littéralement époustouflé par un dessin au trait semi-réaliste ainsi que par l'audace des cases. C'est une oeuvre bien singulière qui a le mérite de pousser toujours plus loin la créativité en matière de bande dessinée. Il est vrai que le visage du frère Stern ressemble étrangement à celui du "ciel au-dessus de Bruxelles". Les thèmes sont également sensiblement les mêmes (les guerres, l'évocation de la Shoa...). Cependant, force de constater que l'approche est un peu différente.
L'auteur a pu faire une excellente synthèse de tous ce qui s'est passé durant le XXème siècle jusqu'à l'avènement de l'ère internet qui occupe une grande place. J'ai juste eu du mal à croire qu'une aussi vieille dame de 99 ans puisse s'exprimer aussi parfaitement avec une telle lucidité et qu'elle maîtrise l'outil informatique.
Cette série est à découvrir absolument. Je regrette simplement de l'avoir découverte fort tard...
Une histoire vraie. Celle de Minik, un enfant esquimau ramené –avec toute sa famille- par un explorateur en 1897. Tous vont se retrouver à Manhattan. Mais le choc des cultures est si grand que seul Minik va survivre. Etranger en Amérique, il le sera également lorsqu’il rentrera dans son pays.
Histoire émouvante, bien mise en images par l’auteur. C’est vrai, Chloé Crichaudet aurait pu tomber dans une sorte de facilité, surcharger ses pages d’émotions (il y a matière), en « remettre une couche » ; mais elle a réalisé l’ensemble d’une manière plutôt émouvante, laquelle fait que l’on se prend ainsi d’amitié pour Minik et que l’on vit ses malheurs avec lui. On va ainsi le suivre, par tranches, pendant les différentes saisons de sa vie ; ce jusqu’à sa fin prématurée à l’âge de 28 ans.
Un album témoignage mais qui ne fait l’objet d’aucune réelle lourdeur. Le graphisme est clair, calibré, réalisé de façon telle que l’on est pour ainsi dire invité à suivre les pérégrinations de Minik.
Il est venu. Il a vu. Il a vécu. Il est parti. Il n’avait rien demandé à personne sauf –mais il ne l’a pas dit- le droit de vivre chez lui. Tout simplement. Mais il aura eu une triste vie d’apatride, et tout cela au nom de la « culture ».
Ces « villes », c’est d’abord une couverture qui attire de par sa composition graphique, ses couleurs. C’est ensuite la découverte d’une autobiographie de l’auteur. Spiessert a en effet passé son enfance dans un cirque. Et c’est avec une sorte d’émerveillement qui lui est resté qu’il nous narre les aventures de ces « autres gens du voyage ».
Ces « villes », c’est une narration faite comme par les yeux et le cœur d’un enfant ; une narration faite de vécu, de poésie et –surtout- de tendresse. Ici pas de choses compliquées, de scénario alambiqué, de bagarres interstellaires… non, c’est juste une simplicité des choses et des gens qui est faite avec justesse et comme vue par l’imaginaire d’un enfant.
Ces « villes », ce sont des saynètes que l’on découvre au gré des pages, des petites histoires faites d’une réelle sincérité et aussi de drôlerie. Le dessin ?… il paraît simple dans son trait. Mais ce dernier, sous une fausse ligne « puérile », parvient à nous montrer –dans des lignes et constructions graphiques claires- la vie de ces artistes méconnus.
Une BD attachante, qui « ne mange pas de pain », mais que l’on prend plaisir à découvrir, à suivre, embellie également par une palette de couleurs chatoyantes. Car le cirque n’est pas quelque chose de triste, mais une unité de personnes qui arrivent à « éclairer » sur leur passage. Et ça, ce n’est pas donné à tout le monde.
Joli que tout cela.
Une bien bonne adaptation d’un chef d’œuvre de la littérature dans ce que l’on appelle communément « l’empire du milieu ». J’ai lu une bonne histoire où fantastique et mythologie ce côtoient, se mêlent. Un peu difficile au premier abord, j’ai surtout été attiré par le graphisme de ce dessinateur chinois –Wang Peng- qui, l’air de rien, pourrait également donner de fameuses leçons de colorisation. Un magnifique graphisme réaliste, une mise en place de personnages, de décors en plans divers ; ainsi qu’une excellente mise en pages font souvent de ces dernières un véritable plaisir pour le regard.
La colorisation ?… j’en reviens. Ancien coloriste, vous pensez bien que je me suis intéressé de très près à celle-ci. Un magnifique choix de couleurs et le traitement donné à ces dernières m’ont fait penser à une certaine dualité avec les très belles planches de « L’Empire de Trigan ». Mais ici, c’est encore autre chose. Par la qualité des tons employés, leur mise en forme, Wang Peng parvient quasi à faire ressentir les matières –vêtements ou autres- dessinées. Du grand art. Vraiment.
L’album ?… j’ai plongé dans des pages qui m’ont fait découvrir un univers accessible à toutes et tous, pour autant qu’on s’y sente attiré. Et s’il est vrai que la littérature chinoise est réalisée d’une autre façon de « travailler » que celle que nous utilisons dans nos contrées de l’ouest, un grand et beau texte peut être universel. Ce qu’il est.
Belle adaptation. Un dessin et une colorisation hors pair. Du grand art, je vous dis.
Une bien bonne histoire. C’est la découverte de deux jeunes auteurs espagnols –Raule et Roger- que je ne connaissais pas. C’est ensuite celle d’un « héros » trouble, trompettiste de son état.
Et nos auteurs embarquent « Jazz » dans des aventures qui tiennent en haleine, ce dans un décor de Barcelone qu’ils connaissent à fond et qui est vraiment bien rendu. Scénario costaud, millimétré, mené tambour battant. Style graphique surprenant au départ mais attachant si on s’y attarde ; l’ensemble m’a plongé dans un monde glauque, noir à souhait, qui se marie très bien à ce polar « brut de brut ».
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L'Arleri
Edmond Baudouin ? C’est certainement un des dessinateurs les plus controversés de nos jours ! Je ne compte plus ceux qui détestent son dessin, ni ceux qui aiment son style ! Et pourtant, sa notoriété va bien plus loin que la France ! Son nouvel album « L’arleri », je l’avais repéré depuis longtemps sur les étals d’une librairie sans que cela me donne l’envie de le feuilleter avec passion… tout ça parce que je n’avais pas apprécié « Crazyman » du même auteur. Le récit met en scène un vieux peintre en train de réaliser un portait nu d’une jeune femme. Tout en réalisant son tableau, le vieillard va raconter à cette demoiselle sa vie intime et lui dévoiler tout ce qu’il pense des femmes… J’ai bien conscient que les histoires qui mêlent réflexion, philosophie, pensées… ne peuvent pas plaire à tout le monde mais là, j’ai passé un très bon moment de lecture en compagnie de ce duo assez insolite. Les deux personnages se dialoguent avec sincérité, respect et sans tabous. Les dialogues me sont apparus à la fois simples, directs et sans prise de tête, c’est un vrai plaisir de suivre leur conversation et le récit du vieux peintre qui y raconte son passé. A propos de la vie du vieillard, c’est une histoire assez banale qui nous est dévoilée. En fait, l’intérêt porte surtout sur le regard que porte ce personnage sur les femmes (et sur les hommes aussi) qui m’a passionné. N’allez pas croire que ce narrateur nous raconte essentiellement sa vie sexuelle, ça va plus loin que ça ! Si bien qu’une fois la lecture de cette bd terminée, le dénouement ouvert et sa richesse des réflexions (que vous soyez d’accord ou pas avec l’auteur) me donnent l’envie de relire l’album ! Seule ombre au tableau, la voix off est tellement envahissante que j’ai souvent eu l’impression de feuilleter un roman au lieu d’une vraie bd… Son dessin ? Je le trouve fascinant, pas spécialement beau, ni laid mais son coup de patte possède un style très personnel qui a su me toucher et me dépayser des autres bd au trait très souvent formaté et sans charme (c’est un avis très subjectif, faut pas me taper hein !)… je trouve même que le trait d’Edmond Baudouin est sensuel. Finalement, j’ai hautement apprécié la lecture de « L’arleri ». Je pense que cet album conviendra parfaitement à tous ceux qui sont un peu lassés de lire des bds qui proposent des scénarios et des dessins similaires (plus ou moins), qui veulent découvrir un récit original sans se prendre la tête. A découvrir sans faute !
Romance killer
Ca y est ! J’ai lu un manwha ! Et j’ai apprécié ; surtout que cette « brique » se lit « normalement ». C’est vrai qu’habitué –de très longue date- au sens de lecture européen, j’ai eu antécédemment quelques difficultés à lire certaines productions japonaises. Bien aimé le scénario : une histoire forte mais touchante et réellement poétique. Mais c’est surtout le graphisme qui m’a attiré : la découverte d’une certaine modernité dans le trait clair ; lequel donne une vraie expression aux visages. Qui plus est, la palette chromatique où « jouent » des couleurs chaudes fait de ce tome quelque chose que j’ai lu en douceur, savourant même par moment de nombreuses pages. Tout compte fait, les états d’âme de cet ancien tueur ne sont-ils pas ceux que nous pourrions également ressentir ?… Actuel dans sa découpe narrative, vraiment bien fait au point de vue graphique : que voilà quelque chose que j’ai bien aimé ! Vraiment bien « tourné » à tous points de vue. Un coup de cœur.
Naruto
Génial ! Tout simplement ! Un humour léger, qui ne fait pas mourir de rire mais des graphismes uniques ! Côté scénario, génial aussi ! En fait, tout est génial...Tout jusqu'au tome 26/27... Où le graphisme devient trop moderne, le scénario à chier... L'auteur n'a plus d'inspiration... Malheureusement... On le prédisait comme le successeur de Dragon Ball. Oui, c'est vrai. Dragon Ball est totalement identique, je veux dire qu'il devient lassant à la fin... Dommage.
Journal intime d'un lémurien
Un bon blog/journal qui m'a beaucoup fait rire, plein de personnages hauts en couleur (dont un se démarque particulièrement du lot, pour le plus grand plaisir du lecteur), et un dessin hyper expressif et particulièrement réussi. Une lecture du niveau des premiers carnets de Lewis Trondheim, bref, bien sympa tout ça !
Coupures irlandaises
Un chouette témoignage, une situation tendue retranscrite au travers les yeux d’un adolescent encore très « gamin » lors de son arrivée en Irlande, mais que cet épisode fera définitivement passer à l’age adulte. Il est impensable qu’un conflit causé par de telles raisons (un pays qui défend ses valeurs contre un « envahisseur ») vienne de se dérouler en Europe, que sa résolution ait pris autant de temps… les cicatrices, elles, resteront ouvertes pour des années à venir. Une BD bien racontée, bien dessinée, facile à suivre, et dont le propos donne à réfléchir. Si je pouvais faire un petit reproche à l’auteur, c’est que ni la BD elle-même, ni le petit « making of » en fin de BD n’explique les causes du conflit clairement. Les lecteurs plus jeunes ne maîtrisant pas le sujet risquent de galérer un peu, et vont devoir consulter d’autres sources pour en apprendre plus. Je trouve que c’est un peu une occasion manquée... non ? Une chouette BD, intéressante, engagée et divertissante.
XXe ciel.com
Je crois que je peux affirmer sans mentir que j'aime décidément le style ainsi que les dessins réalisés par ce formidable auteur qu'est Yslaire. Cette oeuvre est très ambitieuse de par la forme. J'apprécie réellement les efforts effectués qui se traduisent par un bel objet hors du commun. Sur le fond, on se balade dans les méandres de l'Histoire à la recherche d'un ange disparu. Les amateurs de la grande Histoire ne seront pas déçus. Je suis littéralement époustouflé par un dessin au trait semi-réaliste ainsi que par l'audace des cases. C'est une oeuvre bien singulière qui a le mérite de pousser toujours plus loin la créativité en matière de bande dessinée. Il est vrai que le visage du frère Stern ressemble étrangement à celui du "ciel au-dessus de Bruxelles". Les thèmes sont également sensiblement les mêmes (les guerres, l'évocation de la Shoa...). Cependant, force de constater que l'approche est un peu différente. L'auteur a pu faire une excellente synthèse de tous ce qui s'est passé durant le XXème siècle jusqu'à l'avènement de l'ère internet qui occupe une grande place. J'ai juste eu du mal à croire qu'une aussi vieille dame de 99 ans puisse s'exprimer aussi parfaitement avec une telle lucidité et qu'elle maîtrise l'outil informatique. Cette série est à découvrir absolument. Je regrette simplement de l'avoir découverte fort tard...
Groenland Manhattan
Une histoire vraie. Celle de Minik, un enfant esquimau ramené –avec toute sa famille- par un explorateur en 1897. Tous vont se retrouver à Manhattan. Mais le choc des cultures est si grand que seul Minik va survivre. Etranger en Amérique, il le sera également lorsqu’il rentrera dans son pays. Histoire émouvante, bien mise en images par l’auteur. C’est vrai, Chloé Crichaudet aurait pu tomber dans une sorte de facilité, surcharger ses pages d’émotions (il y a matière), en « remettre une couche » ; mais elle a réalisé l’ensemble d’une manière plutôt émouvante, laquelle fait que l’on se prend ainsi d’amitié pour Minik et que l’on vit ses malheurs avec lui. On va ainsi le suivre, par tranches, pendant les différentes saisons de sa vie ; ce jusqu’à sa fin prématurée à l’âge de 28 ans. Un album témoignage mais qui ne fait l’objet d’aucune réelle lourdeur. Le graphisme est clair, calibré, réalisé de façon telle que l’on est pour ainsi dire invité à suivre les pérégrinations de Minik. Il est venu. Il a vu. Il a vécu. Il est parti. Il n’avait rien demandé à personne sauf –mais il ne l’a pas dit- le droit de vivre chez lui. Tout simplement. Mais il aura eu une triste vie d’apatride, et tout cela au nom de la « culture ».
Les Villes d'un jour
Ces « villes », c’est d’abord une couverture qui attire de par sa composition graphique, ses couleurs. C’est ensuite la découverte d’une autobiographie de l’auteur. Spiessert a en effet passé son enfance dans un cirque. Et c’est avec une sorte d’émerveillement qui lui est resté qu’il nous narre les aventures de ces « autres gens du voyage ». Ces « villes », c’est une narration faite comme par les yeux et le cœur d’un enfant ; une narration faite de vécu, de poésie et –surtout- de tendresse. Ici pas de choses compliquées, de scénario alambiqué, de bagarres interstellaires… non, c’est juste une simplicité des choses et des gens qui est faite avec justesse et comme vue par l’imaginaire d’un enfant. Ces « villes », ce sont des saynètes que l’on découvre au gré des pages, des petites histoires faites d’une réelle sincérité et aussi de drôlerie. Le dessin ?… il paraît simple dans son trait. Mais ce dernier, sous une fausse ligne « puérile », parvient à nous montrer –dans des lignes et constructions graphiques claires- la vie de ces artistes méconnus. Une BD attachante, qui « ne mange pas de pain », mais que l’on prend plaisir à découvrir, à suivre, embellie également par une palette de couleurs chatoyantes. Car le cirque n’est pas quelque chose de triste, mais une unité de personnes qui arrivent à « éclairer » sur leur passage. Et ça, ce n’est pas donné à tout le monde. Joli que tout cela.
Au bord de l'eau
Une bien bonne adaptation d’un chef d’œuvre de la littérature dans ce que l’on appelle communément « l’empire du milieu ». J’ai lu une bonne histoire où fantastique et mythologie ce côtoient, se mêlent. Un peu difficile au premier abord, j’ai surtout été attiré par le graphisme de ce dessinateur chinois –Wang Peng- qui, l’air de rien, pourrait également donner de fameuses leçons de colorisation. Un magnifique graphisme réaliste, une mise en place de personnages, de décors en plans divers ; ainsi qu’une excellente mise en pages font souvent de ces dernières un véritable plaisir pour le regard. La colorisation ?… j’en reviens. Ancien coloriste, vous pensez bien que je me suis intéressé de très près à celle-ci. Un magnifique choix de couleurs et le traitement donné à ces dernières m’ont fait penser à une certaine dualité avec les très belles planches de « L’Empire de Trigan ». Mais ici, c’est encore autre chose. Par la qualité des tons employés, leur mise en forme, Wang Peng parvient quasi à faire ressentir les matières –vêtements ou autres- dessinées. Du grand art. Vraiment. L’album ?… j’ai plongé dans des pages qui m’ont fait découvrir un univers accessible à toutes et tous, pour autant qu’on s’y sente attiré. Et s’il est vrai que la littérature chinoise est réalisée d’une autre façon de « travailler » que celle que nous utilisons dans nos contrées de l’ouest, un grand et beau texte peut être universel. Ce qu’il est. Belle adaptation. Un dessin et une colorisation hors pair. Du grand art, je vous dis.
Jazz Maynard
Une bien bonne histoire. C’est la découverte de deux jeunes auteurs espagnols –Raule et Roger- que je ne connaissais pas. C’est ensuite celle d’un « héros » trouble, trompettiste de son état. Et nos auteurs embarquent « Jazz » dans des aventures qui tiennent en haleine, ce dans un décor de Barcelone qu’ils connaissent à fond et qui est vraiment bien rendu. Scénario costaud, millimétré, mené tambour battant. Style graphique surprenant au départ mais attachant si on s’y attarde ; l’ensemble m’a plongé dans un monde glauque, noir à souhait, qui se marie très bien à ce polar « brut de brut ». Vraiment efficace.