XXe ciel.com

Note: 3.56/5
(3.56/5 pour 27 avis)

Mail remail et reremail d'@nonymous. Un jeu de mail, pour retrouver un frère disparu en 1916 sur les champs de batailles de Verdun.


BoDoï Cyberespace : Mondes Virtuels Hislaire / Yslaire

1998: Eva Stern est psychanalyste, elle est née avec le 20eme siecle et espère bien mourir avec. Sa vie a toujours été d'écouter celle des autres, jusqu'à ce jeudi 1er mars 1998. 1er Mars 1998: premier e-mail d'@nonymous, daté du 31 février 1998: aucun texte juste un montage photo, aucun lien entre les différentes images qui aparaissent à l'écran... Et pourtant, ces images disparates couvrant l'ensemble du 20eme siecle, vont réveiller en elle des souvenirs, des doutes et des questions sur un frère porté disparu en 1916 sur les champs de batailles de verdun. Une mort à laquelle elle n'a jamais voulut croire... L'enquête va se poursuivre de mail en mail, avec l'aide d'une jeune étudiante en psychologie. Au fil des mails, on pourra redécouvrir des images symboliques du siècle passé, et découvrir petit à petit l'histoire d'Eva et de son frère... N.B. : il est à noter que le site web (voir fiche) est une oeuvre à part entière.

Scénario
Dessin
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Novembre 1997
Statut histoire Série terminée 4 tomes parus

Couverture de la série XXe ciel.com © Les Humanoïdes Associés 1997
Les notes
Note: 3.56/5
(3.56/5 pour 27 avis)
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L'avatar du posteur Noirdésir

Il y a dans cette série pas mal de choses qui m’ont fait penser à Bilal, en particulier à sa superbe série Le Sommeil du Monstre. Le dessin d’abord – le bleu étant alors remplacé par des nuances rougeâtres et rouille (j’aime un peu moins la colorisation des passages sixties aux États-Unis, avec un bleu franc – ce sont d’ailleurs les seuls passages où j’ai ressenti quelques longueurs). Mais aussi la narration – sa construction mais aussi l’entremêlement de la grande histoire, ses charniers, avec la petite. Il faut s’accrocher au départ pour suivre Yslaire, qui bâtit petit à petit une intrigue lisible sur plusieurs plans, mais qui s’avère quand même rapidement captivante, intrigante. Au travers de la quête d’Eva (nonagénaire encore assez vive jusqu’à ce que la mort ne l’emporte aux deux tiers de la série), des mystérieux messages du non moins mystérieux @nonimous (surtout des photos, plus ou moins réelles et célèbres, sur lesquelles apparait comme un ange immortel, le frère d’Eva, prétendument mort durant la première guerre mondiale), Yslaire se permet de revisiter certains moments du XXème siècle (instants ou périodes, c’est selon – comme pour les sixties américaines autour de Kerouac ou d’autres personnages de cette période d’engagement dégagé). On ne s’ennuie pas. Il faut même prévoir du temps pour cette lecture qui se révèle plus ardue et longue que le peu de texte à lire pourrait nous le faire croire au départ. Au fur et à mesure qu’avançait ma lecture, je me demandais comment Yslaire allait pouvoir conclure son histoire. Conclusion qui s’envole dans les étoiles, avec les anges. Malgré des longueurs (signalées plus haut) et un scénario peut-être un chouia trop alambiqué, cette série reste néanmoins de haute tenue, ambitieuse et agréable à lire – et à regarder. Lecture recommandée donc.

12/12/2020 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue Boy

Yslaire a conçu là une œuvre ambitieuse et riche en références, tant historiques que culturelles. On a presque quitté le domaine de la bande dessinée traditionnelle, ce « XXème ciel » est davantage un long poème graphique, où l’extérieur des cases (symbolisant le contexte, l’invisible) et l’intérieur (le récit, le visible) donnent lieu à un va-et-vient permanent. Servie par le graphisme toujours somptueux de l’auteur, l’histoire est aussi un voyage dans le XXème siècle, à travers la mémoire d’une femme. On est ainsi ballotté, au gré des événements et des rencontres, d’un continent à l’autre, mais aussi propulsé sur la Lune, là où l’homme a laissé son empreinte à la fin des années 70. La référence aux anges y est omniprésente, mais attention, ici pas de mièvrerie cul-cul, on est davantage dans la poésie, et d’ailleurs, qu’on y croie ou pas, l’histoire ne livre pas de réponses. Par ce traitement singulier, l’ouvrage pourra en dérouter plus d’un. Yslaire a-t-il réussi son pari ? L’histoire de cette femme jamais consolée de la perte de son frère au crépuscule de sa vie est touchante. Frère disparu qu’elle croit être devenu ange. Sur le fond, il est difficile de l’évoquer en un paragraphe, tant celui-ci est complexe. Si l’auteur se garde bien de se prononcer sur l’existence de ces créatures mythiques, il dénonce en revanche sans ambiguïté les horreurs de la guerre et la cruauté humaine. Pour mieux prendre du recul et ne pas tomber dans la facilité, Yslaire veille toujours à prendre le recul nécessaire, faisant s’affronter l’imaginaire et le rationnel. Entre les deux, la poésie que personne ne peut contester. Car c’est peut-être le dernier rempart contre la barbarie, le dernier espoir de changer un jour le monde, le dernier acte révolutionnaire, comme aimait à le suggérer le grand Léo Ferré… Peut-être devient-on ange pour mieux échapper à l’implacable pesanteur terrestre et à la barbarie… « XXème ciel » est donc une œuvre puissante, mais hélas pas forcément à la portée du plus grand nombre. Pas totalement réussie car s’égarant parfois dans des méandres scénaristiques confus, mais loin d’être ratée… La beauté graphique et poétique et la force de l’histoire concourent à en faire une œuvre digne d’intérêt et méritant largement une place dans votre bibliothèque.

08/05/2010 (modifier)

Le premier tome faisait partie de la petite cinquantaine de BD que comptait la bibliothèque de l'internat, perdue parmi les Tintin, Asterix et quelques Largo Winch... C'est la force du graphisme qui m'a séduite dès les premières pages. La dynamique de cet aspect quasi "croquis" donne vie aux personnages, bien plus que le contour à l'encre dans Sambre. Alors qu'importe si les proportions ne sont pas toujours exactement respectées, puisque Éva et Franck s'animent ? Au rouge et noir de Sambre s'ajoute quelques touches de bleu, évoquant le ciel de cette BD... L'histoire de cette femme adorant son frère qui, absent, ne cessera de la hanter, m'émeut profondément. Si pour Nietzche, Dieu est mort, pour Éva, Franck est toujours vivant. Yslaire profite de cette histoire de famille (à l'arbre généalogique si particulier, comme il sait les faire) pour nous remettre face à notre conscience historique (commune aux belges et aux français alors ?!), revisitant le XXe siècle et ce qu'il révèle de l'humanité dans ses folies les plus horribles (l'Holocauste, la guerre du Vietnam...) comme les plus belles (l'amour, l'art, la conquête du ciel...). Et ceci, non par une analyse verbale grossière et maladroite ; seulement par des images et quelques sentiments d'Éva (dont je n'ai vu certains qu'après plusieurs lectures). L'équilibre trouvé entre le texte et le dessin sert ici totalement le propos ; moi, c'est cette BD qui me fait dire que la Bande Dessinée peut être un art. Alors, bien sûr, tout le monde ne sera pas d'accord avec moi, mais cet épanchement onirique de l'auteur m'a totalement séduite ; et chaque fois que je relis cette BD (enfin, cette serie, puisque j'ai acheté les 4 tomes depuis l'internat !), c'est avec un plaisir renouvelé.

03/01/2010 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
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Je crois que je peux affirmer sans mentir que j'aime décidément le style ainsi que les dessins réalisés par ce formidable auteur qu'est Yslaire. Cette oeuvre est très ambitieuse de par la forme. J'apprécie réellement les efforts effectués qui se traduisent par un bel objet hors du commun. Sur le fond, on se balade dans les méandres de l'Histoire à la recherche d'un ange disparu. Les amateurs de la grande Histoire ne seront pas déçus. Je suis littéralement époustouflé par un dessin au trait semi-réaliste ainsi que par l'audace des cases. C'est une oeuvre bien singulière qui a le mérite de pousser toujours plus loin la créativité en matière de bande dessinée. Il est vrai que le visage du frère Stern ressemble étrangement à celui du "ciel au-dessus de Bruxelles". Les thèmes sont également sensiblement les mêmes (les guerres, l'évocation de la Shoa...). Cependant, force de constater que l'approche est un peu différente. L'auteur a pu faire une excellente synthèse de tous ce qui s'est passé durant le XXème siècle jusqu'à l'avènement de l'ère internet qui occupe une grande place. J'ai juste eu du mal à croire qu'une aussi vieille dame de 99 ans puisse s'exprimer aussi parfaitement avec une telle lucidité et qu'elle maîtrise l'outil informatique. Cette série est à découvrir absolument. Je regrette simplement de l'avoir découverte fort tard...

07/07/2008 (modifier)
Par popi
Note: 4/5

C'est beau, très beau même. Et l'histoire, qui est dure à suivre au milieu de cette sorte de résumé du 20ème siècle, invite finalement à la relecture et à profiter à nouveau de ces magnifiques dessins d'Yslaire. Attention cependant : on est entre poésie, philosophie et horrible réalité de ce 20ème siècle. Le rythme est lent, voire très lent ^^ ; mais c'est pour mieux prendre le temps d'apprécier les dessins ^^.

23/02/2008 (MAJ le 23/02/2008) (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 2/5

Bernard Hislaire (Bidouille et Violette), qui signe maintenant "Yslaire", propose ici une oeuvre originale ; fruit de son intérêt pour la psychanalyse et les possibilités de communication offertes par Internet. Les albums s'articulent sur une série d'images sombres, avec un texte décalé et une quasi absence de dialogues. Ces photos retouchées sont celles qu'Eva Stern, une psychanalyste née avec le siècle, reçoit -au départ de l'histoire- chaque mois, par E-Mail, sur son ordinateur. Quel est leur sens ? Il s'agit visiblement de messages ayant un rapport avec le passé de la vieille dame, et notamment la disparition de son frère durant la guerre 14-18. Une série assez complexe, aux interprétations multiples, qui peut séduire ou rebuter. Une expérience graphique et narrative intéressante. Mais faut aimer...

07/11/2007 (modifier)
Par pol
Note: 2/5
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J'ai toujours été intrigué par cette série à chaque fois que je l'apercevais en librairie ou en bibliothèque. Je me suis donc lancé et je dois dire que malheureusement je n'ai pas franchement aimé. Le style graphique est super original, la mise en page aussi et les dessins sont très bons. Donc cette série a tout pour plaire. Je comprends d'ailleurs parfaitement qu'il y ait une majorité d'avis positif. Mais voilà l'histoire ne m'a pas captivé. Il faut dire que ça part très mal : nous sommes en 1999 et l'héroïne de 99 ans est une utilisatrice complètement familière d'Internet et des e-mails... Il n'y a que moi que ça choque ? J'ai l'esprit trop cartésien ? Sans rire, ça ne tient pas debout... L'histoire du passé de son frère m'a pourtant bien intéressé au début. Ca aurait pu être très bon, je pense. Est-il vivant ? Mort ? Que lui est-t-il arrivé ? Mais j'ai trouvé que le récit traînait trop en longueurs pour me passionner. Dommage...

09/05/2006 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
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Tome 1 Très bel album. Visuellement, Yslaire casse tout avec cette nouvelle série. Sur le plan marketing (sans sous-entendu négatif), c'est un pionnier. Car son album est d'abord paru en ligne, sous forme de story-boards à commenter. L'ancêtre du blog ! Quant à l'histoire... Yslaire s'y entend bien pour accrocher son lecteur, pour instiller le doute dans son esprit. Utiliser les images les plus symboliques du XXème siècle, quelle idée de génie ! Cependant, comme on n'a pas l'impression de savoir grand-chose à la fin de ce tome, mon avis reste mitigé. C'est pourquoi je ne donne pas la note maximale. Tome 2 J'ai été surpris par ce second tome. Lu dans la foulée du premier, je m'attendais à avoir une redite, un surplace de l'histoire... Eh bien pas du tout ! On apprend pas mal de choses, Yslaire en dit même un poil trop pour ne pas déflorer le dénouement, et l'iconographie est, à mon sens, mieux maîtrisée que dans le tome 1. Graphiquement, C'est aussi différent, puisqu'on a moins d'esquisses et plus de dessins en aplats. Une meilleure gestion de l'image, probablement. J'ai pensé au trait de Bilal, par moments. Pas une mauvaise référence...

04/04/2006 (modifier)
Par patico
Note: 4/5

Bon voilà je viens de lire pour la première fois les quatre tomes de XXe ciel.com à la suite et en très peu de temps (dans l’intervalle de quelques jours) pour être bien réceptif à l’histoire. Il va m’être difficile d’apporter quelque chose de neuf aux avis déjà postés mais je vous livre quand même quelques unes de mes impressions. Dessin 6/5 Et pourquoi pas, je le trouve magique et très poétique. J’avais déjà été fortement séduit par celui-ci dans la série « Sambre » et je le trouve toujours aussi beau. Un moment de pur bonheur pour les yeux et le cœur. L’histoire 2/5 Intéressante mais j’ai eu un peu de mal à suivre, je suis souvent revenu en arrière pour essayer de tout comprendre, je dis bien essayer car il me semble qu’il doit y avoir plusieurs niveaux de compréhension (voir un grand nombre de sens cachés) dans cette histoire dont certains m’ont échappé, il faudra que je relise plus attentivement et fasse plus attention aux détails, il y en a tellement. Je me suis demandé aussi si deux ou trois tomes n’auraient pas suffit pour l’histoire mais bon vu le plaisir des yeux je ne vais pas m’en plaindre. 6/5 + 2/5 = 8 /10 qui font donc 4****/5(cqfd)

23/04/2005 (modifier)
Par ornelune
Note: 3/5

La Forme 4/5 Les dessins de cette bd sont très beaux. Les traits du dessin sont laissés, les coups de crayons sont marqués, et même si quelques planches ont été retravaillées par informatique, c'est suffisamment discret pour que l'on sente la patte du dessinateur. La palette de couleur est belle, un peu froide et distante (bleus, gris, noirs et blancs ; des couleurs chaudes plus estompées ; effets pastel et fondues...), ce qui n'est pas sans charme. Yslaire aime le réalisme des visages, des corps et des décors (le détail des appareils photos début de siècle ou moderne ; des avions de guerre ; l'apparition d'une télé typée années 60-70, dans le coin d'une vignette) Les dessins sont souvent repris, parfois pour insister sur un détail vu en gros plan ; parfois pour recontextualiser (ces dernières sont de trop ; ex : les deux ou trois premières planches "Eva et son amie mourante à l'hôpital") Les dessins occupent de larges formats et sont rarement enfermés dans de petites vignettes. Le Fond 1/5 L'histoire, pourtant très simple, apparaît un peu lourde car elle nous emmène sur différents terrains (histoire, philosophie, théologie) sans vraiment nous laisser en profiter. Par conséquent le XXe siècle est résumé à trois ou quatre grands évènements (1ere et 2de guerre mondiale, l'enlisement américain au Vietnam, la guerre froide, le 11 septembre 2001 à New York), trois ou quatre mouvances culturelles (le mouvement hippie, Freud,...)... Un peu court même en supposant que l'auteur ne voulait pas être exhaustif. Les personnages et l'histoire en elle-même sont plutôt inintéressants. On ne sait pas trop où cette "enquête" nous mène, ni même à qui elle est peut être utile... En conclusion 3/5 L'impression au final reste bonne. Peut-être parce que je m'attache ici plus à la forme qui domine nettement. Le fond déçoit. La démarche est intrigante et les recherches bibliographiques de l'auteur laissent deviner le gros travail fournit pour le projet... Le survol du siècle est cependant bien suivi et la nostalgie ambiante n'est pas désagréable.

28/12/2004 (modifier)