Une série que je guettais depuis longtemps, me jurant de l’acheter si l’occasion se présentait. Pensez : un récit policier réaliste qui nous entraine dans le quotidien des R.G. (comprenez Renseignements Généraux et non Tintin et Milou), c’est le genre de truc qui me plait, d’habitude.
Cependant, je me méfiais quand même un peu de l’objet car le scénariste, Pierre Dragon, s’il sait de quoi il cause, n’est pas un pro de la bd. Le risque de me retrouver devant une histoire intéressante mais mal racontée était donc réel !
Et pourtant… Et pourtant, j’ai été scié par la qualité, justement, de cette narration ! En peu de mots bien choisis, en courtes séquences bien représentatives, en quelques traits d’humour viril (primaire, diront certains), l’auteur nous fait rentrer dans son quotidien. Et, dans mon cas, impossible d’en sortir avant la dernière page.
Le propos est très bien soutenu par un dessin vif et pourtant travaillé, brut et pourtant élégant, simple et pourtant expressif. Le genre de dessin dont vous ne pouvez isoler une case en vous disant « que c’est beau » mais qui illustre à merveille le propos.
Les histoires en elles-mêmes n’ont rien d’explosif. Il s’agit bel et bien du quotidien d’une équipe des Renseignements Généraux, un quotidien principalement occupé par d’interminables planques, par de discrètes filatures, par des coups de bluff qui font monter l’adrénaline chez leurs auteurs sans que rien ne transpire. Et c’est là que la narration devient essentielle, car la tension devient palpable, les frustrations aussi… et l’on comprend parfaitement ces moments de relâchement faits de blagues à deux balles, courts moments rapidement interrompus par la réalité du quotidien.
Enfin, il y a ces personnages, souvent attachants par leur humanité, réalistes voire résignés quant à leur importance et l’efficacité de leurs actions.
Excellent, pour les amateurs du genre. Vraiment, vraiment, très très bien. Je regrette même qu’il n’existe que deux tomes tant j’aurais aimé continuer à suivre ces personnages !
j'ai déjà eu l'occasion de lire cette BD, et cela m'a bien plu ... j'ai très probablement des goûts un peu spéciaux, en fait de fantasmes, mais l'ensemble me semble bien et assez réaliste dans le dessin.
Dommage, cependant, qu'elle soit trop difficilement trouvable à présent (peut-être dans les ventes confidentielles ?)
Voici un pavé qu'il est bien difficile de lâcher une fois entamé ! Et pourtant je suis loin d'être une adepte de la BD reportage sur sujet d'actualité.
Jusqu'à présent, malgré sa bonne réputation, je ne m'étais jamais laissée tenter par l'emprunt et encore moins l'achat, et c'est en lisant Les Ignorants que l'envie est venue. En effet, dans cette BD, Davodeau fait lire "Le photographe" à son ami Richard (qui pour une fois ne s'endort pas dessus comme pour ses autres découvertes BD, bien au contraire) puis lui présente d'une part Emmanuel Guibert - qui raconte comment la rencontre avec le photographe et toute l'aventure elle-même l'a marqué à jamais - puis les deux médecins reconvertis en producteurs de vin dans le vignoble bordelais.
J'ai entamé ma lecture sans grande conviction malgré tout : ce mélange pas super esthétique de photos souvent trop petites et de dessins d'un style qui n'est pas pour m'enthousiasmer outre mesure n'était vraiment pas très attirant pour quelqu'un comme moi qui donne beaucoup d'importance à la beauté du dessin en bande dessinée (ce qui m'amène souvent à la déception côté scénario soi dit en passant…).
Et puis tout doucement, au fil des pages et de la narration du photographe mes yeux sont restés accrochés, mes mains tournaient les pages les unes après les autres sans trouver d'occasions de faire des pauses : cette aventure de plusieurs mois d'un photographe au milieu d'une mission de Médecins Sans Frontières en Afghanistan est extraordinaire et passionnante ! Ces humanitaires font face à des difficultés monumentales et prennent des risques considérables pour aller soigner et porter secours dans des coins complètement reculés, risques qu'ils reprennent sans hésiter quelques mois plus tard tellement ils sont attachés aux populations locales qu'ils croisent et aident.
Les Afghans – hommes, femmes, enfants, vieillards - qui pour moi jusqu'à présent n'étaient que des individus déshumanisés et interchangeable vus par l'œil rectangulaire de la télévision, prennent vie et montrent un visage "humain" (pas toujours très reluisant d'aileurs) et j'ai compris ce qui pouvait motiver ces hommes et femmes exceptionnels à faire ce métier pour le moins inconfortable, erreintant et risqué. Ma petite vie occidentale pépère me semble bien fade à côté… ce n'est pas pour autant que je me sens capable d'en faire autant ; moi aussi, comme Didier (le photographe), j'ai envie de leur dire mon admiration à chaque page !
Empruntez-le, achetez-le, offrez-le sans risque, c'est un témoignage exceptionnel ! Et comme le suggère Monsieur Davodeau dans ses "Ingnorants", je vais peut-être m'intéresser à La Guerre d'Alan d'ici peu.
Le plaisir procuré par la lecture de ce tome 1 est à la mesure de la frustration qu'emmène l'inachèvement de sa traduction.
Car lire un comics dans lequel un super-méchant a éradiqué tous les super-héros et annexé tous les Etats de la Terre (ou sur le point de le faire) est une sorte d'expérience ultime, que Mark Waid mène brillamment. Car ceux que Golgoth mène au pouvoir sont à leur tour tentés d'en savoir plus, de grignoter des miettes de ce pouvoir, au risque bien sûr de se transformer en poulet grillé si leur maître venait à connaître leurs vélléités.
Alors en effet le tome 1 pourrait presque se suffire à lui-même, puisqu'il est très complet. Mais hélas il laisse le lecteur frustré, avec ces cliffhangers multiples : les différents états e rébellion des ministres de Golgoth, la situation ambigüe de sa fille...
Côté dessin, Barry Kitson, qui a déjà beaucoup collaboré avec Waid, se révèle un illustrateur de très bon niveau, même s'il y aurait à redire sur les visages de ses personnages, qui changent régulièrement.
Espérons lire un jour la suite...
Un bon récit de fantasy. J'adore l'imagination dont fait preuve Brunschwig avec cette série. Les deux mondes qu'il a créés sont intéressants et montrent qu'on peut faire du nouveau dans la fantasy.
Le scénario est accrochant et j'aime le fait qu'il se passe des choses dans le premier tome. De nos jours, il y a trop de tomes introductifs que je peux lire en 5 minutes et dont je ne me souviens plus du scénario une semaine plus tard tellement il ne se passe rien. Ici, il y a des péripéties dès le début sans que cela aille trop vite.
Le seul reproche que je peux faire est qu'il n'y a pas eu de suite depuis 8 ans (on parle d'un troisième tome dans l'interview de Luc Brunschwig, mais celà date de 3 ans). Je sais que l'auteur passe souvent ici et j'espère qu'il va lire mon avis.
Pas mal du tout, le dessin est franchement mieux que Gimenez, qui devenait fort brouillon, et dont l'univers métallique fatigue. Ici c'est beaucoup plus frais et varié, avec un travail sur l'univers et le monde imaginaire.L'histoire ou du moins le début est pas si mal non plus, de quoi se réconcilier avec le fantasque Jodorowsky.C'est bien pensé et ça pourrait être un spin-off mieux que le modèle. Le seul souci et ce pourquoi l'achat n'est pas conseillé, c'est quid de la suite ? cet éditeur semble avoir plus ou moins disparu de la scène
Une histoire très originale sur le thème de la fin du monde. L'atmosphère de désolation est très bien rendue, surtout que la curiosité et le côté "renouveau" prend vite le pas sur l'aspect lugubre propre à ce genre de récit. Les personnages sont vite attachants et l'accroche de départ est bien pensée, je n'en dirai pas plus. On sent l'amour pour cette époque des petits formats héroïques et ses histoires délirantes qui manquent aujourd'hui. La porte s'est rouverte avec ce récit, qui évite habilement la nostalgie et intègre astucieusement les différents superhéros et les "méchants". Les explications sont bien dosées et à la fois clin d'œil au genre, un peu comme le film "Incassable".
La fin est également bien trouvée et peu prévisible. Une lecture très agréable avec un dessin aussi volontairement "à l'ancienne", qui donne du charme, dommage peut-être pour les couleurs conventionnelles mais enfin, on aimerait voir plus de créativité de ce type.
Tônoharu, un roman graphique d'un américain au nom à consonance danoise qui raconte son expérience au Japon, pas banal non ?
Le format est lui aussi à la croisée des genres. De la forme et de la consistance d'un manga avec environ 250 pages qui regroupent 2 tomes de l'édition originale américaine, l'éditeur le Lézard Noir brouille les pistes. Les planches sont composées en gaufrier ce qui m'a rappelé Jeffrey Brown dans un autre genre : 4 cases, simples et efficaces avec un style graphique qui me plaît, très bien maîtrisé et propre (et là rien à voir avec Brown).
De manière en partie autobiographique, ayant lui-même beaucoup voyagé notamment au Japon, Lars Martinson met en scène un jeune homme fraîchement diplômé qui débarque dans l'arrière-pays nippon pour y être professeur d'anglais assistant. Au sein d'un collège il a un rôle subalterne auprès de collègues japonais avec qui le courant passe plus ou moins bien. Le contact avec cette nouvelle culture est rude et le dépaysement total par rapport à son Amérique natale. Et on ne peut pas dire que les japonais d'une réserve voire d'une timidité maladive l'aident beaucoup à s'intégrer. En serait-il autrement avec d'autres étrangers qu'un américain ? Je pense que non même si le passé entre ces 2 pays est encore douloureux, on n'y évoque pas de xénophobie de manière frontale. L'auteur fait bien ressentir toute la difficulté de communication, le Japon paraît comme un autre monde un peu austère où tout est compliqué à commencer par la barrière de la langue. D'ailleurs à certains passages les personnages parlent en japonais sans que cela soit traduit ce qui nous fait partager l'isolement ressenti.
Notre jeune prof se raccroche donc aux autres rares étrangers qu'il peut croiser et notamment Constance, elle-aussi assistante arrivée en même temps que lui mais qui semble se débrouiller beaucoup mieux. J'ai bien aimé la scène où elle commande un café trouvant cela tout à fait normal et anodin comme geste au bout de 2 mois sur place... il acquiesce mais lui ne sait toujours pas le faire. Le livre est bien dosé avec de petites notes d'humour dans ce genre mais aussi de silences et de moments gênés bien retranscrits par l'auteur.
Où l'on voit l'apathie du personnage et on découvre petit à petit son absence de centres d'intérêt - en dehors de la télé et dormir, puis les névroses d'un homme qui se laisse doucement submerger par une mélancolie et un mal du pays manifeste. Ajoutons à cela que sa vie sentimentale n'est pas non plus au beau fixe.
La fin est ouverte et permet d'imaginer une suite plus radieuse avec ce qu'on peut espérer comme une reprise en main du protagoniste et la découverte plus approfondie du pays. Il serait intéressant de voir le point de vue opposé, à savoir celui d'un japonais qui voit débarquer un américain dans son collège et ce qu'il pense vraiment derrière sa réserve de façade. Pour conclure - j'allais écrire ce manga - ce roman graphique est un exemple réussi de récit de voyage tout en faisant bien passer les états d'âme que peut connaître un étranger. On peut le rapprocher de ce que fait Guy Delisle bien que le ton ne soit pas le même. Certains y verront du Chris Ware, on peut aussi y voir du Clowes en filigrane.
Pour plus de détails, le site de Martinson contient pas mal d'informations et un avancement régulier de son travail sur le 3ème tome : http://larsmartinson.com/
Pour moi, "3 Secondes" est franchement bien, limite culte, tellement le concept est original et bien mené (surtout couplé à la version numérique disponible sur internet).
J'ai scruté chaque image, j'ai adoré la descente vers le stade de foot ou la fuite dans l'espace.
A la lecture de la BD je me suis demandée parfois si la trajectoire était bien réaliste, mais quand je suis passée à la version numérique, à quelques rares exceptions je me suis bien rendue compte à quel point la réalisation est précise et minutieuse. C'est un travail titanesque ! Il y a bien quelques passages un peu confus, mais dans l'ensemble ça se suit sans difficulté.
La version disponible sur internet est très bien pensée aussi, elle ne se contente pas de nous offrir l'animé de la BD, on peut aussi jouer sur le sens et la vitesse de lecture. C'est un plus indéniable qui complète parfaitement la version papier.
Une belle surprise, dont je vais avoir du mal à me séparer car je l'ai achetée pour l'offrir à Noël... MAM ne m'avait pas convaincue jusqu'à présent (en fait je n'ai lu que Le Dessin je crois...) mais du coup je vais sans doute m'intéresser un peu plus à la production de ce monsieur.
A commander au Père Noël sans hésiter.
Vraiment très chouette cette série, une figure historique de la justice chinoise mène l'enquête...Gare aux malfrats et comploteurs de tout poils ! Le juge Bao veille au grain avec un réalisme saisissant et de superbes dessins, dont l'influence photo est bien assimilée. La psychologie des personnages n'est pas en reste, les décors à la fois soignés et aérés, font qu'on passe un moment de dépaysement garanti. Le format aussi est sympathique, facile à lire et transporter.
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RG
Une série que je guettais depuis longtemps, me jurant de l’acheter si l’occasion se présentait. Pensez : un récit policier réaliste qui nous entraine dans le quotidien des R.G. (comprenez Renseignements Généraux et non Tintin et Milou), c’est le genre de truc qui me plait, d’habitude. Cependant, je me méfiais quand même un peu de l’objet car le scénariste, Pierre Dragon, s’il sait de quoi il cause, n’est pas un pro de la bd. Le risque de me retrouver devant une histoire intéressante mais mal racontée était donc réel ! Et pourtant… Et pourtant, j’ai été scié par la qualité, justement, de cette narration ! En peu de mots bien choisis, en courtes séquences bien représentatives, en quelques traits d’humour viril (primaire, diront certains), l’auteur nous fait rentrer dans son quotidien. Et, dans mon cas, impossible d’en sortir avant la dernière page. Le propos est très bien soutenu par un dessin vif et pourtant travaillé, brut et pourtant élégant, simple et pourtant expressif. Le genre de dessin dont vous ne pouvez isoler une case en vous disant « que c’est beau » mais qui illustre à merveille le propos. Les histoires en elles-mêmes n’ont rien d’explosif. Il s’agit bel et bien du quotidien d’une équipe des Renseignements Généraux, un quotidien principalement occupé par d’interminables planques, par de discrètes filatures, par des coups de bluff qui font monter l’adrénaline chez leurs auteurs sans que rien ne transpire. Et c’est là que la narration devient essentielle, car la tension devient palpable, les frustrations aussi… et l’on comprend parfaitement ces moments de relâchement faits de blagues à deux balles, courts moments rapidement interrompus par la réalité du quotidien. Enfin, il y a ces personnages, souvent attachants par leur humanité, réalistes voire résignés quant à leur importance et l’efficacité de leurs actions. Excellent, pour les amateurs du genre. Vraiment, vraiment, très très bien. Je regrette même qu’il n’existe que deux tomes tant j’aurais aimé continuer à suivre ces personnages !
Dialogues de Pierre Louÿs
j'ai déjà eu l'occasion de lire cette BD, et cela m'a bien plu ... j'ai très probablement des goûts un peu spéciaux, en fait de fantasmes, mais l'ensemble me semble bien et assez réaliste dans le dessin. Dommage, cependant, qu'elle soit trop difficilement trouvable à présent (peut-être dans les ventes confidentielles ?)
Le Photographe
Voici un pavé qu'il est bien difficile de lâcher une fois entamé ! Et pourtant je suis loin d'être une adepte de la BD reportage sur sujet d'actualité. Jusqu'à présent, malgré sa bonne réputation, je ne m'étais jamais laissée tenter par l'emprunt et encore moins l'achat, et c'est en lisant Les Ignorants que l'envie est venue. En effet, dans cette BD, Davodeau fait lire "Le photographe" à son ami Richard (qui pour une fois ne s'endort pas dessus comme pour ses autres découvertes BD, bien au contraire) puis lui présente d'une part Emmanuel Guibert - qui raconte comment la rencontre avec le photographe et toute l'aventure elle-même l'a marqué à jamais - puis les deux médecins reconvertis en producteurs de vin dans le vignoble bordelais. J'ai entamé ma lecture sans grande conviction malgré tout : ce mélange pas super esthétique de photos souvent trop petites et de dessins d'un style qui n'est pas pour m'enthousiasmer outre mesure n'était vraiment pas très attirant pour quelqu'un comme moi qui donne beaucoup d'importance à la beauté du dessin en bande dessinée (ce qui m'amène souvent à la déception côté scénario soi dit en passant…). Et puis tout doucement, au fil des pages et de la narration du photographe mes yeux sont restés accrochés, mes mains tournaient les pages les unes après les autres sans trouver d'occasions de faire des pauses : cette aventure de plusieurs mois d'un photographe au milieu d'une mission de Médecins Sans Frontières en Afghanistan est extraordinaire et passionnante ! Ces humanitaires font face à des difficultés monumentales et prennent des risques considérables pour aller soigner et porter secours dans des coins complètement reculés, risques qu'ils reprennent sans hésiter quelques mois plus tard tellement ils sont attachés aux populations locales qu'ils croisent et aident. Les Afghans – hommes, femmes, enfants, vieillards - qui pour moi jusqu'à présent n'étaient que des individus déshumanisés et interchangeable vus par l'œil rectangulaire de la télévision, prennent vie et montrent un visage "humain" (pas toujours très reluisant d'aileurs) et j'ai compris ce qui pouvait motiver ces hommes et femmes exceptionnels à faire ce métier pour le moins inconfortable, erreintant et risqué. Ma petite vie occidentale pépère me semble bien fade à côté… ce n'est pas pour autant que je me sens capable d'en faire autant ; moi aussi, comme Didier (le photographe), j'ai envie de leur dire mon admiration à chaque page ! Empruntez-le, achetez-le, offrez-le sans risque, c'est un témoignage exceptionnel ! Et comme le suggère Monsieur Davodeau dans ses "Ingnorants", je vais peut-être m'intéresser à La Guerre d'Alan d'ici peu.
Golgoth le Dernier Empereur (Empire)
Le plaisir procuré par la lecture de ce tome 1 est à la mesure de la frustration qu'emmène l'inachèvement de sa traduction. Car lire un comics dans lequel un super-méchant a éradiqué tous les super-héros et annexé tous les Etats de la Terre (ou sur le point de le faire) est une sorte d'expérience ultime, que Mark Waid mène brillamment. Car ceux que Golgoth mène au pouvoir sont à leur tour tentés d'en savoir plus, de grignoter des miettes de ce pouvoir, au risque bien sûr de se transformer en poulet grillé si leur maître venait à connaître leurs vélléités. Alors en effet le tome 1 pourrait presque se suffire à lui-même, puisqu'il est très complet. Mais hélas il laisse le lecteur frustré, avec ces cliffhangers multiples : les différents états e rébellion des ministres de Golgoth, la situation ambigüe de sa fille... Côté dessin, Barry Kitson, qui a déjà beaucoup collaboré avec Waid, se révèle un illustrateur de très bon niveau, même s'il y aurait à redire sur les visages de ses personnages, qui changent régulièrement. Espérons lire un jour la suite...
Angus Powderhill
Un bon récit de fantasy. J'adore l'imagination dont fait preuve Brunschwig avec cette série. Les deux mondes qu'il a créés sont intéressants et montrent qu'on peut faire du nouveau dans la fantasy. Le scénario est accrochant et j'aime le fait qu'il se passe des choses dans le premier tome. De nos jours, il y a trop de tomes introductifs que je peux lire en 5 minutes et dont je ne me souviens plus du scénario une semaine plus tard tellement il ne se passe rien. Ici, il y a des péripéties dès le début sans que cela aille trop vite. Le seul reproche que je peux faire est qu'il n'y a pas eu de suite depuis 8 ans (on parle d'un troisième tome dans l'interview de Luc Brunschwig, mais celà date de 3 ans). Je sais que l'auteur passe souvent ici et j'espère qu'il va lire mon avis.
Castaka
Pas mal du tout, le dessin est franchement mieux que Gimenez, qui devenait fort brouillon, et dont l'univers métallique fatigue. Ici c'est beaucoup plus frais et varié, avec un travail sur l'univers et le monde imaginaire.L'histoire ou du moins le début est pas si mal non plus, de quoi se réconcilier avec le fantasque Jodorowsky.C'est bien pensé et ça pourrait être un spin-off mieux que le modèle. Le seul souci et ce pourquoi l'achat n'est pas conseillé, c'est quid de la suite ? cet éditeur semble avoir plus ou moins disparu de la scène
Tom et William
Une histoire très originale sur le thème de la fin du monde. L'atmosphère de désolation est très bien rendue, surtout que la curiosité et le côté "renouveau" prend vite le pas sur l'aspect lugubre propre à ce genre de récit. Les personnages sont vite attachants et l'accroche de départ est bien pensée, je n'en dirai pas plus. On sent l'amour pour cette époque des petits formats héroïques et ses histoires délirantes qui manquent aujourd'hui. La porte s'est rouverte avec ce récit, qui évite habilement la nostalgie et intègre astucieusement les différents superhéros et les "méchants". Les explications sont bien dosées et à la fois clin d'œil au genre, un peu comme le film "Incassable". La fin est également bien trouvée et peu prévisible. Une lecture très agréable avec un dessin aussi volontairement "à l'ancienne", qui donne du charme, dommage peut-être pour les couleurs conventionnelles mais enfin, on aimerait voir plus de créativité de ce type.
Tonoharu
Tônoharu, un roman graphique d'un américain au nom à consonance danoise qui raconte son expérience au Japon, pas banal non ? Le format est lui aussi à la croisée des genres. De la forme et de la consistance d'un manga avec environ 250 pages qui regroupent 2 tomes de l'édition originale américaine, l'éditeur le Lézard Noir brouille les pistes. Les planches sont composées en gaufrier ce qui m'a rappelé Jeffrey Brown dans un autre genre : 4 cases, simples et efficaces avec un style graphique qui me plaît, très bien maîtrisé et propre (et là rien à voir avec Brown). De manière en partie autobiographique, ayant lui-même beaucoup voyagé notamment au Japon, Lars Martinson met en scène un jeune homme fraîchement diplômé qui débarque dans l'arrière-pays nippon pour y être professeur d'anglais assistant. Au sein d'un collège il a un rôle subalterne auprès de collègues japonais avec qui le courant passe plus ou moins bien. Le contact avec cette nouvelle culture est rude et le dépaysement total par rapport à son Amérique natale. Et on ne peut pas dire que les japonais d'une réserve voire d'une timidité maladive l'aident beaucoup à s'intégrer. En serait-il autrement avec d'autres étrangers qu'un américain ? Je pense que non même si le passé entre ces 2 pays est encore douloureux, on n'y évoque pas de xénophobie de manière frontale. L'auteur fait bien ressentir toute la difficulté de communication, le Japon paraît comme un autre monde un peu austère où tout est compliqué à commencer par la barrière de la langue. D'ailleurs à certains passages les personnages parlent en japonais sans que cela soit traduit ce qui nous fait partager l'isolement ressenti. Notre jeune prof se raccroche donc aux autres rares étrangers qu'il peut croiser et notamment Constance, elle-aussi assistante arrivée en même temps que lui mais qui semble se débrouiller beaucoup mieux. J'ai bien aimé la scène où elle commande un café trouvant cela tout à fait normal et anodin comme geste au bout de 2 mois sur place... il acquiesce mais lui ne sait toujours pas le faire. Le livre est bien dosé avec de petites notes d'humour dans ce genre mais aussi de silences et de moments gênés bien retranscrits par l'auteur. Où l'on voit l'apathie du personnage et on découvre petit à petit son absence de centres d'intérêt - en dehors de la télé et dormir, puis les névroses d'un homme qui se laisse doucement submerger par une mélancolie et un mal du pays manifeste. Ajoutons à cela que sa vie sentimentale n'est pas non plus au beau fixe. La fin est ouverte et permet d'imaginer une suite plus radieuse avec ce qu'on peut espérer comme une reprise en main du protagoniste et la découverte plus approfondie du pays. Il serait intéressant de voir le point de vue opposé, à savoir celui d'un japonais qui voit débarquer un américain dans son collège et ce qu'il pense vraiment derrière sa réserve de façade. Pour conclure - j'allais écrire ce manga - ce roman graphique est un exemple réussi de récit de voyage tout en faisant bien passer les états d'âme que peut connaître un étranger. On peut le rapprocher de ce que fait Guy Delisle bien que le ton ne soit pas le même. Certains y verront du Chris Ware, on peut aussi y voir du Clowes en filigrane. Pour plus de détails, le site de Martinson contient pas mal d'informations et un avancement régulier de son travail sur le 3ème tome : http://larsmartinson.com/
3 Secondes (3'')
Pour moi, "3 Secondes" est franchement bien, limite culte, tellement le concept est original et bien mené (surtout couplé à la version numérique disponible sur internet). J'ai scruté chaque image, j'ai adoré la descente vers le stade de foot ou la fuite dans l'espace. A la lecture de la BD je me suis demandée parfois si la trajectoire était bien réaliste, mais quand je suis passée à la version numérique, à quelques rares exceptions je me suis bien rendue compte à quel point la réalisation est précise et minutieuse. C'est un travail titanesque ! Il y a bien quelques passages un peu confus, mais dans l'ensemble ça se suit sans difficulté. La version disponible sur internet est très bien pensée aussi, elle ne se contente pas de nous offrir l'animé de la BD, on peut aussi jouer sur le sens et la vitesse de lecture. C'est un plus indéniable qui complète parfaitement la version papier. Une belle surprise, dont je vais avoir du mal à me séparer car je l'ai achetée pour l'offrir à Noël... MAM ne m'avait pas convaincue jusqu'à présent (en fait je n'ai lu que Le Dessin je crois...) mais du coup je vais sans doute m'intéresser un peu plus à la production de ce monsieur. A commander au Père Noël sans hésiter.
Juge Bao
Vraiment très chouette cette série, une figure historique de la justice chinoise mène l'enquête...Gare aux malfrats et comploteurs de tout poils ! Le juge Bao veille au grain avec un réalisme saisissant et de superbes dessins, dont l'influence photo est bien assimilée. La psychologie des personnages n'est pas en reste, les décors à la fois soignés et aérés, font qu'on passe un moment de dépaysement garanti. Le format aussi est sympathique, facile à lire et transporter.