Sasmira est une oeuvre à part dans le paysage bdessiné français. Non seulement pour son exceptionnel premier tome, du point de vue de sa maîtrise graphique et narrative, mais aussi, et cet aspect a presque surpassé ses qualités artistiques, à cause de la longue attente qu'il a générée ; celle-ci a en effet duré plus de 13 ans...
Mais l'heure du second tome a sonné, et c'est l'occasion de replonger dans le temps en compagnie de Stan et Bertille. Bertille, l'une des plus belles héroïnes du 9ème art selon moi, bien plus émoustillante que la diaphane et mutique Sasmira qui donne son nom à la série, n'en déplaise à Stanislas... Drôle d'oeuvre que cette histoire d'amour entrelacée dans le présent et le passé ! Les pages de Sasmira dégagent un parfum de suranné, magnifiquement enluminé par le trait élégant de Laurent Vicomte. A la lecture de Sasmira, la langueur et le mystère sont les aspects les plus prégnants, et le second tome ne dément pas cette tendance, même si Claude Pelet a dû reprendre le dessin en cours de route. On ne se rend compte de ce changement que par la suite, lorsque sur certaines scènes on a l'impression de ne pas reconnaître Stan... Bertille, elle, a su garder en grande partie sa sensualité et la finesse de ses courbes. Quant à Sasmira... La vacuité initiale de ses traits laisse au nouveau dessinateur la possibilité de se l'approprier graphiquement, mais on sent Pelet encore indécis, peut-être intimidé face à ce monument en péril... Le dessin est différent, on sent chez Pelet une finesse moindre, peut-être parce qu'il a un style plus graphique que Vicomte.
Ce second tome, loin de nous révéler les secrets de Sasmira, nous emmène tout de même plus en profondeur dans le mystère, et nous laisse, encore une fois, sur un joli cliffhanger. Tout ce qu'on peut espérer à Sasmira, ses auteurs et ses admirateurs, c'est que la suite arrive vite.
Je ne vais pas refaire le pitch ni le tour complet de ce qui a déjà été dit. La simplicité paie toujours quand elle accompagne en douceur une histoire belle et douce comme celle-ci. Par certains côtés, ce one shot m'a fait penser à Rain Man, le beau gosse Self Made Man qui se doit de s'occuper d'un proche indésirable et qui va en apprendre plus sur lui même.
Une histoire simple, faite de personnages "humains" et réels. Les auteurs tombent un poil dans le pathos en final mais sans s'y engouffrer réellement, ils arrivent à tenir sur le fil du simple et sensible, et cet exercice est toujours délicat.
De la jolie BD tant dans sa trame que dans son dessin qui accompagne merveilleusement cette triste histoire familiale, vraiment à recommander.
En feuilletant quelques pages, j'ai tout de suite aimé le style cinématographique et la localisation de l'histoire, quelque part ou il fait froid, pluvieux et neigeux, bref un environnement hostile.
Les personnages sont attachants et jurent, ce qui tend d'autant plus à les rendre réels :)
Le lien unissant la jeune fille de l'histoire et son "amant", comme elle l'aime à le faire croire, est bien amené de façon à ce qu'il soit crédible et solide.
Le style graphique m'a également immédiatement séduit car détaillé, sombre et fluide, ainsi que les personnages que l'on à hâte de découvrir plus en avant.
Et preuve ultime que cette bd vaut un minimum que l'on s'y intéresse, c'est que 3 semaines après l'avoir lue, je me rappelle encore en détail chaque passage ...
Habibi… Difficile d’écrire un avis sur cet album de 650 planches. Il y aurait tellement à dire, tant cet album aborde une quantité phénoménale de thèmes, sans que cela ne soit par ailleurs pesant ou lassant.
Là réside véritablement, selon moi, la force de l’auteur : présenter une histoire aussi complète, aussi universellement humaine, dans tout ce qu’elle peut avoir d’heureux et de douloureux, présenter une histoire qui puise dans les origines de l’Homme et de ses croyances, avec autant d’habilité, de recherche et d’intelligence.
Par l’utilisation de la symbolique, de la transposition des contes et légendes orientales sur sa trame principale, l’auteur livre un récit profond qui a l’avantage certain de nous dépayser vers l’Orient. Tantôt empreint de tendresse et tantôt de cruauté, l’album est émotionnellement fort. Le rythme est bon, certes lent, mais bercé de poésie.
Si vous aviez apprécié Blankets - Manteau de neige, cet album ne devrait pas vous décevoir. L’auteur continue à nous épater et nous transporte vers les mille et une nuits. De ce fait, je me suis senti plus proche de la précédente œuvre de l’auteur que de cet Habibi.
L’aspect graphique est, lui aussi, hallucinant. Le travail abattu par l’auteur est incroyable et la qualité graphique s’en ressent. La mise en page et le trait étayent à merveille tout la symbolique de l’album ; du grand Art les amis, je vous le dis !
En conclusion, l’auteur a relevé un défi énorme en nous proposant ce nouveau one-shot qui garde indéniablement la qualité de son prédécesseur. Son cocktail, certes simple, est délicieux et magique : de la symbolique, de la poésie et de l’onirisme… un délice !
La malédiction des 7 boules vertes ...
Une magnifique œuvre qui est à la croisée de la fantasy et du conte, avec une ligne claire à la Tintin et une histoire à la Tolkien, ça mélange astucieusement les genres, et ça marche parfaitement.
On lit en étant captivé, les dessins très beaux contribuent à nous faire rentrer dans un univers très sympathique.
Mais en plus de l'histoire "classique" qui pose pourtant des très bonnes idées et quelques petites perles, je trouve que c'est avec la réflexion (peu développée mais présente) sur l'immortalité que le récit prend une bonne ampleur. Quand on est seul à rester et que tout disparait ... Je pense que sans le tome 5 j'aurais mis uniquement 4 étoiles.
Les trois tomes bonus proposent une histoire indépendante construite de façon très originale, amusant et poursuivant d'une excellente façon la série. Le cycle de deux tomes avec les auberges pose, lui, quelque chose de complètement différent en prenant uniquement le héros comme point de repère, mais rajoute une nouvelle histoire très bien faite, dans la même lignée que les précédentes, et conclut d'une très belle façon cette série qui est pour moi un immanquable d'une bonne BDthèque.
4/5 pour un tout bon, même si le manque de réimpression est énervant, les tomes sont très rarement disponibles en librairie. A lire et à posséder si on le trouve !
"Servitude" peut passer pour un ovni dans la production standard de chez Soleil. Certes, on reste dans leur genre de prédilection mais, on oublie tous les côtés adolescents qui ont fait le succès des Lanfeust et consort.
Les auteurs ont su créer un monde fantasy bien cadré et sérieux celui-ci. En plus, le traitement graphique est intéressant puisque seule des variations du beige et du marron sont utilisés. Rien que pour cela, la découverte vaut le coup.
Par contre, la narration ne permet pas vraiment de se passionner pour l’histoire. Les deux premiers tomes sortis jusqu’à présent ne parlent pas des mêmes personnages et ethnies. Du coup il est assez difficile de s’attacher à des héros qui n’ont pas eu le temps de gagner en charisme. Espérons que c’en est fini de poser les bases de l’aventure et que l’on va pouvoir bientôt se passionner pour cette guerre où, point intéressant, les deux points de vue nous serons exposés et sans manichéisme.
Les auteurs semblent savoir où ils vont, ce qui est plutôt bon signe pour la suite. Pour l’instant, je garde mes réserves mais il y a des chances que ce soit le genre de série que l’on ne pourra que juger dans son ensemble.
Après lecture du tome 3 :
Je passe ma note à 4 étoiles car comme je l'espérais, on commence à rentrer un peu plus dans le vif du sujet... Et puis, après une relecture sérieuse, je me rends compte qu'on tient là un futur incontournable... Les intros avec le chant du premier et les lettres des 2 suivants finissent de nous transporter dans ce monde imaginaire. Les révélations d'Ulfas donnent vraiment envie de connaître la suite et d'en connaître un peu plus sur les puissances et ce dieu avide de pouvoir...
Ce récit complet en trois volumes se lit plutôt bien, même si parfois les bulles paraissent interminables.
Je ne rentrerai pas dans la polémique "est-ce que l'homme de Neandertal possédait un langage?" car je ne suis pas un étudiant spécialiste de la préhistoire. En tout cas cette série se dévore comme un bon livre d'aventures où les rebondissements sont nombreux, même si l'histoire n'a rien d'extraodinaire (un chasseur boiteux veut venger son père tué par un énorme bison).
L'idée du cristal de chasse est plutôt bien trouvée car à cette époque ce genre d'arme pouvait sans doute paraître redoutable.
Les personnages sont attachants comme Laghou, le héros, ou bien Narok l'homme-flamme.
Le dessin est très soigné, même si parfois la taille de certains animaux (tels que l'ours ou le fameux bison alias" longue barbe") peut paraître exagérée.
Le dessin est donc très beau , même si à mon avis il se dégrade légèrement dans le troisième tome surtout en ce qui concerne le visage des personnages au second plan.
Les visages des personnages, en particulier les regards, sont particulièrement réussis.
J'ai donc passé un très agréable moment de lecture avec cette trilogie néandertalienne.
Cette série préhistorique reste donc agréable à lire pour les fans de préhistoire ou les inconditionnels de la Guerre du feu.
Je suis très surpris de constater la disparité des avis. Bec à évidemment son style mais il me semble que l'on est averti avant de rentrer de plain pied dans l’aventure. Personnellement je ne suis pas fan du coup de crayon mais au-delà de ça je trouve le scénario bien cadencé, entrecoupé de recherches exhaustives sur plusieurs phénomènes parfois encore inexpliqués aujourd'hui. Je m’étonne toujours de voir un lecteur nous dire "j'ai vraiment pas accroché et ça dès le premier tome", le voilà tout de même parti pour lire toute la série !!!
Je pense que Bec doit s'arracher les cheveux pour arriver à trouver une fin à tout ça, malgré tout et en tant qu'amateur de SF et de l'immense UW3, je conseille ce cycle qui me parait convaincant et qui a su aussi éveiller ma curiosité.
Une série très originale.
J'aime les références et clins d'oeil aux personnages connus (Beatles, Blier & co).
L'humour de cette bd décalée est omniprésent. J'ai tellement aimé cette bd que j'ai cherché longtemps la suite, en vain... cette série mériterait de connaître une suite.
Une série que je guettais depuis longtemps, me jurant de l’acheter si l’occasion se présentait. Pensez : un récit policier réaliste qui nous entraine dans le quotidien des R.G. (comprenez Renseignements Généraux et non Tintin et Milou), c’est le genre de truc qui me plait, d’habitude.
Cependant, je me méfiais quand même un peu de l’objet car le scénariste, Pierre Dragon, s’il sait de quoi il cause, n’est pas un pro de la bd. Le risque de me retrouver devant une histoire intéressante mais mal racontée était donc réel !
Et pourtant… Et pourtant, j’ai été scié par la qualité, justement, de cette narration ! En peu de mots bien choisis, en courtes séquences bien représentatives, en quelques traits d’humour viril (primaire, diront certains), l’auteur nous fait rentrer dans son quotidien. Et, dans mon cas, impossible d’en sortir avant la dernière page.
Le propos est très bien soutenu par un dessin vif et pourtant travaillé, brut et pourtant élégant, simple et pourtant expressif. Le genre de dessin dont vous ne pouvez isoler une case en vous disant « que c’est beau » mais qui illustre à merveille le propos.
Les histoires en elles-mêmes n’ont rien d’explosif. Il s’agit bel et bien du quotidien d’une équipe des Renseignements Généraux, un quotidien principalement occupé par d’interminables planques, par de discrètes filatures, par des coups de bluff qui font monter l’adrénaline chez leurs auteurs sans que rien ne transpire. Et c’est là que la narration devient essentielle, car la tension devient palpable, les frustrations aussi… et l’on comprend parfaitement ces moments de relâchement faits de blagues à deux balles, courts moments rapidement interrompus par la réalité du quotidien.
Enfin, il y a ces personnages, souvent attachants par leur humanité, réalistes voire résignés quant à leur importance et l’efficacité de leurs actions.
Excellent, pour les amateurs du genre. Vraiment, vraiment, très très bien. Je regrette même qu’il n’existe que deux tomes tant j’aurais aimé continuer à suivre ces personnages !
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Sasmira
Sasmira est une oeuvre à part dans le paysage bdessiné français. Non seulement pour son exceptionnel premier tome, du point de vue de sa maîtrise graphique et narrative, mais aussi, et cet aspect a presque surpassé ses qualités artistiques, à cause de la longue attente qu'il a générée ; celle-ci a en effet duré plus de 13 ans... Mais l'heure du second tome a sonné, et c'est l'occasion de replonger dans le temps en compagnie de Stan et Bertille. Bertille, l'une des plus belles héroïnes du 9ème art selon moi, bien plus émoustillante que la diaphane et mutique Sasmira qui donne son nom à la série, n'en déplaise à Stanislas... Drôle d'oeuvre que cette histoire d'amour entrelacée dans le présent et le passé ! Les pages de Sasmira dégagent un parfum de suranné, magnifiquement enluminé par le trait élégant de Laurent Vicomte. A la lecture de Sasmira, la langueur et le mystère sont les aspects les plus prégnants, et le second tome ne dément pas cette tendance, même si Claude Pelet a dû reprendre le dessin en cours de route. On ne se rend compte de ce changement que par la suite, lorsque sur certaines scènes on a l'impression de ne pas reconnaître Stan... Bertille, elle, a su garder en grande partie sa sensualité et la finesse de ses courbes. Quant à Sasmira... La vacuité initiale de ses traits laisse au nouveau dessinateur la possibilité de se l'approprier graphiquement, mais on sent Pelet encore indécis, peut-être intimidé face à ce monument en péril... Le dessin est différent, on sent chez Pelet une finesse moindre, peut-être parce qu'il a un style plus graphique que Vicomte. Ce second tome, loin de nous révéler les secrets de Sasmira, nous emmène tout de même plus en profondeur dans le mystère, et nous laisse, encore une fois, sur un joli cliffhanger. Tout ce qu'on peut espérer à Sasmira, ses auteurs et ses admirateurs, c'est que la suite arrive vite.
Quelques Jours Ensemble
Je ne vais pas refaire le pitch ni le tour complet de ce qui a déjà été dit. La simplicité paie toujours quand elle accompagne en douceur une histoire belle et douce comme celle-ci. Par certains côtés, ce one shot m'a fait penser à Rain Man, le beau gosse Self Made Man qui se doit de s'occuper d'un proche indésirable et qui va en apprendre plus sur lui même. Une histoire simple, faite de personnages "humains" et réels. Les auteurs tombent un poil dans le pathos en final mais sans s'y engouffrer réellement, ils arrivent à tenir sur le fil du simple et sensible, et cet exercice est toujours délicat. De la jolie BD tant dans sa trame que dans son dessin qui accompagne merveilleusement cette triste histoire familiale, vraiment à recommander.
Yiya
En feuilletant quelques pages, j'ai tout de suite aimé le style cinématographique et la localisation de l'histoire, quelque part ou il fait froid, pluvieux et neigeux, bref un environnement hostile. Les personnages sont attachants et jurent, ce qui tend d'autant plus à les rendre réels :) Le lien unissant la jeune fille de l'histoire et son "amant", comme elle l'aime à le faire croire, est bien amené de façon à ce qu'il soit crédible et solide. Le style graphique m'a également immédiatement séduit car détaillé, sombre et fluide, ainsi que les personnages que l'on à hâte de découvrir plus en avant. Et preuve ultime que cette bd vaut un minimum que l'on s'y intéresse, c'est que 3 semaines après l'avoir lue, je me rappelle encore en détail chaque passage ...
Habibi
Habibi… Difficile d’écrire un avis sur cet album de 650 planches. Il y aurait tellement à dire, tant cet album aborde une quantité phénoménale de thèmes, sans que cela ne soit par ailleurs pesant ou lassant. Là réside véritablement, selon moi, la force de l’auteur : présenter une histoire aussi complète, aussi universellement humaine, dans tout ce qu’elle peut avoir d’heureux et de douloureux, présenter une histoire qui puise dans les origines de l’Homme et de ses croyances, avec autant d’habilité, de recherche et d’intelligence. Par l’utilisation de la symbolique, de la transposition des contes et légendes orientales sur sa trame principale, l’auteur livre un récit profond qui a l’avantage certain de nous dépayser vers l’Orient. Tantôt empreint de tendresse et tantôt de cruauté, l’album est émotionnellement fort. Le rythme est bon, certes lent, mais bercé de poésie. Si vous aviez apprécié Blankets - Manteau de neige, cet album ne devrait pas vous décevoir. L’auteur continue à nous épater et nous transporte vers les mille et une nuits. De ce fait, je me suis senti plus proche de la précédente œuvre de l’auteur que de cet Habibi. L’aspect graphique est, lui aussi, hallucinant. Le travail abattu par l’auteur est incroyable et la qualité graphique s’en ressent. La mise en page et le trait étayent à merveille tout la symbolique de l’album ; du grand Art les amis, je vous le dis ! En conclusion, l’auteur a relevé un défi énorme en nous proposant ce nouveau one-shot qui garde indéniablement la qualité de son prédécesseur. Son cocktail, certes simple, est délicieux et magique : de la symbolique, de la poésie et de l’onirisme… un délice !
La Malédiction des sept boules vertes
La malédiction des 7 boules vertes ... Une magnifique œuvre qui est à la croisée de la fantasy et du conte, avec une ligne claire à la Tintin et une histoire à la Tolkien, ça mélange astucieusement les genres, et ça marche parfaitement. On lit en étant captivé, les dessins très beaux contribuent à nous faire rentrer dans un univers très sympathique. Mais en plus de l'histoire "classique" qui pose pourtant des très bonnes idées et quelques petites perles, je trouve que c'est avec la réflexion (peu développée mais présente) sur l'immortalité que le récit prend une bonne ampleur. Quand on est seul à rester et que tout disparait ... Je pense que sans le tome 5 j'aurais mis uniquement 4 étoiles. Les trois tomes bonus proposent une histoire indépendante construite de façon très originale, amusant et poursuivant d'une excellente façon la série. Le cycle de deux tomes avec les auberges pose, lui, quelque chose de complètement différent en prenant uniquement le héros comme point de repère, mais rajoute une nouvelle histoire très bien faite, dans la même lignée que les précédentes, et conclut d'une très belle façon cette série qui est pour moi un immanquable d'une bonne BDthèque. 4/5 pour un tout bon, même si le manque de réimpression est énervant, les tomes sont très rarement disponibles en librairie. A lire et à posséder si on le trouve !
Servitude
"Servitude" peut passer pour un ovni dans la production standard de chez Soleil. Certes, on reste dans leur genre de prédilection mais, on oublie tous les côtés adolescents qui ont fait le succès des Lanfeust et consort. Les auteurs ont su créer un monde fantasy bien cadré et sérieux celui-ci. En plus, le traitement graphique est intéressant puisque seule des variations du beige et du marron sont utilisés. Rien que pour cela, la découverte vaut le coup. Par contre, la narration ne permet pas vraiment de se passionner pour l’histoire. Les deux premiers tomes sortis jusqu’à présent ne parlent pas des mêmes personnages et ethnies. Du coup il est assez difficile de s’attacher à des héros qui n’ont pas eu le temps de gagner en charisme. Espérons que c’en est fini de poser les bases de l’aventure et que l’on va pouvoir bientôt se passionner pour cette guerre où, point intéressant, les deux points de vue nous serons exposés et sans manichéisme. Les auteurs semblent savoir où ils vont, ce qui est plutôt bon signe pour la suite. Pour l’instant, je garde mes réserves mais il y a des chances que ce soit le genre de série que l’on ne pourra que juger dans son ensemble. Après lecture du tome 3 : Je passe ma note à 4 étoiles car comme je l'espérais, on commence à rentrer un peu plus dans le vif du sujet... Et puis, après une relecture sérieuse, je me rends compte qu'on tient là un futur incontournable... Les intros avec le chant du premier et les lettres des 2 suivants finissent de nous transporter dans ce monde imaginaire. Les révélations d'Ulfas donnent vraiment envie de connaître la suite et d'en connaître un peu plus sur les puissances et ce dieu avide de pouvoir...
Neandertal
Ce récit complet en trois volumes se lit plutôt bien, même si parfois les bulles paraissent interminables. Je ne rentrerai pas dans la polémique "est-ce que l'homme de Neandertal possédait un langage?" car je ne suis pas un étudiant spécialiste de la préhistoire. En tout cas cette série se dévore comme un bon livre d'aventures où les rebondissements sont nombreux, même si l'histoire n'a rien d'extraodinaire (un chasseur boiteux veut venger son père tué par un énorme bison). L'idée du cristal de chasse est plutôt bien trouvée car à cette époque ce genre d'arme pouvait sans doute paraître redoutable. Les personnages sont attachants comme Laghou, le héros, ou bien Narok l'homme-flamme. Le dessin est très soigné, même si parfois la taille de certains animaux (tels que l'ours ou le fameux bison alias" longue barbe") peut paraître exagérée. Le dessin est donc très beau , même si à mon avis il se dégrade légèrement dans le troisième tome surtout en ce qui concerne le visage des personnages au second plan. Les visages des personnages, en particulier les regards, sont particulièrement réussis. J'ai donc passé un très agréable moment de lecture avec cette trilogie néandertalienne. Cette série préhistorique reste donc agréable à lire pour les fans de préhistoire ou les inconditionnels de la Guerre du feu.
Prométhée
Je suis très surpris de constater la disparité des avis. Bec à évidemment son style mais il me semble que l'on est averti avant de rentrer de plain pied dans l’aventure. Personnellement je ne suis pas fan du coup de crayon mais au-delà de ça je trouve le scénario bien cadencé, entrecoupé de recherches exhaustives sur plusieurs phénomènes parfois encore inexpliqués aujourd'hui. Je m’étonne toujours de voir un lecteur nous dire "j'ai vraiment pas accroché et ça dès le premier tome", le voilà tout de même parti pour lire toute la série !!! Je pense que Bec doit s'arracher les cheveux pour arriver à trouver une fin à tout ça, malgré tout et en tant qu'amateur de SF et de l'immense UW3, je conseille ce cycle qui me parait convaincant et qui a su aussi éveiller ma curiosité.
Les Avatars
Une série très originale. J'aime les références et clins d'oeil aux personnages connus (Beatles, Blier & co). L'humour de cette bd décalée est omniprésent. J'ai tellement aimé cette bd que j'ai cherché longtemps la suite, en vain... cette série mériterait de connaître une suite.
RG
Une série que je guettais depuis longtemps, me jurant de l’acheter si l’occasion se présentait. Pensez : un récit policier réaliste qui nous entraine dans le quotidien des R.G. (comprenez Renseignements Généraux et non Tintin et Milou), c’est le genre de truc qui me plait, d’habitude. Cependant, je me méfiais quand même un peu de l’objet car le scénariste, Pierre Dragon, s’il sait de quoi il cause, n’est pas un pro de la bd. Le risque de me retrouver devant une histoire intéressante mais mal racontée était donc réel ! Et pourtant… Et pourtant, j’ai été scié par la qualité, justement, de cette narration ! En peu de mots bien choisis, en courtes séquences bien représentatives, en quelques traits d’humour viril (primaire, diront certains), l’auteur nous fait rentrer dans son quotidien. Et, dans mon cas, impossible d’en sortir avant la dernière page. Le propos est très bien soutenu par un dessin vif et pourtant travaillé, brut et pourtant élégant, simple et pourtant expressif. Le genre de dessin dont vous ne pouvez isoler une case en vous disant « que c’est beau » mais qui illustre à merveille le propos. Les histoires en elles-mêmes n’ont rien d’explosif. Il s’agit bel et bien du quotidien d’une équipe des Renseignements Généraux, un quotidien principalement occupé par d’interminables planques, par de discrètes filatures, par des coups de bluff qui font monter l’adrénaline chez leurs auteurs sans que rien ne transpire. Et c’est là que la narration devient essentielle, car la tension devient palpable, les frustrations aussi… et l’on comprend parfaitement ces moments de relâchement faits de blagues à deux balles, courts moments rapidement interrompus par la réalité du quotidien. Enfin, il y a ces personnages, souvent attachants par leur humanité, réalistes voire résignés quant à leur importance et l’efficacité de leurs actions. Excellent, pour les amateurs du genre. Vraiment, vraiment, très très bien. Je regrette même qu’il n’existe que deux tomes tant j’aurais aimé continuer à suivre ces personnages !