La Guerre d'Alan

Note: 3.7/5
(3.7/5 pour 23 avis)

Emmanuel Guibert a 30 ans lorsqu'il rencontre Alan I. Cope, alors agé de 69 ans. Ce dernier est décédé à l'age de 74 ans. Durant ces 5 années, une grande amitié naîtra entre ces deux hommes. Guibert rend visite régulièrement à Alan, qui prendra plaisir à raconter ses souvenirs en tant que soldat. La mise en image de ces souvenirs est un formidable hommage à Alan Ingram Cope, qui démontre ici un talent de conteur extraordinaire. A voir aussi : - L'Enfance d'Alan - Martha & Alan


1939 - 1945 : La Seconde Guerre Mondiale Biographies Ciboulette Guibert L'Association Les meilleures séries terminées en 2012 [Seconde Guerre mondiale] Europe de l'Ouest

En partie publiée dans Lapin depuis avril 1996, la biographie d'Alan I.Cope, qui fera l'objet d'au moins six volumes, est une entreprise d'envergure qu'Emmanuel Guibert réalise désormais seul depuis la disparition d'Alan I.Cope l'an passé. Ce premier tome couvre la période de 1943 à 1945, entre la préparation militaire à Fort Knox et le débarquement au Havre. Le dessin épuré d'Emmanuel Guibert sert admirablement les souvenirs de son vieil ami, qui savait se raconter avec des accents littéraires et sincères : « Tu aimes ce que je te dis parce que je choisis des moments tous absolument vrais et qui, sont des moments racontés sans interprétation, avec juste ce qu'ils ont eu de vérité ». La conclusion devrait être révélée dans "La Guerre d'Alan 3".

Scénaristes
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Avril 2000
Statut histoire Série terminée 3 tomes parus
Couverture de la série La Guerre d'Alan
Les notes (23)
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04/08/2002 | Obélix
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Par sloane
Note: 3/5
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Pas mal, mais surtout pour le gros travail de recherche et de compilation qu'à effectué l'auteur. Par ailleurs l'avis précédent résume très parfaitement ma pensée sur ces trois volumes. De guerre il n'en n'est pas franchement question, du moins pas de la manière dont nous autres bédéphiles la connaissons. Ici en effet nous sommes très loin d'un Tardi ou d'un Mael. Ce qui préoccupe l'auteur c'est avant tout de faire un état des lieux , d'analyser les ressentis des populations face à ces années de guerre. De description de la vie d'un bidasse au jour le jour il ne sera pas question ici, mais plus de ses réflexions sur les évènements. Alors ce n'est pas inintéressant mais perd largement de son intérêt. La correspondance d'Alan avec son ami musicien ne m'a pas plus passionné que cela. Une tranche de vie en période de guerre certes mais au final l'on reste sur sa faim. Moi oui.

26/07/2015 (MAJ le 26/07/2015) (modifier)
L'avatar du posteur Eric2Vzoul

Une approche originale de la guerre mais l'auteur s'éloigne du sujet ! Tout vient du titre : il eût été plus judicieux d'intituler le triptyque La vie d'Alan et tout eût été dit. Guibert met en dessins la vie de son ami Alan Cope. Le dessin est très inégal. Parfois fouillé, réaliste, et même chaleureux (comme dans les toutes dernières pages colorisées du cycle), il reste souvent minimaliste, voire flou et imprécis comme les souvenirs lointains d'un vieil homme. Les fans des travaux de l'Association prétendront que c'est un choix artistique assumé. Moi, je trouve que de trop nombreuses planches sont un peu bâclées. Le personnage central, qui intervient en voix off, n'a pas vu grand chose de la guerre des États-Unis. Mobilisé après Pearl Harbor, il passe plus de trois ans dans des camps d'entraînement avant de traverser l'Atlantique. Lorsque son unité est envoyée au combat, au printemps 1945, la guerre est quasiment finie et son témoignage porte surtout sur l'état de l'Europe au lendemain du conflit. J'ai trouvé passionnante cette partie du récit, regroupée dans les deux premiers volumes, car ce témoignage à hauteur d'homme qui relate une expérience combattante acquiert une valeur universelle grâce au talent de conteur d'Emmanuel Guibert (qu'il développe peu après dans Le Photographe). Le problème vient de ce qu'il se perd ensuite dans le récit d'épisodes sans intérêt de la vie de son héros. Alan traîne son ennui en Allemagne et en France, rentre aux États-Unis, retourne en Europe… Il écoute de la musique, correspond irrégulièrement avec divers amis du temps de la guerre… Ces péripéties ordinaires m'ont profondément ennuyé et j'ai lu le tome 3 avec l'impatience de celui qui attend le mot « fin » pour passer à autre chose. Pour les deux premiers volumes, je donne 4/5 (malgré un style de dessin qui ne m'emballe pas), pour le volume 3, pas plus de 1/5 (quel ennui !), donc une moyenne de 2,5+/5. Je n'ai pas lu L'enfance d'Alan, mais je n'en ai pas envie. Je conseille aux amateurs d'histoires bien ficelées de s'arrêter en fin de tome 2.

08/09/2014 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
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Je n’étais pas trop fan du trait d’Emmanuel Guibert, n’ayant lu que Les Olives noires que je n’avais pas du tout appréciées, tant sur le plan du graphisme que du scénario de Joann Sfar. Cela n’a rien à voir avec le fait qu’il recoure à un style minimaliste, c’est tout simplement parce que son trait ne flatte pas mon œil et manque de finesse, en tout cas dans l’œuvre précitée. Mais comme on m’avait dit beaucoup de bien de cette BD j’ai décidé de faire une nouvelle tentative. Et bien m’en a pris puisque après avoir attaqué ce récit à reculons, j’ai été obligé de me résoudre à l’évidence : « La Guerre d’Alan » est une réussite. Revenons d’abord au dessin. Force est de reconnaître qu’il y a un mieux. Bien que cette même ligne claire un peu sommaire appliquée à ses personnages ne m’ait pas davantage emballé, j’ai en revanche été séduit par les cases représentant des paysages ou des scènes nocturnes, d’une qualité quasi photographique sans être pour autant réaliste, plutôt agréable à l’œil. Le minimalisme est en outre bien adapté à cette évocation, permettant ainsi de ne pas trahir et déformer les souvenirs du narrateur. C’est donc tout de même un drôle de dilemme pour moi … Quant au récit, malgré les quelques longueurs constatées ça et là, surtout au début, on finit par se laisser emporter. C’est une drôle de guerre que cette guerre-là, une guerre sans combats, où à plusieurs reprises le soldat Cope frôlera la mort mais pas du tout face à l’ennemi et de façon très banale ! Mais ces « non-exploits », au-delà de leurs côtés amusants ou anecdotiques, n’auraient guère d’intérêt sans la seconde partie retraçant les pérégrinations du narrateur entre l’Europe et les Etats-Unis, une fois la deuxième guerre mondiale terminée et jusqu’au crépuscule de sa vie. Car la Guerre d’Alan, c’est aussi une guerre contre lui-même, une guerre qui lui aura permis, alors qu’il avait atteint l’âge mûr, de se réveiller d’une vie somnolente pour être enfin lui-même… Alan Cope a fini par élire domicile dans cette Europe où il se sentait vraiment chez lui et où les gens lui semblaient avoir une plus grande profondeur d’âme. Et de la profondeur d’âme, cet ouvrage en a à revendre ! L’alchimie entre Cope et Guibert a très bien fonctionné pour produire une histoire d’une grande humanité, où l’on suit le parcours du jeune Cope insouciant et croyant jusqu’au Cope vieillissant et sceptique, qui, sentant poindre la mort, se met en quête de retrouver ses amis perdus de vue pour les étreindre une dernière fois. Une autre guerre encore, très touchante, pas toujours couronnée de succès hélas... L’histoire se conclut sur une note apaisante, contrebalançant le passage précédent où l’on peut voir une reproduction du dernier courrier de son ami le plus proche, alors qu’il était à l’agonie, très émouvant mais très dur également. Je recommande donc vivement cette très belle histoire d’amitié SUR l’amitié et ce qu’elle a de précieux.

13/10/2013 (modifier)
Par montane
Note: 4/5

Disons le d'emblée, le titre de cet ouvrage est véritablement trompeur. Ceux qui s'attendent à des récits sur la guerre comme a pu en livrer Tardi seront déçus. Il faut plutôt se tourner vers Gibrat dans Le Vol du Corbeau, ou dans Mattéo pour se faire une idée de ce qui vous attend. Alan Cope, même s'il est envoyé en Europe parmi les soldats américains ne sera jamais au front mais toujours en retrait. Point de champ de bataille pour lui, engagé qu'il est comme dactylographe notamment. Et même s'il se retrouve engagé dans un blindé, il ne croisera que très rarement le regard des Allemands au cours de son périple, qui le conduira essentiellement en Tchécoslovaquie ou dans la Bavière d'une Allemagne désormais vaincue. En réalité, "la guerre d'Alan", c'est avant tout l'histoire d'un citoyen américain qui s'aperçoit au fil du temps qu'il a raté sa vie, au nom du respect des conventions, un soldat qui n'a pas été lui-même et qui gagne l'Europe qui lui correspond plus, fuyant un pays dont les gens sont somme toute assez superficiels à son goût. L'histoire d'une vie en somme, dans laquelle se retrouveront bon nombre de lecteurs. Le dessin de Guibert est fidèle à ce qu'il nous avait habitué dans " le photographe" avec des mélanges de dessin et de photos sur fond de couleurs noires, blanches et grises. Un one shot réussi pour un récit plus contemplatif qu'explosif.

24/07/2012 (modifier)

J'ai adoré ce récit. C'est difficile à expliquer. L'ensemble n'est pas spécialement drôle, il n'y a pas de grande aventure. On suit juste le parcours d'un soldat parmi tant d'autres durant ces années mouvementées. Le dessin N&B classique mais très simple, soutient sans faute le récit. Aucun effet visuel tape à l'oeil. Ce doit être le caractère profondément humain et sincère de l'oeuvre qui m'a touché. Et j'ai aussi apprécié cette vision atypique de la guerre, de sa préparation jusqu'au terrain d'opération. On est assez loin des combats finalement et c'est plutôt une vision de ce qui se passe autour que l'on a ici. Le seul point négatif serait du fait de la densité de l'oeuvre et donc du foisonnement des divers personnages. Plusieurs fois j'ai du retourner en arrière pour me rappeler des personnages et de leur relation avec le héros.

04/06/2012 (modifier)
Par Pasukare
Note: 3/5
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Après Le Photographe, j'avoue être déçue par cette guerre d'Alan. Je n'ai pas été transportée par ma lecture, loin s'en faut. Pourtant, c'est un aspect de la guerre qu'on n'apprend pas dans les livres d'histoire et c'est intéressant de suivre ce parcours atypique dans une Europe sur le point d'en finir avec la deuxième guerre mondiale. Mais dans l'ensemble j'ai trouvé cette histoire ennuyeuse à lire, surtout la fin, quand Alan est de retour aux Etats-Unis. Graphiquement, c'est correct, le style colle bien au récit, c'est simple mais suffisamment expressif. Pas mal (instructif) sans plus. A emprunter pour se faire sa propre idée.

06/02/2012 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Magnifique cette série, que j'ai lu dans le non moins magnifique intégrale des éditions l'Association. Attention, le dessin de cette BD est très joli, mais ne vous faites pas avoir par la couverture. En effet, la couverture fait sûrement partis des plus belles couvertures que j'ai pu voir de toute ma vie, tous en nuances subtiles de bleu-gris et vraiment bien détaillé. Mais le dessin à l'intérieur est vraiment différent. Finalement on reconnait bien dans ce style, la patte d'Emmanuel Guibert. En alternant des cases épurés (surtout sur les décors), avec des personnages assez simples, proche de la ligne claire, et des cases plus nébuleuses et poétiques, avec des décors très contrastés dans ce noir et blanc spécial ; les planches font toujours magnifiques : esthétiquement parlant c'est une réussite. Le scénario nous propose un roman graphique historique extrêmement touchant et intéréssant. On suivra, sans que notre intérêt ne baisse sur les 300 pages du recueil, un soldat faire (où finalement ne pas faire) la guerre 39-45, se faire des amis, et à la fin de sa vie, philosopher et essayer de retrouver toutes ses vieilles connaissances éparpiller dans le monde. Un témoignage touchant sur la guerre, mais pas que -loin de là-, raconté par un homme qui nous parait bien sociable et sympathique, et dessiné par un virtuose... J'ai hâte de pouvoir lire "La jeunesse d'Alan". Note réelle : 4.5/5 !!!

19/01/2012 (modifier)
Par cac
Note: 4/5

Quand on y pense, le schéma de base est un peu similaire à celui d'une autre série de l'auteur, Le Photographe, réalisée avec Didier Lefèvre. Dans les deux cas, c'est le récit du vécu de deux personnes dans des situations qui sortent de l'ordinaire, la guerre en étant malheureusement le dénominateur commun. Dans la guerre d'Alan, un ancien soldat américain raconte "sa" guerre à celui qui deviendra un ami en faisant de cet épisode de sa vie une bande dessinée. Le dessin noir et blanc est ici dans un dépouillement plus proche de ce qui caractérise les autres productions de L'Association, on est loin du style de Guibert dans la fille du professeur ou le capitaine écarlate. Qu'importe il sert bien le récit de cette seconde guerre mondiale à travers les yeux d'une jeune recrue bien candide. C'est en fait plein de petites anecdotes qui ont marqué le jeune homme. On ressent une certaine décontraction et limite un ton de guide touristique d'un américain en Europe. On est loin, très loin, de combats acharnés ou de tueries sur les plages du débarquement dont nous abreuvent les films depuis un demi-siècle. Il y eut aussi des soldats qui ont participé à la guerre sur d'autres missions et pas en frontal à tuer du nazi. Il en reste que c'est bien raconté, la lecture de l'intégrale grand format est donc chaudement recommandée.

01/06/2010 (modifier)
Par Tomeke
Note: 3/5

J’avais envie de me plonger dans ce récit biographique depuis un petit temps déjà… J’ai sauté sur l’occasion de la nouvelle édition intégrale pour m’y atteler. À la fermeture de cet épais (et encombrant) album, je dois bien avouer éprouver un peu de satisfaction à être arrivé au bout, certainement à cause de la dernière centaine de pages moins captivantes que les deux premiers tiers du récit. Pourtant, cela avait franchement bien commencé. J’ai ressenti exactement ce que l’auteur avait décrit dans sa préface : il utilise le média de la BD pour nous transmettre aussi fidèlement que possible les heures d’Histoire racontées par Alan I. Cope pendant la guerre 40-45. Eh bien je me suis senti détendu, bercé par la lecture de cette tranche de vie. Je fus particulièrement satisfait de découvrir un récit parallèle aux milliers d’histoires (films, séries, BD,…) de soldats morts pendant la guerre. Cet aspect « je l’ai vécu mais je suis passé complètement à côté » a quelque chose pour me plaire, c’est déroutant et amusant à la fois. Hélas, comme déjà abordé, une certaine monotonie s’installe et le récit semble long vers la fin. Quant aux dessins, ils sont très minimalistes, parfois trop. Il m’est arrivé de ne pas correctement distinguer le qui et le quoi sur l’image. Néanmoins, certaines planches sont bien réussies et mettent en valeur une utilisation idoine du noir et blanc. En conclusion, cette biographie est touchante de simplicité, bien qu’elle tire en longueur. Au prix de 38 € l’intégrale (trois albums), dans une magnifique édition, j’estime que le lecteur n’est pas volé.

21/05/2010 (modifier)
Par Cévenol
Note: 3/5

Voilà une série dont le titre résume à lui seul son contenu… Emmanuel Guibert retranscrit les souvenirs d’un vétéran US de la seconde guerre mondiale, Alan I Coope, lequel n’a été ni béret vert, ni espion infiltré, ni « même » mitrailleur sur les plages de Normandie. Juste un bidasse qui s’est retrouvé là au mauvais endroit et pas tout à fait au mauvais moment… Rendez-vous compte que ce sacré Alan n’a reçu qu’une seule et pauvre médaille, pour blessure de guerre. Et encore il est tombé d’une échelle… Je connais plus glorieux. Mais peut-on vraiment lui reprocher d’avoir été simple soldat, de ne pas avoir descendu des régiments entiers de nazis et autres fridolins sanguinaires ? Assurément non ! Alan, puisque c’est son nom, a en fait traversé la seconde guerre mondiale sans en subir les affrontements et sans peur de la mort si ce n’est par épisodes très limités dans le temps. Pour autant c’est « sa » guerre. Et la guerre d’Alan, si elle n’a pas grand chose à voir avec un voyage organisé, peut parfois y faire penser. Il rejoint le centre d’entraînement du premier tome comme on part en colo. Puis c’est la France et la retraite des allemands qui jouent les éclaireurs puisqu’en fuite. Alan n’a pas vraiment conscience des enjeux qui se jouent devant lui, sauf peut-être concernant la course à l’Est que livrent les Américains face aux russes. Une « naïveté » de façade qui est loin d’être un reproche puisque cette autobiographie semble fidèle au discours d’Alan I. Coope. En effet, à l’image de bon nombre celui-ci ne rêvait pas dans son enfance de défoncer du boch. C’est en fait un gars comme vous ou moi tout simplement. A cela s’ajoute le fait que le récit se déroule des années plus tard ce qui lui donne un certain détachement pas inintéressant. C’est un ancien qui nous raconte ses souvenirs de guerre et qui témoigne, c’est déjà beaucoup. On imagine ainsi aisément Guibert s’entretenir des heures avec Coope pour exhumer ses souvenirs, pour le faire parler d’Alan cinquante ans plus tôt. Cette vision là est d’ailleurs très touchante puisqu’elle peut nous faire regretter de ne pas avoir plus cherché à discuter avec nos grands-parents ou autres de ces époques troubles mais pas forcément vécues comme tel. On est loin de la vision cinématographique de la guerre mais plus prés de la réalité telle qu’elle a été vécue par le plus grand nombre. Toutefois, malgré ce caractère touchant qui nous fait regretter de ne pas nous être entretenu avec Alan, si ce n’est par auteur interposé, je suis tout d’abord un peu resté sur ma faim. Les sentiments que je me suis efforcé de décrire arrivent en effet très tôt dans la lecture. On est vite touché, puis on regrette de ne pas avoir rencontré notre homme, puis… ce sentiment s’efface et l’ennui commence. Le terme d’ennui est sans doute un peu fort et on lui préfèrera celui d’habitude face à un personnage devenu familier. Cette proximité qui s’installe avec le personnage central, à la fois acteur et véritable auteur, fait que les longueurs apparentes sont au final excusables car les reprocher à Guibert reviendrait à les reprocher à Alan ce que le respect que procure cette BD nous interdit. Et si vous trouvez ma critique ambiguë c’est que je suis parvenu à véritablement retranscrire mon sentiment face à une œuvre pour laquelle deux lectures auront été nécessaires. La première attendait une chute, la seconde savait qu’il n’y en avait pas… J’avais un temps craint que l’histoire ne tire en longueur ce qui m’avait fait attribuer un petit 2/5 provisoire. Je m’aperçois après coup que cette suite que je n’attendais pas vraiment n’arrivera pas. Je ne me sens pas pour autant floué car avec le recul Guibert réussi son paris, celui de nous faire vivre par auteur interposé le récit d’Alan qui nous compte son histoire. Lors de ce premier avis j’avais exprimé mon sentiment ainsi : « Pour l’heure quatre tomes me paraît un maximum, mais l’histoire n’est pas finie et l’on ne sait quand elle se finira. La seconde guerre mondiale a bien terminé en 1945, mais la guerre d’Alan quand finit-elle ? ». Après une deuxième lecture j’avoue ma bêtise… Sa guerre ne se finie jamais, ses récit prouvent qu’elle aura à jamais changé sa vie, la force du détail est d’ailleurs là pour le rappeler. Petite confession, je vous avais dit que je connaissais plus glorieux, j’ai menti… Dernier petit mot sur un dessin qui s’il ne prétend pas à la Chapelle Sixtine fait appel à l’imagination et correspond parfaitement à cet esprit du « récit-souvenirs ». La teinte est d’ailleurs un peu jaunie comme si le temps avait fait son effet. A suivre donc… Correction, à lire donc !

13/03/2009 (MAJ le 04/11/2009) (modifier)