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Couverture de la série Les Déserteurs
Les Déserteurs

Je suis toujours étonné de m'étonner d'être face à des bandes dessinées toujours plus belles et créatives que jamais. Lorsque l'on m'a offert cette bd (merci maman), je me suis dit : "beau dessin, c'est Sempé qui a croisé "Ou est Charlie". Benêt que j'étais ! Le ton décalé et un peu absurde du récit se déroule sur fond de religions à leurs commencement et de guerre antiques. Très vite la narration légère et drôle (qui me fait penser à "La vie de Bryan" des Monthy Python) permet d'autant plus d'admirer des planches absolument superbes au rendus impeccables. On appréciera aussi le fait que ce ne sont pas les cases qui découpent le temps comme dans une bd "classique" mais les personnages qui évolue dans le dessin de la page. Mais c'est anecdotique comparé au plaisir de lecture de cette géniale bd !

05/06/2012 (modifier)
Couverture de la série Maus
Maus

Je suis très partagé et très embêté... Oui, Maus est une œuvre majeure de la bande dessinée. Une œuvre majeure parce qu’elle ne se limite pas à l’évocation de l’holocauste. Par-delà cet aspect, il y a aussi la recherche du père et l’acceptation de celui-ci par un fils qui se sent coupable de ne pas le supporter. Un œuvre majeure également par son choix radical de représenter les différents peuples par différents types d’animaux (juifs = souris, allemands (qu’ils fussent nazis ou non) = chats, polonais = cochons, etc…). Ce choix radical prête à polémique et fait donc réagir. A titre personnel, je n’ai pas aimé cette totale absence de nuance dans la représentation graphique alors que la narration, elle, en offre. Cela crée un déséquilibre. Je déteste le manichéisme et, d'un point de vue visuel, ici ce n'est QUE ça ! Et puis, que croire ? Bien sûr, les camps ont existé et les horreurs décrites ont eu lieu mais en voulant dresser un portrait de son père avec un maximum d’honnêteté, Art Spiegelman a réussi à créer le trouble dans mon esprit. Si cet homme est aussi avare dans les années ’80, s’il l’était déjà avant guerre (au point de laisser tomber la petite amie qu’il côtoie depuis 4 ans au profit d’une fille de millionnaire), pourquoi aurait-il accepté de lâcher les cordons de sa bourse durant la guerre ? Sous cet éclairage, tous les passages dans lesquels il se plaint qu’il fallait toujours payer durant la guerre à ces « cochons » (puisque c’est ainsi qu’ils sont représentés) de Polonais s’éclairent différemment. Idem pour ceux où il économise. Quelle est la part d’exagération ? Quelle est la part de vérité ? On ne le saura jamais… Le souci de précision d’une part dans le portrait du père et de fidélité d’autre part vis-à-vis des propos du même père se révèle être une arme à doubles tranchants. Maus mérite donc d’être analysé, étudié par-delà son thème premier… Il s’agit là d’un témoignage à multiples facettes (témoignage sur le génocide, réflexion sur le sentiment de culpabilité, réflexion sur le processus de création) extrêmement intéressant à analyser. Que penser en effet lorsque Art Spiegelman déclare trouver que son père ressemble étrangement à l’image que les Nazis donnaient des Juifs avant guerre ? Cette honnêteté avec sa propre conscience interpelle et touche. Ca, c’est le mythe. Mais de la bd, qu’en penser, finalement ? Elle se lit bien. La narration est précise et permet de gommer certains défauts d'un dessin médiocre par ailleurs. En effet, sans une telle précision, impossible de distinguer une souris d’un autre (sauf quant à leur sexe). Les personnages sont réalistes mais comme tout est vu à travers le prisme de deux d’entre eux (Art Spiegelman lui-même pour l’époque « moderne » et son père pour toute la partie « historique »), je ne peux tout prendre au premier degré. Cet aspect constitue selon moi la force et la faiblesse de l’album. Elle entraine une grande empathie pour les personnages (je me suis senti proche de l’auteur lorsqu’il décrit la relation qu’il entretient avec son père et leurs problèmes de communication) mais aussi une certaine méfiance pour quelques aspects historiques du récit (des aspects mineurs dans l’Histoire mais importants pour la petite histoire). Une œuvre à lire. Très certainement. Culte ? Je ne crois pas car elle prête à polémique sur trop d’aspects. Franchement bien ? Je sais pas. Importante, oui ! Intéressante, certainement. On traduit ça comment, sur bdtheque ? Bon, à la lecture, j’ai trouvé que c’était « pas mal » mais il y a tellement de questionnements qui surgissent après lecture, sur le devoir de mémoire, sur les conséquences d'une telle tragédie, sur la manière de la décrire, sur... tant d'autres choses encore... que je monte à franchement bien. Mais je crois surtout que la valeur de Maus vient des réflexions que l’album suscite plus que du témoignage (un de plus) sur l'holocauste fait par un survivant, fut-il le père de l'auteur.

04/06/2012 (modifier)
Par dut
Note: 4/5
Couverture de la série Sasmira
Sasmira

Mise à jour de l'avis suite à la lecture du 2ème tome Alors à l'époque, j'avais vraiment aimé le 1er tome de Sasmira... Graphiquement d'abord : Vicomte nous offre un dessin plutôt classique mais vraiment réussi, c'est sobre, sans fioritures, réaliste, mais vraiment classe ! Et le scénar, mais quel scénar ! Ou plutôt quelle promesse de scénar ! Il est évident que l'histoire promet, j'adore le côté fantastique avec le voyage dans le temps mélangé à l'histoire au début du XXème siècle, c'est super prometteur... Puis en fait le tome 2 fut devenu une sorte de private joke au fil du temps, si bien que lorsque Kael m'a envoyé un texto pour me dire que le tome 2 de Sasmira était sorti, je me suis demandé s'il ne se foutait pas de ma gueule :D Faut dire, 14 ans c'est long entre 2 tomes quand même ! Donc lecture du tant attendu 2e tome, et mon avis rejoint assez celui d'Alix, c'est toujours sympa, mais ça tourne un peu en rond sans avancer vraiment, il reste beaucoup trop de questions, donc forcement, s'il faut attendre 14 ans encore pour le tome 3, je garde pas le 4/5 hein :) Sinon le dessin du tome 2 est toujours très bon, j'avoue ne pas trop savoir dire quelles planches sont de Vicomte, et quelles planches sont de Pellet... Bref assurément une très bonne BD, mais pitié, pas autant d'attente pour un tome 3 !

04/07/2004 (MAJ le 04/06/2012) (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Donjon Zenith
Donjon Zenith

Après des années d’hésitations, je me suis enfin procuré les 6 tomes de Donjon Zénith. Et grand bien m’en a pris, tant la série regorge de qualités et d’intérêt. L’univers très riche de Donjon nous propose non seulement une parodie hilarante des jeux de rôle mais réussit à inventer une intrigue très intéressante. On suit avec ferveur les aventures rocambolesques de Marvin et Herbert où tous les codes de la fantasy sont tournés en dérision. Graphiquement, sans être un monstre technique, la série offre un design original et une grande créativité pour les décors et les personnages. Cependant, j’ai l’impression que les auteurs délaissent la série car le dernier tome date déjà de 2007 et je crains de ne jamais voir la suite tant attendue. C’est pour ça que je ne mets que « 4 étoiles ».

04/06/2012 (modifier)
Couverture de la série En Mer
En Mer

Un petit bijou, ce récit. Le concept d'une case par page est génial. Du coup l'auteur apporte un grand soin à chaque case, à son équilibre, au message qu'elle soutient. Les dessins, avec un trait fin, sont magnifiques. Quel bonheur à regarder ! L'histoire, somme toute simple, se laisse lire sans déplaisir avec des moments de réflexion, de joie et de tristesse.

04/06/2012 (modifier)
Couverture de la série La Guerre d'Alan
La Guerre d'Alan

J'ai adoré ce récit. C'est difficile à expliquer. L'ensemble n'est pas spécialement drôle, il n'y a pas de grande aventure. On suit juste le parcours d'un soldat parmi tant d'autres durant ces années mouvementées. Le dessin N&B classique mais très simple, soutient sans faute le récit. Aucun effet visuel tape à l'oeil. Ce doit être le caractère profondément humain et sincère de l'oeuvre qui m'a touché. Et j'ai aussi apprécié cette vision atypique de la guerre, de sa préparation jusqu'au terrain d'opération. On est assez loin des combats finalement et c'est plutôt une vision de ce qui se passe autour que l'on a ici. Le seul point négatif serait du fait de la densité de l'oeuvre et donc du foisonnement des divers personnages. Plusieurs fois j'ai du retourner en arrière pour me rappeler des personnages et de leur relation avec le héros.

04/06/2012 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Lorna
Lorna

Sacré Brüno, je dis sacré Brüno car ce type est en passe de devenir l’un de mes auteurs français les plus recherchés au même titre qu’un Jodorowsky (Jetjet des années 90, bon ok il n’est pas frenchy mais collabore avec beaucoup d’artistes francophones) ou d’un Trondheim (Jetjet des années 2000). Il faut dire que son graphisme ne m’a jamais laissé indifférent. Peut-être avais-je mal commencé son œuvre car Inner City Blues m’avait autant enchanté que frustré par sa fin trop ouverte. Ici c’est définitif : Brüno est un artiste fou qui a lancé ce projet insensé de 150 pages qui aurait mérité d’être publié dans la collection Doggybags lancée par Run. Les enjeux en sont les mêmes : big boobs, gore, vulgarité et absurdité sont au programme. Car comment mesurer efficacement une histoire avec une bimbo robotique extra-terrestre géante, une actrice de films de boules avec plans explicites, un poulpe géant tout droit sorti de Nemo du même auteur, un monstre arachnéen tout droit sorti des fantasmes de David Cronenberg et un super viagra qui n’augmente plus les compétences sexuelles mais le kiki lui-même ? Brüno abandonne les couleurs jazzys de Laurence Croix pour adopter une bichromie jaune et blanche des plus réussies qui rappelle un peu le rouge et blanc de Michel Swing mais surtout les pages jaunies de lectures volées de bouquins de gare explicites. Le résultat est tout à fait à la hauteur dans ce joli bouquin à ne pas mettre entre les mains de nos chères têtes blondes pour quelques pleines pages d’accouplement hautement démonstratives (l’auteur nous avait caché cela !!!!! Oh my gode ;) ) mais plutôt pour les amateurs de séries outrancièrement Z dont on se délecte à repérer moult classiques détournés dans le meilleur gout des plus jouissifs. Brüno ne s’en cache pas, reprend à son compte tout ce gloubi boulga improbable et se joue de tous les codes manichéens (trouver un personnage sympathique est une gageure) pour le conclure en une sorte d’acte définitif qui va réunir tous les protagonistes pour un bordel sans nom dont je me délecte encore !!! Ajoutez à cela une édition parfaite dans un format comics pourvu d’une couverture faisant office de poster et vous aurez effectivement une petite idée de ce que le paradis peut être sur terre, Heaven is here, oh oui tout à fait ! :)

04/06/2012 (modifier)
Par Pasukare
Note: 4/5
Couverture de la série Châteaux Bordeaux
Châteaux Bordeaux

Un bon 3,5/5 pour être exacte. J'ai emprunté ce premier tome de la série franchement sans conviction et au bout du compte je suis très agréablement surprise. Je ne connais rien à l'oenologie et, malgré quelques passages un peu trop scolaires à mon goût, je ne me suis pas sentie perdue dans cette plongée dans le vignoble bordelais. Le scénario est très accrocheur en ce qui me concerne, le trio de frères et soeur qui viennent d'hériter du domaine, la face cachée du défunt père, la belle soeur qui magouille dans son coin, l'ex ami d'enfance dont on ne sait de quel bord il est, tout ça fleure la grande saga avec ses alliances, ses trahisons, ses histoires d'argent et d'amour compliquées. Ca pourrait faire une très bonne série de l'été sur TF1 et, contre toute attente, ça me plait ! Le dessin remplit très bien son rôle sans être exceptionnel, la narration est bonne et agréable à suivre. J'emprunterai la suite sans hésiter. Après lecture du T2 je suis toujours autant emballée par cette série qui m'instruit autant qu'elle me divertit. Le tome 2 nous apporte encore son lot de fourberies et autres malversations et je n'ai pas retrouvé ce côté scolaire trop lourd qui m'avait gênée dans le premier volume. Je confirme mon 4/5 car la série semble se bonifier au fil des tomes, j'attends la suite avec impatience, en espérant qu'elle continue sur cette lancée.

10/04/2011 (MAJ le 03/06/2012) (modifier)
Par raistlin
Note: 4/5
Couverture de la série Pyongyang
Pyongyang

Voilà un récit singulier et terriblement intéressant : le récit quotidien de son passage en Corée du Nord par un dessinateur envoyé là bas pour un boulot... Ce qui m'a plu dans ce livre, c'est que l'auteur a su se mettre à la portée de tout lecteur peu informé de ce qu'est la Corée du Nord (c'est mon cas) : il y explique certaines choses, et son discours reste relativement neutre, plus de l'ordre du récit que du manifeste. Et je trouve que c'est parfait du coup car ce qu'il y vit est suffisamment parlant. C'est drôle, grâce aux décalages ressentis, mais c'est aussi sidérant et captivant. Je n'imaginais pas ce pays ainsi, et pour moi, cette BD a été une petite claque. Une BD qui vous fait sourire et qui vous instruit, c'est plutôt sympa non ? Le dessin colle très bien à ce type de récit, rien à dire, le gris employé renforçant la sensation apportée par la lecture. Bref, à tout dire, au début, je pensais m'ennuyer ferme vu le sujet (et le titre!!!), mais ça n'a pas été le cas du tout. Un ou deux passages sont peut-être un peu longuets et creux, mais globalement et vu la longueur du récit, c'est juste une incroyable découverte parfaitement écrite et racontée... Merci à l'auteur !!!

03/06/2012 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Les Cahiers Ukrainiens
Les Cahiers Ukrainiens

Les cahiers ukrainiens est un récit illustré par Igort des témoignages d'Ukrainiens rencontrés dans la rue lors de ses voyages. Les plus anciens d'entre eux qui ont connu les heures sombres du pays lui rapportent des faits édifiants telle la famine orchestrée par Staline dans les années 30 pour soumettre les habitants à sa volonté communiste. Le pays n'était pas favorable à l'idée de collectivisation et pour contraindre les koulaks, c'est-à-dire les petits propriétaires à renoncer à leurs acquis, il mit en place ce qu'on peut qualifier d'un génocide organisé. Avec la révolution russe le moindre paysan qui a de quoi manger devient un koulak. Les images et les récits sont durs. On rapporte des faits de cannibalisme, de nécrophagie et une hausse naturelle des crimes et délit. Il est estimé que près de 5 millions de personnes seraient mortes par cet Holodomor, littéralement "extermination par la faim". Après la famine, le pays a connu la seconde guerre mondiale avec l'arrivée des nazis et une nouvelle période difficile. Mais Igort révèle que depuis l'éclatement du bloc soviétique et la mise en place du capitalisme en Ukraine la vie n'est pas forcément plus rose. Elle est même pire pour certains qui regrettent l'époque du communisme. Les prix tiennent à l'écart et dans la pauvreté toute une partie de la population. C'est un éclairage intéressant sur un pays qui se développe, par exemple en accueillant cette année l'Euro de football, mais sclérosé par la mafia.

03/06/2012 (modifier)