Crime Suspenstories était un périodique publié par EC Comics au début des années 50, la publication s’est arrêtée début 55 sous la pression des comités de censure.
Pendant cette période 27 numéros, composés de plusieurs histoires, sont publiés.
Akiléos propose la réédition de ces 27 périodiques en quatre tomes.
Pour ce premier tome le livre est bien présenté, la qualité des récits est bonne, très peu de déchets, Akileos fait là du bon boulot et permet de revisiter des histoires de plus de 60 ans !
J’ai été étonné par la qualité des récits, l’histoire est souvent basée sur un meurtre dont l’auteur est généralement puni par manque de chance, par bêtise ou par excès de confiance.
Les histoires sont surprenantes, beaucoup de suspens et de noirceur, petit bémol : la chute est souvent attendue.
Cela dit je me suis bien amusé, plus de 200 pages de lecture où l’ambiance des années 50 est bien ressentie.
Le dessin noir et blanc, assez détaillé, est bon, dommage que les couvertures couleurs de l’époque n’ont pas été intercalées dans l’album.
Des récits à découvrir, des auteurs qui ont pu s’exprimer pleinement avant que la censure ne s’installe pour de nombreuses années.
L'Envolée sauvage avait promis de belles choses à Laurent Galandon et Arno Monin. Il fallait confirmer ces promesses. C'est chose faite avec "L'Enfant maudit".
L'un des sujets de cette nouvelle série (en cycles de deux tomes) est l'origine bâtarde d'un enfant pendant la guerre, et son adoption par un autre couple. Un sujet douloureux dans nombre de familles françaises, et qui est rarement évoqué, même à notre époque où l'adoption n'est plus un sujet "honteux". D'ailleurs un élément m'a un peu dérangé à ce sujet dans la BD. Parce que justement cela ne se disait pas à cette époque. Pourtant Gabriel sait très tôt que ses parents ne sont pas ceux qui l'ont conçu. Mais Galandon contourne cela en montrant que son "père" n'en voulait pas (sans trop développer d'ailleurs), et parce que le flirt de sa mère biologique avec un soldat allemand était de notoriété publique. Ce sujet fort en amène un autre, fort lui aussi : le déshonneur de celles qui ont fricoté avec l'occupant pendant cette période troublée. Ces femmes ont souffert dans leur chair et dans leur tête de cet état de fait, puisqu'on leur tondit la tête. Là encore, il y aurait beaucoup à dire, mais le mérite du scénariste est de ne pas forcer le trait, de ne pas montrer ces tondues trop longtemps pour se concentrer sur le parcours de Gabriel.
Gabriel, qui en plein mai 68, après le décès de ses parents, décide, avec l'appui d'une amie d'enfance, de retrouver ses racines. Le chemin semble bien périlleux, mais très vite on a envie de suivre Gabriel dans sa démarche. Parce que le jeune homme est comme vous et moi, c'est un garçon ordinaire à cheval sur deux époques troublées.
Comme je l'ai dit, on est très vite embarqué dans le récit concocté par Galandon (une fois de plus) ; cela pourrait n'être qu'une histoire de plus d'enfant à la recherche d'un secret de famille, certes très agréable, mais somme toute sans grande surprise. Et puis il y a les deux dernières pages. Ces pages qui placent cette histoire sur un autre niveau, surprenant. Je n'en dis pas plus, mais sachez que cela attise la faim du lecteur.
Le second tome nous emmène donc dans la suite de l'enquêtre de Gabriel, en enquête qui va l'amener aux quatre coins de France, et même à l'étranger... Il va voler de surprise en surprise, et Galandon évite de peu le "too much" que peut inspirer ce type de péripéties. La fin du cycle est un peu "politiquement correct" à mon goût, mais l'ensemble est très agréable, et plutôt intéressant, tentant de tordre le cou à quelques clichés au passage.
Je serais ingrat si je ne parlais pas du dessinateur. Comme son compère, Arno Monin confirme les jolies choses entrevues dans L'Envolée sauvage. Son dessin, qui se place un peu dans la veine de Pedrosa mais dans un style plus réaliste, s'affirme et s'affine dans cette nouvelle série. Le travail sur les couleurs est également excellent, avec des choix de tons pastel assez agréables à l'oeil. Par contre le début du second tome j'ai senti un fléchissement, avant que Monin revienne dans sa veine sérieuse et mature.
Mais une seule question : pourquoi trois ans entre les deux tomes ?
J’adore le catalogue de Futuropolis, il est rempli de pépites originales qui arrivent toujours à me surprendre… des pépites comme « Supplément d'âme » par exemple. Le début est un peu abscons, loufoque et onirique au possible, et présente un monologue étrange et diverses scènes sans lien apparent. Pourtant on s’accroche, intrigué par l’ambiance, et surtout émerveillé par le dessin magnifique, au style changeant (voir galerie).
Et puis toutes les pièces du puzzle s’assemblent, les liens se forment (à la manière d’un film de Tarantino, mais sans la violence !), et le dénouement final remet tout en place de manière intelligente et jubilatoire. Alors certes, tout d’un coup l’histoire semble moins originale (une histoire d’amour), mais la forme m’a vraiment enchanté… il n’y a que cette histoire de réseau social et de paix dans le monde que je n’ai pas trop saisie… mais en refermant l’album, je n’avais qu’une envie : m’y replonger pour en apprécier les détails qui m’avaient échappé lors de ma première lecture… un bon signe non ?
Un chouette album, vraiment.
Je partage entièrement l’avis de Pasukare.
Cette bd est une belle surprise qui augure du meilleur pour la suite. L’histoire, certes connue dans les grandes lignes, est développée depuis la naissance de Jeanne. Le premier opus met l’accent sur l’évolution du caractère de Jeanne qui se forge avec l’oppression grandissante des voisins bourguignons et surtout grâce à sa "révélation". De jeune fille servile, elle devient déterminée pour mener à bien la mission divine qui lui est confiée. Je tire mon chapeau à la narration sobre et efficace qui va à l’essentiel sans aucune austérité. A cela s’ajoute une fluidité exemplaire entre les séquences qui permet de survoler la jeunesse de Jeanne en évitant l’écueil de la simple énumération de faits. Cela dénote d’une réflexion poussée sur les enchainements pour donner au lecteur un plaisir de lecture certain. Côté dessin, J-F Cellier nous régale avec un trait conservant toute la vitalité d’un crayonné poussé rehaussé par une mise en couleur avenante.
Mon coup de cœur du moment !
J’ai beaucoup apprécié les séries XIII et Largo Winch de Jean Van Hamme. Je me suis donc laissé tenter par Thorgal dont je ne connaissais la série que de nom. Et bien je n’ai pas été déçu, j’ai lu les 33 albums qui composent actuellement la série en un peu plus de deux mois. Alors je n’ai pas été totalement convaincu, Thorgal a de nombreux défauts, mais le contenu m’a suffisamment emballé ou même disons le, envoûté, pour que je lise la série jusqu’au bout, le plaisir fut presque instantané.
A la base je déteste les mélanges des genres : fantasy, science-fiction ou fantastique, j’aime savoir dans quel type de lecture je vais être plongé et dans Thorgal on a un peu de tout. Je partais donc avec un à priori défavorable mais très vite le scénario s’est révélé être le gros point fort de la série. Il est difficile d’évoquer l’histoire ou le scénario de Thorgal sans en révéler les secrets donc par respect pour ceux qui ne l’ont pas encore lu et qui tombent sur cet avis, je dirai simplement que Thorgal est un humain d’origine extra-terrestre, élevé par des vikings, qui n’aspire qu’à vivre la belle vie dans la simplicité avec celle qu’il aime mais comme il a en lui certaines capacités hors normes (dues à ses origines), il a tendance à s’attirer des ennuis et des ennemis comme des mouches. Thorgal est un vrai anarchiste, préférant vivre à l’écart de la folie des hommes mais il a aussi un côté exaspérant, c’est le genre à tendre l’autre joue et à pardonner les crimes de ses ennemis (et après il s’étonne d’avoir des emmerdes…), j’ai parfois eu envie de le secouer histoire qu’il se montre un peu plus brutal. Aussi, les dieux nordiques ne l’ont pas à la bonne parce qu’il échappe à leur contrôl, ses petits copains vikings complotent en permanence pour le tuer et ajoutez à cela des gens de sa race qui ne lui veulent pas que du bien et de nombreux autres ennemis. Par contre, comme dans XIII ou Largo Winch il s’attire les faveurs des belles gonzesses (classique chez Van Hamme). C’est un des problème je trouve, la série continue et la liste des ennemis de Thorgal s’allonge et j’ai ressenti comme une usure sur les derniers albums, surtout après le tome 29 qui aurait pu faire une jolie conclusion. C’est donc dommage de poursuivre alors qu’il n’y a plus aucune révélation à attendre sur l’identité ou le destin du héros (il m’a paru bien mollasson sur les tomes 27, 28 et 29).
Alors forcément avec 33 albums parus, ne vous attendez pas à ce que le premier album qui date un peu quand même, déchire tout graphiquement ni au niveau du scénario. En fait le premier album se laisse lire, sans plus, mais ce serait trop bête de juger une série sur un seul album. C’est à partir du tome 3 que tout démarre parce que la fin du tome 2 est pleine de révélations (déjà) et on sent aussi une amélioration du dessin qui va d’ailleurs aller crescendo au fil des albums.
Comme j’ai tendance à d’avantage retenir les points négatifs, le cycle où Thorgal devient amnésique est interminable et sans passion de même pour celui où il devient esclave. Je vais aborder aussi brièvement les derniers albums qui à mon humble avis n’apportent plus grand-chose. A partir du tome 30 Jean Van Hamme quitte la série et laisse sa place à Yves Sente au scénario et du coup Rosinski en a également profité pour revoir entièrement le style graphique. Le dessin est totalement différent des précédents albums et m’a vraiment repoussé. Il est trop réaliste est les couleurs sont d’une froideur… tandis que les précédents livres se rapprochent plus d’un XIII pour essayer de les décrire. L’histoire aussi prend une autre tournure puisque Thorgal passe le flambeau en quelque sorte à son fils qui occupe la moitié des albums. Il y a donc deux histoires développées en parallèle. Pour ma part ça m’a un peu chamboulé ce changement alors je me mets à la place d’un lecteur de la première heure, ça a du le surprendre. Bref, vivement la fin de la série et que les auteurs écrivent quelque chose de bien, histoire de terminer la série en apothéose.
Achat conseillé ? Oui et non. Je me trompe peut être mais vu le nombre d’albums sortis je ne pense pas que la série parvienne à gagner de plus jeunes lecteurs. Pour ma part j’ai grandement apprécié et je poursuivrai ma lecture mais je ne me vois pas acheter la série. Je pense que ce genre de héros (droit, moral impeccable, courageux et autres superlatifs) ne correspond plus à la demande d’aujourd’hui. Seuls ceux qui ont rencontré la série il y a dix ou vingt ans poursuivront l’achat.
Un dernier point, tous les albums ne se valent pas donc, deux albums à retenir : T5 « Au-delà des ombres » ; j’en ai eu la larme à l’œil et T7 « L’enfant des étoiles ».
Je découvre ou plutôt redécouvre Daredevil dans cet album qui m'a emmené loin des sentiers battus et de mes classiques en matière de comics.
La plus grosse connaissance que j'ai du casse-cou s'est faite par le biais du film sorti en 2003...C'est dire mon niveau !
autant le dire tout de suite, cet album n'a rien à voir avec ce que j'attendais. Ceci explique aussi surement en partie pourquoi j'ai autant aimé cet album. Etre pris au dépourvu et se faire emporter sans pouvoir lutter est une sensation agréable.
le scénario n'a rien de très dynamique ; pas de grande bataille, pas de conflit, pas de bagarre. L'opposition ici se fait à distance entre Daredevil et le caïd.
Très peu de dialogues, mais beaucoup de voix-off nous faisant rentrer dans les pensées intimes des personnages. Du coup, les plus sombres pensées peuvent nous être livrées, nous emmenant sur des sentiers glissants, surtout par l'entremise de l'homme de main du caïd, drogué à mort, avec une tête effrayante, son affection pour une femme tourne à l'obsession, et avec Daredevil, il y a de fortes chances que cela soit une obsession mortelle...
C'est donc un drame auquel nous avons à faire, un drame plus psychologique que physique. Toute la violence est psychologique, les rares moments "physiques", finalement, deviennent banals et seules les pensées qui nous sont livrées prennent de l'ampleur.
Un scénario livré de main de maitre.
Ce scénario noir est porté par le dessin et les couleurs magnifiques de Sienkiewicz. Là encore, rien à voir avec les comics des années 70-80 en ligne claire et aux couleurs criardes. ici, le dessin est encore plus sombre, plus torturé que la santé mentale des personnages. D'une parfaite lisibilité malgré le style assez brut, la maitrise de son art est un plaisir pour les yeux.
Les 2 auteurs se sont parfaitement trouvés et parfaitement compris. Le travail final, pour ma part aux antipodes de mes connaissances des comics, est une découverte que tout le monde devrait expérimenter.
Lorsque j'ai eu cet album entre les mains, j'ai pensé qu'il s'agissait d'une sorte d'énième album d'humour sur les chevaliers, une parodie de plus.
Mais en fait le principe est vraiment différent, et va réveiller des souvenirs dans l'esprit de nombre de trentenaires et de quadras. Vous vous souvenez des Livres dont vous êtes le héros ? Ces livres-jeu où vous incarniez un personnage, qui partait à l'aventure suivant ses choix (parmi un éventail proposé) dans des univers de médiéval fantastique, d'Histoire, de fantastique ou de SF ? J'adorais ça. J'en ai encore chez moi. Et je ne pensais pas revoir ce principe remis au goût du jour en BD, après des tentatives mi-figues mi-raisin dans les années 1980 (voir le thème associé à cet album pour en savoir plus).
Bref, Shuky s'est remis dans cette ambiance, et avec l'aide de Waltch, nous a concocté un chouette album reprenant ce principe. Nous sommes dans une classique quête d'artefacts (ici, des bracelets), avec des étapes à franchir, des renvois d'une page à l'autre (souvent d'une case à l'autre) avec près de 400 cases concernées. Si l'on n'atteint pas l'ampleur et le talent littéraire des bouquins écrits par Steve Jackson, pour reprendre l'un des grands noms de ces Livres dont vous êtes le héros, le plaisir de se plier à l'exercice, le dessin sympathique de Waltch (soutenu aux couleurs par Novy) permettent de passer un très agréable moment, et même plusieurs, puisque vous pouvez recommencer la quête après être mort.
Ca m'a redonné envie de me replonger dans ces bouquins, et rien que pour ça, je dis merci aux auteurs. :)
Excel Saga est l'un de mes animes préférés. J'aime l'humour totalement débile de cet animé et les personnages sont totalement délirants et attachants. J'aime particulièrement Hyatt et Excel qui me font bien rigoler et qui font partie de mes personnages préférés. J'avais un peu peur en lisant le manga original de m'ennuyer en lisant des gags que j'avais déjà vus, mais heureusement l'animé est assez différent du manga et on ne retrouve que quelques scènes communes aux deux œuvres.
J'avoue que j'ai trouvé l'animé plus marrant car le mouvement permet d'aller plus loin dans le débile alors qu'ici ça tombe parfois un peu à plat à cause d'un manque de rythme. Mais la plupart du temps je me suis bien marré. Je trouve toutefois dommage que les français n'aient droit qu'aux premiers tomes, la traduction française s'étant arrêtée au tome 8. J'ai bien envie de connaître la suite, mais en même temps j'ai un peu peur d'essayer de trouver la suite (il y a eu plus de tomes traduits en anglais) car peut-être que c'est moins bon ou que l'effet de répétition finit par ennuyer.
Enfin, l'important c'est que j'ai eu du plaisir durant la lecture des 8 premiers volumes et je conseille la lecture à tous ceux qui aiment les mangas humoristiques.
Côté dessins, on peut dire que Altuna maîtrise son sujet. On a de superbes décors urbains post-apocalyptiques. On y ressent une grande froideur, un danger à tous les coins de rues (souvent sombres). Ce côté est une réussite totale. En revanche, pour les personnages, on s'y perd un peu car le coup de crayon reste quand même moins sûr de lui quand il s'agit de dessiner les enfants (même si ça reste très bien).
Côté scénario, on se retrouve à suivre des enfants. Parfois en groupes, parfois seuls. Une multitude de petites histoires qui permettent de rencontrer et de suivre plusieurs survivants. Au final, tout s'emboite et ça forme un tout. Finalement, même si ces histoires sont assez simplistes scénaristiquement, on se rend compte qu'on est très proche de ce qui arriverait vraiment "si" une chose comme ça pouvait arriver. Son réalisme la rend tout de suite bien plus intéressante. Mais attention, c'est plutôt ce côté réaliste qui est à apprécier plutôt que l'action en elle-même.
Les personnages sont des enfants. Parfois naïfs, parfois cruels, parfois malins. Cette brochette de personnages assez différents les uns des autres. Tout cela nous permet de très bonnes réflexions sur leur condition et sur ce monde qui les oblige à devenir matures plus rapidement (alors qu'ils ont interdiction de trop grandir sinon... c'est la mort).
Après avoir la première moitié, j'étais moyennement convaincu, mais finalement, à la fin de la bande dessinée, c'est vraiment une très bonne impression qui me vient. C'est vraiment l'ambiance très crédible qui prend le pas sur tout le reste et rendre un univers post-apocalyptique crédible, ça n'est pas donné à tout le monde. Ça ressemble un peu à la bande dessinée Seuls mais avec un côté bien plus sombre, bien plus adulte et bien plus désespéré.
Il y a dans cette série une explosion graphique mêlée à une tragédie familiale rendant l’ensemble magistralement puissant.
Et pourtant l’histoire semble on ne peut plus basique, une famille divisée anciennement aisée sur le déclin partagée entre la nostalgie et le vertige de la chute, entre l’anesthésie et la brulure. Quel talent peut bien mettre l’auteur pour donner une telle puissance à son récit ?
Tout d’abord, il faut contempler le travail graphique remarquable. Chaque planche trouve des expressions aux personnages sublimes donnant une dimension graphique aux ressentiments non dits, aux passions intérieures, au désespoir tourmenté. Les rues de paris semblent sorties des cahiers de Victor Hugo, la misère explose l’esprit du lecteur et surtout la beauté omniprésente rend l’ensemble surréaliste.
Et puis n’oublions pas cette once de mystère mi fantastique qui vient rougir les planches et complexifier le drame familial. Ne galvaudons pas une histoire d’amour dramatique se déroulant sous nos yeux. D’apparence très simple et classique, l’intrigue s’avère finalement tourmentée et intelligemment menée pour laisser le lecteur respirer les ambiances s’imprégner des odeurs et se laisser envahir par le froid et la moiteur de certains cadres. L’auteur prend son temps et se laisse embarquer dans des histoires secondaires tout aussi remplies de passion, on aime, on hait, on transpire, voilà le secret : laisser le temps faire son œuvre en travaillant méticuleusement « l’autour ».
Le premier cycle de quatre tomes fut magistral, et puis vint cette envie de décliner la tragédie familiale ; en n’avisant ici que la série mère, celle-ci comporte tout de même deux tomes supplémentaires tenant la route sans encore arriver au niveau du premier cycle.
Dévorez avec passion ces opus remplis de pathos et d’art, les lectures successives vous procureront toujours autant d’émotions malgré l’apparenté simplicité du thème. Seul écueil, le côté franchement tourmenté des personnages, pour ne pas dire malade, certes les opus parallèles permettent de relativiser certains comportements à postériori, mais sur le coup, gageons que le lecteur prend vraiment certains personnages pour de très grands malades. Cela ajoute en poésie dramatique et permet de trouver un charisme portant mille émotions. Et puis plane tout de même le doute de voir un jour la fin et de comprendre le fin mot de tout ce petit monde. Plus tard ces deux points résolus en feront peut être un chef d’œuvre aux cinq étoiles, en attendant, ce ne sera que sublime !
Concluons sur le rouge, la passion, le sang, la haine, la révolte, la misère qui suintent de toutes les cases et trouvent dans les pointes de cette unique couleur dans les dégradés de l’album une force supplémentaire apte à déplacer les montagnes et à captiver les lecteurs pour longtemps encore…
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Crime Suspenstories
Crime Suspenstories était un périodique publié par EC Comics au début des années 50, la publication s’est arrêtée début 55 sous la pression des comités de censure. Pendant cette période 27 numéros, composés de plusieurs histoires, sont publiés. Akiléos propose la réédition de ces 27 périodiques en quatre tomes. Pour ce premier tome le livre est bien présenté, la qualité des récits est bonne, très peu de déchets, Akileos fait là du bon boulot et permet de revisiter des histoires de plus de 60 ans ! J’ai été étonné par la qualité des récits, l’histoire est souvent basée sur un meurtre dont l’auteur est généralement puni par manque de chance, par bêtise ou par excès de confiance. Les histoires sont surprenantes, beaucoup de suspens et de noirceur, petit bémol : la chute est souvent attendue. Cela dit je me suis bien amusé, plus de 200 pages de lecture où l’ambiance des années 50 est bien ressentie. Le dessin noir et blanc, assez détaillé, est bon, dommage que les couvertures couleurs de l’époque n’ont pas été intercalées dans l’album. Des récits à découvrir, des auteurs qui ont pu s’exprimer pleinement avant que la censure ne s’installe pour de nombreuses années.
L'Enfant maudit
L'Envolée sauvage avait promis de belles choses à Laurent Galandon et Arno Monin. Il fallait confirmer ces promesses. C'est chose faite avec "L'Enfant maudit". L'un des sujets de cette nouvelle série (en cycles de deux tomes) est l'origine bâtarde d'un enfant pendant la guerre, et son adoption par un autre couple. Un sujet douloureux dans nombre de familles françaises, et qui est rarement évoqué, même à notre époque où l'adoption n'est plus un sujet "honteux". D'ailleurs un élément m'a un peu dérangé à ce sujet dans la BD. Parce que justement cela ne se disait pas à cette époque. Pourtant Gabriel sait très tôt que ses parents ne sont pas ceux qui l'ont conçu. Mais Galandon contourne cela en montrant que son "père" n'en voulait pas (sans trop développer d'ailleurs), et parce que le flirt de sa mère biologique avec un soldat allemand était de notoriété publique. Ce sujet fort en amène un autre, fort lui aussi : le déshonneur de celles qui ont fricoté avec l'occupant pendant cette période troublée. Ces femmes ont souffert dans leur chair et dans leur tête de cet état de fait, puisqu'on leur tondit la tête. Là encore, il y aurait beaucoup à dire, mais le mérite du scénariste est de ne pas forcer le trait, de ne pas montrer ces tondues trop longtemps pour se concentrer sur le parcours de Gabriel. Gabriel, qui en plein mai 68, après le décès de ses parents, décide, avec l'appui d'une amie d'enfance, de retrouver ses racines. Le chemin semble bien périlleux, mais très vite on a envie de suivre Gabriel dans sa démarche. Parce que le jeune homme est comme vous et moi, c'est un garçon ordinaire à cheval sur deux époques troublées. Comme je l'ai dit, on est très vite embarqué dans le récit concocté par Galandon (une fois de plus) ; cela pourrait n'être qu'une histoire de plus d'enfant à la recherche d'un secret de famille, certes très agréable, mais somme toute sans grande surprise. Et puis il y a les deux dernières pages. Ces pages qui placent cette histoire sur un autre niveau, surprenant. Je n'en dis pas plus, mais sachez que cela attise la faim du lecteur. Le second tome nous emmène donc dans la suite de l'enquêtre de Gabriel, en enquête qui va l'amener aux quatre coins de France, et même à l'étranger... Il va voler de surprise en surprise, et Galandon évite de peu le "too much" que peut inspirer ce type de péripéties. La fin du cycle est un peu "politiquement correct" à mon goût, mais l'ensemble est très agréable, et plutôt intéressant, tentant de tordre le cou à quelques clichés au passage. Je serais ingrat si je ne parlais pas du dessinateur. Comme son compère, Arno Monin confirme les jolies choses entrevues dans L'Envolée sauvage. Son dessin, qui se place un peu dans la veine de Pedrosa mais dans un style plus réaliste, s'affirme et s'affine dans cette nouvelle série. Le travail sur les couleurs est également excellent, avec des choix de tons pastel assez agréables à l'oeil. Par contre le début du second tome j'ai senti un fléchissement, avant que Monin revienne dans sa veine sérieuse et mature. Mais une seule question : pourquoi trois ans entre les deux tomes ?
Supplément d'âme
J’adore le catalogue de Futuropolis, il est rempli de pépites originales qui arrivent toujours à me surprendre… des pépites comme « Supplément d'âme » par exemple. Le début est un peu abscons, loufoque et onirique au possible, et présente un monologue étrange et diverses scènes sans lien apparent. Pourtant on s’accroche, intrigué par l’ambiance, et surtout émerveillé par le dessin magnifique, au style changeant (voir galerie). Et puis toutes les pièces du puzzle s’assemblent, les liens se forment (à la manière d’un film de Tarantino, mais sans la violence !), et le dénouement final remet tout en place de manière intelligente et jubilatoire. Alors certes, tout d’un coup l’histoire semble moins originale (une histoire d’amour), mais la forme m’a vraiment enchanté… il n’y a que cette histoire de réseau social et de paix dans le monde que je n’ai pas trop saisie… mais en refermant l’album, je n’avais qu’une envie : m’y replonger pour en apprécier les détails qui m’avaient échappé lors de ma première lecture… un bon signe non ? Un chouette album, vraiment.
Jeanne la Pucelle
Je partage entièrement l’avis de Pasukare. Cette bd est une belle surprise qui augure du meilleur pour la suite. L’histoire, certes connue dans les grandes lignes, est développée depuis la naissance de Jeanne. Le premier opus met l’accent sur l’évolution du caractère de Jeanne qui se forge avec l’oppression grandissante des voisins bourguignons et surtout grâce à sa "révélation". De jeune fille servile, elle devient déterminée pour mener à bien la mission divine qui lui est confiée. Je tire mon chapeau à la narration sobre et efficace qui va à l’essentiel sans aucune austérité. A cela s’ajoute une fluidité exemplaire entre les séquences qui permet de survoler la jeunesse de Jeanne en évitant l’écueil de la simple énumération de faits. Cela dénote d’une réflexion poussée sur les enchainements pour donner au lecteur un plaisir de lecture certain. Côté dessin, J-F Cellier nous régale avec un trait conservant toute la vitalité d’un crayonné poussé rehaussé par une mise en couleur avenante. Mon coup de cœur du moment !
Thorgal
J’ai beaucoup apprécié les séries XIII et Largo Winch de Jean Van Hamme. Je me suis donc laissé tenter par Thorgal dont je ne connaissais la série que de nom. Et bien je n’ai pas été déçu, j’ai lu les 33 albums qui composent actuellement la série en un peu plus de deux mois. Alors je n’ai pas été totalement convaincu, Thorgal a de nombreux défauts, mais le contenu m’a suffisamment emballé ou même disons le, envoûté, pour que je lise la série jusqu’au bout, le plaisir fut presque instantané. A la base je déteste les mélanges des genres : fantasy, science-fiction ou fantastique, j’aime savoir dans quel type de lecture je vais être plongé et dans Thorgal on a un peu de tout. Je partais donc avec un à priori défavorable mais très vite le scénario s’est révélé être le gros point fort de la série. Il est difficile d’évoquer l’histoire ou le scénario de Thorgal sans en révéler les secrets donc par respect pour ceux qui ne l’ont pas encore lu et qui tombent sur cet avis, je dirai simplement que Thorgal est un humain d’origine extra-terrestre, élevé par des vikings, qui n’aspire qu’à vivre la belle vie dans la simplicité avec celle qu’il aime mais comme il a en lui certaines capacités hors normes (dues à ses origines), il a tendance à s’attirer des ennuis et des ennemis comme des mouches. Thorgal est un vrai anarchiste, préférant vivre à l’écart de la folie des hommes mais il a aussi un côté exaspérant, c’est le genre à tendre l’autre joue et à pardonner les crimes de ses ennemis (et après il s’étonne d’avoir des emmerdes…), j’ai parfois eu envie de le secouer histoire qu’il se montre un peu plus brutal. Aussi, les dieux nordiques ne l’ont pas à la bonne parce qu’il échappe à leur contrôl, ses petits copains vikings complotent en permanence pour le tuer et ajoutez à cela des gens de sa race qui ne lui veulent pas que du bien et de nombreux autres ennemis. Par contre, comme dans XIII ou Largo Winch il s’attire les faveurs des belles gonzesses (classique chez Van Hamme). C’est un des problème je trouve, la série continue et la liste des ennemis de Thorgal s’allonge et j’ai ressenti comme une usure sur les derniers albums, surtout après le tome 29 qui aurait pu faire une jolie conclusion. C’est donc dommage de poursuivre alors qu’il n’y a plus aucune révélation à attendre sur l’identité ou le destin du héros (il m’a paru bien mollasson sur les tomes 27, 28 et 29). Alors forcément avec 33 albums parus, ne vous attendez pas à ce que le premier album qui date un peu quand même, déchire tout graphiquement ni au niveau du scénario. En fait le premier album se laisse lire, sans plus, mais ce serait trop bête de juger une série sur un seul album. C’est à partir du tome 3 que tout démarre parce que la fin du tome 2 est pleine de révélations (déjà) et on sent aussi une amélioration du dessin qui va d’ailleurs aller crescendo au fil des albums. Comme j’ai tendance à d’avantage retenir les points négatifs, le cycle où Thorgal devient amnésique est interminable et sans passion de même pour celui où il devient esclave. Je vais aborder aussi brièvement les derniers albums qui à mon humble avis n’apportent plus grand-chose. A partir du tome 30 Jean Van Hamme quitte la série et laisse sa place à Yves Sente au scénario et du coup Rosinski en a également profité pour revoir entièrement le style graphique. Le dessin est totalement différent des précédents albums et m’a vraiment repoussé. Il est trop réaliste est les couleurs sont d’une froideur… tandis que les précédents livres se rapprochent plus d’un XIII pour essayer de les décrire. L’histoire aussi prend une autre tournure puisque Thorgal passe le flambeau en quelque sorte à son fils qui occupe la moitié des albums. Il y a donc deux histoires développées en parallèle. Pour ma part ça m’a un peu chamboulé ce changement alors je me mets à la place d’un lecteur de la première heure, ça a du le surprendre. Bref, vivement la fin de la série et que les auteurs écrivent quelque chose de bien, histoire de terminer la série en apothéose. Achat conseillé ? Oui et non. Je me trompe peut être mais vu le nombre d’albums sortis je ne pense pas que la série parvienne à gagner de plus jeunes lecteurs. Pour ma part j’ai grandement apprécié et je poursuivrai ma lecture mais je ne me vois pas acheter la série. Je pense que ce genre de héros (droit, moral impeccable, courageux et autres superlatifs) ne correspond plus à la demande d’aujourd’hui. Seuls ceux qui ont rencontré la série il y a dix ou vingt ans poursuivront l’achat. Un dernier point, tous les albums ne se valent pas donc, deux albums à retenir : T5 « Au-delà des ombres » ; j’en ai eu la larme à l’œil et T7 « L’enfant des étoiles ».
DareDevil - Guerre et amour
Je découvre ou plutôt redécouvre Daredevil dans cet album qui m'a emmené loin des sentiers battus et de mes classiques en matière de comics. La plus grosse connaissance que j'ai du casse-cou s'est faite par le biais du film sorti en 2003...C'est dire mon niveau ! autant le dire tout de suite, cet album n'a rien à voir avec ce que j'attendais. Ceci explique aussi surement en partie pourquoi j'ai autant aimé cet album. Etre pris au dépourvu et se faire emporter sans pouvoir lutter est une sensation agréable. le scénario n'a rien de très dynamique ; pas de grande bataille, pas de conflit, pas de bagarre. L'opposition ici se fait à distance entre Daredevil et le caïd. Très peu de dialogues, mais beaucoup de voix-off nous faisant rentrer dans les pensées intimes des personnages. Du coup, les plus sombres pensées peuvent nous être livrées, nous emmenant sur des sentiers glissants, surtout par l'entremise de l'homme de main du caïd, drogué à mort, avec une tête effrayante, son affection pour une femme tourne à l'obsession, et avec Daredevil, il y a de fortes chances que cela soit une obsession mortelle... C'est donc un drame auquel nous avons à faire, un drame plus psychologique que physique. Toute la violence est psychologique, les rares moments "physiques", finalement, deviennent banals et seules les pensées qui nous sont livrées prennent de l'ampleur. Un scénario livré de main de maitre. Ce scénario noir est porté par le dessin et les couleurs magnifiques de Sienkiewicz. Là encore, rien à voir avec les comics des années 70-80 en ligne claire et aux couleurs criardes. ici, le dessin est encore plus sombre, plus torturé que la santé mentale des personnages. D'une parfaite lisibilité malgré le style assez brut, la maitrise de son art est un plaisir pour les yeux. Les 2 auteurs se sont parfaitement trouvés et parfaitement compris. Le travail final, pour ma part aux antipodes de mes connaissances des comics, est une découverte que tout le monde devrait expérimenter.
Chevaliers
Lorsque j'ai eu cet album entre les mains, j'ai pensé qu'il s'agissait d'une sorte d'énième album d'humour sur les chevaliers, une parodie de plus. Mais en fait le principe est vraiment différent, et va réveiller des souvenirs dans l'esprit de nombre de trentenaires et de quadras. Vous vous souvenez des Livres dont vous êtes le héros ? Ces livres-jeu où vous incarniez un personnage, qui partait à l'aventure suivant ses choix (parmi un éventail proposé) dans des univers de médiéval fantastique, d'Histoire, de fantastique ou de SF ? J'adorais ça. J'en ai encore chez moi. Et je ne pensais pas revoir ce principe remis au goût du jour en BD, après des tentatives mi-figues mi-raisin dans les années 1980 (voir le thème associé à cet album pour en savoir plus). Bref, Shuky s'est remis dans cette ambiance, et avec l'aide de Waltch, nous a concocté un chouette album reprenant ce principe. Nous sommes dans une classique quête d'artefacts (ici, des bracelets), avec des étapes à franchir, des renvois d'une page à l'autre (souvent d'une case à l'autre) avec près de 400 cases concernées. Si l'on n'atteint pas l'ampleur et le talent littéraire des bouquins écrits par Steve Jackson, pour reprendre l'un des grands noms de ces Livres dont vous êtes le héros, le plaisir de se plier à l'exercice, le dessin sympathique de Waltch (soutenu aux couleurs par Novy) permettent de passer un très agréable moment, et même plusieurs, puisque vous pouvez recommencer la quête après être mort. Ca m'a redonné envie de me replonger dans ces bouquins, et rien que pour ça, je dis merci aux auteurs. :)
Excel Saga
Excel Saga est l'un de mes animes préférés. J'aime l'humour totalement débile de cet animé et les personnages sont totalement délirants et attachants. J'aime particulièrement Hyatt et Excel qui me font bien rigoler et qui font partie de mes personnages préférés. J'avais un peu peur en lisant le manga original de m'ennuyer en lisant des gags que j'avais déjà vus, mais heureusement l'animé est assez différent du manga et on ne retrouve que quelques scènes communes aux deux œuvres. J'avoue que j'ai trouvé l'animé plus marrant car le mouvement permet d'aller plus loin dans le débile alors qu'ici ça tombe parfois un peu à plat à cause d'un manque de rythme. Mais la plupart du temps je me suis bien marré. Je trouve toutefois dommage que les français n'aient droit qu'aux premiers tomes, la traduction française s'étant arrêtée au tome 8. J'ai bien envie de connaître la suite, mais en même temps j'ai un peu peur d'essayer de trouver la suite (il y a eu plus de tomes traduits en anglais) car peut-être que c'est moins bon ou que l'effet de répétition finit par ennuyer. Enfin, l'important c'est que j'ai eu du plaisir durant la lecture des 8 premiers volumes et je conseille la lecture à tous ceux qui aiment les mangas humoristiques.
La Dernière Récré
Côté dessins, on peut dire que Altuna maîtrise son sujet. On a de superbes décors urbains post-apocalyptiques. On y ressent une grande froideur, un danger à tous les coins de rues (souvent sombres). Ce côté est une réussite totale. En revanche, pour les personnages, on s'y perd un peu car le coup de crayon reste quand même moins sûr de lui quand il s'agit de dessiner les enfants (même si ça reste très bien). Côté scénario, on se retrouve à suivre des enfants. Parfois en groupes, parfois seuls. Une multitude de petites histoires qui permettent de rencontrer et de suivre plusieurs survivants. Au final, tout s'emboite et ça forme un tout. Finalement, même si ces histoires sont assez simplistes scénaristiquement, on se rend compte qu'on est très proche de ce qui arriverait vraiment "si" une chose comme ça pouvait arriver. Son réalisme la rend tout de suite bien plus intéressante. Mais attention, c'est plutôt ce côté réaliste qui est à apprécier plutôt que l'action en elle-même. Les personnages sont des enfants. Parfois naïfs, parfois cruels, parfois malins. Cette brochette de personnages assez différents les uns des autres. Tout cela nous permet de très bonnes réflexions sur leur condition et sur ce monde qui les oblige à devenir matures plus rapidement (alors qu'ils ont interdiction de trop grandir sinon... c'est la mort). Après avoir la première moitié, j'étais moyennement convaincu, mais finalement, à la fin de la bande dessinée, c'est vraiment une très bonne impression qui me vient. C'est vraiment l'ambiance très crédible qui prend le pas sur tout le reste et rendre un univers post-apocalyptique crédible, ça n'est pas donné à tout le monde. Ça ressemble un peu à la bande dessinée Seuls mais avec un côté bien plus sombre, bien plus adulte et bien plus désespéré.
Sambre
Il y a dans cette série une explosion graphique mêlée à une tragédie familiale rendant l’ensemble magistralement puissant. Et pourtant l’histoire semble on ne peut plus basique, une famille divisée anciennement aisée sur le déclin partagée entre la nostalgie et le vertige de la chute, entre l’anesthésie et la brulure. Quel talent peut bien mettre l’auteur pour donner une telle puissance à son récit ? Tout d’abord, il faut contempler le travail graphique remarquable. Chaque planche trouve des expressions aux personnages sublimes donnant une dimension graphique aux ressentiments non dits, aux passions intérieures, au désespoir tourmenté. Les rues de paris semblent sorties des cahiers de Victor Hugo, la misère explose l’esprit du lecteur et surtout la beauté omniprésente rend l’ensemble surréaliste. Et puis n’oublions pas cette once de mystère mi fantastique qui vient rougir les planches et complexifier le drame familial. Ne galvaudons pas une histoire d’amour dramatique se déroulant sous nos yeux. D’apparence très simple et classique, l’intrigue s’avère finalement tourmentée et intelligemment menée pour laisser le lecteur respirer les ambiances s’imprégner des odeurs et se laisser envahir par le froid et la moiteur de certains cadres. L’auteur prend son temps et se laisse embarquer dans des histoires secondaires tout aussi remplies de passion, on aime, on hait, on transpire, voilà le secret : laisser le temps faire son œuvre en travaillant méticuleusement « l’autour ». Le premier cycle de quatre tomes fut magistral, et puis vint cette envie de décliner la tragédie familiale ; en n’avisant ici que la série mère, celle-ci comporte tout de même deux tomes supplémentaires tenant la route sans encore arriver au niveau du premier cycle. Dévorez avec passion ces opus remplis de pathos et d’art, les lectures successives vous procureront toujours autant d’émotions malgré l’apparenté simplicité du thème. Seul écueil, le côté franchement tourmenté des personnages, pour ne pas dire malade, certes les opus parallèles permettent de relativiser certains comportements à postériori, mais sur le coup, gageons que le lecteur prend vraiment certains personnages pour de très grands malades. Cela ajoute en poésie dramatique et permet de trouver un charisme portant mille émotions. Et puis plane tout de même le doute de voir un jour la fin et de comprendre le fin mot de tout ce petit monde. Plus tard ces deux points résolus en feront peut être un chef d’œuvre aux cinq étoiles, en attendant, ce ne sera que sublime ! Concluons sur le rouge, la passion, le sang, la haine, la révolte, la misère qui suintent de toutes les cases et trouvent dans les pointes de cette unique couleur dans les dégradés de l’album une force supplémentaire apte à déplacer les montagnes et à captiver les lecteurs pour longtemps encore…