Les cahiers ukrainiens est un récit illustré par Igort des témoignages d'Ukrainiens rencontrés dans la rue lors de ses voyages. Les plus anciens d'entre eux qui ont connu les heures sombres du pays lui rapportent des faits édifiants telle la famine orchestrée par Staline dans les années 30 pour soumettre les habitants à sa volonté communiste. Le pays n'était pas favorable à l'idée de collectivisation et pour contraindre les koulaks, c'est-à-dire les petits propriétaires à renoncer à leurs acquis, il mit en place ce qu'on peut qualifier d'un génocide organisé. Avec la révolution russe le moindre paysan qui a de quoi manger devient un koulak.
Les images et les récits sont durs. On rapporte des faits de cannibalisme, de nécrophagie et une hausse naturelle des crimes et délit. Il est estimé que près de 5 millions de personnes seraient mortes par cet Holodomor, littéralement "extermination par la faim". Après la famine, le pays a connu la seconde guerre mondiale avec l'arrivée des nazis et une nouvelle période difficile.
Mais Igort révèle que depuis l'éclatement du bloc soviétique et la mise en place du capitalisme en Ukraine la vie n'est pas forcément plus rose. Elle est même pire pour certains qui regrettent l'époque du communisme. Les prix tiennent à l'écart et dans la pauvreté toute une partie de la population. C'est un éclairage intéressant sur un pays qui se développe, par exemple en accueillant cette année l'Euro de football, mais sclérosé par la mafia.
L’idée de réaliser un manga sur le jeu de go m’a paru incongrue, voire ridicule… et pourtant, une fois la lecture engagée, j’ai littéralement dévoré les 23 volumes.
Tout en conservant les codes du shonen, l’auteur a réussi à vulgariser le go et à proposer une intrigue passionnante.
Côté dessins, c’est tout à fait honnête avec une grande clarté dans l’action et un design sympa concernant les nombreux personnages.
A essayer absolument.
Après deux tomes indigents (Sept clones mais surtout le très très très raté Sept naufragés), voici enfin un tome qui sort du lot. Clairement le meilleur tome de la seconde saison et directement sur le podium des deux saisons avec Sept Missionnaires et Sept yakuzas.
Franchement Nicolas Mitric ne m'avait jamais tapé dans l'oeil pour l'originalité de ses scénarii et là, dans un genre ultra éculé s'il en est, il nous propose une histoire et un final super original. On est dans l'univers très bordé de la fantaisy mais on ne s'ennuie jamais. J'ai ressenti ça sur le Wollodrïn de Chauvel également. Bref, on est à 10,000 lieues des tomes ultra-bateaux de La Geste des Chevaliers Dragons, la comparaison étant inévitable.
Au niveau dessin, je trouve l'ensemble très réussi, mention spéciale aux dragons, tous différents et vraiment originaux. Bref c'est du classique, de la BD d'aventure qui s'assume telle quelle et, quand c'est réussi comme ici, cela me va très bien.
Allez, pour mettre un bémol, parce que je me suis vraiment régalé, on va dire que le final, bien que très original, est quand même assez abrupt et la dernière planche, toute en explications, fait un peu précipitée. Mais sinon, j'aurais aimé que tous les tomes de la collection soient à ce niveau de qualité, ce qui est malheureusement loin d'être le cas.
Et vive les Amazones dénudées aussi, ça contre-balance la reine dans son armure de chasteté.
Une histoire tournant autour d'une soirée entre amis. Ce qui surprend c'est le graphisme utilisé par Brecht Evens. Il s'affranchit de toute contrainte, de cases etc. Ces personnages s'expriment de toutes les manières, chacun est identifié par un code couleur ce qui est très ingénieux pour savoir qui parle.
Récompensé par un prix de l'audace à Angoulême en 2011, je crois que cet album le méritait tout à fait car il en fait preuve d'audace et d'inventivité dans le milieu de la bande dessinée. C'est rafraîchissant et rassurant pour l'avenir de voir de jeunes auteurs produire de tels albums.
C'est franchement un beau récit hommage de Baudoin à son grand-père d'origine anglaise. Un grand-père un peu particulier vivant sans aucun confort dans sa vieille masure et toujours hanté par le souvenir de la grande guerre, un grand-père qu'il admire mais dont il a aussi honte parfois. Couma aco semble être une des expressions favorites du vieil homme, c'est une façon de dire "c'est comme ça, on y peut rien". C'est aussi le récit d'une tranche d'enfance de l'auteur d'abord jeune garçon puis adolescent s'intéressant aux filles de plus en plus toujours en étroite relation avec son frère. On les voit déjà dessiner, pas encore la maîtrise que l'auteur a maintenant de ce point de vue c'est sûr.
Un bon petit roman graphique qui sert aussi de mémoire familiale à transmettre.
Et dire que c’est le premier album de l’auteur !
Trois histoires, trois personnages que rien en apparence ne semble rapprocher…
Certes le procédé narratif n’est pas original mais il fonctionne parfaitement tant la narration et le rythme sont maitrisés. Le lecteur est complètement immergé dans ce monde glauque et ultra-violent. On est même parfois dérangé par tant de noirceur.
Côté dessins, c’est aussi très réussi avec un trait nerveux, et épuré, largement inspiré par le manga.
Bref, 3 Instincts surprend et impressionne. On en redemande.
Note : 3.5/5
Une mère célibataire et sa fille qui emménagent dans une maison isolée en haut d'une falaise, aux abords d'un petit village de pêcheurs. Une petite fille qui explore les environs et fait de mystérieuses et assez angoissantes trouvailles. Un étrange et sombre gardien de phare. De secrets oubliés. Une probable ancienne malédiction et de possibles créatures issues des profondeurs de la mer...
Tout cela présente la trame classique d'une aventure fantastique et un peu horrifique pour laquelle on imagine volontiers une ambiance à la Lovecraft.
C'est le genre de récit que j'apprécie malgré les différents aspects déjà-vus qu'elle implique. D'autant plus qu'elle est ici soutenue par une excellente narration et un très bon graphisme.
Ce dernier, étonnamment, contraste avec l'atmosphère d'un récit de ce genre. Ses personnages un peu ronds et ses couleurs souvent lumineuses empêchent l'intrigue d’apparaître malsaine ou effrayante. C'est un dessin que j'apprécie bien et qui offre quelques beaux paysages.
Le scénario, quant à lui, est joliment mené et glisse sur des rails bien huilés. La jeune héroïne débrouillarde et son rapport à la mer apportent en outre une touche d'originalité.
Il y a donc tout ce qu'il faut pour faire une bonne série, d'autant qu'elle se constitue en un simple diptyque. Je regrette cependant les aspects un peu trop clichés de son intrigue qui n'arrive pas tellement à sortir du lot. L'ambiance peine à se poser et on ne sait jamais trop sur quel pied danser : récit dramatique, fantastique, simple roman graphique déguisé en récit à suspense... Le second tome apporte les explications à tout cela mais il manque malheureusement d'impact. Son final apparaît comme trop convenu, sans grande surprise.
Il en ressort une bonne série qui vaut avant tout par ses personnages attachants, sa narration impeccable, son cadre et son graphisme plaisants, mais qui ne surprendra pas outre mesure les habitués de ce genre de récit. J'en attendais davantage et je me sens un peu frustré. Mais je conseille malgré tout cette agréable lecture.
Une série qui nous fait entrer dans un univers des plus sordides et qui dépeint les cotés les plus sombres de notre société ; tout y passe, l'employé minable accro au jeu criblé de dettes, la mère de famille divorcée et fauchée, l'ado schizo rejeté par sa famille et souffre-douleur de son lycée, l'ancien alcoolique qui a vécu un drame, et bien d'autres ; autant de personnages tourmentés qui évoluent tous sur le fil du rasoir et dont il ne manquerait pas grand chose (un million de dollars par exemple) pour qu'ils basculent du "coté obscur".
Vous l'avez compris cette série renferme un scénario haletant, brillamment orchestré, qui fait monter crescendo la tension tout au long de ces quatre albums pour terminer d'une façon dramatique (évidemment) ; car nous voilà bel et bien en présence d'une histoire violente au sens propre comme au figuré mais surtout assez réaliste pour que l'on se dise que ça pourrait très bien arriver en vrai (à part le coté fantastique).
Bref, un très bon thriller réservé à un public averti.
Alors déjà pour moi, Marini fait parti de mes dessinateurs préférés (avec Gibrat, Guarnido entre autres) donc forcement je suis archi conquis dès le départ ! C'est beau, les couleurs sont à tomber, j'adore. Et cerise sur la gâteau, Marini arrive a nous faire 2 "héros" avec un design un peu différent du scorpion ou de rapace (le seul reproche qu'on pouvait faire à Marini concernant son dessin)
Coté scénario, c'est la 1ere fois qu'il s'y colle, et je trouve ça assez réussi. Certes c'est pleins de clichés (surtout dans le 1er tome avec l'initiation des 2 jeunes hommes) mais moi ça me dérange pas. L'histoire évolue bien dans le tome 2 et 3.
J'ai pris un grand plaisir à lire ces 3 tomes et j'attends la suite avec impatience !
Voici une BD qui m’a complètement soufflé, le monde mit en place par Lupano et Andreae est surprenant par sa beauté et son originalité.
Un scénario remarquable par son rythme et sa clarté, une histoire qui se déroule dans un univers complètement loufoque, un monde dont le pôle nord a disparu au grand dam de ses habitants.
Un des points forts de ce récit est les personnages très caractéristiques, hauts en couleur, inoubliables, bien que parmi eux rode un triste sire, pas très drôle, assez inquiétant dont Lupano se sert pour nous faire peur : l’arracheur de temps, un personnage universel.
Le dessin, que dire ? Parfait, magnifique ? Sûrement, mais il y a un plus incontestable : il est en parfaite symbiose avec le récit.
Un excellent premier tome, l’histoire attrayante est bien posée et encore beaucoup de bonnes choses à découvrir , j’espère bien sûr une suite du même acabit.
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Les Cahiers Ukrainiens
Les cahiers ukrainiens est un récit illustré par Igort des témoignages d'Ukrainiens rencontrés dans la rue lors de ses voyages. Les plus anciens d'entre eux qui ont connu les heures sombres du pays lui rapportent des faits édifiants telle la famine orchestrée par Staline dans les années 30 pour soumettre les habitants à sa volonté communiste. Le pays n'était pas favorable à l'idée de collectivisation et pour contraindre les koulaks, c'est-à-dire les petits propriétaires à renoncer à leurs acquis, il mit en place ce qu'on peut qualifier d'un génocide organisé. Avec la révolution russe le moindre paysan qui a de quoi manger devient un koulak. Les images et les récits sont durs. On rapporte des faits de cannibalisme, de nécrophagie et une hausse naturelle des crimes et délit. Il est estimé que près de 5 millions de personnes seraient mortes par cet Holodomor, littéralement "extermination par la faim". Après la famine, le pays a connu la seconde guerre mondiale avec l'arrivée des nazis et une nouvelle période difficile. Mais Igort révèle que depuis l'éclatement du bloc soviétique et la mise en place du capitalisme en Ukraine la vie n'est pas forcément plus rose. Elle est même pire pour certains qui regrettent l'époque du communisme. Les prix tiennent à l'écart et dans la pauvreté toute une partie de la population. C'est un éclairage intéressant sur un pays qui se développe, par exemple en accueillant cette année l'Euro de football, mais sclérosé par la mafia.
Hikaru no Go
L’idée de réaliser un manga sur le jeu de go m’a paru incongrue, voire ridicule… et pourtant, une fois la lecture engagée, j’ai littéralement dévoré les 23 volumes. Tout en conservant les codes du shonen, l’auteur a réussi à vulgariser le go et à proposer une intrigue passionnante. Côté dessins, c’est tout à fait honnête avec une grande clarté dans l’action et un design sympa concernant les nombreux personnages. A essayer absolument.
Sept Dragons
Après deux tomes indigents (Sept clones mais surtout le très très très raté Sept naufragés), voici enfin un tome qui sort du lot. Clairement le meilleur tome de la seconde saison et directement sur le podium des deux saisons avec Sept Missionnaires et Sept yakuzas. Franchement Nicolas Mitric ne m'avait jamais tapé dans l'oeil pour l'originalité de ses scénarii et là, dans un genre ultra éculé s'il en est, il nous propose une histoire et un final super original. On est dans l'univers très bordé de la fantaisy mais on ne s'ennuie jamais. J'ai ressenti ça sur le Wollodrïn de Chauvel également. Bref, on est à 10,000 lieues des tomes ultra-bateaux de La Geste des Chevaliers Dragons, la comparaison étant inévitable. Au niveau dessin, je trouve l'ensemble très réussi, mention spéciale aux dragons, tous différents et vraiment originaux. Bref c'est du classique, de la BD d'aventure qui s'assume telle quelle et, quand c'est réussi comme ici, cela me va très bien. Allez, pour mettre un bémol, parce que je me suis vraiment régalé, on va dire que le final, bien que très original, est quand même assez abrupt et la dernière planche, toute en explications, fait un peu précipitée. Mais sinon, j'aurais aimé que tous les tomes de la collection soient à ce niveau de qualité, ce qui est malheureusement loin d'être le cas. Et vive les Amazones dénudées aussi, ça contre-balance la reine dans son armure de chasteté.
Les Noceurs
Une histoire tournant autour d'une soirée entre amis. Ce qui surprend c'est le graphisme utilisé par Brecht Evens. Il s'affranchit de toute contrainte, de cases etc. Ces personnages s'expriment de toutes les manières, chacun est identifié par un code couleur ce qui est très ingénieux pour savoir qui parle. Récompensé par un prix de l'audace à Angoulême en 2011, je crois que cet album le méritait tout à fait car il en fait preuve d'audace et d'inventivité dans le milieu de la bande dessinée. C'est rafraîchissant et rassurant pour l'avenir de voir de jeunes auteurs produire de tels albums.
Couma Aco
C'est franchement un beau récit hommage de Baudoin à son grand-père d'origine anglaise. Un grand-père un peu particulier vivant sans aucun confort dans sa vieille masure et toujours hanté par le souvenir de la grande guerre, un grand-père qu'il admire mais dont il a aussi honte parfois. Couma aco semble être une des expressions favorites du vieil homme, c'est une façon de dire "c'est comme ça, on y peut rien". C'est aussi le récit d'une tranche d'enfance de l'auteur d'abord jeune garçon puis adolescent s'intéressant aux filles de plus en plus toujours en étroite relation avec son frère. On les voit déjà dessiner, pas encore la maîtrise que l'auteur a maintenant de ce point de vue c'est sûr. Un bon petit roman graphique qui sert aussi de mémoire familiale à transmettre.
3 Instincts
Et dire que c’est le premier album de l’auteur ! Trois histoires, trois personnages que rien en apparence ne semble rapprocher… Certes le procédé narratif n’est pas original mais il fonctionne parfaitement tant la narration et le rythme sont maitrisés. Le lecteur est complètement immergé dans ce monde glauque et ultra-violent. On est même parfois dérangé par tant de noirceur. Côté dessins, c’est aussi très réussi avec un trait nerveux, et épuré, largement inspiré par le manga. Bref, 3 Instincts surprend et impressionne. On en redemande.
La Mémoire de l'eau
Note : 3.5/5 Une mère célibataire et sa fille qui emménagent dans une maison isolée en haut d'une falaise, aux abords d'un petit village de pêcheurs. Une petite fille qui explore les environs et fait de mystérieuses et assez angoissantes trouvailles. Un étrange et sombre gardien de phare. De secrets oubliés. Une probable ancienne malédiction et de possibles créatures issues des profondeurs de la mer... Tout cela présente la trame classique d'une aventure fantastique et un peu horrifique pour laquelle on imagine volontiers une ambiance à la Lovecraft. C'est le genre de récit que j'apprécie malgré les différents aspects déjà-vus qu'elle implique. D'autant plus qu'elle est ici soutenue par une excellente narration et un très bon graphisme. Ce dernier, étonnamment, contraste avec l'atmosphère d'un récit de ce genre. Ses personnages un peu ronds et ses couleurs souvent lumineuses empêchent l'intrigue d’apparaître malsaine ou effrayante. C'est un dessin que j'apprécie bien et qui offre quelques beaux paysages. Le scénario, quant à lui, est joliment mené et glisse sur des rails bien huilés. La jeune héroïne débrouillarde et son rapport à la mer apportent en outre une touche d'originalité. Il y a donc tout ce qu'il faut pour faire une bonne série, d'autant qu'elle se constitue en un simple diptyque. Je regrette cependant les aspects un peu trop clichés de son intrigue qui n'arrive pas tellement à sortir du lot. L'ambiance peine à se poser et on ne sait jamais trop sur quel pied danser : récit dramatique, fantastique, simple roman graphique déguisé en récit à suspense... Le second tome apporte les explications à tout cela mais il manque malheureusement d'impact. Son final apparaît comme trop convenu, sans grande surprise. Il en ressort une bonne série qui vaut avant tout par ses personnages attachants, sa narration impeccable, son cadre et son graphisme plaisants, mais qui ne surprendra pas outre mesure les habitués de ce genre de récit. J'en attendais davantage et je me sens un peu frustré. Mais je conseille malgré tout cette agréable lecture.
Enchaînés
Une série qui nous fait entrer dans un univers des plus sordides et qui dépeint les cotés les plus sombres de notre société ; tout y passe, l'employé minable accro au jeu criblé de dettes, la mère de famille divorcée et fauchée, l'ado schizo rejeté par sa famille et souffre-douleur de son lycée, l'ancien alcoolique qui a vécu un drame, et bien d'autres ; autant de personnages tourmentés qui évoluent tous sur le fil du rasoir et dont il ne manquerait pas grand chose (un million de dollars par exemple) pour qu'ils basculent du "coté obscur". Vous l'avez compris cette série renferme un scénario haletant, brillamment orchestré, qui fait monter crescendo la tension tout au long de ces quatre albums pour terminer d'une façon dramatique (évidemment) ; car nous voilà bel et bien en présence d'une histoire violente au sens propre comme au figuré mais surtout assez réaliste pour que l'on se dise que ça pourrait très bien arriver en vrai (à part le coté fantastique). Bref, un très bon thriller réservé à un public averti.
Les Aigles de Rome
Alors déjà pour moi, Marini fait parti de mes dessinateurs préférés (avec Gibrat, Guarnido entre autres) donc forcement je suis archi conquis dès le départ ! C'est beau, les couleurs sont à tomber, j'adore. Et cerise sur la gâteau, Marini arrive a nous faire 2 "héros" avec un design un peu différent du scorpion ou de rapace (le seul reproche qu'on pouvait faire à Marini concernant son dessin) Coté scénario, c'est la 1ere fois qu'il s'y colle, et je trouve ça assez réussi. Certes c'est pleins de clichés (surtout dans le 1er tome avec l'initiation des 2 jeunes hommes) mais moi ça me dérange pas. L'histoire évolue bien dans le tome 2 et 3. J'ai pris un grand plaisir à lire ces 3 tomes et j'attends la suite avec impatience !
Azimut
Voici une BD qui m’a complètement soufflé, le monde mit en place par Lupano et Andreae est surprenant par sa beauté et son originalité. Un scénario remarquable par son rythme et sa clarté, une histoire qui se déroule dans un univers complètement loufoque, un monde dont le pôle nord a disparu au grand dam de ses habitants. Un des points forts de ce récit est les personnages très caractéristiques, hauts en couleur, inoubliables, bien que parmi eux rode un triste sire, pas très drôle, assez inquiétant dont Lupano se sert pour nous faire peur : l’arracheur de temps, un personnage universel. Le dessin, que dire ? Parfait, magnifique ? Sûrement, mais il y a un plus incontestable : il est en parfaite symbiose avec le récit. Un excellent premier tome, l’histoire attrayante est bien posée et encore beaucoup de bonnes choses à découvrir , j’espère bien sûr une suite du même acabit.