Ainsi naquit « à suivre »… (re)Lire aujourd’hui cet album me place dans un doute certain, trouverait-on aujourd’hui un éditeur lançant un magazine BD avec ce duo d’auteur produisant un tel sujet ?
De fait, le propos même de déshumanisation contenu dans l’album en devient aujourd’hui d’autant plus puissant en replaçant cet album à la fin des années 70. Dénoncer la manipulation de masse pour l’inscription dans un prêt à penser machiavélique au service des élites au détriment des masses se laissant faire avec aveuglement peut paraître galvaudé, suranné, tout ce que vous voudrez. Mais proposez un projet aussi fou à un quelconque éditeur aujourd’hui et voyons s’il en ressortira autant d’audace que le merveilleux « A suivre » a su nous proposer.
Passé ce jeu de miroir involontaire de la part des auteurs, cet album nous propose un pavé d’un autre temps totalement surréaliste. Pas au sens courant artistique, il y a un côté provocateur scénaristique dadaïste associé à une qualité narrative bien réaliste, qui au final aurait tendance à rapprocher du symbolisme. Quoi qu’il en soit, la poésie se dégageant de cet album nous emporte pour notre plus grand bonheur, l’on se prend à admirer la mise au point de complot d’état, de guetter le résultat d’un procès ubuesque, d’essayer tant bien que mal d’ordonner notre univers totalement chaotique que forme notre terrain de jeu pour trouver quelques repères. L’intrigue nous entraîne dans une poursuite renouvelée vers l’inconnu toujours lisible, toujours prenante, toujours pertinente.
Le dessin magnifie cette chute perpétuelle dans un inconfort de la ligne particulièrement brillant et adapté à Tardi. Noirs et blancs se mêlent pour un clair obscur soutenant le propos et amplifiant l’effet d’absurde. L’architecture de ce pays clos devient si présente au lecteur qu’il ne convient plus de remettre en cause le postulat qu’un habitant possède les murs et actionne des péages pour laisser les gens sortir de chez eux ! Quant aux bureaux décisionnels parisiens : qu’en dire si ce n’est Tardi…
La fin brutale, dure, violente même vient perturber ce joli petit équilibre que le lecteur s’était bâti. Le confort de l’absurde trouvé au cours du récit se désagrège de façon abrupte dans une chute insoutenable de déshumanisation. Certes le lecteur peut être choqué et malmené mais ajoute cette touche finale de dureté sous-jacente à tout l’album. D’aucuns la trouvent inadaptée, pour ma part je dirai que c’est elle qui fait du récit un magistral album et non une succession de tableaux surréalistes finalement sans autre but que le divertissement.
Alors ne manquez pas cet album. Je crains qu’il ne soit pas hélas à la portée de tous, non par un propos élitiste mais plutôt par des barrières à l’entrée fortes (noir et blanc apparemment peu léché, longueur, difficulté de trouver un fil…). Mais cela vaut le coup et doit être dans toute bibliothèque de bonne qualité.
Ce premier tome est de bon augure, une histoire assez ténébreuse qui immanquablement fait penser à la belle au bois dormant mais le monde de Dufaux se démarque du célèbre conte par son ambiance bien plus noire.
Pour l’instant cette histoire originale est bien menée, un récit clair qui progresse sur plusieurs fronts .
La galerie de personnages est excellente, beaucoup de personnages à caractères forts , des faciès inquiétants tel l’énigmatique Miranda dont les principaux sujets sont de bien laides arachnides.
Un dessin haut de gamme, paysages et décors sont très fins et soigneusement travaillés, mais c’est le dessin des acteurs qui est le plus admirable.
Je n'ai jamais lu la série dont s'inspire ce spin-off, c'était donc un pari pour moi que d'emprunter cet album. Pari peu risqué en fait, car j'aime bien ce que fait Larcenet.
En fait, ma principale crainte était qu'il y eut des références à Valérian que je n'aurais pas comprises, ce qui ne fut pas le cas, ou alors si mais je ne m'en suis pas rendu compte...
J'ai bien rigolé avec cet album. On retrouve bien l'humour Larcenesque, et le manque de connaissance de la série originelle ne m'a pas du tout gaché le plaisir.
Le personnage principal est vraiment très drôle, aussi bien dans son physique de français moyen pilier de comptoir que dans ses répliques totalement décalées.
Graphiquement, c'est aussi du Larcenet comme on le connait. Ca ressemble au trait de ce qu'il fait habituellement comme Le Retour à la terre, La Légende de Robin des Bois...
J'ai lu dans les toutes premières pages que d'autres auteurs avaient apparemment participé à cet ouvrage, mais je n'ai pas bien réussi à distinguer leur contribution.
Bref, un album sympathique, un bon petit moment de rigolade.
(182)
Parmi les albums de Yann qui me restaient à lire, celui-ci faisait partie de ceux que je voulais lire absolument et je fus très content lorsque j'ai trouvé l'album.
Je ne suis pas du tout déçu par les histoires écrites par Yann. J'y ai retrouvé tous ce que j'aime chez lui : un humour noir hilarant avec du cynisme et des références. C'est à la fois une parodie et un hommage aux histoires d'Oncle Paul. En plus, ses histoires sont dessinées par différents dessinateurs que j'aime très bien. L'histoire de Goossens est pas mal quoique je préfère l'humour de Yann.
Mon seul problème avec cet album sont les deux histoires plus sérieuses qui semblent un peu hors-sujet bien qu'elles rendent hommage aux histoires de l'Oncle Paul. C'est juste que cela fait un peu bizarre de trouver des histoires éducatives alors que le reste ne se prend pas trop au sérieux. Lors d'une relecture, je vais surement sauter ces deux histoires et ne lire que les récits humoristiques.
Un sujet surprenant dont je n'avais jamais entendu parler : des milliers d'orphelins (enfin pas tous, certains avaient encore apparemment leurs parents mais ceux-ci ne pouvaient pas s'occuper d'eux) déportés dans les campagnes pour être accueillis par des familles en mal d'enfant ou ayant besoin de main d'oeuvre dans leurs exploitations. Le dossier de fin est le bienvenu pour en apprendre un peu plus.
Le sujet est bien traité et on s'attache au destin de ces orphelins.
Pour ce qui est du dessin, il est sympathique, pas mal du tout. J'ai juste eu un petit problème avec la façon dont Fourquemin dessine les enfants. Je trouve qu'ils ont parfois plus l'air d'adultes miniatures, qu'ils ont plus les traits d'adultes que d'enfants. Et problème de proportions aussi avec les tout petits qui ont l'air de poupées quand ils sont dans les bras des adultes alors qu'ils ont une taille tout à fait normale à côté des autres enfants...
Mais bon, comme l'histoire est passionnante, on passe par dessus ces petits défauts et on termine la BD avec grand plaisir. Vivement la suite !
La collection Geo BD nous emmène cette fois en pays miao, dans la campagne chinoise, sur les pas d'un peintre-calligraphe qui s'installe dans un village. Mais bientôt il va se rendre compte qu'il s'y passe de drôles choses : ainsi périodiquement de nombreux enfants du village partent se cacher dans la montagne, à l'approche d'étranges visiteurs...
Cette fois-ci ce récit est ancré dans notre époque, par le biais des agents de l'Etat-civil chinois qui viennent régulièrement visiter les villages reculés pour vérifier que les couples locaux n'ont pas dérogé à la règle de l'enfant unique institué par le régime communiste. Et nous découvrons cette histoire par le biais d'esprits, ce qui est totalement inattendu... Il y a aussi des allusions discrètes à la culture miao, et un soupçon d'humour avec un mainate trop bavard... ou pas assez ! Mais encore une fois c'est bien inséré dans le récit, et on n'est pas gêné par ses saillies intellectuelles.
Le boulot de Marko, même si c'est de la commande, est de grande qualité. J'ai remarqué son souci du détail, sa mise en scène inspirée et ses ambiances diversifiées, grâce à l'apport de Maëla Cosson aux couleurs.
Un excellent album !
Comme dans ce que j'ai déjà pu lire de Thomas Ott (73304-23-4153-6-96-8), c'est assez cruel et on a là une vision assez sombre de l' "humanité".
C'est ici un récit muet, où n'apparaissent que les mains des protagonistes. Le message - plutôt la charge ! véhiculé par cette petite "Patte de Mouche" est assez limpide.
Cela se lit vite ! Même si certains avis précédents reprochaient à l'auteur de diluer. Mais si Franquin dans ses Idées Noires s'attaquait au sujet en beaucoup moins de cases, je trouve que la lenteur et la relative "longueur" du déroulement ôte ici toute tentation de sourire (Franquin cherchait quand même à rire et/ou à faire rire). De la même manière, l'omniprésence des mains, au détriment des visages, renforce la critique de la peine de mort, en la "dépersonnalisant".
Petit album intéressant.
Note réelle 3,5/5.
C'est un petit album tout à fait adapté au format des "Pattes de Mouche" !
L'histoire commence là où les intrigues répétitives de Scoubidou s'achèvent généralement : lorsque le méchant est démasqué.
Sauf qu'ici, c'est dans tous les sens du terme, et c'est assez délirant.
Car, si les masques tombent, les certitudes aussi. Et en fait, plus que de Scoubidou, c'est de Tex Avery que cela s'inspire, celui-ci ayant plusieurs fois utilisé ce gag (dans "Who killed who" entre autre, je crois).
A noter les aveux, convenus ou lyriques, qui s'ingénient à parodier les plus mauvaises séries Z.
A lire. C'est court, mais c'est plutôt bon.
Tony Delmonto... alias Big Baby. C'est un jeune garçon avec une tête assez étrange, un peu flippante en fait, qui se retrouve dans des histoires fantastiques au coeur de son quotidien. Grand lecteur de comics, on se demande où est la part du fantasme et d'imagination délirante de ce garçon et où est la part de réalité. C'est particulièrement vrai dans l'histoire "Teen Plague" où la frontière entre ce qu'il vit dans sa chambre ou à l'école et ce qu'il lit dans son comics est floue. Mélange de série Z et de contes de la crypte, Charles Burns réussit dans ce recueil de 4 histoires au dessin noir et blanc implacable à donner un sentiment d'effroi et de malaise entre peurs de l'enfance et passage au monde adulte.
Le garçon doit avoir 10-12 ans et semble un peu solitaire. Il est mis face à la cruauté des autres enfants dans la dernière histoire qui se déroule dans une colonie de vacances. Il semble avoir une sorte de connexion avec les limbes, cela l'effraie mais il s'y adapte assez naturellement en fin de compte.
Une phrase qui m'a fait rire : "La jolie fille se faisait sucer le cou par l'oeil géant".
Je vais me montrer un peu moins enthousiaste que les précédents avis. Juste un peu moins car j’ai eu dans les mains une bande dessinée d’excellente facture. Dessin superbe, univers loufoque, personnages attachants. On en apprend juste suffisamment pour comprendre les aboutissants de cette histoire. Ca j’aime, car du coup on reste dans le flou sur certain passage, qui ne sont pas essentiels à la compréhension de l’action, et qui auront surement une incidence dans le futur. Et même si on ne possède pas tous les éléments pour faire les raccords, l’enchainement est fluide.
Néanmoins, c’est encore un peu confus pour un premier tome. Les théories du professeur Breloquinte sur la banque du temps demande des éclaircissements (qui vont arriver hein, je ne suis pas totalement bébête). J’espère sincèrement que la suite sera du même acabit, restera dans la même lignée, car des bons premiers tomes plombés par des suites navrantes ou décevantes, on en connaît pas mal. Si vous voulez du dépaysement et une histoire qui sorte de l’ordinaire, je ne peux que vous conseillez ce titre.
Le dessin d’Andreae est vraiment superbe. Depuis ma découverte de MangeCoeur, j’ai un petit faible pour cet illustrateur. Il possède un trait bien particulier, avec 3 coups de crayons, il plante un décor finement ciselé, un personnage expressif, un jeu de cadrage… bref ses dessins sont toujours d’une grande lisibilité.
Je me replongerai avec plaisir dans le tome 1 lors de la sortie de la suite. Et j’adapterai ma note à mon ressenti final (le 4 étoile marque quand même un grand plaisir de lecture par rapport à ce que j’ai lu dernièrement).
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Ainsi naquit « à suivre »… (re)Lire aujourd’hui cet album me place dans un doute certain, trouverait-on aujourd’hui un éditeur lançant un magazine BD avec ce duo d’auteur produisant un tel sujet ? De fait, le propos même de déshumanisation contenu dans l’album en devient aujourd’hui d’autant plus puissant en replaçant cet album à la fin des années 70. Dénoncer la manipulation de masse pour l’inscription dans un prêt à penser machiavélique au service des élites au détriment des masses se laissant faire avec aveuglement peut paraître galvaudé, suranné, tout ce que vous voudrez. Mais proposez un projet aussi fou à un quelconque éditeur aujourd’hui et voyons s’il en ressortira autant d’audace que le merveilleux « A suivre » a su nous proposer. Passé ce jeu de miroir involontaire de la part des auteurs, cet album nous propose un pavé d’un autre temps totalement surréaliste. Pas au sens courant artistique, il y a un côté provocateur scénaristique dadaïste associé à une qualité narrative bien réaliste, qui au final aurait tendance à rapprocher du symbolisme. Quoi qu’il en soit, la poésie se dégageant de cet album nous emporte pour notre plus grand bonheur, l’on se prend à admirer la mise au point de complot d’état, de guetter le résultat d’un procès ubuesque, d’essayer tant bien que mal d’ordonner notre univers totalement chaotique que forme notre terrain de jeu pour trouver quelques repères. L’intrigue nous entraîne dans une poursuite renouvelée vers l’inconnu toujours lisible, toujours prenante, toujours pertinente. Le dessin magnifie cette chute perpétuelle dans un inconfort de la ligne particulièrement brillant et adapté à Tardi. Noirs et blancs se mêlent pour un clair obscur soutenant le propos et amplifiant l’effet d’absurde. L’architecture de ce pays clos devient si présente au lecteur qu’il ne convient plus de remettre en cause le postulat qu’un habitant possède les murs et actionne des péages pour laisser les gens sortir de chez eux ! Quant aux bureaux décisionnels parisiens : qu’en dire si ce n’est Tardi… La fin brutale, dure, violente même vient perturber ce joli petit équilibre que le lecteur s’était bâti. Le confort de l’absurde trouvé au cours du récit se désagrège de façon abrupte dans une chute insoutenable de déshumanisation. Certes le lecteur peut être choqué et malmené mais ajoute cette touche finale de dureté sous-jacente à tout l’album. D’aucuns la trouvent inadaptée, pour ma part je dirai que c’est elle qui fait du récit un magistral album et non une succession de tableaux surréalistes finalement sans autre but que le divertissement. Alors ne manquez pas cet album. Je crains qu’il ne soit pas hélas à la portée de tous, non par un propos élitiste mais plutôt par des barrières à l’entrée fortes (noir et blanc apparemment peu léché, longueur, difficulté de trouver un fil…). Mais cela vaut le coup et doit être dans toute bibliothèque de bonne qualité.
Sortilèges
Ce premier tome est de bon augure, une histoire assez ténébreuse qui immanquablement fait penser à la belle au bois dormant mais le monde de Dufaux se démarque du célèbre conte par son ambiance bien plus noire. Pour l’instant cette histoire originale est bien menée, un récit clair qui progresse sur plusieurs fronts . La galerie de personnages est excellente, beaucoup de personnages à caractères forts , des faciès inquiétants tel l’énigmatique Miranda dont les principaux sujets sont de bien laides arachnides. Un dessin haut de gamme, paysages et décors sont très fins et soigneusement travaillés, mais c’est le dessin des acteurs qui est le plus admirable.
Valérian - L'Armure du Jakolass
Je n'ai jamais lu la série dont s'inspire ce spin-off, c'était donc un pari pour moi que d'emprunter cet album. Pari peu risqué en fait, car j'aime bien ce que fait Larcenet. En fait, ma principale crainte était qu'il y eut des références à Valérian que je n'aurais pas comprises, ce qui ne fut pas le cas, ou alors si mais je ne m'en suis pas rendu compte... J'ai bien rigolé avec cet album. On retrouve bien l'humour Larcenesque, et le manque de connaissance de la série originelle ne m'a pas du tout gaché le plaisir. Le personnage principal est vraiment très drôle, aussi bien dans son physique de français moyen pilier de comptoir que dans ses répliques totalement décalées. Graphiquement, c'est aussi du Larcenet comme on le connait. Ca ressemble au trait de ce qu'il fait habituellement comme Le Retour à la terre, La Légende de Robin des Bois... J'ai lu dans les toutes premières pages que d'autres auteurs avaient apparemment participé à cet ouvrage, mais je n'ai pas bien réussi à distinguer leur contribution. Bref, un album sympathique, un bon petit moment de rigolade. (182)
Les Histoires merveilleuses des Oncles Paul
Parmi les albums de Yann qui me restaient à lire, celui-ci faisait partie de ceux que je voulais lire absolument et je fus très content lorsque j'ai trouvé l'album. Je ne suis pas du tout déçu par les histoires écrites par Yann. J'y ai retrouvé tous ce que j'aime chez lui : un humour noir hilarant avec du cynisme et des références. C'est à la fois une parodie et un hommage aux histoires d'Oncle Paul. En plus, ses histoires sont dessinées par différents dessinateurs que j'aime très bien. L'histoire de Goossens est pas mal quoique je préfère l'humour de Yann. Mon seul problème avec cet album sont les deux histoires plus sérieuses qui semblent un peu hors-sujet bien qu'elles rendent hommage aux histoires de l'Oncle Paul. C'est juste que cela fait un peu bizarre de trouver des histoires éducatives alors que le reste ne se prend pas trop au sérieux. Lors d'une relecture, je vais surement sauter ces deux histoires et ne lire que les récits humoristiques.
Le Train des Orphelins
Un sujet surprenant dont je n'avais jamais entendu parler : des milliers d'orphelins (enfin pas tous, certains avaient encore apparemment leurs parents mais ceux-ci ne pouvaient pas s'occuper d'eux) déportés dans les campagnes pour être accueillis par des familles en mal d'enfant ou ayant besoin de main d'oeuvre dans leurs exploitations. Le dossier de fin est le bienvenu pour en apprendre un peu plus. Le sujet est bien traité et on s'attache au destin de ces orphelins. Pour ce qui est du dessin, il est sympathique, pas mal du tout. J'ai juste eu un petit problème avec la façon dont Fourquemin dessine les enfants. Je trouve qu'ils ont parfois plus l'air d'adultes miniatures, qu'ils ont plus les traits d'adultes que d'enfants. Et problème de proportions aussi avec les tout petits qui ont l'air de poupées quand ils sont dans les bras des adultes alors qu'ils ont une taille tout à fait normale à côté des autres enfants... Mais bon, comme l'histoire est passionnante, on passe par dessus ces petits défauts et on termine la BD avec grand plaisir. Vivement la suite !
Les Enfants de l'ombre
La collection Geo BD nous emmène cette fois en pays miao, dans la campagne chinoise, sur les pas d'un peintre-calligraphe qui s'installe dans un village. Mais bientôt il va se rendre compte qu'il s'y passe de drôles choses : ainsi périodiquement de nombreux enfants du village partent se cacher dans la montagne, à l'approche d'étranges visiteurs... Cette fois-ci ce récit est ancré dans notre époque, par le biais des agents de l'Etat-civil chinois qui viennent régulièrement visiter les villages reculés pour vérifier que les couples locaux n'ont pas dérogé à la règle de l'enfant unique institué par le régime communiste. Et nous découvrons cette histoire par le biais d'esprits, ce qui est totalement inattendu... Il y a aussi des allusions discrètes à la culture miao, et un soupçon d'humour avec un mainate trop bavard... ou pas assez ! Mais encore une fois c'est bien inséré dans le récit, et on n'est pas gêné par ses saillies intellectuelles. Le boulot de Marko, même si c'est de la commande, est de grande qualité. J'ai remarqué son souci du détail, sa mise en scène inspirée et ses ambiances diversifiées, grâce à l'apport de Maëla Cosson aux couleurs. Un excellent album !
La Bête à cinq doigts
Comme dans ce que j'ai déjà pu lire de Thomas Ott (73304-23-4153-6-96-8), c'est assez cruel et on a là une vision assez sombre de l' "humanité". C'est ici un récit muet, où n'apparaissent que les mains des protagonistes. Le message - plutôt la charge ! véhiculé par cette petite "Patte de Mouche" est assez limpide. Cela se lit vite ! Même si certains avis précédents reprochaient à l'auteur de diluer. Mais si Franquin dans ses Idées Noires s'attaquait au sujet en beaucoup moins de cases, je trouve que la lenteur et la relative "longueur" du déroulement ôte ici toute tentation de sourire (Franquin cherchait quand même à rire et/ou à faire rire). De la même manière, l'omniprésence des mains, au détriment des visages, renforce la critique de la peine de mort, en la "dépersonnalisant". Petit album intéressant. Note réelle 3,5/5.
Les Aventures de la Fin de l'épisode
C'est un petit album tout à fait adapté au format des "Pattes de Mouche" ! L'histoire commence là où les intrigues répétitives de Scoubidou s'achèvent généralement : lorsque le méchant est démasqué. Sauf qu'ici, c'est dans tous les sens du terme, et c'est assez délirant. Car, si les masques tombent, les certitudes aussi. Et en fait, plus que de Scoubidou, c'est de Tex Avery que cela s'inspire, celui-ci ayant plusieurs fois utilisé ce gag (dans "Who killed who" entre autre, je crois). A noter les aveux, convenus ou lyriques, qui s'ingénient à parodier les plus mauvaises séries Z. A lire. C'est court, mais c'est plutôt bon.
Big Baby
Tony Delmonto... alias Big Baby. C'est un jeune garçon avec une tête assez étrange, un peu flippante en fait, qui se retrouve dans des histoires fantastiques au coeur de son quotidien. Grand lecteur de comics, on se demande où est la part du fantasme et d'imagination délirante de ce garçon et où est la part de réalité. C'est particulièrement vrai dans l'histoire "Teen Plague" où la frontière entre ce qu'il vit dans sa chambre ou à l'école et ce qu'il lit dans son comics est floue. Mélange de série Z et de contes de la crypte, Charles Burns réussit dans ce recueil de 4 histoires au dessin noir et blanc implacable à donner un sentiment d'effroi et de malaise entre peurs de l'enfance et passage au monde adulte. Le garçon doit avoir 10-12 ans et semble un peu solitaire. Il est mis face à la cruauté des autres enfants dans la dernière histoire qui se déroule dans une colonie de vacances. Il semble avoir une sorte de connexion avec les limbes, cela l'effraie mais il s'y adapte assez naturellement en fin de compte. Une phrase qui m'a fait rire : "La jolie fille se faisait sucer le cou par l'oeil géant".
Azimut
Je vais me montrer un peu moins enthousiaste que les précédents avis. Juste un peu moins car j’ai eu dans les mains une bande dessinée d’excellente facture. Dessin superbe, univers loufoque, personnages attachants. On en apprend juste suffisamment pour comprendre les aboutissants de cette histoire. Ca j’aime, car du coup on reste dans le flou sur certain passage, qui ne sont pas essentiels à la compréhension de l’action, et qui auront surement une incidence dans le futur. Et même si on ne possède pas tous les éléments pour faire les raccords, l’enchainement est fluide. Néanmoins, c’est encore un peu confus pour un premier tome. Les théories du professeur Breloquinte sur la banque du temps demande des éclaircissements (qui vont arriver hein, je ne suis pas totalement bébête). J’espère sincèrement que la suite sera du même acabit, restera dans la même lignée, car des bons premiers tomes plombés par des suites navrantes ou décevantes, on en connaît pas mal. Si vous voulez du dépaysement et une histoire qui sorte de l’ordinaire, je ne peux que vous conseillez ce titre. Le dessin d’Andreae est vraiment superbe. Depuis ma découverte de MangeCoeur, j’ai un petit faible pour cet illustrateur. Il possède un trait bien particulier, avec 3 coups de crayons, il plante un décor finement ciselé, un personnage expressif, un jeu de cadrage… bref ses dessins sont toujours d’une grande lisibilité. Je me replongerai avec plaisir dans le tome 1 lors de la sortie de la suite. Et j’adapterai ma note à mon ressenti final (le 4 étoile marque quand même un grand plaisir de lecture par rapport à ce que j’ai lu dernièrement).