Cat's Eyes version Vives, alors finalement, ça donne quoi ???
Et bien ça donne ! Moi qui partait peu enthousiaste dans cette lecture, j'avoue m'être fait prendre au jeu qu'ont su savamment composer Florent Rupper, Jérôme Mulot et Bastien Vives.
C'est frais, emprunt de références sympathiques -Cat's Eyes, James Bond, et j'en passe...- brillamment mis en page et découpé, et même le travail de Vivès qui me laisse perplexe une fois sur deux a su ici s'imposer de lui même. Travailler en équipe, finalement, ça lui réussit plutôt bien :)
Car ici, les adeptes des histoires Jamesbondesques ne seront pas déçus ! Notre trio de jeunettes délurées et sans scrupules sait mener la danse ! Elles fonctionnent au feeling et ne sont pas à une contradiction près. Le plaisir avant tout, quitte à ce que certains y restent sur le carreau ! Tout cela monte de façon crescendo pour un final un peu attendu mais parfait.
Un bel exercice de style qui a défaut d'originalité folle, est parfaitement maîtrisé par nos trois auteurs.
Une avalanche de gags qui vont du drôle à l'hilarant. C'est une franche réussite que ces recueils de strips en une case, dont l'humou à la fois potache et noir me sied à merveille. Je suis très bon client pour ce type d'humour, ça me fait très souvent friser es poustaches, du très bon.
Les albums sont laissés à lecture ouverte chez moi, pour que tout un chacun se "serve" selon le temps dispo d'une bonne rasade de rire.
Les dessins sont simples ici aussi mais ils servent à merveille le propos.
A conseiller.
Le premier commentaire que j'ai eu à la lecture de cette BD, c'est "Ahh ! C'est moche !"
Et effectivement, cette BD n'a pas beaucoup pour elle visuellement parlant : le dessin est franchement passable, à la limite du moche souvent, les couleurs sont atroces, les yeux souffrent dans la lecture. Pour autant, il faut souligner que les cases sont bien faites, autant dans la composition que dans les cadrages ou les expressions. Mais c'est moche !
Ajouté à cela une narration qui privilégie énormément les textes, faisant des bulles énormes, souvent mélangées, ce qui ralentit considérablement la lecture, alors que l'on recherche l'ordre des textes, et surtout, qu'est-ce qu'il faut lire !
Et pourtant, j'ai adoré cette BD ! Aussi incroyable que cela puisse paraitre, je l'ai trouvée extraordinaire.
Déjà, il faut souligner que Lauzier est un auteur qui est passé par Philosophie, ce qui se ressent pas mal d'ailleurs. Car cette BD, c'est philosophie et réflexion à la clé !
La grande force de Lauzier, c'est d'avoir su distiller tout au long du récit un humour très fin et souvent inattendu, ce qui permet d'éviter la satire sociale lourde et pesante. Ici la finesse du propos est admirable.
Car l'allègement du propos est nécessaire ! En faisant une sorte de chronique de société sur cet homme qui fait sa crise de la trentaine, Lauzier passe la société au vitriol, et c'est pas joli.
Le résumé le plus simple serait : "Tous pourris". Car ici, tout le monde en prend pour son grade, chacun a ses côtés sombres, ses lâchetés et ses faiblesses, et surtout avec ses envies, ses aspirations. Le monde est rempli d'ambitieux, et pour y arriver, chacun est prêt à bouffer l'autre. Une jungle, où l'homme redevient animal.
Ce qui est frappant, c'est le côté non-héroïque du protagoniste : entre le discours moralisateurs à deux sous qu'il nous sert dans les premières pages, ses considérations dans les suivantes et son ego démesuré qui transparait dans toutes les pages, il n'est pas fait pour paraitre gentil. Et que dire des relations avec sa femme (en fait, avec LES femmes !).
Et pourtant, plus le récit avance, et plus on se prend de pitié pour ce garçon qui finalement est juste "banal", pas bon ni mauvais, juste "banal", comme le dit si bien Natacha. On le plaint, on se rend compte qu'il est rentré dans un monde qu'il ne connaissait pas et qu'il allait se faire bouffer.
Je trouve que cette BD est acide à tout les étages. D'aucuns y voient une critique du monde Show-biz, personnellement j'y vois une critique des cadres moyens également, ainsi que des artistes. Après tout, le protagoniste n'est qu'une victime au début. Un choc au moment où il se remet en question, le dérapage est amorcé.
Cette BD est vraiment intéressante à plus d'un niveau. Car si l'humour prédomine, on sent aussi la volonté de faire une histoire plus humaine, et les moments de tendresse sont assez beaux (notamment cette superbe scène où le héros demande à sa fille si il est méchant. Sublime). De même, certains passages semblent cruels, très poussés dans la méchanceté, mais toujours avec un humour grince-dent par dessus. Un cocktail que j'ai trouvé détonnant.
Et surtout, quelle morale ! Sublime ! Ces pages finales, réunissant tous les protagonistes (ou presque) dans une débauche de sourires faux-cul, de paillettes et de mondanités, dans une foule anonyme et pourtant tellement présente, envahissante. Un final en beauté pour une oeuvre qui le méritait.
En somme, j'ai été conquis par cette BD. Une réflexion et une dénonciation très efficace, qui n'a pas tellement vieilli quand on considère son âge canonique de 34 ans ! Toujours autant d'actualité, ce passage à vide alors qu'un monde merveilleux semble être au bout de nos doigts. Mais le paradis n'existe pas ici-bas ! Le monde est crapuleux et mauvais, partout où nous sommes. Seulement on le masque des fois plus qu'on ne le croit.
Une œuvre qui mérite un 4/5 largement, mais je ne mettrais pas un 5/5 pour les raisons évoquées au début, qui gâchent franchement le tout.
Lisez-le, je pense qu'elle en vaut largement la peine ! En tout cas, elle a su me combler.
Sous notre atmosphère est un recueil de nouvelles du maître du manga Tezuka, un peu à l'image de sa série Le Cratère parue chez Tonkam. Chaque histoire est indépendante et ici la thématique qui ressort est la maturité de ces récits. C'est beaucoup moins enfantin que ces premiers travaux et vise à attirer un public plus adulte à l'époque où démarrait le courant du gekiga.
Tezuka évoque divers sujets avec finalement assez peu de tabous car on y trouve du sexe, de la violence, sans que ce soit démonstratif on n'est pas dans Dragon Ball, et puis quelques histoires évoquent clairement l'inceste, le viol. Bref ce sont là des thèmes qui peuvent s'avérer délicats mais l'auteur s'en sort bien, sans niaiserie ni mièvrerie.
On pourra regretter, format oblige, le côté trop court de ces histoires et certaines chutes un peu moralistes. La multiplicité des histoires fait qu'on ne les garde pas toutes en tête, c'est un livre que je relirai sûrement avec plaisir dans quelques années.
Que n’en voilà une ‘tite bonne série !
Mon petit-fils –6 ans- est mordu de cette bestiole vraiment foldingue.
Il m’a d’abord fait « lire » le tome 3 où Pinpin le lapin débarque chez sa cousine Vavache. Pour une visite tranquille ?… Que nenni : notre Vavache, qui se balade en skate-board, va l’entraîner dans des aventures parfois délirantes. Et mon petit-fils m’expliquait les gags !…
J’ai donc « fait un tour » dans sa bédéthèque (eh oui, lui aussi est mordu !…) et ai découvert les autres opus.
Ben, pour la tranche d’âge que j’estime 3 à 6 ans, c’est vraiment pas mal foutu.
C’est d’abord de la BD muette ; et faire comprendre quelque chose à quelqu’un sans texte éventuel, il faut que ce soit mûrement pensé et réfléchi. C’est le cas ici. Vavache, c’est un peu de notre société mais avec une exubérance dans le comportement et la gestuelle qui en font une gagnante.
Et il y a une sorte d’identification entre le jeune lectorat et cette belle des prés : « C’est Vavache qui a encore gagné !… », et mon petit-fils était fier d’avoir compris –à sa façon- les délires de ce turbulent animal.
Le dessin est clair, net et sans bavure. Une jolie colorisation emballe l’ensemble de tons vivifiants, toniques.
Vraiment pas mal réalisé.
Mais qu'elle est laide !
Mais qu'elle est laide !
Mais qu'elle est laide !
- Mais quoi donc, l'Ymagier !?!..
- Mais la couverture, di dju !... Rarement vu quelque chose d'aussi laid et qui, de plus, n'a rien à voir avec l'histoire ! Mais la plus simple des huîtres ne peut-elle contenir une magnifique perle ?.. C'est le cas ici.
Quelle belle série que cette dernière ! …
C’est en relisant de très vieux Spirou qu’elle m’est revenue en mémoire : alors titrée « Thierry le Chevalier », elle narrait des histoires du début du Moyen Age qui étaient imprimées, non pas en noir et blanc, mais plutôt en sépia et rouge. Ca vous donnait un de ces cachets aux pages !
Ce qui m’avait également attiré était le dessin : un trait réaliste nerveux, baroque, où la mise en couleurs donnait une sorte de relief aux personnages.
Sans compter Jean-Michel Charlier aux commandes du scénario !
Vieille série aussi : elle débute en effet dans l’hebdo Spirou n° 989 du 30 Mai 1957 pour se terminer dans le n° 1226 du 12 Octobre 1961.
Paginant, j’y ai retrouvé quatre épisodes. Distrayante, vigoureuse, rondement menée je m’étais étonné de ne pas la retrouver en album.
Et pourtant si : c’est dans les Samedi Jeunesse (n°89 de 1965) que j’ai retrouvé la première histoire… imprimée en noir et blanc. Un chouette album broché de 44 pages… et, je l'écris à nouveau, à la couverture vraiment affreuse !…
Petite info : la longue série des "Samedi Jeunesse" publiait, sur du mauvais papier et en grand format, les histoires parues dans Spirou qui n'avaient pas eu les honneurs d'être éditées en album.
C'est ainsi qu'on y retrouve les aventures de Sandy et Hoppy, Pom et Teddy, du Tillieux, du Craenhals etc... Bien des années plus tard, certaines séries seront enfin éditées en albums... mais par cette dernière.
Souvenirs… souvenirs… Très bons souvenirs !… Vraiment bien !
Quel plaisir!
Jusque là je n'étais adepte que de la franco-belge et j'ai choisi Ikigami, Monster et Quartier lointain (grâce aux avis de notre site préféré !) pour me lancer dans le manga. Autant avec les 2 autres je savais ne prendre aucun risque, autant avec Ikigami (seulement 2 avis postés à l'époque) je ne savais pas où j'allais.
Bien m'en a pris, et c'est pourquoi je poste aujourd'hui car cette série vaut le détour.
Je ne suis pas spécialiste de manga mais l'histoire est cohérente et bien menée, le dessin colle parfaitement à l'ambiance et au scénario et j'ai beaucoup aimé le format de 2 épisodes par histoire.
Pour moi le fait que la série s'arrête en 10 tomes est plutôt une bonne chose, les auteurs manga ont parfois tendance à un peu trop s'enflammer et j'ai peur que l'on ait fini par tourner en rond.
A découvrir sans hésiter.
Blast
Blast, premier tome… juste superbe.
Manu Larcenet est un artiste, un vrai. Depuis « Ex Abrupto » j’en suis convaincu et Blast ne fait que rajouter de l’eau à mon moulin.
Chaque planche est superbe. Ce petit pavé est tout en noir en blanc, excepté les fameux blast. Mais d’un noir et blanc riche de nuances.
Chaque case ressemble à une esquisse, faite d’aquarelles, de jets de peintures savamment utilisés. Pour moi c’est un vrai régal pour les yeux.
Niveau scénario, Larcenet tape fort là aussi.
On part à la limite du thriller, où on soupçonne des choses pas très belles et les infos n’arrivent qu’au compte gouttes. Mais le rythme est habile, nous laissant à cette limite de la frustration qui fait que l’on dévore l’histoire.
J’ai été tenu en haleine du début à la fin.
Ce premier tome ne semble être qu’une introduction, une mise en bouche à ce qui va suivre. J’ai hâte…
Après la lecture du troisième tome, force est de constater que Blast est la nouvelle œuvre majeure de Larcenet. Et force est de constater qu’il est fort ce Larcenet !
Graphiquement, Larcenet ne lâche rien sur la durée (objectivement, peut être un petit coup de mou sur le début du second tome où Polza a des traits un peu plus grossiers, mais celui qui a perdu sa femme, ne viendra pas la chercher là.). Tout est là pour appuyer la force de ce récit : les dessins d’enfants pour le Blast, ces représentations majestueuses des moaï qui envahissent les case de leurs présences, ces gros plans sur Polza qui nous livre sa version des faits (dont la teneur nous est encore bien obscure).
A ce stade Larcenet gère son scénario de main de maître, avec des informations livrées avec une grande justesse, qui nous donne envie d’en savoir plus, mais de se laisser bercer par le rythme de narration de Polza. Larcenet illustre parfaitement ici que l’important n’est pas le bout du chemin, mais le voyage qui nous y mène. Il alterne habilement des scènes d’une rare force (cette image cauchemardesque faite par Polza de ce père qui tient son enfant dans les bras un couteau à la main m’a vraiment frappé par sa froideur et le côté glaçant d’une telle situation.)
Il nous est livré à chaque tome une galerie de personnages marquants autour desquels va s’articuler un pan de la narration de Polza.
Là encore, vivement la suite…
J'ai beaucoup aimé l'ambiance de cette série. C'est assez surprenant car le 2ème tome n'a rien à voir avec le premier, on change de personnages auxquels on avait eu un peu de mal à s'habituer de par une narration parfois alambiquée et la découverte d'un monde qui ne l'est pas moins. On en suit d'autres mais toujours dans ce monde un peu étrange à la fois baigné d'une ambiance début du XXème siècle notamment dans le tome 3 avec cette course de voitures et à la fois on comprend à travers le scénario que la Terre a subi un quelconque cataclysme qui a ravagé une partie de la civilisation et laissé la planète dans un sale état. On ne parle plus de France mais de Francardie. On n'a plus de ciel bleu mais un peu jaune comme en plein hiver... nucléaire. Les populations ont l'air de s'être organisées comme des castes où certains crèvent dans des mines à creuser leur propre tombe quand les autres s'initient aux joies du cinématographe faisant de la guerre bien réelle un spectacle pour les élites. Le sort du fils réfractaire qui finit par s'enrôler et devient malgré lui une sorte d'icône burlesque de ce cinéma est assez cocasse.
Bref un fort potentiel dans ce cadre, et j'ai été déçu de voir qu'il n'y avait pas de suite aux 3 tomes que j'ai pu lire ce week-end. Mazan a travaillé ses planches, c'est un vrai régal de croire à la réalité palpable de cet univers dans lequel on pénètre sans en connaître l'origine ni l'avenir. Cela mériterait bien un préquel comme c'est la mode en ce moment.
Je réécris mon avis après la lecture du 10eme et dernier tome… et j’enlève une étoile. Vraiment je ne pensais pas en arriver là, mais en ce qui me concerne les auteurs ont trop tiré sur la corde.
Alors oui, « De cape et de crocs » est une série époustouflante à tous les niveaux, et l’une des toutes meilleures parues ces dernières années. L’histoire est grandiose. Oh, pas que l’intrigue elle-même soit des plus ingénieuse, ou remplie de retournements de situation incroyables. Mais elle est dépaysante, loufoque au possible, et surtout remplie d’humour (Eusèbe est à mourir de rire, et adorable au possible).
La qualité des textes reste selon moi inégalée. Souvent écrits en alexandrins, ils sont tout simplement magnifiques, souvent drôles, parfois poétiques… le point fort de cette série, au point qu’il en devient difficile de différencier les nombreuses références littéraires (poèmes, pièces de théâtre, etc…) des textes écrits par Ayroles.
Mais voilà, 10 tomes, c’est trop, et j’ai fini par me lasser… Je reste convaincu qu’à force de rallonger la sauce, les auteurs ont fini par en diluer les ingrédients les plus précieux. Las de cette quête interminable, las de ces combats à l’épée dont l’issue ne fait jamais doute, las de ces dialogues en alexandrins que je finissais par survoler sur la fin. Comment ne pas remarquer certaines répétitions (les cases montrant les pirates en état de panic hystérique par exemple). Pourtant je n’étais fondamentalement pas contre ce 2eme cycle lunaire. Je trouve même le 6eme tome remarquable sur tous les points. Mais l’histoire s’enlise dans les albums suivants.
Voilà, je n’ai bien évidement pas pu m’empêcher de verser une petite larme en refermant le 10eme tome. La fin est belle et satisfaisante, et je ressors de cette aventure la tête remplie de souvenirs. Mais je suis content que les auteurs puissent enfin passer à autre chose.
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La Grande Odalisque
Cat's Eyes version Vives, alors finalement, ça donne quoi ??? Et bien ça donne ! Moi qui partait peu enthousiaste dans cette lecture, j'avoue m'être fait prendre au jeu qu'ont su savamment composer Florent Rupper, Jérôme Mulot et Bastien Vives. C'est frais, emprunt de références sympathiques -Cat's Eyes, James Bond, et j'en passe...- brillamment mis en page et découpé, et même le travail de Vivès qui me laisse perplexe une fois sur deux a su ici s'imposer de lui même. Travailler en équipe, finalement, ça lui réussit plutôt bien :) Car ici, les adeptes des histoires Jamesbondesques ne seront pas déçus ! Notre trio de jeunettes délurées et sans scrupules sait mener la danse ! Elles fonctionnent au feeling et ne sont pas à une contradiction près. Le plaisir avant tout, quitte à ce que certains y restent sur le carreau ! Tout cela monte de façon crescendo pour un final un peu attendu mais parfait. Un bel exercice de style qui a défaut d'originalité folle, est parfaitement maîtrisé par nos trois auteurs.
La Vie est courte
Une avalanche de gags qui vont du drôle à l'hilarant. C'est une franche réussite que ces recueils de strips en une case, dont l'humou à la fois potache et noir me sied à merveille. Je suis très bon client pour ce type d'humour, ça me fait très souvent friser es poustaches, du très bon. Les albums sont laissés à lecture ouverte chez moi, pour que tout un chacun se "serve" selon le temps dispo d'une bonne rasade de rire. Les dessins sont simples ici aussi mais ils servent à merveille le propos. A conseiller.
La Course du rat
Le premier commentaire que j'ai eu à la lecture de cette BD, c'est "Ahh ! C'est moche !" Et effectivement, cette BD n'a pas beaucoup pour elle visuellement parlant : le dessin est franchement passable, à la limite du moche souvent, les couleurs sont atroces, les yeux souffrent dans la lecture. Pour autant, il faut souligner que les cases sont bien faites, autant dans la composition que dans les cadrages ou les expressions. Mais c'est moche ! Ajouté à cela une narration qui privilégie énormément les textes, faisant des bulles énormes, souvent mélangées, ce qui ralentit considérablement la lecture, alors que l'on recherche l'ordre des textes, et surtout, qu'est-ce qu'il faut lire ! Et pourtant, j'ai adoré cette BD ! Aussi incroyable que cela puisse paraitre, je l'ai trouvée extraordinaire. Déjà, il faut souligner que Lauzier est un auteur qui est passé par Philosophie, ce qui se ressent pas mal d'ailleurs. Car cette BD, c'est philosophie et réflexion à la clé ! La grande force de Lauzier, c'est d'avoir su distiller tout au long du récit un humour très fin et souvent inattendu, ce qui permet d'éviter la satire sociale lourde et pesante. Ici la finesse du propos est admirable. Car l'allègement du propos est nécessaire ! En faisant une sorte de chronique de société sur cet homme qui fait sa crise de la trentaine, Lauzier passe la société au vitriol, et c'est pas joli. Le résumé le plus simple serait : "Tous pourris". Car ici, tout le monde en prend pour son grade, chacun a ses côtés sombres, ses lâchetés et ses faiblesses, et surtout avec ses envies, ses aspirations. Le monde est rempli d'ambitieux, et pour y arriver, chacun est prêt à bouffer l'autre. Une jungle, où l'homme redevient animal. Ce qui est frappant, c'est le côté non-héroïque du protagoniste : entre le discours moralisateurs à deux sous qu'il nous sert dans les premières pages, ses considérations dans les suivantes et son ego démesuré qui transparait dans toutes les pages, il n'est pas fait pour paraitre gentil. Et que dire des relations avec sa femme (en fait, avec LES femmes !). Et pourtant, plus le récit avance, et plus on se prend de pitié pour ce garçon qui finalement est juste "banal", pas bon ni mauvais, juste "banal", comme le dit si bien Natacha. On le plaint, on se rend compte qu'il est rentré dans un monde qu'il ne connaissait pas et qu'il allait se faire bouffer. Je trouve que cette BD est acide à tout les étages. D'aucuns y voient une critique du monde Show-biz, personnellement j'y vois une critique des cadres moyens également, ainsi que des artistes. Après tout, le protagoniste n'est qu'une victime au début. Un choc au moment où il se remet en question, le dérapage est amorcé. Cette BD est vraiment intéressante à plus d'un niveau. Car si l'humour prédomine, on sent aussi la volonté de faire une histoire plus humaine, et les moments de tendresse sont assez beaux (notamment cette superbe scène où le héros demande à sa fille si il est méchant. Sublime). De même, certains passages semblent cruels, très poussés dans la méchanceté, mais toujours avec un humour grince-dent par dessus. Un cocktail que j'ai trouvé détonnant. Et surtout, quelle morale ! Sublime ! Ces pages finales, réunissant tous les protagonistes (ou presque) dans une débauche de sourires faux-cul, de paillettes et de mondanités, dans une foule anonyme et pourtant tellement présente, envahissante. Un final en beauté pour une oeuvre qui le méritait. En somme, j'ai été conquis par cette BD. Une réflexion et une dénonciation très efficace, qui n'a pas tellement vieilli quand on considère son âge canonique de 34 ans ! Toujours autant d'actualité, ce passage à vide alors qu'un monde merveilleux semble être au bout de nos doigts. Mais le paradis n'existe pas ici-bas ! Le monde est crapuleux et mauvais, partout où nous sommes. Seulement on le masque des fois plus qu'on ne le croit. Une œuvre qui mérite un 4/5 largement, mais je ne mettrais pas un 5/5 pour les raisons évoquées au début, qui gâchent franchement le tout. Lisez-le, je pense qu'elle en vaut largement la peine ! En tout cas, elle a su me combler.
Sous notre atmosphère
Sous notre atmosphère est un recueil de nouvelles du maître du manga Tezuka, un peu à l'image de sa série Le Cratère parue chez Tonkam. Chaque histoire est indépendante et ici la thématique qui ressort est la maturité de ces récits. C'est beaucoup moins enfantin que ces premiers travaux et vise à attirer un public plus adulte à l'époque où démarrait le courant du gekiga. Tezuka évoque divers sujets avec finalement assez peu de tabous car on y trouve du sexe, de la violence, sans que ce soit démonstratif on n'est pas dans Dragon Ball, et puis quelques histoires évoquent clairement l'inceste, le viol. Bref ce sont là des thèmes qui peuvent s'avérer délicats mais l'auteur s'en sort bien, sans niaiserie ni mièvrerie. On pourra regretter, format oblige, le côté trop court de ces histoires et certaines chutes un peu moralistes. La multiplicité des histoires fait qu'on ne les garde pas toutes en tête, c'est un livre que je relirai sûrement avec plaisir dans quelques années.
La Vavache
Que n’en voilà une ‘tite bonne série ! Mon petit-fils –6 ans- est mordu de cette bestiole vraiment foldingue. Il m’a d’abord fait « lire » le tome 3 où Pinpin le lapin débarque chez sa cousine Vavache. Pour une visite tranquille ?… Que nenni : notre Vavache, qui se balade en skate-board, va l’entraîner dans des aventures parfois délirantes. Et mon petit-fils m’expliquait les gags !… J’ai donc « fait un tour » dans sa bédéthèque (eh oui, lui aussi est mordu !…) et ai découvert les autres opus. Ben, pour la tranche d’âge que j’estime 3 à 6 ans, c’est vraiment pas mal foutu. C’est d’abord de la BD muette ; et faire comprendre quelque chose à quelqu’un sans texte éventuel, il faut que ce soit mûrement pensé et réfléchi. C’est le cas ici. Vavache, c’est un peu de notre société mais avec une exubérance dans le comportement et la gestuelle qui en font une gagnante. Et il y a une sorte d’identification entre le jeune lectorat et cette belle des prés : « C’est Vavache qui a encore gagné !… », et mon petit-fils était fier d’avoir compris –à sa façon- les délires de ce turbulent animal. Le dessin est clair, net et sans bavure. Une jolie colorisation emballe l’ensemble de tons vivifiants, toniques. Vraiment pas mal réalisé.
Thierry le chevalier
Mais qu'elle est laide ! Mais qu'elle est laide ! Mais qu'elle est laide ! - Mais quoi donc, l'Ymagier !?!.. - Mais la couverture, di dju !... Rarement vu quelque chose d'aussi laid et qui, de plus, n'a rien à voir avec l'histoire ! Mais la plus simple des huîtres ne peut-elle contenir une magnifique perle ?.. C'est le cas ici. Quelle belle série que cette dernière ! … C’est en relisant de très vieux Spirou qu’elle m’est revenue en mémoire : alors titrée « Thierry le Chevalier », elle narrait des histoires du début du Moyen Age qui étaient imprimées, non pas en noir et blanc, mais plutôt en sépia et rouge. Ca vous donnait un de ces cachets aux pages ! Ce qui m’avait également attiré était le dessin : un trait réaliste nerveux, baroque, où la mise en couleurs donnait une sorte de relief aux personnages. Sans compter Jean-Michel Charlier aux commandes du scénario ! Vieille série aussi : elle débute en effet dans l’hebdo Spirou n° 989 du 30 Mai 1957 pour se terminer dans le n° 1226 du 12 Octobre 1961. Paginant, j’y ai retrouvé quatre épisodes. Distrayante, vigoureuse, rondement menée je m’étais étonné de ne pas la retrouver en album. Et pourtant si : c’est dans les Samedi Jeunesse (n°89 de 1965) que j’ai retrouvé la première histoire… imprimée en noir et blanc. Un chouette album broché de 44 pages… et, je l'écris à nouveau, à la couverture vraiment affreuse !… Petite info : la longue série des "Samedi Jeunesse" publiait, sur du mauvais papier et en grand format, les histoires parues dans Spirou qui n'avaient pas eu les honneurs d'être éditées en album. C'est ainsi qu'on y retrouve les aventures de Sandy et Hoppy, Pom et Teddy, du Tillieux, du Craenhals etc... Bien des années plus tard, certaines séries seront enfin éditées en albums... mais par cette dernière. Souvenirs… souvenirs… Très bons souvenirs !… Vraiment bien !
Ikigami - Préavis de mort
Quel plaisir! Jusque là je n'étais adepte que de la franco-belge et j'ai choisi Ikigami, Monster et Quartier lointain (grâce aux avis de notre site préféré !) pour me lancer dans le manga. Autant avec les 2 autres je savais ne prendre aucun risque, autant avec Ikigami (seulement 2 avis postés à l'époque) je ne savais pas où j'allais. Bien m'en a pris, et c'est pourquoi je poste aujourd'hui car cette série vaut le détour. Je ne suis pas spécialiste de manga mais l'histoire est cohérente et bien menée, le dessin colle parfaitement à l'ambiance et au scénario et j'ai beaucoup aimé le format de 2 épisodes par histoire. Pour moi le fait que la série s'arrête en 10 tomes est plutôt une bonne chose, les auteurs manga ont parfois tendance à un peu trop s'enflammer et j'ai peur que l'on ait fini par tourner en rond. A découvrir sans hésiter.
Blast
Blast Blast, premier tome… juste superbe. Manu Larcenet est un artiste, un vrai. Depuis « Ex Abrupto » j’en suis convaincu et Blast ne fait que rajouter de l’eau à mon moulin. Chaque planche est superbe. Ce petit pavé est tout en noir en blanc, excepté les fameux blast. Mais d’un noir et blanc riche de nuances. Chaque case ressemble à une esquisse, faite d’aquarelles, de jets de peintures savamment utilisés. Pour moi c’est un vrai régal pour les yeux. Niveau scénario, Larcenet tape fort là aussi. On part à la limite du thriller, où on soupçonne des choses pas très belles et les infos n’arrivent qu’au compte gouttes. Mais le rythme est habile, nous laissant à cette limite de la frustration qui fait que l’on dévore l’histoire. J’ai été tenu en haleine du début à la fin. Ce premier tome ne semble être qu’une introduction, une mise en bouche à ce qui va suivre. J’ai hâte… Après la lecture du troisième tome, force est de constater que Blast est la nouvelle œuvre majeure de Larcenet. Et force est de constater qu’il est fort ce Larcenet ! Graphiquement, Larcenet ne lâche rien sur la durée (objectivement, peut être un petit coup de mou sur le début du second tome où Polza a des traits un peu plus grossiers, mais celui qui a perdu sa femme, ne viendra pas la chercher là.). Tout est là pour appuyer la force de ce récit : les dessins d’enfants pour le Blast, ces représentations majestueuses des moaï qui envahissent les case de leurs présences, ces gros plans sur Polza qui nous livre sa version des faits (dont la teneur nous est encore bien obscure). A ce stade Larcenet gère son scénario de main de maître, avec des informations livrées avec une grande justesse, qui nous donne envie d’en savoir plus, mais de se laisser bercer par le rythme de narration de Polza. Larcenet illustre parfaitement ici que l’important n’est pas le bout du chemin, mais le voyage qui nous y mène. Il alterne habilement des scènes d’une rare force (cette image cauchemardesque faite par Polza de ce père qui tient son enfant dans les bras un couteau à la main m’a vraiment frappé par sa froideur et le côté glaçant d’une telle situation.) Il nous est livré à chaque tome une galerie de personnages marquants autour desquels va s’articuler un pan de la narration de Polza. Là encore, vivement la suite…
L'Hiver d'un monde
J'ai beaucoup aimé l'ambiance de cette série. C'est assez surprenant car le 2ème tome n'a rien à voir avec le premier, on change de personnages auxquels on avait eu un peu de mal à s'habituer de par une narration parfois alambiquée et la découverte d'un monde qui ne l'est pas moins. On en suit d'autres mais toujours dans ce monde un peu étrange à la fois baigné d'une ambiance début du XXème siècle notamment dans le tome 3 avec cette course de voitures et à la fois on comprend à travers le scénario que la Terre a subi un quelconque cataclysme qui a ravagé une partie de la civilisation et laissé la planète dans un sale état. On ne parle plus de France mais de Francardie. On n'a plus de ciel bleu mais un peu jaune comme en plein hiver... nucléaire. Les populations ont l'air de s'être organisées comme des castes où certains crèvent dans des mines à creuser leur propre tombe quand les autres s'initient aux joies du cinématographe faisant de la guerre bien réelle un spectacle pour les élites. Le sort du fils réfractaire qui finit par s'enrôler et devient malgré lui une sorte d'icône burlesque de ce cinéma est assez cocasse. Bref un fort potentiel dans ce cadre, et j'ai été déçu de voir qu'il n'y avait pas de suite aux 3 tomes que j'ai pu lire ce week-end. Mazan a travaillé ses planches, c'est un vrai régal de croire à la réalité palpable de cet univers dans lequel on pénètre sans en connaître l'origine ni l'avenir. Cela mériterait bien un préquel comme c'est la mode en ce moment.
De Cape et de Crocs
Je réécris mon avis après la lecture du 10eme et dernier tome… et j’enlève une étoile. Vraiment je ne pensais pas en arriver là, mais en ce qui me concerne les auteurs ont trop tiré sur la corde. Alors oui, « De cape et de crocs » est une série époustouflante à tous les niveaux, et l’une des toutes meilleures parues ces dernières années. L’histoire est grandiose. Oh, pas que l’intrigue elle-même soit des plus ingénieuse, ou remplie de retournements de situation incroyables. Mais elle est dépaysante, loufoque au possible, et surtout remplie d’humour (Eusèbe est à mourir de rire, et adorable au possible). La qualité des textes reste selon moi inégalée. Souvent écrits en alexandrins, ils sont tout simplement magnifiques, souvent drôles, parfois poétiques… le point fort de cette série, au point qu’il en devient difficile de différencier les nombreuses références littéraires (poèmes, pièces de théâtre, etc…) des textes écrits par Ayroles. Mais voilà, 10 tomes, c’est trop, et j’ai fini par me lasser… Je reste convaincu qu’à force de rallonger la sauce, les auteurs ont fini par en diluer les ingrédients les plus précieux. Las de cette quête interminable, las de ces combats à l’épée dont l’issue ne fait jamais doute, las de ces dialogues en alexandrins que je finissais par survoler sur la fin. Comment ne pas remarquer certaines répétitions (les cases montrant les pirates en état de panic hystérique par exemple). Pourtant je n’étais fondamentalement pas contre ce 2eme cycle lunaire. Je trouve même le 6eme tome remarquable sur tous les points. Mais l’histoire s’enlise dans les albums suivants. Voilà, je n’ai bien évidement pas pu m’empêcher de verser une petite larme en refermant le 10eme tome. La fin est belle et satisfaisante, et je ressors de cette aventure la tête remplie de souvenirs. Mais je suis content que les auteurs puissent enfin passer à autre chose.