Voici un album décapant de l’univers Batman. Chiné dans une vente paroissiale, à 2 euros l’édition originale VF, je ne pouvais pas laisser passer l’occasion de lire ce one-shot dont j’avais vu tant d’avis positifs passer.
Force est de constater qu’il s’agit d’une bonne mouture, quelques pages donnent une sacrée gifle à l’ambiance, aux personnages et à l’idée que je pouvais me faire d’un Batman.
Le personnage du Joker exerce une fascination sur le lecteur par le hiatus extrême de son existence : faible physiquement uniquement porté par sa fantaisie généralement destructrice, cela diffère grandement du super méchant super puissant agissant pour devenir le maître du monde mouahahahah. Trouver des origines à ce personnage rend cet opus particulièrement agréable à lire. Nous retrouvons ce personnage au meilleur de sa forme toujours volontaire pour semer le malaise par un peuplement de horlas dans le quotidien de ses victimes, et que c’est bon !
Graphiquement, les contrastes explosent au visage du lecteur dans un mise en page dynamisante et excitante. Le trait trouve un équilibre entre le violent brutal et le travaillé subtil pour former avec un ancrage puissant l’écrin parfait pour un comics transmettant ce type d’émotion.
Que dire en synthèse si ce n’est que cet opus m’encouragerait presque à me lancer dans la lecture de la foultitude d’albums de cet univers Batman, avec une grosse crainte : celle d’avoir lu le meilleur en premier !
Incontestablement la qualité graphique des BD s’améliore au fil du temps et atteint assez souvent des sommets, je suis très impressionné par ces nombreux dessinateurs tant ils sont proches de la perfection.
Riff Reb’s ne dépareille pas, il nous livre ici un dessin sublime très original dans la colorisation, un graphisme avec beaucoup de dynamisme et de détails, avec mention spéciale pour l’expressivité des personnages.
J’ai été capté par cette histoire assez violente dont le cadre est un petit rafiot de pécheurs de phoques dans les eaux glaciales de l’hémisphère nord, ambiance assurée..
La pierre angulaire de ce récit est incontestablement Loup Larsen, capitaine violent et tyrannique mais étonnamment assez érudit, cela va donner des dialogues savoureux souvent avec un fond de philosophie.
Un roman de Jack London que j’ai découvert avec beaucoup de satisfaction grâce à cette BD
Tâchez de quitter cette terre en l'ayant rendue meilleure que vous l'avez trouvée, et quand votre tour viendra de mourir, vous mourrez heureux en pensant que, en chaque occasion, vous n'avez pas perdu votre temps, mais que vous avez fait de votre mieux. C'est par cette citation de Robert Stephenson Baden-Powell que commencent innocemment les aventures de Paul au parc.
C'est le septième tome de la série des Paul et nous faisons un retour sur son enfance. Nous avons là le meilleur car l'auteur qui livre un récit autobiographique semble être à son apogée quant à la maturité de l'écriture avec cette recherche constante de la simplicité. Il réussit à nous faire vivre tout ces petits rien qui rappelle l'enfance sur fond de crise du fameux Octobre noir québécois avec une grande Histoire qui rejoint la petite. Nous plongerons également dans le monde du scoutisme avec la découverte de valeurs telles que l'amitié, le partage ou encore la solidarité. Sous des couverts très légers, l'auteur aborde des thématiques politiques très sérieuses. On sera fort loin des clichés habituels.
Et puis, et surtout, il y aura cette fin plus que tragique alors qu'on ne s'y attendait pas. La phrase introductive livrera tout son sens. On sort totalement atterré par une telle lecture qui reste authentique en dépit de tout. Une œuvre qui séduit et qui nous prend par les tripes. Une explosion inattendue qui touchera en plein cœur les lecteurs. C'est l'album à lire de toute urgence !
De la belle ouvrage quand même ! C'est simple, simplissime dans sa conception, même. Aucune fioriture dans le dessin, un début qui annonce la fin de chaque strip, et hop !
Mais pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? C'est désuet, mais terriblement concret. C'est efficace. Hop ! Hop ! Hop !
Et c’est drôle (d'un humour plus ou moins noir), ce qui est le plus important, non ? La morale, qui conclut souvent les strips pourrait être édifiante. Mais elle n’est que réjouissante. Ou pas. Mais on a envie de lire la page suivante.
Francis veut, fait, rêve, échoue, mais on suit ses courtes pérégrinations, en connaissant d’avance la fin, qui justifie les moyens. Et hop ! Francis nous a fait passer de bons moments.
Quelle fraîcheur ! C’est simplement bon, et on en redemande. Et on vous en conseille la lecture!
Ce bouquin fait partie des œuvres nécessaires au devoir de mémoire. Dans notre village, le 11 novembre est célébré avec les enfants de l'école pour perpétuer et passer le témoin de la (re)connaissance de l'horreur. C'est une bonne chose (à mes yeux). Mais il ne faut pas pour autant se dédouaner des passages obscures de notre passé et c'est en cela que je remercie l'auteur de ce livre que je ne connaissais pas au demeurant. Et merci aussi à EP de sortir ce genre d'ouvrage, cette politique éditoriale est tout à leur honneur et j'apprécie de plus en plus cette maison d'édition.
Le chapitre illustré par cette BD est bien sombre, l'internement des Tsiganes dans ce camp de concentration. Mais l'auteur s'en empare en documentant merveilleusement bien son bouquin. Je ne suis pas fan du dessin, trop fouillis pour moi malgré une qualité de trait indéniable. Pour autant, ce n'est pas dérangeant du tout bien au contraire. C'est une œuvre majeure à lire, faire lire, faire découvrir, pour qu'à l'heure de certains discours nauséabonds, nous restions vigilants aux valeurs que nous laissons.
Comme Ems et Erik l'ont souligné dans leur post, au delà de l'environnement historique se pose bien évidemment la question du choix individuel devant l'indicible mais aussi celle d'une lutte muette mais ferme contre tous les abus, et ce à tout moment (ici dans l'immédiat après guerre, moment de flottement et de tension forte qui a vu des exactions abominables.
La BD sort grandie par ce type de livre. Merci
J'avais beaucoup aimé les Chroniques Birmanes, qui malgré quelques défauts (à mes yeux) révélaient une critique fine et intelligente de la junte du Myanmar. C'est avec grand appétit que je me suis plongé dans cette chronique nord coréenne.
On retrouve le trait simpliste de l'auteur mais pour autant très efficace car il ne prend pas le dessus sur le propos, il le souligne avec malice et à propos.
La grande différence avec l'opus que j'ai découvert avant, réside dans l'humour mieux manié encore (était-ce possible). Comme je l'avais souligné, cette patte québécoise dans le traitement humoristique de faits dramatiques est exceptionnelle. Le rapprochement 1984/Corée du Nord, tout est dit dans cette approche.
On retrouve avec joie également cette relation à l'autre, tantôt absurde, tantôt égoïste qui faisait le sel des Chroniques. Et cette fois, je pense que le background est plus causant pour les occidentaux et nettement plus présent. Du coup, c'est en tout cas mon ressenti, on est peut-être plus conscient du despotisme ambiant.
Décidément, Delisle est un auteur que je prends plaisir à découvrir et dont l'œuvre prendra une grande place dans ma biblio personnelle.
Moi j'adore.
Excellente série, les dessins sont superbes, les couvertures donnent envie d'avoir ces BD dans votre bibliothèque. Même si il est vrai que l'histoire est convenue, j'ai franchement aimé ce mélange d’ésotérique, d'action, de manga et de jolies filles.
A conseiller, et on attend le tome suivant avec impatience.
Message à JL Sala et PM Chan : merci pour ces beaux livres, continuez...
Superbe série que celle-ci. Je ne connaissais ni le scénariste ni le dessinateur et j’ai pris grand plaisir à découvrir leur œuvre.
Je suis assez basique et bas du front, et j’avoue avoir toujours du mal lorsque trop de genres se télescopent. J’apprécie quand un récit historique se mêle de fantastique, quand un scénar policier dévie sur de la SF ou autre, mais on a ici le droit à une jolie salade de fruits, avec cette enquête policière sur fond médiéval, qui transpire ensuite du fantastique avant de dévier sur de la SF.
Mais malgré ce mélange qu’on pressent difficilement digeste, j’ai été très agréablement surpris de suivre cette trame avec plaisir. Les rebondissements s’enchainent bien, on suit ce duo sympathique avec grand plaisir et malgré le mélange des genres, cela reste bien huilé et toujours plausible si tant est que ça puisse l’être.
A ce constat, il faut tirer un grand coup de chapeau au dessinateur. Quelle qualité graphique, à tous les niveaux. Des personnages humains aux goules en passant par les décors et autres scènes animées, il est de très haut niveau me faisant penser parfois à Swolfs.
A conseiller vivement.
Originale idée de prendre pour personnage principal une rue New Yorkaise...
Car ici, Will Eisner se sert de ce point de vue pour nous brosser le portrait des Etats Unis et de son évolution sociale depuis 1870. Les familles défilent, le quartier évolue, l'immigration est constante et les problèmes qu'elle pose récurrents, même si chaque fois les origines des personnes stigmatisées est la seule donnée qui change.
A partir de cette rue, tout ce qui fait la richesse et la déchéance d'une vie et d'une ville se met petit à petit en place. On découvre de nouveaux personnages, de nouvelles magouilles, de nouveaux bonheurs et d'autres déceptions. Brique après brique il construit son édifice de façon très intelligente. Rien n'échappe à son regard ; pauvreté, ascension sociale, politique et trafics, violence conjugale ou des gangs, racisme, amour, folie... la palette sociale et sociétale qu'il utilise balaye large mais en profondeur.
Et c'est de la plus belle des manières qu'il nous dessine tout cela. Son trait si reconnaissable est d'une grande fluidité et expressivité. J'aime également sa façon de composer en s'affranchissant des cases lui laissant un champ immense pour construire ses planches. Il sait manier le noir et blanc comme peu en sont capables pour renforcer les émotions qu'il plante dans ses décors à coup de personnages vivants et de fortes tranches de vie .
Car c'est vraiment ça qui ressors de cette BD : la vie avec tout ce qu'elle comporte de menus plaisirs mais aussi de désagréments ou de douleur.
Je me suis replongé dans cette série sympathique avec beaucoup de plaisir.
J'avais lu plusieurs albums de Torpedo à la fin des années 80 ou peut-être (excusez ma mémoire qui me joue des tours , vu mon grand âge) au début des années 90 et j'avais oublié à quel point j'avais apprécié ma lecture.
Cette série originellement en noir et blanc, puis en couleurs, est constituée de courtes histoires . Elle met en scène le mafioso Lucas Torelli (alias Torpedo) et son acolyte Rascal, aux USA dans les années 1930.
J'ai fait récemment l'acquisition de l'intégrale (qui, elle, nous présente toutes les histoires de ce gangster en noir et blanc pour mon plus grand plaisir) et je ne le regrette pas du tout car c'est vraiment un bel objet.
Le ton de cette série est résolument noir et très cynique.
Notre "gentil" héros ne fait pas dans la dentelle , il réfléchit avec son colt 45 et il n'hésite pas à s'en servir même sur les grand-mères .
Je suis d'accord avec la plupart des autres posteurs qui trouvent que les histoires finissent par se ressembler. Il est vrai qu'au bout de 600 pages on tourne légèrement en rond, mais il ne faut pas trop en demander à ce genre de bd. On espère en la lisant se détendre (si, si je vous assure) et se marrer un bon coup car de nombreuses répliques sont hilarantes.
Le dessin est tout simplement très bon et il s'améliore tout au long long de la série.
J'ai une préférence pour les dessins de Jordi Bernet (dont j'ai apprécié d'autres séries comme Kraken par exemple) même si ceux d'Alex Toht ne sont pas mauvais.
Je vous promets que la plupart de ceux qui voudront s'aventurer sur cette série ne le regretteront pas car elle fut quand même il y a longtemps fort appréciée.
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Killing Joke (Batman - The Killing Joke/Rire et Mourir/Souriez !)
Voici un album décapant de l’univers Batman. Chiné dans une vente paroissiale, à 2 euros l’édition originale VF, je ne pouvais pas laisser passer l’occasion de lire ce one-shot dont j’avais vu tant d’avis positifs passer. Force est de constater qu’il s’agit d’une bonne mouture, quelques pages donnent une sacrée gifle à l’ambiance, aux personnages et à l’idée que je pouvais me faire d’un Batman. Le personnage du Joker exerce une fascination sur le lecteur par le hiatus extrême de son existence : faible physiquement uniquement porté par sa fantaisie généralement destructrice, cela diffère grandement du super méchant super puissant agissant pour devenir le maître du monde mouahahahah. Trouver des origines à ce personnage rend cet opus particulièrement agréable à lire. Nous retrouvons ce personnage au meilleur de sa forme toujours volontaire pour semer le malaise par un peuplement de horlas dans le quotidien de ses victimes, et que c’est bon ! Graphiquement, les contrastes explosent au visage du lecteur dans un mise en page dynamisante et excitante. Le trait trouve un équilibre entre le violent brutal et le travaillé subtil pour former avec un ancrage puissant l’écrin parfait pour un comics transmettant ce type d’émotion. Que dire en synthèse si ce n’est que cet opus m’encouragerait presque à me lancer dans la lecture de la foultitude d’albums de cet univers Batman, avec une grosse crainte : celle d’avoir lu le meilleur en premier !
Le Loup des Mers
Incontestablement la qualité graphique des BD s’améliore au fil du temps et atteint assez souvent des sommets, je suis très impressionné par ces nombreux dessinateurs tant ils sont proches de la perfection. Riff Reb’s ne dépareille pas, il nous livre ici un dessin sublime très original dans la colorisation, un graphisme avec beaucoup de dynamisme et de détails, avec mention spéciale pour l’expressivité des personnages. J’ai été capté par cette histoire assez violente dont le cadre est un petit rafiot de pécheurs de phoques dans les eaux glaciales de l’hémisphère nord, ambiance assurée.. La pierre angulaire de ce récit est incontestablement Loup Larsen, capitaine violent et tyrannique mais étonnamment assez érudit, cela va donner des dialogues savoureux souvent avec un fond de philosophie. Un roman de Jack London que j’ai découvert avec beaucoup de satisfaction grâce à cette BD
Paul au parc
Tâchez de quitter cette terre en l'ayant rendue meilleure que vous l'avez trouvée, et quand votre tour viendra de mourir, vous mourrez heureux en pensant que, en chaque occasion, vous n'avez pas perdu votre temps, mais que vous avez fait de votre mieux. C'est par cette citation de Robert Stephenson Baden-Powell que commencent innocemment les aventures de Paul au parc. C'est le septième tome de la série des Paul et nous faisons un retour sur son enfance. Nous avons là le meilleur car l'auteur qui livre un récit autobiographique semble être à son apogée quant à la maturité de l'écriture avec cette recherche constante de la simplicité. Il réussit à nous faire vivre tout ces petits rien qui rappelle l'enfance sur fond de crise du fameux Octobre noir québécois avec une grande Histoire qui rejoint la petite. Nous plongerons également dans le monde du scoutisme avec la découverte de valeurs telles que l'amitié, le partage ou encore la solidarité. Sous des couverts très légers, l'auteur aborde des thématiques politiques très sérieuses. On sera fort loin des clichés habituels. Et puis, et surtout, il y aura cette fin plus que tragique alors qu'on ne s'y attendait pas. La phrase introductive livrera tout son sens. On sort totalement atterré par une telle lecture qui reste authentique en dépit de tout. Une œuvre qui séduit et qui nous prend par les tripes. Une explosion inattendue qui touchera en plein cœur les lecteurs. C'est l'album à lire de toute urgence !
Francis
De la belle ouvrage quand même ! C'est simple, simplissime dans sa conception, même. Aucune fioriture dans le dessin, un début qui annonce la fin de chaque strip, et hop ! Mais pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? C'est désuet, mais terriblement concret. C'est efficace. Hop ! Hop ! Hop ! Et c’est drôle (d'un humour plus ou moins noir), ce qui est le plus important, non ? La morale, qui conclut souvent les strips pourrait être édifiante. Mais elle n’est que réjouissante. Ou pas. Mais on a envie de lire la page suivante. Francis veut, fait, rêve, échoue, mais on suit ses courtes pérégrinations, en connaissant d’avance la fin, qui justifie les moyens. Et hop ! Francis nous a fait passer de bons moments. Quelle fraîcheur ! C’est simplement bon, et on en redemande. Et on vous en conseille la lecture!
Tsiganes
Ce bouquin fait partie des œuvres nécessaires au devoir de mémoire. Dans notre village, le 11 novembre est célébré avec les enfants de l'école pour perpétuer et passer le témoin de la (re)connaissance de l'horreur. C'est une bonne chose (à mes yeux). Mais il ne faut pas pour autant se dédouaner des passages obscures de notre passé et c'est en cela que je remercie l'auteur de ce livre que je ne connaissais pas au demeurant. Et merci aussi à EP de sortir ce genre d'ouvrage, cette politique éditoriale est tout à leur honneur et j'apprécie de plus en plus cette maison d'édition. Le chapitre illustré par cette BD est bien sombre, l'internement des Tsiganes dans ce camp de concentration. Mais l'auteur s'en empare en documentant merveilleusement bien son bouquin. Je ne suis pas fan du dessin, trop fouillis pour moi malgré une qualité de trait indéniable. Pour autant, ce n'est pas dérangeant du tout bien au contraire. C'est une œuvre majeure à lire, faire lire, faire découvrir, pour qu'à l'heure de certains discours nauséabonds, nous restions vigilants aux valeurs que nous laissons. Comme Ems et Erik l'ont souligné dans leur post, au delà de l'environnement historique se pose bien évidemment la question du choix individuel devant l'indicible mais aussi celle d'une lutte muette mais ferme contre tous les abus, et ce à tout moment (ici dans l'immédiat après guerre, moment de flottement et de tension forte qui a vu des exactions abominables. La BD sort grandie par ce type de livre. Merci
Pyongyang
J'avais beaucoup aimé les Chroniques Birmanes, qui malgré quelques défauts (à mes yeux) révélaient une critique fine et intelligente de la junte du Myanmar. C'est avec grand appétit que je me suis plongé dans cette chronique nord coréenne. On retrouve le trait simpliste de l'auteur mais pour autant très efficace car il ne prend pas le dessus sur le propos, il le souligne avec malice et à propos. La grande différence avec l'opus que j'ai découvert avant, réside dans l'humour mieux manié encore (était-ce possible). Comme je l'avais souligné, cette patte québécoise dans le traitement humoristique de faits dramatiques est exceptionnelle. Le rapprochement 1984/Corée du Nord, tout est dit dans cette approche. On retrouve avec joie également cette relation à l'autre, tantôt absurde, tantôt égoïste qui faisait le sel des Chroniques. Et cette fois, je pense que le background est plus causant pour les occidentaux et nettement plus présent. Du coup, c'est en tout cas mon ressenti, on est peut-être plus conscient du despotisme ambiant. Décidément, Delisle est un auteur que je prends plaisir à découvrir et dont l'œuvre prendra une grande place dans ma biblio personnelle.
Cross Fire
Moi j'adore. Excellente série, les dessins sont superbes, les couvertures donnent envie d'avoir ces BD dans votre bibliothèque. Même si il est vrai que l'histoire est convenue, j'ai franchement aimé ce mélange d’ésotérique, d'action, de manga et de jolies filles. A conseiller, et on attend le tome suivant avec impatience. Message à JL Sala et PM Chan : merci pour ces beaux livres, continuez...
Millénaire
Superbe série que celle-ci. Je ne connaissais ni le scénariste ni le dessinateur et j’ai pris grand plaisir à découvrir leur œuvre. Je suis assez basique et bas du front, et j’avoue avoir toujours du mal lorsque trop de genres se télescopent. J’apprécie quand un récit historique se mêle de fantastique, quand un scénar policier dévie sur de la SF ou autre, mais on a ici le droit à une jolie salade de fruits, avec cette enquête policière sur fond médiéval, qui transpire ensuite du fantastique avant de dévier sur de la SF. Mais malgré ce mélange qu’on pressent difficilement digeste, j’ai été très agréablement surpris de suivre cette trame avec plaisir. Les rebondissements s’enchainent bien, on suit ce duo sympathique avec grand plaisir et malgré le mélange des genres, cela reste bien huilé et toujours plausible si tant est que ça puisse l’être. A ce constat, il faut tirer un grand coup de chapeau au dessinateur. Quelle qualité graphique, à tous les niveaux. Des personnages humains aux goules en passant par les décors et autres scènes animées, il est de très haut niveau me faisant penser parfois à Swolfs. A conseiller vivement.
Dropsie Avenue
Originale idée de prendre pour personnage principal une rue New Yorkaise... Car ici, Will Eisner se sert de ce point de vue pour nous brosser le portrait des Etats Unis et de son évolution sociale depuis 1870. Les familles défilent, le quartier évolue, l'immigration est constante et les problèmes qu'elle pose récurrents, même si chaque fois les origines des personnes stigmatisées est la seule donnée qui change. A partir de cette rue, tout ce qui fait la richesse et la déchéance d'une vie et d'une ville se met petit à petit en place. On découvre de nouveaux personnages, de nouvelles magouilles, de nouveaux bonheurs et d'autres déceptions. Brique après brique il construit son édifice de façon très intelligente. Rien n'échappe à son regard ; pauvreté, ascension sociale, politique et trafics, violence conjugale ou des gangs, racisme, amour, folie... la palette sociale et sociétale qu'il utilise balaye large mais en profondeur. Et c'est de la plus belle des manières qu'il nous dessine tout cela. Son trait si reconnaissable est d'une grande fluidité et expressivité. J'aime également sa façon de composer en s'affranchissant des cases lui laissant un champ immense pour construire ses planches. Il sait manier le noir et blanc comme peu en sont capables pour renforcer les émotions qu'il plante dans ses décors à coup de personnages vivants et de fortes tranches de vie . Car c'est vraiment ça qui ressors de cette BD : la vie avec tout ce qu'elle comporte de menus plaisirs mais aussi de désagréments ou de douleur.
Torpedo
Je me suis replongé dans cette série sympathique avec beaucoup de plaisir. J'avais lu plusieurs albums de Torpedo à la fin des années 80 ou peut-être (excusez ma mémoire qui me joue des tours , vu mon grand âge) au début des années 90 et j'avais oublié à quel point j'avais apprécié ma lecture. Cette série originellement en noir et blanc, puis en couleurs, est constituée de courtes histoires . Elle met en scène le mafioso Lucas Torelli (alias Torpedo) et son acolyte Rascal, aux USA dans les années 1930. J'ai fait récemment l'acquisition de l'intégrale (qui, elle, nous présente toutes les histoires de ce gangster en noir et blanc pour mon plus grand plaisir) et je ne le regrette pas du tout car c'est vraiment un bel objet. Le ton de cette série est résolument noir et très cynique. Notre "gentil" héros ne fait pas dans la dentelle , il réfléchit avec son colt 45 et il n'hésite pas à s'en servir même sur les grand-mères . Je suis d'accord avec la plupart des autres posteurs qui trouvent que les histoires finissent par se ressembler. Il est vrai qu'au bout de 600 pages on tourne légèrement en rond, mais il ne faut pas trop en demander à ce genre de bd. On espère en la lisant se détendre (si, si je vous assure) et se marrer un bon coup car de nombreuses répliques sont hilarantes. Le dessin est tout simplement très bon et il s'améliore tout au long long de la série. J'ai une préférence pour les dessins de Jordi Bernet (dont j'ai apprécié d'autres séries comme Kraken par exemple) même si ceux d'Alex Toht ne sont pas mauvais. Je vous promets que la plupart de ceux qui voudront s'aventurer sur cette série ne le regretteront pas car elle fut quand même il y a longtemps fort appréciée. On peut rappeler qu'elle a reçu le prix du meilleur album étranger traduit en français au Festival d'Angoulême 1986.