Les derniers avis (32077 avis)

Par jul
Note: 4/5
Couverture de la série La Folle du Sacré-Coeur (Le Coeur couronné)
La Folle du Sacré-Coeur (Le Coeur couronné)

Ah "le cœur couronné"! Fameuse série. Tout d'abord précisons que le tome 1 et 2 sont de loin les meilleurs et que le 3 part vraiment en couille tant au niveau des dessins que du scénario. Mais les 2 premiers... Les couvertures sont sublimes. Regardez moi cette nana sur la folle du sacré cœur (hypnotisant, on est amoureux de son regard et de ses seins). Et ce démon reptilien sur le piège de l'irrationnel (terrifiant et malsain). Moebius et Jodorowsky sortent de leur genre science-fictionnesque habituel pour nous livrer une histoire complètement démente d'un vieux professeur d'université devenu impuissant à force de trop cogiter et qui est poursuivi par sa part négative et libidineuse (le démon reptilien) et par Elisabeth (la folle du Sacré-Coeur). Une folle donc, amoureuse de lui (mais le genre d'amoureuse mystique plutôt dangereuse et obsédée, qui le prend pour un messie et qui veut absolument se faire enfanter par lui) . On remarque bien la part autobiographique de ce récit en imaginant Jodorowky en professeur à la Sorbonne avec ses étudiantes parisiennes, hypnotisées par son talent oratoire et mystique. Puis après, elle arrive donc à le faire bander et il est entrainé dans une aventure complètement démente (terroristes, junkie... ). Ce respectable et grand professeur tourmenté est devenu un pauvre vieux bedonnant complètement terrorisé qui ne maitrise plus rien, qui se fera même sodomiser et qui finira en Amazonie avec des farcs et des champignons hallucinogènes (avec ces auteurs, les champis ne sont jamais loin). C'est très très cynique avec une auto-dérision assez extrême (le héros étant bien Jodorowsky lui même). Dans le 1er album le héros doute. Dans le 2ème il subit. Dans le 3ème il renait. C'est très christique donc au final assez classique pour du Jodo'. Et puis sur ce dernier album je trouve que l'histoire est quand même devenue du Jodorowsky-Moebius classique. Le dessin s'est extrêmement simplifié et les cases sont devenues plus petites. Bref, privilégiez les 2 premiers tomes des éditions originales (il y a une intégrale en noir et blanc et petit format).

14/02/2013 (modifier)
Par jul
Note: 4/5
Couverture de la série Hard Boiled
Hard Boiled

La meilleure bd de ce grand malade qu'est Geof Darrow. Du détail dans chaque cases mais à un niveau rarement égalé (à ce niveau là c'est de la maladie mentale, voire de l'autisme). Je comprend pourquoi Geof Darrow est gros. L'histoire est un peu un croisement entre ''Terminator" et ''Chute libre" (le film avec Michael Douglas) mais sous LSD. De la destruction non stop en 10 000 000 de morceaux. Le héros dégomme tout dans la ville. Il provoque des accidents géants, fait un carnage dans une boite SM gay de New York, tout ça pour éliminer un robot-femelle (tout d'abord sous l'apparence d'une petite vieille, puis à la fin ressemblant comme 2 gouttes d'eau au robot de Metropolis). Les couleurs d'imprimerie sont moches mais servent uniquement à nous permettre de distinguer quelque chose dans ce fourmillement de détails tellement excessif que ça peut donner la nausée. On sent que Darrow s'en fout de la couleur (d'ailleurs ce n'est pas lui qui les faits). On note, en analysant les planches, de grandes références à la contre-culture américaine (l'obésité, la malbouffe, les endroits glauques), aux monstres et à la culture japonaise (son futur album Big Guy en hommage à Godzilla), à l'ultra violence et au sexe déviant (présents tout au long du récit mais tellement excessifs et parodiques que ça en devient drôle). Bref, un 4 étoiles pour le traumatisme que m'a causé cette bd à l'époque mais maintenant ça serait plus un 3 car je ne la lirai plus (j'ai fait vraiment 5 fois le tour de long en large et en travers) et l'histoire n'est qu'un prétexte à Darrow pour remplir des pages et des pages de détails microscopiques (bon pour l'asile :£ ).

14/02/2013 (modifier)
Par jul
Note: 4/5
Couverture de la série Troubles fêtes
Troubles fêtes

L'album érotique de Régis Loisel, que j'ai lu assez jeune (11, 12 ans). Ma mère me l'avait offert entre 2 albums de Tendre banlieue (???) car j'étais fan de Regis Loisel. En me mettant en garde contre le coté érotique voire pornographique de la chose. Eh bien c'est clair que je n'ai pas été déçu. Manara c'est gentillet à côté. J'ai pu donc admirer la beauté des couleurs et des merveilleux dessins de paysages forestiers de toute beauuuuuté. Tout en ayant une trique d'enfer car c'est assez gratiné. Loisel te fait aimer les rondeurs féminines, du moins en dessin. C'est chaud, chaleureux, on a envie d'y rentrer. Mes 2 histoires préférées sont celles de la branche d'arbre et celle de la sodomie. Après, les histoires à Venise sont plus... dégueulasses. La couleur sépia violette est moins chaleureuse et puis la partouze... bref c'est plus hard, mais sympa quand même. Je n'ai plus vu Loisel de la même manière après cet album. Il a détruit mon innocence qui était bercée par la magie de sa Quête de l'Oiseau du Temps et de son Peter Pan.

14/02/2013 (modifier)
Couverture de la série Celle que...
Celle que...

Il est tard genre très tard et donc c'est le moment de faire un trois-contre-un, une critique 3x1 je veux dire; à quoi pensiez-vous encore ? Qu'il me manque deux doigts ? La série "Celle que ..." nous permet de suivre l'histoire de Valentine en format triptyque édité en noir/blanc ou en couleurs car j'ai cru comprendre que l'éditeur les ressort en 6 volumes moins épais mais en couleurs. Je doute que ce soit fait juste pour le plaisir des yeux (le dieu $$ sûrement derrière cela) mais d’après ce que j’ai vu, c’est pas mal du tout et cela donne une autre ambiance (j'ai également mis une photo ^^). Valentine est une fille qui est au lycée, en troisième. Fille de divorcée, elle habite seule avec sa mère dans un petit appartement (ou, dans tous les cas, le papa est loin). Pure adolescente de sa génération, elle vit son quotidien avec sa bande de copines : Emilie, Julie et Yamina la fan de manga. Ses préoccupations quotidiennes sont celles des filles de leurs âges : les garçons évidemment, les interdits tels que l’alcool, la cigarette et j’en passe ; c’est l’âge des découvertes ... Grâce à sa bande de copines, on suit comment Valentine va tisser ses différents liens sociaux, se construire, éclore telle une chrysalide avant de devenir un joli papillon, une femme. La découverte de la cire à épiler (aïe, ça fait mal), le mec un peu craignos qui vous drague en vacances, les rendez-vous à la récré pour fumer une clope à travers un grillage, les premières disputes avec ses amies et parfois la prise de distance avec certaines qui sont trop exclusives ou élitistes ou qui n’évoluent plus avec vous. De nouvelles copines aussi comme Juliette la super danseuse de hip-hop ... et puis Félix, ce garçon qui l'intimide comme pas possible quand elle le voit ... Vous l'avez compris (ou pas mais c'est pas grave sinon ça veut juste dire que t'es au fond de la classe ^^) ... c'est une chronique sur l'adolescence féminine qui est écrite et dessinée avec justesse. La psychologie des personnages est finement décrite et l'on sent que l'auteure a vécu la chose, qu'il y a un petit quelque chose d’autobiographique. L’évolution jusqu’à la maturité, celle qui nous rend plus grand(e)s et le tout exprimé avec retenue. Découpé en trois volumes d'une 100aine de pages chacun pour en faire une jolie trilogie, on découvre dans le premier volume ce qu'elle n'est pas, le deuxième ce qu'elle voudra être et finalement ce qu'elle sera. Cela plaira aux filles en fleur, aux ados, aux adultes aussi et toute personne qui aura une fibre un peu féminine ou curieuse. J'ai été étonné d'avoir aimé cette bd alors qu'au final il y a pas de baston, de méchant, de quête etc ... c'est juste beau, ça se laisse lire et c'est criant de vérité. Une belle page à mon goût qui sonne très vrai et je suis sûr que pas mal de filles vont dire "dingue, c'est exactement moi!". Graphiquement, on ne saurait nier que Vanyda (rien à voir avec Veronique et Davina) a un style très manga avec une pointe de bd franco-belge, on peut être aussi perturbé au début par l'utilisation du tramage de gris qui choque un peu mais on s'y habitue rapidement, mais cela choque tout de même quand on ne s'y attend pas ;) De beaux moments de plénitude, de calme, de vide. C'est simple, c'est beau, c'est vrai ... A lire, même si vous avez l'âme d'un poteau télégraphique ou si vous êtes fan de Steven Seagal. Evidemment, voici l'avis de ma warrior de fille qui a lu les trois volumes (avalé, j'aurai pu dire) : C'est bien mais c'est pas très bien dessiné, c'est pas comme les mangas. Mais j'ai beaucoup aimé :)

14/02/2013 (modifier)
Par jul
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Cairn - Le Miroir des eaux
Cairn - Le Miroir des eaux

Une très belle petite série (2 tomes) assez méconnue de l'immense Pierre Dubois et du très talentueux Jerome Lereculey ( futur dessinateur d'Arthur et aussi de l'excellent thriller social Nuit Noire avec Chauvel ). Cette série parue chez les éditions Zenda est formidable au plus haut point. Tout d'abord c'est un conte d'heroïc fantasy certes mais très original, et passionnant. Dû en partie à l'immense talent de conteur de Pierre Dubois. De plus ce récit du fils d'une vouivre, d'un berger et d'un caillou (oui 3 personnes, avec Dubois c'est toujours original) est parsemé de cruauté et d’éléments assez cyniques. Mais tout reste féerique. Les dessins de Lereculey sont classiques au 1er abord mais très subtils quand on s'y penche de plus près. Les couleurs sont chaudes, automnales ... Les personnages masculins sont trapus et musculeux tandis que les personnages féminins sont très ... féminins. Je prefère son travail sur Cairn et encore plus sur Nuit Noire que celui effectué sur Arthur. Bon, après, le tome 1 est supérieur au tome 2. Celui-ci se contentant d’enchaîner les morceaux de bravoure beaucoup plus mécaniquement. Donc des créatures fantastiques + de l'action + du sang de troll + des forêts enchantées où coulent de douces rivières abritant des vouivres cannibales + un peu de sexe (voire beaucoup) + des barbares s'étripant gaiement = une excellente série d'héroïc fantasy très personnelle !

14/02/2013 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Pourquoi j'ai tué Pierre
Pourquoi j'ai tué Pierre

Le sujet est grave. Je pense sincèrement que la BD peut également traiter de sujet difficile et donc moins "léger" que ce que l'on a l'habitude de lire généralement. En règle générale, la BD est faite pour divertir. Ici, on a l'impression que c'est pour expier un mauvais souvenir du passé qui a rongé son auteur subitement à l'âge adulte bien des années plus tard après les faits délictueux. Le problème dans cette BD autobiographique c'est que l'on ressent non seulement un réel malaise dans la lecture mais on perçoit véritablement la haine de l'auteur comme un effet auto-destructeur sans espoir. Bien que je comprenne les sentiments de l'auteur et son regard acerbe sur le monde après un tel drame , je m'interroge sur cette démarche sans trop vouloir polémiquer. Après tout, cela regarde son intimité. Oui, mais nous "lecteurs"? Je crois qu'au delà du sujet abordé, c'est la trahison d'un ami qui nous émeut le plus. Ce sujet étant plus vaste, on peut se sentir concerné. Une BD sans concession auquel il faut laisser le temps d'infuser ou une BD qui cherche à justifier son existence mais ne parvient qu'à prouver sa désuétude? Enfin, l'émotion peut-être recherchée n'a pas eu lieu (comme dans les oeuvres de Tanaguchi où je dois chercher à chaque fois un mouchoir). J'ai été un peu déçu car en lieu et place de l'émotion, j'ai éprouvé un certain malaise pas très salutaire. Pour autant, quelques années après, les scandales de pédophilie au sein de l'Eglise catholique vont mettre cet ouvrage au sein de l'actualité. Bref, on se rend compte que ce n'était pas si anodin. Le dessin académique à tout crin ne me plaît guère (c'est général à tous ces dessinateurs de l'Ecole "simpliste" dans la lignée de Larcenet). Les traits sont également trop gras. Cependant, ils traduisent assez correctement l'ensemble du propos d'autant que je trouve le découpage assez réussi ce qui rend la lecture agréable. "Pourquoi j'ai tué Pierre" est le récit autobiographique d'une manipulation, d'une enfance trahie et des conséquences d'un tel traumatisme racontées avec gravité et pudeur. Un ouvrage qui se veut choc! Un ouvrage que j'avais mal jugé. Sans doute me fallait 'il digérer et avoir un certain recul. Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5

04/03/2007 (MAJ le 13/02/2013) (modifier)
Par jul
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Gunnm
Gunnm

Un de mes mangas préférés (avec Akira). Je ne suis pas expert en manga et excepté les plus connus comme celui-ci je n'y connais rien. Mais cette série a bercé mon enfance, rien à jeter. C'est violent, bouleversant, avec des personnages hauts en couleur (robots et mutants plus terrifiants les uns que les autres). Une superbe fresque cyberpunk, cruelle, lyrique et passionnée et passionnante.

13/02/2013 (modifier)
Par jul
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Vie secrète des jeunes
La Vie secrète des jeunes

Excellent ! Cynique à souhait. Satouf tire sur tout ce qui bouge, les jeunes de banlieue, les bobos, les noirs, les arabes, les blancs, les bourgeois, les ados mais aussi les jeunes parents. En fait sur toutes les personnes abruties et dieu sait qu'elles sont nombreuses sur cette planète. Bon là on est concentré sur Paris principalement et en plus je connais bien les lieux visités (métro, parcs, Chatelet les halles, supermarché ...). C'est à mourir de rire quoique un peu trop cynique car, quitte à être aussi cynique, Satouf devrait rire aussi de lui même. Et puis ses cibles ne liront jamais sa bd donc c'est un peu leur tirer dans le dos. C'est lâche. D'ailleurs il met en scène une jeune femme se faisant agresser (une gifle sans raison sur un escalator) et pointe le doigt sur l'immobilisme des passants. Mais si il a vu cette scène, c'est qu'il n'a lui même pas réagi. Donc ce Satouf est plutôt antipathique. Il n'empêche que ce travail d'observation méticuleux sur la bêtise humaine en milieu urbain est jubilatoire. Les trognes et expressions sont criantes de vérité (et tout cela avec 3 traits ). Ce n'est pas à proprement parler de la grande bd, c'est plus de l'ethnologie des jeunes de classes moyenne. On évalue l'étendue des dégats qui nous attendent en 2020 ( je ne suis pas raciste !!! ) Dans un certain sens je pourrais mettre 5 tellement c'est drôle mais j'ai des valeurs. Ce n'est pas ce que j'appelle de la bd avec un grand B. C'est plus du charlie hebdo. Se moquer des autres à longueur de temps ( les riches comme les pauvres ) ça rend petit. Mais c'est quand même très drôle niark niark niark ...

13/02/2013 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Varulf
Varulf

C'est un peu par hasard que je suis tombé sur cet album à Angoulême en trainant sur les stands. Toujours curieux du travail de Gwen de Bonneval, je me demandais ce qu'allait donner son association avec Hugo Piette (Poncho et Semelle) dans un registre médiéval fantastique pour ados/adultes. Et bien ça fonctionne plus que bien pour ce permier tome de "Varulf" ! Même s'il m'a fallu un certain temps pour m'imprégner de l'ambiance et du style de Hugo Piette, je me suis laissé prendre à suivre notre jeune troupe avec plaisir et curiosité. Le mystère est savamment maitrisé, le fantastique bien dosé et la psychologie du groupe très bien travaillée : du bon boulot môôôssieur Gwen ! Quant à cette troupe hétéroclite de jeunes villageois qui décident de fuir leur village pour une raison que je vous laisserai découvrir, on s'y attache rapidement. Hugo Piette et son trait en ligne claire, minimaliste et anguleux, réussit très bien à imposer ses personnages sans qu'aucune confusion ne se fasse (ce qui est malheureusement parfois le cas avec les groupes de personnages et ce genre graphique), et nous met rapidement à l'aise avec cette troupe improvisée. Bref, une vraie bonne surprise que ce premier tome, qui devrait ravir tous les ados (et les moins jeunes comme moi...) qui apprécient le doux mélange du médiéval et du fantastique. J'attends la suite et fin prévue dans le second tome avec impatience.

13/02/2013 (modifier)
Par jul
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Hérésiarques
Les Hérésiarques

Une série que j'ai découverte par hasard et j'ai immédiatement été soufflé devant l'originalité et la qualité du dessin de Das Pastoras (que je ne connaissais pas; je me suis rattrapé par la suite avec le 1er tome de Castaka). J'achète très peu de fantasy car les scénarios m'ennuient le plus souvent. Je suis resté sur les vieux classiques (La Quête de l'Oiseau du Temps en tête). Il faut vraiment que je sois subjugué par le dessin et là c'était le cas. C'est un graphisme plutôt étrange, très impressionnant mais aussi très fin et délicat (les traits de contour sont minuscules, plus gris que noirs) et cela donne un effet étrange. Pour faire simple, imaginez du Michel Plessix qui ferait de l'heroic fantasy jodorowskyienne. De plus les gros plans de visages (très étranges et presque déformés) sont dessinés également très finement avec le même trait que le reste du décor. Cela peut donc rebuter ceux qui préfèrent un graphisme "parfait", mais je trouve que c'est justement cette étrangeté et donc cette originalité qui fait sortir cette série du tout venant de l'heroic-fantasy. Pour ce qui est de l'histoire, c'est pas mal. Pas transcendant mais efficace avec de bonnes idées souvent originales. Bon les textes et dialogues ne sont pas très profonds et aussi puissants que le dessin mais cela passe très bien. Donc pour conclure excellente découverte !

13/02/2013 (modifier)