Il y a dans ce premier tome tout ce qu'il faut pour réussir un début de série. Une introduction rapide et efficace : en quelques planches on fait connaissance avec les personnages principaux. Ni trop long, ni trop bavard.
On prend ces personnages et on les place dans une situation inattendue pour eux, légèrement déstabilisante. Cela nous donne d'emblée un soupçon de mystère. Qui sont ces gens ? Pourquoi eux ? Qu'attend t-on d'eux exactement ? C'est en substance les premières questions que l'on se pose lorsque tout ce petit monde est mis en contact via une société financière très puissante.
Une fois cette équipe constituée, place maintenant à l'action. Mais là encore ce qui attends les héros est des plus flous. Mais attention, un flou qui ne veut pas dire mal raconté. Au contraire, flou dans le sens totalement mystérieux autant pour eux que pour le lecteur. Et c'est ça qui marche à fond ici. Ces gens là ont été choisi pour une sorte de jeu, mais ils n'en connaissent ni le but, ni les règles. Ils vont comprendre peu à peu qu'ils n'ont pas été choisi au hasard et que chacun de leurs talents respectifs va les aider à un moment donné.
Il n'y a ni trop d'action, ni trop de bla bla, mais un juste équilibre entre les deux. Entre le mystère total initial et les premiers éléments de réponse, le suspens fonctionne vraiment très bien et ce premier tome se referme avec une forte envie de lire la suite !
Et me voici, y allant de mon petit commentaire pour eviter le status-quo sur les notes de cette série, dont certaines me semblent un peu sévères.
Le graphisme est assez moderne (entendre par là: orienté manga, informatisé) mais passe bien grâce d'une part à la colorisation judicieuse (elle sait se faire sobre ou criarde selon les moments) et d'autre part grâce au dynamisme du trait tirant un peu sur le manga.
On saupoudre cela par un scénario qui colle trés bien au dessin. De ce côté là, on peut dire que le graphisme dessert totalement l'histoire, et vice-versa.
Ensuite, les personnages sont attachants, et bien mis en valeurs. L'intrigue suit, et chaque tome nous donne envie d'ouvrir le suivant immédiatement.
Enfin, effectivement, le dernier tome est un cran en dessous, mais j'ai personnellement passé un excellent moment.
Parue initialement sous le titre du "Sourire de la baby-sitter" chez Soleil il y a trois ans -avec seulement 2500 exemplaires vendus-, la première partie de ce récit a entièrement été refondue et nous retrouvons, cette fois-ci, sous le label de Vent d'Ouest, le récit complet sous un format assez original et surprenant avec cette fois 148 pages d'une histoire complète.
Avec ce nouveau découpage et un nouveau rythme, les auteurs espèrent trouver un nouveau public. Pari réussi, car si j'étais passé à côté de la précédente édition à l'époque (j'achète de moins en moins de série -même courte- et je privilégie les one shot), cette histoire m'a tout de suite séduit.
Depuis quelques années, je suis de près les bd signées Jim (Petites éclipses et surtout Une nuit à Rome figurent dans mon Panthéon des bd inoubliables) et, avec cet album, Jim nous offre une histoire amusante, originale et surtout rafraichissante.
J'ai littéralement dévoré les aventures de Calista et d'Anna qui se lancent un défi de taille : celui de virer la femme de Jean, chez qui Calista fait du baby-sitting, pour s'emparer de l'appartement de 160m2, accessoirement du mari, et de la belle vie attenante...
Avec ce scénario certes classique, on pourrait s'attendre à une bd classique mais Jim sait doser les surprises, et elles ne sont pas les moindres dans ce récit. Je ne vous en dit pas plus.
Sur un dessin assez proche de l'univers du manga, vers lequel je ne suis pourtant pas porté, cette bd se lit avec grand plaisir et se dévore avec délice.
Que demander de mieux ?
Pari réussi, donc, pour les auteurs.
Il y a 7 ou 8 ans, j'aurais mis un "culte" pour qualifier cette série. Mais depuis 3 ou 4 albums, je trouve qu'elle chute en matière de qualité narrative, ce qui faisait sa force au début. Alors, oui, on a toujours plaisir à retrouver Yoko, femme forte de la fin du XXème siècle, prête à aider son prochain (ou sa prochaine ; ne serait-elle pas l'équivalente féminine d'Alix ?), disposant de connaissances et de matériel sophistiqués pour arriver à ses fins humanistes. Mais depuis quelques temps, la série s'embourbe dans une bouillie temporelle qui n'aide pas à la compréhension, même si le dessin reste somptueux.
Après réflexion, voici un ajout du 19/07/2004 :
Je trouve que la série était mieux à ses débuts et vers les albums 10-12, où elle avait atteint une certaine maturité, une imagination assez large pour pouvoir traiter de nombreux sujets. Bien qu'il y ait en fait deux "Yoko Tsuno" : les aventures extra-terrestres et les aventures terrestres (toutes époques confondues). Certaines histoires reflétaient un humanisme et un côté un peu écologiste dans lequel je me reconnaissais. Malheureusement, par la suite Leloup a recyclé les bonnes idées qu'il a pu avoir, et n'a plus axé sa série que sur l'idée du voyage dans le temps, sous-exploité à mon sens. Le tome 11, "La Spirale du temps", était une vraie surprise pour moi. Malheureusement, toute la déclinaison et les suites qu'il a pu en faire me semblent dénuées d'intérêt. Seul le dessin me semble encore au niveau. Et puis, un peu comme dans Alix (je dis bien "un peu"), il y a un climat d'homosexualité latente et refoulée de Yoko qui a fini par m'énerver un peu.
Alors, si l'on prend du point de vue narratif, c'est vrai que les albums "Les 3 soleils de Vinéa" et "La Lumière d'Ixo" me semblent les meilleurs, mais c'est parce que mon inclination naturelle vers la SF m'y emmène inexorablement.
La lecture du dernier album sorti, le 26ème, m'a fait replonger dans mes plaisirs adolescents lorsque j'ai découvert la série : une fois encore le voyage dans le temps sert de prétexte, cette fois-ci pour faire approcher Yoko et ses amis de personnages historiques. L'histoire est finalement assez simple, et Leloup a chargé l'album en matière de technologie, même si celle-ci date des années 30 : les avions pullulent, et c'est un vrai plaisir. Le dessin est toujours le même, agréable, même si je peux comprendre qu'il ne plaira pas à tous.
« Cendres » est à ma connaissance le premier album de Álvaro Ortiz traduit en français. Les éditions Rackham ont du flair, ce jeune auteur espagnol a du talent.
La lecture est fluide et prenante au possible. On se demande vraiment où l’intrigue va nous mener. Que vont trouver nos protagonistes une fois arrivés à leur destination (le X sur la carte) ? La fin est belle et satisfaisante, même si j’imagine que certains la verront venir. En cours de route, on ne s’ennuie pas : passages racontant la jeunesse des personnages, beaucoup d’humour, de l’action, des engueulades, et des pages sur l’histoire de la crémation venant s’intercaler habillement dans l’histoire. Bref, on ne voit pas les 180 pages passer.
Le graphisme est maitrisé, et se rapproche de ce que l’on trouve dans le comix indépendant américain, mais en couleur. C’est simple, c’est élégant.
Un road movie prenant et original. Un album que je recommande chaudement.
Pop Pop, Garcimore ! La magie est de retour !
Mais ici point de tour à 2 balles ou d'illusion foireuse, "Sortilèges" nous propose une version par la bande et très personnelle du conte de Blanche Neige. Le duo Munuera/Dufaux fonctionne ici parfaitement, et je suis tombé sous le charme efficace de ce puissant "Sortilèges".
Car loin de se contenter de revisiter ce conte remâché à toutes les sauces, Dufaux que je trouve dans l'ensemble assez inégal dans son prolifique travail, a su ici trouver les ingrédients justes et parfaitement dosés pour parfaire ce petit philtre d'amour qu'il a subrepticement glissé au fil des pages.
Cette version sombre et discrète de Blanche Neige joue sur un subtil équilibre entre le filigrane des références et le dessin magnifique de Munuera. La colorisation très réussie de Sedyas apporte la touche finale à cette décoction qui, vous l'aurez compris, m'a complètement envouté.
Alors, espérons que la suite et fin de cette série soit tout aussi bonne et efficace, et que le fantôme de Garcimore ne vienne pas gâcher un si bon premier tome.
Après le succès de la série de romans, les adaptations TV et cinématographiques, voici la version BD. Autant dire que celle-ci était attendue au tournant, tant le phénomène et le succès mondial de cette série du défunt romancier suédois Stieg Larsson perdure depuis 8 ans déjà.
J'ai pour ma part lu les romans et vu la trilogie ciné de Niels Arden Oplev et Daniel Alfredson. J'avais adoré les romans ; j'avais apprécié cette version ciné, avec des acteurs bien choisis qui rendaient grâce à Lisbeth et Mikael Blomkvist, les piliers de cette saga, même si je l'avais trouvée en dessous des romans.
Alors ? Le passage à la BD, ça donne quoi ?
Ba ça donne carrément ! Tout d'abord, le découpage du récit est efficace et rend complètement la trame originelle construite par Stieg Larsson. Et puis, ce que j'ai apprécié dans le travail de réécriture c'est qu'on échappe à une voix off bavarde et omniprésente pour coller à celui- du roman. Là, tout est fluide, les dialogues tiennent la route et font honneur à la construction d'orfèvre du romancier.
Et puis, ce n'aurait été une réussite complète sans un dessin qui n'aurait su capter cette ambiance scandinave et restituer les personnages si caractérisés et caractériels qui composent cette sombre tapisserie tissée de main de maître.
C'est là que je découvre le travail de José Homs. Wow ! J'adore ! Rien que pour le personnage de Lisbeth qu'il a si bien su saisir et restituer. Son coup de crayon et sa colorisation donnent au récit toute sa crédibilité. Fouillé et très réaliste pour les décors ; entre réaliste et caricatural pour les visages ; tout cela donne beaucoup d'expressivité et marque le ton et la dramaturgie du récit formidablement. Mention spéciale sur le travail des lumières et des ambiances que j'ai adoré.
Bref, j'espère que la suite de cette adaptation suivra le même chemin et sera d'aussi bonne facture pour notre plus grand plaisir.
A découvrir pour ceux qui auraient eu la flemme de se taper les 3 pavés de chez Actes Noir, ou à redécouvrir pour les amoureux de cette série de romans et de polars nordiques de façon plus générale.
Emile Bravo est décidément un auteur jeunesse que j'apprécie de plus en plus.
C'est avec Les Sept Ours Nains, série loufoque par excellence qui s'amuse à redistribuer de façon jubilatoire les cartes d'un jeu de 7 familles des contes traditionnels, que Bravo m'avait conquis. Avec "La leçon de pêche", on sort du conte revisité pour aller chercher du petit conte philosophique. Notre tranquille pêcheur flegmatique ne fera qu'un bouchée de la logique de notre entreprenant touriste "bien intentionné".
C'est simple, très efficace et parfaitement adéquat à son graphisme qui fait aussi sa marque de fabrique.
Le seul reproche qu'on pourrait lui faire serait sa brièveté, qui fait aussi sa force : c'est vite lu et expédié. Mais c'est très bien fait, alors ne vous privez pas de sa lecture si vous en avez l'occasion.
Que les choses soient bien claires. A la fin de la lecture de cet album, le lecteur sera animé de différents sentiments à l'égard du personnage de BLOTCH, mais la sympathie n'en fera certainement pas partie.
Le personnage est laid et prétentieux. Misogyne et raciste. Réactionnaire et nationaliste. Imbu de sa personne et pratiquant un humour franchouillard des plus douteux. Fort avec les faibles, faible avec les forts, condescendant et courtisant. BLOTCH est tout cela à la fois.
BLOTCH c'est la France des années 30, celle de DRUMONT et BRASILLACH qui vomit la "gangrène communiste" et le Front Populaire.
Le personnage de BLUTCH incarne à la fois tout cela. Dessinateur de presse, il gagne sa vie en réalisant des dessins de presse pour le journal...Fluide Glacial! Des dessins à l'humour plus que douteux, qui relèvent d'un humour graveleux et grivois, et qui ignorent donc la finesse.
Confrontés à l'émergence du mouvement cubiste, et à la naissance du jazz, BLOTCH rejette sans embages ces mouvements artistiques pourtant majeurs, dont aucun ne trouve grâce à ces yeux.
Trop dégénérés, pas assez Français en somme.
Critiqués par ses contemporains, BLOTCH ne doute jamais de son génie. La remise en cause: très peu pour lui! On vous l'a dit BLOTCH fait l'unanimité contre lui.
Avec un talent d'écriture réel, BLUTCH, nous décrit la vie de ce personnage des années 30 au travers de différents petites histoires parues initialement dans Fluide Glacial (le vrai), réalisées en noir et blanc. Un vrai succès que cet album qui indique bien pourquoi BLUTCH fait partie des auteurs majeurs de la BD Française de ces 15 dernières années.
Malgré un dessin plutôt daté, j'ai trouvé la lecture de cet album particulièrement prenante : une excellente BD, ça j'en suis sûr.
Par contre, je suis aussi persuadé que si Tome avait eu les moyens, il aurait tourné un film au lieu d'écrire une BD, tant son récit et sa narration empruntent aux codes du 7ème art (en plus du thème qui fut déjà vu plusieurs fois sur grand écran). De nombreuses séquences muettes ont par exemple pour but de n'être que contemplatives : comme un traveling mais en cases... Est-ce que j'ai trouvé ça dérangeant ? Je dois l'avouer, un tout petit peu au début, mais au fur et à mesure de ma lecture, je fus tellement passionné par ce récit assez intense, touchant et intéressant que très vite, ça ne m'a plus dérangé du tout.
J'aime beaucoup le style de Berthet, assez dépouillé mais avec un encrage bien présent, mais je trouve qu'il vieillit assez mal, aujourd'hui la bd semble terriblement datée, c'est assez étrange.
Néanmoins, cela reste une BD que je conseille car elle confère un excellent moment de lecture...
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Cutting Edge
Il y a dans ce premier tome tout ce qu'il faut pour réussir un début de série. Une introduction rapide et efficace : en quelques planches on fait connaissance avec les personnages principaux. Ni trop long, ni trop bavard. On prend ces personnages et on les place dans une situation inattendue pour eux, légèrement déstabilisante. Cela nous donne d'emblée un soupçon de mystère. Qui sont ces gens ? Pourquoi eux ? Qu'attend t-on d'eux exactement ? C'est en substance les premières questions que l'on se pose lorsque tout ce petit monde est mis en contact via une société financière très puissante. Une fois cette équipe constituée, place maintenant à l'action. Mais là encore ce qui attends les héros est des plus flous. Mais attention, un flou qui ne veut pas dire mal raconté. Au contraire, flou dans le sens totalement mystérieux autant pour eux que pour le lecteur. Et c'est ça qui marche à fond ici. Ces gens là ont été choisi pour une sorte de jeu, mais ils n'en connaissent ni le but, ni les règles. Ils vont comprendre peu à peu qu'ils n'ont pas été choisi au hasard et que chacun de leurs talents respectifs va les aider à un moment donné. Il n'y a ni trop d'action, ni trop de bla bla, mais un juste équilibre entre les deux. Entre le mystère total initial et les premiers éléments de réponse, le suspens fonctionne vraiment très bien et ce premier tome se referme avec une forte envie de lire la suite !
Ken Games
Et me voici, y allant de mon petit commentaire pour eviter le status-quo sur les notes de cette série, dont certaines me semblent un peu sévères. Le graphisme est assez moderne (entendre par là: orienté manga, informatisé) mais passe bien grâce d'une part à la colorisation judicieuse (elle sait se faire sobre ou criarde selon les moments) et d'autre part grâce au dynamisme du trait tirant un peu sur le manga. On saupoudre cela par un scénario qui colle trés bien au dessin. De ce côté là, on peut dire que le graphisme dessert totalement l'histoire, et vice-versa. Ensuite, les personnages sont attachants, et bien mis en valeurs. L'intrigue suit, et chaque tome nous donne envie d'ouvrir le suivant immédiatement. Enfin, effectivement, le dernier tome est un cran en dessous, mais j'ai personnellement passé un excellent moment.
Une petite tentation
Parue initialement sous le titre du "Sourire de la baby-sitter" chez Soleil il y a trois ans -avec seulement 2500 exemplaires vendus-, la première partie de ce récit a entièrement été refondue et nous retrouvons, cette fois-ci, sous le label de Vent d'Ouest, le récit complet sous un format assez original et surprenant avec cette fois 148 pages d'une histoire complète. Avec ce nouveau découpage et un nouveau rythme, les auteurs espèrent trouver un nouveau public. Pari réussi, car si j'étais passé à côté de la précédente édition à l'époque (j'achète de moins en moins de série -même courte- et je privilégie les one shot), cette histoire m'a tout de suite séduit. Depuis quelques années, je suis de près les bd signées Jim (Petites éclipses et surtout Une nuit à Rome figurent dans mon Panthéon des bd inoubliables) et, avec cet album, Jim nous offre une histoire amusante, originale et surtout rafraichissante. J'ai littéralement dévoré les aventures de Calista et d'Anna qui se lancent un défi de taille : celui de virer la femme de Jean, chez qui Calista fait du baby-sitting, pour s'emparer de l'appartement de 160m2, accessoirement du mari, et de la belle vie attenante... Avec ce scénario certes classique, on pourrait s'attendre à une bd classique mais Jim sait doser les surprises, et elles ne sont pas les moindres dans ce récit. Je ne vous en dit pas plus. Sur un dessin assez proche de l'univers du manga, vers lequel je ne suis pourtant pas porté, cette bd se lit avec grand plaisir et se dévore avec délice. Que demander de mieux ? Pari réussi, donc, pour les auteurs.
Yoko Tsuno
Il y a 7 ou 8 ans, j'aurais mis un "culte" pour qualifier cette série. Mais depuis 3 ou 4 albums, je trouve qu'elle chute en matière de qualité narrative, ce qui faisait sa force au début. Alors, oui, on a toujours plaisir à retrouver Yoko, femme forte de la fin du XXème siècle, prête à aider son prochain (ou sa prochaine ; ne serait-elle pas l'équivalente féminine d'Alix ?), disposant de connaissances et de matériel sophistiqués pour arriver à ses fins humanistes. Mais depuis quelques temps, la série s'embourbe dans une bouillie temporelle qui n'aide pas à la compréhension, même si le dessin reste somptueux. Après réflexion, voici un ajout du 19/07/2004 : Je trouve que la série était mieux à ses débuts et vers les albums 10-12, où elle avait atteint une certaine maturité, une imagination assez large pour pouvoir traiter de nombreux sujets. Bien qu'il y ait en fait deux "Yoko Tsuno" : les aventures extra-terrestres et les aventures terrestres (toutes époques confondues). Certaines histoires reflétaient un humanisme et un côté un peu écologiste dans lequel je me reconnaissais. Malheureusement, par la suite Leloup a recyclé les bonnes idées qu'il a pu avoir, et n'a plus axé sa série que sur l'idée du voyage dans le temps, sous-exploité à mon sens. Le tome 11, "La Spirale du temps", était une vraie surprise pour moi. Malheureusement, toute la déclinaison et les suites qu'il a pu en faire me semblent dénuées d'intérêt. Seul le dessin me semble encore au niveau. Et puis, un peu comme dans Alix (je dis bien "un peu"), il y a un climat d'homosexualité latente et refoulée de Yoko qui a fini par m'énerver un peu. Alors, si l'on prend du point de vue narratif, c'est vrai que les albums "Les 3 soleils de Vinéa" et "La Lumière d'Ixo" me semblent les meilleurs, mais c'est parce que mon inclination naturelle vers la SF m'y emmène inexorablement. La lecture du dernier album sorti, le 26ème, m'a fait replonger dans mes plaisirs adolescents lorsque j'ai découvert la série : une fois encore le voyage dans le temps sert de prétexte, cette fois-ci pour faire approcher Yoko et ses amis de personnages historiques. L'histoire est finalement assez simple, et Leloup a chargé l'album en matière de technologie, même si celle-ci date des années 30 : les avions pullulent, et c'est un vrai plaisir. Le dessin est toujours le même, agréable, même si je peux comprendre qu'il ne plaira pas à tous.
Cendres
« Cendres » est à ma connaissance le premier album de Álvaro Ortiz traduit en français. Les éditions Rackham ont du flair, ce jeune auteur espagnol a du talent. La lecture est fluide et prenante au possible. On se demande vraiment où l’intrigue va nous mener. Que vont trouver nos protagonistes une fois arrivés à leur destination (le X sur la carte) ? La fin est belle et satisfaisante, même si j’imagine que certains la verront venir. En cours de route, on ne s’ennuie pas : passages racontant la jeunesse des personnages, beaucoup d’humour, de l’action, des engueulades, et des pages sur l’histoire de la crémation venant s’intercaler habillement dans l’histoire. Bref, on ne voit pas les 180 pages passer. Le graphisme est maitrisé, et se rapproche de ce que l’on trouve dans le comix indépendant américain, mais en couleur. C’est simple, c’est élégant. Un road movie prenant et original. Un album que je recommande chaudement.
Sortilèges
Pop Pop, Garcimore ! La magie est de retour ! Mais ici point de tour à 2 balles ou d'illusion foireuse, "Sortilèges" nous propose une version par la bande et très personnelle du conte de Blanche Neige. Le duo Munuera/Dufaux fonctionne ici parfaitement, et je suis tombé sous le charme efficace de ce puissant "Sortilèges". Car loin de se contenter de revisiter ce conte remâché à toutes les sauces, Dufaux que je trouve dans l'ensemble assez inégal dans son prolifique travail, a su ici trouver les ingrédients justes et parfaitement dosés pour parfaire ce petit philtre d'amour qu'il a subrepticement glissé au fil des pages. Cette version sombre et discrète de Blanche Neige joue sur un subtil équilibre entre le filigrane des références et le dessin magnifique de Munuera. La colorisation très réussie de Sedyas apporte la touche finale à cette décoction qui, vous l'aurez compris, m'a complètement envouté. Alors, espérons que la suite et fin de cette série soit tout aussi bonne et efficace, et que le fantôme de Garcimore ne vienne pas gâcher un si bon premier tome.
Millenium
Après le succès de la série de romans, les adaptations TV et cinématographiques, voici la version BD. Autant dire que celle-ci était attendue au tournant, tant le phénomène et le succès mondial de cette série du défunt romancier suédois Stieg Larsson perdure depuis 8 ans déjà. J'ai pour ma part lu les romans et vu la trilogie ciné de Niels Arden Oplev et Daniel Alfredson. J'avais adoré les romans ; j'avais apprécié cette version ciné, avec des acteurs bien choisis qui rendaient grâce à Lisbeth et Mikael Blomkvist, les piliers de cette saga, même si je l'avais trouvée en dessous des romans. Alors ? Le passage à la BD, ça donne quoi ? Ba ça donne carrément ! Tout d'abord, le découpage du récit est efficace et rend complètement la trame originelle construite par Stieg Larsson. Et puis, ce que j'ai apprécié dans le travail de réécriture c'est qu'on échappe à une voix off bavarde et omniprésente pour coller à celui- du roman. Là, tout est fluide, les dialogues tiennent la route et font honneur à la construction d'orfèvre du romancier. Et puis, ce n'aurait été une réussite complète sans un dessin qui n'aurait su capter cette ambiance scandinave et restituer les personnages si caractérisés et caractériels qui composent cette sombre tapisserie tissée de main de maître. C'est là que je découvre le travail de José Homs. Wow ! J'adore ! Rien que pour le personnage de Lisbeth qu'il a si bien su saisir et restituer. Son coup de crayon et sa colorisation donnent au récit toute sa crédibilité. Fouillé et très réaliste pour les décors ; entre réaliste et caricatural pour les visages ; tout cela donne beaucoup d'expressivité et marque le ton et la dramaturgie du récit formidablement. Mention spéciale sur le travail des lumières et des ambiances que j'ai adoré. Bref, j'espère que la suite de cette adaptation suivra le même chemin et sera d'aussi bonne facture pour notre plus grand plaisir. A découvrir pour ceux qui auraient eu la flemme de se taper les 3 pavés de chez Actes Noir, ou à redécouvrir pour les amoureux de cette série de romans et de polars nordiques de façon plus générale.
La Leçon de Pêche
Emile Bravo est décidément un auteur jeunesse que j'apprécie de plus en plus. C'est avec Les Sept Ours Nains, série loufoque par excellence qui s'amuse à redistribuer de façon jubilatoire les cartes d'un jeu de 7 familles des contes traditionnels, que Bravo m'avait conquis. Avec "La leçon de pêche", on sort du conte revisité pour aller chercher du petit conte philosophique. Notre tranquille pêcheur flegmatique ne fera qu'un bouchée de la logique de notre entreprenant touriste "bien intentionné". C'est simple, très efficace et parfaitement adéquat à son graphisme qui fait aussi sa marque de fabrique. Le seul reproche qu'on pourrait lui faire serait sa brièveté, qui fait aussi sa force : c'est vite lu et expédié. Mais c'est très bien fait, alors ne vous privez pas de sa lecture si vous en avez l'occasion.
Blotch
Que les choses soient bien claires. A la fin de la lecture de cet album, le lecteur sera animé de différents sentiments à l'égard du personnage de BLOTCH, mais la sympathie n'en fera certainement pas partie. Le personnage est laid et prétentieux. Misogyne et raciste. Réactionnaire et nationaliste. Imbu de sa personne et pratiquant un humour franchouillard des plus douteux. Fort avec les faibles, faible avec les forts, condescendant et courtisant. BLOTCH est tout cela à la fois. BLOTCH c'est la France des années 30, celle de DRUMONT et BRASILLACH qui vomit la "gangrène communiste" et le Front Populaire. Le personnage de BLUTCH incarne à la fois tout cela. Dessinateur de presse, il gagne sa vie en réalisant des dessins de presse pour le journal...Fluide Glacial! Des dessins à l'humour plus que douteux, qui relèvent d'un humour graveleux et grivois, et qui ignorent donc la finesse. Confrontés à l'émergence du mouvement cubiste, et à la naissance du jazz, BLOTCH rejette sans embages ces mouvements artistiques pourtant majeurs, dont aucun ne trouve grâce à ces yeux. Trop dégénérés, pas assez Français en somme. Critiqués par ses contemporains, BLOTCH ne doute jamais de son génie. La remise en cause: très peu pour lui! On vous l'a dit BLOTCH fait l'unanimité contre lui. Avec un talent d'écriture réel, BLUTCH, nous décrit la vie de ce personnage des années 30 au travers de différents petites histoires parues initialement dans Fluide Glacial (le vrai), réalisées en noir et blanc. Un vrai succès que cet album qui indique bien pourquoi BLUTCH fait partie des auteurs majeurs de la BD Française de ces 15 dernières années.
Sur la route de Selma
Malgré un dessin plutôt daté, j'ai trouvé la lecture de cet album particulièrement prenante : une excellente BD, ça j'en suis sûr. Par contre, je suis aussi persuadé que si Tome avait eu les moyens, il aurait tourné un film au lieu d'écrire une BD, tant son récit et sa narration empruntent aux codes du 7ème art (en plus du thème qui fut déjà vu plusieurs fois sur grand écran). De nombreuses séquences muettes ont par exemple pour but de n'être que contemplatives : comme un traveling mais en cases... Est-ce que j'ai trouvé ça dérangeant ? Je dois l'avouer, un tout petit peu au début, mais au fur et à mesure de ma lecture, je fus tellement passionné par ce récit assez intense, touchant et intéressant que très vite, ça ne m'a plus dérangé du tout. J'aime beaucoup le style de Berthet, assez dépouillé mais avec un encrage bien présent, mais je trouve qu'il vieillit assez mal, aujourd'hui la bd semble terriblement datée, c'est assez étrange. Néanmoins, cela reste une BD que je conseille car elle confère un excellent moment de lecture...