C’est sans aucune référence que j’ai acquis ce comics, eh oui ! je ne me souvenais plus que le scénariste Snyder Scott était l’auteur de Batman (DC Renaissance) ainsi que de Batman - Sombre Reflet.
Il s’associe ici avec Tuft Scott qui travaille principalement dans le domaine de la télévision et du cinéma. Ce comics démarre en 1916 dans l’état de New-York et relate l’histoire d’un jeune orphelin en fugue à la recherche de son père, l’affaire se corse sachant qu’un dangereux psychopathe tueur d’enfants rôde.
Un récit d’horreur bien fait, plus axé sur la psychologie des personnages que sur les scènes violentes, un suspense entretenu mais perfectible, des scènes un peu « téléphonées » et une fin trop rapide à mon goût, c’est bien dommage car les auteurs étaient proches de l’excellence.
Il faut aussi noter une excellente retranscription de l’ambiance de l’époque.
Le dessin de Attila Futaki alterne le bon et l’excellent.
Une BD lue d’une fois (182 pages), pour ma part c’est un indicateur de qualité, dommage que les auteurs n’ont pas toujours réussi à repousser le lecteur dans ses derniers retranchements.
3.5
J'ai toujours voulu en savoir plus sur les Khazars, un peuple mystérieux qui était déjà évoqué dans la bd Le Ciel au-dessus de Bruxelles et qui aurait totalement disparu. Ma curiosité historique a été enfin assouvie grâce à cette nouvelle série qui joue sur un parallèle entre le Xème siècle et de nos jours avec un certain brio.
En effet, Pierre Makyo maîtrise parfaitement le scénario. Par ailleurs, le dessin de Federico Nardo est réaliste et précis dans un style que j'aime. La colorisation est également réussie. Une mise en page efficace place ce premier tome sur les rails d'une belle réussite entre le thriller et le roman historique. Il faudra suivre le récit en espérant ne pas être déçu. En tout cas, c'est palpitant et riche en découverte.
Boris Mirroir, alias la Tête X de chez Ottoprod ou encore Bengrrr (coloriste pour James) replonge dans plusieurs épisodes douloureux de sa jeunesse avec ce triptyque.
En partie romancé, animé par des personnages à têtes d'animaux, c'est une lecture symbolique et fantasmée de l'époque où le jeune homme perdit sa mère, victime d'une longue maladie, comme on dit. Boris sort de l'adolescence, boit des bières, joue aux jeux video, va vivre le stade terminal de la maladie de sa mère, essayer d'obtenir son diplôme des Beaux-Arts... Il va faire des rencontres, déterminantes ou pas... Bref, un parcours initiatique, avec ses moments heureux et ses moments tragiques.
Le récit est en partie muet, Boris traverse cet épisode dans un état second semble-t-il, et il y aurait sans doute beaucoup à dire sur l'aspect psychanalytique des images. La construction est elle aussi particulière, c'est un gaufrier en 3x2 cases, dont l'auteur sort parfois, et notablement à la fin du premier tome. Le style est assez simplifié, épuré, ce qui n'empêche pas Boris de mettre des détails un peu partout. Ses ambiances sont différenciées, apportant un support supplémentaire aux émotions.
Le récit est construit autour de trois personnages, dont deux se rencontrent dès ce premier tome, alors que le troisième apparaît de façon intermittente, avant de croiser la route des deux autres, séparément, dans le troisième. Dans le second tome il y a nettement plus d'émotion. En même temps que Boris essaie de construire sa vie de jeune homme, sa vie familiale bascule et son quotidien est immédiatement bouleversé. J'ai trouvé ce second tome plus prenant que le premier, et même si je l'ai lu plus vite, car imprégné de la technique de Boris Mirroir, je n'en ai pas moins apprécié sa lecture, qui me permet de réhausser ma note d'un cran. Le troisième est du même tonneau, là encore ça bascule, entre épisodes heureux et dramatiques. J'imagine que Boris a dû avoir beaucoup de mal à réaliser ces pages, même si cela a peut-être revêtu une forme de catharsis, près de 20 ans après les évènements. Et ce troisième tome se termine... d'une façon brute, si j'ose dire. De quoi finir sa lecture plutôt secoué...
On comprend dans le second tome (et encore plus dans le troisième) qui est ce seul ami commun dont parle le titre, ce personnage qui intervient de façon ponctuelle, rappelant à Boris l'ironie de la vie, les coïncidences malheureuses et sa propre mortalité.
C'est émouvant, l'auteur réussit à faire passer beaucoup d'émotion dans un récit presque muet. L'ensemble n'est franchement pas rigolo, ne lisez pas ça un jour de pluie. Mais la posture adoptée, une histoire en partie allusive et elliptique, permet à l'auteur, du moins on l'espère, d'évacuer ces traumatismes, et d'enfin entrer dans son âge d'homme.
Un petit mot sur les couvertures, qui ont leur importance. On y voit Boris dans la même attitude, dans l'attente -probablement entre anxiété et trouille mortelle-, tenant dans sa main une boisson, dont l'évolution n'est pas innocente : bière, whisky, café. Sur la troisième couverture, Boris n'a plus sa sempiternelle clope au bec. Les titres ne sont pas anodins non plus, ils indiquent, avec l'image symbolique d'un animal, le signe sous lequel est placée la période considérée. Gros travail sur le symbolisme donc.
Un triptyque que je n'oublierai pas de sitôt.
Une sacrée découverte que voilà...
Je m'attendais à une énième série historico-ésotérique comme il en sort à la pelle chez un certain éditeur toulonnais. Pourtant la -relative- sobriété des couvertures est un indice. En effet très vite on se rend compte que ce récit a été placé sous le sceau de la véracité.
Un jeune troubadour (probablement le seul élément romanesque) se retrouve au coeur du destin des Cathares, ces hérétiques que l'Eglise romaine cherche à éradiquer en ces premières années du XIIIème siècle. L'histoire des Cathares a fasciné nombre d'auteurs, et leur fin, dont la corollaire est la recherche d'un trésor, encore plus. Mais rares sont ceux qui ont réussi à en faire un récit sans fioritures. C'est le tour de force qu'a réussi Arnaud Delalande, historien spécialiste de cette période, qui passe avec succès du roman au scénario de bande dessinée.
Ici pas de place pour le romantisme, pour le grand spectacle pour le grand spectacle. La croisade contre les Albigeois est sale, sans pitié, et emporte tous ceux qu'elle trouve sur son passage, qu'ils soient Cathares ou Catholiques, adultes guerriers ou enfants. Que leur rôle soit mineur dans l'histoire/Histoire ou qu'ils soient comtes. Mise à part la "chance" dont profite Escartille, tout me semble crédible. J'ai trouvé ça passionnant, même si le second tome est un peu lent. Dans le troisième, où l'on fait un bond dans le temps, le récit se recentre sur l'intrigue principal, autour d'Escartille de Puivert, et de ce fameux trésor, dont la nature pourrait bien faire vaciller les certitudes...
Eric Lambert est peut-être le dessinateur idéal pour cette histoire. Sa sensibilité graphique pour le Haut Moyen-Âge est évidente, et le soin qu'il apporte dans les costumes et les décors (Béziers et Carcassonne sont magnifiques) est admirable. Je serai un peu plus réservé quant à l'anatomie des personnages, pas toujours parfaite, et le visage d'Escartille, qui manque d'expression, mais l'ensemble est vraiment beau, tout simplement.
Il serait dommage que cette série continue à passer inaperçue, car elle est vraiment très plaisante à lire et fort intéressante. A priori elle se terminera en 4 tomes, ce qui est une bonne nouvelle pour une série historico-mystique.
Après Guerre et match, l'auteur revient sur son adolescence et son passage dans la ville de Mostar qui allait être rattrapée par la guerre frappant l'ex-Yougoslavie en plein coeur de l'Europe.
J'ai beaucoup aimé son récit qui retrace la vie d'un adolescent croate en Bosnie-Herzégovine où il va connaître une réelle amitié avec un gars d'origine serbe. La religion va pourtant finir par les séparer. Il y aura également l'amour à travers le personnage de Amra, la belle bosniaque.
Il y a beaucoup de sensibilité dans ce récit mais également ce qui nous permet de comprendre les origines du conflit. Il est également question de basket, un sport fédérateur. On se rend compte qu'il ne faudra pas grand chose que des discours nationalistes haineux pour séparer les gens et les entraîner dans une folie meurtrière.
J'ai beaucoup aimé l'architecture de cette belle ville de Mostar avec son célèbre pont. Il est dommage que la fin soit un peu triste mais elle est réaliste. C'est un album qui m'a vraiment plu. Second titre d'un artiste qui a beaucoup de talent.
On embarque pour un grand voyage sur l'Océan Pacifique avec un fils de bonne famille qui se trouve enrôler par un sérieux coup du sort. J'ai bien aimé le déroulement de cette histoire adaptée du roman de Jack London (comme pour son fameux Croc-Blanc) et qui rappelle que la mer est dangereuse. Cependant, les hommes peuvent l'être encore davantage.
Il est vrai que la figure mythique de ce capitaine est fascinante de par sa stature et de sa vision des choses. Il fait peur en nous indiquant des vérités parfois cruelles (pourquoi tu as peur de mourir, si tu crois que l'on est immortel?). La culture peut côtoyer la pire des sauvageries. La mer jouera également un grand rôle étant plus qu'un simple élément de décors.
La confrontation entre deux hommes que tout semble séparer va être magistrale. Le graphisme est à couper le souffle. Bref, la lecture de cet album a été un réel plaisir.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas autant rigolé en lisant un album. Certes, l'humour n'est pas toujours très recherché car le public visé est principalement les adolescents, mais dans ce genre je trouve que c'est réussit. Les gags sont parfois lourds, mais je trouve que les chutes sont bien amenées et les personnages sont rigolos quoique certains manquent peut-être de personnalités.
Le dessin est type de l'humour Franco-Belge et j'aime bien. Les couleurs sont bien choisis et s'est dynamique. Cela me donne envie de connaitre plus ce dessinateur.
Habituellement, je ne suis pas trop fan du Larcenet plus sérieux, mais ici, pour une fois, j'aime bien. L'auteur réussit à merveille à retranscrire les émotions du personnage et je ressentais vraiment de la peine pour ce personnage et en plus je ne sais pas si ce qui arrive dans cet album est de la fiction ou si cela est arrivé à l'auteur parce ce que ça semble autobiographique. Le dessin est bon et il se dégage une ambiance un peu malsaine qui va très bien avec le scénario.
Le seul truc s'est que cela se laisse lire un peu trop vite et je sais pas si cela vaut la peine d'acheter un album qui se finit en une dizaine de minutes voire moins que cela.
Je suis plutôt client des séries de Corbeyran, mais je découvre avec cette série le travail d'Olivier Mihiet, auteur très apprécié dans notre contrée BDThequienne. Et je ne suis pas déçu du tout. Son dessin est excellent. Le trait est super agréable, pareil pour les couleurs. Les cases sont riches de détails, on en prend plein les yeux. Le tout colle à merveille à l'ambiance mille et une nuits de l'histoire.
L'intrigue elle aussi n'est pas en reste. On plonge dans les (mes)aventures de notre livreur de tapis dès les premières pages. Rapidement on choppe un petit sourire au coin des lèvres qui ne nous quitte plus jusqu'à la fin. Ce n'est pas une histoire à vocation humoristique, mais il y a dans tout l'album une bonne humeur communicative. Le ton est léger, il y a quelques jeux de mots sympa. La trame principale est originale et comme c'est très bien raconté on ne s'ennuie pas une seconde.
Je lirai la suite avec attention, même si j'ai compris qu'il allait falloir être patient. :)
Une série qui sent bon.
On apprend des choses d'abord : qu'en Italie, au XVIème siècle, les petits princes décidèrent soudain d'arrêter les bains de sang, confiant le règlement de leurs conflits à des mercenaires duellistes. Cette pratique, discutable à différents niveaux, se propagea visiblement jusqu'aux querelles entre concurrents commerciaux, comme l'illustre la scène de duel qui ouvre l'album. Que certains cardinaux attendaient la fin du pape en place pour avancer leurs pions et favoriser, par tous les moyens y compris les pires, leurs intérêts. Que le jeu des alliances a toujours été très mouvant... Ceci dit ce n'est pas tout à fait un scoop.
Mais au-delà de l'aspect pédagogique, le scénariste propose de suivre la trace de deux personnes, liées par le sang, mais opposées à cause d'un drame intime et ancien. Lequel est le bon, lequel le méchant ? Qui a tort, qui a raison ? Difficile de prendre parti, même si en nous faisant suivre Horacio, Le Gris nous livre plus d'éléments le concernant. Cela permet à son fils de surgir presque sans prévenir pour jouer un rôle déterminant dans le destin d'Horacio. Le tout est finement amené, sans temps morts malgré quelques jolies scènes contemplatives, et l'on ne lâche pas la lecture, du moins dans les deux premiers tomes. Le deuxième prend une dimension à la fois intime et épique, puisqu'un évènement tout "con" prend des proportions inattendues, et va renverser la posture des académies de duellistes par rapport à la République et à ses ennemis. cet échiquier semble très complexe, mais beaucoup de choses s'éclaircissent dans le deuxième tome.
Nicolas Siner est une chouette découverte. Son style réaliste, un peu dans le sillage de celui d'Alex Alice ou de Mathieu Lauffray, est superbe. Sa technique me semble presque sans faille et mature, et même si un petit effort doit être fait sur les cadrages et certains visages, c'est difficile de lui trouver un véritable défaut.
A suivre de près. J'espère qu'on n'attendra pas deux ans avant d'avoir le tome 3, cependant...
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Severed
C’est sans aucune référence que j’ai acquis ce comics, eh oui ! je ne me souvenais plus que le scénariste Snyder Scott était l’auteur de Batman (DC Renaissance) ainsi que de Batman - Sombre Reflet. Il s’associe ici avec Tuft Scott qui travaille principalement dans le domaine de la télévision et du cinéma. Ce comics démarre en 1916 dans l’état de New-York et relate l’histoire d’un jeune orphelin en fugue à la recherche de son père, l’affaire se corse sachant qu’un dangereux psychopathe tueur d’enfants rôde. Un récit d’horreur bien fait, plus axé sur la psychologie des personnages que sur les scènes violentes, un suspense entretenu mais perfectible, des scènes un peu « téléphonées » et une fin trop rapide à mon goût, c’est bien dommage car les auteurs étaient proches de l’excellence. Il faut aussi noter une excellente retranscription de l’ambiance de l’époque. Le dessin de Attila Futaki alterne le bon et l’excellent. Une BD lue d’une fois (182 pages), pour ma part c’est un indicateur de qualité, dommage que les auteurs n’ont pas toujours réussi à repousser le lecteur dans ses derniers retranchements. 3.5
Le Vent des Khazars
J'ai toujours voulu en savoir plus sur les Khazars, un peuple mystérieux qui était déjà évoqué dans la bd Le Ciel au-dessus de Bruxelles et qui aurait totalement disparu. Ma curiosité historique a été enfin assouvie grâce à cette nouvelle série qui joue sur un parallèle entre le Xème siècle et de nos jours avec un certain brio. En effet, Pierre Makyo maîtrise parfaitement le scénario. Par ailleurs, le dessin de Federico Nardo est réaliste et précis dans un style que j'aime. La colorisation est également réussie. Une mise en page efficace place ce premier tome sur les rails d'une belle réussite entre le thriller et le roman historique. Il faudra suivre le récit en espérant ne pas être déçu. En tout cas, c'est palpitant et riche en découverte.
Notre seul ami commun
Boris Mirroir, alias la Tête X de chez Ottoprod ou encore Bengrrr (coloriste pour James) replonge dans plusieurs épisodes douloureux de sa jeunesse avec ce triptyque. En partie romancé, animé par des personnages à têtes d'animaux, c'est une lecture symbolique et fantasmée de l'époque où le jeune homme perdit sa mère, victime d'une longue maladie, comme on dit. Boris sort de l'adolescence, boit des bières, joue aux jeux video, va vivre le stade terminal de la maladie de sa mère, essayer d'obtenir son diplôme des Beaux-Arts... Il va faire des rencontres, déterminantes ou pas... Bref, un parcours initiatique, avec ses moments heureux et ses moments tragiques. Le récit est en partie muet, Boris traverse cet épisode dans un état second semble-t-il, et il y aurait sans doute beaucoup à dire sur l'aspect psychanalytique des images. La construction est elle aussi particulière, c'est un gaufrier en 3x2 cases, dont l'auteur sort parfois, et notablement à la fin du premier tome. Le style est assez simplifié, épuré, ce qui n'empêche pas Boris de mettre des détails un peu partout. Ses ambiances sont différenciées, apportant un support supplémentaire aux émotions. Le récit est construit autour de trois personnages, dont deux se rencontrent dès ce premier tome, alors que le troisième apparaît de façon intermittente, avant de croiser la route des deux autres, séparément, dans le troisième. Dans le second tome il y a nettement plus d'émotion. En même temps que Boris essaie de construire sa vie de jeune homme, sa vie familiale bascule et son quotidien est immédiatement bouleversé. J'ai trouvé ce second tome plus prenant que le premier, et même si je l'ai lu plus vite, car imprégné de la technique de Boris Mirroir, je n'en ai pas moins apprécié sa lecture, qui me permet de réhausser ma note d'un cran. Le troisième est du même tonneau, là encore ça bascule, entre épisodes heureux et dramatiques. J'imagine que Boris a dû avoir beaucoup de mal à réaliser ces pages, même si cela a peut-être revêtu une forme de catharsis, près de 20 ans après les évènements. Et ce troisième tome se termine... d'une façon brute, si j'ose dire. De quoi finir sa lecture plutôt secoué... On comprend dans le second tome (et encore plus dans le troisième) qui est ce seul ami commun dont parle le titre, ce personnage qui intervient de façon ponctuelle, rappelant à Boris l'ironie de la vie, les coïncidences malheureuses et sa propre mortalité. C'est émouvant, l'auteur réussit à faire passer beaucoup d'émotion dans un récit presque muet. L'ensemble n'est franchement pas rigolo, ne lisez pas ça un jour de pluie. Mais la posture adoptée, une histoire en partie allusive et elliptique, permet à l'auteur, du moins on l'espère, d'évacuer ces traumatismes, et d'enfin entrer dans son âge d'homme. Un petit mot sur les couvertures, qui ont leur importance. On y voit Boris dans la même attitude, dans l'attente -probablement entre anxiété et trouille mortelle-, tenant dans sa main une boisson, dont l'évolution n'est pas innocente : bière, whisky, café. Sur la troisième couverture, Boris n'a plus sa sempiternelle clope au bec. Les titres ne sont pas anodins non plus, ils indiquent, avec l'image symbolique d'un animal, le signe sous lequel est placée la période considérée. Gros travail sur le symbolisme donc. Un triptyque que je n'oublierai pas de sitôt.
Le Dernier Cathare
Une sacrée découverte que voilà... Je m'attendais à une énième série historico-ésotérique comme il en sort à la pelle chez un certain éditeur toulonnais. Pourtant la -relative- sobriété des couvertures est un indice. En effet très vite on se rend compte que ce récit a été placé sous le sceau de la véracité. Un jeune troubadour (probablement le seul élément romanesque) se retrouve au coeur du destin des Cathares, ces hérétiques que l'Eglise romaine cherche à éradiquer en ces premières années du XIIIème siècle. L'histoire des Cathares a fasciné nombre d'auteurs, et leur fin, dont la corollaire est la recherche d'un trésor, encore plus. Mais rares sont ceux qui ont réussi à en faire un récit sans fioritures. C'est le tour de force qu'a réussi Arnaud Delalande, historien spécialiste de cette période, qui passe avec succès du roman au scénario de bande dessinée. Ici pas de place pour le romantisme, pour le grand spectacle pour le grand spectacle. La croisade contre les Albigeois est sale, sans pitié, et emporte tous ceux qu'elle trouve sur son passage, qu'ils soient Cathares ou Catholiques, adultes guerriers ou enfants. Que leur rôle soit mineur dans l'histoire/Histoire ou qu'ils soient comtes. Mise à part la "chance" dont profite Escartille, tout me semble crédible. J'ai trouvé ça passionnant, même si le second tome est un peu lent. Dans le troisième, où l'on fait un bond dans le temps, le récit se recentre sur l'intrigue principal, autour d'Escartille de Puivert, et de ce fameux trésor, dont la nature pourrait bien faire vaciller les certitudes... Eric Lambert est peut-être le dessinateur idéal pour cette histoire. Sa sensibilité graphique pour le Haut Moyen-Âge est évidente, et le soin qu'il apporte dans les costumes et les décors (Béziers et Carcassonne sont magnifiques) est admirable. Je serai un peu plus réservé quant à l'anatomie des personnages, pas toujours parfaite, et le visage d'Escartille, qui manque d'expression, mais l'ensemble est vraiment beau, tout simplement. Il serait dommage que cette série continue à passer inaperçue, car elle est vraiment très plaisante à lire et fort intéressante. A priori elle se terminera en 4 tomes, ce qui est une bonne nouvelle pour une série historico-mystique.
Meilleurs voeux de Mostar
Après Guerre et match, l'auteur revient sur son adolescence et son passage dans la ville de Mostar qui allait être rattrapée par la guerre frappant l'ex-Yougoslavie en plein coeur de l'Europe. J'ai beaucoup aimé son récit qui retrace la vie d'un adolescent croate en Bosnie-Herzégovine où il va connaître une réelle amitié avec un gars d'origine serbe. La religion va pourtant finir par les séparer. Il y aura également l'amour à travers le personnage de Amra, la belle bosniaque. Il y a beaucoup de sensibilité dans ce récit mais également ce qui nous permet de comprendre les origines du conflit. Il est également question de basket, un sport fédérateur. On se rend compte qu'il ne faudra pas grand chose que des discours nationalistes haineux pour séparer les gens et les entraîner dans une folie meurtrière. J'ai beaucoup aimé l'architecture de cette belle ville de Mostar avec son célèbre pont. Il est dommage que la fin soit un peu triste mais elle est réaliste. C'est un album qui m'a vraiment plu. Second titre d'un artiste qui a beaucoup de talent.
Le Loup des Mers
On embarque pour un grand voyage sur l'Océan Pacifique avec un fils de bonne famille qui se trouve enrôler par un sérieux coup du sort. J'ai bien aimé le déroulement de cette histoire adaptée du roman de Jack London (comme pour son fameux Croc-Blanc) et qui rappelle que la mer est dangereuse. Cependant, les hommes peuvent l'être encore davantage. Il est vrai que la figure mythique de ce capitaine est fascinante de par sa stature et de sa vision des choses. Il fait peur en nous indiquant des vérités parfois cruelles (pourquoi tu as peur de mourir, si tu crois que l'on est immortel?). La culture peut côtoyer la pire des sauvageries. La mer jouera également un grand rôle étant plus qu'un simple élément de décors. La confrontation entre deux hommes que tout semble séparer va être magistrale. Le graphisme est à couper le souffle. Bref, la lecture de cet album a été un réel plaisir.
Flibustor
Cela faisait longtemps que je n'avais pas autant rigolé en lisant un album. Certes, l'humour n'est pas toujours très recherché car le public visé est principalement les adolescents, mais dans ce genre je trouve que c'est réussit. Les gags sont parfois lourds, mais je trouve que les chutes sont bien amenées et les personnages sont rigolos quoique certains manquent peut-être de personnalités. Le dessin est type de l'humour Franco-Belge et j'aime bien. Les couleurs sont bien choisis et s'est dynamique. Cela me donne envie de connaitre plus ce dessinateur.
Dallas Cowboy
Habituellement, je ne suis pas trop fan du Larcenet plus sérieux, mais ici, pour une fois, j'aime bien. L'auteur réussit à merveille à retranscrire les émotions du personnage et je ressentais vraiment de la peine pour ce personnage et en plus je ne sais pas si ce qui arrive dans cet album est de la fiction ou si cela est arrivé à l'auteur parce ce que ça semble autobiographique. Le dessin est bon et il se dégage une ambiance un peu malsaine qui va très bien avec le scénario. Le seul truc s'est que cela se laisse lire un peu trop vite et je sais pas si cela vaut la peine d'acheter un album qui se finit en une dizaine de minutes voire moins que cela.
Aniss
Je suis plutôt client des séries de Corbeyran, mais je découvre avec cette série le travail d'Olivier Mihiet, auteur très apprécié dans notre contrée BDThequienne. Et je ne suis pas déçu du tout. Son dessin est excellent. Le trait est super agréable, pareil pour les couleurs. Les cases sont riches de détails, on en prend plein les yeux. Le tout colle à merveille à l'ambiance mille et une nuits de l'histoire. L'intrigue elle aussi n'est pas en reste. On plonge dans les (mes)aventures de notre livreur de tapis dès les premières pages. Rapidement on choppe un petit sourire au coin des lèvres qui ne nous quitte plus jusqu'à la fin. Ce n'est pas une histoire à vocation humoristique, mais il y a dans tout l'album une bonne humeur communicative. Le ton est léger, il y a quelques jeux de mots sympa. La trame principale est originale et comme c'est très bien raconté on ne s'ennuie pas une seconde. Je lirai la suite avec attention, même si j'ai compris qu'il allait falloir être patient. :)
Horacio d'Alba
Une série qui sent bon. On apprend des choses d'abord : qu'en Italie, au XVIème siècle, les petits princes décidèrent soudain d'arrêter les bains de sang, confiant le règlement de leurs conflits à des mercenaires duellistes. Cette pratique, discutable à différents niveaux, se propagea visiblement jusqu'aux querelles entre concurrents commerciaux, comme l'illustre la scène de duel qui ouvre l'album. Que certains cardinaux attendaient la fin du pape en place pour avancer leurs pions et favoriser, par tous les moyens y compris les pires, leurs intérêts. Que le jeu des alliances a toujours été très mouvant... Ceci dit ce n'est pas tout à fait un scoop. Mais au-delà de l'aspect pédagogique, le scénariste propose de suivre la trace de deux personnes, liées par le sang, mais opposées à cause d'un drame intime et ancien. Lequel est le bon, lequel le méchant ? Qui a tort, qui a raison ? Difficile de prendre parti, même si en nous faisant suivre Horacio, Le Gris nous livre plus d'éléments le concernant. Cela permet à son fils de surgir presque sans prévenir pour jouer un rôle déterminant dans le destin d'Horacio. Le tout est finement amené, sans temps morts malgré quelques jolies scènes contemplatives, et l'on ne lâche pas la lecture, du moins dans les deux premiers tomes. Le deuxième prend une dimension à la fois intime et épique, puisqu'un évènement tout "con" prend des proportions inattendues, et va renverser la posture des académies de duellistes par rapport à la République et à ses ennemis. cet échiquier semble très complexe, mais beaucoup de choses s'éclaircissent dans le deuxième tome. Nicolas Siner est une chouette découverte. Son style réaliste, un peu dans le sillage de celui d'Alex Alice ou de Mathieu Lauffray, est superbe. Sa technique me semble presque sans faille et mature, et même si un petit effort doit être fait sur les cadrages et certains visages, c'est difficile de lui trouver un véritable défaut. A suivre de près. J'espère qu'on n'attendra pas deux ans avant d'avoir le tome 3, cependant...