Avec les nombreux avis élogieux postés sur la BDthèque je ne vais pas être très original en disant que La Vengeance du Comte Skarbek est un très beau diptyque , surtout en ce qui concerne le dessin.
Comment ne pas être envouté par la beauté des somptueux dessins de Grzegorz Rosinski?
Ceux-ci sont tout simplement parfaits. Les couleurs sont tellement belles que c'est un régal pour les yeux.
En ce qui concerne le scénario j'ai également été emballé par cette histoire aux multiples rebondissements . Il est vrai que j'ai toujours adoré les histoires de vengeance, mais celle-ci m'a encore plus interpellé que les autres que j'ai pu lire ou voir au cinéma.
Bien sûr ce n'est plus un secret que le scénario d'Yves Sente est inspiré du célèbre roman d'Alexandre Dumas , j'ai nommé Le Comte de Monte-Cristo. D'ailleurs outre une similitude du scénario , il y a des références explicites. Je ne vais en citer qu'une seule à savoir l'île du Mont Cristobald . Il faut avouer que c'est assez proche du titre du roman d'Alexandre Dumas.
Je voulais également signaler que la bande dessinée me permet souvent de combler quelques lacunes en culture générale . Avec ce récit j'ai appris qu'Alexandre Dumas utilisait des "nègres" pour élaborer la plupart de ses oeuvres et qu'il était donc si je peux m'exprimer ainsi le Paul Loup Sulitzer du XIXème siècle.
Pour conclure je vais juste dire bravo aux auteurs et espérer que mon avis (ainsi que les autres postés avant le mien) inciteront les personnes qui n'ont pas encore lu cette superbe histoire à se ruer chez leur libraire.
Ce polar est adapté d’un roman, et le premier commentaire qui me vient à l’esprit est qu’il porte vraiment bien son nom. Tout au long de l’histoire on sent la chaude atmosphère ambiante. Un gangster en fuite se cache dans une ferme habitée par une famille hors norme dont les membres sont tous plus cinglés les uns que les autres. On assiste à une sorte de huis clos où vont se croiser notre braqueur, les dégénérés locaux et les nombreux gendarmes qui sentent bien que le bonhomme est dans le coin.
Et une fois que tout cela est mis en place, on obtient un résultat des plus sympathiques rythmé par les chassés croisés entre les personnages. Les membres de cette famille sont tous excellents. Entre le père alcoolique notoire, l’oncle complètement neuneu, la jeune fille en chaleur et le fiston sournois, la galerie de personnages est jubilatoire. Chacun va essayer à sa façon de tirer profit de la présence du gangster et tout cela donne un joli sac de nœuds.
Le trait de Baru fait mouche et colle aussi bien à la chaude ambiance qui règne ici qu’aux gueules des personnages. Un chouette one shot à découvrir.
Intéressant ce western !
Les auteurs ont pris le parti de s’emparer des codes du genre tout en proposant un album original. Originalité dans la narration tout d’abord. On suit plusieurs personnages (le pied-tendre, le hors-la-loi, le shérif, la belle joueuse de poker… liste non-exhaustive) dans un puzzle narratif à la Pulp Fiction. C’est assez déstabilisant au début car en plus de changer très fréquemment de personnage, on change sans cesse d’époque. Mais au final, ça donne beaucoup de dynamisme aux différentes histoires qui se recoupent constamment.
Originalité dans le ton ensuite. Il est moderne et un brin décalé. Du coup, Texas Cowboys propose une ambiance à la fois drôle et singulière.
J’aime beaucoup le rendu graphique. Les planches sont belles et colorées, les personnages plutôt sympas.
Petit bémol, j’aurais peut être aimé un scénario plus dense et un peu moins classique.
Texas Cowboys n’en est pas moins une très belle découverte que je recommande à tous.
La sortie d'un album d'Olivier Milhiet est toujours un petit événement en soi ! (Le bougre étant toujours un peu lent entre 2 albums :D ). Cette fois ci, ce n'est plus en solo, mais avec le scénariste réputé (et prolifique en albums) Eric Corbeyran.
Pour la qualité du scénario, je pense qu'on ne pourra le juger qu'à la fin, mais pour ce 1er tome d'accroche, c'est plutôt réussi ! Pour résumer, c'est de l'aventure dans un monde imaginaire, du jeu de mots en vrac (est-ce là la véritable patte de Milhiet ? :D ). C'est clairement plus grand public que Spoogue ou Caravane, mais les personnages sont attachants, et le tout est quand même bien servi par le magnifique trait d'Olivier Milhiet.
J'aime ce style, et surtout il est complètement différent, c'est vraiment un style bien à lui. Et les couleurs directes, c'est toujours un plus quand même !
Bref un 1er tome accrocheur, j'attends la suite avec impatience (ou plutôt avec patience :D ). J'espère que la suite de l'histoire nous réserve quelques surprises ! Et il y a vraiment moyen car le monde exposé semble regorger de bonnes idées !
Alors je vois que je suis pas le seul à me demander où cette histoire va nous mener et surtout combien de temps ça va prendre ! Oui le rythme est plutôt lent, oui l'histoire n'a pas beaucoup avancé dans les 4 tomes, oui il reste beaucoup d’interrogations, mais c'est quand même bien bon ! C'est comme déguster un bon verre de vin, il faut prendre son temps, et dans "Le Grand Mort", on prend son temps !
J'aime bien car même si l'histoire avance doucement, j'ai ressenti un vrai plaisir lors de ma lecture, la narration est fluide, ça glisse tout seul, c'est dépaysant, on voyage dans L'Autre Monde, puis on retrouve dans la campagne bretonne, avant de partir sur un Paris tantôt classique tantôt apocalyptique...
Graphiquement c'est splendide ! Très "Loiselesque", à tel point qu'on peut légitimement se demander à quel point Loisel est impliqué dans le dessin. Je sais que Vincent Mallié bosse sur "Avant la quête..." et que son trait colle parfaitement avec le style de Loisel, mais tant de mimétisme, c'est presque troublant... Les regards, les expressions, c'est vraiment du Loisel craché ! Même les formes généreuses de Gaëlle m'ont fait pensé à Clochette dans Peter Pan.
Moi cette ressemblance graphique ne me dérange pas du tout car c'est un graphisme que j'adore, j'en redemande même !
Bref, après 4 tomes, je suis conquis par "Le Grand Mort", j'attends le 5e et dernier tome avec impatience, il risque d'être dense !
Quel album, quelle aventure... et surtout quel personnage : Jean Mermoz fut un aviateur français très connu, un véritable héros ayant accompli de nombreux exploits aériens. Je vous laisse découvrir sa page Wikipédia.
Micheluzzi est fils d’officier aviateur, et on sent qu’il a beaucoup donné à cette œuvre. Il y a un travail de documentation considérable, et surtout une passion qui ne s’invente pas, l’auteur vénère clairement Mermoz. Le récit est très prenant, et nous fait voyager dans le nord de l’Afrique, puis en Amérique du sud… Dépaysement et danger garantis.
Graphiquement, son « graphisme élégant et nerveux, inspiré des maîtres américains » (je cite la bio de l’éditeur) sert parfaitement le récit.
Je ferai un seul reproche : l’auteur avoue dans la préface s’être beaucoup inspiré du roman « Mermoz » de Joseph Kessel, au point d’en avoir emprunté de nombreux textes. Et je trouve que cela se ressent un peu sur la narration, un peu chargée textuellement. Rien de bien grave cependant.
Un album passionnant et au contenu conséquent (118 pages remplies à craquer) qui devrait ravir les amateurs d’aviation, mais aussi d’Histoire et de grandes aventures de manière plus générale.
Dans ce pavé pertinemment illustré, Philippe Squarzoni dresse un constat lucide sur l’état de la France, minée comme partout ailleurs par des décennies d’ultralibéralisme financier et mondialisé. Il nous invite à une prise de conscience salutaire, pour tenter peut-être de reprendre le contrôle de notre destinée commune, prisonnière des griffes d’un système immoral et sans âme.
Si ce docu-BD semble reprendre la ligne éditoriale du Monde diplomatique, cela n’est guère surprenant quand on sait que Phillippe Squarzoni est membre d’Attac. Cet ouvrage est un peu une sorte de condensé des articles publiés dans le mensuel, réputé pour son sérieux et ses plumes de renom. Tout en en conservant l’esprit, l’auteur a tenté de relever le défi d’associer des thèses a priori austères au langage plus ludique de la BD. Et globalement, il y parvient plutôt bien, à l’aide d’un trait réaliste et sobre, en noir et blanc, en truffant les pages de références au cinéma (notamment Les Raisins de la colère, Charlie Chaplin, Matrix, Star Wars, Shrek…), en incrustant des titres de journaux et des photos célèbres (ou en les dessinant). Si les illustrations répondent de façon souvent pertinente aux textes, parfois avec un humour à froid et subtil, on pourra objecter que les phases où des personnalités sont interviewées sont un peu monotones (sur deux ou quatre pages on voit juste l’intervenant représenté avec peu de variantes dans les expressions). A cet égard, je ne vois pas bien ce que le dessin apporte…
De la même façon, pour ce qui est de la structure du récit, le découpage en chapitres non titrés semble avoir été fait de manière aléatoire, donc n’apporte rien non plus d’après moi. Mais évidemment, cela ne gêne en rien la compréhension de l’analyse qui est développée. Dans l’ensemble, c’est quand même très bien fait, et je recommande sa lecture à ceux qui ont entendu parler du Monde Diplomatique mais sont apeurés par sa consistance (mais bien sûr aussi à tous les autres !)
Attention, on n’est pas pour autant dans le divertissement, même si le dessin allège le propos. Mais après ça, on se sent beaucoup plus intelligent et mieux armé pour appréhender le chaos mondialisé. Comme le disait très justement Ignacio Ramonet, directeur du MD : « S’informer fatigue ». Mais il faut parfois savoir mettre de côté la playstation ou le dernier Voici. Sortir enfin de la paresse intellectuelle. Ceux qui sont en quête d’une transition douce trouveront en ce livre un bon compromis. Lequel se termine par un constat peu réjouissant de la situation actuelle, mais sans pour autant sombrer dans le pessimisme. Pour trouver de nouvelles pistes permettant de sortir de l’ornière, il faut d’abord prendre conscience des causes du mal. L’auteur ne propose pas de solutions toutes faites, mais conclut de façon ouverte, associant dans un joli clin d’œil les Lumières de Voltaire à un maître Yoda déterminé à « faire la clarté » pour connaître son ennemi et ainsi mieux l’écraser. Et si nous étions tous des chevaliers Jedi qui s’ignorent ?
Je retrouve dans cette série, le Desberg de Black Op, c'est dire si cette série m'a vraiment séduit.
J'ai lu les six tomes d'une traite tant je voulais connaitre la suite des mésaventures de Sherman. Passionnant de bout en bout, j'ai suivi ce polar qui couvre plus d'un demi siècle de l'histoire des USA avec frénésie.
En effet, malgré les nombreux flash-back qui ponctuent le récit (les années 30, la seconde guerre mondiale, l'ascension de Sherman...), la lecture reste fluide grâce à un scénario bien ficelé, et des codes couleurs par époque. En outre, le résumé des épisodes précédents est bien intégré dans chaque volume.
On pourrait voir dans l'histoire de cette famille de Sherman, une réminissence de celle du clan Kennedy (avec ses relations avec la mafia, le régime nazi, l'espoir mis dans son fils pour atteindre la magistrature suprême...) mais Desberg amène ici un souffle nouveau à travers une véritable chasse à l'homme sur six volumes.
Une série réussie, malgré quelques approximations au niveau des dessins parfois (des visages non dessinés dans le tome 3, des personnages que l'on a du mal à reconnaitre sur certaines cases) mais cela est sans doute la conséquence d'une parution assez rapide et rapprochée entre les volumes.
Faisant suite à l'adaptation réussie du "Château des Carpathes", le scénariste Marc Jakubowski et le dessinateur Eric Rückstühl poursuivent le projet de mettre en B.D. les oeuvres méconnues, voire inconnues (le 3ème tome sera "Le village aérien") de Jules Verne. S'adjoignant cette fois-ci le concours de Claude Laverdure pour les couleurs, travail impeccable, ce trio d'auteurs nous entraine cette fois-ci en Ecosse pour une ballade mémorable dans les vieilles mines de charbons.
Amusant, ce Nic Oumouk, petit beur des banlieues confronté aux vicissitudes de la vie (grammaire, orthographe, racket, émeutes, mère protectrice et quête de pognon facile…). Le ton est naturellement humoristique, les bonnes idées sont nombreuses, les bons mots fleurissent à intervalle régulier. Le premier tome offre un scénario encore très décousu, facilement scindé en plusieurs histoires courtes. Le second tome, lui, nous propose une histoire complète cohérente.
L’ensemble est réalisé sans prétention et sans prise de tête mais Manu Larcenet, au travers de ce récit humoristique, nous dresse quand même un tableau très actuel de la jeunesse en banlieue et de cette fameuse « deuxième génération » déracinée et en quête de repères. J’ai donc trouvé le récit burlesque et amusant mais le message est loin d’être idiot même si quelque peu caricatural.
Le dessin dégage lui aussi ce sentiment de naturel et de spontanéité. C’est dynamique et expressif, facile à lire, frais.
En clair, et même si on ne peut pas parler de plat de résistance, ce petit beur de Nic Oumouk constitue quand même un très bon « quatre heure ». Divertissant et burlesque mais pas idiot.
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La Vengeance du Comte Skarbek
Avec les nombreux avis élogieux postés sur la BDthèque je ne vais pas être très original en disant que La Vengeance du Comte Skarbek est un très beau diptyque , surtout en ce qui concerne le dessin. Comment ne pas être envouté par la beauté des somptueux dessins de Grzegorz Rosinski? Ceux-ci sont tout simplement parfaits. Les couleurs sont tellement belles que c'est un régal pour les yeux. En ce qui concerne le scénario j'ai également été emballé par cette histoire aux multiples rebondissements . Il est vrai que j'ai toujours adoré les histoires de vengeance, mais celle-ci m'a encore plus interpellé que les autres que j'ai pu lire ou voir au cinéma. Bien sûr ce n'est plus un secret que le scénario d'Yves Sente est inspiré du célèbre roman d'Alexandre Dumas , j'ai nommé Le Comte de Monte-Cristo. D'ailleurs outre une similitude du scénario , il y a des références explicites. Je ne vais en citer qu'une seule à savoir l'île du Mont Cristobald . Il faut avouer que c'est assez proche du titre du roman d'Alexandre Dumas. Je voulais également signaler que la bande dessinée me permet souvent de combler quelques lacunes en culture générale . Avec ce récit j'ai appris qu'Alexandre Dumas utilisait des "nègres" pour élaborer la plupart de ses oeuvres et qu'il était donc si je peux m'exprimer ainsi le Paul Loup Sulitzer du XIXème siècle. Pour conclure je vais juste dire bravo aux auteurs et espérer que mon avis (ainsi que les autres postés avant le mien) inciteront les personnes qui n'ont pas encore lu cette superbe histoire à se ruer chez leur libraire.
Canicule
Ce polar est adapté d’un roman, et le premier commentaire qui me vient à l’esprit est qu’il porte vraiment bien son nom. Tout au long de l’histoire on sent la chaude atmosphère ambiante. Un gangster en fuite se cache dans une ferme habitée par une famille hors norme dont les membres sont tous plus cinglés les uns que les autres. On assiste à une sorte de huis clos où vont se croiser notre braqueur, les dégénérés locaux et les nombreux gendarmes qui sentent bien que le bonhomme est dans le coin. Et une fois que tout cela est mis en place, on obtient un résultat des plus sympathiques rythmé par les chassés croisés entre les personnages. Les membres de cette famille sont tous excellents. Entre le père alcoolique notoire, l’oncle complètement neuneu, la jeune fille en chaleur et le fiston sournois, la galerie de personnages est jubilatoire. Chacun va essayer à sa façon de tirer profit de la présence du gangster et tout cela donne un joli sac de nœuds. Le trait de Baru fait mouche et colle aussi bien à la chaude ambiance qui règne ici qu’aux gueules des personnages. Un chouette one shot à découvrir.
Texas Cowboys
Intéressant ce western ! Les auteurs ont pris le parti de s’emparer des codes du genre tout en proposant un album original. Originalité dans la narration tout d’abord. On suit plusieurs personnages (le pied-tendre, le hors-la-loi, le shérif, la belle joueuse de poker… liste non-exhaustive) dans un puzzle narratif à la Pulp Fiction. C’est assez déstabilisant au début car en plus de changer très fréquemment de personnage, on change sans cesse d’époque. Mais au final, ça donne beaucoup de dynamisme aux différentes histoires qui se recoupent constamment. Originalité dans le ton ensuite. Il est moderne et un brin décalé. Du coup, Texas Cowboys propose une ambiance à la fois drôle et singulière. J’aime beaucoup le rendu graphique. Les planches sont belles et colorées, les personnages plutôt sympas. Petit bémol, j’aurais peut être aimé un scénario plus dense et un peu moins classique. Texas Cowboys n’en est pas moins une très belle découverte que je recommande à tous.
Aniss
La sortie d'un album d'Olivier Milhiet est toujours un petit événement en soi ! (Le bougre étant toujours un peu lent entre 2 albums :D ). Cette fois ci, ce n'est plus en solo, mais avec le scénariste réputé (et prolifique en albums) Eric Corbeyran. Pour la qualité du scénario, je pense qu'on ne pourra le juger qu'à la fin, mais pour ce 1er tome d'accroche, c'est plutôt réussi ! Pour résumer, c'est de l'aventure dans un monde imaginaire, du jeu de mots en vrac (est-ce là la véritable patte de Milhiet ? :D ). C'est clairement plus grand public que Spoogue ou Caravane, mais les personnages sont attachants, et le tout est quand même bien servi par le magnifique trait d'Olivier Milhiet. J'aime ce style, et surtout il est complètement différent, c'est vraiment un style bien à lui. Et les couleurs directes, c'est toujours un plus quand même ! Bref un 1er tome accrocheur, j'attends la suite avec impatience (ou plutôt avec patience :D ). J'espère que la suite de l'histoire nous réserve quelques surprises ! Et il y a vraiment moyen car le monde exposé semble regorger de bonnes idées !
Le Grand Mort
Alors je vois que je suis pas le seul à me demander où cette histoire va nous mener et surtout combien de temps ça va prendre ! Oui le rythme est plutôt lent, oui l'histoire n'a pas beaucoup avancé dans les 4 tomes, oui il reste beaucoup d’interrogations, mais c'est quand même bien bon ! C'est comme déguster un bon verre de vin, il faut prendre son temps, et dans "Le Grand Mort", on prend son temps ! J'aime bien car même si l'histoire avance doucement, j'ai ressenti un vrai plaisir lors de ma lecture, la narration est fluide, ça glisse tout seul, c'est dépaysant, on voyage dans L'Autre Monde, puis on retrouve dans la campagne bretonne, avant de partir sur un Paris tantôt classique tantôt apocalyptique... Graphiquement c'est splendide ! Très "Loiselesque", à tel point qu'on peut légitimement se demander à quel point Loisel est impliqué dans le dessin. Je sais que Vincent Mallié bosse sur "Avant la quête..." et que son trait colle parfaitement avec le style de Loisel, mais tant de mimétisme, c'est presque troublant... Les regards, les expressions, c'est vraiment du Loisel craché ! Même les formes généreuses de Gaëlle m'ont fait pensé à Clochette dans Peter Pan. Moi cette ressemblance graphique ne me dérange pas du tout car c'est un graphisme que j'adore, j'en redemande même ! Bref, après 4 tomes, je suis conquis par "Le Grand Mort", j'attends le 5e et dernier tome avec impatience, il risque d'être dense !
Mermoz
Quel album, quelle aventure... et surtout quel personnage : Jean Mermoz fut un aviateur français très connu, un véritable héros ayant accompli de nombreux exploits aériens. Je vous laisse découvrir sa page Wikipédia. Micheluzzi est fils d’officier aviateur, et on sent qu’il a beaucoup donné à cette œuvre. Il y a un travail de documentation considérable, et surtout une passion qui ne s’invente pas, l’auteur vénère clairement Mermoz. Le récit est très prenant, et nous fait voyager dans le nord de l’Afrique, puis en Amérique du sud… Dépaysement et danger garantis. Graphiquement, son « graphisme élégant et nerveux, inspiré des maîtres américains » (je cite la bio de l’éditeur) sert parfaitement le récit. Je ferai un seul reproche : l’auteur avoue dans la préface s’être beaucoup inspiré du roman « Mermoz » de Joseph Kessel, au point d’en avoir emprunté de nombreux textes. Et je trouve que cela se ressent un peu sur la narration, un peu chargée textuellement. Rien de bien grave cependant. Un album passionnant et au contenu conséquent (118 pages remplies à craquer) qui devrait ravir les amateurs d’aviation, mais aussi d’Histoire et de grandes aventures de manière plus générale.
Dol
Dans ce pavé pertinemment illustré, Philippe Squarzoni dresse un constat lucide sur l’état de la France, minée comme partout ailleurs par des décennies d’ultralibéralisme financier et mondialisé. Il nous invite à une prise de conscience salutaire, pour tenter peut-être de reprendre le contrôle de notre destinée commune, prisonnière des griffes d’un système immoral et sans âme. Si ce docu-BD semble reprendre la ligne éditoriale du Monde diplomatique, cela n’est guère surprenant quand on sait que Phillippe Squarzoni est membre d’Attac. Cet ouvrage est un peu une sorte de condensé des articles publiés dans le mensuel, réputé pour son sérieux et ses plumes de renom. Tout en en conservant l’esprit, l’auteur a tenté de relever le défi d’associer des thèses a priori austères au langage plus ludique de la BD. Et globalement, il y parvient plutôt bien, à l’aide d’un trait réaliste et sobre, en noir et blanc, en truffant les pages de références au cinéma (notamment Les Raisins de la colère, Charlie Chaplin, Matrix, Star Wars, Shrek…), en incrustant des titres de journaux et des photos célèbres (ou en les dessinant). Si les illustrations répondent de façon souvent pertinente aux textes, parfois avec un humour à froid et subtil, on pourra objecter que les phases où des personnalités sont interviewées sont un peu monotones (sur deux ou quatre pages on voit juste l’intervenant représenté avec peu de variantes dans les expressions). A cet égard, je ne vois pas bien ce que le dessin apporte… De la même façon, pour ce qui est de la structure du récit, le découpage en chapitres non titrés semble avoir été fait de manière aléatoire, donc n’apporte rien non plus d’après moi. Mais évidemment, cela ne gêne en rien la compréhension de l’analyse qui est développée. Dans l’ensemble, c’est quand même très bien fait, et je recommande sa lecture à ceux qui ont entendu parler du Monde Diplomatique mais sont apeurés par sa consistance (mais bien sûr aussi à tous les autres !) Attention, on n’est pas pour autant dans le divertissement, même si le dessin allège le propos. Mais après ça, on se sent beaucoup plus intelligent et mieux armé pour appréhender le chaos mondialisé. Comme le disait très justement Ignacio Ramonet, directeur du MD : « S’informer fatigue ». Mais il faut parfois savoir mettre de côté la playstation ou le dernier Voici. Sortir enfin de la paresse intellectuelle. Ceux qui sont en quête d’une transition douce trouveront en ce livre un bon compromis. Lequel se termine par un constat peu réjouissant de la situation actuelle, mais sans pour autant sombrer dans le pessimisme. Pour trouver de nouvelles pistes permettant de sortir de l’ornière, il faut d’abord prendre conscience des causes du mal. L’auteur ne propose pas de solutions toutes faites, mais conclut de façon ouverte, associant dans un joli clin d’œil les Lumières de Voltaire à un maître Yoda déterminé à « faire la clarté » pour connaître son ennemi et ainsi mieux l’écraser. Et si nous étions tous des chevaliers Jedi qui s’ignorent ?
Sherman
Je retrouve dans cette série, le Desberg de Black Op, c'est dire si cette série m'a vraiment séduit. J'ai lu les six tomes d'une traite tant je voulais connaitre la suite des mésaventures de Sherman. Passionnant de bout en bout, j'ai suivi ce polar qui couvre plus d'un demi siècle de l'histoire des USA avec frénésie. En effet, malgré les nombreux flash-back qui ponctuent le récit (les années 30, la seconde guerre mondiale, l'ascension de Sherman...), la lecture reste fluide grâce à un scénario bien ficelé, et des codes couleurs par époque. En outre, le résumé des épisodes précédents est bien intégré dans chaque volume. On pourrait voir dans l'histoire de cette famille de Sherman, une réminissence de celle du clan Kennedy (avec ses relations avec la mafia, le régime nazi, l'espoir mis dans son fils pour atteindre la magistrature suprême...) mais Desberg amène ici un souffle nouveau à travers une véritable chasse à l'homme sur six volumes. Une série réussie, malgré quelques approximations au niveau des dessins parfois (des visages non dessinés dans le tome 3, des personnages que l'on a du mal à reconnaitre sur certaines cases) mais cela est sans doute la conséquence d'une parution assez rapide et rapprochée entre les volumes.
Jules Verne et ses voyages
Faisant suite à l'adaptation réussie du "Château des Carpathes", le scénariste Marc Jakubowski et le dessinateur Eric Rückstühl poursuivent le projet de mettre en B.D. les oeuvres méconnues, voire inconnues (le 3ème tome sera "Le village aérien") de Jules Verne. S'adjoignant cette fois-ci le concours de Claude Laverdure pour les couleurs, travail impeccable, ce trio d'auteurs nous entraine cette fois-ci en Ecosse pour une ballade mémorable dans les vieilles mines de charbons.
Nic Oumouk
Amusant, ce Nic Oumouk, petit beur des banlieues confronté aux vicissitudes de la vie (grammaire, orthographe, racket, émeutes, mère protectrice et quête de pognon facile…). Le ton est naturellement humoristique, les bonnes idées sont nombreuses, les bons mots fleurissent à intervalle régulier. Le premier tome offre un scénario encore très décousu, facilement scindé en plusieurs histoires courtes. Le second tome, lui, nous propose une histoire complète cohérente. L’ensemble est réalisé sans prétention et sans prise de tête mais Manu Larcenet, au travers de ce récit humoristique, nous dresse quand même un tableau très actuel de la jeunesse en banlieue et de cette fameuse « deuxième génération » déracinée et en quête de repères. J’ai donc trouvé le récit burlesque et amusant mais le message est loin d’être idiot même si quelque peu caricatural. Le dessin dégage lui aussi ce sentiment de naturel et de spontanéité. C’est dynamique et expressif, facile à lire, frais. En clair, et même si on ne peut pas parler de plat de résistance, ce petit beur de Nic Oumouk constitue quand même un très bon « quatre heure ». Divertissant et burlesque mais pas idiot.