Waluk est une bande dessinée jeunesse au ton assez original qui peut très bien s'adresser à des lecteurs adultes.
Elle nous place en effet dans le point de vue des ours polaires qui observent d'un oeil sans concession les difficultés de vivre dans la nature extrême qui les entoure mais aussi l'impact des hommes sur leur environnement et les actions des hommes eux-mêmes. Il y a une part de discours écologique dans ce récit mais il n'est pas lourdement appuyé comme il pourrait l'être.
C'est l'histoire d'un jeune ours récemment abandonné par sa mère (tuée par les hommes ?) qui se lie d'amitié avec un vieil ours expérimenté mais presque aveugle et impotent. C'est une histoire réaliste et sans mièvrerie malgré une légère humanisation des animaux et malgré une légère pointe d'humour par-ci par-là.
En seulement 48 pages, les auteurs nous offrent un récit dense et intéressant. Il permet à la fois de découvrir la vie compliquée des ours polaires de nos jours, l'impact écologique de l'homme sur l'environnement polaire mais aussi une belle histoire d'amitié entre deux personnages plutôt bien trouvés. C'est une lecture agréable, aussi plaisante qu'instructive, tout en étant très joliment mis en images avec des animaux pleins de vie et d'expressivité.
D'abord quand on ouvre Bad Ass on est tout de suite capté par le graphisme qui n'est pas sans rappeler celui de Gabriel Rodriguez dessinateur du génialissime Locke & Key. Pour ne rien vous cacher c'est surtout ça qui m'a donné envie de le lire - ensuite parce que c'était français.
En entrant dans l'histoire, une autre référence s'est imposée à moi : Kick-Ass, une BD aussi drôle que violente qui mettait en scène un ado sans super-pouvoir mais qui s'improvisait super-héros. Ici Dead End est adulte, porte le veston chic façon Hitman - tiens encore un référence - le fameux tueur à gages issu du jeu vidéo. Il excelle dans l'humour grinçant, dans les actes d'une méchanceté totalement gratuite et le lancé de cigarettes. Même si son passé devrait lui donner des circonstances atténuantes, - pauvre ado boutonneux, qu'il a du souffrir en étant gamin ! - rien à faire... il est détestable. Et comme souvent, quand un méchant est bien croqué, c'est malgré tout lui qui capte l'attention.
Tout au long de ce premier opus, notre vilain héros va être confronté comme il se doit à d'autres très très méchants. Sans pourtant aller chercher midi à quatorze heures, les auteurs ont vraiment creusé leurs méninges pour trouver des personnages, des caractères, des noms et des looks supers à toute cette clique de seconds rôles : Amadeus Kitty, une jolie chatte (qui rend hommage vous l'aurez compris à une certaine Catwoman) qui tue ses adversaires avec les notes acérées sortant de son violon, toute la panoplie "batmanienne" de Black Snake... jusqu'aux dernières planches qui font apparaître l'AJF (American Justice Federation... et non pas "Ligue" pour ceux qui suivent) et sa horde de super-héros les plus inattendus qu'ils soient : Space Shiva, Jellyfish Man (je l'adore celui-là) ou encore Goddess une super-héroïne façon femme-plateau (vous savez, les tribus d'Afrique) et bien d'autres encore.
Bref, un pari plutôt réussi, bourré d'adrénaline, de punch, d'humour et de références en tout genre, qui ne trahit aucunement l'âme des comics américains, bien au contraire. Je le conseille d'office à tous ceux qui aiment déjà le genre. Pour les autres, et bien je ne peux que vous inciter à être curieux. Mais si déjà toutes les références que j'ai mises ici en avant vous parlent, alors il n'y a aucune raison que n'aimiez pas.
Il était évident que j'allais apprécier "Le sommet de dieux" et ce, pour plusieurs raisons.
Je suis amateur de montagne, j'ai la chance d'avoir un pied à terre à coté de Chamonix, et c'est l'endroit idéal pour les randonnées, c'est l'endroit en France et même en Europe pour la haute montagne, la magie de Mont-Blanc, tout ça, forcement je "baigne" plus ou moins dedans. Et si un jour j'ai l'occasion de gravir le Mont-Blanc, ça serait magique, bref je digresse je digresse... Tout ça pour dire que lorsqu'on aime la montagne, l'escalade ou la randonnée, "Le sommet de dieux" est forcement pour vous !
Ensuite j'apprécie particulièrement le travail de Taniguchi. J'aime son trait très reconnaissable, très pur, très occidental, finalement assez éloigné du style Mangaka... Et ici avec comme thème la montagne et l'alpinisme, c'est juste magique, on est complétement transporté dans la montagne, l'immersion est totale, on a l'impression de gravir l’Everest ou les Grandes Jorasses avec Habu Joji. On a froid avec lui, on souffre avec lui... La narration est très bien faite, ça aide à être complètement happé par l'aventure !
La construction de l'histoire est plutôt bien fichue, pour éviter de faire une histoire linéaire avec la vie d'Habu Joji (qui pour moi est finalement le vrai héros de l'histoire), on a l'histoire de Fukamachi qui retrouve l'appareil photo supposé appartenir à Mallory qui est mort pendant la 1ere ascension de l'Everest. C'est une sorte de fil conducteur qui va nous tenir aussi en haleine jusqu'à la fin. Mais c'est aussi ce qui va permettre à Fukamachi de découvrir Habu Joji et de mener son enquête sur lui.
Je retiendrai 2 passages mémorables dans "Le sommet des dieux", tout d'abord l'ascension des Grandes Jorasses dans le tome 2 et finalement l'ensemble du tome 4 et 5.
Alors pourquoi je ne met pas Culte vu l'enthousiasme que je décris, bah tout simplement parce que le tome 3 est clairement en dessous niveau intérêt et intensité, mais ça a eu le mérite de donner un peu plus de profondeur et d'épaisseur aux personnes que sont Fukamachi et Habu Joji, et surtout ça a posé les bases pour des tomes 4 et 5 magnifiques...
Cet album se lit très vite, un peu trop vite pour ne pas me faire hésiter à lui donner une note plus moyenne, mais son message est si juste et si simplement amené que je ne peux m'empêcher de trouver sa lecture très bonne.
C'est l'adaptation d'une petite fable moderne d'un auteur allemand, Heinrich Böll. Plus qu'une leçon de pêche, c'est une leçon de vie en quelques dialogues et quelques images seulement. Et effectivement, quand la morale tombe, elle parait d'une telle évidence qu'on ne peut qu'y adhérer. A quoi servent de vaines ambitions quand le bonheur est si simple ?
Emile Bravo met tout cela en image avec son style simple mais toujours très agréable et joliment colorisé. La narration est impeccable et le rythme sans faille.
C'est donc une vraie bonne bande dessinée pour petits et grands. Je ne regrette que son prix élevé en comparaison de la vitesse de sa lecture. Mais s'il s'agit du prix d'une leçon emplie de sagesse, pourquoi pas ?
J’ai attendu la sortie du deuxième tome de « Urban » pour me faire une idée plus précise sur cette série et je dois reconnaître que j’ai été bluffé par cette réalisation !
« Urban » est un récit d’anticipation, le lecteur se retrouve en compagnie d’un gus nommé Zacchary Buzz qui est envoyé sur une planète dédiée aux loisirs pour y être recruté comme policier. Dès son arrivée sur cet astre, notre sympathique et timide « bleu » va être confronté à l’hostilité de ses collègues, à un « hors la loi » très malin et tomber amoureux d’une jolie demoiselle dont l’avenir ne lui paraît pas radieux. Le lecteur y fera connaissance aussi avec un riche gamin qui se retrouvera en train d’errer dans ce gigantesque parc sous la protection bienveillante et intéressée d’un vagabond…
Je pense que vous l’avez deviné en lisant ce résumé, vous allez vous plonger dans un récit très riche et dense avec « Urban » ! Mais ne croyez pas que vous allez vous perdre dans ce foisonnement d’évènements car la narration m’est apparue relativement bonne et accrocheuse, je n’ai eu aucune difficulté de compréhension à suivre les différentes destinées des divers protagonistes qui peuplent cette histoire, ce qui est très fort de la part de Luc Brunschwig quand on voit la complexité de son univers ! Chapeau l’artiste !
Et on voit bien qu’à travers son récit, le scénariste nous interpelle sur ses craintes liées à l’évolution de la société : on y découvre une justice très répressive où le moindre fait et geste de travers sont automatiquement sanctionnés sans que le soi-disant coupable ne puisse défendre ses actes. On y aperçoit un voyeurisme et une délation poussés à l’extrême où chaque citoyen est immédiatement informé de tel ou tel événement qui se passe au sein même du parc, on y partage aussi ses peurs d’une forte informatisation des données de chaque individu, on y découvre aussi une société où la notion de plaisir est forcée… et j’en passe ! Bref, tout ceci pour nous apostropher sur le glissement de notre société vers une absence de liberté individuelle.
Et si je vous dis que pratiquement tous les personnages y sont charismatiques et attachants, que des scènes riches en émotions (Ah, la fameuse séquence de la fin du 2ème tome !) peuplent cette bande dessinée, je ne peux que vous conseiller activement la lecture d’ « Urban ».
Faites-moi confiance, vous passerez un excellent feuilletage avec cette série d’autant plus le graphisme de Roberto Ricci m’est apparu époustouflant !
Je ne vais pas vous faire étalage de mon admiration sur le travail graphique de Roberto Ricci : jetez un coup d’œil sur les planches de cette série et je suis sûr que vous tomberez sur le charme du coup de patte de cet auteur : décors (très) fouillés, mise en couleurs variée et parfaitement adaptée à l’intensité dramatique de chaque séquence, design futuriste des véhicules et autres objets original et convaincant, personnages expressifs et facilement identifiables, la totale quoi !
Bon, j’arrête là mes commentaires sur « Urban » : lancez-vous dans la lecture de cette série et je suis sûr que vous ne lâcherez pas ce récit avant la fin du deuxième tome disponible à ce jour !
J'avais un peu peur d'être déçue par ce volume, après avoir adoré De mal en pis du même auteur. Et bien pas du tout !
Comme pour De mal en pis, je suis rentrée très facilement dans l'histoire. Une histoire simple, pas vraiment palpitante puisqu'on suit simplement la vie quotidienne de différents personnages, au début n'ayant rien à voir entre eux mais qui vont se croiser au fil du récit pour finalement terminer l'histoire dans une scène commune. Une histoire simple donc, mais à laquelle j'ai vraiment accroché. J'étais bien avec ces personnages (bon, pas avec tous bien sûr, il y en a un en particulier assez détestable) et j'avais envie de connaître la suite de leurs "aventures". Arriver à captiver avec pas grand chose, il faut le faire ;)
Pour ce qui est du dessin noir et blanc, il est toujours agréable, bien clair avec des personnages très reconnaissables.
Maintenant le gros point négatif, qui m'a empêchée de mettre un coup de cœur : les fautes de frappe et d'orthographe !!! C'était déjà le cas dans De mal en pis mais ici c'est pire. Il manque des mots, des lettres au sein de certains mots,... on a vraiment l'impression que la personne qui a rempli les bulles ne connaissait pas le français et recopiait simplement la traduction qu'on lui avait donnée sans comprendre ce qu'elle écrivait. C'est une chose qui m'énerve vraiment dans une BD. Dommage, sinon le coup de cœur y était...
Un petit bijou de poésie :)
Comme l'a dit Mac, rien que la couverture donne envie de s'y plonger, elle fait partie des plus belles que je connaisse.
Un joli conte métaphorique sur l'amour, une histoire belle et triste à la fois, comme peuvent l'être les histoires d'amour. Une écriture en vers qui ne gêne absolument pas la lecture, au contraire on se laisse bercer par ce récitatif (pas de dialogues dans cet ouvrage, mais peu importe, on n'en a pas besoin).
Une fin étonnante aussi, Séverine Gauthier n'est pas tombée dans la facilité en nous proposant le happy end auquel on pourrait s'attendre au début. Comme je l'ai déjà dit, c'est beau... et triste.
Le dessin de Jérémie Almanza est comme d'habitude magnifique, plein de poésie avec un petit côté burtonien avec ses personnages à gros yeux. Des couleurs superbes, grises et tristes pour l'univers sombre du garçon au cœur de pierre et vives, joyeuses et lumineuses pour la fille au cœur d'artichaut.
Comme quoi les BD jeunesse peuvent également faire rêver les adultes :) Une histoire pleine d'émotion à découvrir au plus vite !
Une série que je n'aurais probablement pas achetée (je ne suis pas attiré par ce type de bd très roman graphique) sans avoir fait au préalable la connaissance de Jean Christophe Pol lors d'un repas dans un restaurant suite à un festival de bd. En effet nous étions tous conviés au restaurant (je faisais partie des "auteurs" bien que n'ayant rien publié) et j'ai été placé, faute de place, à une table avec 2 inconnus dont ce fameux Jean Christophe Pol. Discussions forcées au début, puis plus à l'aise aidés par plusieurs bouteilles de rosé. Un mec grand, super sympa mais pas spécialement au 1er abord, enfin un dessinateur de bd, quoi. Apparamment il galère (comme beaucoup).
Le lendemain je me balade sur son stand et je jette un coup d'oeil sur ses bds. Ca a l'air très intéressant mais je n'ai pas un rond.
La semaine d'après je commande sur un coup de tête les 3 tomes de cette série "Une âme à l'amer" , qui apparemment est la mieux notée chez BDtheque. Ca a l'air vachement bien. Et je reçois coup sur coup le 3, le 2 et 3 jours après le 1. Je les mets de coté (je ne lis que rarement les bds dès que je les achète, j'attends le moment adéquat). Souvent en pleine nuit d'ailleurs lors d'insomnies causées par un endormissement trop brusque suite à une alcoolisation excessive, comme c'était le cas aujourd'hui.
Alors " Une âme à l'amer " c'est une série joyeuse, optimiste, romantique qui te montre que la vie n'est pas si... non c'est tout le contraire. C'est noir, triste, désespéré, sans concession, pervers et nihiliste. Ca tombe bien c'est tout ce que j'aime ! Cette pureté noire radicale c'est ma came. Ici aucune éclaircie dans ce ciel de plomb. Tout est sans espoir, même l'amour. Tout s'autodétruit. C'est normal, un être né dans la souffrance la trimbalera toute sa vie, ce que les autres ont du mal à admettre et à comprendre. Jean-Christophe Pol est très très torturé.
Donc je ne vais pas raconter l'histoire. C'est l'histoire d'un type qui souffre (certains diront pauvre type ... oui c'est vrai) puis entraîne dans une affaire de meurtres atroces. Mais ce pitch est assez réducteur par rapport à tout ce qu'il y a dans cette série. Les souvenirs se mélangent constamment à l'intrigue ce qui a pour effet de rentrer vraiment à l'intérieur de la tête ce personnage complètement maniaco dépressif. Et le plus fort dans ce récit c'est qu'il vire tout doucement et imperceptiblement d'une sorte de chronique sociale (amère donc) à un redoutable thriller.
Et le tout avec un style graphique hyper fluide, nerveux (découpage et technique) et privilégiant la limpidité et l'efficacité au détail. C'est très réussi, chapeau ! Alors qu'à la base je ne suis vraiment pas client de ce type de bds (à 1ère vue car en fait je ne connais pas). D'ailleurs avec un autre type de dessins j'aurais même mis 5/5 sans hésiter. En même temps le résultat est parfait, rien à dire. Il faut que je lise absolument ses autres bds.
Alien : film culte de la SF qui a lancé Ridley Scott dans la carrière qu'on lui connait.
Soleil a donc la très bonne idée de rééditer cette adaptation du film par deux des grands noms du Comics américain : Archie Goodwin au scénario (adaptateur de l’œuvre de Moebius entre autres) et Walter Simonson. Cette version originellement publiée dans Heavy Metal en 1979 colle au plus près du film, que ce soit dans le découpage des séquences ou dans les visuels qu'il campe.
Les amateurs et connaisseurs du film ne seront pas dépaysés, car Simonson joue de son coup de crayon réaliste pour reprendre le trait des acteurs. Le rythme du film est aussi bien rendu par un découpage dynamique qui permet au média comics de compenser la perte du sentiment d'oppression qui dominait dans le film ; c'est le seul bémol que j'ai trouvé à cet album, qui est plutôt une bonne surprise pour une adaptation d'un film aussi attendu au tournant.
Petite cerise sur le gâteau les plus fins connaisseurs ont le droit dans cette version à la mise en image de quelques scènes supprimées au montage !
A redécouvrir (ou à découvrir pour quelques malheureux) avec plaisir !
Coup de cœur. L'arrivée des Elephantmen dans le paysage des comics est un pur régal visuel et scénaristique. Loin des super-héros mais tout en gardant la notion de "sur-homme", bien qu'ici il s'agisse de "sur-animaux", les créateurs nous plongent dans une épopée guerrière hors du commun. C'est presque un roman graphique puisque les dialogues sont assez minimalistes au profit d'une narration en haut de case.
L'histoire se déroule en France dans un avenir proche où l'on suit les mésaventures d'Yvette une rebelle qui vient de perdre son frère, massacré par les Elephantmen. Elle nous raconte ainsi comment tout a commencé et comment une poignée de survivants, dont elle, tentent désespérément de lutter contre cette armée inhumaine créée par un savant fou, dont le seul but est d'exterminer la race humaine. Profondément sauvage et violent, ce monde implacable dans lequel évolue l'héroïne la pousse à devenir aussi enragée que ses ennemis.
La dimension philosophique de ce récit est à la portée de tous et met en exergue les notions d'humanité et de compassion.
S'il n'était ce prénom outrageusement franchouillard, il n'y aurait aucune fausse note. Mais comme je suppose qu'une équipe aussi importante (environ six personnes pour un seul comic) a forcément testé plusieurs prénoms, je suis bluffé par le fait que ce prénom vieillot finisse par prendre une place aussi légitime dans le scénario. Car si le V de Vendetta connaît encore aujourd'hui un grand succès, notre Yvette sculpte elle son nom entier dans la chair de ses agresseurs.
A la fin du premier tome, nulle doute qu'elle deviendra l'héroïne emblématique de cette série en quête d'humanisme dont les décors bien inspirés nous rappellent les heures noires des tranchées de 14-18.
Je le dis haut et fort, Elephantmen est une pure merveille.
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Waluk
Waluk est une bande dessinée jeunesse au ton assez original qui peut très bien s'adresser à des lecteurs adultes. Elle nous place en effet dans le point de vue des ours polaires qui observent d'un oeil sans concession les difficultés de vivre dans la nature extrême qui les entoure mais aussi l'impact des hommes sur leur environnement et les actions des hommes eux-mêmes. Il y a une part de discours écologique dans ce récit mais il n'est pas lourdement appuyé comme il pourrait l'être. C'est l'histoire d'un jeune ours récemment abandonné par sa mère (tuée par les hommes ?) qui se lie d'amitié avec un vieil ours expérimenté mais presque aveugle et impotent. C'est une histoire réaliste et sans mièvrerie malgré une légère humanisation des animaux et malgré une légère pointe d'humour par-ci par-là. En seulement 48 pages, les auteurs nous offrent un récit dense et intéressant. Il permet à la fois de découvrir la vie compliquée des ours polaires de nos jours, l'impact écologique de l'homme sur l'environnement polaire mais aussi une belle histoire d'amitié entre deux personnages plutôt bien trouvés. C'est une lecture agréable, aussi plaisante qu'instructive, tout en étant très joliment mis en images avec des animaux pleins de vie et d'expressivité.
Bad Ass
D'abord quand on ouvre Bad Ass on est tout de suite capté par le graphisme qui n'est pas sans rappeler celui de Gabriel Rodriguez dessinateur du génialissime Locke & Key. Pour ne rien vous cacher c'est surtout ça qui m'a donné envie de le lire - ensuite parce que c'était français. En entrant dans l'histoire, une autre référence s'est imposée à moi : Kick-Ass, une BD aussi drôle que violente qui mettait en scène un ado sans super-pouvoir mais qui s'improvisait super-héros. Ici Dead End est adulte, porte le veston chic façon Hitman - tiens encore un référence - le fameux tueur à gages issu du jeu vidéo. Il excelle dans l'humour grinçant, dans les actes d'une méchanceté totalement gratuite et le lancé de cigarettes. Même si son passé devrait lui donner des circonstances atténuantes, - pauvre ado boutonneux, qu'il a du souffrir en étant gamin ! - rien à faire... il est détestable. Et comme souvent, quand un méchant est bien croqué, c'est malgré tout lui qui capte l'attention. Tout au long de ce premier opus, notre vilain héros va être confronté comme il se doit à d'autres très très méchants. Sans pourtant aller chercher midi à quatorze heures, les auteurs ont vraiment creusé leurs méninges pour trouver des personnages, des caractères, des noms et des looks supers à toute cette clique de seconds rôles : Amadeus Kitty, une jolie chatte (qui rend hommage vous l'aurez compris à une certaine Catwoman) qui tue ses adversaires avec les notes acérées sortant de son violon, toute la panoplie "batmanienne" de Black Snake... jusqu'aux dernières planches qui font apparaître l'AJF (American Justice Federation... et non pas "Ligue" pour ceux qui suivent) et sa horde de super-héros les plus inattendus qu'ils soient : Space Shiva, Jellyfish Man (je l'adore celui-là) ou encore Goddess une super-héroïne façon femme-plateau (vous savez, les tribus d'Afrique) et bien d'autres encore. Bref, un pari plutôt réussi, bourré d'adrénaline, de punch, d'humour et de références en tout genre, qui ne trahit aucunement l'âme des comics américains, bien au contraire. Je le conseille d'office à tous ceux qui aiment déjà le genre. Pour les autres, et bien je ne peux que vous inciter à être curieux. Mais si déjà toutes les références que j'ai mises ici en avant vous parlent, alors il n'y a aucune raison que n'aimiez pas.
Le Sommet des dieux
Il était évident que j'allais apprécier "Le sommet de dieux" et ce, pour plusieurs raisons. Je suis amateur de montagne, j'ai la chance d'avoir un pied à terre à coté de Chamonix, et c'est l'endroit idéal pour les randonnées, c'est l'endroit en France et même en Europe pour la haute montagne, la magie de Mont-Blanc, tout ça, forcement je "baigne" plus ou moins dedans. Et si un jour j'ai l'occasion de gravir le Mont-Blanc, ça serait magique, bref je digresse je digresse... Tout ça pour dire que lorsqu'on aime la montagne, l'escalade ou la randonnée, "Le sommet de dieux" est forcement pour vous ! Ensuite j'apprécie particulièrement le travail de Taniguchi. J'aime son trait très reconnaissable, très pur, très occidental, finalement assez éloigné du style Mangaka... Et ici avec comme thème la montagne et l'alpinisme, c'est juste magique, on est complétement transporté dans la montagne, l'immersion est totale, on a l'impression de gravir l’Everest ou les Grandes Jorasses avec Habu Joji. On a froid avec lui, on souffre avec lui... La narration est très bien faite, ça aide à être complètement happé par l'aventure ! La construction de l'histoire est plutôt bien fichue, pour éviter de faire une histoire linéaire avec la vie d'Habu Joji (qui pour moi est finalement le vrai héros de l'histoire), on a l'histoire de Fukamachi qui retrouve l'appareil photo supposé appartenir à Mallory qui est mort pendant la 1ere ascension de l'Everest. C'est une sorte de fil conducteur qui va nous tenir aussi en haleine jusqu'à la fin. Mais c'est aussi ce qui va permettre à Fukamachi de découvrir Habu Joji et de mener son enquête sur lui. Je retiendrai 2 passages mémorables dans "Le sommet des dieux", tout d'abord l'ascension des Grandes Jorasses dans le tome 2 et finalement l'ensemble du tome 4 et 5. Alors pourquoi je ne met pas Culte vu l'enthousiasme que je décris, bah tout simplement parce que le tome 3 est clairement en dessous niveau intérêt et intensité, mais ça a eu le mérite de donner un peu plus de profondeur et d'épaisseur aux personnes que sont Fukamachi et Habu Joji, et surtout ça a posé les bases pour des tomes 4 et 5 magnifiques...
La Leçon de Pêche
Cet album se lit très vite, un peu trop vite pour ne pas me faire hésiter à lui donner une note plus moyenne, mais son message est si juste et si simplement amené que je ne peux m'empêcher de trouver sa lecture très bonne. C'est l'adaptation d'une petite fable moderne d'un auteur allemand, Heinrich Böll. Plus qu'une leçon de pêche, c'est une leçon de vie en quelques dialogues et quelques images seulement. Et effectivement, quand la morale tombe, elle parait d'une telle évidence qu'on ne peut qu'y adhérer. A quoi servent de vaines ambitions quand le bonheur est si simple ? Emile Bravo met tout cela en image avec son style simple mais toujours très agréable et joliment colorisé. La narration est impeccable et le rythme sans faille. C'est donc une vraie bonne bande dessinée pour petits et grands. Je ne regrette que son prix élevé en comparaison de la vitesse de sa lecture. Mais s'il s'agit du prix d'une leçon emplie de sagesse, pourquoi pas ?
Urban
J’ai attendu la sortie du deuxième tome de « Urban » pour me faire une idée plus précise sur cette série et je dois reconnaître que j’ai été bluffé par cette réalisation ! « Urban » est un récit d’anticipation, le lecteur se retrouve en compagnie d’un gus nommé Zacchary Buzz qui est envoyé sur une planète dédiée aux loisirs pour y être recruté comme policier. Dès son arrivée sur cet astre, notre sympathique et timide « bleu » va être confronté à l’hostilité de ses collègues, à un « hors la loi » très malin et tomber amoureux d’une jolie demoiselle dont l’avenir ne lui paraît pas radieux. Le lecteur y fera connaissance aussi avec un riche gamin qui se retrouvera en train d’errer dans ce gigantesque parc sous la protection bienveillante et intéressée d’un vagabond… Je pense que vous l’avez deviné en lisant ce résumé, vous allez vous plonger dans un récit très riche et dense avec « Urban » ! Mais ne croyez pas que vous allez vous perdre dans ce foisonnement d’évènements car la narration m’est apparue relativement bonne et accrocheuse, je n’ai eu aucune difficulté de compréhension à suivre les différentes destinées des divers protagonistes qui peuplent cette histoire, ce qui est très fort de la part de Luc Brunschwig quand on voit la complexité de son univers ! Chapeau l’artiste ! Et on voit bien qu’à travers son récit, le scénariste nous interpelle sur ses craintes liées à l’évolution de la société : on y découvre une justice très répressive où le moindre fait et geste de travers sont automatiquement sanctionnés sans que le soi-disant coupable ne puisse défendre ses actes. On y aperçoit un voyeurisme et une délation poussés à l’extrême où chaque citoyen est immédiatement informé de tel ou tel événement qui se passe au sein même du parc, on y partage aussi ses peurs d’une forte informatisation des données de chaque individu, on y découvre aussi une société où la notion de plaisir est forcée… et j’en passe ! Bref, tout ceci pour nous apostropher sur le glissement de notre société vers une absence de liberté individuelle. Et si je vous dis que pratiquement tous les personnages y sont charismatiques et attachants, que des scènes riches en émotions (Ah, la fameuse séquence de la fin du 2ème tome !) peuplent cette bande dessinée, je ne peux que vous conseiller activement la lecture d’ « Urban ». Faites-moi confiance, vous passerez un excellent feuilletage avec cette série d’autant plus le graphisme de Roberto Ricci m’est apparu époustouflant ! Je ne vais pas vous faire étalage de mon admiration sur le travail graphique de Roberto Ricci : jetez un coup d’œil sur les planches de cette série et je suis sûr que vous tomberez sur le charme du coup de patte de cet auteur : décors (très) fouillés, mise en couleurs variée et parfaitement adaptée à l’intensité dramatique de chaque séquence, design futuriste des véhicules et autres objets original et convaincant, personnages expressifs et facilement identifiables, la totale quoi ! Bon, j’arrête là mes commentaires sur « Urban » : lancez-vous dans la lecture de cette série et je suis sûr que vous ne lâcherez pas ce récit avant la fin du deuxième tome disponible à ce jour !
Derniers rappels
J'avais un peu peur d'être déçue par ce volume, après avoir adoré De mal en pis du même auteur. Et bien pas du tout ! Comme pour De mal en pis, je suis rentrée très facilement dans l'histoire. Une histoire simple, pas vraiment palpitante puisqu'on suit simplement la vie quotidienne de différents personnages, au début n'ayant rien à voir entre eux mais qui vont se croiser au fil du récit pour finalement terminer l'histoire dans une scène commune. Une histoire simple donc, mais à laquelle j'ai vraiment accroché. J'étais bien avec ces personnages (bon, pas avec tous bien sûr, il y en a un en particulier assez détestable) et j'avais envie de connaître la suite de leurs "aventures". Arriver à captiver avec pas grand chose, il faut le faire ;) Pour ce qui est du dessin noir et blanc, il est toujours agréable, bien clair avec des personnages très reconnaissables. Maintenant le gros point négatif, qui m'a empêchée de mettre un coup de cœur : les fautes de frappe et d'orthographe !!! C'était déjà le cas dans De mal en pis mais ici c'est pire. Il manque des mots, des lettres au sein de certains mots,... on a vraiment l'impression que la personne qui a rempli les bulles ne connaissait pas le français et recopiait simplement la traduction qu'on lui avait donnée sans comprendre ce qu'elle écrivait. C'est une chose qui m'énerve vraiment dans une BD. Dommage, sinon le coup de cœur y était...
Coeur de pierre
Un petit bijou de poésie :) Comme l'a dit Mac, rien que la couverture donne envie de s'y plonger, elle fait partie des plus belles que je connaisse. Un joli conte métaphorique sur l'amour, une histoire belle et triste à la fois, comme peuvent l'être les histoires d'amour. Une écriture en vers qui ne gêne absolument pas la lecture, au contraire on se laisse bercer par ce récitatif (pas de dialogues dans cet ouvrage, mais peu importe, on n'en a pas besoin). Une fin étonnante aussi, Séverine Gauthier n'est pas tombée dans la facilité en nous proposant le happy end auquel on pourrait s'attendre au début. Comme je l'ai déjà dit, c'est beau... et triste. Le dessin de Jérémie Almanza est comme d'habitude magnifique, plein de poésie avec un petit côté burtonien avec ses personnages à gros yeux. Des couleurs superbes, grises et tristes pour l'univers sombre du garçon au cœur de pierre et vives, joyeuses et lumineuses pour la fille au cœur d'artichaut. Comme quoi les BD jeunesse peuvent également faire rêver les adultes :) Une histoire pleine d'émotion à découvrir au plus vite !
Une Âme à l'amer
Une série que je n'aurais probablement pas achetée (je ne suis pas attiré par ce type de bd très roman graphique) sans avoir fait au préalable la connaissance de Jean Christophe Pol lors d'un repas dans un restaurant suite à un festival de bd. En effet nous étions tous conviés au restaurant (je faisais partie des "auteurs" bien que n'ayant rien publié) et j'ai été placé, faute de place, à une table avec 2 inconnus dont ce fameux Jean Christophe Pol. Discussions forcées au début, puis plus à l'aise aidés par plusieurs bouteilles de rosé. Un mec grand, super sympa mais pas spécialement au 1er abord, enfin un dessinateur de bd, quoi. Apparamment il galère (comme beaucoup). Le lendemain je me balade sur son stand et je jette un coup d'oeil sur ses bds. Ca a l'air très intéressant mais je n'ai pas un rond. La semaine d'après je commande sur un coup de tête les 3 tomes de cette série "Une âme à l'amer" , qui apparemment est la mieux notée chez BDtheque. Ca a l'air vachement bien. Et je reçois coup sur coup le 3, le 2 et 3 jours après le 1. Je les mets de coté (je ne lis que rarement les bds dès que je les achète, j'attends le moment adéquat). Souvent en pleine nuit d'ailleurs lors d'insomnies causées par un endormissement trop brusque suite à une alcoolisation excessive, comme c'était le cas aujourd'hui. Alors " Une âme à l'amer " c'est une série joyeuse, optimiste, romantique qui te montre que la vie n'est pas si... non c'est tout le contraire. C'est noir, triste, désespéré, sans concession, pervers et nihiliste. Ca tombe bien c'est tout ce que j'aime ! Cette pureté noire radicale c'est ma came. Ici aucune éclaircie dans ce ciel de plomb. Tout est sans espoir, même l'amour. Tout s'autodétruit. C'est normal, un être né dans la souffrance la trimbalera toute sa vie, ce que les autres ont du mal à admettre et à comprendre. Jean-Christophe Pol est très très torturé. Donc je ne vais pas raconter l'histoire. C'est l'histoire d'un type qui souffre (certains diront pauvre type ... oui c'est vrai) puis entraîne dans une affaire de meurtres atroces. Mais ce pitch est assez réducteur par rapport à tout ce qu'il y a dans cette série. Les souvenirs se mélangent constamment à l'intrigue ce qui a pour effet de rentrer vraiment à l'intérieur de la tête ce personnage complètement maniaco dépressif. Et le plus fort dans ce récit c'est qu'il vire tout doucement et imperceptiblement d'une sorte de chronique sociale (amère donc) à un redoutable thriller. Et le tout avec un style graphique hyper fluide, nerveux (découpage et technique) et privilégiant la limpidité et l'efficacité au détail. C'est très réussi, chapeau ! Alors qu'à la base je ne suis vraiment pas client de ce type de bds (à 1ère vue car en fait je ne connais pas). D'ailleurs avec un autre type de dessins j'aurais même mis 5/5 sans hésiter. En même temps le résultat est parfait, rien à dire. Il faut que je lise absolument ses autres bds.
Alien - Le huitième passager
Alien : film culte de la SF qui a lancé Ridley Scott dans la carrière qu'on lui connait. Soleil a donc la très bonne idée de rééditer cette adaptation du film par deux des grands noms du Comics américain : Archie Goodwin au scénario (adaptateur de l’œuvre de Moebius entre autres) et Walter Simonson. Cette version originellement publiée dans Heavy Metal en 1979 colle au plus près du film, que ce soit dans le découpage des séquences ou dans les visuels qu'il campe. Les amateurs et connaisseurs du film ne seront pas dépaysés, car Simonson joue de son coup de crayon réaliste pour reprendre le trait des acteurs. Le rythme du film est aussi bien rendu par un découpage dynamique qui permet au média comics de compenser la perte du sentiment d'oppression qui dominait dans le film ; c'est le seul bémol que j'ai trouvé à cet album, qui est plutôt une bonne surprise pour une adaptation d'un film aussi attendu au tournant. Petite cerise sur le gâteau les plus fins connaisseurs ont le droit dans cette version à la mise en image de quelques scènes supprimées au montage ! A redécouvrir (ou à découvrir pour quelques malheureux) avec plaisir !
Elephantmen
Coup de cœur. L'arrivée des Elephantmen dans le paysage des comics est un pur régal visuel et scénaristique. Loin des super-héros mais tout en gardant la notion de "sur-homme", bien qu'ici il s'agisse de "sur-animaux", les créateurs nous plongent dans une épopée guerrière hors du commun. C'est presque un roman graphique puisque les dialogues sont assez minimalistes au profit d'une narration en haut de case. L'histoire se déroule en France dans un avenir proche où l'on suit les mésaventures d'Yvette une rebelle qui vient de perdre son frère, massacré par les Elephantmen. Elle nous raconte ainsi comment tout a commencé et comment une poignée de survivants, dont elle, tentent désespérément de lutter contre cette armée inhumaine créée par un savant fou, dont le seul but est d'exterminer la race humaine. Profondément sauvage et violent, ce monde implacable dans lequel évolue l'héroïne la pousse à devenir aussi enragée que ses ennemis. La dimension philosophique de ce récit est à la portée de tous et met en exergue les notions d'humanité et de compassion. S'il n'était ce prénom outrageusement franchouillard, il n'y aurait aucune fausse note. Mais comme je suppose qu'une équipe aussi importante (environ six personnes pour un seul comic) a forcément testé plusieurs prénoms, je suis bluffé par le fait que ce prénom vieillot finisse par prendre une place aussi légitime dans le scénario. Car si le V de Vendetta connaît encore aujourd'hui un grand succès, notre Yvette sculpte elle son nom entier dans la chair de ses agresseurs. A la fin du premier tome, nulle doute qu'elle deviendra l'héroïne emblématique de cette série en quête d'humanisme dont les décors bien inspirés nous rappellent les heures noires des tranchées de 14-18. Je le dis haut et fort, Elephantmen est une pure merveille.